Banniere Yvan Morin

5) Reconnaître la diversité sociale dès les familles jusqu’en les États : prototype d’une action sociohistoriquement mieux éveillée et enrichie

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Une action autoréflexive majeure peut porter sur la question de savoir s’il est encore vraiment question d’États-nations au XXIe siècle et par là, de ce que peut être l’ONU. Une distinction cruciale est à promouvoir au sein de l’ONU entre les Nations en constituant la véritable internationalité et les États tendant à la réduire et la capter en l’interétatisant au point de tendre à s’en hiérarchiser par et depuis les impérialismes s’instaurant. Faute de cette distinction, qui prête suffisamment attention au fait pourtant basique que des États comportent maintes nations et que des nations sont prises en des interfaces entre maints États ? Et que cela empire et se radicalise lorsque des tensions interimpérialistes font s’hiérarchiser les États et pèsent jusqu’à a fortiori se poursuivre en les nations s’en faisant d’autant tailler et assimiler à la pièce, ce qui mine la base la plus générale d’où peut se constituer l’ONU? Il faut proclamer que l’internationalité est irréductible à l’interétatisation et qu’il faut cesser de se faire accroire qu’elle s’y réduit et assimile, comme s’il n’y avait partout qu’une seule nation avec un seul État, selon une fallacieuse préconception de l’État-nation censée rigidifier et réifier toute conception de quelque démocratie.

De plus, il est toujours plus évident que le lien entre État et nation, a fortiori entre république et démocratie2, en tout dit État-nation, est toujours plus élastique au XXIe siècle, certes sous la pression interimpérialiste en cours, mais aussi du fait de la pression démographique panplanétaire urbainement concentrée (dorénavant plus de la moitié de l’humanité) et de ses effets technologiquement démultipliés sur les écosystèmes (surtout si confondus avec de dites ressources à se disputer au ressort de dites chaînes d’approvisionnement, elles-mêmes exacerbées en autant d’exigences de sécurité nationale étant de fait plutôt de sécurité étatique, bref en biaisant toujours plus tout du long la représentation du problème). La liberté des Nations jusqu’en ladite liberté des États est à clamer haut et fort, pour créer une première brèche et en particulier, pour faire place aux Premiers Peuples faits Premières Nations qui sont pour ainsi dire tous sans États, même si y ayant été, bien malgré eux, mis sous emprise colonialiste dorénavant à toujours mieux remettre en question. Être une Organisation des Nations Unies préside et non s’assimile à quelque Organisation d’États Unis, a fortiori de sans à avec trait d’union. La difficulté est que toute population n’est faite peuple, par son peuplement territorialisant quelque part de la nature du fait de l’habiter et d’en coévoluer culturellement avec elle, qu me étant à son tour fait nation, apte à s’apercevoir telle, mais le plus souvent confrontée à sa reconnaissance qui, dès que juridique, s’instaure selon quelque État. De là à se faire accroire que nation et État se correspondent selon un seul et même État-nation trop souvent présumé donné malgré et à l’encontre de l’histoire ayant fait se chevaucher maintes couches populationnelles d’où s’être pourtant tous deux forgés et en avoir constitué ensemble un tel trait d’union, il n’y a qu’un pas. C’est une vue de l’esprit qui, en sa réalité, peut au contraire impliquer d’importants problèmes d’articulation. Après y avoir joint les deux points suivants, l’illustre le dossier de la géopolitique constitutionnelle canadienne et québécoise.

5) Reconnaître la diversité sociale dès les familles jusqu’en les États : prototype d’une action sociohistoriquement mieux éveillée et enrichie

Il est crucial de tenir compte qu’une possibilité majeure de la Renaissance « occidentale » a été occultée lors de l’inauguration et le déploiement tronqué de la Modernité (depuis lors découplée dudit Occident en dit Orient, au XXIe siècle), mais est à faire resurgir pour pouvoir en être d’autant mieux ressourcé qu’en mettre d’abord au jour les Prémices Renaissantes de la Modernité (dès ledit Occident jusqu’en ledit Orient, alors que les États-Unis, comme tous les pays des Amériques, ne sont à l’ouest de l’Europe qu’en étant tout au contraire à l’Est et donc l’Orient de la Chine, si la géophysique prévaut un tant soit peu au ressort de la géopolitique à travers laquelle l’énoncer) comme d’où pouvoir mieux contribuer au Processus d’une Renaissance Mondiale au XXIe siècle. Il s’agit autant de la tardive intégration du fait politique en ledit Occident que, dès la Renaissance, de l’occultation s’étant produite de la famille, plutôt que le seul individu, à la base de la forge de la nation et de là, de l’État. Dont le Québec par une langue maternelle apte à déborder sa propre origine ethnique et à se l’intégrer avec d’autres, là où le Canada tend à l’y laminer.

D’une part, la politique émerge avec la Cité (Polis) antique. Si elle se généralise et s’impose lors de l’Antiquité, son rôle s’estompe lors du Moyen-Âge empreint par le monothéisme, jamais chrétien que relatif aux autres (surtout à compter de l’islamique au VIIe siècle), avant de resurgir par une suite de renaissance (IXe, XIIe, XVe-XVIe siècles) culminant dans des guerres de religion (catholicisme/protestantismes), puis les Traités de Westphalie (1648) d’où s’impose l’interimpérialisme européen s’élançant à la conquête de la planète en s’y intégrant la tension interreligieuse en élan missionnaire. Or, sa teneur géopolitique initiale remonte à la Renaissance constituant d’autant l’entre-deux que l’interface entre et de l’Antiquité et du Moyen-Âge à la Modernité3. Étonnamment, même si Alexandre le Grand a été élevé dans une ambiance aristotélicisante, ses conquêtes ont fait s’estomper la Politique d’Aristote qui risquait de faire s’interroger sur les divers régimes politiques. De Cicéron à la demande de Thomas d’Aquin à Moerbeke de traduire la Politique d’Aristote et n’en recevant une traduction que prenant tous les termes en mauvaise part et indiquant bien la résistance à l’aborder véritablement, ne prévaut que l’horizon issu de Platon, de sa République à ses Lois, qui ne s’y interroge guère. Tel est ce qui envahit les divers monothéismes, autant chrétien qu’islamique et judaïque, Maïmonide révélant la pervasive situation qui vaut chez tous, à savoir que la loi divine remplace la philosophie politique, ce qui est l’assise faisant passer de l’Antiquité au Moyen-Âge. La désaffectation envers la vie politique et l’engouement pour la spéculation religieuse caractérise la période hellénistique et romaine et perdure jusqu’en le haut Moyen-Âge.

C’est bien ultérieurement, sur un résurgent arrière-fond zoroastrien avec une conjointe mise au jour de la famille se modelant sur la divine unitrinitarité chrétienne chez Ficin, que la Politique d’Aristote révèle que la République de Platon ne s’en annexe aucunement les Lois et au contraire s’y trouve ajustée et révisée, ce qui permet autant de mettre au jour maintes couches néoplatoniciennes superposées à partir de cette inaugurale intégration de Platon et Aristote dès leur tension interrelationnelle propre que de procurer à Cosme de Médicis ces Lois pour instaurer Florence en contre-pouvoir de Rome (avant que les papes en deviennent médicéens, de Léon X à Clément VII). L’a établi De quel Zoroastre à quel Dieu? Entre-temps, certes, à compter de Grégoire VII, le pouvoir spirituel dit exprimer la loi divine risque constamment d’avaler le pouvoir temporel, à savoir la vie politique. Hormis s’il se fait néosioniste, seul le christianisme, contrairement au judaïsme et à l’islam, n’est pas une religion politique, à la fois liée au peuple le constituant et source jusque de la foi, ce qui marque la différence du Nouveau Testament ne parlant jamais de la justice et l’Ancien Testament en parlant partout, tandis que l’Islam en fait non seulement un fondement social, mais un commandement divin. On aperçoit d’où a émergé la tension entre les peuples européens s’étant faite interimpérialiste au point de s’intégrer les tensions interreligieuses mises en compétition jusqu’en l’élan missionnaire panplanétaire, surtout à compter des Traités de Westphalie (1648). Il ne s’agit aucunement d’un peuple, ni d’un élargissement faisant s’y adjoindre maints autres, mais d’emblée de maints peuples s’étant d’autant différenciés entre eux qu’avec et à même maints États s’en étant forgés et autonomisés. Cette intense et pervasive interface multifrontière conditionne d’emblée ce qui, depuis, mais par-delà le christianisme européen, si laïcisé puisse-t-il devenir, va tant s’oublier être ce qu’il est et s’en fantasmer comme État-nation, comme si chez tout un chacun une nation et un État se correspondaient totalement comme un seul tout parmi d’autres avec lesquels s’entrechoquer, alors qu’il n’en a jamais été nulle part question, hormis sa généralisation mentale abusive empêchant d’en voir la réalité, puisqu’il s’agit d’emblée de maints peuples s’en faisant maintes nations si pour être aussi maints États, tels que surgissant tous ensemble et relativement les uns aux autres selon des interfaces fort diverses entre peuples-nations/États. Se radicalise comme jamais auparavant toute la tension ayant déjà menée de Cyrus à Jésus, à savoir d’un tout 1er empire universel (Perse) ne s’intégrant païennement maintes nations qu’en faisant déjà l’œuvre de Dieu (selon Isaïe) à la médiation gréco-romaine non moins impérialement universelle d’où jaillit l’ouverture chrétienne de Dieu à maintes nations en s’y incarnant humainement, mais en ne s’y apercevant tel qu’à leur interface s’en codéployant telle, à savoir qu’à partir des Prémices Renaissantes de la Modernité d’où prendre conscience de ce qui s’en est vraiment produit. Le double atomisme de l’individu d’autant présumé individualiste que tronqué d’être d’emblée social dès la famille en tout humain, et de l’État-nation tout aussi d’autant isolé que tronqué d’émerger en essaim n’est donc qu’une vue de l’esprit qui, s’il ne s’en éveille et ne s’en aperçoit, n’est jamais pensant que plombé par sa sous-jacente fantaisie fort inconsciemment opérante.

Ces maintes nations en maints États s’y font accroire tout un chacun être un État-nation parmi d’autres, voire éventuellement s’imposer tout un chacun les uns aux autres, mais surtout d’un hégémonique à tous les autres, ce qui s’est débattu tout le long de la Modernité, selon l’incessant fantasme « occidental » d’un Nouvel Ordre Mondial, bref un N.O.M. l’identifiant s’imposer tel, jusqu’au XXIe siècle. Son homologie perdure et s’aperçoit au sein des Amériques où des Américains, à savoir les Étatsuniens, se donnent pour les Américains. S’éclaire la spécificité de son grand filtre idéologique Patriarcal Ethnoracial Enreligiosé qui est PWASP: Patriarcal White Anglo-Saxon Protestant, mais lui-même de tendance néosioniste. Todd, en parlant d’un degré zéro de religion, semble méconnaître cette capacité d’un christianisme protestant évangélique, avec une frange catholique, de se dénier et s’obscurcir en sa christianité pour s’en néosioniser et s’en ramener en deçà de sa propre aurore, elle-même tronquée de sa propre teneur renaissante syncrétique pagano-chrétienne d’où pourtant pouvoir se trouver ressourcée et éclairée en son propre devenir dès le plus auroral (« oriental »), pour peu qu’aperçu et rendu apte à plus complètement renouer avec sa propre capacité de resurgir. Une fois le déplacement repéré, il est possible de mieux comparer avec les autres grands filtres idéologiques, dont le chinois PYHCT: Patriarcal, Yellow, Han et Confucéen le jour, Taoïste la nuit. Ou encore avec le Patriarcal, Slave euroasiatique tirant en moyenne lui aussi vers le Blanc, Russe et Chrétien orthodoxe s’étant allié une part musulmane, bien après avoir constitué Moscou en 3e Rome d’emblée démarquée de sa teneur byzantine (2e Rome) n’ayant migré vers Kiev qu’en s’étant conciliée avec le catholicisme romain, véritable prélude à la fracture entre l’euro-ukrainien et la Russie.

