
YVAN MORIN
Réformer l’ONU ?
Une géopolitique d’autant apte à s’humaniser qu’à se référer et s’ajuster à sa géophysique, dont le cas de la géopolitique constitutionnelle canadienne et québécoise
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RÉSUMÉ
Le présent livre examine la Réforme de l’ONU en cours sous un angle géopolitique apte à se référer et s’ajuster à sa géophysique sous-jacente, si pour pouvoir se mesurer aux idéologies cherchant à légitimer de façon si partielle et partiale des hégémonies géopolitiques qu’à tout au contraire réifier jusqu’à cette géophysique.
Il propose à l’Assemblée générale de l’ONU de constituer un Conseil Indépendant de son Conseil Permanent de Sécurité pour en être conseillée et en devenir autonome.
Selon une conception de l’humain qui n’est jamais individuel que d’emblée social, il s’agit de se mesurer et s’éveiller de sa propre fantaisie (imagination productrice) aux prises avec ses affections (désir de ce dont jouir et crainte de ce qui afflige et endolorit), par des doubles actions spécifiques et universalisables. S’instaure une problématique critériante quant à la façon d’effectuer le choix de représentants aptes à cibler de tels cas spécifiques, mais du même coup à les considérer avec et parmi d’autres selon des traits communs permettant d’en dégager d’emblée l’universalité. Par contre, s’adonner à sa seule fantaisie au point d’en biaiser les affections (par désir de ce dont jouir pour soi seul au point de se repaître de faire porter tout entier à autrui toute crainte de ce qui afflige), tout au contraire lamine tout jugement universel en jugement purement circonstanciel lors duquel s’imposer et d’où l’infléchir à son seul profit, fusse cruel, au point d’enrayer toute idéation jusqu’en sa logique et l’en figer par idéologie correspondante, surtout si terrorisante.
S’y conjugue une liste d’autres doubles actions possibles. Toutes visent une intégration sous le Conseil Indépendant et dans l’axe du développement humain de trois piliers de l’ONU, à savoir l’humanitaire, le développement durable et les droits humains, jamais individuels que d’emblée sociaux, autant en regard que distinctement du Conseil Permanent de Sécurité (et du Conseil de Sécurité plus large) s’occupant principalement de son quatrième pilier, à savoir paix et sécurité.
Trop souvent, ce Conseil Permanent de Sécurité noyaute l’ONU par un droit de veto, surtout issu de trois de ses États membres (États-Unis, Russie et Chine) qui sont aussi à la source des principales tensions interimpérialistes panplanétaires et qui en invalident l’ONU autant de l’intérieur que de l’extérieur. Le Conseil Indépendant en constituerait un contrepouvoir et permettrait à l’Assemblée générale de s’en autonomiser un tant soit peu, en plus d’instaurer un métabolisme onusien d’ensemble mieux apte à s’équilibrer entre son anabolisme (par le développement humain) et son catabolisme (par ses paix et sécurité censées en créer les conditions de possibilité, mais au contraire si souvent défaillantes qu’au point de l’en miner).
Un dossier fait état du cas de la géopolitique constitutionnelle canadienne et québécoise qui est en train de percoler et de remonter de-ci, de-là, à l’ONU.
EXTRAITS
« Le présent livre cherche à concrétiser une voie déjà signalée par une historienne et spécialiste des Nations Unies : « nous n’avons pas encore vu des pays franchir cette étape et s’engager réellement à réformer l’ONU. Il existe une campagne, en cours, autour de l’article 109 de la charte de l’ONU, qui prévoit la tenue, tous les dix ans, d’une conférence de révision de la charte. Or cela n’a jamais eu lieu depuis 1945. » « J’aimerais voir davantage de pouvoir confié à l’Assemblée générale plutôt qu’au Conseil de sécurité. » Puis-je ajouter : confié à l’Assemblée générale en priorité plutôt qu’à son CPS, si pour pouvoir s’étendre vraiment au Conseil de sécurité plus large. Depuis l’Assemblée générale, l’ONU a le mieux manifesté son dynamisme politique, car constituant le meilleur baromètre de la communauté internationale sur n’importe quelle question… si ne se faisant pas plomber par son CPS. »
« Proposition à l’Assemblée générale de l’ONU :
Que l’Assemblée générale de l’ONU se déclare avoir priorité sur son Conseil Permanent de Sécurité (CPS) et qu’elle se dote d’un Conseil Indépendant (CI) de ce CPS dans les meilleures limites possibles comme d’où, à la fois, travailler à mieux l’intégrer au fonctionnement du Comité de Sécurité (CS) plus large et l’en faire contribuer à l’instauration de sa propre géopolitique autonome d’autant mondialement commune qu’apte à se référer et s’ajuster à sa géophysique. »
« La lutte des classes est bel et bien en train de se faire géopoliticoéconomique guerre culturelle, mais s’intériorisant en tout un chacun, car la question identitaire est la question centrale de toute culture. Est-ce que ce sera d’inconsciente à consciente au point de s’assainir en son idéation jusqu’en sa logique ou tout au contraire, en se refoulant encore plus, d’une conscience toujours plus résorbée en pensée figée et rendue idéologisante au fur et à mesure que s’empêchant d’émerger d’elle-même à elle-même et de s’apercevoir d’un sens de soi d’emblée si chargé du sens d’autrui qu’irréductible à tout ego/alter ego ? Tout dépend du rapport à la sous-jacente fantaisie (ou imagination productrice) selon la façon dont s’articulent ses affections (désir de ce dont jouir et crainte de ce qui afflige et endolorit), à savoir selon que s’en éveillant (jusqu’au point de se mesurer à ce qui peut s’en nouer paradoxalement, comme en le désir panurgien de se marier face à sa crainte d’en être cocu) ou y sombrant (surtout si jusqu’à s’en rendre cruel en dichotomisant le désir de ce dont jouir à soi seul et la conjointe toujours uniquement d’autant projective que vicariale crainte de ce qui afflige). Qui ne s’aperçoit pas que jusqu’au mot « ego » est un mot de la langue commune et d’autant universelle que socialement disponible à tout un chacun et donc jamais pour soi seul que du même coup aussi pour autrui, plutôt que seulement de soi seul en son ego dès lors plutôt idiosyncrasique et porté à se présumer tel chez tout un chacun pour lequel il n’y a plus qu’un alter ego comme son seul vis-à-vis ? L’humain n’est jamais individuel que d’emblée social et ce, jusque bien avant et a fortiori au ressort de son ego. Bref, « Qui sommes-nous ? » contextualise tout « Qui suis-je ? » et en révèle le sens (universel émergeant versus se réduisant et confondant en le seul spécifique ?), selon la culture en cause, à savoir selon la manière de s’identifier plutôt que selon la seule identité résultante, mais d’autant occultée l’être que présomptive au fur et à mesure qu’idéologiquement préfabriquée et abusivement généralisée au point de l’imposer et de forcer son intériorisation chez tout un chacun, selon une incessante guerre culturelle, ce par quoi, faute d’un volet social-démocrate, jusqu’aux démocraties se sabotent, si libérales, via illibérales, jusqu’à libertariennes soient-elles, du fait d’être si individualistes que se tronquant tant d’être aussi sociales que l’en figeant et externalisant en des régimes géopoliticoéconomiques en miroir, car non plus ainsi hasardeusement (à leur fantaisie et jusqu’au chaos), mais d’emblée autoritaires. »
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