Banniere Yvan Morin
Table des matières

4) Coopérer sous l’égide de l’ONU pour stabiliser le monde ?

Écrit par

dans

Automne 2026: une élection est prévue autant en Israël (probablement avec impasse gardant Netanyahu au pouvoir, le temps de la dénouer, mais en faisant perdurer le sionisme en tous les cas, bien que ce puisse être éventuellement selon un style plus avenant si le délogeant finalement1) qu’aux États-Unis, à mi-mandat, en vue de renouveler avec une part du Congrès, la balance du pouvoir. Les jeunes de 18-29 ans ayant voté Trump sont désenchantés et frustrés qu’il fasse la guerre et donc le contraire de ce qu’il a promis. De fait, ils le sont des deux Partis politiques. Le système entier leur semble ne pas fonctionner et Trump est en quête pour l’empirer et contrôler qui peut voter, à savoir si votant plus probablement pour ses candidats, autrement à risque d’être emportées par une vague démocrate un peu trop susceptible d’advenir, ce pourquoi, par exemple, le vote postal est particulièrement ciblé, car cru être plus favorable aux Démocrates. Les jeunes, non seulement déçus, mais peinant à se reconnaître une soi-disant démocratie toujours plus électoralement dysfonctionnelle et biaisée, envisagent de ne pas voter. Sans parler de contradictions internes: ICE peut s’en prendre aux migrants, mais « si vous voulez que la prochaine génération ait des enfants, vous devez lui permettre d’accéder à des logements abordables » et d’abord, en améliorer le pouvoir d’achat1. Pas très libertarien, à moins que la centration élitique sur son tas d’argent avec polices intérieures et guerres extérieures pour le monopoliser soit la seule source d’enfants. Solution trumpienne: enrôlement militaire non plus volontaire, mais obligatoire des 18-25 ans, par enregistrement informatisé, sinon amende ou prison. Et des vétérans, endettés sous Biden, se font éjecter de leur logement sous Trump. De fait, maints pays ayant suspendu le service militaire obligatoire le rétablissent. Qu’en est-il des vétérans ?

L’enjeu n’est pas qu’idéal, voire légal (par l’État), mais d’abord celui des mœurs (par le vivre-ensemble inhérent à la société civile). Le signalait déjà Montaigne: pourquoi des lois là où les mœurs suffisent? Mode de vie, développement humain basique et éventuelle opportunité pour le droit international, si interétatisé soit-il, de parvenir à un peu mieux cheminer dans le réel. En s’appuyant au Moyen-Orient sur une force stabilisatrice déjà apte à intervenir en tiers des parties belligérantes, l’Assemblée générale onusienne peut se doter d’un CI en regard de son CPS et lui demander de s’enquérir auprès des diverses instances onusiennes et internationales des meilleures voies, les mieux praticables en temps réel, pour créer des jalons contribuant à faire progresser et se réaliser ledit idéal. Le point le plus crucial est d’abord de cerner et formuler les problèmes en termes de doubles actions d’autant spécifiques, mais universalisables qu’aptes à inverser l’incessante inversion fantaisiste qui en intervertit tant le sens que fait s’écrouler toute universalité pourtant appelée à perdurer en une contrariante et réitérative suite de courts termes qui se l’avalent et contrent, avec tout développement durable, aussi l’humanitaire et les droits humains, donc tout développement humain s’intégrant les trois. S’instaure une géopolitique apte à se repérer et s’ajuster à sa géophysique sous-jacente pour mieux faire s’y implanter ce développement humain, d’emblée recherché par le CI, dans des conditions davantage susceptibles d’être plus que moins propices à la paix et à la sécurité et à faire valoir auprès de son CPS et plus large Conseil de Sécurité, en et hors de l’ONU. Avec et depuis une Assemblée générale dotée d’un CI lui permettant de s’autonomiser de son CPS et de commencer à l’en moduler, l’ONU peut s’étayer d’un tel dispositif stabilisateur en train de se mettre en place en tiers des parties belligérantes et proposer une alternative. Là, mais aussi ailleurs, surtout au Liban dont les forces armées, si mieux armées et conjuguées avec un Israël sommé de choisir de coopérer avec elles, peuvent désarmer le Hezbollah et vraisemblablement davantage se l’absorber que l’anéantir, plutôt qu’Israël profiter de l’approximatif cessez-le-feu entre États-Unis et Iran et en faire le prétexte d’une attaque ne visant qu’à établir le Grand Israël l’occupant au Sud (d’autant qu’y étant propulsé et armé par les États-Unis chrétiens évangéliques néosionistes pro-trumpiens auxquels aussi demander de s’ajuster, alors que Trump exige que Israël se tempère à la façon de son approximatif cessez-le-feu), le tout avec Casques bleus légitimant la stabilisatrice interface coopérative pour transformer plus que faire disparaître la FINUL (Force Intérimaire des Nations Unies au Liban). D’ailleurs, France et Italie s’ouvrent à une telle transformation, tandis que le Liban s’est mis à envisager des zones pilotes, surtout en y étant appuyées par une telle force onusienne, pour à la fois faire s’y résorber le Hezbollah et s’en retirer l’armée israélienne. La proposition, qu’elle soit acceptée ou refusée, serait un immense révélateur, surtout que s’instaurent déjà de telles amorces susceptibles d’y mener et de faire considérer la rendre plus pleinement opérantes. Peut-elle se formuler dans l’horizon des missions de l’ONU (avec embargo sur toute entrée d’armes dont mieux contrôler la circulation dans la région, y compris en Israël) ? Le Hezbollah est un proxy de l’Iran, certes, mais il est d’abord né de l’invasion israélienne du Liban avant de le devenir. De plus, la démonstration d’une capacité onusienne d’inciter Israël à rester dans ses frontières et à coopérer au-delà, démontrerait à l’Iran un début de sécurisation du Moyen-Orient et une moindre nécessité du Hezbollah, surtout si lui-même du même coup en voie de résorption en et au profit de forces proprement libanaises ainsi mieux constituées sous l’égide de l’ONU (sans se faire envahir par Israël et sans que ça dérive en guerre civile entre le Liban et le Hezbollah selon des rapports trop conflictuels entre les deux, surtout face à la relation à entretenir avec Israël). Plus encore, si l’ONU se révèle être la voie par laquelle pouvoir échapper aux incessants revirements étatsuniens, comme d’Obama à Trump face à l’Iran, elle peut susciter un dialogue, ouvert au concert des nations, surtout si plus garant de succès. L’ONU, si renforcée, peut apporter plus de permanence et bien plus de stabilité (si espérée par maints pays), là où les États-Unis virent en girouette électoraliste (d’autant que leur système électoral est dysfonctionnel) et sont plus inconstants.

