Dès la Renaissance et au seuil de la Modernité, émerge avec, jusqu’en et entre les nouveaux États autonomes en regard des nations les constituant, une tendance à laïciser et faire s’intérioriser les tensions religieuses qui s’y tempèrent à compter du Traité de Westphalie ou en resurgissent au fur et à mesure qu’ils colonisent la planète. Rien n’étant plus sacré que le lien social, ces tensions glissent et se réancrent de religieuses en culturelles. Elles perdurent et problématisent toute prétention égalitaire au sein de la Constitution canadienne trudeauisée. La revendication d’une égalitaire souveraineté culturelle est problématique, car le Québec fait face à cette homogénéité anglicisante prévalante entre Provinces que l’hypercentralisation fédérale promeut par ladite culture canadienne, au point d’empiéter, s’ingérer et abuser de son pouvoir de dépenser, ne faisant que prendre l’argent des contribuables pour ne le leur retourner en subventions et autres qu’en le conditionnant1. On comprend mieux ce que signifient la suprématie de Dieu et la primauté du droit au début de la Constitution canadienne. Ce biais colonialiste fondamental problématise d’emblée toute Constitution québécoise et toute transformation culturelle du sein du Québec, pour se défendre et faire s’accroître quelque marge de manœuvre de liberté constitutionnelle au gré d’une responsabilité partagée proactive s’appliquant au moins à l’ensemble de l’administration publique, en liant et en engageant envers l’État québécois autant les municipalités qu’un large éventail d’organismes publics2. S’éclaire aussi pourquoi les Autochtones ont tardé à être intégrés, car tarde à s’y intégrer un Conseil constitutionnel apte à s’assurer d’un incessant afflux de la société civile (dont l’autochtone) pour être le plus consensuel possible et jouer un rôle quasi sénatorial par lequel pondérer et tempérer les autres pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, car risquant de reproduire leur déséquilibre trudeauiste les noyautant depuis l’exécutif jusqu’en le législatif et a fortiori le judicaire s’en mettant à peser tel sur la société civile depuis des droits et libertés si purement individuels qu’individualistes se collectivisant tels par anglicisante common law jusqu’en et à l’encontre de la tradition civiliste québécoise reconnue en la Constitution de 1867 et biaisée en 19823. Or, le projet de loi constitutionnelle qui émerge, ne parle d’une nation québécoise comportant des droits collectifs propres et inaliénables censés concourir à la protection des droits et libertés des personnes (Titre 1er chapitre 2e, article 7) qu’en biaisant sa propre intégration nationale du droit civiliste censé être tout autant protégé (article 12), car il en fait abstraction et parle plutôt de seulement assurer « l’équilibre entre les droits et libertés de la personne et les droits collectifs de la nation québécoise ». Sans préserver l’orientation initiale donnant sens et révélant l’asymétrie faisant tant saillir que concourir d’emblée les droits collectifs (et encore mieux: proprement sociaux, a fortiori si aperçus sociogénératifs au ressort de la culture pouvant dès lors en être convergence culturelle) à la protection des droits et libertés du sein de la Constitution québécoise et les en protéger tout autant que sa tradition civiliste pour les conjuguer en un seul et même vecteur et faire que la perception de soi du peuple puisse se faire d’autant nation qu’en être juridiquement reconnaissable (depuis Bodin), il n’est guère possible de propulser sa conjointe asymétrie fédérative canadienne, selon une biasymétrie énantiodynamiquement fonctionnelle d’ensemble. L’enjeu : l’humain, jamais individuel que d’emblée social. Surtout si pour s’articuler avec le développement onusien s’intégrant humanitaire, développement durable et droits ainsi humains, a fortiori selon un Conseil Indépendant de son CPS, si l’Assemblée générale onusienne s’en dote pour s’autonomiser elle-même. À la façon de ce qui est proposé à l’ONU, il faut s’attaquer