Au moment d’en venir à une représentation de l’Afrique au CI, rappelons que l’évolutive sortie humaine d’Afrique est passée par le Moyen-Orient dont a germé les initiales grandes civilisations, jusqu’aux égyptienne et mésopotamienne, puis l’interface zoroastrienne qui, comme toute première religion du salut, a débordé autant en Inde qu’en les monothéismes initialement méditerranéens. Bref, encore une fois vers ledit Orient et ledit Occident et ce, en constituant en ce Moyen-Orient la Palestine comme lieu de passage, voire d’entrechoc. Il n’y a eu de sortie d’Afrique vers l’Europe et l’Asie (puis l’Océanie et les Amériques) que via le Moyen-Orient. La région a été, est restée et est encore explosive, à force d’une incessante dilatation accélératrice de civilisations s’y interfaçant, succédant et entrechoquant (un peu à la façon de l’expansion diversement accélérée de l’univers matériel depuis ledit Big Bang). Il est d’autant problématique de parler et prendre en compte l’Afrique, en son incessant afflux humain (la rendant déjà plus sociodémographiquement nombreuse, en son ensemble, que la Chine ou l’Inde), qu’elle est prise entre cette tendance explosive dudit Moyen-Orient et la pénible histoire esclavagiste qui l’a affligée et dont elle a fait les frais en tiers lors de l’expansion transatlantique d’Europe aux Amériques. Une philosophie africaine, en particulier égyptienne, est à peine en train de s’autonomiser. Son expression profonde, dont l’ubuntu en tant qu’individu d’emblée collectif, est l’inverse de l’individualisme promu par les sociétés dites occidentales, a fortiori de l’hyperindividualisme étatsunien, si ce n’est en sens totalement inverse, en figeant le social jusqu’à l’imposer tel jusqu’en les individus le composant, comme en Chine. Comment dialoguer avec ceux qui ne nous parlent qu’à l’envers de nous-mêmes, voire selon deux orientations inverses entre elles venant nous en pourfendre jusqu’à nous en dissoudre, et qui risquent donc de nous refouler incessamment en notre identité ? Immense problématique. Sa politique ne peut s’affirmer avec des États un tant soit peu stables qu’en émergeant des nations aux interfaces encore fort flottantes et aux prises avec leur émergence de Terre. Comme l’a établi Le Quellec, les grands mythes sont et se sont diffusés comme ceux d’abord d’émergence avant de plongée cosmique s’y étant ajoutés au Nord. On peut en apercevoir l’écho jusqu’en la tension contemporaine entre les riches pays nordiques et ledit Sud global, si s’apercevant que les mythes se sont décalés et transposés en idéologies. Depuis l’inflexion de l’imaginaire, des mythes (pansociaux) à la fantaisie (plus individuelle, jusqu’à l’individualisme), a pu émerger et s’expliciter autant la raison que sa croisée des chemins, selon que s’éveillant ou s’enlisant en cette fantaisie et que, respectivement, s’en assainissant en son idéation jusqu’en sa logique ou s’en bloquant et braquant idéologiquement selon quelque hégémonie, a fortiori son impérialisme3, de la 2e Grande Guerre au XXIe siècle, surtout si l’ONU s’y mesure à son CPS par un CI dont son Assemblée se doterait.
Là où les États-Unis trumpiens cherchent à commercialiser jusqu’à Gaza, sous façade d’un plan de paix censé s’implanter sans impliquer les Palestiniens arabes, et à juguler tout le Moyen-Orient pour assurer les voies commerciales (dont celle du détroit d’Ormuz et du pétrole censé y être d’emblée pétrodollar), la Chine en prend le contrepied et libère de tout frais douanier tous les pays africains (ou presque tous). Cette intensification des échanges commerciaux risque de drainer lesdites voies commerciales, dès que s’éloignant un tant soit peu des fortunes colossales amassées par les pays arabes pétroliers en quête d’hégémonie régionale. Encore une fois, les deux impérialismes vont s’entrechoquer, tant leur mise en miroir usuelle ne les en fait opérer en des sens inverses que depuis leur souche africaine.