Plus le Sud s’autonomise du Nord, plus l’écart se creuse et plus s’installe ce que François Martin appelle Le temps des fractures: « À cela, de nombreuses causes: moins le passé esclavagiste et colonial que ce que l’on croit, mais bien plus une dérive du nord, qui dit vouloir promouvoir les valeurs de liberté, de démocratie et de paix, mais répand au contraire, de façon perçue comme hypocrite par le sud, la domination, le matérialisme, le pillage et la guerre. » Plus l’écart de puissance est mis en cause par le Sud jusqu’en le Nord dont s’autonomiser, plus se pose la question de savoir si la toute-puissance, d’autant qu’elle a pu être la plus grande et en l’occurrence celle du Nord, s’ouvre et s’aménage jusqu’en le réel ou tout à l’inverse, si elle cherche encore à s’y imposer et hiérarchiser, mais non sans une telle crise toujours plus marquée de légitimité quant à l’hypocrisie rendue toujours plus visible et ce, jusqu’en l’Assemblée générale onusienne, dont sa plus grande part issue du Sud global pourrait chercher à mieux se faire représenter par le CI dont il se doterait, surtout face au CPS qui, lui, n’en est guère représentatif. Pendant Le temps des fractures, « Un pays pourrait jouer un rôle majeur dans ce contexte, pour apaiser ou au contraire exacerber les tensions, c’est la France. » Paris est un lieu de rencontre entre les États-Unis et la Chine. Et comment faire du dispositif français déployé en Méditerranée une posture de puissance résolvant sa quête de pertinence davantage que, via son obligation de défense de pays tiers (Qatar, Koweït et Émirats Arabes Unis) pris comme les pays arabes de la région dans un même entre-deux, risquant de se faire entraîner dans l’engrenage de la guerre israélo-étatsunienne contre l’Iran1 ? Pour parvenir à tenir et jouer son rôle en Méditerranée moyen-orientale lors du conflit israélo-étatsunien face à l’Iran et à sa tendance expansive, le dispositif français stabilisateur, ne semble pouvoir être vraiment rassembleur que si s’accordant avec l’ONU pour laisser entrevoir une tout autre sorte possible de Conseil de la paix que le trumpien entre-temps instauré à Gaza. Le tout peut se doubler d’une exigence linguistique de clarté susceptible de progresser avec la langue française qui vient de devenir la 4e langue la plus parlée au monde1. Cette clarté n’advient aucunement sans se mesurer et se gagner sur une fantaisie prompte à intervertir le sens des termes employés (je dis me défendre en t’agressant, car je me fais tant accroire que tu m’agresses ou es sur le point de m’agresser qu’il me faut m’en et donc te le défendre, ma protection et ma sécurité se mesurant à l’aune de ton entrave, interdiction, voire destruction, dans la ligne des tabou-paranoïa-cruauté). D’ailleurs, il vient d’être établi que les instances mentales (raison, entendement et fantaisie) se sont empersonnifiées à partir de l’italien en français depuis la Renaissance, au point de révéler Rabelais comme celui d’où leur sous-jacente prise de conscience peut émerger autant au ressort de Descartes qu’au seuil de la Modernité2. Émergente capacité d’une raison qui jusqu’en son entendement devient apte à cerner l’exigence de se mesurer d’autant à sa fantaisie, selon des doubles actions universalisables à même les spécifiques, qu’elle peut s’en éveiller et d’autant s’apercevoir qu’en inverser l’inversion plutôt qu’y sombrer et s’enliser en sa pervasive interversion du sens des mots au gré d’un jugement uniquement circonstanciel et à court terme faisant accroire qu’en se réitérant il peut s’avaler et laminer tout jugement plus universel de ce qui tout au contraire ne perdure qu’en s’inscrivant dans le long terme. Et ce, sans s’idéaliser à outrance et manquer son propre court terme d’où jaillir et instaurer des jalons d’une ère historique, d’emblée distincte de la simple chronologie des dates et événements, car les regroupant et s’en périodisant selon un début et une fin dont l’entre-deux ne se constitue d’un ensemble de caractéristiques communes qu’assorti d’instances secondaires susceptibles de constituer d’éventuels germes d’une autre période les faisant prévaloir. Doubles actions si sensées qu’adaptatives au changement.

L’humain se tient debout (en se repérant et s’ajustant de bas en haut, pour peu que le haut s’ouvre et fait place au bas, comme la tête au-dessus et là où avoir les pieds) jusqu’en son horizon visuel (lui-même de physique à mental et par là, en sa raison jusqu’en son entendement face à sa propre fantaisie forgeant l’image autant de soi que du monde circonstanciellement en cause). Sinon, tout s’inverse dès qu’il s’y fait avaler comme d’où ne plus que s’imposer du Ciel à la Terre et donc de haut en bas et se superposer à la gravité modulant jusqu’à sa station debout et pouvant y être tout autre chose qu’une simple attraction-pression verticale. Comme en l’ascenseur einsteinien créant son équivalent en s’élevant, la gravité, mais de physique à humaine, au sens de jamais individuelle que d’emblée sociale, peut n’en être plus qu’un effet de champ susceptible d’advenir avec l’ascension sociale, à savoir avec l’ascension de la société entière plutôt que seulement des individus la constituant, si ceux-ci sont pour pouvoir l’éprouver, certes sans doute à divers degrés et certains plus que d’autres, mais néanmoins tout un chacun, pour peu que le développement humain devienne sensible en des conditions de paix et sécurité lui étant davantage plus que moins propices. Hiérarchie relativisable ou à l’inverse, prétendument absolue, selon une présomption étatsunienne d’unipolarité unilatéralement opérante a contrario du multipolaire en pleine expansion, voire de l’interdépendance panplanétaire devenue pervasive et en exigence d’universalité irréductible à quelque spécificité particulière s’imposant plutôt que l’impulsant ? Même si la Chine brade son pétrole, « L’Iran impose progressivement un système inédit le passage sécurisé des pétroliers dépendrait désormais de transactions en yuan chinois plutôt qu’en dollars »1. Cette stratégie remet directement en cause le système du pétrodollar construit par les États-Unis depuis les années 1970. Peut s’accélérer un basculement historique du système financier mondial. De même, l’OPEP s’en désagrège, surtout depuis que les Émirats Arabes Unis -une victime collatérale majeure de la guerre israélo-étatsunienne avec l’Iran- ont décidé de la quitter.

