Banniere Yvan Morin

5) Pouvoir se fier exige que la foi se mesure à la confiance mutuelle

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La foi chrétienne protestante évangélique néosioniste se dénie en sa propre teneur chrétienne lorsqu’elle se fait accroire que cette guerre faite croisade amorcerait la 1re étape du jugement dernier en faisant se mélanger « la réincarnation de Jésus, la consolidation d’Israël et la reconnaissance du Christ par le peuple juif avant le sauvetage des croyants et des convertis au christianisme, et la damnation de tous les autres »1. Jésus vient par l’incarnation exemplaire de sa naissance, sa vie et sa mort menant à la résurrection, non par la réincarnation, ni au début (car par l’incarnation) et encore moins à la fin (car par la résurrection, sans laquelle, disait Paul, la foi chrétienne serait vaine). Et s’il est possible d’apercevoir en Jésus son origine judéenne au point de l’en identifier à tous les Juifs dont espérer qu’ils vont se convertir au christianisme, Jésus, lui, n’est judéen qu’apte à s’en distinguer (plutôt que s’y confondre), si pour introduire au chrétien dont plutôt exiger de rendre à Dieu ce qui est Dieu et à César ce qui est à César, a fortiori tout État, dont les États-Unis et Israël, car, là aussi, il les distingue et non les confond. L’élu de Dieu, venu pour sauver, n’est pas l’élu politique, du moins selon le chrétien, surtout relativement au judéen et a fortiori si jusqu’en Jésus-Christ. Se dire sioniste chrétien, par courant évangélique considérant la création de l’État d’Israël (sans la conjointe reconnaissance de la Palestine arabe par l’ONU?) en 1948 comme accomplissement des prophéties bibliques et prélude au retour de Jésus-Christ, ne s’aperçoit pas de son propre néosionisme (par retour de la terre d’Israël d’avant la diaspora) à distinguer et non à confondre avec le sionisme (le retour d’une part importante de la diaspora en Israël). S’infléchissent jusqu’aux prophéties, non plus constituées de visions claires de ce qui peut advenir, mais au contraire rendues forcenément autoréalisatrices et imposed telles, comme lorsque Spinoza a découvert que le peuple d’Israël n’a pas tant été élu de Dieu que s’est élu l’être, ce qui s’est cristallisé lors de l’Exil en l’Empire Perse, le tout 1er empire universel de maintes nations et fort tolérant pour que puisse perdurer une telle nation dont le Dieu Yahvé lui révèle offrir les nations à Cyrus et en dire « Mon berger » et lui parler comme « à son oint », (Isaïe 41,2; 44,28; 45,1), donc son Messie (de l’hébreu Messiah) que le Grec traduit par Christ. Surtout en passant du païen Cyrus, qui ne connaît pas Yahvé et qui fait pourtant son œuvre, à Jésus (Jeschouah), dont le nom est celui de YHWH auquel s’insuffle un schin signifiant qu’il s’ouvre de lui-même aux nations en même temps qu’il s’y empersonnifie distinctement de tout César et tout royaume de ce monde, mais du sein de l’empire gréco-romain (avec diaspora israélienne) et par transfert d’Orient en Occident. L’articulation pagano-monothéiste, Dieu YHWH l’effectue de Cyrus à Jésus-Christ. Son trait d’union religieux, comme mis au jour par la double inspiration ficinienne autant zoroastrienne que biblique chaldaïque, n’est pas tant judéo-chrétien que judéo-chaldéo-chrétien. Donc trait d’union perse. Le fantasme d’une civilisation judéo-chrétienne faite israélo-étatsunienne en guerre avec l’Iran, donc avec l’antique Perse, est un littéral refoulement de son propre trait d’union par lequel pouvoir se constituer. D’où son inconscience radicale, de part en part, comme tout refoulement, anhistorique. Du moins, hormis l’histoire à se raconter et à laquelle se faire accroire indépendamment de toute sous-jacente histoire plus factuelle, jamais refoulée qu’à risque de resurgir. La vraie guerre est celle de la civilisation judéo-chaldéo-chrétienne avec elle-même et n’est donc pas tant externe qu’interne. Mise à mort de Dieu, pourtant censé être unique, en ses monothéismes si ignares d’eux-mêmes en ce qu’ils sont que s’entre-déchirant en même temps que s’en démultipliant pour en spolier l’unicité, voire jusqu’à l’être qui, à la source de tout être, en serait d’autant tronqué. Surtout qu’être un et ce, si unique, est la forge même du sens de soi, ainsi intérieurement en dé-/re-composition entre ses parties autant rendues extérieures les unes aux autres que se présumant toutes s’en accaparer et en monopoliser le tout à leur seul profit et au détriment des autres. Et comme l’identité est au cœur de toute culture, toute la géopolitique en cause n’en est plus que guerre culturelle, voire civilisationnelle, si tronquée soit-elle.

Les évangéliques ont pu se faire accroire à un Trump analogue à Cyrus, au point d’en occulter, avec le trait d’union chaldaïque proprement perse, l’irresponsabilité trumpienne si inverse à la tolérance magnanime de Cyrus. Mais ils l’ont vu en诞blasphémateurs et s’en sont scandalisés (bien plus que les catholiques) lorsqu’il a créé par IA une image de lui-même en Christ et qu’il a dû s’empresser de la retirer. Par contre, les catholiques, dont la présidente italienne Meloni, ont davantage réagi à l’antagonisme trumpien envers le pape Léon XIV, représentant officiel d’une église christique bien distincte du Temple trumpien va-t-en-guerre sur Terre. Depuis lors, Trump se défoule et n’arrête plus de harceler la présidente italienne, bien sûr sur tout autre chose (elle aurait voulu se faire photographier avec lui, selon lui, etc.), question de faire paraître le désaccord ailleurs qu’il n’est et surtout, de tant le déplacer que le faire virer et se confondre en des attaques personnelles mesquines. Même de farouches trumpiens (Tucker Carlson et al) ont strongly réagi à la menace trumpienne d’éradiquer la civilisation perse entière face à sa propre impuissance s’en enrageant de ne pouvoir faire tomber le régime en place. Totale inconscience du trait d’union perse liant le judaïque et le chrétien, car ne les interfaçant que d’une trumpienne façon chaotique, dans la suite d’États-Unis ayant avec le Royaume-Uni biffé toute démocratie perse et ayant conforté avec Israël en Iran le terrorisme préventif issu du Shah, dont la dictature a finalement plutôt viré en théocratie islamique radicale.