Chose étrange que la façon trumpienne d’invalider l’ONU en armant Israël et en le laissant bloquer jusqu’à toute aide humanitaire onusienne, d’une part, et de faire voter par le CPS (avec abstention de la Chine et la Russie) et par le CS élargi de l’ONU un plan de paix mis sous férule trumpienne faisant accroire que l’ONU, pourtant invalidée, en serait rendue viable à l’avenir, d’autre part. Vraiment une étrange chose qu’un pis-aller, construit de toutes pièces, soit dit la voie de l’avenir. Le précédent trumpien attise la crainte d’une déchéance de l’ONU en s’y substituant. Le leurre se révèle:
« Au départ, cette institution avait été proposée dans le cadre de l’accord de paix pour Gaza, approuvé par le Conseil de sécurité des Nations unies. À l’époque, il semblait qu’elle serait limitée à cette crise, et non destinée à devenir une structure permanente traitant d’autres crises. On constate maintenant qu’il y a eu un effort américain pour inscrire institutionnellement la puissance mondiale des États-Unis dans une organisation qui sert plus directement leurs intérêts. »4
Si les membres du Conseil de Sécurité élargi ont pu en parler et se le faire accroire à eux-mêmes, c’est soit qu’il leur fallait souhaiter que le bizarre plan trumpien puisse faire aboutir la paix recherchée, soit que la contrainte mise en scène par ledit style transactionnel trumpien a pleinement joué au point de faire s’y plier, soit que l’intériorisation de l’idéologie (comme en la citation ci-haut d’un « effort américain », selon laquelle l’étatsunien est l’américain) peut tant s’immiscer tel en toutes les têtes à travers la planète que faire s’y reproduire avec ce discours tout autre le prolongeant, soit le leurre était si pleinement opérant qu’incitait à se faire accroire à une étape transitoire plutôt qu’à une main mise, soit que la vague mention de deux États (Palestinien (Arabe ?) et Israélien) faisait mirage dans le désert si longuement parcouru, soit par aveuglement total à ne pas vouloir voir le lien flagrant tissé par des États-Unis armant Israël non seulement contre le Hamas de Gaza (sans jamais que le néosionisme, d’étatsunien à israélien5, mentionne avoir favorisé la création du Hamas pour assassiner le Fatah et s’assurer ainsi de constituer la Palestine arabe en terroriste, en profitant de l’attaque terroriste du World Trade Center aux États-Unis à cette fin, depuis Ariel Sharon, jusqu’à sa pleine autoréalisation prophétique en octobre 2023 sous Netanyahu qui avait continué à financer à cette même fin le Hamas, s’étant alors plutôt attaqué à Israël), mais aussi contre l’ONU (dont son aide humanitaire à Gaza s’en trouvant bloquée, si ce n’est attaquée par des groupes financés par Israël pour à la fois contrer le Hamas et toujours plus désorganiser tout Gaza), d’un côté, et venant tirer les marrons du feu (une fois encore contre l’ONU en faisant jouer jusqu’à son Conseil de Sécurité contre lui-même lors du vote pour ledit Conseil de la paix), de l’autre.
Toutes ces éventualités sont possibles, mais celle du lien flagrant pourtant d’autant forcenément occulté pour ne pas le laisser transparaître mérite attention, même si seuls une véritable prise de conscience et un aveu clair de la part des personnes concernées (d’avoir été réduites à l’impuissance par les États-Unis trumpiens qui ont pu les en spolier à leur propre profit de la mission qui aurait pu et dû être onusienne) pourrait vraiment clarifier ce qu’il en est et risque d’en être à l’avenir si faute d’y procéder, se répétant.