Par surcroît, tout le problème, remontant aussi à Platon et Aristote, est que le meilleur régime politique n’existe nulle part sur Terre, sauf en paroles, ce qui est le propre des joutes verbales qui s’instaurent à l’inverse de seulement s’émettre phonosémiquement et extérieurement pour surtout se réguler selon qui s’avale et donc s’intériorise qui, quitte à le dépecer en le digérant jusqu’à se l’assimiler en même temps que se délester de ce qui ne peut l’être. Ce n’est pas sans s’intégrer en les articulant d’une façon bien spécifique les Structures anthropologiques de l’imaginaire (Durand) selon des régimes diurne et nocturne puisant aux sources réflexogènes sous-jacentes et respectives de la posture (verticale avec flexion crânienne accompagnée d’une descente du larynx au ressort du langage articulé et donc du verbal venant s’y percher) et de la déglutition, sans parler de leur interface nycthémérale proprement dite que figure le coït. De fait, ces joutes verbales sont si inhérentes à la géopolitique à travers laquelle en faire des emprises sur la réalité que leur tension extérieure/intérieure se condense en les racines Gar/got du nom de Gargantua, chez Rabelais, au ressort de la forge des instances mentales de la pensée s’étant empersonnifiées en langue française les en expérimentant littérairement4. Cette tension exige de s’y mesurer au si problématique thème du démovore, d’autant que de neutres études l’ont tronqué en prétendant le déplacer et faire figurer sous le thème d’une vitalité sociolinguistique réduite à ethnolinguistique, elle-même rendue fort ethnoracisante, face à l’assimilation censée d’autant faire accroire que ce seraient les individus des groupes en cause qui abandonneraient d’eux-mêmes leur langue maternelle que tenir lieu de la dévoration issue de la préalable marginalisation en compromettant la viabilité. C’est aussi par Aristote que la propriété privée est dite meilleure, car présumée plus juste, mais d’abord plus commode, que le communisme. Thomas d’Aquin permet de l’ancrer et la doter d’une assise en une loi naturelle beaucoup plus solide, car d’où mieux rendre compte et de fait, rendre moral le romain jus gentium ou droit des nations. Aristote autorise aussi l’avortement. Et il parle de Minos qui, lui, limitait le nombre des naissances, en encourageant les relations homosexuelles. Toutefois, un étrange silence des commentateurs (Thomas d’Aquin, Albert le Grand, Alain de Lille…) règne sur la différence menant de l’Éthique à Nicomaque, où la vertu morale est présentée comme devant être recherchée pour elle-même, à la Politique, où elle est poursuivie en vue du bien de la société. Aristote permet aussi aux adultes d’assister à des fêtes où se moquer des dieux, ce qui rebondit dans la Divine Comédie de Dante. Plus encore, là où Thomas d’Aquin subordonne la justice légale à la charité, Dante procède à l’inverse. Clou du spectacle: après et malgré toutes ces retouched sans y regarder de plus près, on arrive à d’autant se faire accroire qu’à faire de Aristote un précurseur de la morale chrétienne, voire, dès Rabelais, à en critiquer et réviser jusqu’à l’assise zoroastrienne de toute la prisca theologia ficinienne (plutôt sise sur Platon comme d’où prototyper le christianisme) pour y parvenir en y ajoutant via Rhodiginus toute une suite de Princes et gens belliqueux, bref toute une politique5. Or, le naturalisme politique aristotélicien fait se dichotomiser clercs et laïcs jusqu’au sein de l’Église et si chrétiens tous y soient-ils. Se distend et dichotomise jusqu’au lien autrement syncrétique pagano-chrétien : là où Aristote avance qu’aucun citoyen ne s’appartient à lui-même et appartient plutôt à la Cité, Pierre d’Auvergne opère un glissement disant plutôt qu’aucun citoyen s’appartient seulement à lui-même. De même, Thomas d’Aquin ne s’intègre Aristote qu’en en dérogeant, car si Aristote parle de la vie présente, faute d’en connaître aucune autre, il fait plutôt remarquer que si la vie présente consiste dans le plaisir et les richesses, son bien suprême se christianise dès que supposant une vie personnelle dans l’au-delà.

Immense contraste entre l’état d’esprit du soldat païen affrontant la mort pour la défense de son pays et à risque de tout perdre et l’état d’esprit du soldat chrétien ne se sacrifiant pour le bien commun qu’en croyant, espérant et recevant le miséricordieux et si charitable salut éternel, bref s’en trouvant emporté et ravi par des vertus théologales, dont la mystique de Jean de la Croix révèle toute la portée, mais dont l’incarnation manquait et est explicitée en « Pouvoir se fier exige de la foi de se mesurer à la confiance mutuelle ». On aperçoit l’abîme entre le Dieu aristotélicien comme moteur immobile et le Dieu créateur monothéiste dont il ne peut être au mieux que le Dieu continuateur à jalonner d’autant de preuves de son existence que, parmi celles-ci, celle autant de la durée de sa propre vie en ce monde que de l’immortalité de son âme dite (par Dieu seul et la foi) en perdurer au-delà, comme chez Descartes. Or, la dichotomie entre César et Dieu auxquels rendre à chacun ce qui lui revient (par justice) ne dura que trois siècles, jusqu’au Prince de Machiavel qui réprouve Aristote sans jamais le mentionner explicitement une seule fois. « Comme l’exprimait avec justesse Machiavel, « l’histoire de l’homme est une lutte perpétuelle entre la force et le droit » ». Cette sentence résonne particulièrement au sein de l’ONU, où les idéaux humanistes se confrontent souvent à la realpolitik des États6, sinon à « la lamentation tragique sur ce qui se produit lorsque le pouvoir du fort devient incontrôlé et que la justice est abandonnée »7. Cette sentence résonne d’autant au sein de l’ONU que le développement humain (humanitaire, développement durable et droits humains) se confronte aux paix et sécurité qui s’y prêtent plus ou moins bien. Une asymétrie troublante en émerge, en particulier entre l’ONU et l’Afrique : l’ONU émerge dès 1945 comme l’acteur et le témoin d’une vague décolonisatrice menant à la venue de maints États africains en son sein, comme en un passage de la force au droit, si ce n’est à la realpolitik (jusqu’en paix et sécurité) qui perdure et infléchit autrement les idéaux humanistes (émergeant et puisant à un triple développement humain à la fois humanitaire, durable et de droits humains) et s’en fait art du compromis. Nouvel afflux d’un essaim d’États-nations venant s’articuler avec l’essaim euroaméricain initial? De fait, il n’est africain et ne s’y conjugue qu’accompagné par ailleurs du tout autre essaim asiatique et qu’apte à se révéler comme d’où autant jaillit évolutivement l’eurasiatique en question que fait s’en interfacer, en particulier via ledit Moyen-Orient, ses constituants, à savoir euroaméricain et asiatique comme ayant été autrefois figurés comme lesdits Occident et Orient, tant leur teneur transatlantique tardait à s’apercevoir s’inverser par le transpacifique.

D’autre part, entre-temps, dès la Renaissance dite occidentale, Ficin et Bodin ont promu la famille (le ménage) plutôt que le seul individu pour que s’instaure une république domestique d’où pouvoir s’apercevoir émerger et faire se préparer à la République tout court. Cette possibilité a été occultée sous la Modernité ayant privilégié la famille nucléaire instable ne paraissant produire d’autant les individus qu’affichés ainsi d’emblée individualistes à travers les sociétés dites occidentales (où cela reste partiel et partial mais est abusivement généralisé) et même hyperindividualistes aux États-Unis. Depuis cette présomption abusive de sociétés d’individus sous-entendus exclusivement individualistes, s’est aussi occulté jusqu’à présent au XXIe siècle, le fait que la famille communautaire (axée sur l’intégration multigénérationnelle), prévaut par exemple en Chine et en Russie et est irréductible à la généralisation collectivisante abusive du même dit individualisme, surtout que réduisant, assimilant et laminant de facto sa genèse structurale au seul hasard si circonstanciel que stricto sensu uniquement fantaisiste n’en étant prévalant et valide qu’en ledit Occident, par effet de contagion virale de l’individualisme s’en collectivisant en s’agglutinant en ondes propagatrices mues par ses propres mœurs toujours plus confondues avec leurs seules mises en scène s’en rendant prégnantes. Le fait même de chercher à se faire vivre des émotions à travers ses propres mœurs s’en confondant avec leurs mises en scène est stricto sensu uniquement « occidental » (à savoir issu de certaines des sociétés « occidentales », de fait plutôt euroaméricaines, qui prévalent encore pour le moment sur d’autres) et aucunement universel. L’illustre la Fantasyland étatsunienne, a fortiori depuis que trumpiste. Même la « Conférence à Moscou d’Emmanuel Todd sur son livre La défaite de l’Occident » promeut un cadre d’analyse ne se fondant sur les divers types de famille à travers la planète qu’en n’échappant pas encore à cette polarisation dichotomisante8.

S’il ne s’agit pas d’une prédiction, il s’agit au moins d’une espérance que la prise en compte d’une éventuelle émergence de la famille souche pérennisant la résidence comme sens de la maisonnée (Allemagne, Japon…) à l’interface entre la famille nucléaire individualiste (dont l’étatsunienne) et la famille communautaire (dont les chinoise et russe) contribuerait à tempérer les impérialismes qui sont issus de ces deux-ci et s’en codéploient en divergence systémique d’ensemble au point d’y entraîner actuellement la planète entière en même temps que le CPS tout entier au sein de l’ONU. Le point le plus crucial n’est pas tant les catégories de famille que d’abord la prise en compte, comme chez Ficin et Bodin, du fait familial comme base institutionnelle au ressort des autres institutions (école, travail et jusqu’en politique) avec lesquelles se forge et s’instaure d’autant toute société civile que toute possibilité d’en éclairer les trajectoires individuelles de vie. L’humain peut tant s’y apercevoir être tel qu’il est, à savoir jamais individuel que d’emblée social, que s’en faire humaniste, voire humanitaire. Ficin, en particulier, permet d’éclairer que la famille dite occidentale, plutôt que les seuls individus la composant, s’est constituée selon la conception divine unitrinitaire en cause et que l’autoréflexivité à la source du sens de soi y est irréductible à l’autocausalité faisant s’en et tout en instrumentaliser, style self-made man9. Le fait général sous-jacent est que pour toute société rien n’est plus sacré que son propre lien social constitutif, à son tour à apercevoir et reconnaître au ressort de toute et quelque religion que ce soit susceptible d’en émerger et d’en transposer le sacré depuis son émergente source profane en une manifestation sacrée (donc hiérophanique) dite religieuse l’en ressaisissant et canalisant, mais à délimiter pour ne pas s’y faire monopoliser à son propre encontre ce n’est pas parce que le sacré fait se dégager et se séparer le religieux du profane qu’il doive l’occulter en émerger et pour ce faire, y être d’abord généré, a fortiori au moment de se transposer de manifestation sacrée (hiérophanie) en commandement sacré (hiérarchie), si pour ne pas s’y faire indûment réduire et assimiler au point de ne plus que s’en faire surdéterminer à rebours. Ceci permet en toute société que tout problème politique reste un problème politique sans être au contraire indûment confondu et transposé en problème religieux, a fortiori si s’en mettant à enreligioser la politique (comme en le tabou de qui, sans être étatsunien, est américain jusqu’en le cubain) en vue de faire s’y plier plutôt que de s’en valider auprès de la société en cause. Les sociétés humaines sont constitués d’humains, jamais individuels (surtout si jusqu’à faire se confondre dès toute notion de famille jusqu’à tout individu avec le seul individualisme d’emblée en porte-à-faux face à sa propre collectivisation censée s’avaler tout communautaire en même temps qu’évacuer toute interface dite souche ?) que d’emblée sociaux. Sans sociétés humaines, pas de Nations d’où apercevoir émerger les États et surtout s’y faire reconnaître politico-juridiquement, donc pas d’assainissement de l’international jusqu’en ce qui s’en interétatise, autant en que tout autour de l’ONU à l’échelle panplanétaire.