aux biais canadiens de la Constitution de 1982 autant sur celle de 1867 que par son parasitage de la Charte québécoise appelée à mieux s’ajuster et s’inscrire dans le projet de loi constitutionnelle. Exemple pratique et laïque de ce qui achoppe depuis l’époque de l’intégratrice interface renaissante entre les religions chrétiennes catholique et orthodoxe dont jaillit son élargissement via les Protestantismes et dont se dégage leur modèle, si déficient a-t-il été et continue-t-il de le rester depuis son devenir westphalien, dont la Conquête et l’AANB, mais surtout sa trudeauisation. De fait, l’interface russo-ukrainienne est en grande part un prolongement de cette tension générale entre christianismes catholique et orthodoxe, distinctement de celle entre christianismes catholique et protestant, plus, via le Moyen-Orient, entre judaïsme (magnifié de sioniste en néosioniste) et islamisme (tant la tension néosioniste étatsunienne trumpienne peine à s’en dépêtrer en n’ayant fait s’y accorder une part sunnite que s’en désaccorder le chiisme, dont l’assise est iranienne avec soutien chinois et russe). La géopolitique internationale interétatisée s’est empêtrée malgré Dieu en absurde intermonothéisme et s’aperçoit en la géopolitique constitutionnelle canadienne et québécoise. Sous couvert de Dieu: l’absurdie théiste. De quel droit? En effet, Dieu n’est pas le théisme, surtout si aperçu se concevoir, comme tout concept, en s’incluant autant théisme qu’athéisme, selon l’accord/discord issu du cœur s’y fiant ou non. La laïcité québécoise se garde de l’absurdie théiste, pire, voire source d’athéisme. Le fait qu’elle se dégage de la catholicité et vise autrement l’universalité exige de tenir compte que le français, les mettant toutes deux en jeu (laïcité et universalité), n’est la langue maternelle de la population hors d’Europe, surtout de France, qu’au seul Québec, si minoré soit-il au sein du Canada et si en miroir y soit-il avec l’anglais ambiant, si pour mieux résister à l’aliénation et favoriser sa propre émancipation. Fait à prendre en compte, car seul apte à rendre pertinent tout droit, si un tant soit peu humain, à savoir jamais individuel que d’emblée social, a fortiori au ressort de toute constitutionnalisation s’en révélant si éminemment géopolitique à même sa sous-jacente géophysique. Un droit n’est jamais un droit, non en soi et en le présumant si individuel qu’individualiste, qu’en le rappelant humain, à savoir jamais individuel que d’emblée social, et donc, au gré de sa pertinence issue de ce fait. Droit humain onusien jusqu’en le canadien, surtout en regard du québécois? La langue: gardienne de la foi ? Si se fier se tisse socialement et s’humanise: rien n’est plus sacré que le lien social. Et si, émergeant de sa fantaisie, la raison se mesure à son tournant cynique et son horizon appelé à se gagner sur l’absurdie théiste s’y profilant et confinant au nihilisme matérialiste s’y générant, là où même Dieu exige au contraire de s’incarner, avec jusque les plus païens, si pour en être sauvé.
1 Ambition, Affirmation, Action, Rapport du Comité consultatif sur les enjeux constitutionnels du Québec au sein de la fédération canadienne, 2024, p. 92.
2 Ibidem, p. 52
3 Le projet de loi de Québec Solidaire pour la réconciliation et la coconstruction législative et réglementaire avec les Autochtones est donc d’emblée à inscrire dans la même démarche pour la rendre conjointe et réviser ce qui a été si biaisé du fédéral au Québec depuis ladite Constitution de 1982 relativement à celle de 1867. Si les Autochtones ont voulu négocier et établir Vérité et réconciliation sur la base du rapport de leurs Nations à cette autre nation fort fédéralement étatisée à Ottawa, comment pourraient-ils le faire avec le Québec sans appuyer sa reconnaissance comme nation jusqu’auprès du fédéral l’ayant a contrario tant biaisée depuis 1982? Jusqu’en les droits en cause, il s’agit de rétablir la dignité humaine, jamais individuelle que d’emblée sociale.
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