Banniere Yvan Morin
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2) Représentant issu de l’Europe

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L’intégration initiale d’un représentant de l’Allemagne et, par là, de l’Europe au Conseil Indépendant provient du fait que le CPS est devenu obsolète et le devient même toujours plus de jour en jour. Non seulement trois de ses États membres (États-Unis, Chine et Russie) sont les sources principales des tensions interimpérialistes mondiales invalidant l’ONU autant de l’intérieur que de l’extérieur lors des relations internationales interétatisées, mais ce CPS s’est constitué contre l’Allemagne (plus l’Italie et le Japon) à la sortie de la 2e Guerre mondiale, ce qui n’est plus pertinent. L’Allemagne, non seulement s’est trouvée réunifiée et a dû affronter ses démons (issus du nazisme) pour se dépasser en s’ancrant dans l’Europe, comme y a insisté Habermas, mais elle est devenue un, voire le vecteur majeur du développement européen, en sa capacité de se situer en résistant, subsistant et tempérant les tensions interimpérialistes (étatsuniennes, russes et chinoises) qui autrement le déchirent. Par son propre vécu, l’Allemagne s’aperçoit de ce qui se vit plus extérieurement, autant en Europe dont elle est partie prenante que par ce qui y advient de façon encore plus extérieure jusqu’en son tréfonds lors de telles tensions interimpérialistes s’y immisçant. S’y révèle l’ontohénologie de l’étant unant d’emblée être un (conquis sur ce qui tend à le diviser) en sa culturelle forge du sens de soi. Face à ces tensions interimpérialistes, le Royaume-Uni, malgré son Brexit, et la France se solidarisent encore plus avec ce pôle européen et ne peuvent plus jouer pleinement leur rôle au sein du CPS, si ce n’est par ce nouveau canal collaboratif à y faire valoir avec et depuis le CI. Il s’agit de faire au CPS ce que ses trois impérialismes majeurs font abusivement à l’ONU entière en l’invalidant de l’intérieur et de l’extérieur, en vue d’en délimiter le champ d’action possible (souvent de fort paralysants vetos) et de rétablir un plus sain et dynamique équilibre d’ensemble. Royaume-Uni et France, pour peu que le voulant, peuvent y agir de l’intérieur en même temps que collaborer avec le CI via son représentant allemand, sans parler du devenir européen facilité et du dialogue transatlantique qui peuvent y inciter. L’ONU, par son Assemblée générale, proclamerait sa propre indépendance en créant ce CI s’intégrant un tel représentant acceptant d’y agir à ce titre. Une telle ONU donnerait à tous de s’apercevoir de sa charge hautement symbolique exprimant sa nouvelle volonté à l’échelle mondiale.

Cette représentation initiale de l’Allemagne au CI accompagnant et soutenant l’autonomie de l’Assemblée générale serait bien plus importante que, comme le propose la France, plutôt et seulement de l’intégrer avec le Japon, l’Inde, le Brésil et deux pays africains au Conseil de Sécurité, mais sans droit de veto, car restant réservé aux cinq du CPS. Cela n’infléchit en rien l’usage abusif privilégié de ce veto par les trois impérialismes (étatsunien, russe et chinois) qui, en se déchirant la planète entre eux, en disposent en permanence. De plus, les États-Unis, s’ils ont pu se montrer ouverts à cet élargissement (du CS, non du CPS), sont contre tout droit de veto supplémentaire. C’est déjà le problème enrayant et invalidant tant l’ONU de l’intérieur et de l’extérieur, ce dont un CI constituerait un contre-pouvoir, si limité puisse-t-il être, au profit de l’Assemblée générale. De même, que le président français, Emmanuel Macron veuille faire suspendre le droit de veto au CPS dans le cas de crimes de masse, en pensant en particulier à la Russie sans la nommer, y présume un vote contre soi-même que nul ne va jamais y faire. Les incessantes palabres sur une impossible réforme du CPS, à quelque sauce soit-elle, ne valent rien quant au problème lancinant de fond, à savoir le fameux et exclusif droit de veto, surtout comparativement à un CI en constituant un contre-pouvoir et en étayant une Assemblée générale autonome. Certes, paix et sécurité grèvent plus de 75% le budget onusien et leur couplage avec le droit de veto des États membres les plus impérialistes de la planète au CPS constituent un pouvoir abusif invalidant l’ONU de l’intérieur et de l’extérieur, mais la portion congrue subsistante y échappant peut permettre d’instaurer un contre-pouvoir, à savoir un CI relevant directement de la seule Assemblée générale, surtout si l’Allemagne en fait partie et vient y symboliser en permanence l’obsolescence du CPS en tant que constitué contre elle (et l’Italie et le Japon) au sortir de la 2e Guerre mondiale. L’humain vit et respire non du seul air physiquement ambiant et ne se met à chanter comme l’oiseau qu’au gré d’une symbolisation manifestant incessamment son esprit, dont l’envol mental peut s’imager en l’envol de l’oiseau, voire en la nuée d’oiseaux (si ce ne sont les essaims de drones, a fortiori d’États-nations) à la forme si variable. Par cette symbolisation faisant ressortir le rapport impérialistement inversé entre l’Allemagne (plus Italie et Japon) et trois membres du CPS, de la sortie de la 2e guerre mondiale à la situation actuelle, l’ONU se doterait d’un lieu véritablement humain où l’esprit peut trouver d’autant à cheminer et parfois l’emporter que se conjuguer d’autant avec la question identitaire au cœur de toute culture que rétablissant l’américain distinct de l’étatsunien. Se constituerait un pont transatlantique donnant le coup d’envoi d’une vraie réforme d’une ONU plus autonome.

En surgit un métabolisme onusien d’ensemble, à la fois anabolique, par tout ce qu’il s’agit de construire de l’autonomie onusienne par son Conseil Indépendant, et apte à faire face à son propre catabolisme, autrement inhérent à son incessante autodestruction issue de son propre CPS qui, laissé à lui-même et indûment privilégié, invalide l’ONU de l’intérieur et de l’extérieur. Enfin, ce n’est pas seulement le CPS qui est obsolète face à l’Allemagne, mais la conception même de la guerre selon ce qu’elle était au sortir de la 2e Guerre mondiale, comme l’illustre la guerre russo-ukrainienne où les chars coûteux se fabriquant dans des usines et parcourant les vastes plaines se font contrecarrer par des essaims de drones se fabriquant dans de petits ateliers et pouvant surgir et s’en rassembler de partout. D’ailleurs, les États-Unis trumpiens cherchent à faire appel (en la déniant plutôt que reconnaissant) à l’expertise ukrainienne en matière de drones pour faire mieux face aux nuées de drones iraniens et éviter que leurs stocks de missiles sophistiqués s’y épuisent (car, contrairement aux drones, exigeant temps et argent pour être fabriqués et limitant donc la capacité de les renouveler en temps réel). De plus, les coûteux missiles Patriot ne rendent pas les sites israéliens 100% étanches aux essaims iraniens de missiles, même si l’asymétrie est marquée. Ni n’empêchent les mésusages, comme lorsque Israël a attaqué le 9 septembre 2025 le Qatar pour, avec des armes fournies par les États-Unis, y atteindre le Hamas y négociant et malgré le fait que le Qatar est un allié arabe des États-Unis.