Par-delà celle en cours, la crise qui s’en vient et s’accentue entre le pétrodollar et l’alternative en train d’en émerger et s’en constituer en parallèle, l’ONU peut contribuer à faire s’ouvrir la géopolitique à une économie sise sur un tiers système monétaire. Keynes en avait déjà soulevé la possibilité lors des discussions de Bretton Woods, mais le Royaume-Uni, au sortir de la 2e Guerre mondiale, était sur les genoux et l’étatsunien White a donc finalement imposé l’hégémonie du dollar, ce qui a alors été entériné par les maints pays (exsangues) rassemblés. Or, l’impérialisme ne se passe plus tant de l’un à l’autre dans un temps diachronique, comme du Royaume-Uni aux États-Unis. S’impose dorénavant une synchronie se diachronisant telle entre les impérialismes (États-Unis, Russie, Chine… peut-être avec tampon et levier européens à leur interface si France et Royaume-Uni n’agissaient face à eux au sein du CPS qu’avec une Allemagne représentant l’Europe au sein du CI par lequel l’Assemblée générale s’en autonomiserait). Cette synchronie se diachronise en bouleversant tout. Espace-temps ? Même le temps n’est plus linéaire que sous-tendu de la synchronie en cause s’y mettant en jeu et en faisant un volume en lequel faire s’ouvrir maintes directions possibles, donc de telles avenues de côté indiquant pouvoir se déployer autrement à tout moment selon ces diverses branches. Zeitgeist, car même en théorie physique, une conception semblable du temps en trois dimensions distinctes de celles de l’espace vient d’être avancée1.

Au cœur du CPS de l’ONU et jusqu’à travers la planète entière, les grandes puissances, non seulement la Chine et la Russie, mais aussi les États-Unis, sont toutes plus autoritaires les unes que les autres, surtout depuis que Human Rights Watch, le 4 février 2026, a mis en garde contre la tentative trumpienne d’imposer un contrôle fédéral (avec police secrète, plus FBI, ICE et forces armées sous contrôle personnel de Trump)2 sur les règles électorales censées relever des États au sein des États-Unis afin d’éviter un résultat qui s’annonce défavorable lors des élections mi-mandat et ce, sous façade de « garantir l’intégrité des élections »1, à la façon dont il a cherché à voler l’élection présidentielle de 2020 en faisant accroire que les Démocrates alors vainqueurs la lui auraient soi-disant volée. Par fantaisie, le sens de tous les termes s’intervertit: le voleur se dit volé et celui à qui voler est le voleur. N’est-ce pas d’une limpidité d’autant totale que tout n’advient qu’en miroir et fait tout se refléter en s’intervertissant selon une circularité se voulant totalement inextricable ? Les faits n’ont jamais été autant alternatifs, au sens de moteurs alternatifs: il suffit de quelque piston pour convertir toute la pression verticale exercée en mouvement rotatif faisant fonctionner toute cette machinerie, si ce n’est machination. Comme la Terre: ça tourne ! ça tourne! À moins que ce soit le Ciel, semblant d’autant aller en sens inverse et engager jusqu’à l’univers entier. L’étymologie le dit univers, de « unus/versus », à savoir de « un/tourner », ce qui signifie tourner en un et en former un tout, mais, si se confondant avec le Ciel, semblant tourner autour et en sens inverse, cette puissante illusion quotidienne si usuelle ne se rectifiant que par révolution dite copernicienne. Le dit en appelle à la vue, mais la vue physique s’étend de là où être, sur Terre, jusqu’au Ciel, en leur départage à la ligne d’horizon. Du moins, si jusqu’à la vue ne passe de physique à mentale et ne s’y rectifie. Comme si, en s’élançant en esprit non seulement de mais avec la Terre au Ciel où le Soleil paraît en son milieu, y étant soi-même hors Terre et en tiers entre Terre et Soleil au milieu de son Ciel. Surtout si y advenant en tiers à la façon de ces nocturnes étoiles éloignées qui semblent plus fixes en ce même Ciel et d’où tout en reconsidérer, jusqu’au départage fait le jour à la ligne d’horizon et engageant, sur la verticalité de la Terre au Ciel, ma propre verticalité s’y inscrivant, des pieds sur Terre à ma vue en débordant à l’horizon vers le Ciel, voire vers son milieu qu’est le Soleil, le jour, en contraste des autres Étoiles, la nuit. Voire y débordant en appel de l’univers, donc de l’universel les intégrant en les faisant tourner, non seulement tout un chacun sur lui-même, mais en un seul et même tout. S’y révèle ce qu’est passer du cas particulier, mais considéré en sa spécificité retracée en toute sa complexité existentielle si multidimensionnellement intégratrice, à l’universalité. S’y exemplifie ce qu’est une double action, certes spécifique, mais d’emblée aussi portée à l’universel.

Or, la politique extérieure étatsunienne trumpienne se veut tout aussi unilatéralement imposée, à l’image de sa politique intérieure qu’elle serait censée confortée et ce, selon la même incessante fantaisie cherchant à générer en son miroir l’envers à donner en lieu et place, sous façade et jusqu’à l’encontre du réel le plus évident et à virer à l’envers de lui-même pour l’y faire correspondre et s’y conformer. Trump s’installe en son porte-à-faux fantaisiste qui n’est aucunement les faussetés qui s’en mettent à proliférer et le font paraître mentir. Elles ne sont que les ressorts de son incessante mise en spectacle faisant l’oublier à leur source (comme la Terre s’oubliant tourner sur elle-même à la source de son Ciel lui semblant avec son Soleil, le jour, et avec toutes les plus lointaines Étoiles, la nuit, tourner en sens inverse) au fur et à mesure que s’y trouvant distrait, dès qu’y clouant son attention et s’en mettant à contribuer à en être leurré. Quand ce qui ne serait que faux s’avère plutôt l’exact envers de la réalité et en donne l’apparence en être telle en son lieu et place, c’est qu’il y a porte-à-faux à sa source et telle est la fantaisie, non seulement en adhérant au seul circonstanciel, mais en n’y adhérant et n’en jugeant que depuis et selon soi seul, toujours plus à son seul ego toujours plus idiosyncrasique jusqu’en son egocentrisme, à force d’y sombrer plutôt que d’en émerger à sa raison et s’en rendre plus intellectif au point de s’apercevoir que même l’ego peut alors être un mot disponible à tout un chacun, donc aussi à autrui. La présidente mexicaine l’a résumé par une belle formule dès le début du 2e mandat de Trump, à savoir qu’il a son style bien à lui (et qu’il faut bien faire avec cela le temps qu’il sera là). Netanyahu, lui, a parfaitement compris que sa fenêtre d’opportunité n’était que de deux ans pour s’en prendre à l’Iran et y entraîner les États-Unis, qui ne lui ont jamais autant été favorables que sous Donald Trump (porté non plus tant par MAGA que d’abord le néosionisme de chrétiens protestants évangéliques assimilant jusqu’au Christ à sa souche judéenne et jusqu’en celle-ci, Dieu à César, au gré d’États-Unis trumpiens se confondant avec l’État d’Israël)1. Pour plus de deux ans, il faudra possiblement que les États-Unis trumpiens virent pleinement autocratiques aux élections de mi-mandat, voire utilisent l’urgence pour perdurer tels au pouvoir en maintenant un état de guerre permanente, à la fois interne et externe. Comme en le CPS de l’ONU, à miner à la fois de l’intérieur et l’extérieur. Comme Netanyahu (de fait, plutôt toute la frange orthodoxe d’extrême-droite par laquelle il se maintient au pouvoir, dont a autrefois jailli le meurtrier d’Yitzhak Rabin et dont hériter et perpétuer la radicalisation) en Israël et au Moyen-Orient.

