Banniere Yvan Morin

1) Alliances onusiennes heuristiquement fécondes

Écrit par

dans

L’ONU est appelée à suivre l’évolution d’autres concertations que celles qu’elle propose elle-même afin de pouvoir éventuellement en favoriser des conjonctions heuristiquement fécondes. Il faut noter qu’une concertation majeure est déjà en train d’émerger entre l’Europe en son programme SAFE et le Canada y participant, plus d’autres ententes, dont celle entre l’Allemagne et le Canada pour améliorer une sécurité numérique qui est à rendre indépendante et qui, comme on le sait, s’intègre dorénavant à la sécurité de la fabrication de l’armement militaire l’enjeu arctique concerne autant le Canada face aux États-Unis que le Groenland européen, via le Danemark, face aux mêmes États-Unis, tout en affectant aussi plus indirectement les autres impérialismes russe et chinois. Par diplomatie, l’OTAN, sans les États-Unis, a instauré sa mission Arctic Sentry en disant renforcer la sécurité arctique et y viser plutôt les impérialismes russe et chinois. S’y aperçoit un dynamisme susceptible de se conjuguer avec celui du CI en regard du CPS (dont les tensions interimpérialistes entre États-Unis, Chine et Russie). Si l’Assemblée générale de l’ONU se dote d’un CI indépendant de son CPS et si l’Allemagne en fait partie comme initial représentant européen et coopère avec France et Angleterre du sein de celui-ci, toute cette dynamique arctique peut s’en trouver magnifiée, même sans que l’ONU ne fasse rien d’autre, du simple fait de ce qu’elle serait. Et s’il y a collaboration avec le conjoint représentant des Amériques, mais choisi en Amérique latine et en faisant reconnaître tous les Américains de tous les pays en cause distinctement des seuls étatsuniens, toute l’interface transatlantique s’en modifierait en même temps que sa contextualisation panplanétaire (si l’ONU promouvait partout que tous fassent cette distinction). Le tout s’en dynamiserait d’autant qu’avec les autres représentants du CI, à savoir asiatique, africain, océanien et des Premiers Peuples. L’ONU insiste dans ses Bulletins arctiques sur la dynamique des changements climatiques, le développement durable et l’importance de dialogue ouvert et pluraliste entre tous les acteurs de la région, selon un engagement et un partenariat équitable avec les peuples autochtones, ce que leur représentant au CI peut promouvoir. Quant au réchauffement climatique plus rapide en Arctique, par fonte de la neige et les glaciers diminuant l’albédo (réflexion de la lumière) et faisant émerger des terres plus sombres (absorbant plus la lumière), il se répercute aussi plus vite sur l’Europe, comportant de vastes terres assemblées. Arctique et Europe, surtout si avec le Canada et en se distanciant des trois grands impérialismes (dont États-Unis, plus Chine et Russie) sont donc d’autant à lier à l’ONU.

Dans ce contexte, notons le contre-exemple du Cloud Act étatsunien, par lequel le gouvernement central peut contraindre ses entreprises privées de lui donner accès aux données de tiers pays faisant appel à leurs services. Il est fort parlant. Surtout si mis en contraste avec l’extraterritorialité de l’ONU la protégeant en territoire étatsunien, éclate au grand jour le problème majeur de toute juridiction extraterritoriale arbitraire sous façade du biais d’entreprises privées fonctionnant au double standard des deux poids, deux mesures, selon que l’État est et reste hégémonique à travers elles sans rien en laisser transparaître ou qu’il lui arrive d’y intervenir pour les en court-circuiter et soi-disant se protéger contre des pays tiers avec lesquels elles font affaire, quand ce n’est pas pour créer de toute pièce de faux prétextes pour s’y adonner. Il s’agit du paradigme soi-disant transactionnel (présumément incarné par Donald Trump) de toute action ponctuelle à double face d’une partie d’où tailler en pièces et à son seul propre profit (autant d’un bord que de l’autre du double standard) toute et quelque totalité alors pourtant relationnellement constituée, mais toujours d’emblée ainsi biaisée de part en part, faute de quelque prise en compte de la relation même pourtant appelée à intervenir en tiers entre les parties la composant, non s’y réduire fantaisistement. C’est à mieux cerner.