Au total, comment limiter la tendance de tout un chacun des pays à se militariser et à faire usage d’une force brute tendant d’autant à se généraliser selon quelque cercle avec l’économie capitaliste d’autant faite arme contraignante que cet armement militaire tout court ne peut s’en trouver entre-temps économisé qu’en servant néanmoins de menace d’en prendre la relève ? Bref, ce n’est pas une sinécure et encore moins une panacée que d’éviter toutes ces tendances à court-circuiter l’ONU, où cette limitation peut être promue selon un émergent équilibre d’ensemble en vue de pacifier le tout, faute de surgir des seuls pays eux-mêmes entre eux. Surtout des plus interimpérialistes si hiérarchiquement aptes à se prolonger et s’activer tels à travers d’autres pays depuis le cœur du CPS. Peut-être faudrait-il faire appel à la notion mise de l’avant par Jacques Provost d’une interdépendance asymétrique pour mieux cerner et comprendre ces incessants rebondissements entre les pressions interimpérialistes sur et depuis la globalité et ces déploiements plus spécifiques localement opérants d’où peuvent surgir tant d’étincelles les faisant se déclencher en même temps que les magnifier en leurs tendances conflictuelles par cercle géopoliticoéconomique. Les impérialismes ne se dressent les uns face aux autres, quitte à dépecer la planète entre eux, qu’en misant sur des écarts de puissances d’où s’imposer, se mettre à hiérarchiser et rendre dépendants à partir d’eux seuls et à leur propre profit de moindres puissances, en cherchant à les abstraire de cette interdépendance pourtant pervasive, mais toujours plus asymétrique au fur et à mesure que ces écarts se creusent. Tel est un terreau majeur des doubles actions onusiennes. Son pilier des paix et sécurité se problématise jusqu’à sa plus extrême difficulté à même le cratère de son CPS et ce, surtout si en regard de ses trois autres piliers (humanitaire, développement durable et droits humains) dont son CI peut assurer la promotion auprès de l’Assemblée générale s’en autonomisant un tant soit peu selon l’axe général du développement humain (au sens d’un développement n’étant individuel que d’emblée social). Une fois ce principe général d’un métabolisme onusien instauré, diverses autres actions deviennent possibles, dont l’action arctique, mais aussi l’action asiatique, voire une action intégratrice exerçant un leadership et même une action autoréflexive pour cerner s’il est encore vraiment question d’État-nation au ressort de l’ONU au XXIe siècle, sans parler d’une possible prise de conscience davantage sociohistoriquement éveillée et enrichie, etc.

En plus du contraste d’un tel représentant européen du CI face au CPS hérité de la 2e Guerre mondiale afin que l’Assemblée générale s’actualise et se dote de ce CI pour s’autonomiser de son propre CPS, divers dossiers européens spécifiques à répercussions mondiales sont à examiner. D’abord, l’expérience allemande (a fortiori avec l’expérience scandinave) soulève l’enjeu géopolitique de la sociale-démocratie d’emblée irréductible autant à de dits régimes communistes, qui sont plutôt des capitalismes d’État, et des régimes libéraux capitalistes individualistes politisés tels, qui, surtout aux États-Unis, se déphasent de plus en plus en libertariens, en plus de chercher à réduire et faire se confondre tout régime social-démocrate avec cesdits régimes communistes pour s’en expurger en même temps que de toute tendance démocratique, a fortiori démocrate, même lorsque se démarquant du social et se rattachant à l’individu. Une fois ce tiers régime cerné et bien distingué, mais aussi et surtout mis en relation avec ces autres, le CI peut proposer à l’Assemblée générale de demander à son CPS de lui faire savoir s’il accepte de reconnaître la diversité de régimes politiques, dont cette tierce voie d’un régime politique social-démocrate se distinguant d’emblée de ces autres voies qui l’en polarisent en deux sens inverses, par le social sous emprise de l’État jusqu’en tout individu et l’individu rendu individualiste au point d’oblitérer le social, et s’exacerbent actuellement d’autant interimpérialistement que, à la fois, en son sein et à travers la planète. L’enjeu politique 1er est l’humain, l’individu d’emblée social, a fortiori du fait de se distinguer en tiers de ces polarisations en ces sens si inverses n’en retenant et faisant peser que le social sous emprise de l’État sur l’individu et que l’individu purement individualiste sur le social, selon de tels régimes. La double navigation humaine entre social et individu en est une de tout humain entre nous et je, à la façon du vol des étourneaux :

« Concrètement, les animaux ne se basent pas uniquement sur la position de leurs voisins immédiats (perspective ‘égocentrique’), mais aussi sur des points de repère fixes dans l’environnement, comme un arbre ou un rocher. Le groupe élabore ainsi une perception partagée de l’espace. Le plus étonnant, c’est leur capacité à jongler entre ces deux perspectives. La vision allocentrique assure la cohésion et la direction du groupe, tandis que la vision égocentrique permet d’ajuster sa trajectoire pour éviter les collisions. ‘Cette flexibilité est le secret de leur capacité d’adaptation’, explique le professeur Iain D. Couzin, l’un des auteurs. Le cerveau ne choisit pas, il combine les deux. »1

Bien noter que l’ordre incessamment émerge et varie au gré, non des seuls individus censés tous coïncider en leur seule collectivité comme si tenant lieu du social (à la façon d’une sorte de main invisible). Le social ne peut être isolé et contrôlé de l’extérieur. Il surgit de l’interaction interreliant d’emblée les individus entre eux et donc intérieurement à leur commune forge sociale, tout un chacun n’ayant de sens de soi et ne s’apercevant jamais individuel que d’emblée chargé du sens d’autrui l’en révélant social.