En arrière-fond, il y a l’adhésion étatsunienne trumpienne au retour de la notion des sphères d’influence faisant se partager la planète avec la Russie et la Chine, voire avec l’axe de la résistance qu’elles constituent avec l’Iran, si ce n’est la simple admiration de régimes à propension autoritaire, si différents soient-ils, entre eux. La difficulté trumpienne est que sa soif de concentrer les pouvoirs se trouve encore limitée par un certain coefficient de ce qui de la démocratie étatsunienne, si délabrée soit-elle, perdure et les maintient séparés. Certes, dans le cas de son Conseil de la paix à Gaza, il est possible d’y apercevoir l’œuvre de l’ego trumpien et de ses aspirations autocratiques:
« Les termes de fonctionnement prévoient qu’il en serait président à vie et disposerait d’un droit de veto sur toutes les décisions majeures. C’est pour lui le moyen de se garantir une position de suprématie dans les affaires mondiales, même après avoir quitté ses fonctions à la présidence des États-Unis. C’est en grande partie un projet personnel, ce qui en limite d’ailleurs la crédibilité »6
et l’efficacité. Il ne faut pas perdre de vue qu’il s’agit d’abord d’une exacerbation de la tendance hyperindividualiste étatsunienne s’enquérant de sa part en lesdites sphères interimpérialistes d’influence, en s’y区分ant de celles issues de Russie et de Chine, voire en pouvant éventuellement, via l’Iran auquel s’attaquer et les atteindre plus indirectement, les en refouler, mais non sans que les pays arabes s’aperçoivent de la faible capacité des États-Unis de tenir compte de ce qui peut s’ensuivre (si de l’Irak déchu a surgi Daech, que peut-il surgir de l’Iran ?). What is a self-made man if it is without its self-made planet at his own image …and if not able to make reality to fit in it? Même Dieu n’est créateur que du monde lui correspondant et seulement si lui correspondant. Il ne lui manquait qu’un tout nouveau temple de chair humaine introduisant un tout nouveau Messie qui, contrairement au Christ, ne fait plus aucune différence entre Dieu et César. Prier pour les monothéismes qui ont tous germé du Moyen-Orient et qui se trouvent sous emprise de ce nouveau Temple et de son culte! Alors que la Cour suprême vient de l’ébranler en son pays et de l’en ramener un tant soit peu sur Terre.
Quant au cas lui-même, il est de part en part schizophrénique: la Palestine arabe est totalement occultée et évacuée (avec toute solution à deux États, sauf évocation purement nominale sans aucun engagement concret) et n’apparaît plus que totalement déchirée au fur et à mesure que l’accent exclusif du plan trumpien de paix sur seulement Gaza se conforte et se renforce en sous-main d’exactions accrues en Cisjordanie, dont Gaza a longtemps été l’exutoire émigratoire, faute de pouvoir la forcer davantage vers l’extérieur (contrairement à ce qui en est possible lors de la mise en œuvre de ICE, Immigration and Customs Enforcement, aux États-Unis par Donald Trump et c’est bien là le drame néosioniste, non seulement étatsunien, mais a fortiori dans le clan de Netanyahu ne pas pouvoir procéder à la même purge sans que ça passe pour du nettoyage ethnique). Bref, l’effet d’entonnoir s’y accentue: pression migratoire d’une Cisjordanie toujours plus morcelée en Gaza (mais étant donné son état, ne serait-ce pas préférable ailleurs ?) et refoulement concentrant la population civile de Gaza vers Rafah au sud et au plus près de la frontière égyptienne avec destruction de quartiers entiers, voire de villes entières dans tout le pays. Bref, par effort étatsunien et israélien concerté et plus néosioniste l’un que l’autre, il y a dé-/re-construction totalement tutellisante de quelque Palestine que ce soit, dès qu’arabe. Sinon, en s’effaçant, Palestine appelée à n’être plus que néosioniste, car le sionisme s’est radicalisé et exige dorénavant que Israël s’étende et s’intègre la Palestine entière, donc sans quelque Palestine arabe ou, si vous préférez la version inverse, sans Arabes en Palestine, si ce n’est peut-être des Arabes intégrés à la Palestine, elle-même intégrée à Israël, la lutte des classes sociales s’intériorisant en lutte des ethnies avec surdéterminante harmonie préétablie et massifiante de l’une sur l’autre, dans le soi-disant meilleur des mondes possibles (disait Leibniz, mais ironisait le Candide de Voltaire). Pour le néosioniste (d’étatsunien à israélien), la seule Palestine possible est la Palestine de part en part israélienne, à tout le moins sous contrôle israélien, par son soutien étatsunien trumpien. Son