N’y voir que des faussetés et des mensonges, là où il s’agit de littérales inversions factuelles (euphémisées en faits alternatifs lors du 1er mandat trumpien) est manquer qu’il s’agit d’un incessant porte-à-faux d’où les produire et dont ils ne sont que les épiphénomènes pouvant d’autant plus leurrer que l’attention s’y trouve divertie et détournée selon leur incessante mise en scène en faisant des spectacles d’autant plus éhontés que se constituant selon sa seule fantaisie et pouvant ainsi perdurer tels en deçà non seulement de la honte, mais a fortiori de toute culpabilité ne lui étant que subséquente et présumant d’abord de se responsabiliser et pour ce faire, de laisser émerger et d’instaurer entre-temps quelque tribunal de sa propre raison. C’est pourtant établi depuis l’historicisant devenir de l’Antiquité grecque, mais dont ne rien se rappeler, faute de réminiscence platonicienne1, voire platonico-ficinienne, car la cernant émerger de sa sous-jacente fantaisie et a fortiori ses affections comme ce dont s’éveiller plutôt qu’y sombrer et s’y enliser. Par ces plus de deux mille cinq cents ans d’histoire et surtout depuis son moment renaissant italo-ficinien l’en faisant resurgir et s’étant condensé en France chez Rabelais en deçà et au ressort jusque de Descartes dès le seuil de la Modernité au point de l’en éclairer, le porte-à-faux mis en jeu par Donald Trump provient d’une fantaisie débridée ne condensant d’autant tout Fantasyland, comme Andersen en dénomme les États-Unis, que l’ayant élu pour pouvoir s’y admirer en ses propres mœurs s’y confondant en leur propre mise en scène fort addictive.

Cette drogue mentale spéculaire si addictive infléchit tellement la forge de l’ego si mobile en Dieu qu’elle l’en fige en et par l’humain en cause et l’en fait narcissiquement s’admirer en son miroir, tant sa propre mise en scène fait d’autant se donner de soi-même à soi-même (selon un effondrement total de toute autoréflexivité, seule génératrice du sens de soi, en une autocausalité fort circulaire du self-made man laminant et tronquant tout humain de sa teneur d’emblée sociale au profit de sa seule teneur si individuelle qu’hyperindividualiste jusqu’à l’égocentrisme) qu’en son propre spectacle. Ce spectacle surgit comme en un rêve ne s’apercevant même plus se projeter du sommeil en pleine veille sur le réel, dont la part tronquée et en quelque sorte automate peut resurgir de sous son refoulé et venir hanter par fort pervasive hallucination transposée et condensée en robotique conversationnelle, au gré d’un tel ego à la source d’un tel alter ego (car c’est bel et bien la part rendue automate de soi qui tant s’externalise et se robotise que s’y (ad-)mire). Or, cette drogue mentale est plus addictive que n’importe quelle drogue plus matériellement en cause, si susceptible de la soulager de son si pervasif cauchemar et présumée seule à combattre, mais n’étant que son symptôme matériel le plus manifeste, voire faisant s’occulter soi-même pour ne plus que s’y projeter et l’en réifier, littéralement l’en fétichiser et brandir soi-disant chez les autres qui, via le Mexique et le Canada, la feraient se matérialiser aux États-Unis. Faute de s’éveiller de sa fantaisie, pour plutôt y sombrer en même temps que s’enliser par elle en la seule suite de conjonctures issues des concours de circonstances s’enchaînant les uns aux autres et d’abord issues du transactionnaliste acte élitique s’y encarcanant et faisant s’y encarcaner le pays entier et les autres s’y trouvant liés, s’instaure ce que Turchin appelle Le chaos qui vient, à force de produire un tel type d’élite au-delà des capacités de pouvoir la supporter jusqu’en ses excès les plus addictifs toujours plus outranciers. Se viralisent toujours plus accélérément non plus seulement des contenus numériques, mais leur source d’où pouvoir proliférer, à la façon de l’hyperindividualisme étatsunien qui n’est jamais privé que fait confession publique, mais elle-même de part en part jamais laïcisée que toujours plus divinement pour être politiquement élue au point de s’euphémiser en spectacle narcissiquement viral pour être collectivisable au gré des aléas conjoncturels fantaisistement interpelant.

Dès Rabelais, les ficiniennes affections de la fantaisie (désir de ce dont jouir et crainte de ce qui afflige et endolorit) sont mises en tension paradoxales (style Panurge désirant se marier, mais seulement s’il en vient à pouvoir ne plus craindre en être cocu), puis Montaigne signale que le plaisir, voire tout désir de ce dont jouir, s’aiguise à l’aune de la difficulté et même du contraire se donnant à craindre. Chez Kant, voire Thoreau, puis Dôle s’en trouvant inspirés aux États-Unis, ils s’y médiatisent et s’y portent au sublime, voire en font jaillir jusqu’au sentiment moral, ce qui est tout autre chose que seulement présumer une morale, par surcroît par provision, cartésienne. En effet, Descartes craint et donc redoute tant son propre doute alors même qu’il l’hyperbolise qu’il tronque les affections de la fantaisie, en ne retenant que la seule douleur (ainsi crainte, redoutée) comme ce qui lui est le plus intime et en méconnaissant le désir de ce dont jouir si à risque d’être mimétique, comme en le mécanisme victimaire mis au jour par Girard. Son entendement se charge d’une telle fantaisie tronquée en ses affections comme d’où considérer à l’envers jusqu’aux battements cardiaques, censés venir de la chaleur et non de la force contractile cardiaque qu’y aperçoit plutôt Harvey, mais qui ne sera établie qu’au XIXe siècle, lorsque les esprits animaux cartésiens (censés être véhiculés par le sang, du cœur à la glande pinéale) auront fait place aux phénomènes électriques neuromusculaires, dont les cardiaques. Toutefois, par la douleur qu’il dit lui être si intime, voire par le labeur si pénible de son attention à se porter à la raison et l’en révélant si à risque d’y retomber, Descartes se sonde intérieurement et Maine de Biran peut faire s’en ressaisir toute sa métaphysique depuis cet intérieur à même l’effort alors exigé, mais mieux explicité et cerné. Y manque la moitié des affections de la fantaisie et le fait qu’il s’agit d’affections, car le désir de ce dont jouir s’estompe en ce qui fait redouter (donc craindre) plus que seulement douter de ce qui endolorit, comme en son membre-fantôme. Pour passer à la fantaisie cruelle, il suffit de ne plus se sonder en sa crainte de la douleur, mais de la vicarialiser et de se complaire en son désir (surtout si mimétique et mis en compétition) de ce dont jouir à soi seul en son ego comme d’où ainsi ne la refouler jusqu’au tréfonds de soi que la projeter et s’en repaître en autrui. Sans empathie, ça soulage: lui, non moi, se tord de douleur ! Du psychopathe au sociopathe. De l’individu, si exclusivement à lui tout seul qu’individualiste, au social à biaiser en conséquence, le tout étant censé se généraliser à tout un chacun en tout humain, voire viralement s’en collectiviser.