L’enjeu européen spécifique s’illustre par sa sous-jacente dépendance énergétique marquée affectant en amont toute son économie. Pétrole et gaz prédominent encore. Et ils doivent être importés à plus de 80% (même si dorénavant plus des États-Unis que de la Russie, du fait de la guerre en Ukraine, et autrement du Moyen-Orient, lui-même pris en la guerre israélo-étatsunienne contre l’Iran). Leurs sources ne sont pas diversifiables aisément, pas plus que ne l’est leur ratio avec d’autres sources d’énergies, en particulier renouvelables, ce qui se déplace lentement, sans parler du fait que la Chine en est devenue le leader mondial, a fortiori face à l’obsession trumpienne pour le pétrole, comme en une immense tension entre avenir et passé, entre le solaire et l’or noir. Plus encore, entre le choc systémique, à risque stagflationniste engageant toute la chaîne économique à long terme (de la capacité productive étayée des chaînes d’approvisionnement à leur prix se répercutant par inflation sur celui de la consommation), et le choc conjoncturel, jouant sur la volatilité des marchés à court terme. Autant les États-Unis trumpiens manipulent le court terme pour s’infléchir le long terme, autant la Chine fait tout se réseauter par ses routes de la soie pour que le long terme conditionne tout court terme. Son plan quinquennal 2026-2030 mise sur la sortie hors de l’endettement immobilier et sur une urbanisation encore plus massive pour dynamiser la demande intérieure et renforcer sa croissance économique, sur l’autosuffisance technologique comme pilier de sa sécurité nationale, sur une transition plus marquée vers les énergies renouvelables et sur un marché national unifié pour réduire les surcapacités productrices et les conjointes tensions commerciales internationales (de fait interétatiques), au point de pouvoir devenir un pôle de stabilisation de l’incertitude internationale (au contraire proliférante par le clan Trump2) et passer d’une « usine du monde » à une puissance souveraine capable de dicter ses propres standards au reste de la planète3. Comment, entre ces deux avenues si inverses, instaurer un développement durable selon un long terme propre et autonome (face à la Chine) sans faillir et encore moins se faire manipuler à tout court terme (par les États-Unis trumpiens)? Comment plutôt en tirer des jalons y menant ? Comment d’autant l’instaurer entre l’humanitaire et les droits humains, à savoir d’individus d’emblée sociaux, qu’avec paix et sécurité (technologique, énergétique, alimentaire…), en accord avec les missions onusiennes ?

Comment faire que l’humain se serve de ladite IA plutôt que s’y fasse asservir (depuis certains humains l’instaurant à cette fin), en particulier autant en la tokenisation (via des blockchains sous-tendant des stablecoins) qu’en l’armement militaire ? La tokenisation rend l’argent non seulement électronique, mais électroniquement autonome et décentralisé selon une fluidité propre. Elle le fait échapper toujours plus aux Banques, y compris les Banques centrales, dont la Banque centrale européenne appelée à se mesurer à cette fragmentation pour en dégager un éventuel plus commun euro numérique prévu en 2029. Elle serait le fer de lance de l’Union européenne en matière de réglementation, ce qui fait contraste avec la visée étatsunienne d’une supériorité technologique censée s’imposer partout ou la visée chinoise d’une souveraineté technologique numérique débordant et s’articulant à travers les marchés panplanétaires, donc partout. Ce sont les marchés des capitaux qu’il s’agit de défragmenter au gré d’une intégration transfrontalière qui ferait s’implanter une monnaie de la banque centrale européenne (en l’occurrence l’euro numérique) là où prévaut l’innovation fiscale axée sur cette tokenisation, ce qui faciliterait le partenariat public et privé et instaurerait un cadre juridique à la hauteur de cette ambition technologique, étant entendu que la fenêtre temporelle pour instaurer un tel leadership durable est dès à présent déjà en cause4. La souveraineté monétaire numérique n’est ni à céder aux États-Unis en quête de domination technologique numérique soi-disant hors toute réglementation (selon le double standard des deux poids, deux measures prêchant l’ouverture totale tant qu’ils dominent et la fermeture totale si l’inverse se produit), ni à quelque norme chinoise susceptible d’infléchir extérieurement son cadre juridique. L’enjeu politique (pouvant être aussi social-démocratique distinctement de ces deux autres régimes politiques opérant si inversement l’un à l’autre que faisant tout rebondir en miroir ?) ne peut qu’être d’emblée en cause à travers ce devenir économique.