impérialisme jusqu’au-boutiste ne peut que être totalement assimilationniste, de territorialement à jusqu’aux gens, si arabes, la peuplant. Le sionisme a pu n’être initialement qu’un retour en la terre ancestrale, à savoir la Palestine, où tailler une place à Israël. Toutefois, l’ONU, en particulier par l’impulsion canadienne l’ayant initialement orientée, a totalement manqué la forge de deux États au sortir de la Deuxième Guerre mondiale, en 1945, au profit de ladite partition territoriale, ce qui a mis en totale inégalité de force les deux parties en présence, de sorte que l’une en est venue à ne plus concevoir de Palestine qu’israélienne. Le sionisme comme retour en terre d’Israël s’est estompé pour faire place au sionisme total, autrement dit au néosionisme visant le retour de la terre d’Israël d’avant la diaspora, quitte à être totalitaire pour en être totalisant. Le néosionisme en question ne peut aucunement venir du seul Israël, qui n’en aurait pas les moyens, mais des États-Unis qui, sous Donald Trump, y implantent en un tel sens son dit Conseil de la paix, selon un tel schizophrénant entonnoir, de Cisjordanie (dont d’autant moins parler qu’elle est passée de désannexée de la Jordanie, depuis la guerre de six jours de 1967 pour être occupée, à depuis lors toujours plus grugée, sorte de supplice d’annexion à la pièce au fur et à mesure qu’évinçant sa population au gré de maintes exactions) à Gaza (dont uniquement parler, voire n’en parler que selon le seul Hamas et uniquement depuis que son terrorisme ne se fait plus instrumentaliser, mais se fait choc en retour, la population entière étant à lister dans les dommages collatéraux). Cette schizophrénie assure mieux que ne peut le faire le gouvernement Netanyahou à lui seul le refus de toute solution à deux États (sauf vague évocation ici ou là entretenant son leurre pour mieux s’adonner à tout son contraire). Comprenons bien que, au niveau dit international, mais de fait plutôt interétatique, non seulement il n’y a toujours pas sur la table (a fortiori la Table servie qu’est le Coran pour l’Islam) quelque projet réel d’un État palestinien arabe. La notion de Palestine est de plus en plus l’objet d’un total dialogue de sourds, du fait que ce même mot signifie toujours plus deux sens en si totale divergence que de part en part mutuellement exclusifs, jusqu’à tendre à la destruction mutuelle dont un seul est censé émerger (et prétendre entre-temps que seul l’autre lui est une menace existentielle à éliminer): Palestine, sous-entendue arabe, pour les uns versus Palestine, sous-entendue en son rétablissement judéo-israélien antique (surtout que tout Israël s’est fondu en la seule Judée depuis l’Exil… en Perse), donc d’avant la diaspora pour les autres. Tel est le sens profond du Conseil de la paix de Donald Trump à Gaza: il est conçu de telle façon que le citoyen Donald Trump, même s’il n’est plus un jour le président des États-Unis, s’installe à demeure (sans pouvoir s’étayer de l’armée des États-Unis, s’il n’en est plus président?), si pour y faire perdurer l’acte schizophrénant inaugural depuis sa fantaisiste source vive qui l’entretient.
La tâche y est encore plus immense et complexe que face à la crise humanitaire cubaine et exige d’autant de reconnaître, mais aussi et surtout travailler ses limits onusiennes. Par exemple, il est évident que ce qui se passe à Gaza est beaucoup plus complexe et pour le moment encore largement hors de portée d’actions efficaces de l’ONU, même quant à la simple aide humanitaire incessamment bloquée et, toujours plus, avec la Cisjordanie conjointement envahie, violentée et forcée à émigrer (vers Gaza, comme autrefois ?), au seuil d’un nettoyage ethnique visant à rétablir une Palestine de part en part uniquement néosioniste et, pour ce faire, plus aucunement arabe, comme si l’Antiquité visée et censée remonter avant la diaspora serait rétablie. Avec la complicité de pays extérieurs, y compris arabes (non les peuples, mais les États en quête d’hégémonie régionale), s’instaure le noyautage étatsunien trumpien de tout le processus de paix, avec lequel cette mouvance néosioniste est d’autant prise pour composer en Israël que l’armant et agréant ses attaques militaires et colonialistes les plus civilement meurtrières. Le tout indique le heurt fort conflictualisant autant des images que des langages mis en jeu jusqu’en les problèmes censés en être représentés et cernés par la façon de les énoncer en se référant à la si difficile réalité en cause. Une telle paix est pire que la guerre.