De même, le site web Freedom.gov créé par le Département d’État étatsunien vise en Europe que les citoyens puissent y contourner ladite censure et y accéder à des contenus y étant interdits (discours présumés de haine, propagande terroriste…) en utilisant un système privé virtuel VPN (distinct des VPN commerciaux que les États-Unis avaient favorisés pour promouvoir la démocratie à travers le monde avant Donald Trump?) pour en faire paraître le trafic comme si venant des États-Unis et en pouvant ne pas être pisté, même si ce site n’est pas officiellement mis en service : nouvelle forme de juridiction extraterritoriale allant jusqu’à inciter à enfreindre les lois européennes locales, par VPN fait cancer (qu’illustre la Russie tombée en panne en essayant de s’en débarrasser) ? Le tout selon ladite priorité de liberté numérique de plateformes étatsuniennes toutes soumises au Cloud Act, donc au double standard des deux poids, deux mesures comme les deux faces d’un seul et même acte transactionnel ?

N’oubliez pas ce point crucial: pour tout libertarien trumpiste, toute vérification des faits est une atteinte à sa liberté d’expression, car risquant de l’empêcher d’inonder toute zone de ses seuls propos sous lesquels enterrer tous les autres, mais aussi s’il le faut, jusqu’à la réalité risquant d’être factuellement établie, comme lorsqu’il fait accroire que les Étatsuniens ne seraient pas des, mais les Américains. Compte uniquement la force de frappe du plus fort, sinon la plus brutale cherchant à se faire valoir comme si la seule force, du fait d’émerger hégémoniquement du lot, sinon de faire se perpétuer au mieux le simple entrechoc tous azimuts de postures toutes plus unilatérales les unes que les autres, sans aucun référent commun, si ce n’est d’emblée idéologiquement biaisé à son seul propre profit. La liberté purement libertarienne, si aveugle soit-elle, fait surtout refuser toute liberté située et apte à tenir compte, non seulement de ce qui la favorise, mais aussi de ce qui la contraint, du fait de l’altérité de l’autre avec qui être en relation et donc, selon la diversité en cause. Le libertarien, au contraire, l’en dichotomise et schizophrénise selon que lui étant identique et assimilable ou tout au contraire lui étant différent et à refouler, si ce ne sont d’incessantes résurgences de ce refoulé venant l’en hanter, jusqu’en l’entrechoc chaotique total entre tous s’adonnant à cette réduction assimilatrice de toute liberté à la seule libertarienne, jamais située. Il lui faut dichotomiser toujours d’avance toute altérité d’autrui en fonction de ses seuls propres intérêts, donc, en soi-disant allié (assimilable et subordonnable) et adversaire (du seul fait de persévérer en sa différence et d’en être à refouler). Son attitude foncière est celle d’une paranoïa schizophrénante mégalomaniaque tous azimuts. Faite narcissique culte de l’ego, elle émerge de quelque base MAGA s’y projetant et s’y adulant, tout en se diffractant localement (style ruissellement du processus hiérarchique, du global au local). S’y occulte la tendance sociale de fond en tant que ne produisant jamais qu’en suraccentuant l’individualité des individus la composant jusqu’à l’individualisme, voire l’hyperindividualisme, au point de tout en faire se confondre avec tel ou tel n’en devenant plus saillant qu’en ne le faisant paraître exemplaire, non de cette tendance sociale, mais comme si à lui seul, donc self-made man. L’histoire entière ne serait que celle de grandes figures, non tant humaines, à savoir jamais individuelles que demblée sociales, que toutes plus exclusivement individuelles les unes que les autres. Par exemple, Elon Musk serait considéré s’élancer par lui seul à la conquête de l’espace hors Terre, alors que, si riche soit-il, sa richesse risk d’occulter le soutien public reçu de la NASA selon l’esprit étatsunien de privatiser autant que faire se peut ses propres activités, mais en l’appuyant néanmoins de subventions publiques bien plus énormes que sa seule immense fortune personnelle. Et s’il peut y avoir une large cooptation au sommet élitique, il peut arriver qu’un Donald Trump, après en avoir été appuyé et s’en être fait réélire à la présidence des États-Unis, refuse de nommer le copain d’Elon Musk à la tête de la NASA. Jusqu’au culte de l’ego, si socialement promu soit-il, peut mener à des conflits entre egos. Selon la cliodynamique, si la confrontation d’egos gagne trop en ampleur et si le poids de telles élites n’est produit par la société qu’en devenant plus lourd que ce qu’elle peut en supporter, elle peut s’effondrer.