L’illustre encore plus l’expression éventuellement militaire de l’IA géopolitiquement mise en jeu. L’IA cumule des masses d’information et les traite algorithment, par exemple lorsque le Maven Smart Système de Palantir utilise l’IA conversationnelle Claude d’Anthropic pour enlever Maduro au Venezuela ou autant atteindre 1000 cibles dès le début de la guerre israélo-étatsunienne en Iran qu’y tuer Khamenei père. Il est censé s’agir de systèmes de soutien à la décision dont le résultat ne serait que des recommandations. Or, la tendance humaine, dans des contextes de haute sensibilité ou de forte pression, est de s’en remettre à la technologie, par biais d’automatisation (jamais robotiquement externalisé que puisant à un tel automatisme humain sous-tendant quelque abdication de l’exigence de jugement humain) et a fortiori si avec conjoint biais du passage à l’acte (refoulant ladite inaction susceptible de l’en différer et d’y réfléchir davantage avant de s’y adonner). Plus promptitude à sous-estimer que ces systèmes peuvent se tromper ou prolonger la simple tendance à agir sans s’assurer d’abord de parvenir à la meilleure décision, surtout lorsque la recommandation de cibles s’accélère à un rythme beaucoup plus rapide que les capacités humaines d’analyse, mais en perdant en précision, alors que véhiculant des biais issus des concepteurs qui ont entraîné ces algorithmes et que pouvant par ailleurs halluciner sous leur propre pression d’avoir à produire très rapidement un résultat prédictif, mais à partir de données situationnelles incomplètes ou insuffisamment mises à jour, comme en toutes les IA conversationnelles, d’autant que dans de tels contextes fort loin de ceux des décisions quotidiennes usuelles et que pouvant faire la différence entre la vie et la mort qui se décident alors5. Ainsi s’enclenchent des présomptions de paix forcée au gré de nébuleux standards de l’usage de la force, de guerres unilatéralement décrétées préventives hors tout droit international inter-étatisé et de fouillis informatiques rendant quasi impossible de retrouver comment il se fait qu’une école de filles (et toute autre institution civile collatéralement endommagée) a pu être confondue avec un site militaire avoisinant lors de la guerre israélo-étatsunienne avec l’Iran, de sorte que surgit le problème d’une IA fiable, prévisible et explicable. Surtout, bien noter la coémergence toujours plus systèmeatiquement prégnante du gestionnaire censé contrôlé la robotique en cause et de l’humain automate, à savoir toujours plus d’autant pris en ses propres automatismes qu’en l’opération robotique plus immédiate. Il s’agit de l’aboutissement du libertarisme exemplifié par le trumpisme : je gère et tu t’ajustes automatiquement, d’autant que par interface robotique que je contrôle (si à peu près cela soit-il) et à laquelle tu te soumets, cela seul se moulant pleinement dans le schème transactionnel de la fantaisie cruelle m’assurant de la jouissance en laquelle me complaire tout seul et te refilant la contrainte et la crainte de ce qui afflige. Lorsque l’Europe, en particulier via la France avec plusieurs pays européens s’y associant, constitue une force soucieuse du droit international pour contribuer à sécuriser cette région en guerre, éventuellement le si litigieux détroit d’Ormuz affectant toute l’économie mondiale, ce ne peut avoir de véritable portée que si sont abordés de tels biais, autant d’automatisation que d’action (sans parler de tous les autres), via ladite IA mise en jeu. Pour une raison fort simple: si l’humain ne perdure jusqu’en géopoliticoéconomie surtout ainsi toujours plus médiatisée par ladite IA, a fortiori si jusqu’en la guerre, il peut d’autant moins y avoir développement humain (s’intégrant l’humanitaire, le développement durable et les droits humains, à savoir d’individus d’emblée sociaux) que la paix et la sécurité basculent toujours plus hors de l’humain et que les conditions en sont toujours davantage moins propices. C’est dans cet esprit que le pape Léon XIV reprend la doctrine sociale de l’Église issue de Léon XIII et publie l’encyclique Magnifica Humanitas (Humanité Magnifique) en y intégrant et conjuguant la question de la dignité humaine (thème éminemment renaissant sous Léon X issu du cercle médicéen et ficinien). Il fait appel à des expertises comme celle d’Anthropic qui est soucieuse d’éthique, contrairement à OpenAI qui est plus servile et arriviste et par lequel l’administration Trump l’a remplacé au Pentagone en la faisant accroire à risque pour les approvisionnements en rétorsion à son refus de lever ses restrictions sur l’usage de l’IA (ce qu’Anthropic conteste judiciairement), alors même que l’ONU prévient d’un dangereux vide juridique à l’ère d’une accélération économique capitaliste (d’autant que toujours plus ainsi rendue libertarienne et assoiffée de maintenir ce vide juridique où proliférer sans contraintes si honnies) dont le fer de lance est justement une telle IA. Le problème de fond: il est toujours plus difficile de départager l’humain et le robot tant la frontière en devient floue. Jusqu’au quotidien y passe: tout un chacun échange avec son copilote et entreprend des échanges entre humains, dont avoir à faire la part entre ce qui vient de lui en tant qu’humain et ce qui vient de son copilote. Qui parle avec et à qui ? Les humains entre eux, quoique diversement portés et aptes à s’assister de quelque copilote leur étant conjoint (même sans l’avoir demandé, car leur étant fourni avec quelque plateforme numérique), sans pour autant en faire leur conjoint tenant lieu d’autrui, donc de tout autre humain, selon quelque nouveau type fort hybride de couple questionnant jusqu’au Dieu biblique créant l’humain à son image et ressemblance, à la fois homme et femme? Les copilotes par humains interposés, d’autant que ceux-ci s’adonnent à leurs seuls réflexes et en virent tant automates que s’y externalisent et s’y laissent aspirer au profit des plateformes gestionnaires, voire s’y trouvent télescopés et résorbés, comme si par extase, de mystique en Dieu à mécanique en le robot si conjoint qu’indistinct de soi, donc plus intime à soi que parvenant à l’être à soi, voire plus apte à aider à le devenir qu’y parvenir seul? Allez savoir.