Pour le dire autrement, il ne s’agit pas tant d’une Défaite de l’Occident que dudit Occident qui se défait par son déclin humain, à savoir jamais individuel que d’emblée social, mais s’occultant être d’emblée tel. Au sortir de la Renaissance, la Modernité, initialement « occidentale », s’est tronquée en tronquant l’humain pour ne le faire paraître qu’individuel jusqu’en et à l’encontre de tout ce qui en est pourtant tout au contraire d’emblée social. Bien sûr, il y a eu son visage le plus affiché au fur et à mesure que l’hégémonie s’est concentrée en empire britannique, puis s’est transférée en empire étatsunien exacerbant son individualisme en hyperindividualisme. Toutefois, des formes plus subreptices sont aussi fort opérantes, même si moins visiblement, dont la trudeauiste Constitution de 1982 parasitant la québécoise Charte des droits et libertés de la personne et faussant la Constitution de 1867 à cette fin pour forcer l’homogénéisation anglicisante par un tel déclin humain faisant s’imposer des droits et libertés si purement individuels que renvoyant d’emblée tout ce qui peut en être social en clause annexe et dérogatoire afin de pouvoir ainsi l’en manipuler à travers toutes les institutions en même temps que concentrer les pouvoirs depuis l’exécutif jusqu’en le législatif et de là, le juridique pesant à son tour sur toute société en cause, a fortiori si québécoise et comportant un droit civiliste pourtant censé être irréductible et se faisant pourtant réduire à la common law anglicisante, etc. Nomination fédérale en catimini de juges, infiltration des facultés de droit dans les universités et autres pratiques sont fort courantes, le tout sous façade d’État de droit, dès lors fort hypocrite et opérant selon tout le contraire de ce qui est affiché. Toute société civile canadienne un tant soit peu française, y compris et surtout si québécoise, doit s’apercevoir qu’il lui faut entreprendre des démarches juridiques rendues d’autant pénibles que, au niveau soi-disant fédéral, mais tout au contraire si centralisateur à l’encontre des fédérés que fort unitaire, l’exécutif a noyauté le législatif à faire ainsi entériner par le juridique qui, à son tour, en conforte l’opacité, dès l’accès dès lors entravé à l’information d’où pourrait surgir quelque action mieux susceptible de s’orienter10. La concentration des pouvoirs, telle que le trumpisme cherche à l’effectuer au grand jour lors de sa mise en scène de sa dite vérité hyperbolique laminant tout ce qui n’est pas elle-même aux États-Unis, se fait dans les coulisses de façon fort subreptice au Canada. L’ultime enjeu est encore une fois la façon dont se forge la société civile comme pouvoir distinct, s’il parvient à se constituer et à être un tant soit peu autonome au ressort de sa culture même, à savoir comme pouvoir distinct de tous ces autres pouvoirs qui opèrent à l’échelle gouvernementale et privilégient une telle culture du secret agissant depuis l’ombre sur ce qui peut être plus visible de l’articulation entre eux, pourtant censée a contrario les rendre et les faire paraître indépendants et en contre-pouvoirs mutuels. Du moins en démocratie. Sauf en temps réel d’autant constitutif que seul à demeurer accessible depuis la société civile de sous toute constitutionnalisation possible s’étatisant ?

Rappelons que, par la société civile, la famille s’instaure au ressort de toutes les autres institutions, dont l’école, le travail et la politique. Et si l’enjeu de la période d’âges des 15-35 ans est si crucial, c’est qu’elle concerne autant le moment du travail (différé si le moment scolaire se prolonge jusqu’en l’universitaire ?) et de la conjointe forge d’éventuelles nouvelles familles un tant soit peu viables que le point de passage liant les générations entre elles. S’il se fait rompre, toute la société civile s’en fait marginaliser jusqu’au point de faire accroire que ce sont les seuls individus qui en viennent à abandonner d’eux-mêmes leur propre culture et leur langue lorsque cela se produit. Encore et toujours selon tout humain à ne faire paraître qu’individuel au détriment d’être d’emblée social.

De fait, si le sexe et le travail ne s’intègrent pas harmonieusement (du sexe bien vécu et possiblement aussi au ressort d’une famille viable en pouvant subvenir par le travail à ses propres besoins), une société civile ne peut se constituer au point de s’assainir en ses mœurs et bien se porter économiquement et politiquement11. Toute culture s’inaugure par l’attitude comme façon de considérer la nature, dès le sexe par lequel se vivre et se reproduire (en y étant mise en travail l’en faisant accoucher) et dès le travail par lequel tant y agir et s’y adapter que se transformer en la transformant. La question culturelle de la sexuation si évolutivement diversifiante à s’intégrer socialement à même la vie et de la sexualisation la donnant à se vivre, en regard du genre pouvant s’ensuivre, mais aucunement s’y substituer, a déjà été signalée12. La diversité sexuante, certes, se sexualise, mais reste irréductible à ce qui peut s’en genrer, à moins de se tronquer en ses propres catégories mentales si foncières entre l’autre et le même, au ressort de toute comparaison possible permettant d’établir de quoi il peut être question, bref de savoir de quoi on parle. Et on ne saurait sous-estimer la puissance imaginaire de faire un, ensemble, jusqu’en les corps fusionnant en leur chair et surtout faisant jaillir la symbolisation d’un tout se rendant présent autant entre que jusqu’en tout un chacun y prenant part. L’humain, individu d’emblée social, symbolise, au point que son esprit peut d’autant s’envoler avec toute nuée d’oiseaux que s’y identifier et être avec eux ce qu’ils sont, en totale résonnance mutuelle faisant s’y correspondre, avant même de pouvoir en raisonner et en tirer quelque métaphysique plus explicite, ainsi que les ressorts de la mathématique (tout nombre étant par définition une telle correspondance au sein de tels ensembles d’ensembles) et jusque de la physique (en retraçant jusqu’au dynamisme génétique de sous et au ressort de sa totalisation en monde, à savoir en cosmos selon le mot grec). Il s’agit d’un puissant moteur faisant d’autant s’entr’appartenir à la façon dont tous appartenir à la Terre-Mère que la société entière peut en être de part en part culturelle-symbolique avant toute émergence politico-institutionnelle (advenue avec les Cités étatisantes à la source de lois susceptibles de s’étendre à la nature autant au sein que tout autour de tout un chacun, fût-ce au risque de laminer toute entr’appartenance en « entre-prise » de possession, comme si de Terra Mater à Terra nullius) et enfin, décisionnelle-opérationnelle13. Par-delà la Renaissance et au seuil de la Modernité, jusqu’à l’impérialisme colonialiste des sociétés européennes en Amériques et ailleurs peut se concevoir comme un entrechoc de sociétés politico-institutionnelles, d’emblée étatiques, avec des sociétés culturelles-symboliques, uniquement constituées de premiers peuples comme premières nations. Le choc en a été un non seulement avec la liberté des mœurs jusqu’aux plus sexuées et, de là, sexuelles, mais du même coup avec l’imaginaire (et l’élan symbolisant). Le rapport interimpérialiste entre sociétés européennes, jusqu’entre sociétés nord-américaines autochtones si contrastantes, les met à risque de s’y révéler de hiérarchisantes sociétés de classes en train de se forger à partir d’anciens Ordres sociaux, à savoir Clergé, Noblesse et Tiers État. Du Tiers État émerge une Bourgeoisie commerçante qui complète avec le Clergé et la Noblesse la ternarité élitique et colonisatrice et qui, aux siècles suivants, les déloge et s’en autonomise politiquement à l’échelle de la société entière avec sa coémergente masse populaire (paysans, artisans, etc.) en train de se prolétariser et plus proche de la mentalité autochtone, au point de tendre à s’y métisser14 et, pour en conjurer la menace, avec laquelle tout au contraire chercher à constituer ladite lutte des classes sociales, trop susceptible de se révéler non seulement interne, mais aussi externe, internationale. La réponse à cette menace est « génocide et/ou réserve »15: se redouble et s’intériorise la surrépression en refoulement du songe pour qu’il ne soit plus tant issu du corps, en appel du don le comblant socialement et mythiquement, que de l’âme où le faire virer en foi, sinon en doute. En foi (d’où exhausser le don en si divine grâce et donc, la nature en surnature) comme s’y acharnent les Jésuites auprès des Hurons et d’abord à l’encontre du décodeur de rêves (et de désirs à réaliser) qu’est le shaman. Sinon en doute, cette cartésienne voie d’arraisonnement, surtout si quotidiennisée par matérialiste hégémonie géopolicoéconomique anglaise déclassant dès 1660 la Hollandaise (qui armait déjà les Iroquois contre les Hurons et par là, contre les Français pour les fourrures). Le tout au fur et à mesure que le capital marchand, au lieu d’être détourné en promotion sociale bourgeoise en l’ordre ancien (de féodal en monarchie absolue en France), vire en capitalisme qui s’accapare d’autant mieux de l’État (par le Parlement) qu’il pénètre jusqu’aux rapports sociaux de production agricole, par l’enclosure plus intense en Angleterre qu’ailleurs, et tant s’approprie les terres que force l’expulsion de masses populationnelles en peuplant l’Amérique du Nord. Le refoulement capitaliste du féodal (fait seigneurial en Nouvelle-France) et a fortiori de l’immersion païenne autochtone en la nature s’y effectue jusque de l’imaginaire et l’encarcane par doute/foi (Descartes/Jésuites), sinon le lamine empiriquement (en l’anglicisant). Puis après les grandes révolutions politiques, d’étatsunienne (1776) à française (1789), au fur et à mesure que les États s’aperçoivent pouvoir faire jaillir leur gouvernance des nations et s’en constituer en États-nations, peuvent commencer à s’instaurer les sociétés processuelles-décisionnelles au point de s’interroger sur leur rapport avec ces sociétés sans États que sont les Premières Nations. C’était une sorte de révolution sociale fort pervasive, au XIXe siècle. S’ensuisit au XXe siècle, la révolution naturelle autant au sein de soi, en particulier par le sexe, et tout autour, dont l’impact humain sur le climat. Elle a d’autant pu acquérir toute son ampleur que s’apercevoir surgir dès l’attitude, à savoir dès le simple fait de considérer la nature et donc de l’intégrer culturellement. Au XXIe siècle, jusqu’au trait d’union s’étant constitué pour forger l’État-nation est en train de se distendre au fur et à mesure que se révèle, surtout en l’ONU, que l’international n’est aucunement l’interétatique. Des nations sans États peuvent échanger entre elles, voire aussi entre leurs parts éparses lorsque dépecées entre maints États (dont la paradigmatique nation kurde encore sans État propre distinct de tous ces maints États), si ce n’est avec des nations qui sont d’emblée partie prenante d’États et s’en font des États-nations, tout comme il existe des tensions interimpérialistes cherchant à faire s’hiérarchiser les États et y remanier les nations. La déchirure russo-européenne en est exemplaire, non seulement en Ukraine, mais aussi en Moldavie, etc., car toute tendance pro-européenne, si saillante y soit-elle, s’y bute sur une part russe.