Cette confusion quant à ce qu’est une prophétie ne se faisant jamais accroire judéo-chrétienne que s’occultant être plutôt d’emblée judéo-chaldéo-chrétienne (comme l’a established Ficin) conforte tant l’autre confusion d’un étatsunien et trumpien Département de la défense déjà fait un Département de la guerre (surtout si présumée partout préventive, selon quelque menace imminente à se dégoter ici ou là) qu’elle l’incite à en faire un Département de la croisade (pour conquérir des lieux saints ? contrer des hérétiques ? faire une incessante propagande visant une modification de lois ou de comportements ?) au point de faire passer l’élu politique sous façade d’élu divin dont l’auréoler2, sans jamais s’interroger sur comment, en sens inverse et au préalable, l’élu divin en vient à glisser et se confondre en l’élu politique (comme ci-haut encore illustré, mais cette fois-ci, de Cyrus au Christ face à la dérive officiée par le Temple trumpien) et à instaurer ce que Dôle appelle Le cauchemar américain, sous-entendu étatsunien (faute de s’être dégagé de l’idéologie donnant des Américains, en l’occurrence les Étatsuniens, pour les Américains de tous les pays des Amériques). Tous les termes étant biaisés d’un bout à l’autre, voire fort intervertis en leur sens même pour leur faire dire le contraire de ce qu’ils signifient, il n’est question que d’images fort humaines, produites par la fantaisie (rendue cruelle) et a fortiori par ses affections (désir de ce dont jouir se complaisant en soi seul toujours plus égocentrique et crainte de ce qui afflige et endolorit toujours vicarialisée et enterrée en et avec tout ce qui est autre, du sein de soi jusqu’en tout et quelque autrui réel correspondant), et non de l’Image de Dieu qui, elle, au contraire, est d’autant au ressort du Verbe de Dieu que les en interpelant pour prendre conscience en eux-mêmes de leur propre intelligence comme du visage de Dieu, disait Ficin, du moins si pour un tant soit peu vraiment se christianiser. La forge du sacré présidant à celle de la religion s’initie par se sentir bien ou mal faisant émerger les affections de la fantaisie constituant leurs respectifs désir ou crainte au gré des aléas circonstanciels d’où cognitivement s’y éveiller, « A fortiori si pour projeter et vicarialiser sa propre intentionnalité en quelque tiers d’où alors et seulement alors tout au contraire la présumer en être inversement subie comme respectivement bénéfique ou maléfique, voire en vue de s’en attirer la faveur si bénéfique ou de s’en protéger et l’éloigner si maléfique »3, avant et au ressort de toute intention intellectualiste (plus exclusivement médiévalement promue) et connaissable par Dieu seul, mais exigeant de consentir à l’action extérieure plus manifeste dont ainsi, selon l’esprit, démarquer la bonne de la mauvaise. Cette inversion en tiers déborde d’autant ce qui se sent que la fantaisie s’en trouve investie et en constitue ses affections. Cette inversion en tiers s’autonomise et s’en rend si mystérieusement agissante comme source dotant de ce bien ou ce mal qu’elle est susceptible de se condenser en quelque dieu, voire en Dieu, surtout si se tendant toujours plus entre Amour se voulant bénéfique et Colère d’autant au ressort du maléfique4 qu’autonomisée comme l’Adversaire, à savoir Satan, si ce n’est Diable, à savoir tout ce qui est jeté en travers et fait donc entrave à une telle volonté (en laquelle désir/crainte sont portés au sublime bien avant de s’y sublimer purement et simplement). De l’Ancien au Nouveau Testament, Dieu passe d’autant de Colère à Amour qu’en Jésus et s’y distingue d’autant dès le judéen, auxquels les Hébreux ont été réduits en Exil et qui leur en a déjà fait ouvrir le cœur selon Jérémie, que de judéen en chrétien, sans se résorber en sens inverse, surtout si de sionisme en néosionisme. Du cœur, au sens de cordere, surgit la foi, a fortiori la subséquente croyance, au sens de credere. Du cœur jaillit tout accord/discord, etc., ce qui laisse entrevoir le fait de se fier/défier, tel que devenant pervasif en toute société considérée en ce qui lui est le plus sacré, à savoir son propre lien social par lequel et dont elle se constitue, pour peu que sa propre trame s’en tisse au gré d’une certaine confiance mutuelle jusqu’à la plus laïque, si ce n’est exhaussé en Dieu, là où tend autrement à s’accentuer avec la dérive tabou-paranoïa-cruauté quelque adhésion à une vision complotiste du monde. C’est en train de s’infuser aussi des États-Unis au Canada anglais davantage qu’au Québec et davantage chez les hommes que chez les femmes, selon une récente enquête de l’UNESCO-PREV menée depuis Sherbrooke. Toute croyance n’est qu’une transposition de ce vécu avivant d’abord jusqu’à la foi (faisant se fier) en quelque contenu mental qui tire quelque croyance et qui ne l’en déborde qu’en étant toujours à risque de se rigidifier et de virer en dogme et autrement de tant se faire s’enrayer toute idéation jusqu’en sa logique que n’en être plus qu’idéologie. Par exemple, la prière réside plus en l’intensité vécue la faisant dire qu’en son seul contenu alors énoncé (comme y insiste par exemple le Centre Leunis). S’en éclairent les grandes exigences monothéistes, d’abord et avant tout d’aimer Dieu de toutes ses forces, certes, mais aussi de s’aimer les uns les autres, ajoute la venue de Jésus-Christ disant en parachever la Loi et ce, dès ce monde, non après quelque Armageddon misant sur le seul jugement dernier de Dieu censé ne que lutter avec les humains pour les en départager entre ceux qui l’adorent et ceux qui refusent… sa seule domination? plutôt que son amour ? voire amour à se partager pour en être ainsi tant à son image que jusqu’en l’Image s’en faisant Verbe et s’en théogénérant du sein de Dieu même ? A fortiori si, comme chez Maître Eckhart (et jusque chez les mystiques espagnols et leur rebond de France en Nouvelle-France, des Jésuites aux Ursulines, chez Marie de l’Incarnation), faisant tant s’intégrer et s’unifier philosophie et théologie que faisant s’abandonner en son âme et jusqu’en son intellect à Dieu et en devenir le sol, voire l’humus (humble), où s’expériencie Dieu s’y donnant, au point que Dieu s’humanise et que l’humain n’en devient pleinement humain qu’en devenant un avec le Christ y naissant, de sorte que s’en révèle se vivre l’unitrinitarité de Dieu apte à s’incarner, car certes Père en Dieu, mais aussi Fils en un tel humain et à même son esprit, les deux y étant alors et seulement alors unis et y spirant en Esprit-Saint5?