Enfin, l’Europe prise entre les trois impérialistes étatsunien, russe et chinois ne peut que se problématiser jusqu’en le CPS de l’ONU depuis l’Allemagne qui, surtout si initialement intégrée au CI dont se doterait l’Assemblée générale de l’ONU, fait aujourd’hui tant contraste avec le fait d’avoir été le pivot des deux Guerres mondiales du XXe siècle, mais surtout de la 2e d’où ce CPS a émergé. À cela s’ajoute l’interface tricontinentale, d’Europe avec l’Asie et l’Afrique, sur laquelle Braudel a tant insisté et qui s’articule autour de la Méditerranée, une mer intérieure. Le tout s’est trouvé débordé depuis la Renaissance et le début de la Modernité par les mers ambiantes jusqu’en les Amériques et l’Océanie. La terre tricontinentale, surtout par l’Europe, si se rappelant de son moment renaissant au seuil de sa Modernité, respire avec cette eau lui étant à la fois si intérieure et extérieure, avec l’air circulant pareillement chez tout un chacun au gré de son souffle pulmonaire, voire sa palpitation cardiorespiratoire qui, de pulmonaire à cellulaire et inversement, s’étend avec et via l’interface du sang circulant. Sang véhicule de l’âme selon les monothéismes, avant de se trouver emporter par la théorie de l’évolution et de la mésinterpréter en racisant ce sang et avec lui, l’âme. Jusqu’à l’Aryen, dont s’est réclamé le régime nazi lors de la 2e guerre mondiale, s’est méconnu concerner d’abord, avant tout ce dérapage, la seule classe guerrière perse qui, lors d’une lointaine Antiquité, a envahi l’Inde et y a instauré les castes. Toutes les autres confusions s’y ajoutent, faute de distinguer le néosionisme (préconisant le retour de la terre d’Israël d’avant la diaspora) du sionisme (préconisant le retour d’une part importante de la diaspora en terre d’Israël), lui-même du sémite (renvoyant d’abord aux peuples antiques : Araméens, Arabes, d’Hébreux aux Juifs, Phéniciens, d’Assyriens à devenus, via le Grec, Syriens), au seul Juif, surtout lorsque parlant de sémitisme/antisémitisme, alors rendu toujours plus si métonymiquement opérant que toujours plus axiomachique. Notez que ce sont des États dits démocratiques qui ont dit mettre fin au droit du plus fort au sortir de la 2e Guerre mondiale et au ressort de l’ONU, tout en instaurant un véritable droit international, dont tarder à s’apercevoir qu’il n’était qu’interétatique, avec divers écarts de puissance. Les États-Unis, le principal État dit démocratique et procurant même à l’ONU son lieu physique, reviennent au XXIe siècle, surtout depuis que trumpiens, à ce droit du plus fort contre ce droit international si interétatiquement filtré de part en part selon des écarts de puissance se rendant brutalement opérants. Tout s’est inversé: l’Allemagne est démocratique sur arrière-fond social-démocratique, là où les États-Unis révèlent que le libéralisme n’a été qu’accidentellement démocratique et que, en s’exacerbant en libertarien, il l’évacue, de fait l’en parasite. L’enjeu : l’humain, jamais individuel que d’emblée social, surtout quand il s’agit de démocratie. En présumant pouvoir faire abstraction de cette dimension sociale constitutive de l’humain jusqu’en ce qui en est le plus individuel, ledit Occident, de son libéralisme via l’illibéralisme (ne gardant que la façade d’élections à intervalles et oblitérant tout le reste) au libertarisme, s’aperçoit-il de sa propre duplicité faisant autant émerger qu me anéantir la démocratie, en la considérant autant annexable qu’autrement évacuable? Prôner et trahir la démocratie d’un même souffle et se refuser à tout examen de conscience pour y perdurer: faut le faire! L’incessante confusion de la liberté avec le libéralisme et son devenir via l’illibéralisme jusqu’au libertarisme révèle que le droit du plus fort ne s’est euphémisé qu’un temps en force du droit comme sa façade avant que l’euphémisation cesse, que sa façade s’estompe et que tout en reflue et resurgisse à rebours. Ce que Élias appelle La civilisation des mœurs connaît ses brèches fissurant ce vernis de civilisation et, depuis des mœurs se faisant représentationnelles mises en scène d’elles-mêmes, se met à résorber toute représentativité et à la confondre avec les intervalles électoraux. L’illustre ladite démocratie illibérale, à l’interface menant de ladite démocratie libérale au libertarisme. L’illustre l’apparente longue tradition ayant si souvent porté au pouvoir le Parti Libéral du Canada, de Laurier (au tout début du XXe siècle) via les Trudeau, de père en fils spirant en un même esprit, à Carney comptant bien parachever cette descente de Dieu (du Père en Fils spirant en Esprit-Saint) en Terre. Laurier prononçait de longs discours sur le libéralisme sans mentionner la démocratie. S’y entrevoyait le caractère artificiel de leur ultérieure fusion en démocratie libérale. Lorsque le Canada a fini par résister à Londres, le Royaume-Uni l’a constitutionnellement libéré par le Statut de Westminster en 1931. Trudeau père s’adonne en 1982 au Rapatriement unilatéral de cette Constitution avec le ROC (Rest Of Canada) pour s’éviter un sérieux problème de légitimité (comme le lui avait alors signalé Bora Laskin, juge en chef de la Cour suprême), mais légitimité restant fort partielle et partiale, car sans et contre le Québec, dont parasiter la Charte des droits et libertés pour en subordonner le droit civiliste (pourtant reconnu par la Constitution de 1867) à la common law anglicisante en même temps que le fait français à l’homogénéisation anglicisante (qui, aussi selon la Constitution de 1867, était censée ne prévaloir que pour le reste du Canada): il n’y a plus que Charte de droits et libertés si individuels qu’individualistes et donc tronqués de leur teneur sociale d’emblée renvoyée en clause annexe et dérogatoire. Or, même cette clause nonobstant est de déjà trop pour Trudeau père, auquel Jean Chrétien rappelait qu’il l’avait accepté. Trudeau père a déséquilibré tous les pouvoirs depuis l’exécutif jusqu’en le législatif et enfin, le juridique d’où peser sur toute société civile, surtout si québécoise. Ce trop, caractérisant les droits et libertés de teneur sociale refoulés dans la clause nonobstant n’existant qu’en étant censée ne pas exister et déjà fort mal digéré par Trudeau père, rebondit sous Carney pour qui un (tel) droit est un (tel) droit, censé n’être si individuel qu’individualiste, en bon libéralisme. La laïcité québécoise se retrouve devant la Cour suprême en 2026, et ce, pour porter sur l’usage de la clause nonobstant en question par laquelle elle s’est instaurée (et qui doit régulièrement être renouvelée pour perdurer). Qu’en dire ? Mark Carney a très explicitement qualifié le droit international de fiction utile à Davos. Les règles dites internationales sont de fait entre les États. Elles ont aussi été consolidées jusqu’en le commerce, la santé, la justice, etc., après la 2e Guerre mondiale, d’où l’ONU, l’OMC, l’OMS, la CPI, etc. Par ces règles, le Canada a pu prospérer, tout en sachant que les puissants, dont les hégémoniques États-Unis, pouvaient y déroger et, dorénavant, sous Trump, s’en affranchir carrément pour pleinement s’adonner à l’impérialisme, mais en se butant sur l’interimpérialisme (dit multipolaire), du fait de coadvenir avec la Chine et la Russie et ce, jusqu’en et hors du CPS de l’ONU. Carney l’a presque dit: le droit dit international est de fait interétatiquement filtré de part en part, de sorte qu’il n’est fictif que par sa sous-jacente fiction de base qu’est l’État-nation s’étant diffusé et généralisé après la Révolution française en même temps qu me ont émergé les Droits de l’homme, à l’époque, mais mieux dénommés droits humains depuis lors, en particulier à l’ONU. Le passage de l’État monarchique à l’État-nation tenait en ce que la tête de l’État pouvait être élue et donc renouvelable, et ce, à partir de la nation. Or, la coïncidence censée être énoncée et rendue fusionnelle par le trait d’union liant État et nation relève de l’idéologie libérale d’individus mieux reconnus tels relativement à d’autres, pour peu qu’étant plus individualistes qu me eux, au point de s’imposer jusqu’en la société en cause, d’emblée censée s’y réduire. Il suffit d’oblitérer ces différences advenant entre les individus (et jusqu’au sein de tout un chacun, de son individuation intra-utérine à son individualisation issue de sa néoténie et de ce que la société peut plus ou moins fortement l’inciter après la naissance à reprendre à titre individuel sa propre individualité et enfin, à son individualisme qui s’ensuit et dont présumer qu’il s’agit d’une donnée allant de soi et pesant à rebours pour s’avaler ce qui le sous-tend, à savoir ces individuation et individualisation) pour ne plus parler que des individus en général et faire accroire à la coïncidence de leurs intérêts individuels (mais surtout rendus toujours plus individualistes) avec les intérêts collectifs qui les agglutinent, mais tant s’y réduisent que tiennent lieu de ce qui peut en être social. Vous voilà libéral ! Mandeville, Smith et avec lui tout le capitalisme, Sade et al., l’ont tous compris. Lors du surgissement de l’État-nation, si elle ne se compose que de tels individus (présumés d’emblée si individualistes que tronqués en eux-mêmes de toute teneur sociale et a fortiori de toute part acquise avec autrui jusqu’en son sens de soi pour ne plus que se la surimposer à rebours à partir de leur seule collectivité censée n’en être que juxtaposante), la nation peut se reconnaître en un tel État. Elle peut même s’y résorber, selon le fameux État postnational énoncé par Trudeau fils. Étonnante nation que celle qui se postnationalise en État se refusant d’être postcolonial : avec et sous la canadienne nationalisation anglicisante multiculturellement multiethnoracisante, s’occulte toute nation québécoise, seule à pouvoir se faire prévaloir française et se doter d’un État correspondant, même si uniquement provincial (et dont s’assurer qu’il va rester provincial, mais surtout toujours plus minoré tel), au Canada en Amérique du Nord. Le lecteur a-t-il bien lu: une nation ne peut être un État si elle est sous emprise d’une autre nation apte à la diluer avec et parmi maintes autres en la sienne se l’assimilant et homogénéisant en son État s’assurant de le provincialiser et toujours plus l’en minorer. L’État-nation suscite un dit droit international d’emblée interétatisant, selon l’écart de puissance prévalant. Le Canada trudeauisé illustre comment effectuer de façon subreptice ce que les États-Unis trumpiens font à ciel ouvert: si le droit international est fictif par confusion avec son interétatisation, l’État-nation à sa base n’est qu’un fantasme. Le magnifient les États-Unis faits Fantasyland et a fortiori depuis que s’imposant tels par Donald Trump qui ne tolère plus aucune idéation jusqu’en sa logique à la source de quelque règle que ce soit que selon sa seule sous-jacente fantaisie, elle-même fort cruelle en ses affections. Mark Carney fait porter l’attention sur de tels États-Unis, pour qu’elle ne se porte pas sur ce qui se passe au sein du Canada. C’est évident et affiché aux États-Unis, mais subreptice (et à garder tel) au Canada.

