Banniere Yvan Morin

Auteur/autrice : super_admin

  • Résumé et Extraits

    Le présent livre examine la Réforme de l’ONU en cours sous un angle géopolitique apte à se référer et s’ajuster à sa géophysique sous-jacente, si pour pouvoir se mesurer aux idéologies cherchant à légitimer de façon si partielle et partiale des hégémonies géopolitiques qu’à tout au contraire réifier jusqu’à cette géophysique.

    Il propose à l’Assemblée générale de l’ONU de constituer un Conseil Indépendant de son Conseil Permanent de Sécurité pour en être conseillée et en devenir autonome.

    Selon une conception de l’humain qui n’est jamais individuel que d’emblée social, il s’agit de se mesurer et s’éveiller de sa propre fantaisie (imagination productrice) aux prises avec ses affections (désir de ce dont jouir et crainte de ce qui afflige et endolorit), par des doubles actions spécifiques et universalisables. S’instaure une problématique critériante quant à la façon d’effectuer le choix de représentants aptes à cibler de tels cas spécifiques, mais du même coup à les considérer avec et parmi d’autres selon des traits communs permettant d’en dégager d’emblée l’universalité. Par contre, s’adonner à sa seule fantaisie au point d’en biaiser les affections (par désir de ce dont jouir pour soi seul au point de se repaître de faire porter tout entier à autrui toute crainte de ce qui afflige), tout au contraire lamine tout jugement universel en jugement purement circonstanciel lors duquel s’imposer et d’où l’infléchir à son seul profit, fusse cruel, au point d’enrayer toute idéation jusqu’en sa logique et l’en figer par idéologie correspondante, surtout si terrorisante.

    S’y conjugue une liste d’autres doubles actions possibles. Toutes visent une intégration sous le Conseil Indépendant et dans l’axe du développement humain de trois piliers de l’ONU, à savoir l’humanitaire, le développement durable et les droits humains, jamais individuels que d’emblée sociaux, autant en regard que distinctement du Conseil Permanent de Sécurité (et du Conseil de Sécurité plus large) s’occupant principalement de son quatrième pilier, à savoir paix et sécurité.

    Trop souvent, ce Conseil Permanent de Sécurité noyaute l’ONU par un droit de veto, surtout issu de trois de ses États membres (États-Unis, Russie et Chine) qui sont aussi à la source des principales tensions interimpérialistes panplanétaires et qui en invalident l’ONU autant de l’intérieur que de l’extérieur. Le Conseil Indépendant en constituerait un contrepouvoir et permettrait à l’Assemblée générale de s’en autonomiser un tant soit peu, en plus d’instaurer un métabolisme onusien d’ensemble mieux apte à s’équilibrer entre son anabolisme (par le développement humain) et son catabolisme (par ses paix et sécurité censées en créer les conditions de possibilité, mais au contraire si souvent défaillantes qu’au point de l’en miner).

    Un dossier fait état du cas de la géopolitique constitutionnelle canadienne et québécoise qui est en train de percoler et de remonter de-ci, de-là, à l’ONU.

    EXTRAITS

    « Le présent livre cherche à concrétiser une voie déjà signalée par une historienne et spécialiste des Nations Unies : « nous n’avons pas encore vu des pays franchir cette étape et s’engager réellement à réformer l’ONU. Il existe une campagne, en cours, autour de l’article 109 de la charte de l’ONU, qui prévoit la tenue, tous les dix ans, d’une conférence de révision de la charte. Or cela n’a jamais eu lieu depuis 1945. » « J’aimerais voir davantage de pouvoir confié à l’Assemblée générale plutôt qu’au Conseil de sécurité. » Puis-je ajouter : confié à l’Assemblée générale en priorité plutôt qu’à son CPS, si pour pouvoir s’étendre vraiment au Conseil de sécurité plus large. Depuis l’Assemblée générale, l’ONU a le mieux manifesté son dynamisme politique, car constituant le meilleur baromètre de la communauté internationale sur n’importe quelle question… si ne se faisant pas plomber par son CPS. »


    « Proposition à l’Assemblée générale de l’ONU :

    Que l’Assemblée générale de l’ONU se déclare avoir priorité sur son Conseil Permanent de Sécurité (CPS) et qu’elle se dote d’un Conseil Indépendant (CI) de ce CPS dans les meilleures limites possibles comme d’où, à la fois, travailler à mieux l’intégrer au fonctionnement du Comité de Sécurité (CS) plus large et l’en faire contribuer à l’instauration de sa propre géopolitique autonome d’autant mondialement commune qu’apte à se référer et s’ajuster à sa géophysique. »

    « La lutte des classes est bel et bien en train de se faire géopoliticoéconomique guerre culturelle, mais s’intériorisant en tout un chacun, car la question identitaire est la question centrale de toute culture. Est-ce que ce sera d’inconsciente à consciente au point de s’assainir en son idéation jusqu’en sa logique ou tout au contraire, en se refoulant encore plus, d’une conscience toujours plus résorbée en pensée figée et rendue idéologisante au fur et à mesure que s’empêchant d’émerger d’elle-même à elle-même et de s’apercevoir d’un sens de soi d’emblée si chargé du sens d’autrui qu’irréductible à tout ego/alter ego ? Tout dépend du rapport à la sous-jacente fantaisie (ou imagination productrice) selon la façon dont s’articulent ses affections (désir de ce dont jouir et crainte de ce qui afflige et endolorit), à savoir selon que s’en éveillant (jusqu’au point de se mesurer à ce qui peut s’en nouer paradoxalement, comme en le désir panurgien de se marier face à sa crainte d’en être cocu) ou y sombrant (surtout si jusqu’à s’en rendre cruel en dichotomisant le désir de ce dont jouir à soi seul et la conjointe toujours uniquement d’autant projective que vicariale crainte de ce qui afflige). Qui ne s’aperçoit pas que jusqu’au mot « ego » est un mot de la langue commune et d’autant universelle que socialement disponible à tout un chacun et donc jamais pour soi seul que du même coup aussi pour autrui, plutôt que seulement de soi seul en son ego dès lors plutôt idiosyncrasique et porté à se présumer tel chez tout un chacun pour lequel il n’y a plus qu’un alter ego comme son seul vis-à-vis ? L’humain n’est jamais individuel que d’emblée social et ce, jusque bien avant et a fortiori au ressort de son ego. Bref, « Qui sommes-nous ? » contextualise tout « Qui suis-je ? » et en révèle le sens (universel émergeant versus se réduisant et confondant en le seul spécifique ?), selon la culture en cause, à savoir selon la manière de s’identifier plutôt que selon la seule identité résultante, mais d’autant occultée l’être que présomptive au fur et à mesure qu’idéologiquement préfabriquée et abusivement généralisée au point de l’imposer et de forcer son intériorisation chez tout un chacun, selon une incessante guerre culturelle, ce par quoi, faute d’un volet social-démocrate, jusqu’aux démocraties se sabotent, si libérales, via illibérales, jusqu’à libertariennes soient-elles, du fait d’être si individualistes que se tronquant tant d’être aussi sociales que l’en figeant et externalisant en des régimes géopoliticoéconomiques en miroir, car non plus ainsi hasardeusement (à leur fantaisie et jusqu’au chaos), mais d’emblée autoritaires. »


    Commencer votre lecture

    TABLE DES MATIÈRES

    Retour à l’Accueil

  • Appel au droit onusien à l’autodétermination des peuples

    Comment ne pas s’étonner qu’il s’agisse de la même démarche (faire appel au droit international pour s’appliquer) que celle entreprise par trois organismes québécois pour soumettre à l’ONU la cause du rapatriement unilatéral de la Constitution canadienne sans et contre le Québec en 1982. La Cour Suprême du Canada, de connivence avec le trudeauisme, ne veut rien entendre. Cette cause est, avec le droit international, surtout si onusien, celle du droit des peuples à l’autodétermination, comme y insiste aussi le constitutionnaliste André Binette à partir de la loi 991, mais ne pouvant être autant externe pour le Québec qu’interne pour les Autochtones sur son territoire qu’en cernant aussi et surtout jusqu’au trait d’union faisant que le tout s’articule en État-nation. En effet, Alexandre Cormier-Denis, en son Mémoire, septembre 2024, Manifeste pour la reconnaissance du Québec comme État-nation du peuple canadien-français, après avoir campé une définition de la nation (plus politique) en celle du peuple (plus culturel), reprend aussi cette Loi 99 en soulignant qu’elle est sise sur la notion de peuple québécois et n’explicite pas ce qui signifie « nation » en son emploi de l’expression « État national », sans référence initiale à une « nation québécoise », ce qui se rectifie de 2000 à 2003: «Que l’Assemblée nationale réaffirme que le peuple québécois forme une nation », ce que le Parlement canadien entérine en 2006 en précisant que c’est en un Canada uni, sous Stephen Harper, bien qu’il faille attendre « 2022 et la Loi sur la langue officielle et commune du Québec, le français, dite loi 96, pour que la nation québécoise reçoive une reconnaissance constitutionnelle et légale en droit canadien », tout en modifiant la Charte de la langue française pour remplacer « Amérindiens » par « Premières Nations » pour désigner les Autochtones (ce qui rejoint la posture politique de Ghislain Picard les ayant représentés au Québec et au Labrador). Problème: «La définition purement civique de la nation est oblitérée par la reconnaissance du caractère héréditaire et ethnique de l’appartenance nationale, contrevenant à la conception civiliste de la nation québécoise ». La notion, non de nations autochtones, mais de peuples autochtones aurait plutôt pu les dire appartenir au peuple québécois (en plus de mieux s’accorder avec l’intitulé de la DNUDPA, au lieu de se modeler sur le Fédéral et la conjointe politisation autochtone sous le primat de l’étiquette de Premières Nations faisant négocier de nation à nation), ce qui aboutit à l’affirmation assez choquante que « les Premières Nations et les Inuits forment des nations distinctes de la nation québécoise avec qui elles partagent un territoire commun, le Québec », le tout sans impliquer quelque partition territoriale que ce soit, tout comme lors de la conjointe reconnaissance d’une minorité canadienne-anglaise du Québec, les grands absents étant les Canadiens français, qui sont disséminés en Amérique du Nord et dont est pourtant issue la prétention d’une nation québécoise. Donc « Plus que jamais, il est temps de reconnaître que le Québec est l’État-nation du peuple Canadien français, d’en tirer les conséquences logiques et légales pour assurer non seulement sa reconnaissance, mais également d’inscrire son droit inaliénable à conserver sa majorité démographique sur ce territoire ». Il me semble qu’il faudrait plutôt dire: le Québec est l’État-nation pouvant se rappeler (Je me souviens) être sis sur le Canada laurentien de l’époque de la Nouvelle-France avant d’être filtré par la Conquête anglaise, puis le Canada-Uni menant, à compter de LaFontaine avec Baldwin, au partage de l’identité de Canadien, identiquement Français, avec l’Anglais. A ce titre, il peut être le foyer d’où rayonne et perdure en Amérique du Nord et en particulier au Canada de l’AANB le peuple Canadien français (avec coémergence du Canadien anglais). Du moins, si la Conquête du Canada radicalisée et totalement asymétrisée en trudeauiste Conquête du Canadien par le Canadian unilatéralement imposé comme d’où l’en refouler et ne plus en faire que son décalque pseudo symétrique, au contraire se relativisait et biasymétrisait. Il faudrait donc modifier la figure proposée par l’auteur pour ne pas inclure totalement le peuple canadien-français (si ne n’est plutôt population canadienne-française) dans, mais plutôt en intersection (fluctuante, par le droit accordé de pouvoir y être rapatrié) avec la nation québécoise où y faire figurer sa part de ladite minorité (numérique, mais non statutaire ?) canadienne-anglaise, surtout avec sa part issue de l’immigration, au moment d’y adjoindre les Premières Nations (politisant la plus culturelle notion d’Amérindiens ?) et les Inuits (plus éventuels Métis, si pour retrouver la notion canadienne fédérale de l’Autochtone?) en l’État du Québec et faciliter ses interfaces et transferts. Cette problématique archicomplexe mérite d’être davantage approfondie au moment de cerner qui et comment il fait partie de l’État du Québec, surtout si pour élargir le consensus ne faisant se constituer en nation qu’en s’en faisant reconnaître juridiquement par son propre État n’étant alors instauré qu’en se dotant de sa Constitution québécoise. Surtout en sa tension avec la DNUDPA quant aux Peuples Autochtones et face au Canada, surtout trudeauiste. A fortiori face à la cause rendue à l’ONU du rapatriement constitutionnel trudeauiste sans et contre le Québec. Dès, du sein et au moment de sa conception, distinguons, par compréhension croissante et extension décroissante: population -> peuple (avec peuplement faisant habiter le territoire) -> nation -> État-nation (au trait d’union élastique au XXIe siècle pris entre des États plus ou moins impérialistes faisant retour et des nations s’y brassant d’autant que prises entre leur coémergence inaugurale avec la nature territorialement cernée, comme chez Bodin, et leur remaniement par flux migratoire plus massif depuis le XIXe, mais dorénavant tendu entre purge-style trumpien- et hypocrite étouffement ethnoracialiste enreligiosant style trudeauiste-.

    Ces deux voies ressemblent à celles menant au suicide durkheimien: on meurt d’être autant ostracisé en son individualité qu’aliéné en sa socialité. Plus encore, toutes démarches ne se ressemblent et ne s’en rassemblent qu’en pouvant justement s’articuler, éclairer et alimenter mutuellement. Ce triple acte en ses trois versants s’en interfaçant fort dynamiquement ne fait que reprendre, mais laïquement ce que Ficin en recherchait à la Renaissance en Dieu, dont il faisait le Soleil du Soleil en un monde depuis lors héliocréé et héliocentré au milieu du Ciel par sa puissance effective (articulant tout), sa lumière jaillissante et rayonnante (éclairant tout) et sa chaleur en faisant éclore tout ce qui en est fécondé de façon si fructueuse qu’à d’autant savourer (en s’intensifiant d’autant que les deux, puissance et lumière, s’en alimentent mutuellement à sa source). De Rabelais, via Montaigne, à Descartes, a fortiori si par Rabelais selon Montaigne s’apercevant au ressort de Descartes au lieu de s’y occulter et d’en faire un ignare commencement absolu ne se prétendant se fonder scientifiquement qu’en étant déconnecté de sa source vive et vitale de sa propre pensée, le français l’a conservé dès l’aube de son expression moderne, par une langue rappelant autant le goût que la pensée en émergeant et s’exprimant2.

    Pour le peuple québécois se constituant en nation québécoise, se constitutionnaliser en son contexte en révélant le sens est pouvoir d’autant acquérir sa part du monde s’en créant que pouvoir interroger le tout début de la Constitution canadienne, surtout telle que rapatriée unilatéralement par Trudeau père sans et contre le Québec, quant à ce que signifie vraiment son préambule: « Attendu que le Canada est fondé sur des principes qui reconnaissent la suprématie de Dieu et la primauté du droit. » N’en déplaise à Trudeau père et à son patriarcat ethnoracialiste enreligiosant, jusqu’à la divine création du monde peut d’autant se québéciser que se laïciser et la primauté du droit y devenir d’autant mieux sensée que son droit civiliste se dégager de l’anglicisante « common law ». Il suffit de faire en géopolitique ce que la physique a fait au début de la Modernité: transposer et reprendre la monothéiste création du monde en héliocentrisme cosmophysique, dès la révolution ficino-copernicienne s’étant gnoséologiquement magnifiée chez Kant. Dieu ne préside à la forge du sens de soi qu’à même celle du monde qui, au fur et à mesure que mieux matériellement cerné, s’en autonomise. Le sens de soi peut s’y laïciser, comme cela s’est accentué de la France au Canada laurentien devenu, par-delà la Conquête et au gré de l’AANB bien avant la Constitution canadienne trudeauiste, le Québec. Ce sens de soi se démarque de celui qui prend bien autrement appui sur des pouvoirs laïcs comme tous les Protestantismes, jusqu’aux plus anglicisants, lors de leur émergence, voire via l’Empire britannique, s’en étant multiethnoracisés avant de s’en multiethnoracialiser (selon qui monopolise et oriente la multiethnoracisation, en particulier à travers l’immigration) jusqu’au point de nouveau s’enreligioser tel, comme en le trudeauisme, dont la Constitution de 1982 est sise sur la suprématie de Dieu étayant un pouvoir monarchique ayant pris forme d’un exécutif unitaire s’infléchissant le législatif et de là, le juridique qui fait à son tour ployer toute société civile, a fortiori si québécoise et française (surtout si française ignare de tout son propre afflux de sous et au ressort de Descartes, voire de ce que pouvait être la convergence culturelle dès son époque et qui peut encore rejaillir au XXIe siècle, pour peu que le Québec renoue avec sa propre devise, à savoir « je me souviens », a fortiori au moment de se constitutionnaliser). À et même en l’image de Dieu le plus monothéiste, surtout tant que son unitrinitarité ne s’est pas aperçue et rectifiée en uniquaternité apte à s’intégrer et s’articuler avec son propre féminin, tous ces Protestantismes sont des Patriarcats. Et ce Patriarcat s’instaure au ressort de tout filtre idéologique nord-américain WASP (White Anglo-Saxon Protestant), si porté à se diffuser et à coloniser ainsi de façon ethnoraciale enreligosante, pour en être d’emblée PWASP. Le tout se renforce par un constat sans équivoque révélant le fédéralisme trudeauiste d’autant bancal que dysfonctionnel, en s’efforçant d’occulter qu’il est inapte à favoriser quelque épanouissement culturel québécois (ce pour quoi il lui a fallu d’emblée massacrer inauguralement le Rapport Laurendeau-Dunton de son biculturalisme au profit du bilinguisme à rendre seul fort exclusivement prévalant et officiel). Statistiques à l’appui, « En observant les dynamiques entre le gouvernement fédéral et le gouvernement du Québec dans les domaines de la langue et de la laïcité, abordés dans ce mémoire, le constat est clair le cadre constitutionnel canadien est insuffisant pour permettre au Québec de défendre convenablement des enjeux importants pour la prospérité de sa culture »3. En particulier, la souveraineté parlementaire québécoise, mieux susceptible de faciliter cette prospérité culturelle, s’en trouve régulièrement entravée. Maintes déclarations des Trudeau, de père en fils, illustrent leur agenda d’affaiblir le Québec, a fortiori si non seulement État en son propre parlement, mais nation québécoise, à l’intérieur du Canada. Quasi haine de toute culture québécoise à laminer à travers le prisme du bilinguisme officiel qui, d’emblée tronqué autant du biculturalisme pouvant seul y mettre au jour la manière de parler au ressort de toute parole que toute socioréférence extralinguistique constitutive de toute linguistique en cause, s’instaure comme ce d’où l’encarcaner et toujours plus l’affaiblir. Il s’agit d’un incessant massacre du Rapport Laurendeau-Dunton se réitérant en se magnifiant à toutes les sauces possibles, la plus consistante étant le rapatriement unilatéral de la Constitution en 1982 sans et contre le Québec, mais surtout en faisant accroire pouvoir occulter et supplanter indéfiniment la Constitution de 1867 d’où elle risquerait de pouvoir réapparaître et en être rectifiée, surtout si dynamisée par une Constitution québécoise, a fortiori par un Conseil constitutionnel qui, si doté d’un statut quasi sénatorial mandaté en ce sens, en étayerait les autres pouvoirs (exécutif, législatif et juridique en regard de la société civile), selon trois axes: ce serait une, non seulement nécessaire, réactive et rétroactive, mais proactive tâche se combinant du même coup avec un incessant apport de la société civile se mettant en marche vers sa propre autodétermination pour s’en faire nation et ce, en son propre État d’où s’en faire reconnaître juridiquement par sa Constitution même dont alors se doter. Un tel Conseil constitutionnel est mieux qu’une Constituante, sous condition expresse de s’y brancher à son équivalent, à savoir par des instances issues de la société civile en étant suffisamment représentatives plutôt que seulement rattachées et subordonnées de force au gouvernement comme la CAQ le proposait, ce pourquoi d’ailleurs les craintes ont été si énormes que leur projet est mort au feuilleton en juin 2026. De plus, Québec Solidaire propose une telle Constituante sans avoir pris la peine de tenir compte et vérifier les maints échecs qui en sont advenus ailleurs, comme André Binette en a adverti.

    Enfin, le Livre bleu du Parti Québécois prétend dissocier, puis réassocier en deux temps séparés, d’abord l’indépendance, puis la prise en compte des institutions en un projet de société, ce dont un Conseil constitutionnel (jamais mentionné nulle part dans tout le Livre bleu), quoique non plus annexe au gouvernement, mais autonome et surtout, très dynamique selon les trois axes ici proposés, permettrait tout au contraire d’unifier du mieux possible en une même démarche, étant entendu que jusqu’à la société civile, surtout si s’impliquant un tant soit peu réellement (surtout qu’ayant échaudée par le projet initial de la CAQ) accepte d’emblée que ce qu’elle est maintenant va aussi être appelé à se transformer mais avec elle et son consentement (ce qui n’est plus une simple dis-/ré-association après coup, une fois l’indépendance à proclamer comme en le Livre bleu du PQ). Et c’est encore moins le simple statu quo constitutionnel trudeauiste reconduit tel quel, comme cela s’annonce par le Parti Libéral du Québec, si par surcroît la nouvelle mouture de la CAQ ne tend pas à s’y aligner aussi (du moins à en juger par les premières démarches de Christine Fréchette s’en adonnant bien avec Mark Carney, quoique Guillaume Rousseau, surtout si élu dans Richmond, pourrait éventuellement en ramener l’enjeu, selon ce à quoi la CAQ est prête à s’engager). Ne manque que le Parti Conservateur du Québec à l’appel, pour connaître sa posture constitutionnelle: après avoir recruté la députée indépendante Maïté Blanchette Vézina, il a été le seul à appuyer le projet caquiste de Constitution avant sa mort au feuilleton, mais en ayant entre-temps précisé qu’il ne fallait pas accéléré le projet au point de couper court à une entente transpartisane plus large pour ne pas ressembler à un bâillon, surtout quant à la loi fondamentale du Québec.

    Cet arrière-fond sociohistorique géopolitiquement d’autant débattu que devant se mesurer à ce qui en est filtré, du fait d’être fort idéologiquement tordu par le trudeauisme, se double du problème juridique proprement dit, à savoir que la subséquente « multiplicité des lois fondamentales et la difficulté d’identifier le corpus constitutionnel québécois militent en faveur du recours au pouvoir constituant pour doter le Québec d’une loi fondamentale globale : en particulier, une clause de souveraineté parlementaire permettrait à l’Assemblée nationale d’avoir le dernier mot quant à la façon de délimiter ce qui peut assurer l’état d’équilibre entre les droits fondamentaux collectifs et individuels4, ce qui, selon moi, devrait être explicité viser très directement la faille abyssale issue du rapatriement constitutionnel canadien trudeauiste sans et contre le Québec et tout son déséquilibre des pouvoirs, de l’exécutif via le législatif jusqu’au flou juridique s’ensuivant et risquant d’en être d’autant fallacieusement interprétativement biaisé jusqu’en la Cour Suprême du Canada au point d’en encarcaner toute la société civile québécoise, voire tout le fait français pancanadien. A fortiori si pour renouer avec le Canada laurentien au ressort dudit Canada français, donc du Canadien français, voire toute sa diaspora nord-américaine, en regard de l’État du Québec, tout en se mesurant au nouveau ministère identité et culture canadiennes qui est censé s’inclure les langues officielles, qui est issu du gouvernement Carney et dont la léthargie est quasi-totale, à tout le moins strongly à la traîne. Tel est ce qui est à problématiser, au moment de rejouer ce qui en perdure depuis la Renaissance, dès le seuil et jusqu’en la Modernité.

    Tout problème ne se révèle qu’en inscrivant la question en cause en son contexte qui peut seul en révéler le sens, la direction à prendre. Toute question-réponse dont germe la pensée s’en fait problème-solution, mais du problème à la solution, en prenant en compte entre-deux, voire entre-temps, la manière de l’aborder (toute manière étant d’emblée culturelle) et en l’affinant et pour ce faire, en se dotant d’une démarche, d’une méthode pour y parvenir, à savoir pour passer de la question problématisée par son contexte à la réponse faite solution n’étant plus jamais tant directe qu’indirecte, car ne surgissant plus que par et d’un tel détour. Jusqu’à toute observation la plus factuelle du réel acquiert et inclut demblée, par le double sens du mot « observation » en français, toute conjointe observation de quelque règle alors mise en jeu. A fortiori si ne se constituant plus culturellement (en sa manière d’y procéder) qu’en se constitutionnalisant supralégislativement au ressort non plus seulement des faits, mais aussi du même coup, des droits, dont des règles de droit à d’emblée bien distinguer des règles morales ou religieuses. Nous sommes à la racine de la pensée impliquée et au ressort du droit civiliste privilégié en français relativement à la « common law » pour laquelle le jurisprudentiel s’impose empiriquement, selon l’observation des faits (sauf, par idéologie trudeauiste tenant mordicus à les confondre, celui signalé par Arès d’une langue maternelle française perdurant au seul Québec davantage, par-delà et bien distinctement de sa seule origine ethnique française ?). Voire s’impose tant par une telle empirie que tout ce qui peut s’en penser, selon quelque règle que ce soit, ne peut plus que s’y et s’en dé-/re-composer. Non seulement sociolinguistiquement, mais d’abord, aussi et surtout mentalement, l’anglais s’en met à aliéner le français, s’il lui est présomptivement imposé au point de ne plus lui laisser aucune marge de manœuvre que d’en être le pur et simple décalque, comme en ledit bilinguisme officiel trudeauiste s’étant tronqué de toute sous-jacente assise ainsi culturellement pensante (surtout si à même l’éducation scolaire qui est le vecteur privilégié de l’intellectualisation de soi) pour que rien n’en puisse paraître. L’illustre l’acte majeur de massacrer le Rapport Laurendeau-Dunton à cette fin, a fortiori une fois constitutionnalisé tel en 1982, surtout en tirant son article 23 (d’où préorienter à sa seule façon les langues dans les écoles) de son chapeau et en le plaquant sur la Constitution de 1867 afin de mieux en parasiter la québécoise Charte des droits et libertés de la personne. Or, depuis la Renaissance, surtout italo-ficinienne, jusqu’à la culture n’est plus seulement celle de prendre soin et faire fructifier, à la façon de l’« educare » romain restant encore tout entier partie prenante de la nature, mais depuis lors aussi celle d’une conduite au-delà de la nature en se cultivant mentalement en sa raison, à la façon de l’ « educere » (ex-/-ducere: hors de/conduire). C’est d’une telle nature et avec elle que coémerge l’idée de nation, depuis Bodin, justement en liant l’aperception de soi s’étendant d’emblée à tout un chacun et émergeant du peuple alors en question comme nation et sa conjointe reconnaissance juridique, en l’occurrence, dans le cas présent, d’abord constitutionnelle du sein du Québec pour se mesurer et se déprendre de la Constitution trudeauiste en laquelle s’en trouver autrement biaisée et encarcanée.

    Si ce n’est jusqu’à tout un chacun, au moins l’auteur du présent dossier est en quête d’un sens civique si inhérent à la société civile qu’y favorisant avec un mieux-vivre ensemble une notion de citoyenneté québécoise n’étant mise au ressort de l’État qu’en respectant mieux l’humain que ne le fait le Canada trudeauiste, donc en l’apercevant et le reconnaissant n’être jamais individuel que d’emblée social et ce, dès sa société civile. Celle-ci est un pouvoir à duly nommer tel et ce, comme d’où chercher à articuler les autres powers (exécutif, législatif, surtout si étayé par un Conseil de la Constitution acquérant valeur sénatoriale fort active selon les trois axes signalés, et juridique). Comme le propose Droits Collectifs du Québec, cette citoyenneté serait à encadrer. Une carte de citoyen confèrerait seule le statut d’électeur. Or, aucun des partis politiques québécois, dans ses prises de position face aux démarches constitutionnelles, y compris le volumineux Livre bleu du PQ, n’a pris en compte jusqu’à présent de fort épineux enjeu des démarches concrètes autant électorales que référendaires sans lesquelles le camp adverse va pouvoir avoir tout le champ libre pour récidiver et commettre les mêmes exactions que par le passé. Ce point crucial serait à appuyer sur une nationalité québécoise partie prenante de sa Constitution et a fortiori si s’y trouvant intégré à son droit civiliste d’emblée si social qu’irréductible à la « common law » individualiste pour que le peuple québécois se dote d’une gouvernance étatique d’autant plus souveraine qu’apte à résister à son homogénéisation anglicisante depuis le fédéral s’y adonnant en faveur du ROC.

    Le proposent l’Institut de Recherche sur l’Autodétermination des peuples et l’Indépendance nationale (IRAI) et l’Institut de Recherche sur le Québec (IRQ). De plus, l’IRQ a déposé un mémoire sur le projet de loi #1 (la Loi constitutionnelle) qui s’intitule Edifier la nation en novembre 2025 et qui ancre le tout en l’histoire en vue de donner davantage de cohérence au droit constitutionnel. La citoyenneté canadienne s’énonce comme celle d’un sujet britannique sur les passeports jusqu’en 1977. Tarde donc à se faire la distinction et donc a fortiori le couplage mieux articulé entre nationalité, comme appartenance personnelle civile, et peuple, comme ensemble des citoyens exerçant leur pouvoir par des droits politiques. Ne reste plus qu’à laminer la personne (dès la québécoise Charte des droits et libertés de la personne), sa civilité et surtout sa nationalité en signant l’appartenance en le seul citoyen, lui-même présumé purement si individuel qu’individualiste avec tout ce qui peut en être social en clause annexe et dérogatoire d’où pouvoir l’en manipuler à sa fantaisie et donc à sa guise. D’où ledit rapatriement de la Constitution en 1982, au gré d’une terminologie fort ambigüe, pour que s’y impose une inflexion depuis l’anglais de ce qu’il s’agit d’en signifier en français, car rapatrier se dit de qui ou quoi est sorti du pays si pour y être ramené, ce qui n’est aucunement le cas pour l’AANB qui, comme le nom le dit, est britannique et aucunement canadien, même si concernant le Canada en Amérique du Nord, surtout l’y ayant par surcroît tronqué de tout consentement du Québec pour au contraire que ne plus que la lui imposer unilatéralement. Il s’agit plutôt d’un transfert permettant de l’importer (de 1931 à 1982). Et il est hautement significatif de faire alors accroire que la Couronne (britannique) se transposerait de facto en pouvoir fédéral cherchant à s’en octroyer une aura fort semblablement si centralisatrice que tout aussi colonisatrice à l’encontre de l’idée de fédération pourtant affichée pour s’imposer tel aux fédérés, à savoir les provinces, surtout le Québec échappant plus que les autres à ce moule homogénéisant anglicisant. Les États généraux du tout dernier Congrès du Canada français (1967-1969) étaient déjà fort éloquents en établissant que le Canada français est une nation, le Québec est son territoire national et son milieu politique privilégié et la nation canadienne-française a le droit de disposer d’elle-même et de choisir son régime politique, ce qui est aussi établi à l’échelle internationale (Droits de l’homme, de fait de l’humain en tant qu’individu d’emblée social, ONU…). Enfin, les Autochtones sont alors eux aussi mieux intégrés dans le projet québécois d’instaurer sa propre Loi constitutionnelle qui, par tradition civiliste propre au français, passe par l’écrit ne lui permettant de se codifier en ses principes qu’en se mesurant à ses propres ambiguïtés jusqu’aux plus socialement originaires et constitutives au plus près de ses propres sources orales (du moins selon ce qui, avec la forge de la langue française que nous parlons encore de nos jours, perdure de Rabelais selon Montaigne de sous et jusqu’en Descartes) et sort des zones grises doublées de flottements interprétatifs par la common law ne pouvant plus être, elle, que jurisprudentielle et dépendante de l’oralité, mais captée et encarcanée en l’écrit juridique rendu fort circumstantialement évolutif selon le rapport de force à créer et imposer, comme s’il n’y avait plus aucune politique (surtout considérée, non plus se presuming, mais se gagner en ses principes les plus clairs et distincts possibles) que se confondant avec le juridique censé autant l’entériner (comme Bora Laskin, juge en chef à la Cour suprême, en confortant Trudeau père lors dudit rapatriement de la Constitution en 1982) que l’en mettre en œuvre et faire tout y plier, selon une fort culturelle manière d’agir politico-juridique éminemment anglicisante. Or, une fois tout ainsi intégré, l’histoire exige de s’apercevoir que 1967-1969 est entre-temps aussi le moment de 1) Révolution tranquille en cours et ayant déjà produit le Rapport Parent en éducation à l’époque du Concile Vatican II ayant amenuisé grandement les éventuelles résistances à ce passage de l’Église à l’État, 2) émergence du Parti Québécois (1968) 3) conjointe diffraction du Canada français et donc de la nation canadienne-française entre la québécoise et les coémergentes franco-pancanadiennes (franco-ontarienne, franco-manitobaine, etc., plus l’acadienne conservant seule sa dénomination) et 4) toute loi fédérale (déjà trudeauiste) sur les langues non plus constitutionnelles, comme en 1867, mais officielles (1969), d’où émerge (surtout au tournant des années 2000) la québécoise francophone, autant dire franco-québécoise, censée s’intégrer avec toutes les autres déjà plus stricto sensu provinciales et en contexte fort anglicisant à ainsi faire progresser du ROC vers et au profit du fédéral. Seules de rares études comme celles de Duquette et Morin, se soucie du fait de se sentir français de sous et jusqu’en toute francophonie que ce soit et a fortiori anglophonie, plus encore si s’en bilinguisant, surtout si officiellement selon un mode, si ce n’est tout simplement la mode trudeauiste. Débordant le champ des études scientifiques, Georges Duquette a exprimé poétiquement ce qu’est l’identité, au moment de se dire d’Ontario français, voire Ontarien français, bien avant quelque Ontarien francophone, voire Franco-Ontarien ou, selon les trudeauistes langues officielles rendues si prédominantes, francophone tout court se repérant au son plutôt qu’au sens, comme Justin Trudeau parlant anglais jusqu’en français et surtout, se faisant individu-type si individualiste que se collectivisant tel en toute classe moyenne censée être promue et pourtant au contraire toujours plus pourfendue entre des extrêmes la déchirant par ses propres incuries politiques (dont l’immigration massive unilatéralement décrétée et imposée sans tenir compte de ses conditions de possibilité la rendant intégrable en un contexte social territorialement en cause la rendant viable et vivable ensemble, au niveau des Provinces auxquelles incombe sa charge: logement, garderie, école, etc.):

    « Une identité, ce n’est pas juste une langue
    Elle a une épine dorsale, un sens
    Des liens physiques et historiques
    Un vécu en contexte ensemble »5

    Si Jean-Claude Dupuis a écrit Pour en finir avec le mythe de la Révolution tranquille et a magnifié l’apport groulxien et Le siècle de Mgr Bourget, ce contexte historique plus large l’en problématise d’autant. En particulier, les humanités classiques ne s’introduisent au gré d’une résurgence médiévale et antique de sous et jusqu’en la Modernité que via la Renaissance, en particulier italo-française et plus spécifiquement ficino-rabelaisienne. Celle-ci fait ressortir les affections de la fantaisie de sous l’émergence de la raison jusqu’en son intellectualisation, y compris au plus près de Dieu, et s’en révèle d’emblée au ressort autant de l’Etat que de l’Église dès le Moyen-Âge ne resurgissant que sous-tendu de l’Antiquité à la Renaissance, car d’une commune forge du sens de soi (d’humain à humaniste, d’inspiration romaine fort soucieuse de culture, si pour alors et seulement alors s’en poursuivre et s’en tendre d’anthropie en idéation jusqu’en sa logique, à la façon des Grecs, certes, mais alors culturellement réintégrée, au point d’en apercevoir tout l’apport gréco-romain de sous et jusqu’en le Moyen-Âge dès lors de part en part revisité). S’affinent tout le passage et la tension Patriotes/Colonialisme britannique avant qu’émerge le gouvernement responsable fait AANB d’où le fédéral se met à reprendre sous le thème du droit dit de la Couronne (donc à prétention encore fort monarchique sous façade démocratique libérale) le même pattern centralisateur, de conservateur à libéral, soi-disant de droite à gauche, surtout depuis les Trudeau et Carney et, selon une enquête récente, la problématisation accrue d’une québécoise tension nation/peuple comme celle d’un double besoin d’améliorer le mieux-vivre ensemble et de se doter d’un nouveau projet collectif, ce dont la québécoise Loi constitutionnelle, si s’articulant bien jusqu’en tous ses enjeux, pourrait constituer le vecteur, que ce soit par un Etat axé sur les tarifs ou les impôts, selon que de droite ou de gauche, voire par moins ou plus d’État s’ensuivant, etc. Bref, comme il y a diverses attitudes politiques face à la démarche constitutionnelle et toute autre loi, il y en a de correspondantes en économie, etc.

    Bref, de la nationalité québécoise inscrite en son droit civiliste au sein de la québécoise Loi constitutionnelle comme d’où le peuple québécois fait valoir son droit à l’autodétermination étatiquement et légitimement fondée, y compris avec carte de citoyenneté autant exigeante (de se franciser, etc.) qu’exigible (lors de consultation publique, dont les référendums), permettrait d’endiguer des abus issus de la main mise fédérale sur l’immigration et son éventuelle manipulation, surtout aux moments cruciaux d’élections et de référendums où elle cherche à s’ingérer à outrance comme en tout le reste. Par sa main mise, le fédéral vise à laminer en tout humain sa dimension d’emblée sociale au profit de sa seule dimension si individuelle qu’individualiste à tout crin à d’autant collectiviser telle que l’en désintégrer par l’ethnoracial rendu d’emblée ethnoracialiste pour monopoliser l’accusation d’ethnoracisme. Surtout si y résistant et cherchant au contraire à s’intégrer l’ethnoracial et s’en constituer en tant que société, voire en sa capacité sociogénératrice à la source de sa culture, surtout que pouvant alors être faite convergence culturelle. Tout à l’inverse de sa divergence désintégratrice promue par la double mosaïque trudeauiste, autant d’individus tous plus individualistes les uns que les autres que de leurs agrégeantes collectivités tout aussi plus ethnoraciales les unes que les autres, surtout si permettant de dénier ou de laminer le fait qu’au seul Québec, de l’origine ethnique française, se distingue la langue maternelle française apte à se faire langue française commune et officielle6. À et même en l’image, non seulement de Dieu en son préambule, mais de la Constitution de 1982 à portée si individuelle qu’individualiste ne s’en collectivisant que telle et refoulant le social en clause annexe et dérogatoire à en manipuler, l’énoncé fédéral du Québec comme d’une société distincte, surtout en son orientation civiliste, reste nominal sans aucune et en s’assurant qu’elle n’ait aucune signification réelle. Sauf si le Québec s’affirme comme tel et si c’est par sa Constitution se formalisant jusqu’en sa pensée juridique civiliste si distincte de la « common law », tout en créant, comme y insistent Droits Collectifs du Québec, une « contrainte matérielle juridique devant les tribunaux » (à faire remonter tout du long jusqu’en la Cour Suprême du Canada et, si celle-ci est sourde, jusqu’à l’ONU et autres instances internationales).

    Ceci pourrait contribuer avec le temps à ce que s’amoindrisse le champ autrement laisser libre au vorace et même prédateur appétit fédéral pour tronquer tout humain de sa teneur sociale, dès le statut, puis par et au profit de la manipulation de l’immigration et de sa conjonction avec le ratio natalité/mortalité, jusqu’en la sociodémographique densité numérique, par son idéologisant patriarcat ethnoracialiste enreligiosant PWASP à faire culturellement prévaloir et s’en élargir en se diffusant et en colonisant, au point d’en forcer l’institutionnalisation à l’encontre de tout devenir proprement québécois, à l’aune du hiatus constitutionnel (entre langue au fédéral et culture transmise par éducation au provincial, mais seulement dans le ROC) s’imposant unilatéralement et refusant de s’aménager selon ce qui au contraire s’intègre au Québec. Peut l’y inciter une Constitution québécoise reprenant la Constitution canadienne de 1982 depuis la Constitution de 1867 à mieux faire respecter jusqu’en ses révisions et modifications, le tout en s’assurant d’empêcher d’encarcaner pour plutôt libérer la capacité à l’autodétermination de la société civile québécoise s’en constituant et s’en faisant d’autant nation québécoise (au sens de Bodin) que considérée en tout son devenir de peuple québécois se dotant d’un État correspondant d’où s’en faire reconnaître juridiquement tel (donc par droit civiliste se dégageant plutôt que se faisant laminé par la « common law »). Une fois encore, il s’agit des cinq facteurs de la vitalité sociolinguistique (s’incluant et non plus se faisant laminer en ethnolinguistique, voire ethnoracisation linguistiquement manipulable, d’ethnoracisme en ethnoracialisme selon qui monopolise son attribution) se renforçant en parvenant à mieux lutter contre l’assimilation. Comme en tout le système scolaire s’intégrant mieux depuis son orientation générale francisante jusqu’à son volet anglophone (comme le souligne le Mémoire de Marc Ryan), s’intégrerait aussi mieux l’immigration par des exigences de connaissance et d’implantation de conditions favorables à la pratique du français s’en trouvant rendue d’autant mieux socialement constitutive que la Constitution québécoise en assurerait mieux la citoyenneté québécoise. Surtout en s’assurant que ce soit le plus possible « dans la mesure où cette voie ne porterait tout simplement aucune atteinte aux pouvoirs et compétences d’Ottawa ni à la Constitution du Canada, Québec peut poser cette action de manière unilatérale par voie législative sans même avoir besoin de procéder par modification constitutionnelle »7. Tout en s’évitant de surconstitutionnaliser là où ce n’est pas nécessaire, des discussions menant plutôt à des ententes administratives pourraient s’en trouver facilitées. Il faut donc développer cette intelligence de faire la distinction entre les deux pour en effectuer une meilleure articulation autant différenciatrice qu’intégratrice lors de leur mise en œuvre. Enfin, la réforme de la Charte québécoise des droits et libertés de la personne (davantage que du seul citoyen, a fortiori si au profit du Canadian dont le Canadien ne serait que le décalque sur le mode impérialiste de la Conquête colonialiste trudeauiste) exigerait, à la fois, de la réintégrer en la dégageant de son phagocytage par la Charte canadienne trudeauiste de 1982 indûment surajoutée à la Constitution de 1867 sans et contre le Québec et d’y faire figurer l’intégration culturelle (jusqu’au ressort de la langue) en fonction de la convergence culturelle, étant entendu que la culture se sociogénère, en l’occurrence laïquement, en s’intégrant jusqu’à l’ethnoracial, au lieu de s’y faire laminer au gré du trudeauisme ethnoracialiste s’enreligiosant tel.

    Les politiciens se sont bien trop limités aux seules joutes verbales et scripturales sans se soucier suffisamment de l’imaginaire social, si diffracté soit-il en tout un chacun plus individuellement en amplifiant en lui sa fantaisie et a fortiori ses affections, car pouvant seul donner pleinement sens aux mots alors prononcés ou écrits. Etre seulement dans sa tête en ses pensées et de là, en son seul verbe ou son seul texte les exprimant, c’est se priver du vecteur imaginaire susceptible de donner sens et puissance aux mots prononcés. Être ainsi politiquement anémique n’est pas fait pour accroître le pourcentage du vote électoral et a fortiori encore moins d’un référendum (souverainiste ou tout au contraire fédéraliste, si et seulement si apte à sortir de l’ornière trudeauiste parasitant le Québec) si pour être mieux susceptible d’être gagnant. Le PQ et les autres partis politiques ont seulement quelques mois, avant l’élection de l’automne 2026, pour se réveiller. A fortiori si souverainiste ou même si fédéraliste, mais autrement que trudeauiste. Le Bloc Québécois, au fédéral, a pu se mesurer aux écueils du Canada trudeauiste. Toutefois, le plus important réside en ce qui du Québec prête encore fortement flanc au Canada trudeauiste, en particulier par ce qu’il se fait à lui-même à travers ce qu’il fait à ses écoles. S’y exemplifie ce qu’il fait de sa population plus généralement considérée s’y trouvant impliquée, surtout lorsque le tout est mis en relation avec la couche d’âges des 15-35 ans lorsque s’effectue le passage de la famille et l’école au travail, non seulement économique, mais aussi politique, à savoir en plein milieu de la forge intergénérationnelle du lien constitutif de la société civile8. Du moins, tant que le Québec reste largement inconscient de ce que signifie vraiment le fait d’être la seule et unique Province où langue et éducation peuvent coïncider en français, au lieu d’être pourfendues respectivement entre le fédéral et le provincial sur la base de l’article 93 de l’AANB (dont le Québec a réussi à se dégager en faisant passer ses écoles de confessionnelles à linguistiques en 1998-2000). Et a fortiori ce qu’en a entre-temps fait Trudeau père autant à l’encontre de la distinction ci-haut signalée par le propos d’Arès qu’en vue de manipuler et ce, depuis et via la clause dérogatoire, tout fait social toujours d’avance tronqué de sa teneur sociogénétique au ressort de la culture pour ne plus considérer toute culture qu’en un sens ethnoracisant si ethnoraciste qu’ethnoracialiste, selon qui monopolise l’accusation d’ethnoracisme, et ce, du Fédéral ou du ROC l’ayant appuyé vers le Québec et même, en s’y intériorisant, du sein du Québec, a fortiori si d’un parti politique (ne s’apercevant même pas s’intérioriser et faire parler à travers lui-même l’idéologie trudeauiste) vers l’Assemblée nationale entière. Notez aussi le déplacement d’autant de la tendance autonomiste du Québec, via Ottawa, vers l’Alberta que du rapport entre culture et langue à assainir vers l’énergie pétrolifère décomplexée et plus amplement dérégularisée face à la transition énergétique et toute la question environnementale, quitte à y faire plier la Colombie-Britannique (car le nord de l’Alberta est plus beaucoup plus difficilement praticable). De fait, toute l’économie canadienne du XXIe siècle se déplace de l’Atlantique vers le Pacifique et vers la zone dite Indo-Pacifique pour ne pas la dire, comme la Chine, Asie-Pacifique. À la façon dont les Amériques Nord/Sud s’assimilent à l’Amérique du Nord y prévalant et se donnant métonymiquement depuis une partie pour le tout, à savoir depuis les États-Unis avec copain canadien, pour s’en dire tellement d’Amérique (très et fort exclusivement singulière) que présumés seuls se peupler d’Américains: non plus les Amériques, mais l’Amérique aux Américains, bref une telle Amérique à de tels Américains. Ainsi opèrent les idéologies, au point d’imposer à tout le reste leur façon de parler du réel, ce qui les assure de se reproduire à travers tous les autres s’en mettant à en parler de la même façon. Par exemple, pourquoi ne pas parler des habitants des États-Unis comme d’Étatsuniens, à considérer comme des et non les Américains, ou de ceux de l’Ontario comme des Ontariens (bien sûr d’abord Ontarians plus qu’Ontariens, comme prototype de tout le Canada s’énonçant selon trois « a » dissemblables et tous plus individualistes l’un que l’autre en anglais plutôt que semblables avec accent tonique sur la troisième syllabe comme en français et comportant d’abord des Canadians -plus que des Canadiens-)9? Les idéologies ne sont des discours que depuis et au profit des hégémonies s’y exprimant et cherchant de plus en plus à se faire dominations pures et simples (d’où non plus une géopolitique pluralité, mais uniquement l’unilatéralité d’un à un, à savoir du dominant au dominé) au fur et à mesure que l’État-nation voit son trait d’union devenir élastique et qu’en émerge l’État impérialiste et l’entrechoc entre États jusqu’en toute nation en cause autant en qu’entre eux.

    Lorsqu’un Etat impose en toute nation que tout humain n’y soit si individuel qu’individualiste et s’en tronque d’être demblée social (bien trop ferment national), comme en la trudeauiste Constitution de 1982, c’est qu’il présume en même temps qu’occulte et dissimule sa propre nation d’appartenance, mais comme d’où néanmoins infléchir l’autre qu’il s’antagonise en cherchant d’autant à l’oblitérer et refouler qu’elle peut tendre à devenir saillante et différente.

    L’espèce de déchirure se produisant dans les écoles se retrouve ailleurs. Pourquoi est-il plus difficile pour les gens travaillant dans le domaine de la santé de concilier travail et famille en français qu’en anglais ? Pourquoi les hôpitaux anglophones y arrivent mieux que les francophones? Ce sont ces mêmes gens (personnes, selon la Charte québécoise des droits) qui sont des parents et qui vont reconduire leurs enfants en ces écoles. Et quand on sait l’importance de la santé et de l’éducation dans le budget de la Province, on peut être appelé à s’interroger sur ce que serait la valeur d’une monnaie propre que semble proposer le PQ. Sans parler du fait que cette monnaie serait un marqueur d’identité culturelle, par le choix des figures alors véhiculées, dont René Lévesque et Jeanne Mance plutôt que Macdonald et la reine d’Angleterre. La Banque du Canada ne se soucie aucunement « d’émettre des billets différents, utilisables partout au Canada, mais spécifiques aux réalités culturelles québécoises », alors qu’une « majorité absolue des Québécois est favorable à une politique monétaire adaptée aux besoins de l’économie québécoise »10. Sinon, de la part de quelque tendance fédéraliste québécoise, en quoi la valeur du dollar canadien s’en tire-t-elle mieux, si pour être autrement qu’en un sens purement trudeauiste parasitant le Québec ? Et que dire, comme le souligne Impératif français, du fait que le travail rémunère mieux au Québec en anglais qu’en français, a fortiori dans les emplois les mieux rémunérés (et ce, en une monnaie aussi anglicisante, sans rien dire, par les figures véhiculées) ? C’est à se demander s’il s’agit pour le chef du PLQ de problèmes assez quotidiens pour lui, même si d’une autre sorte que ceux auxquels il pensait. Que dire du ratio entre un plus important flux entrant migratoire sans connaissance préalable du français (voire admis parce que ne le connaissant pas ?) et une capacité de francisation inadéquate ou débordée ? Que dire de toute incurie, du fédéral au provincial, quant à un tel ratio? Que dire de l’ethnoracial tendant à s’en accroître, si sans intégration sociale, et avec maints rebonds jusqu’en l’international, si sans « obtenir plus d’autonomie dans les programmes de lutte contre le racisme », surtout par fédérale « défaillance grave dans l’application de sa stratégie antiracisme », de sorte que « Vu les besoins importants, le Québec devrait pouvoir utiliser son droit de retrait avec pleine compensations des différents programmes de lutte contre le racisme du gouvernement fédéral »11? L’idéologie trudeauiste est ethnoracialiste et cherche, à travers l’immigration, à monopoliser d’autant l’ethnoracisation (d’où laminer le social le plus distinct et en l’occurrence québécois) qu’une conjointe capacité d’accuser d’ethnoracisme afin de non pas tant lutter contre le racisme comme il l’affiche que mieux asseoir son propre fédéralisme bancal et paternaliste sous ce prétexte, quitte à bouc-émissariser et parasiter, a fortiori enreligioser le tout à l’encontre de la laïcité. Il est aussi étonnant de constater que l’opinion publique québécoise comporterait une meilleure connaissance du partage des compétences entre les gouvernements que le reste du Canada en matière d’assurance-emploi, santé, éducation primaire et secondaire et défense, mais moins en matière de transport en commun, égouts et eau12. Surtout si l’on considère l’enjeu crucial de Hydro-Québec (s’étant déjà délestée de ce qui est devenu Hydro-Solution, etc.). C’était l’équivalent au niveau des ressources naturelles et de l’énergie du Rapport Parent en éducation. Les deux se sont constitués conjointement et éclairent en partie pourquoi l’éducation scolaire a pu se distancier d’une façon d’enseigner les humanités et accentuer la part scientifique et technique du curriculum pour disposer des ingénieurs et autres aptes à entreprendre de tels travaux13. Plus la nette préférence pour la décentralisation vers les Provinces, dont le Québec, plutôt que la centralisation des pouvoirs au Fédéral, surtout quant aux politiques d’immigration, culture et langue et santé, ainsi qu’à un moindre degré, l’environnement (ce qui en dit long sur l’autodétermination à laquelle aspirer, ainsi que sur la légitimité politique en cause). Ces enjeux concrets sont susceptibles de mettre en branle l’imaginaire social en la vie la plus ordinaire et commune. Qu’est même une langue commune et officielle sans cette vie commune, si ordinaire plutôt qu’officielle soit-elle ?

    C’est pourquoi il importe de ne rien constitutionnaliser qu’en s’assurant de qui et comment se constitue la société civile québécoise et ce, jusqu’en la différenciation et l’intégration des powers s’en équilibrant avec et depuis le sien entre l’exécutif, le législatif, justement modulé par un Conseil constitutionnel rendu quasi sénatorial à cette fin selon une tâche comportant les trois axes précédemment signalés, et le juridique.


    1 En son Mémoire, août 2024: « Le cœur de la Constitution du Québec se trouve déjà à mes yeux dans la Loi sur l’exercice des droits fondamentaux et des prérogatives de l’État et du peuple du Québec, dite loi 99 ». Par contre, il faut distinguer en l’autodétermination, l’externe, qui est constitutionnelle sécession légale dans un contexte fédéral s’y prêtant et valant seulement pour une Province, de l’interne, qui est droit à une autonomie dans le cadre d’un État souverain plus étendu sans en affecter le territoire, comme le précise l’article 46 (1) restreignant l’article 3 précisé en ce sens par l’article 4 pour que la DNUDPA soit laborieusement adoptée après une décennie à en débattre, même s’il demeure hautement souhaitable sur le plan politique d’obtenir le consentement autochtone. A. Binette, La source juridique de la sécession au Canada. Les droits autochtones et l’indépendance, L’Autr’ Journal, n° 447, juin 2026, pp. 16-17.

    2 Voir Y. Morin, en passant de Du débat entre Ficin et Pic à Descartes. La Renaissance philosophique, d’italienne à française, à Rabelais selon Montaigne. Vers la raison pure cartésienne et sa critique, de Kant au XXIe siècle, Paris, L’Harmattan, 2026.

    3 Mémoire de Jean-Patrick Brady & Olivier Normandin, Enjeux constitutionnels de la culture et l’identité québécoise. Se doter des outils de notre autonomie, sept 2024, p. 5.

    4 Mémoire présenté par Daniel Turp, L’exercice du pouvoir constituant, l’adoption d’une loi fondamentale, l’institution d’un Conseil constitutionnel pour affirmer l’existence et renforcer l’autonomie de l’État du Québec, 8 septembre 2024, p. 6 pour la citation et p. 9 pour la clause de souveraineté parlementaire. Ce texte fouillé exemplifie à quel point la question juridique est tout aussi problématique que celle exposée à la note précédente quant à qui et comment il fait partie de l’État du Québec. Je m’en démarque quant à l’exigence de doter d’abord le Conseil constitutionnel d’un statut quasi sénatorial selon ses trois axes majeurs de travail, au moment de l’instaurer et de lui octroyer son mandat par « Une loi [qui] déterminerait les règles d’organisation et de fonctionnement du Conseil constitutionnel ainsi que les conditions de saisine et la procédure qui seraient suivies devant lui » (p. 10). En son Annexe portant sur la loi fondamentale du Québec, je modifierais sous son Titre 1, tout le passage et l’articulation entre ses chapitres IV et V quant à la langue et la culture, au lieu de fondre la culture en le seul patrimoine naturel et culturel. Qu’est jusqu’à la langue sans y prendre sociolinguistiquement en compte la charge extralinguistique socioréférentielle jusqu’en la linguistique mise en jeu ? D’abord, pourquoi y aurait-il un biais patriarcal entre le patrimoine (dont le patrimoine génétique, tout ce qu’il y a de plus naturel) et le matrimonial (surtout si s’assimilant à l’expression « mari et femme »), sans au moins s’en apercevoir et s’y interroger préalablement, par exemple en y distinguant du maternel le materneux, à savoir le désir fou d’une autre vie que la seule sienne, comme vecteur microsocial d’une transfiguration macrosociale de la famille (de trigénérationnelle ou plus à nucléaire) et si apte à garder contact avec ses sources qu’en être aussi en affinité avec le matricentrisme autochtone (Morin, Ficin et la modernité, 2023, pp. 17-18)? Une culture se sociogénérant en s’incluant plutôt que se faisant laminer par l’ethnoracial peut comporter divers sociosexoréférentiels (dès que le féminin jusque du masculin relativise et pondère tout patriarcat possible, surtout si PWASPisant). Les sexes s’en articulent diversement entre eux dès l’hétérosexuel et au ressort de toute la mouvance LGBTQ en laquelle la diversité ne se confinerait plus, etc. Guillaume Rousseau a mis de l’avant la convergence culturelle avec laquelle peut se combiner toute la question de l’intégration culturelle, autant des gens (selon l’état matrimonial ?) que dudit patrimoine, tout en relativisant grandement l’interculturel et a fortiori le multiculturel si ethnoracisant que s’enreligiosant tel. L’enjeu est énorme : l’humain, jamais individuel que demblée social, si pour être culturel en un tel sens sociogénératif, avec droits collectifs correspondants à la clef, plutôt qu’ethnoracialement laminé et enreligiosé tel, avec et à partir de droits si individuels qu’individualistes au point de ne plus que faire se collectiviser tel et donc, d’y entraîner tout et quelque droit collectif que ce soit. On s’en aperçoit, la souveraineté parlementaire pourtant promue serait minée. S’y trouve impliqué le Titre V Des droits fondamentaux collectifs et individuels au Québec, par son point 23 portant sur la gestion des seuls niveaux scolaires primaire et secondaire en anglais, alors que les enjeux de pouvoirs se débattent surtout depuis le statut de l’universitaire resté en suspens depuis ladite Constitution de 1982. Le devenir institutionnel scolaire entier (sous l’angle de la complétude institutionnelle, comme 3e facteur de vitalité sociolinguistique) est en cause. Marc Ryan a souligné d’importantes interfaces, plus ce qu’a souligné la 1re partie du présent texte quant à tout l’enjeu de la manière (fort culturelle) de constitutionnaliser depuis le moment décisif 1998-2000.

    5 Georges Duquette, en son poème Je ne suis pas un franco, p. 113-114, dans Le chemin du silence. Vers la Terre Promise. Welland (Ontario), Éditions Soleil, 2015. Comme souligné par Y. Morin, il y a une littérale inversion entre territoire et langue, de l’Ontarien français au Franco-Ontarien, y compris au Francophone d’Ontario du sein du Canada. C’est encore plus problématique du Québécois français au Francophone du Québec. Seul le contexte (territorial) donne sens au son, sinon le son prévaut et s’impose au sens en toute et quelque pratique phonosémique que ce soit, surtout si faite véhicule identitaire.

    6 L’accélération immigratoire se révèle avoir été déclenchée directement par Jean Chrétien lors du Référendum de 1995. Le même Jean Chrétien qui était prêt à ne jamais reconnaître un référendum gagnant pour s’en mettre tout au contraire à faire en sorte d’attaquer et de partitionner le Québec, le cas échéant. Ce Canada a d’ailleurs fait passer à l’ONU, par le passé, la partition de la Palestine sans jamais prendre en compte le déséquilibre des forces en présence ou la solution d’un État intégrant deux nations, si ce n’est deux États, Palestinien (mais arabe et non plus l’atavique Palestine d’antan, à savoir d’avant la diaspora, qui n’avait été qu’israélienne) et Israélien. Ladite démocratie canadienne, soi-disant libérale, est un vernis de surface qui camoufle très mal son impérialisme foncier.

    7 Mémoire de Droits Collectifs du Québec, août 2024, p. 20.

    8 Rappelons l’enjeu de la densité numérique sociodémographique, si ne conjuguant que démantelant statutairement par l’interférence du fédéral dans le provincial jusqu’à la famille, via laquelle se module autant le ratio natalité/mortalité que l’état de complétude institutionnelle d’où infléchir toutes les autres institutions, et migration (selon la capacité d’accueil? et de francisation?), car toute transmission culturelle possible s’en problématise d’emblée en ses trois premiers facteurs de vitalité sociolinguistique en cause. En ce sens, la génération Z, si assoiffée de la transmission culturelle semblant s’être rompue par une tendance générationnelle antérieure à l’individualisme outrancier, voire à l’humain si individuel qu’uniquement ainsi individualiste au point de se tronquer de sa propre dimension d’emblée sociale, pourrait éventuellement mieux s’interroger sur sa propre résurgente tendance néoconservatrice si s’apercevant être le lien intergénérationnel au cœur du 5e facteur de la vitalité sociolinguistique et ce, au point de pression maximale d’autant sur la société civile qu’elle y est issue des quatre autres facteurs, bref des trois premiers ci-haut signalés et exacerbés par tout hiatus constitutionnel s’énonçant comme le 4. Y est en question l’être humain comme être d’autant culturel que d’emblée socialement tissé jusqu’en son esprit, issu de sa propre autoréflexivité constituant le sens de soi d’emblée charged du sens d’autrui, et en son âme, issue de son autoréférence l’en faisant se dé-/re-doubler depuis son corps et s’en individuer et individualiser avant quelque individualisme que ce soit, surtout si viralement et juxtapositivement collectivisé tel jusqu’à constituer une sorte d’onde s’en propageant. Être humain comme être culturel suscitant jusqu’à sa propre transmission culturelle, si problématisée a-t-elle pu, peut-elle et pourra-t-elle devenir. Une fois encore, au seuil du passage menant De l’humain à l’humaniste dans le monde. Le mot le dit et s’en révèle d’autant pertinent: Constitution, mais québécoise d’où questionner et aménager le hiatus constitutionnel canadien auquel le trudeauisme a refusé de s’attaquer et qui a plutôt instauré son fédéralisme bancal, ce qui plombe par et depuis ce 4e facteur les trois premiers jusqu’en le 5e.

    9 J.F. Cardin & C. Couture, avec collaboration de G. Allaire, Histoire du Canada. Espace et différences, Québec, Presses de l’Université Laval, 1996, p. 201. Ce livre examine l’essor de l’espace commun canadien, puis les différences régionales marquées. Il y a une tendance marquée à la confusion de l’Ontario, si prépondérant en l’espace commun, avec le Canada lui-même : « En 1987, le premier ministre de l’Ontario d’alors, David Peterson, expliquait à un journaliste québécois que « l’Ontario était la seule province qui n’avait pas d’identité régionale. On ne dit jamais ‘Ontarien’ ». « En fait, poursuit-il, on n’emploie presque jamais ce mot comme les Québécois et les Westerners ou les Maritimers » » (p. 293). De fait, l’AANB a émergé du Canada-Uni des Haut-Canada et Bas-Canada (alors devenus Ontario et Québec) s’élargissant en se déséquilibrant toujours plus entre les deux au profit autant de l’anglicisation ontarienne toujours plus prépondérante et centrale (car le poids de l’Ontario est tel qu’il en est si central qu’il tend, à la fois, à coïncider avec le gouvernement fédéral y siégeant aussi et à rendre périphérique et régional tout le reste du pays) qu’a fortiori au fur et à mesure que s’y associaient des Maritimers et des Westerners. Le tout culmine en Canada trudeauiste d’emblée anhistorique et asocial pour n’être qu’individualiste, dont taire qu’il convient d’abord et avant tout à l’hégémonique, donc à l’anglicisation subrepticement promue. En une phrase: l’Ontarian, s’il émerge un jour, se révélera avoir été tant l’épicentre que le prototype du Canadian, à savoir de la Conquête du Canada qui, depuis Trudeau père, s’est faite celle du Canadien, dont Mark Carney s’est fait un ministère dit d’identité et culture canadiennes, à savoir en décalque de leurs teneurs canadians, si sous trudeauiste façade d’une pseudo-symétrie. Entre-temps, en Ontario français, ne peut guère parvenir à émerger identitairement un Ontarien (ou un Ontarois) français, pas plus qu’ailleurs un Manitobain français, etc., car il n’y a qu’un Franco-Ontarien ou un Francophone d’Ontario (bien sûr fort bilingue officiel), comme il n’y a qu’un Franco-Manitobain, etc. Ainsi qu’un Québécois français en venant lui aussi à être seulement francophone (et en voie d’être lui aussi fort bilingue officiel, ne serait-ce que pour en maintenir le taux moyen au Canada et compenser qu’il diminue partout ailleurs). Tout s’articule en s’inversant et laminant en et au profit de son inversion entre et du territoire à la culture et, via l’identité s’en forgeant et cherchant à s’en exprimer, à la langue de ministère canadien (si pour être aussi canadian) de l’identité et la culture (n’ayant jamais existé et non appelé à exister) en ministère de l’identité et la culture canadiennes (toujours plus uniquement canadians). Et ce, de l’Ontarien, mais si évidemment anglais, donc Ontarian, que ne se disant jamais tel et ne se disant que si français, en Franco-Ontarien, dit francophone d’Ontario. De même, de Québécois français en Québécois francophone, sous-entendu Francophone du Québec, donc franco-québécois partie prenante du franco-canadien, tous s’en bilinguisant au fur et à mesure que l’anglais se parle de manière s’occultant culturelle et n’en apparaissant plus que si naturelle. Emmanuel Lapierre l’appelle Le duel culturel des nations, à savoir de la dominée plus ou moins apte à résister, sinon s’en trouvant emportée par la dominante. Il n’y a plus tant de Canadas français/anglais pouvant s’apercevoir en les franco-/anglo-canadiens que leur dé-/re-composition provinciale depuis ceux-ci tenant lieu de ceux-là. Il y a encore lieu de craindre d’autres cas du type de l’école Bedford s’étant faite noyautée de l’intérieur à partir d’un pseudocentre culturel s’officiant comme une Mosquée en infléchissant toute une partie d’un quartier de la ville de Montréal. Multiculturalisme d’emblée patriarcat ethnoracialiste enreligiosant, sur le modèle PWASPisant trudeauiste.