Sade a déjà remarqué le trait commun ne faisant plus se sonder en sa douleur comme ce qui est le plus intime à l’ego cartésien, mais au contraire la vicarialiser en autrui (à savoir d’ego en alter ego) par un double fonctionnement autant capitaliste, pour lui prendre ses biens et en jouir via la plus-value, que pulsionnel, pour lui prendre son corps jusqu’en ses parties les plus intimes, dites génitales (des plus matures jusqu’aux plus immatures, par pédophilie ?) pour tout autant en jouir. Le tout culmine en un troisième capitalisme qui n’est plus seulement productif, ni même doublé de consommation pour écouler ses produits en étendant son marché et surtout pour fantasmer une croissance sans fin et fort ignare des limits planétaires (d’abord celles du voisin à exploiter), mais high tech, lequel, après avoir créé la crise de 2008, a fait s’endetter de façon durable et fort déficitaire les États, pour en être sauvé et faire payer cyniquement à sa place une seconde fois les citoyens déjà exploités, ce qui vire depuis lors en projet politique fascisant1. À rebours des hippies, s’installent toujours plus les yuppies ayant surgi lors de l’ère Reagan et s’étant enivrés d’une capacité productrice d’autant au ressort de la croissance économique que les prix leur assuraient l’écoulement des produits sur lesquels outrancièrement spéculer et surtout, alimentaient leur fantasme d’une telle croissance sans fin face au spectre de tout son envers qu’est la stagflation (combinant faible productivité et inflation) à refiler via l’État aux citoyens, seuls censés en souffrir en payant deux fois (pour se faire exploiter, puis pour sauver les exploiteurs toujours plus « Too Big to Fail »). Pour sauver son image exigeant que cela ne puisse arriver sous son mandat et a fortiori du fait que c’est la montée du prix du pétrole suite à sa guerre au Moyen-Orient qui lui a été fatale, Trump ressert le « Too Big to Fail » et essaie en vain en avril 2026 de sauver Spirit Airlines de la faillite face à l’oligopole en place. Trump était déjà le héros des Traders yuppies de l’époque Reagan à la source du slogan MAGA auquel, via ce 3e capitalisme jusqu’en son cynisme le plus sadique, il a donné toute sa portée géopolitique, d’autant que le spectre stagflationniste s’est intensifié et que toute crise susceptible d’en advenir est moins aisément vicarialisable et qu’il faut donc, pour s’en sauver, la forcer et l’imposer à quelque tiers à parasiter. L’originalité trumpienne est d’occulter, réduire et faire confondre avec la seule fantaisie jusqu’à l’ego pensant (qui, chez Descartes, peut encore être intellectif et valoir autant pour soi que pour autrui, mais déjà depuis tout un chacun s’anonymisant et se médiatisant par un impersonnel « On » jusqu’en toute personne). Penser mais à sa seule fantaisie, donc au point de s’y effondrer et y sombrer, c’est chercher à ne plus tant s’en médiatiser pour maîtriser la nature qu’à rendre son ego de part en part fantaisiste et, si idiosyncrasique et viralisé tel soit-il, néanmoins censé être en prise directe sur toute nature, de géopoliticoéconomique en géophysique purement circonstancielle, car cela seul peut lui correspondre. À force d’éliminer l’expertise au profit de la seule fidélité au trumpisme, germe la présomption de n’avoir qu’à disposer de l’écart brut de puissance sans trop savoir comment l’orienter, donc lui donner sens, jusqu’à l’impréparation et l’incompétence, comme en sa guerre en Iran. Plus déni de l’expertise ukrainienne reçue contre les drones iraniens: « Cette vision du monde n’est pas seulement fausse -elle est dangereuse. Parce qu’elle empêche d’intégrer les innovations venues d’ailleurs. Parce qu’elle aliène les alliés. Parce qu’elle crée un angle mort stratégique que les adversaires exploitent. »1 Trump veut dominer: il est tellement ingrat et imprévisible qu’il en perd tout leadership. Plus il veut unipolariser (style MAGA), plus tout à l’inverse la multipolarité s’accélère. Plus il veut imposer sa rhétorique au réel et l’en réifier, plus le réel lui échappe et tant resurgit que le hante. Il s’enrage des faits si peu alternatifs et si inverses à ce qu’il les voudrait, car plus têtus qu’il ne l’est. À moins que les faits ne lui soient trop alternatifs, au sens de rotatifs, car selon un tout autre piston que le seul sien les activant. N’en faire qu’à sa tête se bute sur une tête interpelée par la réalité factuelle. Surtout en géopolitique, a fortiori en géophysique. Le Pentagone, lui, a dû faire preuve d’humilité et prendre le virage culturel guerrier et se distancier des engins lourds, chers et chronophages à produire (jusqu’à trois ans pour reconstituer le stock des intercepteurs Patriot et THAAD), donc peu aptes à alimenter suffisamment les zones de front en temps réel, surtout que le drone ukrainien et a fortiori ses essaims ne comportent pas de composants chinois et alimentent l’argumentaire politicoéconomique face à la tension sino-étatsunienne. L’Ukraine s’entend avec Arabie Saoudite, Qatar et Émirats Arabes Unis et visite autant Jordanie que Syrie (où plane encore l’aura russe). La guerre s’interpénètre, du front slave au Moyen-Orient. Tous ont remarqué que la guerre y est devenue hybride, à l’interface du virtuel et de l’actuel. Les essaims de drones ne se forment qu’en communiquant et se coordonnant et ils instaurent surtout une asymétrie des coûts pour les produire. Sans doute des armes à énergie directed peuvent les désactiver et s’intégrer au dôme de fer israélien, mais les lasers exigent de les cibler quelques secondes et sont sensibles aux conditions atmosphériques pouvant les en empêcher, tandis que les micro-ondes, même si moins chères et non ainsi affectées, ne permettent pas de faire la différence entre une cible rendue dysfonctionnelle ou dont le fonctionnement est interrompu à la source. La course à l’armement reste une problématique combinaison ancien/nouveau. Tiens donc: comme ladite transition énergétique qui ne vaut que ce qu’y vaut le temps, selon ce qui peut en être, du plus au moins chronophage. Tout écart quant à la réelle puissance réside dans le rythme (donc le temps) de consommation ou transfert d’énergie. Sans écart, le système la conserve. Donc, l’armée étatsunienne est la plus puissante du monde, en apparence, mais est moindre qu’il n’y paraît tant qu’elle reste chronophage par sa façon de produire son armement si sophistiqué, faute de pouvoir en disposer en temps réel, à moins, mais uniquement pour l’avenir, d’y investir encore plus de milliards de dollars sur de longues durées pour en assurer les stocks, bref de surendetter les États-Unis plus qu’ils ne le sont déjà. Pas si évident d’assurer l’écart de puissance et d’étancher sa soif d’être MAGA.