Pour comprendre ce devenir sociohistorique bien plus que seulement individuel, sauf fantasme occidental le confondant avec l’individualisme, et ce, de la 2e Guerre mondiale au XXIe siècle, on peut comparer ce que Messadié décrit dans L’atroce XXe siècle avec ce qui se passe au XXIe siècle. Lesdites sociétés occidentales fantasment tellement sur l’individuel censé être et n’être qu’individualiste qu’elles sont toujours en quête de quelque tête d’affiche autant pour le bien que pour le mal. Quant à l’émergente (et non toujours déjà présomptive) figure de Hitler, Messadié fait ressortir jusqu’à quel point dans l’entre-deux-guerres l’Allemagne cherchait tant à s’extraire des conditions qui lui avaient été faites au sortir de la 1re que diverses mouvances sociales passant par diverses figures se sont mises à faire monter tel ou tel individu, dont a finalement surnagé principalement Hitler qui, alors et seulement alors, s’est imposé et a pu conforter le fantasme occidental de l’individualisme si marqué qu’au ressort d’un nationalisme ne faisant que l’en collectiviser et s’imposer tel jusqu’à toute la société, d’où leur contraction les fusionnant en une seule et même expression dite nazie. Un exemple marquant est Goering, si assoiffé de son avènement, qu’incendiant le Reichstag pour le précipiter, sans lui en faire part. Tout le livre fourmille de maints autres exemples semblables. Ces mouvances sociales propulsant les individus bien plus que les individus s’imposant en retour en leurs sociétés respectives, sont à comparer, par exemple entre Hitler, dont il vient d’être question, et Trump. Tous connaissent la tendance trumpienne à scénariser et mettre en scène tout et n’importe quoi (dont son stylo pour signer ses décrets lors d’une rencontre au plus haut sommet quant à la guerre israélo-étatsunienne contre l’Iran). Tout se passe comme si c’était uniquement individuel, dans le pays le plus hyperindividualiste de la planète, à savoir les États-Unis. Or, il s’adonne que ce n’est aucunement Donald Trump qui a transformé, du moins quant à sa dénomination, la doctrine Monroe en doctrine Donroe. C’est le New York Times, le 8 janvier 2025, sous le titre « The Donroe Doctrine: Trump’s vision for hemisphere ». Bien sûr, narcissique comme il l’est, c’est du matériel tout cuit (voire du pain béni ?) lors de ses mises en scène. Cela s’ajoute à tout ce que la tendance MAGA a retenu de son 1er mandat pour en tirer la leçon dès le seuil de son 2e mandat, ce que Steve Bannon a résumé par « flood the zone » comme stratégie politique consistant à monopoliser l’attention des médias, désorienter les opposants et distraire le public de toute autre information qui pourrait surgir dans des médias, s’ils ne sont d’emblée vendus à sa cause, d’où sa seule liberté d’expression massifiant partout la censure (faite tabou-paranoïa-cruauté). Bien sûr, tout le juridique est sous la coupe d’une Cour suprême fort conservatrice tellement axée sur la reviviscence d’un droit dit originel à expurger des apports progressistes considérés l’avoir modifié que portée à renforcer le pouvoir exécutif toujours plus unitaire jusqu’à y sacrifier tous les autres pouvoirs et jusqu’aux institutions (à quelque rare exception près, dont l’indépendance de Fed). Donald Trump peut donc d’autant plus aisément y apporter sa touche personnelle. Sa vie entière gravite autour de sa capacité à se mettre en scène. Il se voue à y être tellement tout entier à sa seule apparence qu’à en faire autant sa très littérale identité et de là, la glue faisant tenir ensemble tout ce qui de la réalité est censée s’y plier et qui est autrement à réifier jusqu’en tout ce qui de sa factualité résiste à s’y rendre alternative, si s’avérant plus têtue qu’il ne l’est. Donald Trump peut ainsi bloquer « un projet de loi bipartisan sur le logement abordable, adopté par le Congrès et décrit par ses défenseurs comme la plus grande loi sur le logement abordable en des décennies » en exigeant, pour qu’il le signe, que « le Congrès adopte d’abord le SAVE America Act, qui impose une pièce d’identité et la preuve de citoyenneté pour voter. »6 Il en fait un levier de négociation, même s’il n’y a aucun rapport entre le vote électoral, tel que conçu selon le Safeguard American Voter Eligibility (SAVE) Act s’affichant vouloir empêcher des fraudes pourtant très rares, mais visant en fait à supprimer le vote légal de millions d’étatsuniens peu portés à voter pour lui, et la loi sur le logement, en vue de régler une grave crise à travers le pays. Il s’agit d’une prise en otage, non seulement législative, mais de la population à pourfendre en deux, selon que plus susceptible ou non de voter pour lui, surtout au mi-mandat dont l’issue s’annonce particulièrement défavorable. Il s’agit donc d’une instrumentalisation de la démocratie représentative entière afin que ce ne soit plus les gens éligibles à voter qui choisissent leurs représentants, mais tout l’inverse, à savoir de(s) représentant(s) se prédéterminant eux-mêmes et choisissant ceux-là seuls qui vont les en conforter lors de l’élection et qui sont seuls à rendre éligibles. Un décret visant à rendre opérationnel le SAVE Act contraindrait le Service postal pour y créer des listes à travers tout le pays et donc en faire l’instrument de l’intrusion tout à fait inconstitutionnelle de l’État fédéral dans les États fédérés. Des gouverneurs se sont mis à le contester, car c’est une autre inversion des rôles constitutionnels: ce sont le Congrès et les États (donc les gouverneurs) qui sont censés détenir le pouvoir de fixer les règles électorales, non le président (soit-il exécutif unitaire7), du fait que le vote postal (par correspondance) tend à être défavorable à ses intérêts politiques8. Art of the Deal: donner l’envers pour l’endroit et faire virer l’endroit à l’envers de lui-même pour l’y faire s’y conformer, telle est la représentationnelle mise en scène s’en mettant à surdéterminer et coloniser toute représentativité de la réalité pourtant censée être en question. Bref, la fantaisie la plus cruelle en acte se tend de l’incertitude entravant les entreprises de construction se doublant de la pervasive misère du logement (plus des taux hypothécaires, etc.) au dysfonctionnement démocratique d’autant radicalisé. Tous deux sont manipulés par une telle soi-disant négociation, alors qu’il s’agit tout simplement d’un abus de pouvoir, mais rendu possible par l’exécutif unitaire juridiquement conforté. La loi, bipartisane, chemine sans être signée. Il est crucial de s’apercevoir jusqu’où peut aller le droit d’État ainsi fait droit du plus fort une fois mis en lieu et place, sous façade et jusqu’à l’encontre de l’État de droit et a fortiori de quelque force du droit, surtout quand celle-ci ne vise qu’à y revenir. Cette même puissance, d’autant exacerbée et rendue impérialiste jusqu’à tout siphonner (y compris la démocratie) à seul profit, permet aux États-Unis trumpiens de peser sur l’ONU et de l’acculer à la crise, par surcroît en la faisant accroire uniquement de gestion et en exigeant de ne se réformer qu’en ce sens. Or, la pression étatsunienne trumpienne vient de faire fléchir aussi jusqu’à la Banque mondiale pour qu’elle abonne tout objectif interne d’amélioration climatique et ne s’adonne donc plus qu’au cas par cas selon tel ou tel État y tenant néanmoins, mais dorénavant chez lui seul, alors que cela ne peut guère fonctionner sans concertation écosystémique d’ensemble. S’y illustre bien en quoi le cynisme va bon train et est d’autant porté à susciter la crise même qu’il prétend éviter qu’il est inapte à quelque aperception critique, de fait la refoule et la tolère fort mal, si constructive puisse-t-elle chercher à être. Le plus étonnant est que, même si les États-Unis sont les principaux contributeurs (à hauteur de 16%) de la Banque mondiale, il ne semble pas surgir une coalition au moins prête à examiner de quelle façon compenser tout éventuel retrait des États-Unis pour que ce soit ceux-ci et non plus tout un chacun des autres États qui s’en trouvent isolés. Si cela s’avérait faisable, ce serait une occasion majeure pour implanter le tiers système monétaire proposé en introduction du présent livre, à savoir pour instaurer une véritable monnaie d’emblée internationale, en l’occurrence onusienne en concertation avec la Banque mondiale, donc non soumise à une hégémonie indue de la monnaie d’un pays9 ou à un ensemble concurrent de monnaies s’en détachant et faisant même émerger l’une d’elles s’en mettant à prédominer et à concurrencer jusqu’à l’hégémonique (faut-il les nommer et identifier ou n’est-ce pas très évident pour la plupart ?), depuis le XXIe siècle. Se constituerait le coup d’envoi d’une révision générale des institutions mondiales au fur et à mesure que s’instaurerait leur interrelation en une telle nouvelle dynamique d’ensemble, dont libérer Cuba, voire les Amériques et l’Europe, jusqu’à l’Asie, y compris la Chine, pouvant y être intéressés. Sinon, reste l’autre voie: poursuivre le divorce industriel de l’Occident d’avec la Chine (pour un coût jusqu’à 23 600 milliards de dollars) avec, si s’apercevant que le problème n’est pas qu me extérieur, chaos interne trumpien. Hormis s’ils réussissent à faire se délocaliser aux États-unis des entreprises canadiennes ou autres, les tarifs trumpiens produisent chez eux le contraire de ce qu’ils promettent (en payant plus cher leurs intrants) et incitent les alliés à adapter leurs chaînes d’approvisionnement et à chercher à se réseauter autrement commercialement pour en être moins dépendants. Les blocs économiques intégrés avec les États-Unis, dont ledit ACEUM, sont en train de s’éroder. Sans se désintégrer, ils se relativisent. Quête du moindre risque.