    10 Mémoire par Jasmin Racine, L’importance de l’autonomie monétaire, septembre 2024.

    11 Mémoire par le Centre consultatif des relations juives et israéliennes (CIJA), 5 sept 2024.

    12 Selon une enquête de 2018 signalée par le Mémoire présenté par Jean-François Daoust, Partage des compétences et opinion publique au Canada, septembre 2024.

    13 Ces humanités étaient alors encore liées à la ratio studiorum des Jésuites et fort cartésianisantes, faute de toutes les sous-jacentes prémices renaissantes de la modernité.


    Texte suivant

    Rappel historicisant du lien social en tout individu jusqu’en ses droits


    Retour à la Table des matières

    Retour à l’Accueil

  • 4) Reconquête québécoise sociale et scolaire de ses culture et langue

    Interfaces culturelles différenciatrices et intégratrices à aménager

    4) Reconquête québécoise sociale et scolaire de ses culture et langue

    La québécité souffre d’un système scolaire dit le plus inégalitaire du Canada, du fait d’être à trois vitesses (public secrétant à l’interne le semi-privé, par des programmes particuliers, et à l’externe le privé proprement dit). Comment le Québec en est-il sociohistoriquement arrived là contrairement à tout le « reste du Canada » (ROC) et qu’est-ce que ça signifie dans le cadre du rapatriement unilatéral de la Constitution par Trudeau père avec l’appui du ROC sans et contre le Québec ?

    L’histoire de l’éducation scolaire établit que, dès le XIXe siècle, les Protestants (usuellement anglais) n’ont qu’une école publique du primaire jusqu’à la fin du secondaire, seule l’université étant privée, tandis que, au Québec, via le catholicisme (et usuellement de langue française), seul le primaire est public et le secondaire est déjà pourfendu entre public et privé. Par la Constitution de 1867, les écoles confessionnelles sont protestantes et catholiques, pour protéger surtout les Protestants et l’anglais au Québec qui trouvent à s’en conforter face au courant catholique ultramontain (en attente de virer libéral) prévalant en français et les en assurant. Conjointement, les Provinces anglaises profitent du fait que l’éducation scolaire est de juridiction provinciale pour la laminer en français, ayant à lutter et résister seul, le fédéral laissant faire, en plus d’y favoriser l’immigration britannique pour laminer d’abord et avant tout la population française plus susceptible de vouloir s’en doter. La connivence est totale et pave la voie de l’assimilation pancanadienne du français à l’anglais avec conjoint refoulement dans le seul Québec qui, lui, n’est que dédoublé. Refouler le français dans le seul Québec ne l’y fait être que d’emblée l’y doubler de l’anglais. Trudeau père s’en assure de nouveau en négociant avec le ROC une résurgence de son sein de ce qui peut malgré tout y subsister du français, sans rien restaurer de son importance face à l’anglais. Tout semble en être à peu près constant du dernier tiers du XIXe siècle jusqu’au début des années 1960 (hormis sans doute que la scolarisation tend à devenir obligatoire et à se généraliser, donc à faire s’accroître ses nombres). Sans parler de l’arrière-fond de la querelle du joual qui se débattait à travers la société québécoise et qui exigeait déjà de prendre en compte les conditions proprement sociopolitiques de l’usage de la langue, surtout à Montréal. La Révolution tranquille, dès le Rapport Parent, était censée créer le Ministère de l’Éducation du Québec (MEQ) et ouvrir l’école à tous, gratuitement, jusqu’à l’âge de 15 ans et jusqu’à la 11e année scolaire, selon un dit horizon égalitaire. Or, tout au contraire, le public et le privé ont perduré et été mis en concurrence, un peu au primaire, mais surtout au secondaire, de sorte que le gouvernement du Québec s’est mis à les financer tous les deux (même si plus le public que le privé, avec émergence entre-deux et au sein même du public d’un semi-privé comportant des programmes particuliers, d’où les trois vitesses. En surgit le réseau scolaire le plus inégalitaire de tout le Canada, du fait de le renforcer au profit du privé à l’encontre du public plutôt que d’atténuer autant leur disparité que les conjointes inégalités sociales, autant socioéconomiques (les plus aisés) qu’en termes de performances (les plus doués). Sans parler du cercle vicieux électoraliste: les élus faisant partie le plus souvent de l’élite peuvent envoyer leurs enfants à l’école privée et leurs électorats exigent de pouvoir conserver la possibilité des diverses voies, donc des trois vitesses, le privé et le semi-privé grugeant toujours plus le public où se concentrent et sont plus surreprésentés les socioéconomiquement moins aisés, ainsi que les moins performants, voire en difficulté d’apprentissage, au lieu d’une mixité pouvant faire se stimuler mutuellement et s’en élever les uns par les autres et tout l’ensemble plus globalement, ce qu’École ensemble propose de rétablir en promouvant une éducation commune s’intégrant les écoles privées en les conventionnant (par gratuité, donc sa facturer les parents, sans sélection des élèves à l’entrée et avec mixité socioéconomique issue du bassin populationnel local et offre de parcours scolaire similaire et accessible à tous) et les associant ainsi au réseau public pour être éligibles à un financement public, mais complet, sinon autrement nul1. Entre-temps, l’horizon de la Révolution tranquille s’embourbe et le Québec paraît doté du réseau scolaire le plus inégalitaire de tout le Canada. Comprenons-en bien l’enjeu non un simple éventuel réseau scolaire commun, mais sa cruciale contribution au développement d’une culture commune québécoise, par une meilleure aptitude à se situer et se mesurer au dit ministère des identité et culture canadiennes, surtout quant à tout le sous-jacent enjeu géopolitique constitutionnel canadien et québécois.

    Réciproquement, il faut considérer que ce n’est aucunement d’abord le réseau scolaire qui est inégalitaire, comme s’il l’était en soi hors tout contexte, mais la scolarisation de la population québécoise (et a fortiori plus largement française à l’échelle pancanadienne) qui a été acculée bien malgré elle à être moindre qu’en anglais. Les constats sont unanimes au moment de considérer le coup d’envoi de la Révolution tranquille qui était au fond, bien avant qu’un renouveau, un rattrapage, si pour se renouveler. Avant les années 1960, un financement donnant accès au niveau secondaire, sur la voie du privé échappant déjà au public, pouvait sans doute faire une différence confortant une conception élitiste et sous contrôle clérical de l’éducation. Lors de la période de transition, le Rapport Parent s’implantait dans la suite de cette Révolution tranquille. Le versant public y gagnait en ampleur, par les polyvalentes en train d’éclore, mais en ayant néanmoins à l’esprit que, autrement, les écoles privées existantes et orientées vers les professions libérales n’étaient peut-être pas accessibles aux familles moins socioéconomiquement aisées. Quant à la performance, il fallait se débrouiller pour d’abord apprendre comment y parvenir lors même des apprentissages scolaires en cause. Apprendre à apprendre, mais en un tout autre sens que celui que cette expression s’est ultérieurement mise à véhiculer à vide, en en faisant une sorte de doctrine programmatique scolaire, sans aucunement s’apercevoir de tout ce sous-jacent écart socioéconomique qui aurait pourtant pu en révéler le véritable sens.

    Toutefois, le plus préoccupant est surtout le hiatus constitutionnel canadien entre langue au fédéral et éducation scolaire au provincial partout hors Québec (ce qui est la voie privilégiée par laquelle les gouvernements provinciaux anglais contrôlant la juridiction scolaire au sein du ROC ont pu laminer les écoles françaises et le gouvernement fédéral laisser faire jusqu’aux années 1960, de sorte que l’implantation véritable de telles écoles françaises s’y accentue avec le rapatriement unilatéral de Constitution avec l’appui de ce même ROC sans et contre le Québec en 1982), tandis que le Québec (où les Constitutions de 1867 à 1982 visaient surtout à y protéger l’anglais) serait censé pouvoir faire coïncider langue française et culture, en l’occurrence éducativement transmise jusqu’en l’école, ce que le réseau scolaire à trois vitesses semble venir plomber. Ceci peut avoir de graves répercussions fragilisant aussi maints autres domaines: si le social, en l’occurrence le socioéconomique est vecteur plus marqué d’inégalités, comment parvenir à mieux protéger la tradition juridique civiliste (plutôt que common law anglicisante), si un tant soit peu censée se fonder aussi sur cette dimension sociale. De plus, il semblerait aussi que les garçons (plus en rébellion et sujets au décrochage scolaire ?) en sont plus affectés que les filles et que le taux de diplomation est inférieur chez les francophones, comme le signalait déjà (de fact, encore, après maints autres) Jacques Parizeau en 2008. Pourtant, en 1998-2000 le Québec s’était entendu avec le fédéral et avait réussi à instaurer un réseau scolaire apte à se déconfessionnaliser et à être plutôt linguistique, donc possiblement plus en accord avec une langue maternelle française (prévalente en le seul Québec, comme établi par Arès) et a fortiori avec une langue française seule officielle au Québec. Bref, comment vouloir le meilleur pour le Québec et pouvoir s’en assurer, alors que les conditions humaines, jamais individuelles que d’emblée sociales, souffrent d’un déficit du côté social et que, avec l’appui du ROC et sans et contre le Québec, le Rapatriement trudeauiste unilatéral de la Constitution en 1982 a privilégié une Charte des droits et libertés si individuels qu’individualistes avec toute teneur sociale en clause annexe et dérogatoire, donc se conjuguant avec de telles conditions sociales les rendant d’autant vulnérables et manipulables par le fédéral qui, avec le ROC dont il s’est étayé pour s’en légitimer, pèse ainsi jusqu’en le Québec ? Autrement dit, comment le tout peut-il s’articuler du hiatus canadien en tout le ROC à l’intégration québécoise de la culture, jusqu’en sa transmission par l’éducation scolaire, et la langue, de maternellement prévalente et à faire perdurer telle à seule langue officielle au seul Québec ?

    Le Québec doit s’y éveiller comme l’a déjà fait ressortir une critique de ses États généraux sur l’éducation (1995-1996), en y insistant sur le manque de recul historique qui aurait dû remonter au moins jusqu’aux années 1960 et donc à l’implantation du nouveau système éducatif scolaire : « La méthode du « réalisme stratégique », fondée avant tout sur l’observation des consensus, risk (…) de se transformer en un activisme décevant »2 car ayant pour effet de ne pas intégrer le débat (alors pervasif dans les sociétés occidentales) sur la meilleure façon de faire évoluer le système éducatif scolaire dans la rédaction même du Rapport, mais de l’y reporter en annexe. En particulier, lors de la dissidence relative à la formulation de la mission éducative présumée être celle de l’instruction, il est étonnant qu’il soit écrit que le mot instruction soit peut-être mal choisi, mais néanmoins maintenu relativement à celui d’éducation dans un milieu qui soit favorable à cette instruction, tout en n’en rectifiant rien dans le Rapport lui-même. Il semble donc y avoir une faute circulaire : l’instruction est définie entre parenthèses comme transmission du savoir et de la culture, mais l’instruction serait censée s’expliciter transmettre le savoir sans se généraliser abusivement en la faisant se porter aussi sur la culture. Il serait bien plus congruent de considérer d’emblée l’éducation qui crée un milieu de transmission de la culture, dont l’instruction qui, elle, y transmet plus spécifiquement le savoir, sans tout exposer à l’envers depuis celui-ci. Bien noter que l’instruction joue ici en éducation et donc en culture alors transmise le même rôle que la fabrication, y compris assimilée à une gestion, face à l’action en politique. Ce problème remonte, non seulement à la Révolution tranquille alors que Jean Lesage avait promis ne pas instaurer un ministère de l’instruction publique et s’était rattrapé en disant que c’était un ministère de l’éducation sans pourtant que cesse de perdurer cette ironique confusion faisant passer l’un pour l’autre plusieurs décennies plus tard, mais à la Renaissance, lorsque l’éducation s’est transformée et prolongée de l’« educare » romain consistant à soigner et élever à même la nature en « educere » consistant à conduire hors de et par-delà la nature, au gré de cette culture s’en avérant aussi mentale en s’intégrant l’instruction, laquelle ne focalise d’autant sur les savoirs que d’abord sur la sous-jacente stimulation s’effectuant de l’enseignant à l’élève pour qu’il s’en trouve formé, voire informé : la socioinstitutionnelle mise en forme concrète de la relation éducative scolaire est pédagogique si pour impulser et sous-tendre avec toute formation plus individuelle jusqu’à l’information plus abstraite dispensée au ressort de tout savoir, a fortiori science. Jusqu’à la langue française est chargée et véhicule les instances mentales à en expliciter et rendre opérantes pour y parvenir, sans parler de toute sa référentielle teneur extralinguistique jusqu’en sa linguistique s’inversant en miroir en anglais à même ledit bilinguisme canadien, comme mis au jour dans Du débat entre Ficin et Pic à Rabelais. La Renaissance philosophique, d’italienne à française. Certes, l’école est le lieu par excellence de l’intellectualisation de soi et y procède par instruction, mais sous condition que ce soit sans occulter toute la sous-jacente éducation qui, loin de seulement faire ainsi sortir de la nature, s’y ancre, voire la soigne et l’élève, la stimule comme d’où s’en trouver impulsée. L’en tronquer est l’acte inaugural de tous les dérapages ultérieurs, surtout que les tensions peuvent se faire encore davantage enfournées par un effet toujours plus accru d’entonnoir métonymisant et inversant, car l’instruction dépend de la formation des instructeurs (aussi dits maîtres) et celle-ci a été l’enjeu central du sociohistorique processus assimilationniste canadien du fait français au profit de l’anglicisation, ce qui a été plus aisément mis en relief dans le ROC, mais tarde à l’être aussi bien au Québec dont la plus forte capacité à y résister est néanmoins, même si plus subrepticement, entamée3.

    Surtout, s’instruire ne s’instaure, de la formation (aussi pédagogique ?) des instructeurs (donc en les instruisant quant à l’acte même d’instruire) aux élèves ensuite à instruire, qu’en visant ultimement à rendre ceux-ci aptes à s’instruire d’eux-mêmes (d’où des formulations du type « s’éduquant », etc., mais faisant trop souvent abstraction de cet ancrage socioinstitutionnel communicationnel contextualisant plutôt que seulement informationnel, alors et seulement alors assise de l’instruction proprement dite et du savoir à transmettre en cause). De là, peut surgir l’aptitude à se conduire, à se doter de sens jusqu’en et à même sa façon de se comporter, en sachant que c’est cela qui est à viser et ce, jusqu’en ces divers savoirs, si instructifs soient-ils. Bref, apprendre à se conduire est apprendre à donner sens à ses comportements (seuls observables et à la source de l’information, au ressort de tous les savoirs). De plus, le financement des écoles privées d’intérêt public était moindre en 1995-1996 (dans les 50%, en visant possiblement 60%, mais peut-être pas sans incohérence, en proposant par ailleurs de le diminuer) relativement à ce qu’il est ces dernières années (dans les 70%). Que s’est-il passé? Entre autres, la réforme de la CAQ, en supprimant les Commissions scolaires pour des Centres de service, a produit les effets inverses à ceux annoncés, en amplifiant la concurrence public/privé et par là, les entraves à la mixité des milieux socioéconomiques et de la diversité des performances, en plus de centraliser les décisions au niveau du MEQ et de redoubler par ailleurs la charge des parents (devant agir à la fois dans le conseil d’établissement et le conseil d’administration) pour s’impliquer dans lesdits Centres de service4. Globalement, il semble y avoir eu un effet d’entonnoir, en passing de la centration de tout le réseau scolaire sur l’école (dès Camille Laurin en 1982) à une centration sur l’enseignant, mais s’en trouvant lui-même d’autant toujours plus sous emprise d’une expertise pédagogique (au fur et à mesure que recentrant la matière, donc le savoir, sur la compétence, l’habileté dite à acquérir et développer chez les enfants) qu’elle-même à son tour sous emprise administrative, d’où pouvoir toujours plus centralisé en ramenant tout toujours plus de bas en haut au MEQ5 (d’où se mettent à surgir des Réformes décrétées fort décontextualisées et donc peu adaptées). Et ce, du Québec, ayant à intégrer d’emblée culture scolairement transmissible et langue, au hiatus constitutionnel faisant que dans le ROC celle-là est provinciale et celle-ci fédérale et que seul leur conjoint Rapatriement de la Constitution en 1982 sans et contre le Québec commence à les y faire s’intégrer en français hors Québec ? Est en train de s’y ajouter une dérive générale qu’illustre jusqu’au devenir de l’IA6.

    Pensons à l’actuelle génération Z, mais plus largement, au fait qu’elle représente une part sociale importante de la récurrente tranche d’âge des 15-35 ans pendant laquelle se constitue, avec leur capacité à s’autonomiser, autant de nouvelles familles que l’accès au travail par lequel les rendre viables et, si l’étant, pouvant déployer l’intergénérationnel se synchronisant du sein de telles familles au point de se diachroniser tel avant et d’où passer à de telles écoles… s’en diffractant en trois vitesses au secondaire ! La vitalité sociolinguistique passe par cette tranche d’âge par laquelle le lien entre les générations, non plus seulement intégrées en familles synchroniquement aptes à se diachroniser telles, mais aussi successives, donc les unes à la suite des autres. D’où les générations …Boomers, X, Y, Z… au point de constituer les divers âges de la vie non seulement individuels, mais aussi socioinstitutionnellement successifs et de là, la pyramide des âges qui peut être à risque de s’inverser si les conditions sociales de vie se prêtent à la marginalisation et de là, à l’assimilation plus directe, dès que plus d’âgés parlent (davantage et mieux ?) la langue maternelle française que de moins âgés.

    Le Joual de Troie de Jean Marcel (en 1975) faisait déjà ressortir l’enjeu de la culture (de familialement à scolairement transmissible) de sous la langue, surtout si maternelle française. S’en révèle que le trudeauisme n’est pas seulement asocial, mais anhistorique. Comme bien d’autres avant ou en même temps que lui, pas un mot des conditions matérielles et historiques dans lesquelles l’homme de notre culture a été spolié de sa culture », comme l’illustre le devenir d’une fort sociogénérative vie culturelle jouale ayant produit la langue jouale, depuis la Conquête britannique, au fur et à mesure que l’anglais aliénait le français, non seulement en le refoulant de tout le Canada dans le seul Québec (en même temps que les Indiens dans des Réserves, puis des Pensionnats), surtout après la mise à mort de Louis Riel, mais jusqu’au sein du Québec, au fur et à mesure que la pression s’est accrue de militaire (Conquête en 1759) en politique (AANB en 1867, mais en biaisant toute migration et a fortiori scolarisation en un sens britannique), ensuite en industrielle (surtout depuis l’intégration continentale avec les Etats-Unis via l’épicentre canadien de l’Ontario et l’identification quasi fusionnelle entre le Canada anglais, dit le ROC, avec le fédéral, surtout face au Québec). Le tout suscite au Québec une décomposition sociale de sa population, voire son peuple (au gré du peuplement ayant pu être le sien), qui se manifeste jusqu’en sa langue s’en dénaturant d’autant tout du long au point d’en virer en joual: une vie socioculturelle jouale ne peut produire qu’une langue jouale. Jusqu’à 1759, les récits de voyageurs ne tarissaient pas d’éloges sur le langage des trois grandes villes du Canada laurentien, à savoir Québec (aussi capitale de la Nouvelle-France), Trois-Rivières (grande fabrique des canots) et Montréal (clef de la quête de l’Ouest, dit Pays d’en Haut, mais en passant par ses deux grandes voies maritimes, en attendant le chemin de fer). Avant 1759, le français était considéré le même qu’on entend et parle à Paris. Telle était la situation linguistique avant la Conquête faisant s’être retrouvé dans la « marde », ce mot s’étant effectivement dit tel en l’Île-de-France avant que la Picardie et la Normandie « n’imposent » à Paris leur prononciation « merde ». Lors du demi-siècle suivant la Conquête, tous ces regards et comptes rendus pouvant s’exercer en tiers sur soi-même s’estompent et laissent démunis. Pas d’école, une seule grammaire, celle des Ursulines de Québec, non sans rappeler que leur fondatrice, Marie de l’Incarnation, s’était fort souciée des langues et de leur interface si nécessaire pour accomplir leur vocation éducative: on aperçoit l’enjeu crucial du tiers qui, empêché d’être inclus, n’est plus qu’exclu et en sus, mais aussi en fort décalage temporel et en isolement spatial, dont tout le devenir réel est d’autant tronqué, mais s’avive depuis son germe survivant d’où renaître. On y aperçoit le rôle majeur de Marie de l’Incarnation qui perdure jusque bien longtemps après la Conquête. En 1801, année de la formation du Royaume-Uni d’Angleterre, d’Écosse et d’Irlande, ainsi que du vote de l’enclosure qui au Québec va favoriser les compagnies forestières au détriment de la colonisation des terres agricoles recherchée par le curé Labelle (car les colons agriculteurs étaient privés du droit de coupe du bois sur leurs propres terres et devaient aller travailler pour ces compagnies), l’école reprend: des écoles royales et anglaises, les seules à être subventionnées par ce fort royal royaume. Nos très français ancêtres ne peuvent que les fréquenter, et ce, en nombre croissant, jusqu’aux évènements de 1837-1838, à savoir la Révolte des Patriotes. Cette fréquentation cesse donc brusquement et ces établissements scolaires disparaissent d’eux-mêmes en 1846, mais non sans que se multiplie un nombre d’écoles (1844-1866) menant à l’espérance d’un ministère de l’instruction publique sous Chauveau (1867), même si le gouvernement s’en déleste au profit d’un Conseil confessionnel composé de catholiques et de protestants (1873-années 1960), à l’image de la société où dominent les marchands anglais et le clergé catholique ultramontain présidant à la renaissance catholique (1840-1876) avant de se faire plomber par un catholicisme libéral. Le français, ayant été banni lors de la forge du Canada-Uni en 1840 à la suite du Rapport Durham, est réintroduit et officialisé et ce, d’autant au ressort du tandem LaFontaine et Baldwin constituant les premiers jalons qui mènent à l’AANB que Elgin a bien compris que c’est par la voie politique du gouvernement responsable s’exprimant par des gauche/droite, libérale/conservatrice, que pouvait s’amenuiser et s’excentrer la tension opposant autrement les Patriotes à l’impérialisme colonial (de militaire à mercantile et bientôt capitaliste). Comme recherché par le gouvernement responsable sous Elgin, les Patriotes s’en sont entre-déchirés entre droite/gauche, entre le conservatisme ultramontain et les libéraux, eux-mêmes de modérés et catholiques à radicaux et anticléricaux, d’où tout faire se déplacer du religieux au seul politique.

    C’était d’autant aisé que le Parti Patriote s’en serait désintégré de l’intérieur, par l’intransigeance de Papineau, non seulement face à l’Anglais pour n’en obtenir la responsabilité ministérielle que le faire renoncer du même coup à sa Conquête, mais par son conjoint anticléricalisme lui faisant mener une lutte fratricide contre le clergé canadien-français alors dirigé par son cousin Mgr Lartigue, ce qui, bien avant Elgin, avait procuré une occasion de division:

    « En 1831, Papineau présenta le bill des fabriques pour enlever à l’Église le contrôle des écoles paroissiales. C’était une « Réforme Parent » avant l’heure. Le projet de loi fut voté par la Chambre d’Assemblée, mais rejeté par le Conseil législatif. Le chef de la Clique du Château, Jonathan Sewell, profita de l’occasion que lui avait stupidement fournie Papineau pour diviser les Canadiens. »7 (donc, bien avant Elgin)

    Après la rébellion, puis la défaite des Patriotes (1837-1838) et la fuite de Papineau aux États-Unis avant son exil à Paris, Mgr Lartigue réussit à élever Québec au rang d’archevêché et de province ecclésiastique en 1844 et à le libérer autant de l’emprise du clergé anglo-protestant que de l’État, alors le Canada-Uni. Le lieutenant de Papineau, LaFontaine en a aussi tiré les leçons et fondé un nouveau parti national canadien (français), libéral en politique et conservateur en religion, d’où s’allier avec Baldwin en vue de rétablir le français (1842) et réussir avec l’appui de Mgr Bourget (successeur de Mgr Lartigue) à obtenir le gouvernement responsable et à être de facto le premier ministre du Canada-Uni en 1848-1851, à l’époque d’Elgin. Or, l’amnistie générale déjà accordée aux rebelles de 1837-1838 en 1845 permit le retour de Papineau et son élection en 1848: prônant l’annexion aux États-Unis et la séparation de l’Église et de l’État, il était jaloux de l’autorité de LaFontaine et fomenta la division du parti national canadien-français en deux factions politiques hostiles, le parti bleu (conservateur) et le parti rouge (libéral), donc dans le sens elginien de l’inflexion de l’opposition des Patriotes (qui serait bien plus forte si unie) à l’impérialisme britannique. Le ciel est bleu, l’enfer est rouge et entre les deux les Patriotes se pourfendent. Le tout bien avant tout le rejaillissement de cette opposition du séparatisme québécois au Parti Libéral du Québec et à l’hypercentralisation fédérale ayant pris la relève de cet impérialisme britannique et le lui infusant depuis les années 1960, alors que la Révolution tranquille entre les deux se tend, voire balance. Dès l’époque des Patriotes, les Rouges prirent le contrôle de l’Institut canadien dont les tensions accrues avec le clergé le firent condamner, en exigeant des catholiques de le quitter sous peine d’excommunication en 1858, ce que firent les libéraux modérés, dont Laurier (qui deviendra premier ministre à Ottawa en 1896), mais non sans que perdure la tension interne au clergé entre l’ultramontanisme de Mgr Bourget et le catholicisme libéral de Mgr Taschereau, selon deux conceptions inverses de la relation entre le spirituel et le temporel: « L’évêque de Montréal croyait possible d’instaurer dans la province de Québec un véritable régime de chrétienté fondé sur le principe de la suprématie de l’Église sur l’État. L’archevêque de Québec estimait plus réaliste d’établir entre les deux puissances un régime d’autonomie et de collaboration fondé sur une sorte de modus vivendi entre le catholicisme et le libéralisme. » Dans les années 1960, dans le contexte du Concile Vatican II, la conception réaliste s’impose lors de la Révolution tranquille et du Rapport Parent instaurant un ministère de l’éducation sous contrôle de l’État, évacuant les humanités classiques pour en aborder et inverser le rapport avec les sciences à introduire dès le début et non plus par la suite dans le programme scolaire dit se moderniser et s’adapter au contexte nord-américain et enfin, initiant la déconfessionnalisation. Le tout en publiant le Rapport Parent à la pièce sur plusieurs années, en cet ordre.

    Or, déjà, par-delà les conservateurs LaFontaine et Baldwin de l’époque d’Elgin, nous avons vu ce qui s’est ensuite et entre-temps passé sous le conservateur Macdonald et le libéral Laurier le refoulement du fait français pancanadien dans le seul Québec et jusqu’au sein du Québec. Dans un tel contexte, le joual est déjà dans les écuries, sinon tourne autour de son pieu dans les prairies québécoises, comme écho de ce qui se radicalise déjà dans les Prairies de l’Ouest canadien. Le français se sent si honni qu’il en hennit, tant en surgit Le joual de Troie, selon l’expression de Marcel, dont s’intégrer maints propos dans ce qui suit. Lorsque les voyageurs étrangers peuvent recommencer leurs visites après 1850, ils constatent qu’il ne s’agit plus du même français qu’autrefois, c’est-à-dire d’avant la Conquête. Même le programme de formation des maîtres de seconde année de l’Ecole normale Laval en 1857 se lisait comme suit: « grammaire anglaise et vocabulaire 3 heures; grammaire française 2 heures ». Ce sont ces maîtres qui enseignaient à des enfants français en des écoles françaises et catholiques, alors que cette année de 1857 était l’année même du choix d’Ottawa par la reine Victoria comme capitale du Canada et annonçait ce qui était en train de se jouer et donc le sort réservé quant au départage entre les deux rives de l’Outaouais et donc, de toute l’interface entre Ontario et Québec comme celle entre Ouest et Est du Canada entier. La chasse-galerie québécoise, en sa version issue de Beaugrand, fait remonter ses propres sources à l’année 1858: tout un vol imaginaire (condensant et figurant des sensations bien réelles) entre Gatineau (rive Est de l’Outaouais, mais comme ce qui est le plus à l’Ouest du Québec et au plus près de la frontière avec l’Ontario et la capitale fédérale) et Lavaltrie (entre Montréal, d’où l’Anglais s’emparait des voies d’accès à l’Ouest et faisant en particulier creuser le canal de Lachine, et Trois-Rivières, autrefois la grande fabrique des canots). Les récits de voyageurs étrangers (dont Tocqueville faisant le détour lors de son séjour aux États-Unis), plus au ras du sol, eux, ne peuvent qu’être d’autant pessimistes sur l’état de la langue. La chevauchée du joual, commencée au petit trot de l’enseignement au XIXe siècle s’est poursuivie lors de la révolution industrielle par le grand galop de la prolétarisation massive des populations québécoises, mais d’abord et avant tout montréalaises. Plus qu’une langue, le joual est l’ensemble des conditionnements de l’aliénation dont elle n’est que le véhicule et qui se joue dans les rapports socioculturels. En l’état de la langue s’aperçoit l’état de la culture. Et ce, quoiqu’en pense et impose l’ignare trudeauisme se contentant de reconduire la même aliénation sous des formes plus subreptices, selon des modes encore fort apparentés à ce qu’ils ont été, dès son massacre du Rapport Laurendeau-Dunton pour inverser jusqu’à vicier tout rapport entre culture et langue depuis celle-ci jusqu’en celle-là, au point de tronquer de sa teneur socioréférentielle extralinguistique toute sa façade d’autant seule mise en évidence et isolément considérée et de pure apparence de bilinguisme officiel, sans plus aucun accès et pourtant en total miroir de la réalité toujours plus à inverser et à aliéner du français au profit de l’anglais. C’est pourquoi, dans les années 1960, le joual est un débit crié plus que dit, un débit parlé plus qu’écrit, car un cri de détresse visant à attirer l’attention sur cette situation faisant se forger une telle langue et consistant en un cercle vicieux (la fameuse marde) la révélant être l’expression adéquate de l’aphasie culturelle et politique d’un peuple pris dans l’engrenage d’une aliénation dont ne savoir comment s’en sortir, faute de pouvoir rejoindre la réalité qui le fait tel, qui consiste en des liens sociaux dégradés et qui engendre une telle langue ne pouvant donc avoir prise sur elle et l’en analyser. Espérée et recherchée, la liberté de penser et de parler, c’est d’abord celle de la société retrouvée, de la réalité récupérée, de la capacité de se rapailler (selon le mot de Gaston Miron). Parvenir à trouver une façon de ne plus se honnir soi-même en sa source au point de ne plus qu’en hennir (même en quelque cheval alpha, mais ainsi pris et intégré au horse-power, fut-ce traduit en cheval-vapeur). Néanmoins, vers la fin des années 1960, l’aspect négatif du joual s’efface. Surgit le français québécois. Léandre Bergeron en dégage en 1980 le Dictionnaire de la langue québécoise considérée en son usage plutôt qu’en quelque norme du bon parler ou non, alors que le 1er Référendum sur la souveraineté-association du Québec débouche, avec appui du ROC et sans le Québec, sur le Rapatriement unilatéral de la Constitution canadienne, au ressort d’un individualisme outrancier qui refoule en tout humain le social (et a fortiori toute sociogenèse de la culture) en clause dérogatoire et se fait accroire au bilinguisme officiel dont les langues officielles (en français) ne sont pourtant qu’un décalque des official languages (en anglais) imposant un inverse référent extralinguistique. Étonnante résurgence de l’histoire, du fait que Léandre Bergeron, un Manitobain français éveillé à son propre français manitobain par-delà la mise à mort de Louis Riel au point de départ du refoulement du fait français pancanadien dans le seul Québec, soit venu l’éveiller à son propre français québécois, pendant que son frère, Henri, se faisait l’une des voix officielles, aux Beaux-Dimanches, de Radio-Canada.


    1 La FEEP (Fédération des Établissements d’Enseignement Privé) considère au contraire que cette proposition ne tient pas la route et va contre une certaine diversité susceptible d’éviter l’homogénéisation, mais reconnaît que la mixité socioéconomique fait problème et prétend que l’offre de parcours scolaire peut y devenir plus similaire et accessible à tous, tout en contestant le simple constat dudit réseau scolaire plus inégalitaire au Québec par rapport au Canada. Qu’en est-il de la demande de l’ONU en 2020 au gouvernement du Québec des mesures prises pour assurer l’égalité d’accès indépendamment de la disparité socioéconomique, puis du fait que l’UNESCO a pointé le Québec en 2021? École ensemble propose son plan d’un réseau scolaire commun en conventionnant les écoles privées plutôt que de leur couper tout financement public pour, à la fois, les associer et en éviter l’exode massif vers le système public qui ne serait sans doute pas capable de l’absorber. Elles seraient financées complètement (si conventionnées) à la façon des Centres de Petite Enfance qui sont des organismes privés subventionnés par un financement public pour un service public. Non privés purs, car service public financé.

    2 Proulx, J.-P., Ollivier, É. & Lessard, C. (1997). Le rapport de la Commission des États généraux sur l’éducation. Recherches sociographiques, 38(2), 335-344. https://doi.org/10.7202/057127ar.

    3 Chauveau avait réussi à instaurer un Ministère de l’instruction publique en 1867, mais l’ultramontanisme instauré par Mgr Bourget (archevêque de Montréal de 1840 à 1877) s’impose pleinement dès Boucher de Boucherville et fait que l’instruction publique tombe aux mains d’un Conseil confessionnel divisé entre catholiques et protestants et indépendant du gouvernement et du parlement n’avoir plus aucune autre tâche que d’en financer les deux réseaux scolaires, ce qui perdure de 1873 aux années 1960, le Rapport des États généraux sur l’éducation de 1995-1996 étant erratique et faisant que le coup d’envoi de la déconfessionnalisation en 1998-2000 y est encore lieu d’entrechoc avec la laïcité en 2026. Jusqu’au premier ministre canadien fort libéral, Laurier, s’était d’autant entendu avec Greenfield au Manitoba (et a fortiori avec Clifton, son ministre de l’immigration en étant issu et bloquant toute immigration francisante au profit de la seule anglicisante) pour l’y laisser laminer l’école française (n’émergeant que là où le nombre d’élèves, d’autant ainsi amoindri à la source, le justifie) qu’il s’est aussi conjointement entendu (en 1897) avec Mgr Bruchési, à Montréal, de ne pas trop en faire de cas pour pouvoir en être appuyé et s’assurer que perdure le contrôle clérical au Québec, à l’encontre de Marchand. De là, s’ensuit tout le ROC: du Manitoba à l’Alberta et la Saskatchewan comme Ontario-Ouest où l’initier et d’où y procéder ensuite en Ontario par le fameux Règlement XVII. Tous connaissent bien la Conquête étatsunienne de l’Ouest qui s’est faite par les armes, mais fort peu connaissent la culturelle Conquête canadienne anglicisante de l’Ouest et a fortiori les jeux de coulisses la faisant s’étendre jusqu’en le Québec. De là, la Conquête du Canada se radicalise en Conquête du Canadien, toujours plus Canadian, depuis Trudeau père radicalisant la tradition libérale issue de Laurier. Continuer à parler à la fin du XXe et lors du XXIe siècle d’un Ministère de l’éducation comme s’il s’agissait uniquement d’un Ministère de l’instruction (et même si cette instruction en est la vocation principale), c’est manquer totalement son enjeu véritable (l’assise de cette instruction en la sous-jacente culture ancrée en la nature d’où et dont pouvoir seulement alors s’instruire et, par cette posture même, l’en déborder et comme en sortir et s’y reployer, sans tout en inverser et métonymiser en entonnoir comme substrat de marginalisation et assimilation).

    4 IRIS n° 9, nov 2019.

    5 J. Prud’Homme, Réformer l’enseignement et réformer les maîtres: la transformation des programmes d’histoire nationale et ses acteurs au Québec, 1963-2006. Bulletin d’histoire politique, 2007, 15(2), 185-216. https://doi.org/10.7202/1056124ar. Rappelons que c’est aussi par la formation des maîtres que toute l’éducation scolaire en français s’est faite laminée à travers tout le ROC, aux XIXe et XXe siècles, car de compétence juridictionnelle provinciale fort anglicisante et laissez-faire fédéral, jusqu’aux années 1960, alors que la Révolution tranquille québécoise se conjuguait du même coup avec l’émergence du fédéralisme trudeauiste et ce, de 1967, dernier Congrès du Canada français (à Montréal), via 1968, émergence (en plein milieu de ce tout dernier Congrès) du Parti Québécois, à 1969, 1re Loi sur les langues officielles par le fédéralisme trudeauiste et surtout depuis le Rapatriement unilatéral de la Constitution de 1982 sans et contre le Québec, selon une pseudo symétrie de soi-disant majorités anglaise hors Québec et française au Québec avec minorités correspondantes inverses jusqu’en éducation scolaire (article 23), en vue d’occulter totalement le fait minoritaire autant français pancanadien que du Québec français entier au Canada, sans rien « restaurer » des XIXe et XXe siècles.

    6 Par exemple, l’IA médicale passe de l’hallucination au raisonnement sis sur le mirage s’appuyant ou supposant des données statistiques de populations cibles plutôt que des preuves visuelles propres au patient. Ceci équivaut à ne plus voir l’individu réel, mais l’individu-moyen statistique fait individu-type (en qui négliger tous les écarts-types autant en plus qu’en moins à ladite moyenne statistique) mis en son lieu et place au moment d’établir son diagnostic, de doser sa médication, etc. L’individu réel disparaît en et au profit de l’image de l’individu-type mis en son lieu et place, au besoin non seulement en l’occultant, mais en paranoïant si son écart à la moyenne autant en plus qu’en moins (selon le cas) resurgit et vient perturber l’apparence moyenne de la population cible à laquelle le réduire et assimiler comme à travers laquelle autant le diagnostiquer que le traiter. Toutefois, le robot reproduit l’attitude humaine de médecins plus soucieux de leur emprise sur le système de santé et sur sa fragmentation articulée entre eux selon leurs spécialités respectives que de son accessibilité aux individus réels, si autres que des tas d’organes à se répartir, par exigence d’avoir à les inscrire et contextualiser en tout un chacun des organismes vivants entiers à plutôt prendre en compte. En éducation, qu’est ladite centration pédagogique sur l’élève si elle s’effectue de la même façon toujours plus prototypante donnant ce qui s’imagine de l’individu jusqu’en lieu et place de tout individu réel et si tout enseignant est contraint de ne plus enseigner quelque matière que ce soit (et par là, tout savoir essentiel censé être déterminé depuis le MEQ) que selon ce seul pervasif modèle ? Surtout, qu’est l’intentionnel ainsi mis pour le réel face à l’intentionnalité zéro inhérente à ce que Duvignaud appelle Le jeu du jeu faisant que, dès l’enfance, si vécue, l’individu se forge à même l’entre-deux issu du flux des relations sociales et s’aperçoit de cette part de lui-même qui ne se constitue qu’en s’acquérant avec autrui et qu’en se cultivant et se transmettant éducativement antérieurement et jusqu’en toute instruction? Telle est la chaîne: Trudeau père instaure le principe de droits et libertés si individuels qu’individualistes surplombant et manipulant leur teneur sociale renvoyée en clause annexe et dérogatoire, Trudeau fils se fait l’individu-type moyen d’une soi-disant classe moyenne qu’il charcute par manipulation immigratoire inconsidérée et aucunement soucieuse de toutes les nécessaires conditions pour la rendre viable (logements, garderies, écoles, travail autre que temporaire si pour être aussi lié à une résidence permanente, etc.) et ne pouvant s’intégrer qu’au niveau des Provinces, à commencer par le Québec à ne pas homogénéiser par anglicisation inhérente au ROC si en accord avec la Constitution de 1867, et Carney en atteint d’autant les grands vecteurs sociaux (santé, éducation, etc.) et environnementaux (a fortiori si le tout s’amplifie par IA) qu’il les subordonne à la pression politicoéconomique de dits grands projets nationaux (Canadians, avec Canadiens les traduisant en français). Enfin, le Québec est d’autant à risque de reproduire ce modèle centralisateur et de se contrer d’autant lui-même depuis un tel individualisme jusqu’en sa propre teneur sociale que celle-ci est d’emblée plus marquée en français, par 1) son droit civiliste, 2) son intellection d’emblée plus linguistiquement marquée que sensible à la langue dont elle s’est rendue constitutive depuis Rabelais -voir Y. Morin, Du débat entre Ficin et Pic à Rabelais, 2026- et 3) le fait qu’il est la seule province où prévaut la langue maternelle française et que jusqu’à son tissu sociopoliticoéconomique ne peut qu’en être empreint, si pour survivre et vivre. À moins que le tout (d’emblée social et jusqu’en ses trois volets) s’en autonomise toujours plus depuis et sur l’arrière-fond de la sous-jacente urbanisation l’en massifiant toujours davantage en même temps que faisant pression vers l’atomisation individualiste en semblant autrement d’autant naturelle qu’y occultant et en biaisant par trudeauisme la culture sociopoliticoéconomique en cause.

    7 http://manuscritdepot.com/a.jean-claude-dupuis.3.htm, Le siècle de Mgr Bourget.


    Texte suivant

    Corollaire # 2 : Ouverture à la société civile dès le sexe et la langue pour rétablir et assainir un droit civiliste distinct de la « common law »


    Retour à la Table des matières

    Retour à l’Accueil

  • 3) Cerner ce double hiatus socioculturel et constitutionnel de 1982

    Interfaces culturelles différenciatrices et intégratrices à aménager

    3) Cerner ce double hiatus socioculturel et constitutionnel de 1982

    Du fait de ce double hiatus pervasif et exacerbé plutôt qu’aménagé, les biais trudeauistes sont tellement intériorisés et parties prenantes des conversations quotidiennes et en particulier médiatiques, jusqu’en leur teneur culturelle, qu’ils semblent aller de soi et constituent, sans même s’en apercevoir, des milieux hostiles à toute éventuelle remise en question des incessantes tendances à déstructurer le Québec. Imaginez ce que ça va être, lorsque l’hostilité va être mise en œuvre à partir de sa source même et s’en intensifier d’autant! Entre-temps, par exemple, une orientation de droite, moins soft et nuancée que celle de Joseph Facal, est celle de Mathieu Bock-Côté, de sorte que Patrick Roy, issu de Radio-Canada financé à hauteur de plusieurs millions de dollars canadiens par le Fédéral, lors d’une interview, n’a cessé de vouloir l’accuser d’ethnoracisme (un monopole trudeauiste multiculturel multiethoracisant jusqu’à l’ethnoracisme ethnoracialiste, par ce monopole même d’accusation d’ethnoracisme alors instauré). Le truc est fort simple, mais terriblement efficace et incessamment récurrent: faire confondre et se réduire l’immigration aux seuls immigrants se fait à la façon de la Constitution de 1982 de droits et libertés si purement individuels qu’individualistes au point de se collectiviser tels en lieu et place, sous façade et jusqu’à l’encontre de droits autrement collectifs en tant que demblée sociaux, tout au contraire renvoyés en clause annexe et dérogatoire d’où ainsi les manipuler par une telle ingénierie sociale, y compris jusqu’en le droit civiliste québécois à l’encontre duquel faire opérer et s’immiscer un peu partout la fort anglicisante « common law ». Dans cet exemple, Mathieu Bock-Côté parlait d’immigration de masse (en grande partie contrôlée et manipulée par Ottawa jusqu’en et contre le Québec) et Patrick Roy, lui, s’acharnait à ne parler que des immigrants, à titre d’individus censés n’être collectivisables que tels (fort à l’image de la Constitution de 1982) pour l’en accuser et sous-entendre qu’il était raciste s’il ne se pliait pas lui aussi à ce discours, en bonne homogénéisation trudeauiste dont, elle, ne jamais parler pour ne que l’opérer ainsi. Relisez bien attentivement la citation ci-haut issue de Guy Laforest pour bien saisir la source et l’ampleur d’une telle homogénéisation indue, lorsque passant et s’étendant du ROC au Québec, depuis la manipulation trudeauiste de 1982 de la Constitution de 1867. C’est cela une idéologie culturellement opérante et mise en place par le trudeauisme pour l’être et ce, en vue de renforcer son hégémonie, en l’occurrence depuis le Fédéral jusqu’en, sans et contre le Québec et ce, jusqu’en la bouche de Québécois journalistes interviewant d’autres Québécois, à l’image du rapatriement unilatéral de la Constitution en 1982. Qui pense à se mesurer en ce sens au soi-disant ministère de l’identité et culture canadiennes ? Hormis l’entrechoc des discours se heurtant entre eux, connaissez-vous beaucoup de gens qui mettent au jour ce mécanisme (fort victimaire, dirait Girard), si pour éventuellement pouvoir le questionner jusqu’en ce qui s’en immisce partout quotidiennement ? Pensez-vous vraiment qu’un parti politique souverainiste ou même tout simplement autonomiste et même si à l’intérieur du système soi-disant fédéral (au contraire fort unitaire et hypercentalisateur), a fortiori si le promouvant provincialement, ait quelque chance que ce soit de s’en déprendre, si sans le comprendre et pouvoir parvenir à s’y attaquer et à mieux le faire comprendre à l’ensemble de la population québécoise (et même canadienne anglaise)? Tout va se passer très à vif, si la CAQ se désagrège et si PQ est élu en 2026. Quel que soit le Parti qui remportera cette élection, sera-t-il prêt et apte à y faire face ? Et tout cela va faire partie d’enjeux culturels, mais a contrario de ce que veut en faire accroire le nouveau ministre fédéral de l’identité et la culture canadiennes, c’est un enjeu culturel de part en part sociopolitique, car la manière même d’en parler est, en tant que manière, d’emblée fort culturelle, et ce, a fortiori si jusqu’en le bilinguisme officiel. Cet enjeu culturel est justement partie prenante des discours jusqu’aux plus usuels et dès lors de teneur fort idéologique à cerner et mettre au jour telle, a fortiori si faisant accroire que la culture en question se réduirait à sa seule teneur artistique, dont on en vient alors à s’apercevoir que c’est tout au contraire pour ne pas avoir à en parler en tant que sociale et a fortiori sociopolitique et pour mieux tout en taire et en faire passer en sous-main, par l’emprise subventionnaire. C’est tout un art (si idéologique et si peu artistique soit-il) que de faire passer et de camoufler un nationalisme politique sous façade d’un nationalisme purement économique conditionnant depuis leur réalité la plus matérielle tout ce que peuvent penser et dire ceux qui en dépendent. Tel était déjà le soi-disant postnationalisme trudeauiste fils par lequel ne jamais s’afficher politique pour pouvoir mieux et bien plus subrepticement s’imposer économiquement et en particulier par voie migratoirement manipulable en sous-main. Marc Miller l’a mis en place et en jeu sous l’égide de Trudeau fils. Mark Carney en ouvre un nouveau chapitre en ravivant à travers lui toute cette idéologie pour pouvoir la rendre prégnante et conforter l’hégémonique emprise fédéraliste trudeauiste. Qu’il va devenir évident qu’il aime voracement le Québec et sa culture à s’avaler, car sous la seule et unique condition que son identité, au cœur de toute culture, soit et surtout ne soit que fédéralistement canadienne, sous-entendu « as canadian » et ce, tel que s’exprimant selon un bilinguisme officiel qui n’est jamais de langues officielles, en français, que comme décalque des « official languages », en anglais ! La langue (sociale) n’est pas le langage: la langue maternelle n’est pas la mother tongue as first language.

    Bien noter aussi, l’enchaînement, au double sens autant d’une chose menant à une autre que d’y être encarcané et enferré : le Canada carneyiste est lui aussi pris dans le même dilemme face aux États-Unis trumpiens, à savoir sacrifier son autonomie politique pour s’y subordonner ou se faire isoler économiquement, tant l’économie peut être utilisée comme une arme d’attaque appelée à instaurer les conditions matérielles qui, de toute façon, tendent à mener, mais plus indirectement, à cette perte d’autonomie politique. En tant que trumpiste qui veut s’ignorer tel au point d’en reproduire la même logique, quoique plus subrepticement, Carney veut diversifier l’économie canadienne (vers l’Europe et l’Asie) pour se distancier de l’économie étatsunienne en même temps qu’imposer de la même façon ses priorités économiques nationales au sein du Canada (tout comme la CAQ au sein du Québec), mais que va-t-il vraiment faire face à cette double pression étatsunienne trumpienne? Je rappelle que, lors du 1er mandat de Donald Trump, alors qu’il n’avait aucunement la puissance de frappe qu’il a dorénavant lors de son 2º mandat, les États-Unis avaient déjà imposé au Canada un droit de regard sur ce qui pourrait s’y introduire depuis la Chine en son économie, ce qui s’est depuis lors complexifié, car la Chine compense son momentanément plus faible marché intérieur (à revitaliser selon son plan quinquennal 2026-2030) par une expansion sans précédent de son marché extérieur, en particulier à travers maints pays asiatiques avec lesquels, si le Canada fait affaire avec eux, va se retrouver toujours plus une part de produits chinois… comme autant d’éventuels prétextes à des interventions unilatérales arbitraires trumpiennes. Et ce n’est qu’un exemple de tous les biais qui peuvent surgir. Déjà, en juin 2026, l’ACEUM reste en suspens (et même si et surtout malgré des industriels étatsuniens voulant qu’il soit reconduit, non sans pressions ne visant à le réviser que l’en dénaturer afin qu’il ne le soit que bien autrement). Devinez qui conseille la révision pour les États-Unis, si ce n’est sur le devant, du moins à l’arrière de la scène et en déterminant ce qui peut se passer sur ce devant: le fameux Navarro (ou son acronyme Ron Nova qu’il dit consulter en ses livres), l’une des principales têtes pensantes de Project 2025, d’où sort tout droit le prétexte trumpien de sa dite sécurité nationale, mais faite corollaire trumpien de la doctrine Monroe pour hégémoniser jusqu’à l’Amérique latine, Mexique en tête, sans parler du Canada, pour s’étendre à toute l’Amérique, de fait les Amériques (car il y a plus d’un continent selon les plaques tectoniques et maints pays habités par des Américains autres que les Étatsuniens), mais en biffant sa contrepartie de l’époque qui était la non-ingérence dans les affaires européennes, pour dorénavant essayer de dicter aussi à l’Europe sa conduite. Tout ce qui respire sur Terre qui ne suit pas le rythme respiratoire étatsunien trumpien est une atteinte à sa sécurité nationale, tout comme toute vérification des faits est une atteinte à sa liberté d’expression et suscite de vives réactions fort agressives: c’est tout dire! Le Canada trudeauiste rendu carneyiste fait la même chose à sa plus petite échelle, non pas tant d’abord démographique que de puissance statutaire pour être par surcroît aussi démographique et d’autant mieux institutionnelle que constitutionnelle à la sauce de 1982 et surtout pas de 1867, avec le Québec. A fortiori si une Constitution du Québec devient viable, pour autant que parvenant à se doter d’une conjointe et sous-jacente convergence culturelle, d’emblée sociale, voire sociopolitique (s’intégrant plutôt que se faisant laminer par l’ethnoracial), d’où pouvoir être aussi plus spécifiquement, mais aucunement réductivement artistique, au lieu de s’y faire occulter et de tout y faire taire par le subventionnaire.

    Ou si vous préférez, plus largement, le Fédéral exerce un étranglement fiscal, que Joseph Facal, puis PSPP ont souligné et qui consiste à noyauter l’argent reçu du Québec pour le lui redonner en lui imposant ses conditions d’autant culturellement que sociopolitiquement idéologiquement orientées et irréductibles au seul culturel par ailleurs artistique à travers lequel occulter et plutôt faire accroire que ce ne serait pas politique. L’idéologie trudeauiste, voire carneyiste, à travers Marc Miller, tente de se reconstituer une virginité censée輪surnager à toute cette sous-jacente promiscuité que certains diraient prostitution exigeant, pour s’opérer, que ne soit jamais distinguished et révélée que la culture est sociale, voire sociopolitique bien avant et jusqu’en l’artistique, lequel ne sert autrement que de cache-sexe depuis l’arrière duquel d’autant mieux l’en refouler et fourrer, en laminant toute conscience en inconscient censé lui correspondre automatiquement, donc l’entourer et même l’aspirer comme ce qui l’en pénètre, à la façon du coït, voire de s’en faire la gestation et l’en reproduire. Le tout derrière des portes closes laissant entrevoir la maison close où se déroule si usuellement les consultations externes fédérales libérales court-circuitant jusqu’à ses propres fonctionnaires à l’interne et leur expertise. Dont pondre (avec et via McKinsey) l’Initiative du siècle sous Trudeau fils en vue de magnifier n’importe comment l’immigration et sans jamais tenir compte de ses propres et pourtant si nécessaires conditions d’accueil et autres. Et instaurer (avec et via Black Rock) une Banque subventionnant des projets d’infrastructures -logée à Toronto, donc en Ontario qui va sans doute s’en faire payer toute une traite en 2026-, etc. De plus, l’ambassadrice du Canada aux États-Unis ayant démissionné au début de décembre 2025, un dénommé Wiseman a été appelé à prendre sa relève. Il est prêt à tout « même si ça peut faire hurler le Québec » claironne-t-il. Il a été impliqué dans ces deux dossiers trudeauistes fils et il est fort proche de Black Rock. Ce monstre financier panplanétaire a supplanté la Chine pour faire main basse sur les ports du canal de Panama suite aux menaces trumpiennes et est par surcroît fort impliqué dans les cryptomonnaies et donc en affinité avec Trump ayant fait passer des lois pour les favoriser. Le tout en vue de la révision de l’ACEUM à venir: ça promet! Ça va copiner pas à peu près, tous dans le même sens d’une hiérarchisation économique et de là, politique, dès l’Amérique du Nord jusqu’à travers tout l’Occident et enfin, la planète entière! De la maison close et ses portes closes au cache-sexe depuis l’arrière duquel d’autant mieux s’en faire fourrer, voilà qui risk de prendre toute une ampleur ! Ce que Boucar Diouf a fait à propos de l’expression « derrière un arbre » serait à reprendre à partir de l’expression « derrière le cache-sexe, la porte close de la maison close », de son sens littéral à son sens figuré, alors que la culture se décale et est à risque de ne plus transparaître de sociale en artistique, au point de s’y confondre et réduire par la manière tout aussi culturelle dont la politique en parle.

    L’illustre dans le champ sportif, la façon dont s’est constituée la Crosse :

    « De fact, Ça engage le schéma corporel d’une façon qui n’est pas tant psychisante que sociopsychisante bien avant que psychosociale, surtout que plutôt psychosociétale (non seulement psychisante, mais faisant y confondre tout social avec sa seule gestion). Un tel schéma corporel prend ampleur de mise en jeu du monde entier. Son sens sexuel n’est jamais individuel que d’emblée social, surtout chez les Autochtones, tout en faisant ressortir et comprendre ce qui se passe chez les non-Autochtones, dont l’inconscient n’arrive plus guère à la conscience. L’illustre l’humaine histoire de la crosse, née sur l’Île de la Tortue (l’Amérique du Nord) et pratiquée par plusieurs Premières Nations autochtones. Les Algonquins l’appellent baggataway. Le mot signifie « bâton », à savoir le pénis, et symbolise le Jeu du Créateur annonçant celui de la procréation humaine. Les jeunes hommes y faisaient preuve de leur virilité et de leurs prouesses physiques (…) sous l’œil intéressé et admiratif des jeunes femmes. C’était donc aussi, de ce fait, une façon pour la jeunesse de se rencontrer, de se choisir et de se mettre en couple. (…) Pour encourager leurs favoris, les femmes dans l’assistance vont souvent crier des mots salaces, exhiber leurs seins et leurs fesses ou mimer la copulation. »

    Ce jeu s’est sportivisé en lacrosse, puis crosse, l’en désexualisant d’autant que mettant et transposant le sexe hors jeu, si ce n’est un tout autre jeu. De fait, jusqu’à l’idée de sexe prend un sens d’autant plus socialement restreint que plus aucunement public, mais privé et autrement selon un allusif sens populaire tout inverse qui lui fait signifier l’arnaque ou quelque grossièreté verbalement correspondante du style « crosser, fourrer ». La masturbation n’est plus mutuelle entre deux camps pour que sa propre érection ne cède pas avant celle de l’autre et l’emporte par présence de joueurs pouvant encore utiliser leur bâton la figurant et marquer des points au jeu en cours sous le regard spectateur et l’incitation stimulante des femmes. Les femmes en sont exclues et, bien après celle des hommes, ont finalement leur propre ligue, mais sportive d’intercrosse, à compter de 1990, mais non sans que le sexe en reste évacué (si occulté qu’inhibé, refoulé et inconsciemment opérant) et que la masturbation ait parallèlement pris le sens d’arnaque, en devenant unilatérale et si privément opérée que hors de tout regard. Une telle masturbation, dite une crosse, n’a plus un sens transitoire, mais un sens fort transitif de crosser, à moins d’en évoquer et d’y entendre le con comme lieu du déroulement d’un tel crossage, dit arnaque. Les organes génitaux et jusqu’à la masturbation, surtout si se fantasmant copulation, deviennent de part en part mentaux, en quête de l’acmé orgasmique à l’issue du coup fourré. L’étant, mais vivant et humain et copulant physiquement, s’en transpose en la copule être, métaphysiquement mentale. L’arnaque gestuelle-sexuelle voile le jeu rituel et le con en est devenu abscons, en évoquant, mais sans plus trop savoir en quoi le sein (le ventre) d’une femme, si ce n’est de la Terre-Mère qu’elle représente, d’où enfanter: l’arnaque joue de surprise mais d’une mauvaise surprise, car nul ne sait d’où elle sort et comment elle opère d’une façon si malignement géniale avant qu’il ne soit trop tard, d’où le coup, mais fourré, à savoir le crossage, impliquant le con. »1

    Bref, que peut-il se passer à une époque de dites Intelligences Artificielles génératives se contrôlant algorithmiquement depuis des plateformes numériques, envahissant maints champs culturels et prenant jusqu’à des allures humanoïdes, alors que plusieurs peuvent échanger avec elles en pensant qu’ils ont un échange humain et qu’ils sont pourtant d’autant en train de ne parler qu’avec eux-mêmes qu’elles sont algorithment conçues et programmées pour être complaisantes, y compris jusqu’en des tendances suicidaires, que ce soit en portant atteinte à sa vie biologique ou d’abord à sa vie culturelle pour s’y réduire et, par perte de sens, y procéder de même ? Lorsqu’on en est rendu à se masturber, même si de physiquement à mentalement et en s’exprimant verbalement ou autrement par médium robotique, sans même plus s’en apercevoir, surtout si à force de s’intégrer la grande arnaque fédéraliste trudeauiste tout aussi purement individualiste présumée ne se collectiviser que telle et donc d’abonder dans le même sens, comment s’en sortir si ce n’est en commençant par un tant soit peu à en prendre conscience et à s’en apercevoir ? Il faut dire qu’il est plus complexe de faire ressortir et comprendre ce qui se passe chez les non-Autochtones, dont l’inconscient n’arrive plus guère à la conscience. Et que si Wolfe faisait scalper les Canadiens, autrefois identiquement et identiquement les seuls Français établis au pays, en même temps que les Autochtones, avant que n’en soit éradiqué plus largement tout métissage culturel, dès l’époque de Macdonald et a fortiori depuis l’affaire Louis Riel, ça ne peut guère changer, sans au moins en prendre conscience, quant à la culture d’emblée sociale et apte à s’intégrer l’ethnoracial plutôt qu’à s’y faire laminer, dès la conjonction de la migration, dont l’immigration signant l’afflux d’une population de souche plus récente, avec la plus ancienne déjà considérée en ses taux de natalité/mortalité, selon une résultante éclairant la façon dont se redéfinit la nation et ce, jusqu’en l’État dont elle veut se doter, si plutôt que se le faire imposer et s’en faire tant manipuler qu’aliéner. Bref, sans émancipation, il ne peut y avoir de démocratie, si ce n’est purement nominale et de façade. En particulier, ladite génération Z, si marquée par l’interruption de la transmission culturelle et si assoiffée de sa reprise pour pouvoir en être abreuvée, s’aperçoit-elle de tout ce mécanisme (d’idéologique à hégémonique) ne visant qu’à l’entraver? La transmission culturelle n’est jamais tant directe que plus ou moins apte à s’apercevoir en être médiatisée et à s’y mesurer comme à l’obstacle majeur ne visant qu’à l’entraver et l’aliéner au moment même de s’effectuer. Être n’advient que si se gagnant sur ce néant d’autant opérant que se cultivant tout autant.


    1 Y. Morin, L’apparence: accès et miroir du réel, Paris, L’Harmattan, 2022, pp. 67-68.


    Texte suivant


    Retour à la Table des matières

    Retour à l’Accueil

  • 2) Hiatus canadien et intégration québécoise entre culture et langue

    — Interfaces culturelles différenciatrices et intégratrices à aménager

    2) Hiatus canadien et intégration québécoise entre culture et langue

    Le problème est bien plus grave et remonte à la façon même dont existe la Constitution trudeauiste de 1982 et dont elle conditionne tout: il s’agit d’un hiatus constitutionnel (de 1867, mais si radicalisé qu’absolutisé par trudeauisme en 1982) entre éducation et plus largement culture s’y trouvant transmise, de compétence provinciale, et langue, de compétence fédérale partout au Canada, sauf au Québec. Faute de s’apercevoir de son exceptionnalité ou si l’on préfère, du fait d’être d’autant une société distincte quant à ce point, en pouvant au moins essayer de faire converger les deux, le Québec ne s’aperçoit plus de l’effet d’homogénéisation que le fédéral trudeauiste exerce via le ROC, bref via toutes les provinces hors Québec où ce hiatus prévaut, et qu’il impose tant qu’en schizophrénise le Québec, ne s’en défendant même plus à partir de la Constitution de 1867 face à la Constitution trudeauiste de 1982 qui y est superposée et lui est imposée. L’homogénéisation n’était censée être possible que dans le ROC, selon la Constitution de 1867, mais la trudeauiste Constitution de 1982 l’a étendue jusqu’au Québec. Si évaluée à l’aune de la Constitution de 1867, ladite Constitution de 1982 est inconstitutionnelle. Comme déjà signalé : « Guy Laforest, dans son Mémoire portant sur un nouvel imaginaire des relations intergouvernementales, le 26 août 2024, p. 12, rappelle que « Comme le Québec de l’époque 1860-1867 tenait mordicus à la juridiction autonome sur la propriété et les droits civils, éventuellement consacrée à l’article 92(13) de la Loi de 1867, le Québec est clairement exclu du libellé de l’article 94, lequel permet au gouvernement fédéral, avec le consentement explicite des assemblées législatives des provinces de common law concernées, de légiférer pour homogénéiser le champ de la propriété et des droits civils. Comme les débats au Parlement du Canada-Uni en 1865 le révèlent aussi clairement, le Québec est donc exclu de telles initiatives homogénéisatrices. » Au lieu d’une simple asymétrie dont le Québec peut tirer avantage, il me semble s’agir plutôt d’une biasymétrie révélant l’illégalité totale de Trudeau père d’homogéniser depuis le Canada anglais jusqu’en et au détriment autant du Québec que de la Constitution de 1867, tout en se faisant accroire légal depuis 1982. »

    Dans la suite de ce que propose André Binette, le Québec pourrait même faire son propre rapatriement unilatéral de la Constitution de 1867, en réponse à celui de Trudeau père en 1982, selon une asymétrie inverse à la sienne à laquelle le renvoyer, d’abord en instaurant un Québec républicain délesté de tout l’arrière-fond monarchique présumément de droit divin s’absolutisant et donnant trop emprise à l’hypercentralisateur fédéralisme unitaire trudeauiste. De l’entrechoc de telles asymétries à la biasymétrie ?