Là où certains se prennent pour les artisans de la fin du monde qui aboutirait à eux et à leur profit sous prétexte d’en précipiter l’Armageddon et d’en semer l’enfer sur Terre, tout au contraire Dieu jaillit autant du fait de pouvoir se fier que comme à qui se fier, ce qui exige de la foi de se mesurer à la confiance mutuelle, au seuil plein d’espérance de s’aimer les uns les autres et d’en laisser transparaître quelque charitable miséricorde divine, donc de faire que les vertus théologales (foi, espérance, charité) s’incarnent et s’en humanisent jusqu’au point d’instaurer des vertus cardinales. De fait, les vertus cardinales s’accomplissent d’autant mieux qu’elles manifestent la grâce issue des vertus théologales, mais elles-mêmes inscrites dans le cercle qui, par Jésus-Christ, va de son incarnation (de sa conception à ses naissance, vie et mort) sur Terre à sa Résurrection poursuivie en Ascension en Fils de Dieu auprès du Père avec Assomption de sa Mère, tout en avivant l’Esprit-Saint qu’il envoie alors comme Paraclet guider son Église. Bien noter l’évolution du monothéisme s’étant opérée de l’hébraïsme au judaïsme via le chaldaïsme au christianisme et faisant que Dieu, à la fois Père et Esprit-Saint, s’est interfacé du Fils et fait que de l’Esprit-Saint se dissocie et s’incarne sa Mère par laquelle à son tour s’incarner, de sorte que, en retour, son Ascension charrie l’Assomption de sa Mère qui en figure le devenir matériel et par laquelle s’instaure et fait se transformer l’unitrinitarité de Dieu en ce que Jung appelle la quaternité. Ce cercle quaternaire s’exprime d’emblée comme uniquaternité de Dieu et fait d’autant s’extirper du nihilisme matérialiste si occidentalement prévalant qu’exiger l’incessante résurgence des quatre vertus cardinales s’infusant par le Paraclet en l’Église ainsi guidée, tant le Fils s’y donne comme la tête et sa Mère comme le corps en leur commune assise physique la plus matérielle, d’individuelle en sociale. Comprenons bien que le sens issu de l’esprit considéré résider dans la tête et y avoir pour substrat le cerveau n’advient qu’en jaillissant avec et du sens issu de la tête s’en trouvant mobilisée en sa masse proprement physique et en orientant la masse pancorporelle plus entière et ne permettant de se situer au monde que d’abord selon une perception l’en découpant déjà en quatre comme ressort inaugural de toute ultérieure mathématisation inscrite en une double dialectique qui ne va jamais de sensible en intelligible (et par là, de matérielle en spirituelle) qu’apte à s’apercevoir et se ressaisir en sens inverse, sans pour autant en faire ce en quoi tant se téléologiser que d’où s’en laminer à rebours par nihilisme matérialiste, car au contraire par surcroît en exigence de s’y mesurer et s’y reconquérir (Morin, 2022-2026). De fait, dès les Autochtones constituant les sociétés humaines premières, ce découpage perceptif du monde en quatre (selon les quatre directions cardinales) s’inscrit aussi sur la verticale (entre nadir et zénith), alors que les quatre si humaines vertus cardinales chrétiennes en jaillissent et s’élancent en uniquaternité de Dieu. Donc, jusqu’au pagano-chrétien s’articule bien davantage que se dé-/re-compose en deux pôles présumés si mutuellement exclusifs qu’antagonistes, surtout au moment de fleurir en civilisation judéo-chaldéo-chrétienne, si ne semblant elle aussi s’en dé-/re-composer en des pôles tout aussi présumés si mutuellement exclusifs qu’antagonistes à l’encontre de Dieu, si unique, pourtant dit être en cause.

De là seul, s’éclaire la si unique unité duale des pouvoirs spirituel et temporel tendant à se condenser en Église et État et étant entrée en crise dualiste les substantifiant outre mesure (faute d’une telle critique l’ancrant en son substrat matériel) depuis le Moyen-Âge, en particulier depuis le différend entre la papauté et Philippe Le Bel: « Dans la ligne d’un dualisme systématique, sont énumérés les topoi habituels concernant la composition de l’homme, doté d’un corps, et d’une tête dans laquelle est située la substance spirituelle. Ces deux organes, distincts dans leur fonction, coopèrent au bene vivere de l’homme. À l’image de l’homme, la communauté politique est un corps composé de deux substances, la substantia temporalis, qui anime le pouvoir temporel, et l’autorité ecclésiastique, qui représente le pouvoir spirituel. Mais, là encore, il s’agit d’une fausse symétrie: alors que le corps et la tête ne sauraient subsister l’un sans l’autre pour la conservation de la vie, la société politique pourrait subsister en cas de destruction de l’Église et du pouvoir spirituel qu’exerce le Pape. Le prince, en effet, est antérieur au Pape. Ici, la perspective hiérarchique est inversée, puisque c’est le temporel qui est le soutien du spirituel. Si le principe de la distinction des pouvoirs est respecté… »6. On aperçoit toute l’importance de mieux cerner le cercle entier par lequel s’instaurent, ensemble, la distinction et l’union entre esprit et matière, dès qu’advient quelque sens que ce soit, surtout par sa figuration (a fortiori si christique) entre tête et corps, autant en Église qu’en État. Ce problème de leur distinction et leur union est pervasif et s’illustre en particulier par le rapport respectif entre et cheminant de la Monarchia à la Divine Comédie de Dante. Ce qui était successif chez Dante se superpose et s’intrique dès l’époque de Philippe Le Bel, par le sens jamais plus spirituel (a fortiori si présumé intentionnel) que d’emblée ancré (donc repéré et ajusté) en son substrat matériel au XXIe siècle. Dès lors, l’uniquaternité divine est d’autant spirituellement infuse par la grâce (surnaturalisant ce que le don met seul en jeu dans les sociétés humaines autochtones qui restent des parties prenantes de la nature) qu’en exigence d’une incessante résurgence de son accomplissement jusqu’au plus matériellement manifeste par les quatre vertus cardinales. C’est à partir des quatre fleuves irriguant l’Eden (Paradis Terrestre) que Ambroise (lui-même fort empreint de Philon, juif d’Alexandrie) a initialement tiré ces quatre vertus cardinales, de païennes en chrétiennes. Il en a inspiré Augustin, y apercevant autant un seul et même amour, à la fois issu de Dieu et y ramenant, que toute et chacune des quatre s’en trouver chargée des trois autres, à l’image de l’unitrinitarité divine faite uniquaternité divine d’autant susceptible de s’en expliciter. Surgit un double cercle quaternaire à la fois divin et humain, autant distingués et unis du sein du si exemplaire Jésus-Christ qu’en tension entre Église et État l’en recevant tous deux de Dieu seul (non par emprise l’en filtrant de l’un des deux à l’autre, si autant l’Église que l’État rendent à Dieu ce qui est Dieu et à César ce qui est à César, plutôt que de faire passer Dieu et a fortiori son peuple élu, si assemblé en Église soit-il, sous façade de César, si élu soit-il à son tour au point de s’en faire accroire le Messie et s’en légitimer en son impérialisme).