Des manières forcenées de faire se correspondent: la guerre serait censée mener à la paix (présumée n’advenir que si forcée et imposed), sa propre vie serait censée exiger d’imposer des conditions toujours plus morbides de vie, de préférence aux autres. Israël harcèle les pêcheurs libanais et tarit les marchés de Beyrouth; l’embargo trumpien déstructure Cuba. Des avions israéliens (de sionistes en néosionistes) aspergent de glyphosate des contrées frontalières à des doses 20 à 30 fois supérieures à la moyenne pour créer dans le sol une zone tampon impropre à la vie végétale, animale et humaine (un crime de guerre, selon l’ONU, sans parler de l’urbicide fait écocide, etc.), tandis que Donald Trump signe en son propre pays un décret promouvant comme nécessaire à la sécurité alimentaire ce glyphosate (selon quel dosage ?) pourtant reconnu par l’OMS être un cancérogène probable, sans parler d’incessants litiges juridiques de plusieurs milliards de dollars révélant que ladite agriculture censée alimenter les gens revient plutôt d’autant à alimenter les hôpitaux et les tribunaux qu’à ruisseler en l’environnement7. L’étatsunienne Monsanto, ayant inventé le Round Up, a été vendue à l’allemande Bayer et lui a refilé son passif juridique. Or, les coûts économiques des litiges juridiques commencent à dépasser la valeur commerciale. Bayer songe à abandonner le produit. Hormis le cynisme, l’usage dosé du produit pour être sans risque et donner le rendement agricole recherché semble être une présomption à confronter à l’usage réel, si pour ne pas transférer et faire peser de façon absurde et ironique le problème de la production (restant inchangée) en la consommation (censée s’y ajuster), dont celle du pain et l’avoine chargés de cadmium en France. Pas plus que les deux avions entrés en collision avec le World Trade Center n’étaient un simple transport de passagers, l’usage selon un dosage non présumément, mais réellement approprié de produits médico-pharmacologiques ou agrochimiques reste à cerner. Le problème n’est pas que scientifique, juridique, perceptif au niveau public et même de prix à la consommation, voire de sécurité sanitaire ou alimentaire, mais en la pratique réelle en ses usages choisis et dosés. L’humain n’est jamais individuel que d’emblée aussi social et ce, jusqu’en économie où, par capitalisme, la valeur d’échange tend autrement à surdéterminer la valeur d’usage sans se soucier et encore moins restituer sa sous-jacente réalité. Cela ne peut se faire sans se mesurer à l’impératif technoscientifique: « C’est faisable! Fais-le donc ! ». L’utilitarisme fait libéralisme s’y radicalise et reploie en sens inverse, de libertarisme en néomercantilisme tronquant le libéralisme au profit du seul utilitarisme à toujours plus lui aussi faire se confondre avec la quête de son seul propre profit et à sa seule fantaisie, jusqu’à la plus cruelle, selon le double standard des deux poids, deux measures s’opérant d’autant à ciel ouvert que la raison cynique se fait crise soi-disant naturelle plutôt que critique la révélant de part en part culturelle, d’où la « cancel culture » tous azimuts (dont celle issue des États-Unis contre l’UNESCO et contre son propre système éducatif, en y plombant tout le système administratif traitant et s’assurant du système financier soutenant les étudiant(e)s). A fortiori si se prolongeant en géopolitique s’enreligiosant comme en le Temple trumpien biaisant tout le devenir menant de Cyrus au Christ et occultant le trait d’union perse entre judaïque et chrétien. Ignorer que nos sociétés capitalistes carburent à l’innovation technologique, voire se font accroire au technosolutionnisme (pour solutionner le nouveau problème créé par la solution au problème initial), est ignorer que son usage (loin d’être toujours utilitaire) est le seuil culturel de son institutionnalisation et pose partout le problème social de l’altérité d’autant intercorporelle que jusqu’en l’intracorporel (tant sa propre diversité constitutive a à s’équilibrer et doser) en tout un chacun. Les limites onusiennes sont aussi saillantes au Soudan et ailleurs. Bref, commencer par la situation cubaine pourrait permettre de commencer à mieux cerner les limites onusiennes et comment les en travailler, si pour éventuellement pouvoir parvenir à traiter de telles situations encore plus hautement problématiques, surtout si déguisant les problèmes pour les faire se transposer de politiques en ethniques, voire religieux, eux-mêmes déjà si sophistiqués, en particulier chez les monothéistes, qu’à risque d’occulter les racines autant profanes que socialement les plus primitives du sacré.