En ce point culminant, surgit pleinement ce qui oppose l’UNESCO et les États-Unis quant à la question de la culture, dont toute l’histoire, de la Renaissance à nos jours, a consisté à situer la sienne en regard de l’autre (ultimement l’autochtone alors découvert) en la considérant ni meilleure (par idéal), ni pire (par colonialisme aliénant) que soi, mais différente, ce qui a permis d’en dégager la notion, mais aussi et surtout le dialogue, voire l’anamnèse dialogique faisant renouer l’humain (individu d’emblée social) avec et de ses origines à nos jours. Humain et culture coévoluant avec la nature adviennent d’autant d’emblée ensemble que l’humain n’est jamais individuel que demblée social et s’en cultive justement de social en individuel en s’y intériorisant. Y compris lorsque la société s’occulte elle-même en ses individus pour ne plus les faire paraître qu’individualistes.

Il devient évident que le capitalisme est d’emblée de part en part ancré en son assise socioculturelle sous-jacente et de là, s’en trouve conditionné géopolitiquement. Si la géopolitique est hypocrite, le capitalisme s’y inscrivant ne peut que l’être lui aussi. La promotion d’un Conseil Indépendant (du CPS) en devient d’autant cruciale qu’appelant à un fonctionnement démocratique plus transparent, mais d’abord à questionner jusqu’en ce qui le mine, si pour survivre, a fortiori si pour contribuer à un redressement de la courbe actuellement descendante, voire s’étant accélérée depuis que l’impérialisme étatsunien s’est exacerbé en devenant trumpien et s’est ajouté aux impérialismes russe et chinois, au détriment du vecteur démocratique panplanétaire et même de l’écosystème entier des droits humains. L’impérialisme étatsunien cherche tellement à imposer son hyperindividualisme que jusqu’aux droits humains sont présumés n’être plus tant d’emblée sociaux jusqu’en les individus que tout au contraire réductibles aux collectifs d’individus de diverses identités de groupe auxquels s’opposer au profit des seuls « droits naturels » des seuls individus qui préexistent aux gouvernements et qui sont accordés par Dieu, non par des gouvernements dont la tâche est seulement de les défendre (et de s’opposer à tous les autres gouvernements qui n’adoptent pas cette idéologie pour la leur faire avaler de force). Il devient donc urgent que l’Assemblée générale de l’ONU se dote d’un Conseil Indépendant, d’abord pour survivre, puis pour contribuer à inciter à l’assainissement des pratiques selon un mieux-vivre. L’interface arctique entre l’Europe et les Amériques, eux-mêmes du Nord au Sud, en est d’autant un immense laboratoire qu me elle concerne et fait se remanier jusqu’à la conception de l’Euroaméricain, jusqu’en tout son rapport proprement culturel de ses peuples avec les premiers peuples comme premières nations à même la nouvelle géopoliticoéconomie en train de s’instaurer et s’ancrer en sa géographie fort géophysiquement opérante. De plus, le logo de l’ONU est centré sur le Nord en se figurant depuis là des continents équidistants pour symboliser leur égalité. Tout un cercle vertueux peut s’établir entre la réalité ainsi mieux circonscrite et la symbolique que l’ONU peut en tirer. S’éclaire aussi pourquoi Trump s’enrage de ne pas parvenir à mettre la main sur le Groenland d’où il se dirait protéger le monde entier (au seul profit des États-Unis qui serait le seul sien) à la place de l’ONU et ses alliés.


Texte suivant

Liste d’autres doubles actions possibles

2) Créer des forums de dialogue propice à la temporisation selon un imaginaire politique onusien


Retour à la Table des matières

Retour à l’Accueil

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *