L’ONU doit donc prendre le leadership desdites puissances moyennes qui, face aux impérialismes, ont tout intérêt à ne pas s’en faire dégrader en des puissances subordonnées sous emprise colonialiste et à faire se réguler un tant soit peu la course généralisée à l’armement, autant celle des impérialismes que la leur, propre. L’ontohénologie l’exprimant métaphysiquement n’a pas à être si purement qu’uniquement hiérarchique, depuis l’interimpérialisme faisant s’entre-dévorer. Avant et jusqu’en toute hiérarchie, il y a quelque hiérophanie, mot forgé par Mircea Eliade, ce qui oriente et ancre d’emblée tout être un, si métaphysique, en l’étant unant (dit physico-mathématique) dont émerger, comme toute géopoliticoéconomie en sa sous-jacente géographie géophysique. C’est à prendre en compte pour ne pas laisser toute sacralisation se tronquer de sa manifestation (par hiérophanie) au profit de son seul commandement (par hiérarchie) toujours plus impérialiste. Sinon, même Dieu en est toujours plus spolié par César.
Quant au respect quasi religieux de la hiérarchie dans les bureaucraties autoritaires, a fortiori lors de sa radicalisation capitaliste, de libéral laissez-faire en libertarien gestionnaire fort impérialiste, il méconnaît la teneur de cette notion même alors utilisée: « l’idée de hiérarchie est d’abord religieuse, puis, avec le Christianisme, ecclésiale avant d’être politique. La vision hiérarchique de l’ordre politique est la politisation d’une structure originairement religieuse non la sacralisation d’une structure originairement politique », ce dont, néanmoins, dès le XIVe siècle médiéval, a surgi « l’indépendance ou au moins la coexistence des pouvoirs spirituel et temporel », via leur interface par l’autonomie politique du studium, en l’occurrence de l’universitaire qui mettait alors en jeu la figure de l’intellectuel comme troisième pouvoir « comparable au quatrième pouvoir exercé par la presse dans la société moderne ». De fait, le scandale de la richesse (que se disputaient le pape et le roi de France face à l’empereur romain germanique) faisait se déclencher une théologie du dépouillement et donc de la pauvreté volontaire supportée par une fonction pastorale sociale (pour vivre la même vie que le Christ et ses apôtres), par distinction du choc de la découverte de la misère créant la plus moderne théologie de la libération1. S’éclaire encore davantage ce que Simmel identifiait sur l’arrière-fond de l’urbanisation massive (encore davantage accrue du XIXe au XXIe siècle concentrant plus de la moitié de l’humanité) comme triple autonomisation du droit, de l’intellect (à leur interface) et de l’argent. Surtout, la hiérarchie n’est religieuse et ne se laïcise, a fortiori depuis que de l’Église l’État se sépare et laïcise, qu’en pouvant apercevoir en leur commune sous-jacente résurgence sociale ce qui perdure de la hiérophanie dont émerger. Le sacré est dans le lien social hiérophanique bien avant qu’en quelque hiérarchie que ce soit, autant l’Église que l’État.
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