Autrement, s’y cerne la tendance occidentocentrique, surtout étatsunisocentrique, à tant occulter toute mouvance sociale au ressort de l’émergence de figures individuelles qu’à ne plus que se projeter et s’en suraccentuer tout à l’inverse en des figures individuelles à célébrer autant en bien qu’en mal, dès les bien-être et mal-être, mais a fortiori à ce qui peut s’en poursuivre plus ou moins moralement jusqu’en le légal et d’abord l’exécutif jusqu’au plus unitaire, tant leur emprise sur les sociétés en cause est forte. Cette tendance nous introduit directement à la tendance asiatique (et en bonne partie aussi russe s’en démarquant avec l’Asie dans la notion d’Eurasie et d’euroasiatique) qui, elle, tend fortement à procéder en sens inverse. Selon l’approche du présent livre axé sur l’humain, jamais individuel (a fortiori si jusqu’à l’individualisme et même l’hyperindividualisme) que d’emblée social, non seulement l’humain est pourfendu en deux polarisations inverses se mettant à s’exclure et refouler l’une l’autre, mais s’instaure leur divergence systémique d’ensemble à l’échelle de la planète. S’éclairent autant les tensions interimpérialistes que lesdits heurts entre la soif unipolarisante (style MAGA) et la multipolarité s’en accentuant au fur et à mesure que les interdépendances se renforcent. Et nous avons déjà vu que « Pouvoir se fier exige que la foi se mesure à la confiance mutuelle » et ce, jusqu’en pleine guerre israélo-étatsunienne avec l’Iran (avec arrière-fond russe et chinois), dont ne rien comprendre en s’entêtant à traiter seulement depuis soi, par surcroît réduit à son seul egocentrisme hyperindividualiste se faisant accroire ne que peser sur le social comme si jamais sans en émerger, sur tout autre censé n’en être que l’alter ego et comme si à force d’en assassiner les têtes dirigeantes tout le social était censé suivre. La tension entre les deux, si en miroir l’un de l’autre, se met à son tour à s’orienter en des sens inverses, à la façon dont la tension entre gauche/droite tant enveloppe et déborde toute tendance gauchère/droitière, voire gauchiste/droitiste, que peut s’orienter autant de façon lévogyre que dextrogyre. Peuvent en résulter divers états d’équilibre à leur interface, ce qui s’appelle l’énantiodynamique, en l’occurrence relationnellement tissée et considérée plutôt que seulement distribuée en des particules ou molécules se constituant en miroir les unes des autres, à la façon dont même les gauche/droite n’adviennent que purement juxtaposées comme en les songes cartésiens de 1619 (Morin, 2022-2026).