S’aider de l’apport ukrainien face aux drones et missiles iraniens est d’autant nécessaire que l’Iran a mis au jour une faille logistique majeure constituant un important facteur limitant quant à ladite maîtrise totale aérienne du ciel à laquelle prétendent Israël et les États-Unis: plusieurs KC-35, des avions de ravitaillement en vol des avions de combat pour qu’ils soient opérationnels au loin de leur base, ont été endommagés ou perdus, soit par accident dont la probabilité augmente avec le rythme opérationnel (par exemple en Irak), soit par frappes iraniennes (sur la base de Prince Sultan en Arabie Saoudite). Contrairement aux avions de combat, du moins une fois leur autonomie préservée, ils sont usés (ils datent de l’époque de la Guerre froide), lents et donc vulnérables autant au sol qu’en l’air. Résultat net: l’impérialiste écart de puissance, dont fantasme disposer Donald Trump et le courant évangélique néosioniste l’incitant à se faire accroire être l’envoyé de Dieu, se double d’emblée d’une moindre capacité de projeter cette puissance. La foudre divine censée frapper et tout régler d’un coup se bute sur une guerre au contraire d’usure débordant de tout bord. Pour tout un chacun, il est pénible de perdre sa liberté d’action. Pour un libertarien investi d’une mission divine, c’est la galère totale: il se présume n’avoir aucune contrainte inhérente au fait de l’existence d’autrui et s’y bute pourtant, selon un trop saillant retour de son refoulé de sous l’asymétrie révélée non plus totale, mais moindre qu’il se le fait accroire. Faille logistique ? L’écart économique finançant l’écart technologique, en l’occurrence militaire et si pervasif un peu partout sur la planète, est si imposant que les États-Unis peuvent tolérer un certain laxisme ou éprouver en leur logistique (par laquelle les guerres se gagnent) une certaine lenteur à s’organiser, s’en coordonner et au besoin, s’en rassembler de ci, de là en tel lieu, surtout lorsque le dirigeant en chef est plus soucieux de se mettre en scène que de la guerre elle-même, s’il reconnaît au moins que c’est une guerre, si asymétrique soit-elle. Restent lesdits objectifs entre-temps quelque peu différés délester l’Iran de toute possibilité d’armement nucléaire (qu’Israël ne peut tolérer, mais selon quel devenir réel de l’uranium existant ?)1, laminer tout autre armement (surtout les missiles et drones)2, neutraliser tous les proxys (avec Israël trônant au centre de la région et censé n’être plus entouré que d’Arabes alliés des États-Unis l’en assurant)3 et enfin, créer les conditions (pas exactement celles prévues et donc mal cernées) de renversement du régime iranien (dont les têtes dirigeantes assassinées repoussent du corps des Gardiens de la Révolution qui, assistés des bassidji formés à cette fin, les assurent de l’emprise sur le pays et d’abord sur sa population). Or, si ce dernier objectif n’est atteint, comment les précédents peuvent-ils l’être ? Sans trop déborder sur les installations civiles (électricité, usines de dessalement, etc.), avec répliques susceptibles de déborder sur toute la région et de provoquer quelque désastre humanitaire d’autant pervasif qu’avec migrations massives ?

Même si l’Iran basculait avec son régime, reste la question soulevée par Michel Fayad: Après la guerre ? La menace à nos portes. Il ne s’agirait pas d’une simple reconstruction, car le vide laissé par l’assise chiite (15% de l’Islam) qui s’y constitue serait aussitôt rempli par le massif sunnisme (85% de l’Islam): Turquie en son interface avec l’Europe, Arabie Saoudite et Émirats Arabes unis qui se mirent en la Syrie ne s’étant libérée qu’en se donnant pour horizon de libérer le Levant et ayant autrefois fait compétition à Israël pour satelliser le Liban, les maintes mouvances, dont celle des Frères musulmans reprise par Khomeiney, sont toujours restées indépendantes et prolifèrent par elles-mêmes… Population et puissance financière en sont déjà imbriquées en maints pays « occidentaux ». Confiance ou défiance mutuelle accrue et d’autant intense qu’imbriquée ?


1 Hormis la récente fusion de partis d’opposition n’ayant rien en commun que de s’opposer à Netanyahu à la fin d’avril 2026, « Dans le système parlementaire israélien, personne ne devient premier ministre en remportant le plus grand nombre de voix. Le pouvoir revient à celui qui parvient à former une coalition qui occupe au moins 61 des 120 sièges de la Knesset. (…) Les sondages de janvier 2026 indiquent une destination familière : l’impasse. Le Likoud reste le premier parti avec environ 25 sièges, mais le bloc pro-Netanyahou ne totalise que 50 à 52 sièges; le bloc anti-Netanyahou prend l’avantage sur le papier avec environ 56 à 58 sièges – toujours en deçà de 61 sièges et avec pratiquement aucune perspective de défections entre les blocs, car le dogmatisme politique a enfermé les partis dans deux camps hostiles l’un à l’autre et les négociations/changements électoraux se produisent désormais principalement au sein des blocs, et non entre eux. » https://fokusisrael.ch/fr/actualites/israel-2026-une-nouvelle-election-dans-limpasse/. Rappelons aussi que Netanyahu a besoin d’entretenir la guerre et donc de céder aux franges les plus radicales qui, même si peu nombreuses, tiennent la balance par laquelle il peut se maintenir au pouvoir et s’éviter de se mesurer aux poursuites pour corruption.