Donc, après le ternaire élitisme désagrégeant les Ordres sociaux en classes sociales au sortir de la Renaissance et pendant tout le XVIIe siècle au seuil de la Modernité, les questions politique, sociale et naturelle, aux XVIIIe, XIXe et XXe siècles, s’intègrent et culminent au XXIe siècle en la question de l’histoire sociopolitique si humaine de la culture coévoluant avec la nature, mais nature, à la fois, autant au sein de nous jusqu’en tout un chacun qu’entre nous et tout autour de nous, le tout selon une commune idée de naissance présidant d’autant à la formation et au développement que constituant un héritage transmissible, apte à donner aussi lieu à la nation faite perception commune d’un peuple de lui-même et à se faire éventuellement reconnaître juridiquement en sa capacité à s’en déterminer et gouverner16, puis à se faire terre d’élection migratoirement intégratrice, sinon purgative. La nation mène à l’international, voire à l’ONU où exiger de l’en distinguer de l’interétatique, a fortiori si interimpérialiste, tel que jaillissant de son CPS et l’invalidant autant de l’intérieur que de l’extérieur. L’humain, individu d’emblée social, se constitue et se cultive à même la nature et ce, d’intracorporel en d’emblée intercorporel par mise en tension entre ses gauche/gauche s’en équilibrant en ses deux sens inverses (vers la gauche/vers la droite) s’imageant mutuellement dès le sexe, du moins selon un sociosexoréférentiel féminin jusque du masculin par une commune fente sagittale inhérente non seulement à la vulve, mais aussi au bout du gland du pénis, etc. La latéralité s’introduit par un vide constitutif de tout corps et ce, d’intracorporel à intercorporel par un tel sociosexoréférentiel ! Cet imaginaire se forgeant à même sa vie d’emblée fort physiquement inscrite relativise d’emblée tout sociosexoréférentiel patriarcal et donc, d’avoir ou non à être avec ou sans pénis. S’en relativise a fortiori toute binarisation sous-jacente à quelque subséquent cisgenre (par lequel se faire accroire par surcroît n’être homme ou femme qu’en ne pouvant s’identifier tel ou telle qu’en se l’étant fait-e assigné-e, puis s’y être conformé-e, comme si tout ne faisait que s’en instrumentaliser exogénément), surtout si selon quelque toute autre genrance LGBTQ+ ne s’en démarquant qu’en la reproduisant et qu’en faisant s’y confondre tout autant l’anatomie avec le fantasme l’en psychisant en des sociétés portées à tout psychiser, jusqu’à tout mentaliser comme d’où tout instrumentaliser en tout humain à titre purement individuel. Sociétés aveugles à elles-mêmes, donc sans s’apercevoir et tout au contraire présumant cette tendance sociale si évidente et naturelle qu’aller de soi. Or, par cet autre sociosexoréférentiel relativisant le patriarcal, se trouve rejointe la tendance culturelle-symbolique des sociétés autochtones de s’entr’appartenir en appartenant à la Terre-Mère, elle-même mieux géophysiquement circonscrite jusqu’en géopolitique. La bispiritualité autochtone s’attache au sens de la sexuation alors considérée jusqu’en la sexualisation et a fortiori la genrance s’ensuivant, nullement y pèse en la surdéterminant et instrumentalisant à rebours et en sens inverse: être des deux prévaut si ne pouvant distinguer les deux, ce qui peut arriver dès la biologie si pour être autrement jusqu’en psychologie, avant que l’inverse s’en suraccentue dans les seules sociétés « occidentales » psychisant tout jusqu’à outrance, au point de tronquer l’humain au profit du seul individuel et au détriment d’être aussi d’emblée social17. Les parents inuits en sont très conscients lors de toute naissance de quelque enfant dont le sexe n’est pas d’emblée évident. Ils n’ont aucunement attendu les notions d’intersexe, hermaphrodite, transidentité, etc., surtout qu’il arrive que tout s’en éclaircisse et que le sexe s’en révèle de lui-même quelque temps après la naissance et a fortiori s’il ne correspond à aucune de ces notions et fait apparaître l’un des deux sexes. Rien n’en est présomptivement assigné à la naissance, comme cherche à le faire accroire une certaine mouvance LGBTQ+ pour s’y opposer et en réclamer des droits via une discrimination positive virant en discriminatoire davantage que positive, alors que ne faisant qu’en reconduire, mais autrement, les mêmes présupposés patriarcaux : avoir ou non un pénis et donc être avec ou sans pénis, quelle que soit l’orientation sexuelle. Les Inuits nous enseigne pouvoir apprendre ce qu’est attendre avant de savoir si un sexe va se distinguer de lui-même, sans aucunement avoir jamais à l’assigner, ni se rebeller contre ladite présumée assignation. La double distinction bispirituelle autochtone de la femme femme et de l’homme homme en regard de la femme homme et l’homme femme peut aisément recouper celle entre les sociosexoréférentiels respectivement patriarcal (sans/avec pénis fait pourtour/centre) en regard du féminin jusque du masculin (par commune fente sagittale en le gland du pénis et en la vulve, etc., la femme étant seulement davantage fendue que ne l’est l’homme pour paraphraser et développer la perspective inuit). Le tout surtout jusqu’en une diversité surgissant dès quelque soi-disant cisgenre et aucunement siphonnée par la seule mouvance LGBTQ avec conjointe formation réactionnelle alors alimentée d’un patriarcat outrancier se mettant à y réagir au profit du seul même, à savoir l’identique, toujours plus identitairement rigide (femme femme et homme homme)18. C’est une erreur malencontreuse que d’intégrer la bispiritualité autochtone en la seule mouvance LGBTQ d’emblée si biaisée jusqu’en la notion de diversité que visant à siphonner à son propre profit le pouvoir patriarcal, en y occultant l’enjeu de la diversité survenant dès ledit cisgenre (à faire se confondre de l’évolutive sexuation à la sexualisation faite hétérosexualisation) pouvant pourtant survenir selon un tout autre sociosexoréférentiel que patriarcal (seule source de la véritable binarité qui n’est aucunement d’être cisgenre hétérosexuel, mais chez tous, mouvance LGBTQ incluse, d’avoir ou non, donc d’être avec ou sans pénis). Le sociosexoréférentiel du féminin jusque du masculin peut s’harmoniser avec l’autochtone matricentrisme (aucunement le matriarcat, ce décalque en miroir du patriarcat), jusqu’en ses notions d’un tiers sexe (ancré dans le simple constat expérienciel commun qu’il n’est pas toujours aisé de distinguer toujours clairement entre deux sexes au début de la vie et que l’enfance peut en éclairer jusqu’à l’adulte, sans aucunement se prêcher et encore moins s’imposer en sens inverse), mais aussi de Terre-Mère (avant toute terra nullius), etc.

Quant au travail, nous avons vu que, via les 15-35 ans en inaugurant usuellement l’accès (du fait d’interdire le travail des enfants) et pouvant en tirer subsistance au ressort de nouvelles familles, il s’agit de l’interface la plus cruciale du lien et de la continuité intergénérationnelle constitutive de la vitalité socioculturelle, dont la sociolinguistique, voire de la constitution de la société civile (à partir de l’institution de base qu’est la famille et, avec et au gré des autres institutions s’en alignant, où s’inscrivent les trajectoires de vie). Cette période d’âge est la plus délicate et, si fragilisée au cœur du fil intergénérationnel et de la forge de la société civile, la plus vulnérable quant à la forge identitaire, si aperçue culturelle et s’en sociogénérer telle sans abusivement s’en faire psychiser et a fortiori ethnoraciser à outrance. Ainsi, le trumpisme, via Kirke, a pu la cibler à travers la présente génération dite Z en vue de faire s’y conjuguer conservatisme politique et spiritualité enreligiosante aux États-Unis. Le Temple trumpien y cherche ses assises pour perdurer par-delà D. Trump. Or, les manifestations augmentent à travers le monde et la génération Z a déjà causé un changement de régime au Népal, à Madagascar, etc. Au Canada dit « multiculturel », mais laminant toute culture de sa sociogenèse en ethnoraciale, les diasporas, face aux régimes de leur pays d’origine, manifestent davantage. La pression accrue sur les polices assure le bon déroulement de ces manifestations.

La protestation en Iran en 2022 par le mouvement Femme, Vie et Liberté a exprimé son rejet du régime et réclamé de pouvoir vivre, ce sur quoi viennent se greffer les récentes interventions étatsuniennes-israéliennes, de la guerre des 12 jours (13-24 juin 2025)19 à la présente guerre (28 février 2026-?), dont la grande innovation (propre au XXIe siècle) est l’orchestration algorithmiquement intégrée des raids aériens20, avec refus d’envoi de troupes terrestres (non pas parce que les cadavres de soldats peuvent revenir au pays, mais parce que cela ferait plonger la cote trumpienne de popularité électoraliste), tout en exposant la seule société civile cherchant, là aussi, à vivre. Israël veut éliminer le régime iranien des mollahs (plutôt dorénavant aux mains des Gardiens de la Révolution) qui veut l’éliminer. Israël veut surtout instaurer sa suprématie militaire (qui ne peut aucunement l’être sans les États-Unis) dans toute la région, où les alliances forcées de pays arabes avec les États-Unis peuvent l’être dans le sens israélien s’en faisant adouber suprémaciste. Bien noter ce codéploiement d’une sécurisation étatique se disant nationale (d’autant que néosioniste, d’abord étatsunienne pour être judéenne, par résurgence d’une atavique Palestine totalement israélienne à concrétiser à l’encontre de Gaza et la Cisjordanie dont se subordonner, si faute de pouvoir les en vider, toute teneur arabe) et d’une suprématie régionale pour s’en étayer (une fois encore par les États-Unis y liant les régimes arabes de la région à l’encontre autant de leurs propres populations que de l’Iran, seul régime s’y opposant).