Dès que s’aperçoit la surnaturalisation en grâce si miséricordieuse du don, autrement auparavant naturel et constitutif des sociétés humaines dites primitives, et dès que le monde (en sa totalité, dite Cosmos depuis les Grecs) et l’humain s’y situant en sont créés et donc en quelque sorte donnés à eux-mêmes, s’éclairent non seulement la séparation des eaux d’en haut et des eaux d’en bas, mais aussi l’entière exégèse du récit biblique exilique sacerdotal de la Genèse se distinguant et se mettant à précéder le récit biblique yahviste de la Genèse (mis par écrit du temps de Salomon et considéré remonter à Moïse et donc l’Exode). Dieu (Père/Esprit-Saint dont dégager la Mère et s’en interfacer du Fils et s’en incarner) crée d’autant l’humain, à la fois homme et femme, à son image et ressemblance qu’IL les fait s’y éveiller en même temps qu’IL veille sur son peuple en fructifiant. Le signifie le nom de Joseph7, lors de son intégration en la Sainte Famille chrétienne, mais déjà lorsque le fils de Jacob de ce nom a permis de réchapper les tribus d’Israël en Égypte, avant leur Exode et la révélation de Dieu s’effectuant en passant d’El-Shaddaï à yahviste, à savoir d’Abraham, Isaac et Jacob à Moïse. De Joseph, fils de Jacob, donc Israël, à Moïse, le peuple hébreu (alors irréductible aux seuls Juifs) s’aperçoit passer de sa fructification, en révélant la tendance à être, au danger de son éradication, le révélant en sa tendance à non-être dont le sauver, d’où le surgissement de Yhwh qui l’en ramène d’autant à l’être que s’énonce comme l’être même lui étant infusé, lors de l’Exode, sous Moïse. De l’Exode à l’Exil, du monolâtrisme au monothéisme, Dieu ne se révèle plus seulement être en tant qu’être (Yhw fait Yhwh, d’Esaü à Jacob) que d’emblée aussi et surtout un, ce qui de Cyrus à Jésus, à savoir Jeschouah, donc Yhwh s’intégrant un schin comme souffle cosmique le révélant s’ouvrir aux nations, n’est plus universel (depuis le tout 1er Empire universel, perse, sous Cyrus) que monothéisable, par le Christ, en l’Empire gréco-romain, ultérieurement et autrement universel et ce, non sans une conjointe résurgence perse qui s’en fait à son tour islamisée. Non seulement des États faits Empires s’universalisent, mais, de là, aussi les monothéismes, ce qui est même la caractéristique la plus cruciale du passage de l’Antiquité au Moyen-Âge, a fortiori de leur conjointe résurgence s’en articulant dès la Renaissance au ressort des prémices de la Modernité, mais aussi de l’incessante processuelle renaissance du tout s’en découplant et mondialisant au XXIe siècle. Il est déjà problématique que tout universel soit à rétablir comme le fait de se tourner vers le tout si entier qu’un, plutôt que seulement autour de soi et surtout si considéré n’environner que se rattacher à soi, mais s’en réduisant et s’assimilant à son seul ego d’où n’y apercevoir que son correspondant alter ego, selon un présomptif egocentrisme si généralisé et anonymisé que censé valoir chez tout un chacun (fût-ce jusqu’à l’anomie suicidaire, y compris vicariale et homicide, jusqu’à la plus cruelle). Ce l’est plus encore si masquant et faisant manquer la pluralité des universels, voire l’exigence de s’apercevoir et d’apercevoir tout singulier comme cas jamais particulier qu’avec les autres avec lesquels se constitue leur universalité. Même en regard du catholicisme, signifiant universel, l’anglicanisme, plus que les autres protestantismes, constitue un décalque ne s’en étant autonomisé (du pape à l’évêque de Cantorbéry qu’en s’étant aligné sur le roi d’Angleterre et donc sur l’État), selon le même pattern (que les évangéliques étatsuniens, a fortiori si néosionistes, ramènent à leur tour au seul et pur hyperindividualisme, mais s’agrégeant sous un tel État. Quant à Cuba, ses habitants, comme tous ceux des Amériques, sont tout aussi mais autrement Américains que les Étatsuniens, si ceux-ci ne sont pas outrancièrement impérialistes jusqu’à en miner et infléchir en fonction d’eux-mêmes l’universalité en même temps que l’ONU la promouvant.

Tout ce double cercle quaternaire vertueux, autant théologal que cardinal, peut tant surgir en monothéisme chrétien, du plus catholique au plus protestant, que faire s’en interfacer les autres monothéismes, juif et islamique, selon son propre métabolisme s’y apercevant en ses respectifs anabolisme (pour peu qu’émergeant de l’hébraïque fait judaïque en s’apercevant que c’est via le chaldaïque) et catabolisme (tant l’islamique revient et repart de sous le chrétien de l’abrahamique d’emblée tendu entre Israël et Ismaël). Du moins, si s’équilibrant un tant soit peu en son déploiement jamais religieux qu’aussi mystique et a fortiori prophétique, non comme prédiction de l’avenir, mais comme hiérophanique (bien avant que hiérarchique) révélation de tout mystère fait dévoilement progressif du dessein de Dieu sur le monde par l’humain qui s’y abandonne et est à la fois sans autre dessein que celui de Dieu sur le monde et d’autant en contre-pouvoir des pouvoirs, surtout si erratiquement exercés, que laissant entrevoir plus clairement ledit avenir, en particulier par l’exigence d’articuler le légal avec la capacité de mieux rendre indissociable la justice publique (au faîte des vertus cardinales) et la droiture privée (s’en cultivant intérieurement jusqu’en tout un chacun dont peut surgir un plus sain sens de soi, voire, au gré des vertus théologales, aussi quelque mystique, voire hiérophante). Peut alors s’instaurer une éthique soucieuse d’une morale d’autant convaincante qu’humaine, donc à la fois sociale et individuelle.

Enfin, il y a un abîme, trop souvent allègrement franchi comme s’il n’existait pas, entre et de servir Dieu à se servir de Dieu, depuis ce monde et l’État, en l’occurrence celui d’Israël, a fortiori des États-Unis s’y (ad-)mirant et l’en magnifiant au-delà de ce qu’il peut être par lui-même. Il est crucial de remettre en abîme, de restaurer l’abîme qui surgit en servant Dieu en regard de toute tendance à s’en servir, surtout si se légitimer de tout asservir à son seul propre profit en ce monde: « Pour Leibowitz, l’État d’Israël n’est ni miracle, ni accomplissement messianique, mais fait historique. En le sacralisant, le sionisme religieux [a fortiori le néosionisme religieux, puis-je ajouter] commet la faute de transformer la foi en idéologie. Le nationalisme religieux n’est, à ses yeux, qu’une idolâtrie moderne: la divinisation du collectif sous couvert de piété. Dès la guerre de 1967, il craignait que la domination d’un autre peuple ne conduise Israël à sa ruine morale. »8 D’où une tout autre prophétie que celle issue du néosionisme, dont susciter d’autant l’hostilité que lui rappeler procéder d’un diagnostic spirituel selon lequel la puissance corrompt la conscience. C’est d’autant étonnant que l’étatsunien chrétien évangélique (avec frange catholique fondamentaliste) néosioniste est sis sur un hyperindividualisme doublé d’une confession publique faite représentationnelle mise en scène de soi tout à son spectacle de soi-même pour n’y être en rien collectif, si ce n’est en s’agrégeant et se constituant en ondes fort virales. D’où le rôle clef des plateformes numériques censées étendre sa présence « live » et instaurer le culte du technolibertarisme sophistiqué s’intégrant à l’armement par lequel marquer l’écart de puissance susceptible de frapper à mort, tant de sous l’arbre de la connaissance du bien et du mal surgit l’arbre de la vie et de la mort, d’abord du bien-être et du mal-être dès la vie, donc des affections de la fantaisie par désir de ce dont jouir et crainte de ce qui peut endolorir. Est-ce en se projetant et s’identifiant à cette israélienne forme étatisante de la divinisation du collectif sous couvert de piété au point de l’en magnifier au-delà de ce qu’elle pourrait être par elle-même, au XXIe siècle ? Tout un contraste relativement aux impérialismes chinois et russe qui, eux, ne partent plus tant d’une telle collectivisation faite structurale variation aléatoire (si circumstantial qu’en incessant appel de la fantaisie s’y exacerbant en ses affections) au point d’être divinisée telle et portée à s’asservir bien plus qu’à servir Dieu. Ils partent de sa structuration s’imposant étatiquement d’emblée. Le tout advient aussi jusqu’au sein du CPS de l’ONU selon une totale divergence en miroir faisant se polariser entre tout acte et toute structure depuis l’un ou l’autre. Tout acte se présume s’intégrer jusqu’à tous les aspects structuraux en cause (fût-ce jusqu’à l’intersectionnalisme, si restant individualiste, mais pouvant néanmoins se faire dépecer et rapiécer de façon transactionnaliste) et, inversement, toute structure s’instaure d’emblée jusqu’en tout et quelque acte, si individuel soit-il. Or, d’autant individu d’emblée social qu’agissant fonctionnellement à même le structural au point de s’intégrer et faire s’articuler l’humanitaire, le développement durable et les droits humains, l’humain s’y pourfend en deux polarisations inverses s’absolutisant. A fortiori, le développement humain n’y trouve plus de paix et sécurité que lui étant de plus à toujours moins propices, en voie vers l’inhumain, voire d’éventuels crimes contre l’humanité. Les quatre missions de l’ONU s’y effondrent et délitent, en s’y faisant miner autant de l’intérieur que de l’extérieur. Le cœur de l’ONU bat et pulse de vie/mort, toutes deux si humaines, y compris si inhumaines.