1 https://www.msn.com/fr-ca/actualites/other/le-secret-du-ballet-des-étourneaux-leur-cerveau-ne-fait-qu-un.

2 Hormis les guerres militaires, la guerre bancaire numérique est féroce. Le système bancaire étatsunien tend à restreindre la capacité de l’épargne numérique des stablecoins de générer une épargne passive, du simple fait d’exister. Le Clarity Act trumpien vise l’inverse : « si les stablecoins offrent des rendements passifs supérieurs à l’inflation, les banques redoutent de voir leurs dépôts s’évaporer, ce qui paralyserait mécaniquement leur capacité à émettre des crédits. », sans parler d’éventuels flux financiers illicites et de profits personnels que de hauts responsables tireraient de l’industrie crypto. Voir https://journalducoin.com/economie/clarity-act-senat-rendements-stablecoins-clan-trump/2024-03-24 Une subordination totale de toute économie réelle à la seule économie spéculative, dont les États-Unis, d’abord le clan Trump, seraient le fer de lance jusqu’à travers la planète? Les stablecoins, restreints à leur activité transactionnelle (si à l’image du style présidentiel), reviennent à la charge par le Yield-as-a-Service avec Smart Contract en légalisant autrement la rentabilité, là où l’Europe s’y refuse en pensant aux crises qui seraient sans garantie des liquidités. À l’inverse, la Chine se soucie d’emblée de la stabilité de l’économie réelle et d’y inscrire (non l’en surdéterminer par) les stablecoins. Rappel: le dangereux précédent des pyramides de Ponzi finançant par de nouveaux investisseurs ce que des investissements réels ne produisent plus par dividendes. S’y fausse la représentation des rendements jusqu’à l’écroulement du tout et abrupte révélation de la réalité. Déjà, la fusion des banques d’épargnes avec les banques d’investissements avait débouché sur des produits financiers toxiques faisant des montages artificiels combinant des prêts hypothécaires à haut risque avec d’autres dettes passant pour des actifs. Le contexte de bas taux directeurs produisait l’illusion d’argent facilement gagné, d’où la crise économique de 2008. Cette fois-ci, l’épargne n’est plus levier pour l’investissement en des produits financiers toxiques ou autrement faussés, mais d’emblée concurrencée par la cryptomonnaie en faisant son levier pour l’investir… en de tels produits ?

3 https://journalducoin.com/economie/economie-souverainete-chine-dominer-monde/. De plus, d’emblée la Chine ne met en œuvre un stablecoin hongkongais depuis 2025 que sous emprise bancaire pour le régulariser et en tamponner les éventuels effets quant à l’économie réelle qui reste prioritaire et avec laquelle l’articuler: « Hong Kong policymakers have emphasised that approvals will depend on whether issuers can demonstrate real-world use cases, sustainable business models and strong regulatory compliance. » https://www.msn.com/en-us/money/other/hsbc-standard-chartered-poised-for-hong-kong-stablecoin-licences-report. À l’inverse du trumpisme, la Chine se soucie que l’accélération du flux monétaire susceptible d’advenir avec les stablecoins se combine avec une préservation d’un équilibre entre l’innovation fiscale et le risque gestionnaire.

4 https://cryptoast.fr/europe-imposer-leadership-marche-tokenisation-avis-membre-bce/

5 Alexandre Sirois, https://www.lapresse.ca/contexte/la-guerre-du-futur-fait-rage-maintenant/2026-03-22/vie-mort-et-biais.php.

6 Maxime Marquette, https://www.msn.com/fr-ca/politique/gouvernement/decryptage-trump-prend-la-loi-sur-le-logement-en-otage-pour-imposer-le-save-act-electoral.

7 Maxime Marquette, https://www.msn.com/fr-ca/actualites/other/reportage-scotus-renverse-90-ans-de-jurisprudence-et-donne-à-trump-le-pouvoir-de-limoger. La doctrine de l’exécutif unitaire s’est forgée pendant les années Reagan et a été promue par des juristes conservateurs (dont ceux nommés à la Cour suprême par Trump lors de son 1er mandat). « L’argument central : tout le pouvoir exécutif appartient constitutionnellement au président, et les agences indépendantes constituent une distorsion illégale de cette architecture. » Sauf la Fed, Trump peut donc démantibuler ces agences indépendantes (écologiques, sanitaires, financières…) pour déréguler les secteurs en cause, en plus de limoger quasi autant qu’il le veut, y compris menacer les médias dont la couverture des événements lui déplaît. Toute liberté est d’abord la sienne.

8 Maxime Marquette, https://www.msn.com/fr-ca/actualites/other/reportage-neuf-gouverneurs-democrates-sonnent-la-charge-contre-le-plan-postal-de-trump. Ce nouveau système serait à implanter à toute vitesse en vue de la prochaine élection en novembre 2026 et risquerait de rendre le système électoral entier encore moins fonctionnel, d’où pour le même Trump, de la nouvelle matière à de nouvelles interventions arbitraires sous de nouveaux prétextes si le résultat du vote n’est pas celui qu’il veut. Trump est en incessante création de polémique, source d’impasses et pseudonégociations faisant s’entrechoquer les propos les plus hétéroclites. Quête de chaos à son seul et unique profit.

9 Dont le dollar depuis Bretton Woods et a fortiori le pétrodollar issu de Nixon, mais quelque peu plombé, surtout depuis la guerre faite à l’Iran et la crise s’en étant mondialisée depuis le détroit d’Ormuz. Les sources pétrolières étatsuniennes sont partielles et partiales.


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Problématique critériant le choix de ses représentants selon de telles doubles actions

3) Représentant issu de l’Asie


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