Les États-Unis, eux, reprennent le fil de leur invasion unilatérale en 2003 de l’Irak (sous faux prétexte d’armes de destruction massive menant à en abattre le dictateur, pour avoir l’air de faire quelque chose et de se trouver au moins un bouc émissaire suite à l’attentat du World Trade Centre du 11 septembre 2001, diversifier du même coup leurs ressources pétrolières et ainsi moins dépendre de l’Arabie Saoudite, mais au prix de renforcer malgré eux la position régionale de l’Iran, qui va s’y étendre et se rendre via la Syrie jusqu’au bord de la Méditerranée…), le tout sans aval du Conseil de Sécurité de l’ONU (que cette fois-ci, face à leur attaque de l’Iran en 2026, la Chine demande de convoquer de toute urgence, mais après coup, à savoir après le fait accompli, dada trumpien). En a surgi en 2006, Daech qui a déstabilisé le Moyen-Orient pendant plus d’une décennie et a occupé les États-Unis tout ce temps pendant que la Chine émergeait et que l’influence iranienne s’accentuait jusqu’à la Méditerranée, de quoi se demander en quoi il s’agit d’une stratégie géopolitique étatsunienne éclairée. Ont suivi la Libye (2011, mais avec la France de Sarkozy y incitant pour empêcher Khadafi de constituer à partir de réserves d’or et d’argent une alternative au franc dans les pays africains francophones, le tout aussi sous façade de démocratie, droits humains et liberté, en plus de faire sans doute s’étonner Hilary Clinton de voir une telle violence, si usuellement issue des États-Unis, venir de son allié français, surtout que celui-ci avait guidé la charge à l’ONU contre l’invasion étatsunienne de l’Irak en 2003), puis la Syrie (2011-2025) et l’exacerbation des masses migrantes, en particulier vers l’Europe. Via Israël qui les y entraîne et qui multiplie les fronts moyen-orientaux, les États-Unis ne font plus tant s’étendre et s’en fortifier (par les suites de leur invasion de l’Irak en 2003 et malgré eux) l’Iran jusqu’à la Méditerranée, mais le font dorénavant tout à l’inverse refluer et même l’attaquent comme maillon faible (d’autant le plus faible que le seul à ne pas avoir l’arme nucléaire) du partenariat avec la Russie et la Chine (plus la Corée du Nord qui, elle, s’est dotée de l’arme nucléaire en 2006) en leur axe anti-étatsunien21 et en vue de réaffirmer l’hégémonie mondiale du pétrodollar (pourtant en train de s’effriter), sans parler d’autres bénéfices marginaux s’assaisonnant au gré du choix sélectif de dictatures y contribuant, si n’avoisinant une pente glissante susceptible de mener à la corruption22. Les États-Unis soutiennent aussi le Pakistan en sa « Fureur juste » face à l’Afghanistan, si à l’image de l’« Epic Fury » étatsunienne trumpienne avec et via son allié israélien face à l’Iran. Le Pakistan (avec d’autres) les médiatise aussi en faveur d’un cessez-feu moyen-oriental. La rage furieuse, la plus grandiose et soi-disant MAGA, est la marque de commerce trumpienne, autant en politique, ainsi militarisée par guerre dite préventive arbitrairement affichée à l’encontre de toute conception internationalement acceptée (comme si les États-Unis étaient sous une menace immédiate, hormis celle à leur seule tendance néosioniste), qu’en économie, par les tarifs douaniers censés eux aussi répondre à la victimisation étatsunienne par une agressivité à l’aune de leur écart de puissance à tout autre sans pareil à l’échelle panplanétaire. Ce qu’il peut être lassant en ne donnant le spectacle que toujours du même pattern s’agrémentant à diverses sauces de façade d’une fois à l’autre. Bref, nous sommes en incessant crime de lèse-majesté exigeant de tout foudroyer en retour et révélant le ressort ayant permis à Zeus de trôner en et de l’Olympe, d’où ordonner le monde entier, jusque sur Terre, mais selon quelque théisme laminé en déisme à force de donner Dieu sous figure de César. Les frappes aériennes algorithmiquement orchestrées avec Israël, donc permettant de foudroyer à distance et de s’en trouver soi-même le moins impliqué et le moins susceptible d’éprouver des pertes comparables à celles infligées, en sont le symbole le plus tangible. Le Dieu monothéiste se confond avec le dieu païen jovien (au seuil d’être si diogénique, à savoir engendré de Zeus comme dieu régnant parmi les dieux, que cynique, surtout si selon une sous-jacente fantaisie cruelle). Le théisme y est à risque de déisme (du fait d’un Dieu si distant que peu apte à s’incarner et à prendre figure humaine sous laquelle pouvoir vraiment jouer le rôle salvateur auquel prétendre), au point de se confondre avec César et son impérialisme mondain, si ce n’est sa raison cynique (surtout si selon une sous-jacente fantaisie cruelle). Le christianisme fait néosionisme s’y dénie, faute de distinguer et a fortiori en confondant Dieu avec César.

Question que l’Ukraine ne soit pas oubliée, Andrii Sibyha, son ministre des Affaires étrangères, cherche à y fait apparaître un domino de la chute de dictateurs (Assad en Syrie, Maduro au Venezuela et Khamenei venant d’être tué en Iran) qui étaient des amis de la Russie poutinienne, ce qui devrait être continué et rendre ainsi sa chute d’autant inévitable qu’elle serait un allié peu fiable: occupée en Ukraine, la Russie n’aurait pas été là pour la Syrie, était de toute façon impuissante à faire quoi que ce soit en le plus lointain hémisphère occidental incluant le Venezuela et voit maintenant sa source iranienne de drones se tarir (vraiment ?). Soutenir l’Ukraine contribuerait donc à ce déclin de la Russie poutinienne qui, même si elle ne peut être trop attaquée directement (car ayant l’arme nucléaire, contrairement à l’Iran), pourrait éventuellement s’effondrer de l’intérieur à force d’être ainsi affaiblie de l’extérieur23. S’y exemplifierait que tout peuple peut choisir son destin, ce qui ne serait pas loin de rejoindre au moins allusivement le droit onusien de tout peuple de se déterminer et se gouverner lui-même, mais prend aussi une tout autre allure lorsque le président français, Emmanuel Macron, affirme que « Pour être libre, il faut être craint » et annonce tout un armement nucléaire fort accru pour l’Europe, dont constituer et renforcer ainsi la force de dissuasion. Il faudrait aussi penser au fait que la France a aidé Israël à se doter de l’arme nucléaire et qu’Israël, en plus d’en faire un tabou refusant de reconnaître la posséder, l’a longtemps cachée aux États-Unis qui ont fini par s’en accommoder (et en font aussi un tabou faisant éviter d’en parler), tout en ne faisant que parler de celle que l’Iran pourrait éventuellement avoir, sans parler du fait que Donald Trump a mis fin aux pourparlers pour y pallier lors de son 1er mandat et qu’il prétend dorénavant frapper préventivement (hors toute conception internationalement acceptée et hors toute approbation préalable du Congrès étatsunien, bien que le Sénat républicain rejette après coup d’y mettre fin) lors de son 2e mandat. Enfin, la prolifération nucléaire ne comporte plus de Traité la limitant entre États-Unis et Russie et n’a jamais impliqué aussi la Chine. Bref, la tempérance nucléaire est une vertu dont seul l’Iran devrait faire preuve. Et ce, sans jamais envisager de nouvelles avenues, dont le thorium chinois qui, contrairement à l’uranium, pourrait contribuer à combler les besoins énergétiques et du fait d’être fertile, mais non très fissile, sans se prêter autant à la fabrication de l’arme nucléaire. D’où un usage véritablement civil sans risque de double usage l’en faisant virer en militaire. Pourquoi nul n’en parle-t-il? Et si c’est faisable, pourquoi nul ne propose-t-il d’y aider l’Iran… par transition énergétique?

Il s’agit d’un tour d’horizon sur l’autocratie considérée en ce qui la fait péricliter (version ukrainienne) ou à laquelle se mesurer (version française), mais non en ce qui peut encore la faire germer et qui, jusque du sein desdits pays occidentaux, peut chercher à jaillir, comme l’exemplifie la tendance forcenée trumpienne à concentrer tous les pouvoirs à lui seul (surtout depuis que les juristes traditionalistes conservateurs sont au pouvoir et promeuvent l’exécutif unitaire l’y encourageant), mais, à son grand dam, en un pays où des assises constitutionnelles et institutionnelles démocratiques sont encore suffisamment fortes (jusqu’à quand ?) pour y résister et ne pas y sombrer. De plus, on ne saurait ignorer le conjoint « paradoxe fondamental du trumpisme en politique étrangère: il parle de paix avec le vocabulaire de la domination. Il dit vouloir arrêter les guerres tout en alimentant les conditions qui les rendent inévitables. (…) C’est le problème fondamental de la vision trumpienne: elle brille à court terme, elle aveugle à long terme. »24 Il n’y aurait plus ni droit international, ni droits humains, en particulier à la liberté tant réclamée par l’Ukraine et exigeant d’abord la reconnaissance du peuple et de sa dignité, mais uniquement des puissances et leurs intérêts, en termes d’alliés (à vendre/acheter selon le cas) et d’adversaires (de fait, d’ennemis à éradiquer, sinon, si assez puissants, avec lesquels dépecer et se départager le monde). Par-delà Trump, que penser de la russification du système postal et d’autres instances dans les territoires conquis en Ukraine depuis leur invasion en 2022, même s’ils y étaient déjà les plus russophones et ont pu se sentir marginalisés par la dérussification promue avec l’ukrainien comme seule langue officielle, surtout depuis 2017, de sorte que, même par-delà la guerre, son ferment risk de perdurer, s’il n’est pas abordé25? Dans des pays comme le Canada, plus de 80% des gens ont développé le réflexe de considérer qu’une nouvelle fraude apparaît chaque semaine et se mettent à présumer qu’un texto, un courriel ou un appel inattendu est une arnaque ? Aux États-Unis seuls 17% ont encore confiance en le gouvernement. L’IA radicalise le tout, d’autant que pouvant déborder le simple hacking et doper les cyberattaques mondiales faussant ce qui se voit et s’entend au moindre événement géopolitique, dont l’actuelle guerre étatsunienne-israélienne en Iran. Ficin a souligné dès la Renaissance italienne, à quel point voir et entendre sont liés à la raison en l’âme qui, bien avant d’être purement individuelle, est d’abord publique et civique comme d’où elle peut s’y cultiver et intérioriser: l’humain n’est jamais individuel que d’emblée social, surtout si quelque tendance humaniste est pour en surgir, a fortiori pour promouvoir le développement humain (en sa triple teneur humanitaire, de développement durable et de droits humains). Jusqu’en tout individu et a contrario de l’individualisme anglo-saxon pragmatisé en hyperindividualisme étatsunien et plus largement nord-américain, en particulier au Canada, une part de lui-même ne se constitue et ne s’acquiert qu’avec autrui, du fait d’être d’emblée social. Lorsque la confiance est en chute libre, où est la liberté, hormis celle de faire proliférer et quasi quotidienniser l’agression, la fraude et avec elles, la suspicion ? Se fier se met à dériver en croire, à son tour susceptible de se dogmatiser selon de fort virales polarisations s’exacerbant d’autant systèmeatiquement entre elles que générant tous azimuts des tensions prédatrices en quête de proies à bouc-émissariser et dont s’assouvir et s’abreuver, fort religieusement, en quelque sang (véhicule de l’âme, selon la Bible), plus en quelque chair à dévorer, sinon à abuser (selon toutes sortes de trafic, de la force de travail à son fruit à arnaquer et jusqu’au plus sexuel). Il n’y a de vraie liberté que située, donc en relation un tant soit peu claire avec qui l’être et a fortiori si pour y consentir, d’abord pour être un tant soit peu valide et fiable. Ce sont aussi les deux principaux critères de base de toute science sise sur une factualité bien assurée et susceptible de pouvoir être accueillie telle par toute population, de sorte que le tout risk de covarier selon la même pente glissante. Or, pour le trumpisme, la vérification des faits est une atteinte à sa liberté d’expression d’où faire se déliter toute liberté, si un tant soit peu située et au fait. De devenir à être d’emblée autoritaires, selon les régimes autoritaires aussi. Au fur et à mesure que les conflits militaires s’étendent en un monde dit multipolaire et à tension interimpérialiste à hiérarchisation variable à travers le temps, qui sera tantôt vraiment l’allié, sinon l’adversaire, de qui? À qui se fier peut devenir très délicat. L’atavique tension entre foi et raison peut resurgir et s’intensifier. L’âge des 15-35 ans, via l’actuelle génération Z, et l’assise de la société civile sont déjà affectés.