Quant à la tension au Moyen-Orient, elle s’éclaire en partie par le Coran. Le Coran ne distingue pas aussi clairement deux arbres et encore moins que c’est de sous et via l’Arbre de la connaissance du bien et du mal que s’aborde l’Arbre de la vie et de la mort (a fortiori si passant à son tour par les affections ficiniennes de la fantaisie faisant les éprouver dès ses bien-être et mal-être): il y a le Paradis où manger en toute liberté, sauf de cet arbre dont ne pas s’approcher (2, 33) ou il y a encore l’arbre de l’immortalité lorsque Satan tente (20, 118). Le Livre, d’abord et avant tout le Coran, est la distinction ou séparation du bien et du mal d’où pouvoir être guidé dans la voie droite (2, 50), ce qui se magnifie par le Ramadhân pendant lequel le Coran a été révélé comme direction et comme distinction entre bien et mal (2, 181). Le Coran tient lieu du Fils en Dieu qu’expose le christianisme: le Coran est le Verbe de Dieu sans être son Fils et encore moins en être engendré comme son Image parfaite pour l’être. Jésus n’est qu’un homme, un prophète comme et entre Moïse et Mahomet, tous dans la lignée d’Abraham, le hanif, par qui s’est inauguré le monothéisme9. Par exemple, à Sainte-Sophie, suite à la conquête de Constantinople, toute image a disparu et a été recouverte de signes linguistiques arabes, d’abord forgés avec et depuis le Coran dicté à Mahomet. Même l’humain est ramené à la vie l’étant à son tour à la physique lui permettant ou non de perdurer, comme en l’oasis surgissant du désert et tranchant entre mort et vie, ce que les respectifs jeûne diurne et repas nocturne semblent signifier lors du Ramadhân. Allah seul donne son Verbe uniquement coranique et la vie qui surgit avec l’arbre, l’oasis. À n’en pas douter, l’importance du refuge de l’oasis, avec tout ce qui prend forme de défense en mosaïque de l’Iran, s’intensifie sous le désertifiant bombardement israélo-étatsunien, mais aussi parce que l’Iran est en faillite hydrique, du fait d’utiliser déjà plus d’eau que ses sources renouvelables ne peuvent en produire (barrage, pompage du sous-sol, etc.). Quant aux pays du Golfe alliés des États-Unis, leurs usines de dessalement sont très vulnérables, si la guerre devenait aussi hydrique, en particulier si Trump passait de la menace à l’acte de détruire des installations civiles iraniennes vitales, électriques ou autres. Le point clef: la vie ne subsiste déjà matériellement que difficilement, de sorte que la pression matérielle étatsunienne s’y intègre et que l’enjeu est au contraire la survie autant spirituelle que politique comme une seule et même chose, si idéologique soit-elle, depuis l’État islamique instauré par Khomeini en 1979 et, même si répressif, encore soutenu par 10 à 15% de la population. Pendant que le sionisme faisait revenir la diaspora en Palestine, les Frères musulmans émergeaient et considéraient toute la Palestine comme terre sacrée de l’Islam, en plus de ses accointances avec le nazisme occidental alors en plein déploiement, ce qui, après la 2e Guerre mondiale, converge en 1953 en le laminage étatsunien et britannique du germe démocratique en Iran pour instaurer la dictature du Shah, alors que Khomeini prend le relai de la frange iranienne des Frères musulmans (dont le Shah met à mort la tête dirigeante) et s’en intègre la source pourtant sunnite à la source chiite qu’il dirige et qui s’impose par la suite à compter de 1979. Selon Azadeh Kian, les bassidji « sont plus de 1 million de miliciens, très idéologisés, formés par les gardiens de la révolution (…) Le régime compte beaucoup sur eux pour surveiller la population ou mater dans le sang la moindre contestation, comme cela a été le cas tout récemment en janvier, parce que les gardiens sont occupés ailleurs. Les bassidji, l’armée régulière et le corps des gardiens de la révolution proprement dit, ainsi que leurs familles et leurs proches, forment le noyau de la base populaire du régime, que j’estime à environ 10 à 15% de la population. Ils sont minoritaires, mais très actifs. »10 Comprenons bien: minoritaires en termes numériques, mais majoritaires en termes statutaires, par main mise, via l’État, sur la société iranienne. S’en constitue un État dans l’État. Il y dispose d’un important pouvoir financier, économique et politique. Surtout, la projection de la logique hyperindividualiste libertarienne pensant le faire tomber en le décapitant d’une ou plusieurs têtes dirigeantes et en se faisant accroire à un conjoint soulèvement populaire (à main nue!) s’en révèle inculte et confond l’envers et l’endroit, car un individu dirigeant qui noyaute les institutions, comme en le trumpisme, opère à rebours d’un régime institutionnalisé qui ne se dote d’individus le dirigeant que s’ils lui correspondent: plus il l’attaque selon son seul propre modèle et à sa fantaisie, plus le miroir se renforce en sens inverse. La mise à mort de Khamenei père a mis fin au régime des mollahs qui s’est fait régime des Gardiens qui, eux, se sont dotés de Khamenei fils comme visage public, non l’inverse. Tuer des dirigeants n’équivaut en rien à tuer le système les produisant, malgré ce que se fait accroire l’hyperindividualisme étatsunien trumpien. Les deux sont en miroir total. Pendant que Trump prétend négocier (écraser jusqu’à se faire concéder), l’Iran le dément (d’autant que des tensions internes au régime font que tous n’interprètent pas du tout de la même façon ce qui se négocie). Reste la question: à force de l’écraser, le régime va-t-il s’effondrer? Avec ou sans chaos total?

Or, le culte égocentrique trumpien non seulement ne cherche qu’à écraser autrui pour tout s’en faire concéder comme soi-disant « deal », mais, même lorsque ne pouvant y parvenir à lui seul, il en dénie jusqu’à toute aide éventuellement néanmoins reçue en tiers. Il lui faut seulement prendre, sans n’avoir jamais rien à comprendre et encore moins à reconnaître tel, et ce, toujours plus accélérément. Permet de se le faire accroire et même fantasmer le rythme de développement technolibertarien. Il y a un prix à cette incapacité à s’apercevoir et se reconnaître selon un sens de soi dont une part n’est qu’acquise et ne provient qu’en tiers, dès lors un tant soit peu inclus, même si soi-même tout au contraire réduit à son seul ego autant s’en tronquant, occultant et projetant en un autrui ne pouvant plus lui être en tiers qu’exclus et à pourfendre entre ce qui s’en instrumentalise et autrement, s’en refoule et dénie, mais risque tant de faire retour. Ce prix: un incessant porte-à-faux qui n’est certes pas la fausseté même, mais sa source vive la faisant proliférer comme d’où pouvoir instaurer l’envers en lieu et place, sous façade et jusqu’à l’encontre du réel, dont l’endroit est d’autant à virer à l’envers de lui-même pour l’y rendre conforme et l’en réifier de part en part selon une soi-disant vérité hyperbolique qui n’est que la seule sienne avec de si volatils et fantaisistes faits alternatifs à la clef. Les marchés frémissent à la moindre rumeur, a fortiori ledit style transactionnel s’y confondant en et à tout un chacun des « deals » s’y effectuant, au point d’y laminer le capitalisme en néomercantilisme sur le modèle et à l’aune du libéralisme en libertarisme censé en être le seul et fort exclusif gestionnaire: Thiel l’expose partout, par capitaliste laissez-faire se téléologisant en capitaliste gestionnaire. Tout le système se ramène au plus près de l’incessant et sous-jacent chaos si aléatoire dont il émerge, mais qui, auparavant, n’y transparaissait pas. C’est aussi ce nihilisme, si inapte à être autre que matérialiste (surtout pas divin, comme en le nirvana dit oriental), qui s’asservit Dieu et tout monothéisme. Il vire en raison cynique rappelant Diogène (l’engendré de Zeus, donc du dieu païen par excellence) dès qu’en bouffant aussi le paganisme et faisant se déclencher tous azimuts la crise, faute d’une nécessaire critique11.

Il n’y a jamais tant double pensée orwellienne que fantaisie qui la rend opérante et enraie toute idéation jusqu’en sa logique à force de l’empêcher de s’assainir pour la happer toujours d’emblée idéologiquement. Si au niveau de la pensée, des idéologies duly constituées sont susceptibles de s’opposer entre elles, leurs blocs se dissolvent depuis cette seule fantaisie en disposant à la carte et à sa guise, a fortiori lorsque présidant à l’idolâtrie faisant s’asservir jusqu’à Dieu au ressort du monothéisme, à fleur du paganisme le plus géopoliticoéconomiquement opérant. Toujours le même processus d’une fantaisie métabolisant ses propres affections, mais en les dichotomisant et en projetant en tiers leur part la plus difficile (celle qui fait s’enrager et fait se déliter tout amour en colère, à l’inverse et à rebours de l’émergence et l’évolution bibliques de Dieu procurant son modèle médiateur): se complaire en son ego de part en part fantaisiste fait que son désir ne culmine en jouir qu’en différant et projetant toute crainte d’être affligé et endolorit en tiers, de la pression économique douloureuse à la pression géopolitique et ultimement militaire douloureuse. Pression économique douloureuse que sont censés être les tarifs douaniers, surtout pour ses propres entreprises et pour sa population à laquelle les refiler au profit du gouvernement les cumulant et en disposant à sa guise à leur détriment en même temps que forçant des investissements externes, d’abord de ses propres alliés plus aisément mis à sa main et dont faire des subordonnés. C’est présumer pouvoir infléchir la balance commerciale à l’encontre autant de l’interdépendance mondiale que de l’interimpérialisme multipolaire relativisant d’emblée le sien qui se veut unipolaire et se radicalise d’autant en son mercantilisme absolu qu’il est hanté par tout avantage compétitif exportateur vers les États-Unis comme soi-disant injuste, au point de plomber plus que jamais tout libre-échange et d’abord l’OMC. Pression géopolitique et ultimement militaire, a fortiori douloureuse et censée tant s’imposer à autrui que tout lui faire concéder, immédiatement, mais contrainte de se réitérer en se différant au fur et à mesure que s’apercevant n’être pas si immédiate et totale que cela et que s’instaure plutôt la guerre d’usure. Cette incapacité foncière à s’intégrer ses propres affections de sa fantaisie mène à ne que les dichotomiser entre l’ego fantaisiste et l’alter ego auquel n’importe qui d’autre se trouve toujours déjà réduit et assimilé, le tout entre l’autocomplaisance désirante tout entière vouée à sa seule jouissance et la douleur plus jamais éprouvée que d’emblée vicarialisée, donc à faire subir en tiers. Bref, chercher à raisonner ce qui n’est que tendance à tout arraisonner, dès la raison au ressort de quelque idéation que ce soit jusqu’en sa logique purement idéologique jusqu’en toute et n’importe quelle circonstance où elle ne s’éveille plus et ne fait plus qu’y sombrer et s’y enliser en sa propre fantaisie mise en jeu, y manque le sous-jacent porte-à-faux en cause. Lorsque des psychologues, politiciens, journalistes et al disent que Donald Trump se comporte comme un bambin de deux ans, c’est ne rien y comprendre que d’en faire une simple caractéristique individuelle, tout aussi hyperindividualiste que le sont les États-Unis tout entiers, alors qu’il s’agit d’un tel processuel devenir fantaisiste s’instaurant et se relançant incessamment, car même l’enfant ne se sent avant de se penser qu’en s’imageant de façon fort fantaisiste dans l’entre-deux12. Fantaisie si dénaturée que cruelle, car se complaisant d’autant en son propre plaisir issu de son désir de ce dont jouir que projetant et vicarialisant en tiers la douleur exacerbant l’anglo-saxon « to claim is to improve », à savoir s’implanter en un territoire délimité et l’en réclamer est progresser en se le faisant concéder. S’en radicalise encore plus l’enclosure ayant prévalu surtout en Angleterre au début de la Modernité et ayant fait monopoliser la propriété privée et en expulser des populations dont avoir peuplé ce qui est devenu les États-Unis qui cherchent, surtout depuis Trump, à leur tour, à s’absorber d’autres pays, des territoires en cause (métonymiquement axiomachiques dès les Amériques et de là, à travers la planète) aux biens et aux gens, bref selon les trois types d’échanges socialement possibles. Jusqu’aux réseaux socionumériques virent en pièges alimentant non plus tant les seuls clics que la rage (« rage bait » étant le mot de l’année 2026 selon Oxford Dictionary) et de là, la prédation bouc émissarisante (par appât ameutant en vue de lyncher ? « crusade bait »?), voire la cruauté. Même sous façade de limiter la violence, les plateformes numériques carburent à la visibilité virale et économiquement rentable13.

6) L’humain face à la raison cynique: de la crise idéologique à la critique

Pour aborder le XXIe siècle, il est crucial d’y tenir compte du rôle central d’une raison de part en part cynique qui y triomphe et qui, selon que sombrant et se faisant plomber par sa sous-jacente fantaisie ou tout au contraire s’en éveillant, est respectivement ressort d’une incessante crise ou d’une non moins incessante exigence de sa critique. L’incessante crise risque de mener à l’épuisement de soi (sorte de burn out faisant suite à ce que Ehrenberg a appelé La fatigue d’être soi, mais d’emblée faite pervasive fatigue démocratique virant d’elle-même en autocratisation généralisée), si ce n’est aussi à l’épuisement des chaînes d’approvisionnement s’en mettant à se tarir elles aussi et faisant d’autant surgir le spectre de la sécurité nationale pour mieux s’en assurer au point de départ de toute capacité productrice économique. La crise fait s’enfermer d’autant toujours plus en soi-même et sa clique (si cliquante et viralisante soit-elle) que se bute sur autrui uniquement à pourfendre entre ce qui s’en assimile et ce qui en est à refouler, mais qui fait retour et vient d’autant hanter qu’il faut toujours plus s’en protéger et sécuriser, tant il ne paraît qu’épuisant, donc à écarter et marginaliser (condition indirecte de l’assimilation), si ce n’est à assimiler plus directement pour l’en faire disparaître, à moins de procéder par la purge l’éjectant14. Tout au contraire, l’incessante exigence critique est plutôt


1 https://www.ledevoir.com/monde/etats-unis/964974/guerre-iran-occulte-dimension-biblique, 19 mars 2026, par Fabien Deglise.

2 De même, Peter Thiel, inspirant Vance et procurant à Trump via Palantir un système de surveillance civile et militaire autant intérieur qu’extérieur aux États-Unis, inverse le message paulinien d’attention à l’autre (à la façon de la fantaisie cruelle): « Thiel ne nie pas la vérité chrétienne il vient même jusqu’à Rome pour en témoigner. Mais il en isole un fragment, le détachant de tout le reste, et l’absolutise jusqu’à le retourner contre lui-même. C’est, en ce sens, la définition exacte de l’hérésie », https://legrandcontinent.eu/fr/refutation-spadaro-thiel. Pourquoi l’Église de Léon XIV dit non : une réfutation jésuite de la théologie politique de Peter Thiel. Il s’agit d’une technique utilitarisme géopolitique, comme celle que Netanyahu a utilisée devant le Congrès étatsunien en 2015 en brandissant le livre biblique d’Esther pour en inverser de façon fort fantaisiste le sens général à partir d’un détail décontextualisé et abusivement généralisé en son lieu et place, sous sa façade et à son encontre pour occulter la bonne entente que Ben Gourion avait établie avec l’Iran (1948-1979) et faire accroire que la mésentente advenue depuis lors remonterait à un atavique antagonisme de 2 500 ans selon lequel, au lieu de sauver Israël, l’Iran aurait toujours voulu le détruire, ce qui faisait appel à la transformation du sionisme (retour en terre d’Israël) en néosioniste (retour d’Israël d’avant la diaspora pourtant advenue seulement plus tard en l’Empire romain) selon d’émergeants chrétiens évangéliques protrumpiens. De même, d’un point de vue ficinien, Thiel réduit et confond le syncrétisme pagano-chrétien avec un paganisme chrétien fait katechon, à savoir ralentissement de la manifestation du mal en l’histoire, en vue d’un eschaton, à savoir l’accomplissement de la même histoire qui n’est pourtant pas plus cessation présumée depuis et par une chronologie politique s’imposant telle et qui est plutôt tension vers Dieu, dont l’apocalypse n’est pas du tout une catégorie politique faite prophétie de la terreur pourfendant bons et méchants et est plutôt sa révélation qui est connaissance salvatrice… ouverte aux nations, de Cyrus à Jésus. Thiel fausse jusqu’aux paix et sécurité (censées être promues par le CPS de l’ONU) en termes si naïfs qu’antéchristiques (en étant soit dupes ou complices) afin de plutôt sacrifier toute liberté au profit du seul libertarisme qu’il promeut et qui exige de déréguler toute la technosurveillance issue de Palantir pour être bon plutôt que méchant, avec fantaisie cruelle à la clef et au ressort d’une raison cynique démultipliant les crises au fur et à mesure que parvenant à échapper à toute critique : « Un ordre fragmenté, compétitif, où la guerre s’étend et où chaque gouvernement doit avoir recours aux nouvelles technologies pour pouvoir tenir, est un ordre dans lequel ses produits sont plus demandés. » (…) « Mais son système de pensée est construit de telle manière qu’il lui est impossible de voir le point où il se retourne contre lui-même. Il se présente comme le katechon le gardien qui retient l’apocalypse mais tout ce qu’il fait concrètement le place du côté de l’eschaton: accélérer la technologie, résister à toute régulation, construire les systèmes de surveillance qui rendraient possible exactement le pouvoir totalitaire qu’il dit craindre. » Le Christ n’apparaît plus que depuis l’Antéchrist.

3 Yvan Morin, De quel Zoroastre à quel Dieu? De la révolution des savoirs à la prisca theologia, source de philosophia perennis, depuis Ficin, Paris, L’Harmattan, 2024, p. 93.

4 Il faut distinguer la Sainte Colère, dont celle du Christ au Temple, de la colère humaine plus usuelle à laquelle tout un chacun est appelé à se mesurer d’abord au sein de lui-même comme à une inclination commune à tous, au ressort des quatre vertus cardinales qui s’imposent depuis l’intégration de la morale stoïcienne issue de Sénèque par Saint-Martin de Bragan et pervasive dans les écoles publiques chrétiennes jusqu’au XVIe siècle: la prudence s’oppose et exige, avec un rapport plus autoréflexif au ressort d’un sens de soi irréductible à son seul ego, de se distancier de la colère si mauvaise conseillère dès qu’elle n’est qu’une passion aveugle, surtout chez un dirigeant risquant d’en virer en tyran; la magnanimité (fortitude ou force de l’âme) fait même pardonner jusqu’à ce qui est pourtant jugé blesser; la tempérance fait se modérer et se détacher de tout bien pouvant être matériellement en cause au profit du spirituel (autoréflexivement généré du sein de Dieu au ressort d’un tel sens de soi alors insufflé de l’Esprit-Saint en l’esprit humain); et la justice, au sens d’une juste mesure, s’ensuit pour la préservation de la société, voire de tout ce qui est d’emblée social en tout humain, si individuellement considéré soit-il. Bref, nul ne peut gouverner sagement s’il ne se gouverne pas d’abord ainsi lui-même, et ce, en faisant se métamorphoser l’anthropologie pessimiste stoïcienne de Sénèque en optimisme chrétien. Celui-ci en dégage même au gré de la prisca theologia ficinienne une philosophia perennis (voir De quel Zoroastre à quel Dieu ?), voire l’aperçoit et la dégage de sa propre intelligence sous condition expresse de se mesurer et s’éveiller des affections de sa propre fantaisie (voir De l’humain à l’humaniste dans le monde). Qu’en reste-t-il en l’étatsunien néosionisme chrétien empreint d’un Dieu Colère se faisant ressort de rage libertarienne que magnifie Fantasyland? Surgit une incessante résurgence et exacerbation de l’individualisation en pur individualisme egocentrique qui a pu devenir saillant dès la Renaissance au seuil de la Modernité et mener autant à l’ego cartésien (Morin, 2022-2026) qu’aux protestantismes dont a surgi autant l’esprit du capitalisme (de Calvin à Weber) qu’une déconstruction théologique luthérienne jusque de la prudence s’en estompant de spirituelle (pouvant seule viser le bien commun et éviter le mal commun, mais dont l’universalité est alors dite impossible en ce monde jusqu’en tout humain aimant par-dessus tout Dieu censé lui en infuser la grâce, d’abord celle d’un sens de soi apte à se questionner en toute et quelque réduction à son ego) en seulement charnelle (rejetant d’emblée cette universalité dite lui être inaccessible en ce monde pour ne l’être qu’en l’éternité divine et faisant suivre entre-temps uniquement les dictats présomptivement purement egocentriques de la seule quête de son seul propre bien, tout en s’évitant le mal, ce qui se radicalise par les affections d’une fantaisie en virant cruelle). Une fois que la prudence cède au ressort de toute raison pratique un tant soit peu éthiquement opérante et source de quelque action morale, s’ensuivent aussi les trois autres vertus cardinales, car elles sont comme une seule vertu quadripartite depuis que Augustin les a recentrées (cardo traduit kentron centre) sur l’amour issu de Dieu et diffusé entre tous les humains jusqu’en tout un chacun, d’âme (si la raison s’y éveille de sa fantaisie, depuis Ficin) jusqu’en son corps. D’où, faute de prudence, un Cyrus qui, s’il a pu être magnanime en son temps, ne l’est guère au moment de devenir trumpien et d’en être d’autant intempérant et injuste, dès sa conception tronquée de tout accord/discord. A fortiori lorsque Trump se présente sous la figure du Christ et paraît au contraire être l’Antéchrist jusque parmi les plus fidèles protestants évangéliques ayant projeté en lui l’élection, de divine en politique, susceptible d’étancher leur soif néosioniste. Et quand Trump s’en prend au tout 1er pape étatsunien, il oublie que catholique signifie universel et que s’y ravive en tout humain, dès sa source la plus sociale, toute la tension de tout ce glissement vers l’individuel, car du même coup du spirituel en matériel, surtout si ces vertus cardinales s’y vicient et empêchent jusqu’au laïc de l’en chérir et donc, de ne s’en départir que sans le pervertir. Le catholique Marc Rubio s’envole donc à Rome raccommoder l’administration Trump avec le pape.

5 Le glissement qui se radicalise d’individuation (constituant l’individu) via l’individualisation (surtout si en des sociétés incitant tout individu à reprendre à titre individuel sa propre individualité) en individualisme egocentrique et fait se séparer philosophie et théologie chez Luther, les fait aussi inversement se réunifier, tant s’en condense l’expérience, de sa teneur mystique vécue en l’individu la vivant et considéré être un(e) mystique. Il n’y a nouvelle religion qu’avec nouvelle mystique la compensant. Sinon, bien noter que Dieu se donnant en l’âme jusqu’à la plus intellective et a fortiori aux prises avec la fantaisie (surtout si cruelle), risque autrement de virer en Ça donne (dont Je et SurJe), de son inauguration nietzschéo-freudienne à sa transposition philosophique heideggerienne et sa problématique interface avec nazisme/sémitisme, dont celle en ayant émergé entre islamisme politique des Frères musulmans et sionisme fait néosionisme.

6 Jeannine Quillet, Remarques sur les théories politiques du XIVe siècle, dans C. Bazan, E. Andujar, L. G. Sbrocchi, Les philosophies morales et politiques au Moyen-Âge, Actes du IXe Congrès international de Philosophie Médiévale, Ottawa, du 17 au 22 août 1992, pp. 1571-1581.

7 C’est via Joseph que l’autorité au ressort de la tradition romaine se christianise au sein de ce monde, du moins en Sainte Famille, par distinction de l’autorité plus ecclésiastique des Pères de l’Église. En effet, Joseph signifie très littéralement « Dieu augmente (son peuple) » et rappelle donc incessamment l’« auctoritas » romaine, à savoir, comme nous l’a déjà fait voir Arendt « Le mot auctoritas dérive du verbe augere, « augmenter », et ce que l’autorité ou ceux qui commandent augmentent constamment c’est la fondation ». Dante résume encore plus succinctement: l’autorité est l’acte d’auteur, à savoir de celui qui a fondé ainsi à l’origine, ce dont la tradition ne transmet l’héritage qu’en l’enrichissant et augmentant, donc en magnifiant toujours davantage l’autorité, au sens premier du terme. On aperçoit comment et par où le père de famille a pu s’identifier à l’autorité et sa paternité si longtemps prédominer (car il était investi de Dieu en faisant celui par qui augmenter son peuple) avant que s’en dégage et autonomise une idée plus générale et égalitaire de parentalité valant humainement à la fois « homme et femme », comme l’ont promue des États davantage distincts et autonomisés en regard d’Églises sises cette tout autre et nouvelle sorte de familles, jamais spirituellement que fort temporellement constituées. Le pape Jean-Paul II a été formé auprès de tels couples et s’est aperçu de tout ce qu’en véhiculait déjà théologiquement le récit biblique sacerdotal de la Genèse. S’étonnera-t-on un tant soit peu que ce sont les Romains qui, avec l’autorité et la tradition, ont forgé le mot « religion » avec lequel le christianisme s’est débattu pour se l’approprier? C’est par la confusion de la religion avec le seul monothéisme que surgissent les monothéismes se l’entre-déchirant jusqu’à l’absurde en même temps que Dieu même, pourtant si unique.

8 Daniel Horowitz, Leibowitz ou l’absence de Dieu, Paris, L’Harmattan, 3e Éd., 2026. En préservant autant Dieu que la foi, Leibowitz tendrait à un conjoint athéisme méthodologique, selon Horowitz le nommant tel et l’intégrant au titre de son livre. De fait, « Le judaïsme, en revanche, se distingue par la tension qu’il institue entre le culte et la pensée: il introduit un mouvement d’abstraction qui, sans abolir le religieux, le soumet à l’exigence de la raison ». J’ajoute que ceci n’est possible que si la raison s’éveille plutôt que s’enlise en sa sous-jacente fantaisie, a fortiori ses affections. Sinon, comme l’imaginaire se transforme de mythique (pansocial) en fantaisiste (individuel), la raison risque de ne plus s’assainir en son idéation jusqu’en sa logique que de s’enrayer et se braquer en idéologie en même temps et a fortiori si sur la base de la religion en idolâtrie. Telle est l’exigence ficinienne de s’éveiller à l’aune de Dieu y incitant, voire insufflant d’être un au point d’en être tout aussi si unifié que doté d’en être soi et de s’apercevoir en sa propre identité, et de ne surtout pas se présumer l’être toujours déjà. Ceci s’articules avec « La pensée de Leibowitz n’est pas un système clos, mais une vigilance: elle enseigne à ne pas confondre Dieu avec le monde, la Loi avec la morale, le pouvoir avec la vérité. » Éveil transitoire et processuel au fur et à mesure que se tendant de sensible (via la fantaisie) en intelligible en un sens et, en se reployant, vigilance en sens inverse qui lui correspond plutôt que se durcit au point de se réifier et s’enkyster par idéologie fantaisiste ne s’adonnant qu’à elle seule. Le christianisme apporterait l’éveil processuel d’autant de soi à soi que de Dieu à l’humain par lequel s’incarner et le judaïsme la vigilance distinguant Dieu du monde. Le perd de vue le néosionisme se faisant accroire n’être que sioniste.

9 Le Coran, trad. par Édouard Montet, Paris, Payot, 1958.

10 https://theconversation.com, Iran du régime des mollahs au régime des gardiens, 15 mars 2026.

11 Voir Y. Morin, Du débat entre Ficin et Pic à Rabelais. La Renaissance philosophique, d’italienne à française, Paris, L’Harmattan, 2026, la 3e section de la conclusion.

12 Le Parti Libéral du Canada fait la même chose, mais en miroir tout le libéralisme trudeauiste issu du père Pierre Elliot se préserve sous façade du fils Justin à évincer comme si tous ses dysfonctionnements seraient dus à l’individu et disparaîtraient avec lui au moment de lui substituer Marc Carney, surtout face à Donald Trump qui, lui, ne fait pas se perpétuer un système à travers un individu y remplaçant un autre à cette fin, mais, à l’inverse, s’impose comme l’individu qui vient mater le système, voire tout système.

13 https://theconversation.com/rage-bait-le-mot-de-lannee-met-en-evidence-une-mutation-des-medias-sociaux-vers-la-fabrication-de-la-colere. Maintes dites IA conversationnelles facilitent le passage à l’acte, l’assistent et l’encouragent. Le profit prime sur la sécurité.

14 Jusqu’à tout éveil est tellement tronqué dès la gauche qu’il l’est a fortiori à droite, s’en rendant tout aussi woke, mais en miroir. Pour un bref compte rendu du livre de Thibault Muzergues, La droite woke. La gauche n’a pas le monopole du wokisme, voir Richard Martineau, https://www.journaldemontreal.com/2026/03/12/la-droite-est-rendue-woke. L’éveil est d’autant tronqué par wokisme le présumant valoir en soi que s’occultant s’effectuer de sa fantaisie (avant de s’y enliser) à sa raison, tant jusqu’à l’ego s’y ramène


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