    L’un des pièges récurrents et constitutifs du trudeauisme est d’imposer des nombres absolus (style « là où le nombre le justifie » si constitutif du fameux article 23 de sa Constitution de 1982) pour camoufler les nombres relatifs, qui seuls révéleraient vraiment que même lorsque des nombres absolus croissent, il peut s’agir au contraire d’un déclin relatif menant à l’assimilation. Ceci permet de fausser tout discours portant sur la question. Or, faute de culture prenant conscience d’elle-même dès le social, le Québec y prête flanc. A ce propos, relire l’exemple ci-haut signalé et relatif à Boucar Diouf pour bien comprendre le soubassement socioperceptif d’une posture appelée à passer de l’absolu au relatif, ce qui est crucial pour comprendre ce qui se passe réellement. Je le réitère: remarquez l’exigence de bien cerner et articuler le codéploiement du double hiatus (autant socioculturel que constitutionnel) signalé par mes présents points 1) et 2).


    Texte suivant

    Interfaces culturelles différenciatrices et intégratrices à aménager

    3) Cerner ce double hiatus socioculturel et constitutionnel de 1982


    Retour à la Table des Matières

    Retour à l’Accueil

  • 1) Le sens de la culture: de sociale à artistique avant que l’inverse

    — Interfaces culturelles différenciatrices et intégratrices à aménager

    1) Le sens de la culture: de sociale à artistique avant que l’inverse

    Le fameux écart entre la culture au sens social québécois1 et la culture au sens artistique est à aménager. Il est rare qu’un artiste, même quand il se soucie de sa mise en scène de la culture québécoise, voire à y contribuer aussi par d’éventuels apports issus d’autres cultures, s’aperçoive et s’inscrive très explicitement dans l’aménagement de cet écart. Et il est encore plus rare qu’un politicien s’y adresse très explicitement, y compris PSPP à Tout le monde en parle et même s’il a touché avec justesse à nombres d’enjeux aussi soulevés par J. Facal. D’où d’éventuels apports d’autres cultures à la culture québécoise dans une perspective d’intégration convergente plutôt que de désintégration par l’ethnoracial de la société québécoise il ne s’agit aucunement de multiculturalisme, ni même d’interculturalisme, mais bel et bien de convergence culturelle, notion préconisée par Guillaume Rousseau, l’un des deux principaux auteurs du projet de Constitution du Québec. Il s’agit d’une lacune de la CAQ, si ce n’est quant au 1er (la vigilance interconstitutionnelle), du moins quant aux deux autres axes ici proposés pour rendre viable la loi constitutionnelle, par un statut quasi sénatorial, consultatif et dynamique du Conseil Constitutionnel: convergence culturelle (facilitant la forge de la société civile avec laquelle dialoguer) et Constitution du Québec (surtout si de réactive à proactive) ne peuvent vraiment s’instaurer de façon viable qui si s’étayant mutuellement et se déployant ensemble. Le meilleur apport culturel que je connaisse d’une autre culture à la culture québécoise est celui de Boukar Diouf: il est allé jouer de façon fort amicale et espiègle jusqu’en notre inconscient collectif, lorsqu’il a fort aimablement épinglé diverses personnes de son audience en leur demandant de quel côté est le derrière d’un arbre, comme lorsque des Québécois disent que quelqu’un est caché ou surgit de derrière un arbre. C’est bourré de connotations sociohistoriques, par exemple de l’époque où la Nouvelle-France était sous menace d’Iroquois susceptibles de surgir de derrière un arbre ou encore du fameux été dit des Indiens, si ce n’est dudit Indien apportant des enfants, comme à l’époque de ladite « revanche des berceaux », voire son ultérieure mise en livre sous la figure du personnage de Sauvageau par Les Grands Soleils de Jacques Ferron, puis en théâtre (du Nouveau Monde) par Albert Miller, justement dans les années 1960, donc en un sens culturel passant alors et seulement alors de sociohistorique et même sociopolitique (au ressort de la Révolution tranquille et bien avant l’émergence du PQ) à artistique. Même si cela n’a jamais été explicité tel quel, quant à ce qu’a alors fait Boucar Diouf, il s’agissait d’un passage majeur de l’inconscient au conscient: chez tout un chacun, l’enjeu est que la langue française québécoise ne peut jamais se référer à quelqu’un derrière un arbre que depuis sa propre position par laquelle et d’où il le regarde et qui, s’il s’en aperçoit, est ce qui lui fait imaginer (même sans parvenir à y penser et encore moins à le penser explicitement) qu’il s’agit du devant de l’arbre en question pour que la partie opposée puisse être ainsi dite l’arrière. Wow! Nos expressions linguistiques ne valent aucunement dans l’absolu, mais uniquement dans leur contexte socioperceptif D’EMBLÉE RELATIF, en l’occurrence chez tout un chacun en sa relation en tiers (inclus et non plus exclu et en sus) face à un arbre et à quelqu’un éventuellement de l’autre côté, alors et seulement alors dit l’arrière d’où surgir. Avec les repères socioperceptifs les plus culturellement usuels, c’est jusqu’à l’imaginaire qui est remis en jeu et revisité, ET CE, À MÊME LA LANGUE l’en véhiculant. Bref, il y a tout un potentiel immense d’enrichissement mutuel à l’interface culturelle d’ancienne/nouvelle souche, mais en tous les cas, d’emblée sociale, a fortiori si susceptible de s’en apercevoir jusqu’à s’en sociopolitiser et ce, bien avant, mais pouvant être jusqu’en artistique, sans aucunement tant réduire et confondre que métonymiser la culture, ainsi sociale, voire sociolinguistique, avec et depuis la seule culture artistique.


    1 En la culture, le social n’est plus tant fédéralement réductible et assimilable à l’ethnoracial, mais se l’intègre plutôt que s’y désintègre, en particulier via l’immigration.

    Texte suivant

    Interfaces culturelles différenciatrices et intégratrices à aménager

    2) Hiatus canadien et intégration québécoise entre culture et langue


    Retour à la Table des matières

    Retour à l’Accueil

  • b) Lutte culturelle d’autant sociohistorique que s’intégrant plutôt que se laminant en ethnoraciale au ressort de la nation

    Le principe de l’égalité entre femme et homme : deux trames sociales

    b) Lutte culturelle d’autant sociohistorique que s’intégrant plutôt que se laminant en ethnoraciale au ressort de la nation

    D’une part, il est crucial de travailler encore mieux sa notion de nation. Elle n’est pas seulement une « entité immatérielle composée de la conscience qu’a un peuple de lui-même, d’une langue et de la culture que ses membres partagent, ainsi que de la volonté de la maintenir »1. Certes, cette conception enrichit et précise sous cet angle la nécessaire prise de conscience qu’un peuple peut avoir de lui-même, que signalait déjà Bodin à la Renaissance, mais la volonté de la maintenir (en sa langue et sa culture communément partagées) exigent de se rendre jusqu’à la reconnaissance par un statut juridique, comme l’avait aussi signalé Bodin, voire, par un statut constitutionnel, car au fondement législatif de toute loi susceptible d’être en cause. Ainsi complétée, cette conception de la nation, on s’en aperçoit, est irréductible à la race. Et si elle peut avoir quelque dimension ethnique, c’est par la culture, mais attention, culture en tant que sociogénérée et donc apte à s’inclure plutôt que se faire laminer en et par l’ethnie, a fortiori l’ethnoracial qui fusionne et instaure une confusion totale d’autant de la culture avec la nature, en l’occurrence présumée biologique, que cette culture s’occulte elle-même en sa manière d’y procéder pour n’y paraître que naturelle. C’est pour cela que le fédéralisme trudeauiste est si bancal et biaise tant idéologiquement que vicie tout rapport entre principe et action, entre discours et politique menée. Le trudeauisme refuse de penser la nation, sauf ce qui peut s’en centraliser au fédéral et s’en présumer évident au point de ne pas en parler, surtout si en termes dudit bilinguisme officiel (abstraction faite de l’extralinguistique susceptible d’en révéler autant les fort culturelles manières de parler que les rapports en miroir entre français et anglais alors en cause, donc le biculturalisme qu’il a évacué du Rapport Laurendeau-Dunton), et autrement en attaquant et parasitant le Québec, s’il est nationaliste. Or, des Trudeau à Carney, le nationalisme albertain visant une autonomie axée sur l’énergie passe mieux. L’énergie, de source pétrolifère issue de la décomposition de vivants dinosauriens, est si naturelle, comme la race ! Des Trudeau à Carney, comme le pétrole, l’idéologie s’extraie et de là, se raffine (mais où et par qui ? aux États-Unis et par les Étatsuniens ? en Asie, de fait en ladite zone Indo-Pacifique vers laquelle se déplace le centre de gravité économique mondial et, pour ce faire, en forçant le passage à travers et malgré la Colombie-Britannique, a fortiori ses Autochtones, pour s’y rendre, sinon en se donnant façade d’y adhérer face aux difficultés qui feront en sorte de l’empêcher comme si sans y avoir contribué ?).

    D’ailleurs, son ministère de la culture et identité canadiennes (plus langues officielles censées s’y intégrer), avec Parcs nationaux (et tout ce que peut autrement devenir la Nature, lors de son transfert à un ministère de l’environnement conçu pour privilégier une telle économie au détriment de l’écologie) et lieutenant du Québec vient de s’y buter et d’inciter Steven Guilbeault d’en démissionner (pour pouvoir continuer de se regarder dans un miroir et y apercevoir un double de lui-même lui ressemblant encore un tant soit peu). Ce n’est pas sans voir éclater son agglutinant refoulement en trois pièces distinctes relevant de trois ministères différents avec leurs logiques respectives en entonnoir toujours plus étroit. Notons en particulier le retour de Marc Miller qui a beau jeu de s’en tenir à sa seule nomination au ministère de l’identité et la culture canadiennes et de se déclarer tanné de parler du déclin du français au Québec qu’il a fini par reconnaître du bout des lèvres après l’avoir dénié. Il s’évite que ne resurgisse le fait qu’il a contribué à le faire se détériorer sous Justin Trudeau, par incurie totale, en particulier via une immigration déconnectée de la capacité d’accueil (logement, garderies, écoles, francisation, etc.) et donc, par là, des manières de vivre et de penser relevant de la culture qui est inhérente à la société civile et dont le français, langue commune et officielle du Québec, est partie prenante. Mark Carney, après l’avoir écarté, l’a choisi après la démission de Steven Guilbeault. Il perpétue l’idéologie trudeauiste, voire la radicalise en un tel sens de fabrique identitaire d’État, depuis le fédéral, avec conjointe ingénierie sociale dont ne surtout pas parler et tout au contraire à taire le plus possible et ce, pour mieux continuer à manipuler les manières de vivre et de penser qui sont culturellement inhérentes à la société civile et censées s’inclure le français. Faute de distinguer en la culture l’artistique subventionné par le fédéral et tout ce devenir social sous-jacent détérioré en ses manières de vivre et de penser, risque de s’occulter que cet artistique émerge de tout ce socioculturel sous-jacent et le met diversement en scène selon ce qu’il n’en représente qu’en s’y imposant à rebours et l’en manipulant idéologiquement via le levier subventionnaire axé sur la fabrique identitaire d’État, à savoir issue du fédéral, pour y parvenir.

    S’y conjugue le problème des voraces plateformes numériques: Simon Jolin-Barrette, le ministre de la Justice du Québec, a semblé cibler l’un des enjeux en cherchant à mieux protéger les Québécois et en voulant obliger les plateformes numériques de mettre en évidence un bouton permettant de se désabonner et de ne plus les arnaquer en les hameçonnant par quelque façade initiale d’économies pour d’autant mieux leur imposer des coûts faramineux d’abonnement par la suite qu’instaurant un labyrinthe à travers lequel il devient difficile de s’en sortir. La notion de convergence culturelle préconisée par Guillaume Rousseau semble être mise en jeu. Ne faut-il pas autant la défendre que le projet de Constitution du Québec, surtout si le Conseil constitutionnel y est rendu quasi sénatorial comme proposé par le présent Dossier? Les deux semblent devoir être considérés ensemble pour progresser ensemble, au lieu de laisser l’une se faire miner et d’y entraîner l’autre. C’est constitutif (pour être constitutionnel) du troisième des trois axes de travail proposé pour le Conseil constitutionnel québécois.

    L’idéologie trudeauiste axée sur l’ingénierie sociale, surtout si se conjuguant avec les voraces plateformes numériques, ne s’adresse à la culture qu’en l’occultant être sociogénérative, si elle n’est a contrario d’autant plus déstructurée et laminée que ne lui permettant plus de paraître que toujours plus multiculturellement multiethnoracialiste s’enreligiosant telle par fabrique identitaire d’État à imposer depuis le Fédéral. Il ne s’agit déjà plus d’un Ministry of Canadian Culture and Identity, mais of Canadian Identity and Culture. Or, si l’emprise de la stratégie économique énergétique pétrolifère sur la question environnementale a fini par rattraper Steven Guilbeault et le confronter avec l’exigence de pouvoir se regarder en son miroir et s’y reconnaître en son double, surtout si jusqu’en son rôle de lieutenant du Québec et en l’enjeu de la culture et la langue retombant en son idéologique ingénierie sociale trudeauiste en voie d’être carneyiste, ce n’est pas sans rappeler Le Canadien français et son double de Jean Bouthillette de 19722. Un grand symbole s’est cristallisé autour de Maurice Richard, tant « le Canadien de Montréal, propriété d’anglophones, a constamment voulu faire oublier aux partisans que cette équipe de sport et les joueurs francophones qui la composent symbolisaient une manifestation de la nation québécoise. Il a proposé un autre récit en échange: le Québec est semblable au reste du Canada. Bien que québécois, le Canadien de Montréal symbolise donc plutôt la nation canadienne »3, comme si la nation québécoise n’existait pas. Le tout est censé se répéter en maints autres champs culturels et identitaires pour entraver toute émancipation. L’anglicisante canadianization, décalquée en canadianisation et traductible en canadiennisation, relève d’un nationalisme économique qui voudrait bien s’éviter et même s’occulter être un nationalisme politique (d’où ledit Canada postnational trudeauiste fils) pour que le nationalisme canadien s’opère et se fasse valoir de façon toujours plus évidente jusqu’au cœur du nationalisme québécois. Un Ministry of Canadian Identity and Culture, surtout si sans faire resurgir les French Canada et English Canada exigeant plutôt un Canadian Ministry of Identity and Culture, à savoir un ministère canadien (français et anglais) des Identité et Culture, indique bien qu’il s’agit de ne laisser aucune porte ouverte à un correspondant ministère québécois de l’Identité et la Culture. Canadianiser plus que canadienniser ne peut être que jusque du Québec et ne saurait permettre de québéciser, si cherchant un tant soit peu à s’autonomiser, a fortiori s’en faire souverainiste, surtout face à un tel fédéralisme assimilationniste anglicisant. On y aperçoit non seulement le continuum protéiforme des formations politiques s’y distribuant, mais les rapports politiques de force les faisant s’en interfacer au fur et à mesure que s’en constituant.

    L’hypercentralisation fédérale trudeauiste, surtout en se faisant carneyiste, se doit d’être d’abord identitaire, car l’identité est au cœur de toute culture et a fortiori de toute langue l’exprimant. Surgit ainsi plus explicitement la fabrique identitaire d’État si éminemment central, de fait centralisateur et fort unitaire par uniformisante homogénéisation (pourtant censée ne valoir que pour le Canada anglais selon la Constitution de 1867). L’individualiste « common law », ne faisant se collectiviser que tel à l’image de la Constitution de 1982 unilatéralement rapatriée avec l’appui du ROC sans et contre le Québec au ressort de l’ethnoracialisme enreligiosant se réclamant de Dieu, est son vecteur pour faire prévaloir, avec la suprématie d’un tel Dieu, la primauté d’un tel droit (biaisé en sa teneur de 1867 par celle de 1982), surtout face à toute cette tendance sociale (droit civiliste inclus) tendant à se laïciser qu’est le Québec. Au lieu que le fédéral persévère à creuser le hiatus constitutionnel, il serait temps qu’il l’aménage, voire s’engage à réparer tout ce qu’il a entre-temps détérioré.

    D’autre part, comprenons bien que cet ethnoracialisme, exacerbé par le trudeauisme et s’étant imposé depuis le Canada anglicisant aux Canadiens français devenus Québécois jusqu’à modeler de façon colonialiste leur relation aux Autochtones, n’est aucunement une simple figure de style. Il s’agit bel et bien d’un enjeu existentiel faisant d’autant se mesurer jusqu’à l’inexistence qu’il s’inscrit dans la suite directe de la Conquête, de ses inaugurales formes les plus violentes et les plus brutales jusqu’à ce qui s’en est euphémisé et plus indirectement exercé depuis lors, au fur et à mesure que le droit du plus fort s’est doté d’une façade de force du droit (s’imposant de l’anglicisante « common law » pancanadienne au droit civiliste québécois): « Côté anglais, le général Wolfe ordonne en 1759 la mise à mort par scalp des Autochtones et des Canadiens qui auront été faits prisonniers. Les soldats français capturés, eux, doivent avoir la vie sauve. Dans ce conflit, Canadiens et Autochtones se battent vaillamment côte à côte pour protéger le territoire de l’envahisseur britannique »4. On peut ajouter ce point majeur: Vaudreuil a été le tout premier et dernier gouverneur canadien (Français né au Canada laurentien) de la Nouvelle-France et avait une nette tendance à opter pour les stratégies de guérilla des Canadiens (identiquement Français) et des Autochtones, là où Montcalm, à la tête de l’armée française, a tout au contraire prévalu et est allé perdre la bataille qu’il a voulue rangée à la façon européenne sur les plaines d’Abraham contre Wolfe. Bref, les Britanniques, Wolfe en tête, avaient bien compris que la victoire leur serait plus aisément acquise en éliminant les Autochtones et les Canadiens (si identitairement qu’identiquement Français à cette époque, je le rappelle) pour ne se battre que contre les seuls Français de France, surtout si ceux-ci s’entétaient à faire prévaloir leur seule façon eurofrançaise de s’y adonner comme Montcalm. C’est ce genre d’approche qui devrait être au cœur du Musée que François Legault veut créer. Et qui devrait figurer à la première place dans les livres d’histoire, car révélant les enjeux culturels fonciers, jusqu’en leurs métissages culturels, dont ceux avec les Autochtones comme chez ces Canadiens alors Français, dont on s’aperçoit bien qu’ils sont partie prenante du Canada laurentien, au cœur de la Nouvelle-France, et qu’ils sont totalement irréductibles aux Canadians (anglais) cherchant à faire en sorte que les Canadiens (autrement trop Français) n’en soient que les décalques, selon une inversion totale de leur origine même en ce qu’elle fût, est et sera, si parvenant un tant soit peu à s’actualiser en leur « Je me souviens ».

    C’est simple, mais terriblement efficace il suffit d’occulter toute biasymétrie possible pour ne plus instaurer qu’une pseudo-symétrie d’autant apparemment réversibiliste que foncièrement fallacieuse par un soi-disant bilinguisme officiel (occultant totalement sa manière ne pouvant être que culturelle de parler au ressort de toute identité possible, si ce n’est en s’imposant par un ministère de l’Identité et la Culture canadiennes comme processus de fabrique identitaire d’État fédéralement imposed aux Provinces, d’abord et avant tout au Québec) au gré d’apparentes majorités (insinuées majoritaires ?), non française/anglaise, mais dite francophone au Québec et anglophone dans le ROC avec inverses minorités (insinuées minoritaires ?) correspondantes, selon la confusion la plus totale du statut (exigeant de reconnaître au contraire le Québec français minoritaire en un tel Canada) à oblitérer en et au profit de la seule densité numérique sociodémographique, elle-même laminée du nombre relatif en nombre absolu localement isolé et pesant telle jusqu’en les institutions. S’y biaisent totalement les trois premiers facteurs de la vitalité sociolinguistique au gré du hiatus constitutionnel implanté à la sauce de 1982, ce qui impacte tout devenir social possible depuis un vecteur si individuel qu’individualiste s’y poursuivant en ingénierie sociale, donc au gré des deux autres facteurs encore plus biaisés pour mieux biaiser (et ethnoraciser) ces trois premiers.

    Rappelons un petit survol historique qui risque de s’en faire au contraire anhistoriciser en même temps et au fur et à mesure qu’asocialiser: après leur emprunt autochtone, les Canadiens étaient les Français d’Amérique, d’abord et avant tout du Nord, à travers laquelle ils irradiaient. Le Canada laurentien était le cœur de la Nouvelle-France et sa capitale était Québec, ce qui a définitivement été évacué lorsque la reine Victoria a choisi Ottawa comme capitale du Canada sur le point d’être, non plus laurentien, mais de l’AANB, de sorte que la ville de Québec ne pouvait plus y être la capitale que de la seule Province de Québec. Faut-il rappeler pourquoi la fête de la reine (Victoria) est devenue celle de Dollard-des-Ormeaux (surtout depuis Lionel Groulx et Henri Bourassa) et enfin, celle des Patriotes (seulement depuis le début du XXIe siècle, mais en rappelant ainsi le moment décisif qu’a été la Rébellion des Patriotes dont a jailli toute la tension elginienne de sous laquelle s’est poursuivie la tendance durhamienne dont tirer ses diverses figures, de conservatrice, sous Macdonald, à libérale, de Laurier aux Trudeau et Carney)? Cette Constitution de 1867 précise que le français ne se parle qu’aux Parlements d’Ottawa et de Québec. Les écoles y virent confessionnelles (d’abord et avant tout pour protéger la soi-disant minorité, uniquement démographique et tout au contraire et par le fait même, encore fort statutairement majoritaire anglaise au Québec), ce qui a perduré jusqu’à cet autre moment décisif en 1998-2000 les déconfessionnalisant pour les rendre linguistiques, non pas d’abord tant sous le bilinguisme officiel canadien trudeauiste de facto anglicisant que sous le français langue commune et officielle du Québec faisant s’articuler à sa propre façon les deux langues française et anglaise scolairement en cause (ce pourquoi le mémoire de Marc Ryan est si important). Le français est une langue constitutionnelle dès 1867, mais ne devient une langue officielle que sous Trudeau père qui l’adjoint à l’anglais partout statutairement majoritaire et, même si ne l’étant pas toujours sociodémographiquement au Canada, le met au ressort de son bilinguisme officiel jusqu’à s’imposer tel au Québec. Trudeau père d’autant reconstitutionnalise le tout à rebours et l’explicite pleinement tel, par son rapatriement unilatéral de la Constitution en 1982 selon des droits et libertés si individuels qu’individualistes et au mieux collectivisables tels, qu’avec tout ce qui ne peut plus en être bien autrement collectif si aperçu d’emblée social, mais renvoyé en clause annexe et dérogatoire. La « common law » ne peut donc qu’y prévaloir sur le droit civiliste alors si caractéristique qu’à confiner dans le seul Québec, voire tant la lui y imposer qu’y biffer le plus possible ce qui peut ainsi contribuer à en faire une société bien trop distincte et surtout apte à rappeler la sous-jacente Constitution de l’AANB de 1867, que celle de 1982 est censée siphonner et se résorber, encore et toujours sans et contre le Québec.

    Or, une Constitution du Québec ne semble pouvoir émerger qu’en se donnant pour tâche, non seulement réactive et rétroactive à la Constitution de 1982, mais proactive, au point de le lui rappeler et donc de faire resurgir tout ce refoulé perdurant de sous le trudeauisme au moins par la Constitution de 1867, tout en faisant par surcroît prévaloir au moins au Québec avec son droit civiliste, d’abord, aussi et surtout sa société civile (selon les trois axes du mandat susceptible de doter son Conseil de la Constitution d’un statut quasi sénatorial). Le Canada de 1867 était encore composé de Français d’Amérique et de Britanniques d’Amérique, même si par-delà Durham et le Canada-Unis de 1840 (abolissant le français), le français a été rétabli (1842-1848) et a pu faire se partager l’identité du Canadien avec ces Britanniques à compter de LaFontaine. Il était encore question non pas tant de Canadiens français que de Canadiens-Français, ce qui rappelait que les Canadiens avaient été jusque-là les seuls Français. Pour se distinguer des Britanniques en train de se faire Canadians et clarifier les dénominations identitaires respectives, les premiers Canadiens se disent « Canadiens-Français French-Canadians ». Cette citation de Bock & Gervais est extraite de Benjamin Sulte, Histoire des Canadiens-Français, 1608-1840, volume VIII, Montréal, 1882-1884, p. 1425. Or, dans la préface du volume I, Sulte adopte une autre graphie et dit écrire l’histoire, non du Canada, mais des « Canadiens-français ». La prétention d’une uniformité, autant de langage que d’accent de la langue populaire (Sulte, volume VIII, p. 143), laisse donc entrevoir une limite dans l’écrit, du fait de cette disparité graphique, chez Sulte lui-même, car révélatrice du glissement s’effectuant du nominal vers l’adjectival, de Canadien-Français à Canadien-français, puis à finalement Canadien français (en attendant de n’être plus que francophone sous le bilinguisme officiel trudeauiste et de n’en être plus que Canadien bilingue face à un Canadian restant, lui, le plus souvent de part en part anglais et n’étant jamais anglophone que pour signifier sa traduction éventuelle en francophone, non seulement en Canadien francophone, mais jusqu’au sein du Québec, du Québécois, depuis les années 1960, en Québécois francophone, depuis les années 2000). Cette disparité graphique se retrouve déjà dans le rapport officiel des séances du Congrès de l’ACFÉO en 1910, alors que s’énonce l’Ontario canadien-français aussitôt dit Ontario français, sur le mode d’une provincialisante ontarionisation (ontoriennisation) du français censée d’autant s’effectuer selon celui de sa canadianisation (canadiennisation) que le foyer québécois du Canada français est en train de d’autant s’en faire laminer que le fait français pancanadien de s’y faire refouler à cette fin (conjointement aux dits Indiens en des Réserves, puis, dès l’enfance, en des pensionnats). Si l’on considère que cette disparité graphique dure au moins depuis 1882-1884, en particulier chez Sulte, et qu’elle se reconnaît encore en 1910, en l’ACFÉO naissante et elle-même à la source de l’Ontario français, il peut s’agir, non d’un simple événement éphémère, mais possiblement d’une tendance lourde qui perdure. On s’aperçoit aussi de la transformation linguistique qui se produit, lorsque le Français établi au pays se dit Canadien, puis se transforme en « Canadien-Français » (en regard du « Canadian ») et, enfin, transpose l’expression concurrente, mais moins fréquente, à savoir « Canadien-français », en « Canadien français », en accord avec l’usage actuel ayant rapproché, inscrit et même repris l’ascendance française (encore indiquée par « Français » écrit en majuscule dans « Canadien-Français ») depuis sa région proprement canadienne (d’où un tel « Canadien français »). De plus, en ayant bloqué pendant les trente ans suivant la Conquête tout lien des Canadiens, identitairement et identiquement Français, avec la France, puis en leur ayant imposed une immigration anglicisante massive issue du Royaume-Uni (regroupant Angleterre, Écosse et Irlande depuis 1801) en même temps qu’ayant accentué leur hémorragie vers les États-Unis pendant les années 1840-1930 (donc pendant Le siècle de Mgr Bourget), « les anglophones opposaient au Parisian French le French Canadian Patois, d’où le réflexe des Canadiens français de justifier leurs particularismes »6, voire leurs existences comme « Franco-canadiens », selon l’expression employée par Groulx7. À moins de remonter à la saga de la suppression du français en le Canada-Uni durhamien (1840), puis son rétablissement (1842) doublé du gouvernement responsable de LaFontaine (1848-1851) à compter duquel l’identité du Canadien (Français né au pays, comme les Autochtones amérindiens avant eux) aurait pu être partagée avec les Anglais (commençant aussi à immigrer plus massivement, puis à naître au pays), mais non sans que la distinction entre Canadiens-Français et Canadiens-Anglais risque de passer d’autant de French Canadians en English Canadians que ceux-ci ne considèrent le tout que depuis eux seuls en tant que Canadians, dont tout autre n’est plus que la spécification, d’abord et avant tout de tels French Canadians, sinon leur traduction, à savoir Franco-canadiens (surtout si l’on est groulxien), aussi inversables en leur propre langue en Canadiens-Français, puis Canadiens français, voire une fois le bilinguisme constitutionnel (1867) fait bilinguisme officiel géré depuis le fédéral rapatriant aussi avec le ROC sans et contre le Québec la Constitution (1969-1982), en Canadiens francophones, alors qu’émergent les Québécois (années 1960) appelés à s’en faire Québécois francophones (années 2000). On aperçoit mieux la signification réelle du Statut de Westminster reconnaissant en 1931 une autonomie à son Dominion du Canada8 (qui, lui, s’est entre-temps fait accroire être devenu en 1867 une Fédération sous façade de Confédération, alors que perdurant à être si unitaire qu’hypercentalisateur et que les Provinces en tant qu’États fédérés, surtout le Québec, doivent incessamment s’y battre pour restaurer ne serait-ce qu’un semblant de Fédération). Après plusieurs décennies d’immigration loyaliste, irlandaise et écossaise, toutes d’allégeance britannique et surtout de langue anglaise distincte de l’étatsunienne (s’imposant aux Amériques), et une fois instauré l’Acte de l’Amérique du Nord Britannique, l’imaginaire va bon train et transparaît en particulier à travers les journaux de l’époque, puis aussi les films les rendant plus visuels, mais en restant muets, voire sourds-muets. Surtout, cet imaginaire se réintègre depuis le langage écrit (par ces journaux) et scénique (par ces films) jusqu’en l’oral, plus quotidien et prompt à s’intégrer en tout un chacun dans les sociétés de masse en train de se forger avec l’urbanisation… à laquelle participe moins rapidement les Canadiens français… en restant en quelque sorte davantage « sauvages » :

    « Pour se distinguer des « Canadiens » d’origine française, l’appellation French Canadian a commencé à être utilisée dans les journaux de Toronto pour stigmatiser les Métis de l’Ouest qui voulaient protéger leurs territoires et pour susciter l’appui des « Canadians » (l’immigration d’origine écossaise, irlandaise et britannique). Au début du siècle dernier, l’appellation « French Canadian » avait toujours ce caractère dénigrant, comme le démontrent les films tournés à Hollywood à cette époque quand ils concernaient l’histoire du Canada. Les vilains étaient des French Canadians. (….) Quant aux Métis, toujours engendrés par des francophones, ils sont doublement dangereux puisqu’ils allient la sauvagerie des Indiens et celle des Canadiens français. » L’expression dénigrante a choqué les Canadiens d’origine française, mais pour se montrer solidaires des Métis et de Louis Riel ayant vécu à Montréal, ils endossèrent progressivement cette appellation après la pendaison de Louis Riel le 16 novembre 1885, et ce, jusque dans les années 1960, soit plus ou moins 75 ans. » (Canadiens français, Wikipedia)

    Donc, depuis l’Ontario-Ouest qu me étaient les Prairies comme chasse gardée de l’Ontario, il y avait les Canadians s’avalant d’autant les Canadiens qui étaient autrefois les Français et il y avait les French Canadians faits d’autant leur décalque en Franco-canadiens qu’à traduire en Canadiens français. Or, c’est justement en réponse à cette affaire Louis Riel que le mouvement autonomiste émerge au Québec avec Mercier, lequel se découvre malgré tout de grandes affinités avec Mowat qui, en et depuis l’Ontario, lutte des décennies durant dans cette même perspective autonomiste provinciale à l’encontre du gouvernement fédéral hypercentralisateur de Macdonald. Toutefois, au fur et à mesure que le Canadian s’impose depuis le centre de gravité ontarien si prépondérant à l’échelle pancanadienne et s’y voile être proprement Ontarian, jusqu’au Fédéral s’aperçoit que sa capitale à Ottawa (à la frontière de la rivière Outaouais démarquant l’Ontario du Québec, d’abord Gatineau) est dans la même Province que Toronto comme capitale de l’Ontario9. D’ailleurs, tout l’Ontario français suit ces divisions principales du Sud en regard de l’Est, en s’ajoutant le Nord, dont Sudbury ayant pu être un certain temps l’épicentre de la mouvance qui s’est dite Franco-Ontarienne, avant de se redéfinir en plus strictly francophone (dans la lignée du bilinguisme officiel canadien trudeauiste) et en déplacer jusqu’à son épicentre à Toronto sous l’égide de l’ACFÉO, puis ACFO y étant entre-temps devenue l’AFO, l’Assemblée de la Francophonie de l’Ontario. Tout comme l’épicentre de tout le Canada de part en part Français, devenu Canada français, ne s’est lui-même dit tant Québec que Québécois qu’en glissant à son tour de Québec français, si un tant soit peu francisant pour perdurer en tant que français, en Québec francophone. Comprenons bien que la redondance du Canadien, autrefois le Français, qu’énonce le Canadien français fait déjà se réduire l’identité proprement si culturelle que pansociale à partir de sa colonisation s’appropriant jusqu’à son nom, à savoir de Canadien en Canadian. Ne lui reste que « l’exotisme de sa langue »10 ne lui permettant plus de se dire Canadien que Canadien français et même pis, que Canadien francophone, renvoyant au Franco-canadien décalquant lui-même le French Canadian, ce qui n’est plus français, mais anglais: ça peut sonner français, mais est-ce encore en un sens français ? D’autant que, si l’anglais va davantage de la matière à l’esprit et donc du son au sens, le français, tout au contraire, va davantage de l’esprit à la matière et donc du sens au son et même a fortiori à l’écrit, car ramenant l’audible au visible et impliquant de là, que la vue elle aussi passe et se ramène du visible à l’intelligible d’emblée mental. Bref, même quand ça sonne français à l’oreille, ce ne peut l’être que si le sens préside à la production sonore, nullement l’inverse par lequel déjà s’angliciser et ce, à même le français. Bien noter ce ne sont pas des emprunts de mots à l’anglais pour les franciser ou même les intégrer tels quels en français qui font s’y assimiler, mais cette inversion phonosémique lors de leur usage à même tout échange interlocutoire, voire interscriptural. Par exemple, des échanges Franco-Québécois, donc entre la France et le Québec, sont-ils Franco-Canadiens au point de s’en trouver encarcanés à partir du Canadian leur imposant de n’en être que French Canadians, non comme tels, mais en ne pouvant en être que le décalque canadianisant plus que canadiennisant ? De même, sous Carney, non pas ministère canadien des identité et culture (qui pourraient être non moins françaises qu’anglaises en même temps que faire place et s’articuler avec un correspondant ministère québécois des identité et culture), mais ministère des identité et culture canadiennes, as canadians, et où y fondre les langues officielles, en français et donc avec dimension sociale inhérente à la notion de langue et pourtant renvoyée en clause annexe et dérogatoire de la Constitution de 1982, comme de correspondants décalques des anglicisants official languages. Quand sera prise en compte la manière, d’emblée fort culturelle et identitaire, de parler jusqu’en ledit bilinguisme officiel, surtout que redoublant, par le nom même du ministère correspondant, l’emprise officielle, autant culturelle qu’identitaire, sur ce bilinguisme? Et a fortiori jusqu’en le français comme langue commune et officielle du Québec risquant autrement d’y prêter flanc, faute de bien distinguer la culture d’emblée socialement générée et rendue apte à s’intégrer l’ethnoracial, plutôt que de s’y faire laminer en particulier à travers une immigration d’autant contrôlée et soi-disant multiculturelle depuis le Fédéral que sous façade pseudo-bilingue (car bilingue non pas tant pour les Anglais que pour les Français et, chez les autres, le plus souvent par leur propre langue d’origine tierce, les deux en voie d’anglicisation), en regard de la culture artistique susceptible autant d’y puiser que de la représenter?

    Pour sortir de la rhétorique hypercentralisatrice et assimilationniste fédérale, pourquoi ne pas distinguer en la population québécoise les gens de souche, certes, mais de souche ancienne et de souche plus ou moins récente, à savoir immigrante, voire, comme en cette émission s’intitulant Immigrants de souche, consistant à aller rencontrer des immigrants établis en région et y prenant donc racine au point de constituer une souche d’où une lignée peut émerger et alimenter la double naissance faite nature et nation? Et pourquoi certains immigrants ont embarqué dans la mouvance souverainiste ou à tout le moins autonomiste, là où d’autres se sont plutôt alignés sur la litanie fédéraliste ? Sans parler de tout ce qui a pu en resurgir à travers les propos de Paul Saint-Pierre Plamondon (PSPP) réajustant ce qu’il a pu initialement dire du milieu culturel artistique, lors de la nomination de Marc Miller au dit ministère Identité et Culture canadiennes, à Tout le monde en parle le 7 décembre 2025, mais en s’étonnant à quel point ceux qui s’adressaient à PSPP étaient peu éveillés à tous les points qu’il soulevait et ce, même quand il leur répondait et le leur explicitait. Le tout rejoint grandement les grandes lignes du petit livre, à la fois publié par Joseph Facal pour rendre compte de l’étranglement fiscal et autre pratiques par le gouvernement fédéral suite au référendum de 1995 et résumés dans son article sur « Les vérités dérangeantes de PSPP » paru dans le Journal de Montréal? Cela ne mériterait-il pas aussi d’être examiné de plus près ? Je ne suis pas certain que des immigrants souverainistes ou à tout le moins autonomistes, s’ils s’affichent tels et signalent examiner tels les enjeux en question, aient vraiment conscience de la portée que leur voix peut avoir pour faire réévaluer toute la question migratoire et la façon même de pouvoir en parler jusqu’en la tension entre le Fédéral et le Québec, surtout sur la place publique. Toutefois, même s’il peut y avoir un mouvement d’Immigrants souverainistes ou à tout le moins autonomistes, les obstacles sont les mêmes, voire pires qu’en la culture artistique, si y voilant de la même façon la culture, mais d’autant d’emblée sociale que sociogénérative (en s’intégrant versus se laminant en ethnoraciale si pour parvenir à quelque convergence culturelle que ce soit ?). Il arrive que la culture sociopolitique mise en jeu ne le soit surtout pas directement, mais indirectement, via un nationalisme politique s’occultant en nationalisme économique et a fortiori subventionnaire, seul plus évidemment opérant et ailleurs que sur la place publique, car plus privément, dans quelque recoin où ne pas trop paraître: non seulement couper toute subvention susceptible de l’aider, faute de s’aligner sur l’idéologie fédérale, a fortiori si ce mouvement d’immigrants souverainistes ou à tout le moins autonomistes est laïc, car aussi à risque de ne pouvoir prétendre à des statuts d’OSBL ou OBE auprès de l’Agence de Revenu du Canada (sous prétexte que ce ne serait pas culturel et éducatif, mais politique… tant que non-fédéraliste !), alors que les religions, elles, y ont droit. Imaginez ce que ça donne, lorsque s’y ajoute la question de la laïcité québécoise ou le standard encore plus « deux poids, deux mesures » issu du Code criminel canadien tardant à modifier son exemption religieuse quand des propos haineux sont tenus ! Tout devient encore plus unilatéral en cumulant toutes les pressions dans un seul et même sens, depuis le Fédéral jusqu’en et à l’encontre du Québec, surtout si des mouvements sociaux inconscients s’y conjuguent sans aucunement s’interroger au moment de vouloir réimposer telle ou telle religion, par exemple la catholique dans les écoles, sans s’apercevoir y ouvrir une brèche à toutes les autres religions et ce, toutes ensemble contre la laïcité, avec propos haineux d’autant unilatéralement opérants et, par surcroît, pistonner par le Fédéral en attente de la moindre fort enreligiosante occasion ethnoracialiste, à savoir de monopole de pouvoir accuser d’ethnoracisme, surtout quand il s’agit du Québec ! Faute de s’apercevoir que le Fédéral ne se soucie guère de régler les questions ethnoracistes, surtout les plus enreligiosées, mais uniquement d’en tirer des vecteurs pour mieux s’imposer et hypercentaliser, a fortiori quand il s’agit du Québec, y a-t-il quelque conscience en ces groupes que ce qu’ils réclament n’est pas tant pour eux-mêmes que pour cette aliénation toujours plus extérieurement imposée, sans plus jamais rien en penser par eux-mêmes ? De plus, le coup de massue peut d’autant être percutant que porté sur des immigrants à statut temporaire (avec fallacieuse promesse que cela mènerait à la résidence permanente) ou très nouvellement arrivés (par exemple comme juste avant le référendum de 1995) à des fins fort uniquement politiques et partisanes plutôt que selon un processus clair, à savoir une demande en une seule étape avant et si pour pouvoir arriver et ce, en sachant que c’est pour la résidence permanente et en s’intégrant à une culture socialement en cause et de l’État en émergeant, en l’occurrence de l’État québécois, si sans manipulation fédérale exogène indue.

    Bref, si l’État fédéral cherche à créer autant de précarités, c’est pour créer des dépendances à exploiter à son propre profit et en déstructurant d’autant, avec l’État québécois, la culture, si québécoise, et ce, de sociale (elle-même de souche, présumée ancienne, pour d’autant la déconnecter et l’ethnoracialiser jusqu’à l’ethnoracialisme permettant de la traiter d’ethnoraciste que l’opposer à récente, à savoir immigrante, d’où la manipuler) à artistique. Surtout si l’État québécois s’y prête, en particulier dans le cas des immigrants à statut temporaire avec fausse représentation quant à la suite faite illusion de mener à la résidence permanente. Enfin, des dysfonctionnements chroniques tardent à être abordés et réglés depuis des décennies, dont le cas de médecins immigrants ayant franchi toutes les étapes pour exercer, sauf celle qui permet de les bloquer en les empêchant de se trouver un internat reconnu pour compléter et activer le passage à la pratique, le tout alors que le système médical québécois est dit manquer de médecins. S’agit-il, par emprise corporatiste, de limiter le nombre de médecins pour créer une rareté les rendant d’autant indispensables et aptes à contrôler tout le système médical, jusqu’en les négociations avec le gouvernement québécois pouvant d’autant être amené à plier, mais non sans hypothéquer toujours plus le budget entier de la Province s’en trouvant toujours plus accaparer au détriment de tout le reste, en plus de contrôler le diagnostic au point de départ de toute la chaîne de soins possibles dans tout le réseau ? Patients soignés ou au contraire fantaisistement dichotomisés par contrôle corporatiste entre captifs et autrement exclus? A fortiori si le tout se double d’un discrédit du système public au profit d’une part élargie du système privé comme si tout s’y résoudrait par magie, sans peut-être trop s’apercevoir que ce libéralisme croissant va quelque peu dans le sens du libéralisme géopoliticoéconomique s’imposant depuis Ottawa, si ne virant en libertarisme étatsunien, au fur et à mesure que l’individu toujours plus stricto sensu individualiste ne fait, en tout humain et de lui-même jusqu’en tout autre, du social que son annexe toujours quelque peu dérogatoire. De même, pourquoi le gouvernement de la CAQ, favorise-t-il les garderies privées et leur devenir néolibéral ou libertarien plus aléatoire, plutôt que publiques, pourtant mieux socialement intégratrices et solidairement propices, au point qu’elles sont sur le point de prédominer ? Ne s’aperçoit-il pas qu’il se contredit en tronquant la Constitution du Québec de la sous-jacente convergence culturelle susceptible de l’étayer et de s’intégrer comme le troisième des trois axes ici proposés pour le Conseil Constitutionnel? Jusqu’au point de faire des garderies (issues de Froebel) des « nursery » anglicisantes axées sur la seule fantaisie si individuelle que présumée toujours déjà individualiste, au point que toute autre culture ne puisse plus qu’en être réductible à son folklore, le tout étant appelé à remonter et se generaliser de l’enfance à l’état adulte ? Jusqu’où cela va-t-il aller? Sans parler que, comme commence à le décrier certains articles de la presse courante, cela s’inscrit dans le même pattern que Carney avec qui et de la même façon reproduire le trumpisme au sein du Canada et en l’occurrence, du Québec ? Questions scandaleuses ? Comme toutes les autres, elles exigent d’engager une plus saine conception de la culture d’emblée sociale jusqu’en l’ethnoraciale (s’y intégrant ?), autant nataliste et migratoire (en une idée de nation émergente plutôt que présumée ?) que médicale et éducative (pesant si lourdement en tout budget provincial et a fortiori si relativement à tout le reste en un projet de société dûment mieux cerné). De culture d’emblée sociale plutôt que seulement artistique, elles tendent à être sociopolitiquement étouffées pour qu’elles ne puissent surgir. Le problème n’est pas issu que du fédéral sans, contre et jusqu’au sein du Québec, mais en partie au sein du Québec, par ce qui y prête flanc.

    Si elle perdure selon le même modèle ayant jusqu’à présent prévalu, la confrontation sempiternelle, entre Fédéralistes et Souverainistes dont la CAQ a émergé et en lesquels elle risque de refluer et se dissoudre au moins en partie lors de l’élection de 2026, ne me semble pas pouvoir être remise en question en sa façon (fort culturelle, mais sociopolitique bien avant qu’artistique) de s’instaurer. Le Fédéral a réussi jusqu’à présent à la faire pencher en sa faveur. Du moins, tant que cette interface migrante n’est pas mieux articulée avec la sociodémographie des naissances/mortalités, jusqu’à travers les institutions, de la famille à l’école, au travail, en politique… et a fortiori toutes celles du milieu culturel autrement poursuivi, plutôt qu’occulté et résorbé de social en artistique. D’où l’importance d’une distinction comme celle relative à la population de souche… récente relativement à ancienne. Sinon ne subsiste que ledit de souche confondu et assimilé à souche toujours uniquement sous-entendue ancienne, ce qui est du petit pain béni pour l’idéologie trudeauiste ethnoracialiste (s’octroyant le monopole de l’accusation d’ethnoracisme en même temps que d’ingénierie manipulant le social par l’ethnoracial en son sens multiculturel toujours plus mosaïque plutôt qu’en convergence, surtout si québécoise). Quant à la série télévisuelle s’intitulant « Immigrants de souche », déborder son simple humour par cette bien plus explicite distinction permet de perlaborer bien davantage jusqu’à la culture qui s’en sociogénère en s’intégrant plutôt que se laminant en ethnoraciale. Me semble cruellement manquer certaines interfaces à mieux expliciter et surtout, rendre opérantes.


    1 Lapierre, 2023, p. 88.

    2 Yvan Morin, Méditations oniriques, 2025, p. 98, note 1.

    3 Lapierre, ibidem, p. 190.

    4 Lapierre, ibidem, p. 135.

    5 M. Bock & G. Gervais. L’Ontario français. Des Pays-d’en-Haut à nos jours. Ottawa: CFORP, 2004, p. 97.

    6 M. Huchon. Histoire de la langue française. Paris, Librairie Générale Française, 2002, p. 231.

    7 L. Groulx. La Confédération canadienne. Ses origines. Montréal : Devoir, 1918, p. 141.

    8 Le Canada passe de colonie à Dominion. Son autonomie en politique intérieure est d’abord subordination à l’Empire britannique en politique extérieure, à compter du gouvernement responsable acquis sous LaFontaine avec Baldwin et entériné par Elgin, puis, via l’AANB (1867) se donnant façade de Confédération alors qu’étant plutôt un tant soit peu une Fédération. Il devient pleinement souverain par le Statut de Westminster (1931), sa Constitution donnant lieu à son Rapatriement unilatéral avec appui du ROC sans et contre le Québec s’effectuant sous Trudeau père (1982). La tentation a été incessante entre le Canada-Uni, bref unitaire et prévu pour assimiler les Français aux Anglais dès 1840 avant de se rectifier sous LaFontaine et Baldwin et sous Elgin pour devenir un Dominion, et la pseudo-Confédération dont s’être illusionné, alors qu’étant à peine une Fédération. Bref, la tentation de la législation unitaire perdure sous et jusqu’en la législation fédérative dès 1867, ce qui se poursuit lors de l’hypercentralisation fédérale s’étaying du Rapatriement unilatéral en 1982 et cherchant uniquement à prendre le relai de l’Empire britannique dont préserver les symboles à cette fin intérieure, tout en les faisant accroire des reliquats extérieurs. Le colonialisme, mais plus subreptice, se poursuit et transpose de l’empire en ledit fédéral en tirant tous ses leviers pour hypercentraliser.

    9 Incessant processus de conquête du Canada, de la nation tirée de canadienne d’abord française, mais toujours plus anglicisée et enfin, du Canadien toujours plus uniquement Canadian, en y pesant sur le Québec, via le ROC, depuis l’État fédéral. Selon Stanley Bréhaut Ryerson, Capital et Confédération, Montréal, Éditions Parti Pris, 1978, le ROC s’y enferre aussi le Canadian Wealth (p. 203, 322) s’infléchit au profit de « wealth of Central Canada » (p. 362), à savoir l’Ontario. En l’occurrence, il faut se rappeler que Toronto est la 4e ville en importance en Amérique du Nord, après New York, Los Angeles et Chicago et a supplanté Montréal comme métropole du Canada, sur l’arrière-fond de l’aménagement du fleuve St-Laurent fluidifiant tout le commerce maritime (en particulier pour acheminer les minéraux depuis la côte nord québécoise) menant aux Grands Lacs d’où contrôler en retour en divers endroits du parcours entre-deux l’écoulement des eaux, depuis les années 1960. La tension y est incessante entre la mairie de la ville et Queen’s Park où loge le gouvernement provincial ontarien qui, sous Ford, tend à copiner avec les promoteurs immobiliers pour empiéter sur la ceinture verte entourant la ville ou pour les imposer à Hamilton, à favoriser les voies de circulation et les lieux de stationnements pour les automobilistes à l’encontre des pistes cyclables et autres aménagements urbains plutôt promus par la ville de Toronto et à fantasmer creuser sous le réseau autoroutier la ceinturant (pourtant déjà à 8 voies de large) un second réseau le redoublant. Sans parler de Windsor où se concentre la fabrique automobile (surtout si à essence et anti-transition énergétique) en intrication avec les Etats-Unis trumpiens. Toronto draine une grande part des milliards issus du Fédéral et est le fer de lance de son nationalisme se voulant d’autant économique que pouvoir s’en occulter politique jusqu’en ses rapports avec le nationalisme québécois. Sauf si un autre nationalisme économique émerge et se fait le révélateur de tout ce petit jeu: l’Alberta (anciennement partie prenante avec le Manitoba et la Saskatchewan de ce qui était les Prairies comme chasse-gardée faite Ontario-Ouest face au Québec).

    10 Lapierre, ibidem, p. 163. En référence au livre de Jean Bouthillette, Le Canadien français et son double.


    Texte suivant

    — Interfaces culturelles différenciatrices et intégratrices à aménager


    Retour à la Table des matières

    Retour à l’Accueil

  • a) Femme et avortement, sociodémographie, matricentrisme autochtone

    — Le principe de l’égalité femme et homme: deux trames sociales

    a) Femme et avortement, sociodémographie, matricentrisme autochtone

    Maintes femmes demandent de ne pas compromettre l’accès à l’avortement en tant que soin de santé en prêtant flanc, par une loi constitutionnelle supralégislative, à des contestations anti-pro-choix se disant pro-vie et n’acceptant d’autre vie sociale que rendue purement annexe et dérogatoire, à la façon de la Constitution canadienne trudeauiste. Une fois encore, on aperçoit l’écart entre l’hégémonie de l’anglicisante « common law » et le droit civiliste qui, en France, a permis à Simone Weil de faire prévaloir de façon tout au contraire universaliste le droit à l’avortement. Droit civiliste que le Québec véhicule aussi. De fait, l’idéologie trudeauiste ethnoracialiste enreligiosante est d’abord un patriarcat tronquant l’humain de sa teneur sociale au profit de sa teneur si individuelle qu’individualiste s’accordant d’emblée d’autant avec l’hégémonie de l’anglicisante « common law » que s’en collectivisant tel et oblitérant toute teneur d’emblée sociale universaliste. Là plus qu’ailleurs, on aperçoit pourquoi et en quoi le trudeauisme veut refuser au Québec toute autonomie plus qu’à toute autre Province au profit de son fédéralisme centralisateur, voire unitaire.

    D’autre part, un sondage Léger illustre l’articulation inverse d’ensemble entre les Québécoises (se définissant d’abord femmes, puis conjointes et enfin mères) et les Canadiennes anglaises (d’abord mères, puis conjointes et enfin, femmes). Ceci affecte l’émergence et l’ampleur prises par un mouvement social féministe, le québécois étant « certainement celui qui a eu le plus de succès pour influencer les politiques publiques et lutter contre les inégalités: centres de la petite enfance, régime d’assurance parentale, équité salariale, perception obligatoire des pensions alimentaires, maintien du nom après le mariage, accès à l’avortement (le Québec représente à peine plus de 20% de la population canadienne, mais 50% des points d’accès à l’avortement de tout le pays s’y trouvent), sont toutes des mesures qui font du Québec un des États au monde où les inégalités hommes-femmes et les inégalités sociales sont les moins grandes1. La famille s’est remodelée en passant d’un patriarcat de rôles dits complémentaires et pourtant inégaux en fonction d’une paternité prévalante à une parentalité mettant d’emblée à égalité les conjoints jusqu’en leurs relations avec leurs enfants. L’État s’en redéfinit depuis une telle assise institutionnelle à la base de toutes les autres (dont l’école, le travail -donc l’économie- et la politique) et ce, en l’apercevant d’autant humaine que non pas tant seulement individuelle que d’emblée aussi sociale, de microsociale à macrosociale, à l’inverse de ce qu’en impose autrement la Constitution canadienne trudeauiste de droits et libertés si individuels qu’individualistes et jamais collectifs, a fortiori sociaux, qu’en clause annexe et dérogatoire d’où les manipuler toujours plus à rebours et à rebrousse-poil et les mettre en voie vers l’assimilation ultime du fait français s’en trouvant toujours plus dénier, voire renier. Vouloir faire se modeler les Québécoises sur les Canadiennes anglaises, au point d’inverser leurs priorités et tant écarter leur priorité d’être d’abord femme, via celle d’être conjointe, si pour être par ailleurs mère, au profit d’une pression les faisant plutôt d’abord mère, va directement contre l’égalité québécoise entre femmes et hommes, surtout si via le biais de la question de l’avortement en vue de la biaiser au point de la faire se plier à l’anglicisante « common law » d’où l’en contester au détriment d’un droit sociopolitique et juridique civiliste d’emblée universaliste2. Son contexte sociodémographique sociopolitiquement global du ratio natalité/mortalité est modulé par immigration/émigration et surtout par la distribution des pouvoirs visant sa gestion débattue entre le Fédéral et le Provincial dans le contexte panplanétaire d’une croissance populationnelle sociodémographique toujours plus sous pression par sa propre masse et source de pression environnementale technologiquement démultipliée problématisant lesdites chaînes d’approvisionnement au ressort de quelque capacité productive que ce soit et de quelque marché s’ensuivant et menant uniquement en bout de parcours à la consommation (se voulant d’autant instantanée que sous pression croissante du moment présent censé en être toujours plus marqué par l’urgence). On s’en aperçoit, le tout engage d’emblée les Devenirs constitutionnels canadien et québécois, mais les problématise en les contextualisant. Se révèle leur sens.

    Il faut aussi garder à l’esprit le problème des croyances performatives, à savoir des croyances qui affectent nos décisions et actions autant personnelles que collectives, mais trop souvent sous la forme d’incitations perverses, au sens de provoquer l’effet inverse de celui affiché promu, voire de provoquer soi-même et si malgré soi cela soit-il ce qui est reproché à d’autres. Que l’on pense au trudeauisme prétendant parvenir à une croissance sociodémographique en cherchant à noyer et à déstructurer toute natalité propre par une immigration la submergeant et en disloquant tous les services (logement, etc.), faute d’y veiller aussi du même coup. René Lévesque résumait: le fédéral noie le Québec, le Québec enregistre la noyade. Cette manipulation fédérale éhontée désintégrant la composition sociale atteint d’abord, aussi et surtout tout humain en sa dimension sociale au profit du seul individu individualistement considéré et collectivisé tel. Une telle immigration est d’autant exogénément (fédéralement) massifiée et densifiée au besoin que faite arme d’attaque, à l’image de la trudeauiste Constitution de droits et libertés si individuels qu’individualistes avec toute teneur sociale annexe, dérogatoire et rendue plus aisément manipulable.

    À l’inverse, un gouvernement peut vouloir agir sur la sociodémographie en privilégiant la natalité relativement à l’immigration. S’il se base sur ladite théorie du déficit informationnel, comme en Corée du Sud, il peut se faire accroire y remédier par une politique axée sur l’individu et investir pour financer des allocations familiales, procréations médicalement assistées, services de transports vers garderies en dehors des horaires d’écoles ou encore des primes aux entreprises proposant des solutions pour la garde des enfants, voire parfois à la naissance. Or, ce qui a eu le réel effet recherché a plutôt consisté en une intervention systémique socialement constructive consistant à investir dans le développement de lignes de train, dès qu’ayant identifié ce paramètre jusqu’alors ignoré: les difficultés de transport, une fois réglées, ont fait passer le temps de trajet des habitants de la banlieue travaillant au centre-ville de 80 minutes en moyenne à seulement 20 minutes, de sorte que cette meilleure condition de vie, elle, a contribué à l’accroissement des naissances3. Les injonctions paradoxales exigeant intentionnellement une chose et restant aveugles au lieu de s’ajuster aux conditions réelles de vie ont des effets limités, si ce n’est inverse à ceux recherchés, a fortiori si se faisant accroire qu’il s’agit d’une résistance au changement et qu’il faut le forcer, selon le même type d’effort tout aussi intentionnellement déconnecté de la réalité. Le vivier idéologique par excellence en jaillit lorsqu’en surgit un problème de cohérence systémique instaurant une dysharmonie « entre principe et action, entre discours et politique menée »4. L’illustre le fédéralisme bancal issu du trudeauisme, d’abord et avant tout ce qui s’en est constitutionnalisé d’autant sans et contre le Québec qu’en tronquant tout humain de façon si individuelle qu’individualiste que tout ce qui en est collectif, voire social, n’advient plus uniquement qu’en clause annexe et dérogatoire. Jusqu’à la « common law » est censée gruger de sa propre teneur si strongly jurisprudentielle, jusqu’au sein du Québec, le droit civiliste au contraire universaliste. Surtout si l’on considère que le cerveau humain est un organe dont les états biologiques sont corrélés avec un ressenti (affect, feeling en anglais) qui est communicable, par tout un chacun pouvant exposer ce qui s’en sent à autrui le lui demandant au point de le leur rendre concevable à tous deux et d’en être tant proprement aptes à affectivement pressentir et cognitivement prédire qu’à préparer à l’action. Surgit une heuristique qui peut sembler approximativement efficace, mais ne l’est véritablement que si s’éveillant plus pleinement à la réalité en s’y ajustant et s’y adaptant. Non en tronquant jusqu’à son éveil et en forçant depuis une idéation biaisée jusqu’en sa logique, donc par pure idéologie, jusqu’au réel à lui rendre conforme en le réifiant selon ce qui s’y prête et en en refoulant tout le reste.

    Le tout s’effectue et varie selon cinq facteurs de vitalité non tant ethnolinguistique que sociolinguistique statut, sociodémographique densité, complétude institutionnelle, hiatus constitutionnel s’en trouvant ou non aménagé autant entre les Constitutions canadienne et québécoise qu’entre langue et éducation (selon et depuis l’article 93 de l’AANB de 1867)5 et enfin, la respective régulation ou non de la translation intergénérationnelle s’ensuivant en la société civile, dont différer le moment d’avoir des enfants pour s’assurer de conditions permettant que ce soit en français. Plus risque accru de rupture intergénérationnelle lors de la période critique des 15-35 ans faisant passer de la famille de provenance, via l’école, au travail et à la politique au ressort de quelque éventuelle nouvelle famille alors et seulement alors rendue viable et risque d’inversion la pyramide des âges si plus d’âgés que de plus jeunes parlent français, donc risque d’un vieillissement prématuré sociopolitiquement généré par assimilation linguistique, comme y tend encore l’ethnoracialisme enreligiosant trudeauiste par la Constitution canadienne de 1982. Faut-il rappeler que le taux de bilinguisme officiel ne se maintient au Canada que par sa croissance au Québec compensant sa décroissance dans le ROC ?

    On s’en aperçoit: les cinq facteurs de la vitalité sociolinguistique sont nécessaires à toute opérationnalisation possible de quelque politique que ce soit, d’abord et avant tout constitutionnaliste, puisque le 4e facteur, à savoir le hiatus constitutionnel pancanadien ne perdurant qu’en se radicalisant de l’AANB de 1867 à la Constitution de 1982 encore fort prévalante en 2026, conditionne les trois premiers facteurs (autrement à risque d’être réduits de sociolinguistiques en ethnolinguistiques) et impacte directement le 5e, à savoir la façon dont se sociogénère et se cultive la société civile. Du moins, si la culture, dont sa transmission par l’éducation, en particulier scolaire, est aperçue et reconnue en sa teneur sociale s’intégrant plutôt que se faisant réduire et laminer par l’ethnoracial enreligiosant trudeauiste à partir d’humains tronqués d’être demblée sociaux au profit de leur seule teneur individuelle radicalisée en individualiste dite se collectiviser telle.

    Sans parler de maints autres facteurs qui s’y intègrent et qui sont liés aux trajectoires de vie en leurs articulations aux institutions en cause (3e facteur) par lesquelles s’en sociogénèrent et s’en cultivent (sans indûment s’en ethnoracialiser à la façon trudeauiste): soif d’épanouissement personnel; conditions de vie, dont les conditions sociales faites aux individus (mais qu’ignore le trudeauisme) et les conditions économiques plus ou moins temporellement appropriées (le kairos grec, timing anglais, moment opportun se cernant de l’italien au français lors de la Renaissance, etc.) les en facilitant/contraignant d’autant; le temps plus ou moins allongé pour se trouver un travail stable. Surtout en tout début d’insertion sociale par le travail, ce qui touche fortement les jeunes et donc la tranche temporellement première des 15-35 ans (en plein milieu du lien intergénérationnel au sein du 5e facteur de vitalité sociolinguistique et si non bien étayé, menant à la rupture entre les plus jeunes et les plus âgés, donc en voie, ainsi de sociale à individuelle, vers l’assimilation).

    Un autre point s’y ajoute: le sociosexoréférentiel extralinguistique pèse jusqu’en l’expression linguistique. Risque de l’occulter le bilinguisme officiel trudeauiste en présumant une symétrie pseudo-équivalente, alors que très souvent au contraire totalement inverse entre français et anglais. Au sens linguistique, l’article neutre anglais, autant défini qu’indéfini, s’impose au non neutre jusqu’en biologie, tout à l’inverse du français: the man/the woman, a man/a woman versus l’homme/la femme, un homme/une femme. L’anglais, porté à donner « gender » pour « sex » et en neutraliser la culture et l’assimiler à sa seule biologisation (male/female), n’a pas de système pour distinguer le genre linguistique, à savoir le masculin et le féminin, à partir de l’article, autant défini qu’indéfini, sauf s’il se fait plutôt adjectif, en est possessif et se personnalise: his wife/her husband versus sa femme/son mari, si ce ne sont his wife/her man versus sa femme/son homme. Archicrucial: en anglais, le neutre est au ressort du « gender », lequel s’en prétend d’autant uniquement socialement construit, à la fantaisie de tout un chacun ET selon l’autre des deux d’où le possessif le ressaisit tant d’emblée en son miroir, qu’il s’en trouve totalement déconnecté du sexe propre, dès lors censé s’en réifier et s’y conformer. L’inversion référentielle extralinguistique révèle la réalité surgir totalement en miroir entre anglais et français: l’anglais ne dit her wife, his husband ou her wife, his man que si le genre de la personne conjointe est inverse, dès le cisgenre jusqu’en LGBTQ+, ce qui est tout au contraire déjà inclus pour tous en les expressions françaises sans les changer, car l’adjectif possessif et l’article s’accordent habituellement en genre et en nombre avec le nom (substantif): tous peuvent dire et disent, en leur condition propre de vie et selon leur situation, sa femme, son homme. Sous l’adjectif possessif, le véritable enjeu est le sentiment d’appartenance ou non, à savoir le nomos ou l’anomie (surtout si au sens durkheimien), tissant ou non le lien social et ce, jusqu’en et en regard de tout ce qui peut s’y articuler par des articles défini ou indéfini, lesquels sont non neutres en français et au contraire neutres en anglais. Or, « quand j’utilise le genre comme variateur du contenu sémantique d’un mot (la cave/le cave), cette opération ne résulte en aucune façon d’une élaboration préalable de l’activité cognitive: elle est une possibilité inhérente au système du français » (…) « à partir d’un mécanisme dont personne n’est responsable »6. Possibilité absente dans le système linguistique de l’anglais… sauf en sa part possessive d’emblée extralinguistiquement seulement indirectement personnalisante selon le sexe, lequel n’est biologique (male/female) qu’en faisant du même coup confondre sa dimension sociale avec le genre (« gender »), là où le français persiste à accorder le possessif avec le substantif selon le genre linguistique chez toute personne, de quelque sexe soit-elle et dès lors libérée socialement jusqu’en sa pensée quant à tout genre extralinguistique, dès ledit cisgenre et a fortiori la mouvance LGBTQ+. Par exemple, il est possible de dire « sa femme » autant de la femme d’un couple hétérosexuel dit cisgenre que de toute femme d’un couple lesbien, d’où l’universalisme, là où l’anglais les y opposent par les respectifs « his wife » et « her wife », d’où l’individualisme, certes, mais on s’en aperçoit, tel que s’imposant depuis l’autre individu en cause, donc toujours indirectement. Les droits si individuels qu’individualistes anglais valent plus pour certains individus que pour d’autres. L’illustre l’inversion étatsunienne trumpienne réimposant les Tradwives en accord avec Project 2025 et à l’encontre de la sociogenrance autrement LGBTQ+ ayant cherché à s’en démarquer. Si l’anglais aliène le français, il lui faut l’atteindre en sa liberté mentale d’emblée sociale et universaliste. Tout s’effectue de la même façon que les droits individuels (mais inversement constitués à partir de l’autre individu) prévalant, en anglais, et que les droits d’emblée sociaux et civilistes jusqu’au point d’en être universalistes chez tout un chacun, si individuellement considéré puisse-t-il éventuellement être, en français.

    Et Droits collectifs du Québec pourraient demander si c’est pour cette raison d’une pression extralinguistique jusqu’en la linguistique par laquelle devoir énoncer le juridique que la Cour suprême du Canada refuse d’entendre, non seulement la cause du rapatriement unilatéral de la Constitution canadienne sans et contre le Québec, voire en dénaturant la Constitution de 1867, mais aussi l’exigence de traduire ses anciens jugements entre et de la Constitution de l’AANB de 1867 à l’essor trudeauiste ayant mené aux langues officielles de 1969, d’où s’est forgée la Constitution de 1982. Éclaterait au grand jour le caractère fallacieux du bilinguisme officiel canadien trudeauiste et son arbitraire total face au français comme langue commune et officielle du Québec, mais surtout quant au déséquilibre trudeauiste des pouvoirs depuis l’exécutif jusqu’en le législatif et enfin, le juridique sous lequel encarcaner outrancièrement le fait français jusqu’en la société civile en l’y affligeant d’avoir à se battre toujours à rebours de ce qu’il y est, pour ne plus que l’y plier à l’idéologie ethnoracialiste enreligiosante trudeauiste si pervasive. S’y ajoute le déséquilibre fiscal qui augmente de façon artificielle et abusive le pouvoir fédéral de dépenser et qui empêche aussi du même coup les Provinces de financer adéquatement la croissance des coûts de leurs services publics7. Il serait crucial d’y porter une très grande attention en santé et éducation scolaire. Santé physique, biologique et mentale, si éminemment concernée par toute cette sociolinguistique différentielle et en grande partie si inversement opérante entre français et anglais, a fortiori selon les conditions de vie socialement en cause. Éducation scolaire, jusqu’en les programmes portant sur la culture, éminemment en cause, le sexe versus le genre et enfin, la citoyenneté, mais via le civil-donc la société civile, depuis le civique, par ces différences culturelles sociolinguistiquement mises en jeu auxquelles s’éveiller et dont chercher à favoriser la convergence culturelle, comme l’appelle Guillaume Rousseau8. Cerise sur le gâteau de l’abus de pouvoir, le Fédéral en tire par surcroît le prétexte de s’ingérer dans les compétences provinciales (car les rendant inaptes à s’exercer) et cherche à leur imposer des conditions en vue de rendre structurel et donc chronique cet abus de pouvoir, à la fois hypercentralisateur et générateur de dépendance. Il ne reste plus au Fédéral qu’à occulter le tout en déniant tout déséquilibre fiscal et a fortiori que c’est à l’image du déséquilibre des pouvoirs par l’exécutif noyautat le législatif jusqu’en le juridique d’où encarcaner la société civile, dès que francisante.

    Enfin, le dialogue avec les peuples autochtones est d’autant important que leur matricentrisme (non matriarcat en lequel le patriarcat cherche à se décalquer) peut être très en affinité avec cette assise québécoise égalitaire entre les sexes. Il s’agit aussi de renouer avec sa propre histoire faisant que les Canadiens autrefois identiquement Français et pris sous le joug de la Conquête britannique s’en sont mis à tant effacer et oublier leur part autochtone qui était inhérente à leur métissage culturel avec les Autochtones et qui les a constitués pour ne pas en subir le même sort, au point d’insister « sur le prestige et la grandeur de leur caractère français, selon Delâge. Afin de réclamer à leurs conquérants le droit de conserver leur culture, ils montrent qu’ils se trouvent du côté de la civilisation, non celui de l’ensauvagement », ce pourquoi les Autochtones ont pu avoir eux aussi tendance à les désigner tous deux ensemble comme des « Blancs »9. S’y aperçoit comment les races se forgent non pas tant biologiquement que sociohistoriquement. Sauf si tout s’inverse, comme en la raciste Loi sur les Indiens ou le trudeauiste multiculturalisme ethnoracisant s’ethnoracialisant au point de se faire ethnoracisme s’avérant surtout ethnoracialiste, selon qui monopolise la capacité de ne plus faire se forger cette ethnoracisation que la redoubler de l’accusation d’ethnoracisme, surtout en méconnaissant des données aussi fondamentales que celle-ci ou que la distinction comparative entre origine (ethnique) et langue maternelle exemplifiée par Arès, ce qui mène à biaiser les faits et a fortiori leur lien avec les droits.

    Soyons clairs: la notion de race n’a aucun fondement scientifique quant à la teneur biologique à laquelle les idéologues cherchent à faire accroire, mais uniquement quant à sa teneur de part en part sociale, voire sociohistorique, d’abord socioperceptive, du fait que nos cerveaux functioning par comparaison et s’appuient donc sur des repères observables sans pour autant avoir à présumer jusqu’à préjuger ainsi ce qui les produit. Les idéologues poursuivent indûment depuis et par-delà ces simples repères socioperceptifs en classifications indues sur la base de tels préjugés appelés à se radicaliser au fur et à mesure que la racisation en question se fait racialisation, voire bascule de racisme en racialisme. Il est temps de se mesurer à l’idéologie principale qui est trudeauiste et qui est d’autant si asociale et anhistorique qu’inapte à prendre en compte de telles données de base, les plus factuelles, au ressort de quelque équilibre des pouvoirs, dont le droit en jaillissant. Ladite lutte des races et a fortiori des racismes et surtout racialismes (selon qui monopolise la forge racisante, et de là, du racisme à en tirer et à attribuer) est plutôt une lutte des cultures engageant d’emblée des nations, ce que cette idéologie tend à occulter.


    1 M. Pednaud-Jobin, https://www.lapresse.ca/dialogue/chroniques/2024-03-07/les-quebecoises.php. À distinguer des odieuses stérilisations imposées à des Autochtones.

    2 Ce genre de violence atteint avec les priorités existentielles jusqu’aux valeurs entre les groupes socioculturels s’en exprimant sociolinguistiquement. Elle se distingue de la violence physique, virant mentale et visant à instrumentaliser les droits des femmes et à hiérarchiser les droits à l’encontre de la Charte québécoise des droits et libertés de la personne, tant, surtout auprès des plus vulnérables, l’impression faite par le projet de Constitution québécoise en son état actuel est forte que ce soit une volonté de limiter le pouvoir de la société civile et le pouvoir judiciaire au profit des pouvoirs législatif et exécutif. S’en inquiète profondément le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale en son Mémoire présenté en novembre 2025. Le présent texte vise à se mesurer et régler du mieux possible ce genre de difficultés majeures et ce, par ses deux recommandations axées sur un Conseil constitutionnel, mais doter d’un statut quasi sénatorial et mandaté selon trois axes majeurs de travail afin d’en être apte à lénifier ces relations de pouvoir et les ancrer en celui de la société civile et le lui reconnaître d’emblée.

    3 Albert Moukheiber, Neuromania. Le vrai du faux sur votre cerveau, Paris, Allary Éditions, 2024, pp. 233-234. Le PWASP nord-américain libéral et libertarien y achoppe.

    4 Moukheiber, p. 238. Dont l’idéologie PWASP libérale et libertarienne nord-américaine.

    5 Rappelons-le: langue et éducation scolaire se distribuent entre juridictions respectivement fédérale et provinciale hors Québec par un hiatus constitutionnel datant de 1867, ce pourquoi Trudeau père a dû s’entendre avec les Provinces du ROC lors de son rapatriement unilatéral de la Constitution en 1982, sans et contre le Québec qui seul, lui, est censé pouvoir faire coïncider d’emblée langue et éducation, dès la Constitution de 1867 et, par-delà les incessants antagonismes depuis les années 1960, a fini par s’entendre avec le fédéral à cette fin en 1998-2000 pour rendre ses écoles linguistiques et non plus confessionnelles, comme cela a entre-temps prévalu lors du siècle de Mgr Bourget depuis 1840. En principe, car la question de la laïcité rebondit. Toutefois, c’est à n’y rien comprendre que de ne pas avoir tout cet arrière-fond à l’esprit. Bref, le tout est censé, au Québec, échapper à l’homogénéisation anglicisante prévalant (sauf intervention fédérale exogène) hors Québec, comme son droit civiliste à la common law, etc. Si le Québec au sein du Canada parvient à s’y émanciper, sinon il lui faut s’en émanciper pour cesser de s’en faire coloniser et aliéner avec pression inverse par le fédéral y persévérant d’autant.

    6 Jean Marcel, Le joual de Troie, Montréal, Éditions du jour, 1975, pp. 94-95.

    7 Mémoire citoyen, Une fédération déséquilibrée, par Olivier Jacques, professeur adjoint à l’école de santé publique de l’Université de Montréal, août 2024. En particulier, le Fédéral, engrangeant pour lui-même les milliards, n’a pas suivi les recommandations du Rapport de la Commission Séguin (2002) pour régler le problème du déséquilibre fiscal et en a acculé les Provinces à l’endettement. Tout le reste s’ensuit. Même s’il y avait quelque bonne volonté, les deux principales solutions comportent leurs difficultés : l’approche néolibérale conservatrice, diminuant la taille de l’État fédéral et ses impôts, maximise l’autonomie des provinces, mais augmente les inégalités entre elles en ayant à régler leur propre déséquilibre fiscal en augmentant d’elles-mêmes leurs propres impôts (ce qui n’est jamais électoralement populaire), tandis que la solution sociale-démocrate prêtée au gouvernement Trudeau de l’époque vise à augmenter les transferts fédéraux, quitte à imposer des normes nationales pour assurer l’égalité entre les provinces, mais ne réduit les inégalités entre les provinces qu’au détriment de leur autonomie, sauf que les transferts fédéraux peuvent être facilement réduits et que les services provinciaux ne le peuvent guère. Les partis politiques devraient s’intégrer les deux perspectives et il y devrait y avoir coopération (ce qui est difficile) entre les deux paliers gouvernementaux pour gouverner le fédéralisme fiscal de façon plus équilibrée. L’auteur privilégie un gouvernement fédéral baissant les impôts et incite le Québec, s’il fait cavalier seul, d’opter pour une hausse de taxe de vente pour financer ses services. Toutefois, il faut ajouter que toute taxation occulte les inégalités de pouvoir d’achat, là où tout impôt, selon qu’il se gradue ou non selon les revenus et donc la richesse, respectivement permet une redistribution lénifiant les inégalités ou tout à l’inverse, creuse à la source les inégalités, surtout si se conjuguant avec des politiques facilitant les évasions fiscales des plus riches et alourdissant d’autant la charge fiscale imposée (avec l’impôt en question, d’autant accru) aux moins riches. Comme le souligne le Mémoire citoyen de Pierre Sénécal, Pour une constitution du Québec moderne, p. 3, la gestion intégrée permettant au Québec de recueillir à la fois la TVQ provinciale et la TPS fédérale « réduit les formalités pour les entreprises tout en assurant un contrôle fiscal accru. Il devrait en être de même pour la collecte de l’impôt sur les particuliers et les entreprises situé sur le territoire québécois ». S’ensuivrait la création d’un fonds souverain, comme en Norvège, ce qui augmenterait la résilience économique. S’ensuivrait aussi la révision, avec celle de l’exemption religieuse en droit criminel canadien au détriment de la laïcité lors de propos haineux, etc., des privilèges fiscaux s’accordant aux OSBL et autres en cause. Sans parler de l’exigence pour que le Fédéral démontre son efficacité en ses propres juridictions, a fortiori s’il persiste à empiéter et s’ingérer au point d’amoindrir l’efficacité des Provinces en les leurs.

    8 Le Mémoire de Marc J. Ryan fait ressortir la duplicité de la mise en œuvre de l’article 23 de la Constitution de 1982 imposant, depuis le Fédéral et les autres Provinces (en étant dispensées), au Québec des coûts additionnels, ce qui exigerait d’amender l’article 59 l’en conditionnant et favorisant la ségrégation linguistique dans les écoles. Ce coût découle d’une préalable entorse juridique constitutionnalisée en 1982: « L’article 23 n’est pas une transposition dans la Charte canadienne d’un droit fondamental reconnu en droit international. Et ce droit linguistique des anglophones au Québec n’a jamais fait partie de la constitution canadienne avant l’adoption de l’article 23. La cour suprême elle-même a reconnu le caractère atypique de l’article 23 dans son jugement anonyme rendu par La Cour ». Une fois encore, la Constitution de 1982 biaise et parasite d’autant la Constitution de 1867 et la biasymétrie y germant que sans et contre le Québec en lui imposant une indue homogénéisation qui n’était censée valoir que pour le Canada anglais. L’arbitraire et la connivence trudeauiste avec le ROC contre le Québec s’y révèle: « Le gouvernement P.E. Trudeau avait visiblement décidé, en réaction au lobby anglophone en 1977 contre la Loi 101, de faire entorse à cette règle et d’accorder en 1982 dans la Charte un traitement spécial aux anglophones du Québec, alors que les anglophones sont dans la majorité au Canada. » Le gouvernement Trudeau s’en est fait cautionné par le Royaume-Uni, d’où le fameux article 59 modulant cet article 23. La seule légitimité en est impérialiste : l’abusive uniformisation pancanadienne trudeauiste minait le fait que « avant l’article 23, le Québec avait plein pouvoir pour réglementer le réseau scolaire anglophone, au même titre que le réseau francophone ». La Cour Suprême s’est mise à biaiser encore davantage l’article 23 et à accélérer l’assimilation linguistique. Comment ne pas y voir tout le déséquilibre trudeauiste des pouvoirs: de l’exécutif noyautat le législatif jusqu’au plus supralégislatif et constitutionnel et s’en faisant magnifié par la Cour Suprême et toute la chaîne juridique y aboutissant, jusqu’à encarcaner et peser ostensiblement sur la société civile québécoise. La Cour Suprême ne veut donc pas entendre la cause du rapatriement unilatéral de la Constitution en 1982, ce qui a fait se regrouper trois organismes québécois portant cette cause à l’ONU: l’instance juridique suprême assurant la légalité, au contraire cautionne l’illégalité sous façade de légalité. Son arbitraire et flou « concept de valeurs de la Charte est d’autant plus dangereux que le texte de l’article 23 de la Charte imposé par le Canada n’est pas soumis aux pouvoirs des provinces, en l’occurrence du Québec, en vertu de la clause dérogatoire prévue à l’article 33 de la Charte ». Des Trudeau à Carney, il est donc possible de chercher à toujours plus tronquer la clause dérogatoire, surtout contre les lois québécoises, par un biais systémique structuralement opérant d’où assurer le refoulement incessant. Une fois encore s’ensuivent les biais jusqu’en Statistiques Canada: les faits biaisés confortent les droits biaisés. L’idéologie trudeauiste parvient à réifier le réel pour se le rendre conforme et refouler le reste, à l’encontre de l’articulation sociolinguistique scolaire des anglophones avec le fait français québécois dont Marc J. Ryan indique pourtant diverses voies. Enfin, on comprend mieux ce que Trudeau père massacrait du Rapport Laurendeau-Dunton pour le tronquer du biculturalisme au profit du seul bilinguisme foncièrement biaisé, faute de toute convergence culturelle et d’abord de la sous-jacente biasymétrie s’en opérant en miroir et ne pouvant être qu’énantiodynamique.

    9 Emmanuel Lapierre, Le duel culturel des nations, Gatineau (Québec), Éditions du Boréal, 2023, p. 136.

    10 Lapierre, 2023, p. 88.


    Texte suivant

    b) Lutte culturelle d’autant sociohistorique que s’intégrant plutôt que se laminant en ethnoraciale au ressort de la nation


    Retour à la Table des matières

    Retour à l’Accueil

  • Corollaire #3: Culture et identité canadiennes sans les Canadas1?

    Corollaire #3: Culture et identité canadiennes sans les Canadas1?

    Confronter le Fédéral sur ce que peut être un ministère culture et identité (ou identité et culture) canadiennes, non plus idéologiquement jusqu’à en réifier le réel par homogénéisation unitaire bénéficiant à l’anglicisation sur la francisation comme du majoritaire au minoritaire par asymétrie unilatérale, mais à l’inverse, en partant des réalités en cause, surtout si le Fédéral prétend que ce peut être sans autant un tel déploiement biasymétrique faisant resurgir les Canada français, dès son foyer québécois, et Canada anglais (corollaire #1) qu’une telle tension constitutionnelle dialogique d’autant entre les deux qu’entre 1867 et 1982 (corollaire #2).

    Du point de vue de la dynamique interne québécoise confrontée à un tel contexte qui la problématise et dont dégager sa propre quête de sens, « Il faut noter que dans l’histoire du Québec depuis Champlain, l’importance de l’Église a toujours été inversement proportionnelle à la faiblesse de la collectivité; c’est-à-dire que son rôle a toujours diminué dans les périodes d’expansion et de développement des pouvoirs et des projets collectifs (1660-1760; 1800-1838; 1945-1968) et augmenté dans les périodes de faiblesse et de repli idéologique (1534-1660; 1760-1800; 1840-1940) » (Bourque, 1970, p. 328).

    Si les deux progressions et les deux alternances des deux premières périodes respectives semblent assez bien coller à la réalité (du régime français, puis du régime britannique jusqu’au rapport Durham, au seuil de Canadas Unis censés constituer un Canada Uni), qu’en est-il de la 3e, à savoir celle de 1840-1940, pouvant aussi être dite Le siècle de Mgr Bourget (1840-1960) se caractérisant selon Jean-Claude Dupuis par l’initiale emprise catholique ultramontaine (se plaçant sous le pape et donc Rome) avant ladite erreur papale de 1870, ironiquement en train de proclamer le dogme de l’infaillibilité papale, mais favorisant le catholicisme libéral et menant en politique à la prise de pouvoir par le Parti libéral (1896-1936) conforté par l’encyclique Affari vos (1897)2 en regard de 1945-1968, voire de tout le siècle s’ensuivant (1940-2040)? Que devient le rapport entre l’Église et les pouvoirs et projets collectifs, mais en tant que portés par une montée nationaliste canadienne-française devenue québécoise et aspirant à conjuguer toujours plus sa culture et sa transmission éducative scolaire avec la laïcité au fur et à mesure que son affirmation étatique est toujours plus appelée à se mesurer à un État fédéral canadien assoiffé de ne plus tant camoufler son propre nationaliste et l’en exercer subrepticement comme sous l’ère trudeauiste que, sous l’ère initiée par Mark Carney, d’imposer plus ouvertement ses programmes nationaux (surtout face aux États-Unis trumpiens) et d’en être encore bien plus centralisateur et unitaire que fédérateur et « postcolonial » ? Tentative de faire s’intérioriser ce subreptice jusqu’en culture et identité et de faire consentir à se l’imposer et fût-ce au prix de s’en subvertir jusqu’en tout un chacun, surtout pour limiter la portée de la clause dérogatoire à risque de rétablir le social face à l’individuel en tout humain, d’abord au Québec, mais aussi ailleurs, pour l’instant principalement en Alberta (d’où avait déjà surgi le Reform Party ayant fusionné et fait se convertir le Parti Progressiste-Conservateur en seulement Conservateur, dont les politiques sont néanmoins en train de se faire avaler par le Parti Libéral depuis Carney)? La différence par rapport à l’hyperindividualisme étatsunien laminant d’emblée et directement le social en tout humain est que l’individualisme canadien, s’imposant depuis Trudeau père, mais non sans s’en contrarier, crée une constitutionnelle clause dérogatoire où confiner le social et se le rendre manipulable pour s’en alimenter de manière subreptice, ce qui exige et revient donc à ne l’en laminer qu’indirectement. Cette manière, comme toute manière, est culturelle. D’où un ministère culture et identité, sinon identité et culture canadiennes, sous Carney. L’identité est au cœur de toute culture, mais ici, une culture identitaire individualiste exige de s’avaler jusqu’en la culture, le fait qu’elle se génère socialement, ce à quoi contribue le multiculturalisme laminant le social en ethnoracial, lui-même simple collectif de tels individus censés n’être psychiquement qu’individualistes. Tout s’en radicalise tant à l’image et dans le sens de Constitution de 1982 que, de l’individu individualiste se mettant à prévaloir et à s’imposer à tout autre censé ne plus que l’environner, s’en généralise la tendance à privatiser les profits et socialiser les coûts et ce, jusqu’en l’environnement naturel, d’où Steven Guilbeault qui ne peut plus en être la caution et démissionne.

    Il devient d’autant crucial de réévaluer la forge et l’émergence des divers partis politiques depuis qu’Elgin les a fait se superposer aux Canadiens, autrefois identiquement Français, et se distancier de leurs Lumières issues des Patriotes et pour faire courir et s’accentuer en sous-main l’assimilation. Celle-ci s’accentue de Durham, via Elgin (déjà parfaitement syntonisé avec la quête par LaFontaine et Balwin d’un gouvernement responsable), autant chez les Conservateurs (dès Macdonald) qu’a fortiori chez les Libéraux (de Laurier aux Trudeau), voire en ceux-ci en train de s’avaler massivement les politiques de ceux-là (depuis Carney). Face aux dénominations politiques stériles et dorénavant totalement inefficaces au XXIe siècle entre gauche/droite faites libérale/conservatrice, sans parler de la dérive de la question du sexe via celle des anglicisants « genders » en genres, il serait possible de réviser toute émergence politique, de quelque orientation qu’elle soit, à partir de la biasymétrie neurophysiologiquement constitutive de tout humain faisant que tout un chacun n’apparaît statistiquement privilégié d’orientation droite qu’en pouvant s’apercevoir d’intracorporel (donc individuel) en intercorporel (donc social) alors susceptible de l’en suraccentuer tel jusqu’à l’en déséquilibrer vers une droite plus extrême, certes, mais aussi de l’éveiller à sa propre exigence de s’en équilibrer vers la gauche, sans s’en radicaliser vers une gauche plus extrême. Un politicien et de là, un parti politique conservateur, dit de droite, serait celui qui, en accentuant la distinction intracorporelle statistiquement privilégiée (souvent dite dominante) chez la plupart, accentue par le fait même autant sa teneur individuelle que son orientation statistique vers la droite, sans parler de l’usage pouvant s’en trouver renforcé de sa droite faisant en être droitier. Un politicien et de là, un parti politique, si de tendance démocrate non seulement libérale (toujours à risque de dériver et d’uniquement collectiviser tel quel l’individualisme conservateur de droite et d’en dénaturer toute social-démocratie), mais d’emblée sociale, serait celui qui n’aperçoit plus en l’individuel intracorporellement statistiquement orienté vers la droite qu’un symptôme et un indice de son devenir intercorporel, d’emblée social, surtout en face à face entre les individus, donc en miroir intervertissant gauche/droite entre les deux. Comment s’apercevoir en son miroir, sans et a fortiori plutôt que s’y faire dominer et instrumentaliser ?

    Toutes ces nuances, même si elles ont été philosophiquement mises au jour par maintes publications récentes s’intégrant maintes données physiques et physiologiques ontogénétiquement, sociogénétiquement et phylogénétiquement pertinentes (Yvan Morin, de 2022 à 2026), ne pourraient être plus largement étayées que si émergeait un Institut d’énantiodynamique (IE) dont la tâche serait de dépasser tous les éléments s’y trouvant déjà mentionnés et rassemblés pour les en sonder encore davantage et s’y aider d’une modélisation par Intelligence dite artificielle (IA)-au lieu de seulement se livrer tout entier à ce qui s’en autonomise et s’impose à soi-, en s’intégrant les tensions fasciales autant intracérébrales que pancorporelles organiquement interconnectantes à d’autant mieux modéliser qu’en retracer d’abord la mobilité jusqu’en son devenir. D’où l’exigence d’incessants renvois et ajustements mutuels entre ce qui fort actuellement s’en fait fasciale tenségrité (tension et intégrité), par laquelle se forge la corporelle présence à soi d’où être mieux présent au monde au point de pouvoir mieux s’y situer, et ce qui s’en modélise plus virtuellement par IA. Par exemple, même sans parler de tout le détail du processus intracorporel, un nystagmus visuel dextrogyre se redouble et se renforce en se contextualisant par une tension oculomanuelle scripturale dextrogyre qui, surtout si de la main droite comme c’est le cas le plus usuel, fait écrire plus continument de la gauche vers la droite avec retour abrupt de droite à gauche pour recommencer en passant d’une ligne à l’autre. De même lors de la lecture, dont celle à laquelle vous êtes en train de vous adonner du présent texte, même s’il est déjà possible d’en accélérer le nystagmus, si l’en lisant en diagonale et y saisissant visuellement d’un coup des groupes de mots plutôt que seulement lettre à lettre et ce, de mot à mot, etc., comme lors de l’écriture, déjà plus lente, synergique et physiquement englobante. Nystagmus inverse dans les langues sémitiques écrites. En chinois, la colonne prime sur la ligne jusqu’en ses gauche/droite, voire nystagmus lévogyre/dextrogyre en leur état d’équilibre s’en imageant, alors dit Dao, translitéré en Tao. A fortiori lorsque l’écriture est produite de façon non plus tant manuscrite que digitale (digits en anglais, numérique en français) par l’intermédiaire du clavier et de l’écran en y dis-/ré-associant les mains jusqu’en les doigts sur le clavier et la page transférée du papier le plus souvent à l’horizontale à la verticale plus ou moins angulée de l’écran. La pression de contact varie d’autant avec la tension intracorporelle en passant de plus massive (de tout le corps de debout ou couché à assis, donc en la posture le fixant et y exerçant le plus de pression sur la colonne vertébrale, d’où il se mobilise depuis son épaule en son bras jusqu’en sa main lors de l’écriture manuscrite) à un peu moins massive (par tout un chacun des doigts se mobilisant plutôt depuis tout un chacun des poignets, sauf si utilisant une souris, engageant jusqu’à l’épaule). Cette pression de contact varie selon la posture et, si elle s’exerce plutôt debout (mais pouvant passer par les autres postures), elle s’élargit dans les sports, surtout si de contact, de dual à d’équipe. Si le combat passe de physique, via le mental, à verbal, nous voici au seuil de la politique parlementaire, selon Élias. S’y aperçoit à même les actes et les mœurs la société civile perdurant jusqu’en politique.

    Par-delà cette assise déjà existante, il est possible de s’interroger sur ce que sont les Partis politiques à l’Assemblée nationale du Québec, mais aussi au Parlement d’Ottawa. La Coalition Avenir Québec (CAQ) s’est constituée par un double afflux de souverainistes issus du Parti Québécois (PQ) et de fédéralistes issus du Parti Libéral du Québec (PLQ) et, selon les aléas électoraux, elle peut être à risque de les y voir refluer. On peut s’étonner que le PQ qui était de gauche a viré à droite et que le PLQ n’a pu en être un que de nom lorsque le conservateur Jean Charest, puis les autres lui ayant succédé, ont pris sa tête, jusqu’à Pablo Rodriguez directement issu du Canada trudeauiste en voie d’être carneyiste et apte à n’être plus libéral que s’avaler jusqu’au programme conservateur. Si Pablo Rodriguez a été emporté par un parfum ambiant de manières de faire libérales douteuses importées du Parti Libéral du Canada (PLC), reste à voir ce qui se passera sous Charles Milliard qui a pris sa relève et a déjà perdu son innocence au contact de ses troupes, dont son aile anglaise, voire anglicisante quant au statut du français (glissant de seule langue officielle à pourquoi pas bilinguisme officiel canadien s’en québécisant et compensant l’hors Québec s’anglicisant, du fait toujours plus accompli imposé au droit censé s’ensuivre), à la laïcité, à l’usage de la clause dérogatoire, etc. Du fait que les Partis politiques se sont démultipliés, le PLQ ne peut plus seulement s’opposer à la façon du PLC trudeauisé au PQ, sur le modèle du Canada hypercentralisateur et homogénéisant dans le sens de l’anglicisation (selon des taux relatifs aux asymétries toujours plus accrues hors Québec) au Québec (qui, si français soit-il, se bilinguise au point de compenser et de seul faire que le bilinguisme maintienne la moyenne canadienne de 18%, selon même Statistique Canada). Par le perdurant gouvernement fédéral libéral, si ratée soit son implantation provinciale québécoise à relent trudeauiste (via Pablo Rodriguez), mais restant apte à s’avaler au fédéral jusqu’au programme conservateur sous Carney, on aperçoit la posture elginienne faisant se superposer gauche/droite, dites libérale/conservatrice jusqu’à s’en confondre l’une en l’autre, sur l’arrière-fond assimilateur se propageant de façon sous-jacente de Durham au Conservateur Macdonald jusqu’en les libéraux, de Laurier aux Trudeau et Carney. La population canadienne d’expression française, aux environs de 50% à l’époque de Durham, est à peine au-dessus des 30% à l’époque de Laurier et à peine au-dessus des 20% en ce début de XXIe siècle. Ses principaux vecteurs ont été l’immigration massive britannique conjuguée avec les enclosures limitant le peuplement du Québec et a fortiori de l’Ouest canadien et facilitant l’hémorragie de sa population vers les États-Unis, de 1840 aux années 19303 (siècle de Mgr Bourget axé sur l’ultramontanisme et la survivance, tant la bourgeoisie québécoise, contrairement à l’européenne, y réagissait moins, par connivence avec le pouvoir anglais partout prévalent), puis encore par l’immigration, mais multiculturellement multiethnoraciale d’emblée ethnoracialiste trudeauiste (selon qui monopolise la capacité d’accuser d’ethnoracisme, si résistant à son emprise ethnoraciale et cherchant à la conditionner par l’intégration sociale plutôt que l’inverse ainsi imposé en vue de l’en désintégrer et laminer). Si ce n’est pas de l’assimilation, qu’est-ce que c’est ? A un point tel que Carney a fait sa campagne électorale sans se soucier du fait français et fait traîner tout ce qui concerne lesdites langues officielles, car ils ne les considèrent plus qu’en les intégrant à sa visée des culture et identité à canadianiser, au sens du Canada de l’ANNB tel qu’infléchi depuis qu’il s’est trudeauisé, non du Canada laurentien (au cœur de la Nouvelle-France) d’abord à reconnaître et, selon lui, censée se réduire à sa seule Conquête tout aussi présumée l’en rendre uniquement collaboratif, sans aucune spécificité propre à préserver. Quand le Canada anglais prend le Canada français pour acquis (car conquis) plutôt que ce à quoi il lui faudrait travailler pour que le français s’y acquiert, le Canada n’est plus qu’anglais ou sur le point de l’être plus radicalement que jamais. Le trudeauisme l’en assure, d’autant que son assise elginienne se propulse depuis son sous-jacent arrière-fond assimilateur, de Durham au Conservateur Macdonald aux Libéraux, de Laurier aux Trudeau et Carney (jusqu’à présent). S’y aperçoit la tension gauche/droite en appel d’être aménagée en sa verticalité.


    1 Selon Rosario Bilodeau, Robert Comeau, André Gosselin, Denise Julien, Histoire des Canadas, Montréal, Éditions Hurtubise HMH, 1975, p. 15, il y aurait eu une évolution en trois phases: de l’Ancien Monde au Nouveau Monde, donc d’Europe en Amérique, en l’occurrence en Nouvelle-France dont le Canada (alors laurentien) était le cœur, lors d’une colonisation française (jusqu’en 1760), puis anglo-britannique (jusqu’à 1854), en distinguant les Bas-Canada (le Québec) et le Haut-Canada (l’Ontario) en 1791 avant d’en tirer les Canadas-Unis, voire le Canada-Uni ou la Province du Canada (1839-1854) et enfin, son devenir, non plus tant de militaire à géopolitique qu’à économique et plus continentalement anglo-nord-américain en s’imbriquant avec les États-Unis (des années 1854-1866, lors du Traité de Réciprocité, juste avant le Canada issu de l’AANB de 1867, à nos jours). Histoire des Canadas, car à travers tous ces Canadas, selon ces trois phases, et lors de la troisième phase, au moins entre Canadas français et anglais avant de dériver dans des Canadas francophone et anglophone selon un bilinguisme officiel à compter des années 1960 et a fortiori depuis le rapatriement unilatéral de la Constitution par le fédéral avec le ROC sans et contre le Québec, de sorte que le Canada se présume tant unitaire et par là, anglais (par cette connivence du fédéral et du ROC) s’imposant à ce qui en est et en a été français, car le Québec seul correspond au Canada initial, à savoir au Canada laurentien (perdurant jusqu’en le Bas-Canada et jusqu’en ledit Canada-Uni visant pourtant déjà son anglicisation selon Durham) d’où, par-delà l’Acadie, le français s’est étendu vers l’Ouest alors appelé les pays d’en haut (d’où la dénomination du Haut-Canada, à savoir de l’Ontario par ses Grands Lacs d’où les eaux s’écoulent vers le Saint-Laurent et de là, de tout ce qui en est encore plus à l’Ouest), hormis le fait encore plus antérieur d’avoir emprunté le mot Canada aux Premières Nations, en l’occurrence au Wendake-Huron. Qu’en subsiste-t-il en un ministère culture et identité, a fortiori inversé en identité et culture canadiennes, si n’étant pas exclusivement canadians, dont ne plus être que la traduction en français ? Au contraire, ce sont les Canadiens, identiquement les Français établis au pays où depuis lors avoir côtoyé les Premières Nations, qui, à compter de LaFontaine et du rétablissement du français (1842) à l’encontre de son antérieure abolition depuis Durham, voire l’instauration du gouvernement responsable (1848), ont partagé leur identité avec les Britanniques et s’en sont dits Canadiens-Français en regard de Canadiens-Anglais, si ceux-ci ne se disent pas seulement et purement Canadians d’où tout reprendre à partir d’eux seuls. Ça aussi, fort loin de ladite pure collaboration censée avoir prévalu depuis la Conquête selon Mark Carney, où est-ce? Conquête du Canada que Trudeau père a fait Conquête du Canadien en Canadian… dont le French Canadian serait une variété ?

    2 Cité par D. Vincent, Le sacre au Québec: transgression d’un ordre religieux ou social?, dans Le statut culturel du français au Québec, Conseil supérieur de la langue française, www.cslf.gouv.qc.ca/bibliotheque-virtuelle/publication-html/?tx_iggcpplus. De même, le Canadien était l’autochtone amérindien, puis le Français né au pays, à savoir le franco-catholique de la vallée du St-Laurent, donc du Canada laurentien d’où rayonner en Amériques (jusqu’à la fin du XVIIIe siècle), avant que que les Britanniques soient suffisamment nombreux et s’en démarquent en tant que Canadians les considérant comme des French Canadians se traduisant en Canadiens français dont émergent les Québécois (années 1960), puis les Québécois francophones (au tournant des années 2000).

    3 En 1867, en se pensant l’un des deux peuples fondateurs, les négociateurs canadiens-français confient « au gouvernement fédéral la compétence législative prépondérante en matière d’immigration (article 95 LC 1867) » et acceptent « le bilinguisme officiel au niveau parlementaire, législatif et judiciaire (article 133 LC 1867) ». Mémoire de Justice pour le Québec, L’immigration: un défi existentiel pour le Québec, 23.08.2024, p. 6. Notez la conjonction entre langue, par le bilinguisme (constitutionnel, selon l’AANB de 1867, pour le distinguer de l’officialisation trudeauiste en 1969, puis en Constitution de 1982), et l’ensemble des powers, par l’exécutif qui noyaute le parlementaire jusqu’en le législatif et, de là, le juridique. Le français était reconnu aux seuls Parlements autant d’Ottawa que du Québec, ce qui laissait le champ libre aux Provinces hors Québec d’éradiquer le français dans les écoles et le faire s’« enjoualiser » au sein du Québec, à Montréal, de population à majorité anglophone en 1860. Ledit bilinguisme s’en est conjointement confessionnalisé dans les écoles par l’article 93, surtout pour protéger ladite minorité (numérique et aucunement statutaire) anglaise du Québec, comme cheval de Troie censé l’en miner intérieurement. Depuis l’entente administrative de 1991 quant à l’immigration, sans la temporaire lui échappant totalement et ayant pourtant explosée sous Justin Trudeau et sous la fallacieuse apparence de mener à la résidence permanente malgré des discriminations flagrantes envers les étudiants étrangers francophones en faveur d’anglophones, le Québec sélectionne et intègre, le Fédéral admet. René Lévesque disait que le Fédéral noie le Québec par l’immigration, le Québec enregistre la noyade. Via l’immigration s’infléchit la densité numérique sociodémographique au profit du statutaire d’autant unilatéralement imposé faire passer fallacieusement majorité/minorité démographique sous ce visage statutaire pourtant tout leur inverse, de façon à ce que le statut majoritaire impose en sous-main son immigration contre ladite majorité numérique pour l’inverser et se la rendre conforme. Ladite noyade commence et s’instaure à partir du même modèle dès la société civile, d’abord la forge de la famille se trouvant manipulée par des compétences juridictionnelles tout aussi schizophrènes: « La Loi constitutionnelle de 1867 octroie au Parlement du Québec la compétence sur les droits civils, ce qui inclut habituellement l’entièreté du droit de la famille. Cependant, elle retranche la compétence sur le mariage et le divorce afin de les donner au Parlement du Canada, laissant toutefois la célébration du mariage à la province », le tout ouvrant la porte par laquelle le fédéral déborde et empiète sur maintes autres matières, « telles que les pensions alimentaires, le partage des biens, la garde des enfants ou encore la compétence du juge », Mémoire de Thomas Lessard, Alexandre Cadotte et Michaël Lessard, 5 septembre 2024. La densité numérique sociodémographique bascule, car ne conjugue que démantèle statutairement la famille, via laquelle se module le ratio natalité/mortalité, avec la même sorte de migration.


    Texte suivant

    Seconde recommandation : Conseil constitutionnel fait Sénat à trois axes (vigilance interconstitutionnelle, de réactive à proactive et en incessant dialogue avec la société civile)


    Retour à la Table des matières

    Retour à l’accueil

  • Conclusion

    Depuis 2008, année de crise économique mondiale encore une fois partie des États-Unis comme en un étrange écho de celle de 19291, l’ONU paraît au bord de l’implosion: « le point le plus crucial pour l’avenir de l’ONU porte en fait sur son insertion effective dans l’architecture institutionnelle internationale et sa capacité à s’adapter aux nouveaux défis mondiaux, à gérer efficacement ce qu’un rapport au Secrétaire général du panel présidé par l’ancien Premier ministre de la Thaïlande, Anand Panyarachun, a caractérisé comme « les menaces, les défis et le changement »2. La théorie du changement, déjà examinée lors de One UN, mérite attention, mais en se voulant plus résolument sensée et adaptative.

    Or, le décalage est croissant entre les moyens budgétaires et la demande d’efficacité et d’influence de ses organisations. Ce décalage s’intensifie encore plus par les tensions internationales interétatiques se répercutant en son Assemblée générale, dont les États membres ont des exigences souvent contradictoires et qui, faute d’un Conseil Indépendant lui permettant de s’autonomiser un tant soit peu au point de pouvoir mieux s’en articuler, est d’autant aux prises avec les seuls aléas issus de son CPS. De celui-ci jaillissent les tensions interimpérialistes mondiales tendant à l’invalider autant de l’intérieur (par d’incessantes crises d’une nécessaire unanimité au contraire plombée par le veto de l’un ou de l’autre) qu’à l’extérieur (là même où l’ONU est censée s’inscrire dans l’architecture institutionnelle internationale s’en trouvant interétatiquement happée pour en être a fortiori interimpérialistement dépecée). Par-delà la Société des Nations (dont les États-Unis ne faisaient pas partie), l’ONU a réussi à ce que ses membres (dont les États-Unis) lui consacrent une partie, si minime soit-elle, de leurs ressources propres. Du moins, si elle s’en fait reconnaître.

    Réformer l’ONU serait d’abord la doter d’un métabolisme propre par lequel son catabolisme, au gré de ce qui l’invalide ainsi de l’intérieur et de l’extérieur par son CPS, se concevrait dorénavant depuis son anabolisme s’instaurant avec son Conseil Indépendant dont se doter et par lequel s’en rendre un tant soit peu autonome en son Assemblée générale. Certes, la paix et la sécurité grèvent plus de 75% du budget onusien et les tensions interimpérialistes l’invalident via son CPS autant de l’intérieur que de l’extérieur. Cependant, en concevant mieux ses autres piliers axés sur le développement humain (humanitaire, durable et des droits humains), tout un ensemble de doubles actions (spécifiques et universalisables) devient possible et peut tempérer ce qui l’en plombe et l’en libérer un tant soit peu.

    Herzberg a déjà signalé, par sa théorie des deux facteurs, que les facteurs de motivation sont intrinsèques au travail, liés à l’épanouissement personnel et source de satisfaction au travail (accomplissement, reconnaissance, responsabilité et nature de la tâche). Ils sont distincts des facteurs d’hygiène menant à la non-insatisfaction (salaire, conditions de travail, relations interpersonnelles et statut). De même, si le CPS permet au mieux à l’Assemblée générale de l’ONU de n’être pas insatisfaite, un CI peut lui permettre d’acquérir une certaine autonomie et de s’enquérir de ce qui peut la satisfaire plutôt que d’en être plus longtemps privée.

    Les deux types de facteurs ne sont sans doute pas pleinement indépendants. De plus, il ne s’agit pas ici de satisfaction et d’insatisfaction en termes individuels, mais de développement humain, jamais individuel que d’emblée social, et, trop souvent faute de paix et sécurité, inhumain. Cependant, ils peuvent s’articuler en un métabolisme onusien d’ensemble parvenant à mieux s’équilibrer. Sa conception, comme toute conception, s’intègre sous le développement humain autant ce qui en est humain que ce qui en est inhumain, à la façon dont l’accélération physique peut passer de nulle, dont ne subsiste que la vélocité (vitesse avec direction), à non nulle, autant en accélération proprement dite (positive) qu’en décélération (accélération négative). Sa méthode n’en est pas tant d’incidents critiques (devenus des chocs culturels) que d’actions critiques (proactives davantage que seulement rétroactives, voire uniquement réactives), selon leur tension articulatoire d’autant constitutive entre spécificité et universalité à en tirer qu’humaine (selon un contact culturel se testant en sa diversité culturelle, en pouvant certes s’orienter vers l’individu, mais aussi vers sa teneur d’emblée sociale) et ce, d’autant que la géopoliticoéconomie en cause est apte à se repérer et s’ajuster à sa géophysique sous-jacente, si s’y validant.

    Le métabolisme onusien exige certes paix et sécurité, si problématisées soient-elles en son CPS au seuil d’un incessant catabolisme à mieux circonscrire, mais exige aussi ses trois autres piliers selon un développement humain exprimant sa part d’autant anabolique que s’en trouvant lui-même mieux cerné en son métabolisme humain propre.

    Comme le laisse entrevoir De l’humain à l’humaniste dans le monde, l’humain est tellement un individu d’emblée social qu’il serait possible d’en tirer et constituer une sociologie de la transfiguration. Du moins, pour peu qu’elle soit apte à s’intégrer de façon critique l’individualisme méthodologique et à focaliser plutôt sur l’humain, individu d’emblée social, de sorte que peut se distinguer jusqu’en l’individu tout ce qui l’en rend triplement différent à lui-même en même temps qu’avec et entre les individus formant société l’individuation (dès la si socialisante désynchronisation intra-utérine des rythmes biologiques du fœtus d’avec ceux de sa mère) sous-tend la néoténie faite individualisation (d’autant qu’en des sociétés incitant les individus les composant à reprendre à titre individuel leur propre individualité) et de là, alors et seulement alors l’individualisme, a fortiori de méthodologique via l’imaginaire à pansocial et géopoliticoéconomiquement diffusé tel. Cet anabolisme risque de s’inverser avec le métabolisme humain entier, si s’y impose un catabolisme toujours plus pressurisant, de l’individualisme (hyperindividualiste jusqu’au libertarisme le plus fantaisiste ?) sur l’individualisation et ce, au point de présumer pouvoir s’imposer tel jusqu’en l’individuation. La tension entre l’UNESCO promouvant la diversité culturelle et les États-Unis marchandisant jusqu’à la culture est à considérer comme n’étant rien d’autre que cette tension humaine métabolique entre les respectifs anabolisme et catabolisme jaillissant d’autant du sein de l’individu considéré ou non en ses différences d’autant intra-individuelles avec lui-même qu’interindividuelles. Celles-ci s’exacerbent par triple devenir individuant/individualisant/individualiste abordé respectivement en deux sens totalement inverses, à savoir depuis son individuation et depuis son individualisme. Toute l’individualisation est prise à leur interface à la façon d’un Janus au fur et à mesure que se constituant comme leur entre-deux, de fait leur entre-temps inhérent au devenir en question. D’où l’importance de la théorie du changement (mais en termes d’une suite de figures sociohistoriquement retraçables et ancrables de géopolitique en géophysique) par laquelle l’ONU peut parvenir à prendre en compte ce devenir, selon un axe de développement humain (humanitaire, durable et de droits humains) mieux circonscrit au niveau du CI au profit de l’Assemblée générale s’en autonomisant un tant soit peu du CPS, voire pouvant éventuellement l’en tempérer comme la source, non moins interne qu’externe à l’ONU même, de ce qui tend autrement à l’invalider selon le sort y étant fait à la paix et à la sécurité, trop souvent par simple veto trop longtemps resté sans contrepartie. Par un CI mettant plus véritablement en travail son CPS et exigeant que les deux s’articulent en un dynamisme d’ensemble, l’ONU peut tant se réformer que se mettre à acquérir un début d’autonomie au niveau de son Assemblée générale. Du moins, tel est l’horizon de la proposition ici faite à l’ONU. À elle de voir ce qu’il en est, si elle veut l’entendre, sur l’arrière-fond d’un tact d’autant plus universellement opérant qu’il n’est pas que manuel, mais pancorporel et est le sens universel de l’âme, depuis Ficin3. Seule une sensibilité mieux préservée en son intégrité (de l’affectivité au sentiment, à l’émotion déjà contextualisante et jointe à l’empirie) peut faire se renouveler l’imaginaire le plus productif (la fantaisie) jusqu’au ressort d’une émergente raison en un humain entier, jamais individuel que demblée social, et ce, corps et âme dès ce monde où rendre ses propres idées le mieux représentatives possibles de la réalité, sans confusion avec leurs représentationnelles mises en scène.

    D’ailleurs, dès la Renaissance italienne, en particulier ficinienne, dont a jailli plus généralement la Renaissance s’en étant diffusée à travers l’Europe, en particulier en France, dès Rabelais, mais aussi ailleurs, il a été question de ces voir et entendre fort étroitement liés avec une fantaisie faisant non plus tant s’y enliser (jusqu’à en prendre teneur de pays s’en constituant en Fantasyland) que s’en éveiller à la raison par laquelle se doter géopolitiquement de ses lois4. Du moins, avant que l’émergence tronquée de la Modernité, initialement en ledit Occident, ne la fasse oublier, a fortiori une fois s’étant découplée telle vers ledit Orient au XXIe siècle.

    L’originalité onusienne serait de se mesurer aux géopolitiques dont les idéologies, toutes partielles et partiales, réifient la réalité jusqu’en sa teneur la plus géophysique. Cela exige de s’instaurer elle-même au gré d’une géopolitique d’emblée apte à se repérer et s’ajuster à sa géophysique sous-jacente comme d’où peut surgir l’exigence de s’assainir en son processus d’idéation jusqu’en sa logique en restant ouvert vers l’avenir et d’en faire se relativiser toutes ces idéologies qui s’opèrent en sens inverse en l’enrayant et figeant selon des orientations préconçues. Le XXIe siècle n’en opérerait plus tant un glissement de la lutte des classes sociales à la lutte des idéologies, comme l’annonçait Piketty, mais à la lutte pour s’assainir en son idéation jusqu’en sa logique et toutes les en relativiser au point de faire place à l’humain, à savoir jamais individuel que demblée social. Ceci ne peut se faire sans que la pensée se libère au gré d’une raison ne s’adonnant à quelque idéation jusqu’en sa logique que ce soit qu’en émergeant et s’éveillant d’autant à elle-même que de sa sous-jacente fantaisie, dont alors et seulement alors pouvoir s’en trouver impulsée plutôt que s’y enliser et s’y enrayer. Développement humain en exigence d’un tel effort engageant jusqu’à la forge du sens de soi et se contextualisant en regard des paix et sécurité dont les défaillances le rendent trop souvent inhumain. Développement humain visé par un CI s’instaurant en regard du CPS et en rendant son Assemblée générale un tant soit peu autonome.

    L’ONU peut offrir une alternative au devenir mondialiste qui a fait accroire à un libéralisme panplanétaire censé favoriser l’entre-soi concentrant la richesse comme si ruisselant par surcroît d’elle-même au bénéfice de tous, ce qui a plutôt viré en libertarisme ne cherchant à la concentrer qu’à soi seul contre tous au point de s’intérioriser tel en tout un chacun jusqu’en les affections de sa fantaisie. La fantaisie en vire cruelle (en dichotomisant d’autant tout désir de ce dont jouir valant pour soi seul que vicarialisant tant toute crainte de ce qui afflige et endolorit que l’en redoutant encore plus resurgir avec et depuis son refoulement et venir hanter). La fantaisie cruelle peut s’afficher telle et autrement s’opérer plus subrepticement, en faisant se durcir les droits et libertés en si individuels qu’individualistes et en refouler d’autant toute teneur sociale en clause annexe et dérogatoire que ne cherchant plus qu’à l’instrumentaliser et manipuler, voire en tronquer tout humain d’être aussi d’emblée social, et ce, dès l’enfance. A fortiori, au fur et à mesure que l’enfance glisse elle-même de réelle à virtuelle, de jeu libre socialisant avec d’autres en jeu asocialisant sous façade de réseaux sociaux numériques accentuant toujours plus avec la dépendance aux écrans une tendance à voir du danger partout et même là où il n’y en a pas5, au point d’en devenir défensif-agressif au ressort d’une telle dénaturation de la fantaisie en ses affections s’en articulant en se formant réactionnellement de façon plus cruelle avant et jusqu’en toute forge de quelque pensée que ce soit6. Pensée n’émergeant en se stabilisant qu’avec l’âge dit de raison, puis ne se formalisant telle qu’à compter de l’adolescence. Cependant, la raison est dorénavant elle-même aux prises avec son propre tournant cynique et est d’autant tendue entre et de l’incessante crise idéologique à l’éventuelle critique pour s’en sortir au XXIe siècle. Faute de développement humain mieux assuré dès la forge de la fantaisie, quelque approche un tant soit peu raisonnable jusqu’en paix et sécurité reste problématique. Jusqu’en CI/CPS de l’ONU. Et si des démocraties, moins égoïstes et hypocrites, en interpelaient les autocraties?


    1 Là où les ténors du capitalisme cherchent à faire accroire que ses crises sont tout ce qu’il y a de plus naturel et vont donc resurgir incessamment en exigeant de s’y faire, tout au contraire, il est archiévident que la crise de 2008 a été créée de toutes pièces par la mise au rancart des accords de Bretton Woods afin de permettre (sous Bill Clinton et à l’incitation de Greenspan alors à la FED) la fusion des banques d’épargne avec et au profit des banques d’investissement qui ont pu s’accaparer des épargnes et en faire des bras de levier démultiplicatifs outranciers au ressort de produits financiers toxiques (camouflant des dettes sous façade d’actifs) et de conjoints subprimes abusifs (par des prêts hypothécaires à très haut risque, bien au-delà de la valeur des immeubles) jusqu’à ce que le tout s’effondre. Bien noter: il y a dorénavant une mise à risque jusque des épargnes de monsieur et madame tout le monde avec un conjoint déploiement d’illusions plus fantaisistes les unes que les autres afin de nourrir la spéculation et créer une fébrilité inhérente à des marchés rendus d’autant volatiles que fonctionnant tous à l’anticipation, voire la simple rumeur. Jusqu’aux biens les plus essentiels sont emportés par la tourmente, dont l’insuffisance salariale pour couvrir les besoins de base (dont la tension entre alimentation et logement), le logement faisant l’objet de concentration (au point de pouvoir supporter un ratio d’appartements vides entre-temps), de rénovictions, de mises à la rue, d’itinérance accrue, etc. Grande nouveauté financière au XXIe siècle: une exigence sans précédent d’avoir à réancrer le spéculatif (fort autocomplaisant et n’en voulant rien savoir) dans le réel, selon des critères permettant d’établir la valeur véritable des actifs. La lutte des classes sociales n’est plus au seul niveau du temps de travail fait salaire comme dépense à soustraire de la plus-value recherchée, mais jusqu’en les épargnes, donc la marge de manœuvre un tant soit peu autonome que la classe laborieuse a pu se constituer, voire jusqu’en tout retour sur investissement (plutôt que dépense) à y apercevoir. L’écart de richesse se creuse (avec fantasme de ruissellement du haut vers le bas), ladite classe moyenne s’estompe et la misère sociale (itinérance, etc.) s’accroît.

    2 J. M. Châtaigner, Réformer l’ONU: mission impossible ?, 2008, n° 126, 359-372, https://doi.org/10.3917/rfap.126.0359: « L’architecture internationale imaginée par la Charte signée à San Francisco le 29 juin 1945 qui affirmait, d’une part, le rôle de délibération et de recommandation de l’Assemblée générale et, d’autre part, le rôle d’impulsion et de coordination du Conseil économique et social (ECOSOC) n’est qu’une vaste fiction. » L’ONU, même jusqu’en le rôle que continue à jouer non sans mal le Conseil de sécurité dans les domaines de la paix et de la sécurité, ne constitue plus un véritable lieu de décision de l’action internationale… surtout que d’emblée interétatisée et à son tour aux prises avec les tensions interimpérialistes qui, par le Conseil Permanent de Sécurité, surgissent autant de l’intérieur que de l’extérieur de l’ONU et l’en invalide?

    3 Yvan Morin, Méditations oniriques, De la physiologie ficinienne à une émergente raison platonicienne apte à rendre ses idées représentatives, Paris, L’Harmattan, 2025.

    4 Le sens proprement humain, jamais individuel que d’emblée social, de soi ne se forge qu’en se trouvant aussitôt tendu entre un ego fort idiosyncrasique, issu de sa fantaisie, et un ego plus intellectif qui surgit avec la raison en l’âme en s’y constituant comme son entendement et qui, lui, comme le mot « ego » partie prenante de la langue commune, vaut autant pour soi que pour autrui, donc en étant disponible à tout un chacun. Du sens de soi surgit donc la fourche egoïque d’emblée tendue entre ses forges fantaisiste et intellective et ce, selon deux sens totalement inverses, selon que s’éveillant en sa forge fantaisiste à sa forge intellective ou au contraire en s’enlisant tant en sa forge fantaisiste fort idiosyncrasique que faisant s’en enrayer et s’en braquer jusqu’en sa forge intellective. C’est cette fourche en Y qu’il s’agit de cerner autant en sa façon de se constituer que, de là, selon la voie y étant empruntée. La grande nouveauté de la voie narcissique au XXIe siècle, est de ne plus seulement se noyer en sa propre image, mais de s’assimiler dès ses mœurs à ce qui s’en met en scène au point de tout y faire à son image pour mieux ne s’y noyer que tout y entraîner et tout faire s’y noyer avec soi, mais au sens d’un tel ego idiosyncrasique enrayant jusqu’à tout ego plus intellectif, au fur et à mesure que sa fantaisie par laquelle se générer tel se fait Fantasyland, comme l’appelle Andersen en désignant les États-Unis, d’où irradier mondialement. Bien noter que ce qui se fait à l’interne se codéploie semblablement à l’externe, ce qui est aussi très exactement le même problème au cœur du CPS d’où l’ONU s’en fait invalider autant à l’interne qu’à l’externe. Relire en ce sens toute la tension entre l’UNESCO, visant à préserver la culture en sa diversité, et les États-Unis, visant à la marchandiser, ce qui ne peut se faire que sur le modèle de l’argent qui est un équivalent général entre tous les biens échangés et donc, en laminant tout sens de soi (au cœur de toute culture) en seul ego, lui-même d’intellectif en seulement fantaisiste comme unité de mesure à généraliser telle comme équivalent général inhérent à un style dit transactionnel, mais foncièrement mercantiliste plus que capitaliste. C’est pourquoi les échanges commerciaux à établir de façon capitaliste achoppent, par ce biais mercantiliste ne sachant être que tyrannique, au sens impérialiste colonialiste. La difficulté n’est pas tant en la marchandisation de la culture qu’en cette culture même ne se voulant que purement fantaisiste comme d’où se marchandiser et pouvoir en marchandiser tout autre. Et faisant accroire qu’il ne s’agit pas de culture, mais de sa seule marchandisation, sous façade de laquelle imposer occultement la sienne. L’egocentrisme idiosyncrasique en vire carrément en ethnocentrisme, voire ethnoracisme, ce dont l’enjeu surgit en particulier face au cubain introductif de l’américain distinct de l’étatsunien. Donc, de la question de la façon dont le CI est à composer, si constitué en regard du CPS. Le processus fantaisiste donnant ses fantasmes pour le réel est partout le même, même s’il n’est pas toujours aussi cruel qu’envers Cuba. Ainsi, lors de son discours sur l’état de l’Union, Donald Trump a profité de sa tribune pour faire valoir la victoire étatsunienne au hockey aux Jeux Olympiques d’hiver en Italie à travers l’annonce d’un bingo qui culminera en la fête du 250e anniversaire de la naissance des États-Unis le 4 juillet 2026 et qui comportera une carte faisant figurer le Canada comme étant devenu leur 51e État. La seule constante: la confrontation perpétuelle, par chaos apte à s’entretenir lui-même. Bienvenue en Fantasyland faisant s’irradier panplanétairement sa propre tragi-comédie !

    5 Patrick Lagacé, https://www.lapresse.ca/actualites/chroniques/2026-03-28/l-enfance-reelle-l-enfance-virtuelle-2.php. La génération Z née en 1996-2012 est le point de bascule.

    6 Comprenons-en bien les ressorts. Toute frustration issue du réel, qu’elle soit accidentellement ou intentionnellement provoquée, ne fait y être exposé que d’abord au gré des affections de la fantaisie, du désir (frustré) de ce dont jouir et de sa fourche au point pivot de la crainte de ce qui afflige et endolorit, selon ce qui en est suscité et qui se départage entre la tristesse (détresse, désolation…) et la rage (jusqu’à la plus forcenée et virulente en quête de destruction et d’éradication) s’en formant réactionnellement pour se l’éviter et tout au contraire la faire subir en tiers (d’où le bouc émissaire, voire le terrorisme préventif pour que ce soit l’autre et non soi qui soit en état de crainte faisant l’en redouter). Déjà problématique, tout en dérape et se radicalise encore davantage en se mettant à voir du danger partout et à tout confondre au point de mettre toujours plus le fantasme du réel pour le réel qui, ici ou là jamais pleinement refoulé, fait retour et vient hanter, ce qui suraccentue et accélère la boucle paranoïaque schizophrénante mégalomane narcissique. Ce qui est nouveau au XXIe siècle, c’est que le passage de ces affections de la fantaisie à la pensée ne devient cognitif que technologiquement doté de capacités d’actions d’autant massives et sélectives qu’à l’image de l’anomisante urbanisation massive et sélective. Cette ontogenèse s’éclaire de son devenir sociohistorique en contextualisant la spécificité en ce qui s’en constitue plus universellement, voire peut l’institutionnaliser et donner sens à sa trajectoire de vie. Rappelons que la fantaisie puise encore au mythe, car selon une commune imagination qui, si productrice soit-elle, reste humaine et n’est donc jamais individuelle qu’inspirée par sa teneur d’emblée sociale. Elle était indistincte du mythe, mais s’en est autonomisée, comme l’individuel en le social, et ce, en y sous-tendant une raison qui, tout en déterminant les lois de Cités étatisantes, s’aperçoit dès lors en émerger, si elle n’y sombre. Elle est tant l’assise et l’interface qu’elle médiatise tout le passage du mythe à la raison qui s’effectue depuis l’Antiquité dans le contexte de l’émergence des Cités étatisantes et, avec elles, de la géopolitique à même la géophysique. Sa médiation se cerne d’autant que jusqu’en ses affections depuis la Renaissance italo-ficinienne, a fortiori franco-rabelaisienne (mettant par surcroît au jour leur tension paradoxale). Elle resurgit de sous sa détermination kantienne en catégories physico-mathématiques (espace, temps et nombre) débordant pourtant sa tendance à s’en tenir aux seuls aspects plus apparents de ce qui apparaît de la réalité. Elle se réactive telle quelle au gré d’États-Unis qui se font Fantasyland et s’en exacerbent jusqu’à la cruauté (tronquant et sacrifiant toute réalité au profit de cette seule apparence par laquelle se mettre en scène et d’autant s’y complaire en son désir de ce dont jouir à soi seul en son ego que du même coup refouler au sein et au fond de soi, projeter et vicarialiser toute crainte de ce qui endolorit en autrui en qui s’en repaître) depuis que trumpiens, tout en intensifiant leur guerre idéologique correspondante à l’ONU en même temps que l’absurdie théiste confinant au nihilisme matérialiste. Du moins, tant que la raison s’y enraie davantage qu’elle ne s’en éveille et en émerge, donc tant qu’elle se fige ainsi idéologiquement et qu’elle réifie jusqu’au réel plutôt qu’elle ne s’assainit en toute idéation jusqu’en sa logique et ne restitue le réel au point de s’y repérer et ajuster, d’abord de tendre à le restituer et s’y valider, de géopolitique en géophysique.