Quant à savoir s’il y a renforcement de l’hégémonie étatsunienne du pétrodollar, en plus de la recommandation de l’AIE (Agence Internationale de l’énergie) de conserver des mois d’avance des réserves de pétrole qui a été suivie, le cours du pétrole est aussi suffisamment bas pour peut-être limiter l’impact inflationniste d’une éventuelle hausse de son prix sur l’économie, surtout étatsunienne et en prévision des élections de mi-mandat à l’automne 2026. En plus d’avoir encore une fois court-circuité le Congrès et outrepassé son pouvoir de guerre et en plus de faire le contraire de ce qu’il avait promis autant pour se faire élire qu’à sa base MAGA, surgit toute une suite imprévisible d’événements ainsi déclenchés (dont des militaires étatsuniens tués, trois avions étatsuniens abattus par erreur par le Koweït, même si les six pilotes ont pu s’éjecter à temps, deux aviateurs tombés en Iran et ayant pu être récupérés avant d’être capturés, tout en extirpant ainsi Donald Trump de son aptitude à pouvoir se mettre en scène entre-temps plombée par son état de panique électorale, surtout auprès de sa base MAGA dont la mouvance est justement née avec Reagan contre Carter suite à la prise d’otages à l’ambassade étatsunienne en Iran, etc.). Bref, Donald Trump est aux prises avec sa cote de popularité qui est à son plus bas, mais qui, selon lui, serait le contraire, tant il viendrait non pas tant causer la ruine que l’affronter comme l’ayant précédé et comme ce dont il sauverait. S’il ne fait de la guerre qu’il a déclenchée (hors droit international et hors consultation et approbation préalable du Congrès étatsunien) un prétexte supplémentaire au renforcement de sa tendance autoritaire, donc en vue de concentrer encore plus les pouvoirs aux États-Unis et autrement, en vue de menacer tout pays extérieur ne se montrant pas complice de son infraction du droit international, dont l’Espagne refusant que ses bases servent à l’attaque militaire trumpienne sur l’Iran et étant appuyée par l’Union Européenne contre les menaces trumpiennes de sanction, tandis que la Grèce a accepté le déploiement de missiles Patriot et mis en colère la Turquie, tout en réactivant leurs vieilles tensions conflictuelles. Face à la Turquie qui condamne ce que Israël fait à Gaza, Israël se met à reconnaître le génocide arménien: pensez-vous vraiment qu’il s’agit d’une conviction profonde ou qu’il s’agit plutôt de représailles opportunistes? Belle façade.

Quoiqu’il en soit, Donald Trump a toute une côte à remonter qui pourrait fort varier selon la suite des événements, mais surtout de leur mise en scène dont, autant que faire se peut, contrôler toujours plus le narratif à travers lequel tout en faire paraître à sa seule fantaisie (si inverse à la réalité soit-elle) et enrayer toute idéation jusqu’en sa logique, selon l’idéologie improvisée du moment à imposer face à quelque autre à démoniser et, par inertie mentale partout à perpétuer, selon quelque quasi mort cérébrale censée annoncée celle du corps appelé à y être entraîné. Par-delà le fantasme que tuer la tête dirigeante d’un régime puisse en supprimer l’idéologie pouvant pourtant fort a contrario chercher à la remplacer, s’il y avait néanmoins une chute jusque du régime des mollahs (de fait, dorénavant celui des Gardiens de la Révolution), tout peut varier selon qu’il y aurait ou non un autre Daech ou pire pour quelques autres 10 ans comme suite à la 2e Guerre du Golfe persique de Bush fils en 2003… Ce peut même être pour remplacer une dictature par une autre, comme à l’époque du Shah sous la botte des États-Unis de 1953 à 1979, juste pour avoir voulu d’autant monopoliser avec ce qui est devenu l’actuel BP que contrer la démocratique nationalisation pétrolière au bénéfice du pays. Ceci dénote, en plus d’une incessante impérialiste juridiction extraterritoriale, une incapacité totale à tirer des leçons des expériences passées, dont celle d’avoir favorisé l’épanouissement de l’Islam radical comme alternative à sa propre tyrannie, si indirectement et vicarialement opérante puisse-t-elle être là et ailleurs. La tendance trumpienne à s’autoproclamer roi s’admire autant en les principaux régimes autoritaires actuels comme en ses vis-à-vis qu’en tous les régimes politicoéconomiques qui peuvent être inféodés au sien plutôt qu’aux leurs, par l’interimpérialisme recherché comme d’où conditionner ladite multipolarité mondialement en cours, jusqu’en le CPS au sein de l’ONU. Suite au renversement du Shah qui était le pantin tyrannique mis en place par les États-Unis et suite à l’arrivée au pouvoir des Ayatollahs en Iran en 1979 pour l’en déloger, dès 1983, Reagan avait installé des forces armées dans la région en vue de cette éventualité, dont assurer la libre circulation par le détroit d’Ormuz par où transite 20% du pétrole mondial (à pétrodollariser en supplantant l’Iran s’y refusant, puis en faisant accroire et en affichant seulement l’attaquer à cause de son éventuel armement nucléaire). Les petits sous-marins iraniens risquent d’y couvrir par en dessous (et autrement, à tous les niveaux, par des mines, vedettes rapides et drones, mais aussi par des missiles depuis les côtes, voire de plus loin) ce que la flotte étatsunienne couvre en apparence au-dessus: l’un s’enfouit sous Terre d’où resurgir, l’autre trône au Ciel, fort inapte à atterrir (tout contact terrestre étant bien trop à risque d’être mortel, non pas tant pour les soldats étatsuniens que pour l’image trumpienne). De Reagan à Trump, le slogan MAGA se renouvelle, le tout sur l’arrière-fond du pétrodollar instauré depuis Nixon comme étalon flottant auquel mesurer toutes les devises, une fois l’étalon-or et les accords de Bretton Woods ainsi déclassés au ressort d’un tel système monétaire mondial. L’enjeu est le cœur de l’économie mondiale et d’abord de l’énergie qui, rappelons-le, est une capacité de travail permettant un déplacement (spatial) sur une certaine distance pendant un certain temps: l’énergie est matière se travaillant en s’articulant et se déployant spatiotemporellement. L’einsteinienne équation E=mc2 l’a thématisée, en plus d’y articular la gravité, comme forme spécifique d’accélération qui s’est inscrite et avérée opérer en sens inverse du devenir expansif diversement accéléré de l’univers matériel.

S’intègrent et forment en un seul tout géopoliticoéconomique, les chaînes d’approvisionnement énergétique et le travail humain, dès le seuil de son accès et selon sa force vive des 15-35 ans aussi susceptible de s’accompagner, via le sexe, de nouvelles familles viables comme véritable fontaine de jouvence qui, si elle ne se tarit et ne conduit à la dénatalité plombant aussi jusqu’à l’économie, est au ressort de la forge vive de la société civile et de son lien intergénérationnel la tissant et la faisant perdurer entre ses membres (par simultanéité spatiale intergénérationnelle s’en diachronisant telle, ce qu’est toute famille) pendant un certain temps (de sa diachronisation, autant en travail de produire et accoucher d’une nouvelle génération qu’au travail, surtout à compter de la période d’âge de ces 15-35 ans y accédant, si ce n’est quelque génération sandwich des 40-60 ans, prise entre le fait de devoir encore les épauler face aux insuffisances systèmeatiques les empêchant de s’autonomiser et leurs propres parents vieillissants à soutenir). Matière, mais vivante et humaine se travaillant en s’articulant et se déployant. On aperçoit toute l’importance de la création onusienne d’un CI indépendant de son CPS, car elle peut mener, non seulement à une géopolitique apte à se repérer et s’ajuster à sa sous-jacente géophysique, mais aussi à l’instauration d’une réelle économie sise sur une éventuelle monnaie internationale davantage qu’interétatiquement plombée par une hégémonie monétaire indue faisant se diffuser et s’opérer indirectement sa tyrannie. Rappelons l’expérience issue de Mohammed Yunus, lauréat de la paix en 2006: créer le microcrédit permettait d’aviver la base socioéconomique jusque des plus pauvres et de favoriser un élan démocratique, là où il n’y avait que sa façade hypocrite pour se justifier d’attaquer tel ou tel ou se faire accroire et s’en faire paraître démocratique, alors qu’implantant au contraire des dictatures, comme s’y est tant adonné l’hégémonique dollar étatsunien, a fortiori depuis que pétrodollar.

Au niveau de la société civile engageant des humains, « le travail doit cesser d’être considéré comme un coût et redevenir une valeur partagée, source de dignité pour l’individu et de puissance pour la collectivité », ce qui passe par un changement de logique, voire une inversion de logique : « Ne plus raisonner uniquement en termes de dépenses sociales, mais en termes de retour sur investissement pour la société.: logique d’alignement entre intérêt individuel et intérêt collectif »26. L’enjeu est on ne peut plus clair: l’humain, jamais individuel que d’emblée aussi social, ce qui se conjugue aussi d’emblée avec l’exigence d’une théorie du changement s’y trouvant prise en compte, bien au-delà de ce qu’en a déjà fait One UN et ce, en la réorientant en fonction de doubles actions d’autant universelles que spécifiques. Le tout selon une géopolitique et une économie se rendant d’emblée aptes à se repérer et s’ajuster au gré de leur sous-jacente géophysique territorialement délimitable intercontinentalement, mais avec sa vie humaine autant en son sexe qu’en son travail, a fortiori en leur intégration existentielle au ressort de la forge de la force vive de la société civile, dès la famille à la base de toutes les autres institutions s’alignant et faisant s’y inscrire les trajectoires de vie. C’est social si pour être individuel, non le seul inverse s’acharnant à n’être que présomptivement hyperindividualiste pour l’en contrer et dé-/ré-humaniser (de fait plus dé- que ré-humaniser, car toujours plus problématique en devenant d’autant inapte qu’inepte) à sa seule sauce toujours plus atomisante.

D’ailleurs, ladite génération Z, donc l’actuelle tranche des 18-35 ans, opte davantage pour un meilleur équilibre entre la vie professionnelle, quant aux deux voies distinctes d’une promotion à un poste de direction impliquant d’être responsable d’autres personnes et plutôt d’une compétence plus spécialisée en son domaine, et la vie privée, fort susceptible d’en être respectivement de plus à moins infléchie, que les générations précédentes. Les entreprises sont prises à effectuer des changements structurels pour tenir compte de cette double voie dorénavant possible pour se pourvoir de dirigeants dont elles ont besoin. Il y a interaction plutôt que surdétermination pure de la structure à la trajectoire de vie. S’y aperçoit une racine profonde des doubles actions spécifiques et universalisable. Cela implique une inversion de la logique usuelle: « Parfois, les gens ne veulent pas se porter volontaires pour occuper un poste de direction, car ils ont l’impression que nous ne formons souvent les gens à devenir des gestionnaires ou des leaders qu’une fois qu me ils occupent déjà ce poste » (…) « Si nous commencions à former les gens avant même qu’ils n’occupent ce poste, je pense que davantage de personnes seraient prêtes à se porter candidates, car elles se sentiraient prêtes à assumer cette responsabilité plutôt que de prendre un risque. » (…) Pour ceux qui choisissent de ne pas assumer de responsabilités de gestion, cela peut signifier une spécialisation plus poussée. »27 Il existe une certaine ressemblance avec la distinction faite par Herzberg entre les facteurs d’insatisfaction (liée aux conditions de travail, mais ici élargies à la gestion contribuant à les créer) et de satisfaction (liée à la tâche même, ici dite plus spécialisée, et à la motivation intrinsèque qu’elle suscite). Cependant, il s’agit non pas tant de satisfaction/insatisfaction susceptibles d’être plus stricto sensu individuelles que de développement humain/inhumain les en révélant aussi d’emblée sociaux, ce qui, par métabolisme d’ensemble, anabolique/catabolique, se construit/déconstruit.

En ce sens, toute société humaine cherchant à se développer, mais se trouvant minorée en relation avec une autre ne semble pouvoir y parvenir qu’en se mesurant à l’inégalité pour, à la fois, se construire et guérir de ce qui la déconstruit. L’a compris l’Assemblée des Premières Nations (APN) au Canada en s’apercevant du double défi exigeant d’emblée d’inverser la logique colonialiste minorante, a fortiori tutellisante, autrement subie, selon un paradigme transformant la culture, la manière d’agir et penser : « Changer la perspective: c’était le thème dominant de la journée de clôture du sommet de l’APN sur les infrastructures et le développement économique. Il faut modifier non seulement le discours, mais aussi le rapport de force pour remettre le pouvoir entre les mains des Premières Nations. À la différence des autres Canadiens, nous n’avons pas hérité d’un patrimoine, nous avons hérité de la dépossession, a affirmé dans une des présentations la grande cheffe de l’Assemblée des chefs du Manitoba, Kyra Wilson. Nous devons essayer de construire nos communautés en même temps que nous essayons de guérir, a-t-elle ajouté. »28

S’extraire non seulement du génocide assaisonné de conditions de vie y menant, mais de la tutellisation assaisonnée de la mise en Réserves (sortes de prisons à ciel ouvert), voire de la simple minoration assimilationniste faisant d’autant paraître que les individus abandonnent d’eux-mêmes leur culture et leur langue qu’occultant et s’assaisonnant du fait que leur société d’appartenance s’en trouve marginalisée comme condition de vie y menant. Ces divers niveaux d’inégalités exigent tous pour être redressés une double action, l’une plus directe, individualisable et si massifiable soit-elle, l’autre plus indirecte et d’emblée sociale et inhérente aux conditions de vie. Il est étonnant et contrastant que des peuples autochtones s’en extraient à une époque de travail d’autant précarisé que fragmenté et fait mosaïque de tâches parcellaires sujettes à la sous-traitance et à l’ubérisation au point que le recul du salariat en des emplois à temps plein l’est aussi du droit du travail qui n’en est plus commun en s’étendant jusqu’à ce qui s’en opère en marge, mais s’y fait éroder au fur et à mesure que celui-ci s’accentue29. On aperçoit ce que les peuples autochtones canadiens ont pu gagner en refusant de se faire municipaliser en citoyens ordinaires appauvrissables, tous plus isolément les uns que les autres, en microentrepreneurs sous-traités et aux conditions de vie détériorées résister au Livre blanc de 1969 du gouvernement trudeauiste l’a empêché de se délester du problème, du fédéral au provincial et de là, aux municipalités, et ils ont pu créer l’Assemblée des Premières Nations dont pouvoir aujourd’hui s’étayer. Les actuelles prisons (fermées et non plus à ciel ouvert) s’éclairent aussi par le fait que « 75% des personnes incarcérées n’ont pas de diplôme d’études secondaires à leur admission », bien que « la participation à des programmes éducatifs en prison réduit significativement la récidive ». Or, le gouvernement fédéral libéral de Mark Carney adopte une logique du pompier pyromane (comme l’autre au sud de la frontière canadienne) et « investit massivement dans la coercition, dans l’armement, dans la surveillance, pendant qu’on coupe dans ce qui fonctionne réellement pour réduire la criminalité » (…) « Cette décision est d’autant plus grave qu’elle frappe de plein fouet des populations déjà surreprésentées, notamment les Autochtones et les personnes issues de milieux défavorisés »30.

6) Que l’ONU travaille ses méthodes de travail pour magnifier le développement humain en le CI en regard de paix et sécurité au CPS

Nous entrons de plain-pied dans les droits humains et en l’axe onusien si crucial du développement humain (jamais individuel que d’emblée social). L’ONU est appelée à travailler sur ses méthodes de travail pour mieux travailler à ses grandes missions, selon des doubles actions exigées par les doubles défis se révélant surgir lors de l’inversion de logique, surtout de travail. Plus tout ce qui peut s’apprendre des premiers peuples en tant que Premières Nations sans États et irréductibles aux nations d’emblée encarcanées en des États, surtout si l’international, a fortiori onusien et axé sur le développement humain, se fait interétatiser en le CPS. On s’en aperçoit, un Conseil indépendant axé sur le développement humain (s’intégrant l’humanitaire, le développement durable et les droits humains, à savoir ainsi jamais individuels que d’emblée sociaux) et ce, relativement au CPS permettait à l’Assemblée générale de l’ONU de s’en autonomiser. Et ce, d’autant mieux que pouvant enfin y aborder l’enjeu crucial fort international au ressort et jusqu’en toute interétatisation, a fortiori lorsque se faisant interimpérialiste, surtout si du sein de son CPS d’où risquer s’en faire invalider autant de l’intérieur que de l’extérieur.


1 Alain de Libera, Le troisième pouvoir. Les intellectuels scolastiques et la politique, dans C. Bazan, E. Andujar, L. G. Sbrocchi, Les philosophies morales et politiques au Moyen-Âge, Actes du IXe Congrès international de Philosophie Médiévale, Ottawa, du 17 au 22 août 1992, pp. 261-266. Pour les citations précédentes entre guillemets et cette finale.

2 Serge Lusignan, Intellectuels et vie politique en France à la fin du Moyen-Âge, dans C. Bazan, E. Andujar, L. G. Sbrocchi, Les philosophies morales et politiques au Moyen-Âge, Actes du IXe Congrès international de Philosophie Médiévale, Ottawa, du 17 au 22 août 1992, pp. 267-281. Au début du XIVe siècle, des sujets pluriels sont désignés par le collectif « peuple » et l’entité abstraite de l’État se pense et s’évoque république. S’y aperçoivent les prémices de ce qui débordera la monarchie et s’intégrera en État-nation, a fortiori en République démocratique avant toute captation la transposant de mercantiliste en capitaliste libérale et surtout libertarienne qui n’est qu’accidentellement démocratique.

3 J’intègre mes quelques apports aux paragraphes suivants puisant à E.L Fortin, Politique et philosophie au Moyen-Âge: la révolution aristotélicienne, dans C. Bazan, E. Andujar, L. G. Sbrocchi, Les philosophies morales et politiques au Moyen-Âge, Actes du IXe Congrès international de Philosophie Médiévale, Ottawa, du 17 au 22 août 1992, 148-166.

4 Yvan Morin, Du débat entre Ficin et Pic à Rabelais, la Renaissance d’italienne à Française, Paris, L’Harmattan, 2026. S’y trouve une critique du projet de Constitution du Québec incluant, mais débordant ce qui s’en débat jusqu’en l’ONU, du fait de ne pas s’être soucié suffisamment des Autochtones et de la société civile. L’enjeu est bien plus grave et éclaire ce qui, en défaillant, mène aussi à ces insuffisances ne pas avoir d’abord suffisamment cerné le parasitage de la Charte des droits et libertés du Québec et le conjoint biais de la Constitution de 1867 par la trudeauiste Constitution de 1982 issue de son Rapatriement unilatéral sans et contre le Québec, d’autant minoré, ce qui est aussi à débatttre à l’ONU, surtout que trois organismes québécois y ont déjà porté cet enjeu.

5 Yvan Morin, Du débat entre Ficin et Pic à Rabelais, la Renaissance philosophique, d’italienne à Française, Paris, L’Harmattan, 2026.

6 Aristide Briand Reboas, ONU – Afrique, Plaidoyer pour une coopération équilibrée et consensuelle, Paris, L’Harmattan, 2024, p. 10, propos d’Emmanuel Caulier.

7 https://theconversation.com/ce-qui-conduit-a-la-guerre-les-lecons-de-lhistorien-thucydide, 2026-05-04. A fortiori en passant de la justice aux quatre vertus cardinales.

8 Plutôt que d’une simple défaite, il s’agit d’abord d’un déclin de l’Occident, faute de cerner la teneur de son propre enjeu politique, comme déjà rappelé à la suite de Hannah Arendt au début du présent livre qui en ancre même la géopolitique en sa géophysique.

9 Y. Morin, De quel Zoroastre à quel Dieu ?, De la révolution des savoirs à la prisca theologia, source de philosophia perennis, depuis Ficin, Paris, L’Harmattan, 2024. Dieu s’incarnant humainement par et de la famille à tout individu la composant est passablement différent de la présomption que son incarnation ne serait humaine qu’individuelle, voire individualiste, a fortiori hyperindividualisme, à la façon de l’étatsunien, surtout si trumpien et tout à son ego. Il est établi que même l’ego se génère et reste mobile en Dieu bien avant qu’il ne se fige et se fait egocentrique.

10 Voir par exemple Guillaume St-Pierre, Six ans pour un accusé de réception d’Ottawa après avoir effectué des demandes d’accès à l’information, La loi prévoit normalement trente jours de délai, Journal de Montréal, 26 avril 2026. En l’occurrence quant à We Charity et Prestation Canadienne d’Urgence (PCU), sous l’ère du Parti Libéral du Canada, de Justin Trudeau, à l’époque, à Mark Carney, aujourd’hui. L’occulte tient à le rester.

11 Quant aux assises philosophiques, Y. Morin, Rabelais selon Montaigne. Vers la raison pure cartésienne et sa critique, de Kant au XXIe siècle, Paris, L’Harmattan, à paraître.

12 Voir Problématique critériant le choix de ses représentants selon de telles doubles actions.

13 Pour un survol de la typologie socioévolutionniste de la régulation et du contrôle présidant à la reproduction des sociétés, à savoir les types culturel-symbolique, politico-institutionnel et enfin décisionnel-opérationnel, voir M. Freitag, Formes de la société, vol.2 Nation, ville, architecture, Montréal, Liber, 2018, pp. 226-229. Ma longue parenthèse y cible le présent propos du politico-institutionnel éclairant ledit occidental.

14 Surgit tout le problème de « L’interface pagano-chrétienne: de syncrétique à métissée, mais quel métissage ? », selon Y. Morin, De quel Zoroastre à quel Dieu? De la révolution ficinienne des savoirs à la prisca theologia, source de philosophia perennis, depuis Ficin, Paris, L’Harmattan, 2024, p. 239 et suivantes.

15 Denys Delâge, Le Pays renversé. Amérindiens et Européens en Amérique du Nord-Est – 1600-1664, Boréal, 1991, p. 343 reprenant p. 321 et s’éclairant s’intérioriser par pp. 86-87 où s’amorce la même distanciation que chez Ficin depuis les sens du goût et de l’odorat avec le toucher au profit des sens de la vue et l’ouïe avec une telle raison, non plus vers l’art (comme amplement sondé en mes Méditations oniriques. De la physiologie ficinienne à une émergente raison platonicienne apte à rendre ses idées représentatives), mais selon Marcuse, si surrépressive qu’arraisonnante (ce dont j’ai retracé les sous-jacentes affections de la fantaisie faisant ainsi s’en nouer). Renverser le pays autochtone est surtout renverser tout ce qui y renverserait ce renversement. Le filtre idéologique PWASP nord-américain du self-made man hyperindividualiste à tout crin ne s’en fait plus songe, voire rêve, que cauchemar. Manque cruellement des méditations oniriques avant que métaphysiques.

16 De Bodin à la Révolution française, le pouvoir souverain de l’État, idéalisé en État monarchique de droit divin, se fait celui du peuple, de la nation à la source de l’État, d’où l’État-nation. La République se démocratise et ledit État de droit ne l’est plus que de droit humain, certes individuel, mais d’emblée social, si pour être et s’apercevoir national. Le pouvoir en est souverain, jamais tant chez un seul que depuis ce qui s’en unifie entre tous.

17 Revoir la référence ci-haut à Delâge soulignant jusqu’à quel point jusqu’à l’imaginaire le plus inconscient, dès le songe, a été tiré d’autant du corps vers l’âme s’en mettant à le surdéterminer que des sociétés autochtones aux sociétés euroaméricaines colonisatrices. De fait, le véritable enjeu est, en l’âme, l’esprit, a fortiori si pensant. Leenhardt l’a appris en interrogeant un observateur canaque en lui demandant ce que l’Occident lui avait apporté et en s’attendant comme réponse que ce soit l’esprit, mais se faisant dire que c’était plutôt le corps, mais faut-il le préciser, corps non plus tant substrat que surdéterminé, ce que Descartes appelait en être maître et possesseur, à savoir pouvoir l’instrumentaliser, aucunement s’y réfléchir en ce s’y image de soi entre gauche/droite en deçà de la pensée.

18 Pour illustrer le choc des cultures ainsi rigides que lesdites sociétés « occidentales » psychisent à force de se faire accroire que tout humain n’est qu’individuel et tronqué d’être d’emblée social jusqu’en ses choix, il y a déjà eu en Iran une pression socioculturelle obligeant les gens homosexuels à se faire opérer pour se faire transsexualiser et s’accorder avec ce même rigide et sociorepérable départage entre femme femme et homme homme. Ledit cisgenre se durcit et fait du transgenre le vecteur d’où se réintégrer l’homogenre.

19 Rappelons que, gonflé à bloc par son récent succès militaire, Donald Trump dans l’avion le menant au sommet de l’OTAN du 25 juin 2025, menace les pays qui n’envisageront pas d’investir 5% de leur PIB dans l’armement en même temps qu’il remet en question l’article 5 promettant une défense mutuelle pour insinuer pouvoir exiger de les en exclure.

20 Et pour celles et ceux qui n’y auraient pas encore suffisamment porté attention, Donald Trump veut faire remplacer au Pentagone, Anthropic par un autre système, possiblement OpenAI, plus aligné sur son idéologie politique et tout aussi peu constitutionnellement prévisible autant démocratiquement qu’en termes de droits humains. Pour comprendre l’enjeu de l’orientation trumpienne, « il faut le replacer dans le contexte plus large de la relation tumultueuse entre Donald Trump et certaines entreprises technologiques. Anthropic est perçue, dans les cercles conservateurs américains, comme une entreprise aux valeurs progressistes marquées fondée par des anciens d’OpenAI qui ont quitté cette dernière pour des raisons éthiques, financée par des investisseurs qui n’ont jamais caché leurs sympathies démocrates, portée par une mission explicite de développement d’une IA « sûre et bénéfique pour l’humanité ». Dans la rhétorique trumpiste, ces signaux se lisent comme autant de marqueurs idéologiques suspects. » (…) « Le décret visant Anthropic s’inscrit parfaitement dans cette logique de purge idéologique du tissu industriel fédéral. » Voir Jacques Provost, https://dosequotidienne.ca/2026/02/28/opinion-trump-veut-bannir-lia-danthropic-de-larmee-un-general-tire-la-sonnette-dalarme/. Une défaillance systémique est susceptible de s’installer et de mener à une surveillance de masse sans supervision judiciaire et à une autonomie létale (pouvant cibler qui tuer) sans autorisation humaine. Bref, Trump se fout autant de la sécurité nationale étatsunienne si elle n’est pas trumpienne que de toute interopérabilité avec ses alliés, en particulier avec l’OTAN, etc. Tel est le germe d’un interimpérialisme accru avec ceux de la Chine et de la Russie, jusqu’au sein du CPS d’où miner l’ONU autant de l’intérieur que de l’extérieur. C’est augmenter les probabilités structurelles que ladite IA finisse par être tout aussi incontrôlable que ceux-là mêmes qui la veulent à leur seule image et s’en veulent despotiques. Bref, pour l’instant ça a l’air si beau une belle orchestration algorithmique de raids aériens sans pertes humaines terrestres (déjà beaucoup plus probables s’il y avait engagement terrestre) de son propre côté. Le mercantilisme agressif trumpien n’accepte rien d’autre que l’obéissance totale hiérarchiquement expurgée et ordonnée de haut en bas et risk de mener à ce que Arendt appelait la banalité du mal, tant soulignée lors du procès Eichmann. Voir aussi Benoît Pelopidas, Repenser les choix nucléaires et divers YouTube où il met en évidence divers facteurs fort circonstanciels qui ont fait que maintes catastrophes nucléaires ont été évitées, tout en remettant en question le prétendu contrôle affiché par les soi-disant experts censés monopolisés les décisions à faire remonter rapidement vers le haut de la hiérarchie, du fait que la vitesse des projectiles est très rapide, que le peuple est censé être d’accord avec cette façon de faire et donc de la leur déléguer comme d’où l’imposer par une chaîne hiérarchisée d’obéissance (sans aucunement vérifier ce qu’il en est) faisant se plier aux dites conséquences, complexité du problème, etc. Il cerne et déconstruit ces arguments.

21 Maxime Marquette, https://www.msn.com/fr-ca/actualites/other/analyse-l-axe-crink-fracturé-comment-washington-démonte-l-alliance-chine-moscou-iran-un-alliée-a-la-fois: « Le Center for Strategic and International Studies le CSIS, l’un des think tanks les plus influents de Washington- a fini par donner un nom à cette alliance que les États-Unis cherchent à démanteler. Ils l’appellent l’axe CRINK: China, Russia, Iran, North Korea. Quatre lettres pour quatre pays que Washington considère comme la menace existentielle du XXIe siècle. Le CSIS a publié des dizaines d’analyses sur cette alliance ses forces, ses faiblesses, ses lignes de fracture. Et la conclusion est toujours la même : le maillon faible, c’est l’Iran. Le pays le plus vulnérable militairement. Le plus isolé diplomatiquement. Le plus facile à frapper. » Rappel: 90% du pétrole iranien va en Chine.

22 « Qui bénéficiera de cette guerre ? Benyamin Netanyahou, évidemment, mais aussi les dictatures du Golfe. Est-ce une coïncidence si les États-Unis font la sale besogne de l’Arabie saoudite (qui fait pleuvoir les milliards sur le gendre de Trump), des Émirats arabes unis (qui pompent des milliards dans la cryptomonnaie des fils Trump) et du Qatar (qui a fait cadeau d’un palace volant au patriarche)? Quant aux pétrolières américaines, elles voient déjà leur « investissement » dans la réélection de Trump richement récompensé. » Voir Pierre Martin, https://www.journaldequebec.com/2026/03/04/etats-unis-c-iran-une-guerre-sans-bon-sens. Petit problème: l’Iran n’est pas vaincu et a mis la main sur le détroit d’Ormuz qu’il ne veut plus lâcher. L’horizon fantasmé s’effondre.

23 S’y ajoute l’étonnante intégration des divers armements issus, non seulement des États-Unis, mais de plus en plus, de divers pays européens, dont les récents Mirages 2000 français dotés d’AASM (Armement Air-Sol Modulaire) qui donnent une emprise aérienne et une profondeur fort ciblée, contrairement aux frappes russes plus diffuses et aveugles. Maxime Marquette, https://www.msn.com/fr-ca/actualites/other/analyse-les-mirage-2000-français-passent-à-l-offensive-en-ukraine-la-donne-a-changé. Ce changement extérieur jusqu’en l’intérieur de l’Ukraine est tout aussi et même plus éclairant que le changement extérieur par ailleurs advenu jusqu’en l’intérieur de la Russie.

24 Jacques Provost, https://www.msn.com/fr-ca/actualites/other/editorial-trump-au-moyen-orient-faiseur-de-paix-ou-pyromane-en-costume-de-diplomate, 2026-03-02.

25 Le sociologue Marcel Rioux a déjà fait remarquer que plus l’unification étatisante est tardive, plus elle est violente, car elle survient dans un environnement où d’autres l’ont déjà faite et où il lui faut tailler sa place. Les tardives unifications étatiques allemande depuis la Prusse et italienne depuis le Piémont au XIXe siècle éclairent les guerres mondiales au XXe siècle. Elles diffèrent d’autres unifications étatiques déjà en place, dont la France dès la Renaissance, puis s’effectuant plutôt alors via le système éducatif scolaire homogénéisant la langue. En France, depuis le français parisien, au Royaume-Uni, depuis Londres, etc. Quant à l’Ukraine ayant émergé de l’ex-URSS, son ukrainisation implique des régions plus fortement russophones et ayant été principalement envahies par la Russie. Bref, la notion d’État-nation faisant accroire qu’État et nation sont censés totalement se correspondre est une présomption se butant sur la réalité. Au Canada, le fait français s’est fait refouler vers le Québec en même temps que lesdits Indiens dans des Réserves, surtout à compter de la mise à mort de Louis Riel. Puis de la communauté ukrainienne et de son lobbying déjà fort actif a émergé la notion de multiculturalisme par laquelle Pierre-Elliot Trudeau, après avoir tronqué le Rapport Laurendeau-Dunton de son biculturalisme au profit de son bilinguisme seul à officialiser, a encarcané le Québec et lui a imposé le rapatriement d’une Constitution qu’il n’a toujours pas signée en 2026. La différence relativement à la guerre russo-ukrainienne est que la conquête est déjà effectuée au Canada et peut se poursuivre subrepticement sans trop paraître. Ladite démocratie, si tronquant l’humain du social au profit du seul individuel, y est alors un jeu de façade occultant une réalité tout autre. Liberté? Plutôt libéralisme qui, comme du temps de Laurier, peut faire des discours entiers pour se promouvoir sans jamais parler et encore moins vraiment tenir compte de la démocratie. Sauf que le libertarisme est apparu, le radicalise et s’impose aux et depuis les États-Unis. La liberté se galvaude en libéralisme, a fortiori en libertarisme qui la plombent toujours plus à leur seul profit, ce qui n’instaure plus aucune liberté que selon le double standard des deux poids, deux mesures, à savoir en subordonnant d’autant la société à sa géopolitique capitaliste prédatrice, assortie de lobbying et d’autres connivences, pour s’en conforter. Il suffit que l’exécutif noyaute le législatif et s’impose jusqu’en le juridique qui, lui, pèse et fait y peiner la société civile à davantage minorer.

26 Régis Guillet, Le fruit du travail. Inverser la logique, Paris, L’Harmattan, 2026. L’auteur y insiste: « Le travail peut redevenir une force d’émancipation et non une contrainte subie. L’entreprise peut redevenir un lieu de progrès partagé et non un champ de tensions permanentes. L’État peut redevenir un arbitre crédible et non un gestionnaire de complexités administratives. » Il s’agit littéralement de se redonner confiance, de l’individu à la société jusqu’en son entreprise économique et son État, donc son pays. Faire en sorte que le travail redevienne le socle de l’ordre social exige de rétablir « sa valeur réelle: pas seulement économique, mais aussi sociale, morale et républicaine ». Or, cela aussi peut être vicié, de gestionnaires seuls émancipés à des travailleurs automates.

27 Daniel Johnson, https://www.msn.com/fr-ca/finances/affaires/la-generation-z-adopte-une-autre-approche-en-matiere-de-promotions-au-travail/. En l’université, enseignement et recherche (faisant se spécialiser) se combinent avec l’administration (donc la gestion) dans les dossiers personnels annuellement évalués. Les deux avenues, en deux voies distinctes, en ces entreprises, s’y articulent entre elles. Différence selon le travail en cause.

28 Ximena Sampson, https://ici.radio-canada.ca/espaces-autochtones/2234802/sommet-infrastructures-combler-deficit.

29 Béatrice Madeline & Jules Thomas, Comment la fragmentation du travail nourrit la précarité, du recul du salariat à l’essor de microentreprises, dans Le Monde, 2 fév. 2026. Comme si ce n’était déjà pas assez, le salariat est plus imposé que les plus-values, actions (boursières) et grands patrimoines relevant des grandes fortunes. Monsieur et madame tout le monde en font les frais deux fois plutôt qu’une. Le salariat s’en fait gruger par les deux bouts à la façon d’une stagflation s’accélérant (combinant faible productivité, en l’occurrence de revenu salarié, et inflation, par un prix élevé non seulement à la consommation, mais dès l’impôt). La stagflation est la hantise que refoule toujours plus tout libertarien et que seule une fantaisie toujours plus cruelle peut vicarialiser en tiers. S’éclaire comment, à l’échelle de la planète, ce ne sont plus les 1% mais 0.1% qui sont plus riches que la moitié la plus pauvre de l’humanité. Nouvelle génération de yuppies.

30 Mohammed Lotfi, La politique canadienne. Ouvrir une école, c’est fermer une prison. (Victor Hugo). J’entends hurler!, dans L’Aut’Journal, mars 2026, n° 444, p. 11.


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6) Que l’ONU travaille ses méthodes de travail pour magnifier le développement humain en le CI en regard de paix et sécurité au CPS


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