1 Y. Morin, Ficin et la Modernité, S’élancer avec la Terre au Ciel, une si humaine symbolisation, Paris, L’Harmattan, 2023.
2 Y. Morin, De quel humain à quel humaniste dans le monde, Le sens de soi, du débat entre Ficin et Pic à Descartes et au XXIe siècle, Paris, L’Harmattan, 2025.
3 Voir les livres publiés par Y. Morin à L’Harmattan, en particulier Méditations oniriques.
4 Interview de A. O’Malley, https://www.france24.com/fr/amériques/, Le Conseil de la paix, « reflet de l’ego de Trump », vise-t-il à remplacer l’ONU? 19/02/2026.
5 Le sionisme préconisait un retour en terre d’Israël. Le néosionisme préconise le retour de l’antique terre d’Israël d’avant la diaspora, alors que la Palestine était israélienne et en rien arabe. Enfin, le néosionisme est loin d’être exclusivement et même d’abord juif. Nixon se déclarait sioniste. La plus grande part des évangéliques et même une partie des catholiques étatsuniens trumpiens ne sont sionistes que néosionistes, sans être pour autant juifs. Bien sûr, les ultraorthodoxes juifs derrière le gouvernement israélien de Netanyahu ne sont sionistes que néosionistes: la Palestine ne peut être qu’israélienne, car n’y retournant plus, mais suscitant son retour, sa résurgence telle qu’elle était lors de l’Antiquité, ce qui se superpose et se confond avec le retour d’un Messie bien de ce monde, à savoir César, mais véhicule de Dieu. Ladite solution à deux États n’est donc aucunement pensable, car s’il peut y avoir un État palestinien c’est uniquement celui intégré à Israël, donc en rien arabe. Penser que le dialogue de sourds pourrait finir est se leurrer: il ne fait que commencer, car les États-Unis, surtout si trumpiens, le sous-tendent et sont là pour le faire perdurer. C’est constitutif du procédé par lequel a pu s’instaurer ledit Conseil de la paix. Comment les pays arabes ayant accepté d’y prendre part vont-ils pouvoir nager dans pareilles eaux ? Certes, un tollé est survenu suite aux propos de Mike Huckabee, l’ambassadeur des États-Unis en Israël, qu’Israël pourrait s’étendre, du fait d’avoir des droits bibliques sur une large partie des terres du Moyen-Orient. Qui s’aperçoit du néosionisme en cause? Qui s’aperçoit que, même si Donald Trump dit qu’Israël ne peut pas annexer la Cisjordanie, ce n’est qu’en parole? Ses actes, fort schizophrènes, ne portent que sur Gaza, donc confortent et laissent en sous-main Israël gruger la Cisjordanie.
6 Ibidem.
7 Les changements climatiques favorisent des conditions anoxiques amplifiant en boucle de rétroaction les effets à long terme du cycle du phosphate présidant à son tour à l’eutrophisation (faisant proliférer les cyanobactéries) de la Mer Baltique à risque d’en virer morte. Non seulement des terres, des cours d’eau, etc., mais une Mer entière ! À un moment donné, il faut en venir à s’apercevoir que ladite dose, présumée s’asperger de façon si purement individuelle qu’individualiste, la déborde et s’inscrit en des usages en constituant les pratiques au point de se cumuler et s’avérer d’emblée sociale. L’usage est social, même si l’échange s’instaure de l’offre à la demande plus individuelle, surtout si occultant autant les dosages réels que ce qui s’en agrège et massifie. Tout un paradoxe qu’une Allemagne instaurant son leadership en énergies renouvelables plus écologiques et l’allemande compagnie Bayer empêtrée en leur inverse. S’y ajoute la Grande Ceinture de Sargasses de l’Atlantique constituée d’algues brunes s’étendant de l’Afrique aux Amériques et s’alimentant en azote et phosphore par déversements cumulatifs issus de l’Amazone (Brésil) et du Mississipi (États-Unis). Le tout s’amplifie avec le réchauffement océanique et se conjugue avec la fonte des glaciers en un risque accru de dérive et même effondrement du Gulf Stream, ce moteur de la pompe interocéanique panterrestre.
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Problématique critériant le choix de ses représentants selon de telles doubles actions
5) Représentant issu de l’Océanie et Représentant issu des peuples autochtones

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