1 Louis Blouin, https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2242405/guerre-iran-trump-jeunes-maga, La guerre « stupide » qui fait décrocher les jeunes.

1 https://www.msn.com/fr-ca/politique/relations-internationales/analyse-la-france-déploie-le-charles-de-gaulle-en-méditerranée-entre-posture-de-puissance-et-risque-d-engrenage.

1 https://www.la-liberte.ca/2026/03/16/le-francais-devient-la-quatrieme-langue-la-plus-parlee-au-monde/. Le français est la 2e langue la plus apprise sur les cinq continents, l’Afrique en devient le centre démographique, son contenu demeure encore faible sur l’Internet comparativement à l’anglais et sa 4e place mondiale provient de sa réévaluation : « Contrairement à la méthode classique (méthode 1) qui ne comptabilise les locuteurs qu’à partir de l’âge de 10 ans, cette nouvelle approche intègre les élèves de 6 à 9 ans scolarisés ou alphabétisés en français. » Ainsi, l’Angola vient d’adopter le français dès le primaire.

2 Yvan Morin, Du débat entre Ficin et Pic à Rabelais: la Renaissance philosophique, d’italienne à française, Paris, L’Harmattan, 2026.

1 Medetognon, Ormuz: L’Iran attaque le dollar… le pétrodollar est-il en train de mourir ? Voir aussi https://www.businessbourse.com/2026/03/14/liran-utilise-le-petrole-comme-arme-financiere-le-yuan-pourrait-remplacer-le-dollar-dans-le-detroit-dormuz/. La Chine, via les BRICS, favoriserait le retour d’une monnaie adossée à l’or pour constituer une réserve de valeur dégagée du pétrodollar. De fait, plus que l’or, l’énergie est son ressort.

1 https://sciencepost.fr/ni-une-ni-deux-mais-trois-dimensions-du-temps-cette-theorie-bouleverse-toute-la-physique-moderne/. Synchronie délimitant et non laminée en inertie.

2 Il est crucial de s’apercevoir que le libertarisme ne mène pas seulement à la concentration de la richesse se prolongeant en celle du pouvoir politique pour s’en étayer, mais à la désintégration des institutions sociales (santé, éducation, composition sociale de la population selon le ratio entre les flux de naissance/mortalité et de migration, etc.), sauf la police et l’armée pour créer et conserver cette concentration s’en révélant autoritaire. Toute démocratie tronquant l’humain pour n’en retenir que l’individuel jusqu’à l’hyperindividualisme au détriment du fait d’être aussi d’emblée social, vise d’abord à laminer toute sociale-démocratie pour faire accroire que la démocratie n’est que libérale, au point de déraper et s’exacerber en son propre extrémisme libertarien plus manifeste. La notion de démocratie libérale occulte que le libéralisme n’est qu’accessoirement démocratique, ce que viennent rappeler ses libertariennes dérive et exacerbation. Il lui suffit de ne plus seulement surplomber pendant un mandat de durée déterminée entre deux élections toute la société civile, mais de plomber le système électoral pour y perdurer. La concentration des pouvoirs, biaisant depuis l’exécutif jusqu’au législatif et de là, le juridique à faire peser à son tour sur la société civile en sa partie principalement visée, peut s’opérer de façon subreptice, comme l’illustre le trudeauiste rapatriement unilatéral de la Constitution en 1982 selon des droits et libertés si individualistes que d’emblée tronqués de leur teneur sociale (surtout si québécoise) en clause annexe et dérogatoire. Elle n’est plus seulement dysfonctionnelle, mais toujours plus évidemment autoritaire.

1 Voir par exemple https://www.msn.com/fr-ca/actualites/other/qu-est-ce-que-le-save-act-qui-pourrait-empêcher-21-millions-d-électeurs-de-voter, car faute d’accès facile aux documents exigés. Trump a été très explicite dès son 1er mandat: comment voulez-vous que les Républicains (surtout que trumpiens) gagnent des élections si tous peuvent voter ? La leçon à tirer de l’élection de 2020 est claire, surtout qu’il l’interprète comme se l’étant faite volée et pour cause: des gens qui n’auraient pas dû voter ou dont le vote n’aurait pas dû compter ont pu voter et faire compter leurs votes. La différence, lors de son 2e mandat, est qu’il contrôle énormément de leviers et a les moyens de tout faire s’aligner à sa façon. N’est-ce pas un d’autant apparent que fantaisiste raisonnement semblant limpide? Il suffit que la force du droit soit rabattue au niveau du droit de la force et le tour est joué.

1 L’évangélisme MAGA est en train de se fragmenter entre Latinos, déçus et décrochant de Trump, et Blancs, y restant accrochés. Culture patriarcalement prégnante chez les évangéliques, mais qui s’infléchit de sociale en ethnoraciale et s’enreligiose telle ?

1 Voir https://cdn.bookey.app/files/pdf/book/fr/les-grecs-et-l-irrationnel.pdf. Dodds, dans Les Grecs et l’irrationnel, établit le passage d’une culture de la honte à une culture de la culpabilité, dont l’évolution du rôle de Zeus passant d’autant d’une divinité jalouse à une figure associée à la justice et à l’ordre moral que vers une vue rationnelle, de fait raisonnable, de la responsabilité reliant les actions humaines et les conséquences divines. S’y intègre un complexe passant d’œdipien (avant que Freud le tronque) à orestien. En passant, les robots conversationnels sont encore totalement nuls pour en rendre compte.

1 Dany-Robert Dufour, Sadique époque: Comment en sommes-nous arrivés là ? Versailles, Éd. Le Cherche Midi, 2025. Aussi https://elucid.media/societe/le-sadisme-a-conquis-le-monde-et-les-humains. En Sade, culminerait la conception de Mandeville du vice privé comme vertu publique dans La fable des abeilles (1714). Adam Smith en aurait déjà euphémisé le vice privé en amour de soi, au ressort de l’individualisme tous azimuts, tant l’utilitarisme (tout un chacun recherche ce qui lui est utile et en est dit bien pour lui) se fait libéralisme (la richesse du pays, exprimé par son PIB, étant censée s’en accroître). Or, la philautie qu’est cet amour de soi, est aussi au cœur du panurgisme rabelaisien qui camoufle ses dettes sous un éloge les universalisant, puis a la fantaisie de se marier s’il peut être d’abord assuré de ne pas en être cocu. Économie et sexe sont liés. Aucune nouvelle famille ne s’autonomise de celles dont provenir qu’en s’intégrant, à la fois, le sexe, d’où se forger et être apte à s’intergénérationnaliser et tant s’en synchroniser que s’en diachroniser telle, et le travail, donc l’économie, la rendant viable. Le sadisme ferait se réduire en tout humain le social, jusqu’au plus familial au ressort de toutes les autres institutions et a fortiori de leur alignement traversé par les trajectoires de vues les plus individuelles, au seul individuel jusqu’à l’individualisme outrancier et abusivement généralisé se faire tout seul et d’où l’en marchandiser. A pu y correspondre en miroir le masochisme, né de Sader-Masoch en 1870. Leur dynamique dominant-dominé rappelle la dialectique hégélienne maître-esclave faite lutte marxienne des classes. Elle s’est surhumanisée depuis le Ça nietzschéo-freudien via l’Ego en SurEgo l’intériorisant psychiquement, là où Kierkegaard n’écrivait plus le nom de Dieu qu’en le biffant, au seuil de l’État se faisant État-nation laïcisable se séparant de l’Église. Hayek critique le propos de Mandeville et fait ressortir que ladite coïncidence de l’intérêt privé et l’intérêt public présume tant tout individu (même non égoïste) ne guère savoir ce qu’il fait qu’un conjoint ordre spontané, d’où a pu émerger avec ladite main invisible du marché dont exclure toute téléologie providentielle divine, un libéralisme politique censé l’étendre entre tous. Voir Éric Oudin, https://www.catallaxia.org/wiki/Bernard_Mandeville:Hayek_et_Mandeville. L’hypocrisie, cet hommage que le vice (privé) rend à la vertu (publique), selon La Rochefoucauld, tel serait le verso du recto libéraliste. À leur grand dam, les États-Unis ont contribué au libéralisme capitaliste en Chine en s’attendant à ce que le libéralisme politique s’ensuive, a contrario de ce qui s’est passé. Toutefois, l’autoritarisme ne s’est pas imposé seulement en Chine, mais aussi aux États-Unis, au fur et à mesure que virant libertariens, voire trumpiens. La présente approche opte plutôt pour l’humain comme individu d’emblée social et dont le sens de soi comporte une part acquise advenant et se cultivant avec le sens d’autrui faisant d’autant se résister à soi-même au sein de soi que remonter et le retracer à sa source. Il ne peut y avoir coïncidence entre individu et société que s’il y a intégrité humaine. Le développement humain onusien s’intégrant humanitaire, développement durable et droits humains se dégage de sa quête de paix et sécurité risquant de le faire se réduire à la présomption d’une telle coïncidence entre individu inconscient (sans jamais passer à la conscience ?) et ordre sociopoliticoéconomique spontané, abstraction faite de ce qui n’en existe que s’il se cultive avec le sens d’autrui jusqu’en le sens de soi (avant l’ego, de sa fantaisiste idiosyncrasique à sa raison s’en intellectualisant).

1 M. Marquette, https://www.msn.com/fr-ca/actualites/other/Analyse: Quand Trump refuse l’aide ukrainienne contre les drones iraniens, c’est toute sa stratégie qui se dévoile. Ailleurs, Marquette souligne que la flotte de bombardiers étatsuniens est usée et obsolète à près de 50% et se concentre en une base anglaise d’où attaquer l’Iran, mais est à terme toujours plus incapable de se renouveler et s’alimenter si la guerre perdure. Ajoutons que l’Allemagne, elle, développe avec l’Ukraine un drone intercepteur volant à 700 km/heure. Compétition en vue face aux chronophages systèmes étatsuniens THAAD et Patriot.

1 Et Trump fait accroire que l’Iran accepte les inspections par l’AIEA, l’Iran dément. Néanmoins, négocier exige au moins quelque cessez-le-feu, si approximatif soit-il.

2 « L’Iran refuse de négocier ses missiles. Et pourquoi le ferait-il? Ce sont ses missiles qui l’ont rendu indispensable à Moscou. Ce sont ses missiles qui font que Washington continue à négocier au lieu d’ignorer. Les missiles sont le capital stratégique de Téhéran. On ne négocie pas son capital », Maxime Marquette, https://www.msn.com/fr-ca/actualites/other/temoignage-l-axe-teheran-moscou-pekin-se-resserre-missiles-mou-et-la-guerre-qui-ne-finit-pas. Un MOU est un Memorandum Of Understanding, en l’occurrence à Téhéran entre Iran, Russie et Chine le 13 juin 2026. Il s’agit d’un accord de partenariat stratégique trilatéral. S’ajoute ainsi formellement l’Iran à ce qui en existait déjà entre Russie et Chine depuis 2022. Le Moyen-Orient s’intègre ainsi avec l’Europe de l’Est et l’Asie-Pacifique, selon une sorte de triangle d’influences complémentaires. Se formalise ce qui existait déjà dans les faits. Et un signal est envoyé à d’autres pays se distanciant de l’hégémonie étatsunienne. Autant dire que les États-Unis trumpiens ont produit exactement l’inverse de ce qu’ils prétendaient faire, car ils ont renforcé l’Iran en ses alliances, au lieu de l’abattre et faire se désintégrer cet axe de la résistance. Plus la Chine s’affermit, s’autonomise et constitue un pôle distinct, plus elle peut en faire bénéficier les deux autres et de là, avec eux, bien d’autres. Et tous les pays du Golfe, si alliés avec les États-Unis trumpiens plusieurs puissent-ils être, sont sceptiques, car la capacité balistique iranienne est loin d’être anéantie et ils en ont déjà subi maintes représailles, du fait de comporter des bases étatsuniennes d’attaque, alors que les États-Unis sont restés largement incapables de les protéger et sûrement pas aussi bien qu’Israël ayant été bien mieux armé. Deux poids, deux mesures. Cela s’aperçoit. Surtout, le détroit d’Ormuz est là où tout se déclenche et fait foirer tout cessez-le-feu, car l’Iran veut le contrôler et faire payer le passage, là où les États-Unis, sans le vouloir, ne savent plus comment rétablir le libre passage qu’ils ont compromis depuis leur guerre faite à l’Iran.

3 Si affaibli l’Iran soit-il, les pays du Golfe, les premiers, s’aperçoivent bien que l’influence régionale iranienne, se projetant jusqu’en ses proxys, est loin d’être fortement entamée.

1 https://www.ledevoir.com/monde/etats-unis/964974/guerre-iran-occulte-dimension-biblique, 19 mars 2026, par Fabien Deglise.


Texte suivant

5) Pouvoir se fier exige que la foi se mesure à la confiance mutuelle


Retour à la Table des matières

Retour à l’accueil

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *