La crise humanitaire cubaine issue de la radicalisation trumpienne de l’embargo étatsunien (cas réel pouvant faire l’objet d’une action spécifique) fait plus largement s’interroger sur qui est Américain (selon le trait commun visé par l’action globale, d’emblée universalisable). Les diverses Amériques sont mises au jour par la tectonique des plaques continentales, celle du Sud et celle du Nord avec leur interface par celle des Caraïbes. Être Américain peut advenir et se cultiver sans être et sans devenir pour autant Nord-Américain et a fortiori Étatsunien (United Stater). Parler des Amériques, en référence à sa géophysique issue de la tectonique des plaques continentales, permet d’introduire aussi du même coup sa pluralité en géopolitique: être Américain l’est des Amériques, non de la seule Amérique, a fortiori si nord-américaine, voire étatsunienne. Sa diversité, si reconnue être et se cultiver telle, peut être préservée. Surtout, d’autant naître non seulement biologiquement, mais culturellement selon que s’apercevant et s’en faisant reconnaître ainsi territorialement est à la source autant de la nation (jusqu’en l’ONU?) que de la nature (dont le sexe et ce, autant du sein de soi que tout autour). Bref, la naissance, si humaine, n’est jamais seulement naturelle, autant biologique (par le sexe) que physique et même géophysique, mais aussi culturelle, guerre culturelle incluse par sa propre identité cherchant à s’émanciper de ce qui l’aliène, surtout si tenant forcenément à l’aliéner, par impérialisme.
De cette diversité première, il est possible d’entrer dans les autres diversités, car toute culture s’inaugure par l’attitude, à savoir par le fait de considérer quoi que ce soit de la nature, dont le sexe, et de se l’intégrer autant du sein de soi que tout autour. Or, la sexuation évolutivement advenue n’est pas la sexualisation et encore moins le seul genre. Confondre le sexe avec le cisgenre alors dit binaire (si se disant homme ou femme), surtout à partir de toute une genrante mouvance LGBTQ+ s’en présumant s’opérer depuis l’agenré s’en disant non binaire comme d’où attaquer tout service ou commerce (salon de coiffure, etc.) ne l’affichant pas d’emblée et même si pourtant prêt à s’ajuster pour l’accommoder, est sexiste. C’est la sociosexoréférence patriarcale qui est binarisante, selon qu’ayant ou non un pénis, voire étant avec ou sans pénis, que ce soit par cisgenre ou par mouvance LGBTQ+. Confondre le binaire de façon toujours plus étroite d’où l’imposer ensuite à rebours par ciblage abusif, fait que la sociosexoréférence patriarcale se laminerait en la seule orientation sexuelle (de sexuation en sexualisation), elle-même en le seul genre et ce, dudit cisgenre à LGBTQ+ avec occulte agenré à la clef faisant confondre la binarité (d’abord sexuante) avec le cisgenre (sexualisante) qui est seulement l’une des orientations sexuelles, mais à attaquer depuis tout le reste censé s’en démarquer pour s’y imposer à rebours, surtout depuis l’agenré via LGBTQ+ et, de là, tous ensemble au dit cisgenre, présumé seul binaire, alors que tous surgissent pourtant de la même sociosexoréférence, seule vraiment binaire et ce, pour tous avoir ou non et donc être avec ou sans pénis, quelle que soit l’orientation sexuelle et a fortiori le genre par lequel en faire une construction sociale. S’y occulte autant son propre devenir diversitaire (dont l’avènement d’un homme rose ou d’une femme mieux affirmée et paraissant s’en viriliser, tout en se disant pourtant encore homme ou femme, y compris si cisgenres, sans se le faire assigner depuis les LGBTQ+ surtout si depuis le sous-jacent agenré dont surgirait tous les genres) et a fortiori un tout autre sociosexoréférentiel que le seul patriarcal, à savoir le féminin jusque du masculin (par exemple, la fente sagittale commune aux deux sexes, la masculine étant au bout du gland du pénis en regard de la vulve féminine)1. Une fois la nature biaisée dès le sexe, s’ensuit bientôt l’ethnoracial gagnant d’autant en importance relative en l’idée même de nature considérée au sens biologique et même en laquelle laminer la notion de culture (censé ne plus tant se sociogénérer, mais s’ethnogénérer et, avec la race en cause, s’en faire ethnoraciale), surtout si le tout s’enreligiose, au ressort des grands filtres idéologiques. Manquer le pas dès la culture, c’est manquer tout le reste en tout rapport avec la nature, donc avec le fait physique et a fortiori vivant de quoi que ce soit. C’est mettre en porte-à-faux et éventuellement fausser la notion de diversité que l’occulter dès l’hétérosexualité présumée n’être plus que cisgenrée et binarisée au profit de la seule mouvance LGBTQ+ en l’y psychologisant à outrance et en suscitant éventuellement une réaction inverse du style trumpien (pouvant si aisément conjugué le masculinisme le plus outrancier et la tradwife au gré d’un patriarcat d’autant pur et dur) à partir d’une individualité faite partout et en tous ces cas pur individualisme, incité à se grégariser tel. Fausser la notion de diversité (en l’occultant dès la sociosexoréférence apte à susciter d’emblée des cisgenres différents pour faire accroire que la diversité ne serait que LGBTQ+), fausse les catégories fondamentales de la pensée que sont l’autre et le même, dont l’altérité (diversité) et l’identité plutôt que seulement et respectivement l’autre que soi et l’identique à soi stricto sensu egoïque, voire egocentrique, ethnocentrique, etc. De plus, est seul vraiment binaire avoir ou non un pénis, ou si vous préférez, être avec ou sans pénis, non seulement chez tout hétérosexuel, mais aussi jusqu’en mouvance LGBTQ+, mais tous selon une même sociosexoréférence patriarcale. Ce n’est aucunement être cisgenré, comme si sans valoir aussi pour tout autre genrance. Cette culture mentale de la pensée, faisant sortir hors de la nature, dont jusqu’au sexe (surtout si pour l’en manipuler), se méconnait en sa sous-jacente culture tout court faisant considérer la nature, voire en prendre soin et l’élever. Cette tension révélant la culture en son devenir est apparue dès la Renaissance, mais s’est mise à dériver. Un sexoréférentiel plus féminin jusque du masculin fait ressortir, avec la fente sagittale au bout du gland du pénis, une commune fente sagittale entre les sexes, etc., plutôt que seulement avoir ou non, voire être avec ou sans pénis. Avant toute genrance et a fortiori toute exacerbation se polarisant entre les extrêmes de la genrance jusqu’à la plus agenrée en virant sexiste et le patriarcat pur et dur refusant de s’en faire siphonner son propre pouvoir à son propre encontre, comme l’illustre le trumpisme s’étant mis à bannir toute ladite EDI (Équité, Diversité -ainsi fort tronquée et biaisée et Inclusion) de l’éducation, de l’armée, etc., jusqu’à étendre sa guerre culturelle au sein des grandes plateformes numériques, dont Netflix d’où chercher à faire bannir Susan Rice de son Comité administratif, car elle est issue de l’administration Obama avec laquelle ainsi se polariser par d’incessants et mutuels arguments ad hominem visant à supprimer le messager pour supprimer le message. De plus, la présence de David Ellison dans la loge présidentielle lors du discours sur l’état de l’Union n’est pas passée inaperçue, car son Skydance Media a déjà acquis Paramount et Trump pourrait bien créer un environnement réglementaire le favorisant au détriment de Netflix. Entre-temps, Trump a déjà menacé et fait reculer le gouvernement canadien qui, de Trudeau fils à Mark Carney, s’apprêtait à taxer les plateformes numériques étatsuniennes, tandis que le Québec a réussi à promouvoir sa souveraineté (et sa sécurité) culturelle(s) auprès de l’UNESCO. D’autres Américains, à savoir canadien et québécois par-delà le cubain, que l’étatsunien. Eux aussi aux prises avec un semblable, mais plus subreptice colonialisme impérialiste cherchant à s’imposer du canadien au québécois. Problématique complexe et ramifiée. Elle s’instaure et transparaît du plus universel au plus spécifique, mais spécifique diversement contextualisé comme d’où parvenir plus ou moins bien à s’apercevoir acquérir son sens et se porter ainsi à l’universel. C’est ce qui exige des doubles actions aptes à articuler les deux pôles, si pour éviter qu’ils n’éclatent et s’exacerbent.
Comprenons bien depuis l’arrière-fond historique le sens de la relation entre Cuba et les États-Unis qui s’est autrefois instaurée et qui est en train de rejaillir aujourd’hui. Les États-Unis sont intervenus militairement à Cuba et en ont évincé un régime espagnol brutal en 1898. Toutefois, loin de l’en libérer, ils y ont imposé l’amendement Platt leur accordant un droit permanent d’intervention par lequel reconduire, mais à leur propre profit l’emprise coloniale tout juste délogée. La façade d’indépendance instaurée sous Batista en 1902 ne faisait au contraire qu’entériner l’étatsunienne mise sous tutelle et son droit d’ingérence. De là, a germé autant le support à Fidel Castro pour s’en libérer que le crime de lèse-majesté que les États-Unis en ont éprouvé en se faisant accroire qu’il s’agissait d’abord d’une lutte d’un pays libre qu’ils se disaient être, alors même que l’en aliénant, et d’un pays communiste censé en être l’antithèse, comme s’il s’agissait uniquement de deux régimes politiques s’affrontant (dans le contexte de la polarisation globale entre États-Unis et URSS s’étendant alors à la planète) pour mieux occulter le ressort de l’instauration de l’état de leur relation. Il est si tentant d’occulter toute structure géopolitique en son seul et si évident pur rapport manifeste de forces plutôt que de tenir compte d’abord de sa genèse. Bref, les États-Unis, après avoir échoué à déloger Fidel Castro, se sont mis à enkyster leur mal-être par embargo à faire peser sur Cuba. Embargo que Donald Trump, comme en tout ce qu’il fait, a radicalisé en pression maximale, question de ne plus seulement contenir, mais étouffer et même faire tomber le régime cubain. Marco Rubio en fait une affaire personnelle censée être identitairement généralisable de lui à tout Cubain et Donald Trump ne demande pas mieux que de l’utiliser comme l’une des voies de sa propre mise en spectacle s’exacerbant et cherchant à faire accroire à tous que Cuba serait une menace à la sécurité nationale étatsunienne (le dire est y croire et c’est censé suffire). Bien sûr, tout ce qui de la Chine ou de la Russie pouvant passer par Cuba est en cause, sans jamais se questionner sur ce qui pourrait contribuer à ce que Cuba devienne une démocratie plutôt que de se faire spolier et aliéner par une soi-disant démocratie ne cherchant qu’à le mettre à sa botte. De fait, Cuba est plutôt une tache dans l’hégémonie étatsunienne, autant sur tout l’hémisphère occidental à laquelle prétendre que fort allergique à tout ce qui n’est pas elle-même.
Dénoncer annuellement l’embargo, a fortiori sa radicalisation au gré d’une cruelle persécution étatsunienne trumpienne (juste pour avoir la peau de l’autre et s’en faire un manteau avec lequel parader) ne suffit plus. Face à « Cruello »2, sont en cause les quatre piliers de l’ONU: les paix et sécurité du pays sont menacées par l’impérialisme étatsunien (du sein jusqu’à l’extérieur du CPS), la crise humanitaire s’ensuivant est saillante et exige d’y répondre rapidement, le développement durable en devient d’autant nécessaire (par accélération de la mise en place d’énergies renouvelables, dont le solaire, pour amoindrir l’impact de pannes généralisées d’électricité issue de la dépendance au pétrole principalement visé par l’embargo étatsunien trumpien, voire à l’obsessif pétrodollar, lui-même en voie d’être cryptomonétisé) et enfin, les droits humains (à savoir d’individus d’emblée sociaux). Surtout, ces droits humains se révèlent être des droits américains qui ne sont pas qu’étatsuniens et portés à isoler et tronquer en tout humain l’individu du fait d’être d’emblée social, d’autant qu’étant en formation réactionnelle et en miroir de toute tendance le tronquant en sens inverse et en miroir ailleurs sur la planète, selon un seul et même refoulement de l’humain comme tel3.
La diversité humaine est d’emblée une diversité culturelle dont le cœur est la diversité identitaire permettant d’être qui être, et ce, au point d’en être tant un qu’en être soi, ce qui conditionne tout rapport au réel si pour y apercevoir quoi ce soit y être ce qu’il est, voire l’identifier en parvenant à en unifier divers aspects caractéristiques le constituant et se rassemblant comme la compréhension de sa conception en regard de son extension à en délimiter. Ce sens de soi (et de tout ce qui lui apparaît dans le monde où se situer avec lui) se constitue diversement dès la Renaissance, à travers la Modernité, jusqu’au XXIe siècle4. Ceci ramène à la tension entre UNESCO et États-Unis comme entre, respectivement, diversité culturelle et laminage culturel qui, non seulement la marchandise, mais d’abord l’encarcane et draine géopolitiquement. L’évocation trumpienne d’une prise de contrôle amicale de Cuba serait-elle autre chose que d’en faire une réminiscence de l’emprise extraterritoriale ayant permis aux riches puritains d’aller y relâcher leurs mœurs et d’en faire le bordel (plus marché d’armes, casinos et blanchiment d’argent) des USA qu’il a été du temps de Batista (banc d’essai à l’ultérieure instauration du Shah en Iran, de Pinochet au Chili, etc.)? L’y soumettre de nouveau, même si autrement, à leur seul bon plaisir et à leur fantaisie ferait-il oublier sa symptomatique et persistante conversion entre-temps advenue en entreprise privée internationalement opérante sous Epstein5 et le fait encore plus général que « le trafic sexuel aux États-Unis est une réalité industrielle, pas anecdotique »6, tout comme le trafic humain plus large se bute sur un système étatsunien de santé qui serait souvent le seul lieu où pouvoir le détecter, mais qui est non formé et est rendu inapte à l’identifier? Prise de contrôle soi-disant pacifique (par embargo radical fabriquant la misère) de Cuba, écho de Gaza, à savoir à son effigie et surtout, sans aucun passage si ce n’est artificiel par l’ONU ou quelque instance internationale visant un meilleur équilibre d’ensemble, car d’emblée à infléchir dans le seul sens faisant son affaire. L’enjeu : l’emprise extraterritoriale jusque sur les humains en cause et jusqu’en ce qui leur est le plus intime, à savoir leur identité et le cas échéant leur sexe, de l’étatsunien en tout américain de tout pays des Amériques, dont le cubain serait exemplaire7. Et en traitant les droits humains selon une géopolitique variable selon qu’allant ou non dans le sens des intérêts étatsuniens, ce qui nuit à sa cohérence morale et sa crédibilité politique. Pattern récurrent: refuser de s’inclure et de se voir dans l’ensemble pour tout au contraire s’y imposer et l’en infléchir autant à son seul profit et en se pavanant qu’en accusant les autres, sans jamais s’y apercevoir comme en son miroir où, faute de pouvoir s’y admirer, toujours plus s’y ignorer et décrier en son propre reflet, à force de s’y occulter et projeter, mais dont le retour comme de son propre refoulé le réactive et est si résurgent que vient l’en hanter. Ce refoulé croît rapidement. L’illustre le Reste du Honduras face à Prospéra, comme tout le Rest of the World face aux Cités-États libertariennes cherchant à s’implanter un peu partout et coloniser de l’intérieur les États.
Peut donc seule être choisie pour siéger au Conseil Indépendant une personne prête à endosser la promotion des quatre piliers de l’ONU et en particulier, qu’il n’y a d’Amérique que selon ses diverses Amériques et qu’il n’y a donc pas l’Américain confondu avec l’Étatsunien, mais l’Américain valant pour tout un chacun des pays des diverses Amériques et les faisant s’y regrouper tels, dont le Sud-Américain et le Nord-Américain avec leur interface caraïbéenne. Sa première tâche est d’aider l’Assemblée générale onusienne à s’affiner selon trois axes pour mieux réaffirmer :
- que l’ONU répond à la crise humanitaire cubaine ainsi créée (et en conjointe exigence accrue de développement durable et de droits humains) en incitant et contribuant à toute action internationale visant à y pallier par une aide humanitaire faisant preuve d’une Solidarité Internationale pour Cuba dont le mouvement est à créer comme premier prototype d’ultérieures autres luttes au sein des Amériques et de qui y est Américain (même sans être étatsunien, a fortiori si ce n’est que pour en être extraterritorialement assujetti) afin d’y favoriser un devenir plus démocratique et non confondu avec le libéralisme qui commence à s’instaurer en agriculture, qui est aussi promu par le neveu de Castro et qui risque de tomber sous emprise du libertarisme étatsunien guère meilleur que la dictature cubaine actuelle, car exacerbant et exportant la « cancel culture » faite « hypocrisie égoïste »8, en la naturalisant, donc en la faisant accroire aller de soi, là comme ailleurs;
- que l’ONU promeut le droit international contre lequel les États-Unis, surtout depuis que trumpiens, agissent, voire réduisent à l’absurde, si forçant par leur embargo radical, l’émigration massive (pour la plupart des citoyens ordinaires bien plus que des dissidents politiques, sauf généralisation abusive à laquelle faire accroire pour biaiser sa réalité) qui, si elle arrive aux États-Unis, est criminalisée par leur police des frontières;
- et que l’ONU reprend explicitement le leadership du devenir démocratique mondial que, comme tous peuvent le constater là et quasiment partout ailleurs, les États-Unis trumpiens ont abandonné (car ne recherchant plus aucunement le leadership, mais la seule domination à impérialistement élargir, et ce, à leur seul profit).
Quant au rapport plus spécifique des États-Unis à l’agriculture (dont celle en train de se libéraliser à Cuba, si elle ne s’en libertarise jusqu’à la « cancel culture » par hypocrisie égoïste), voici ce qu’il en est: ils se donnent façade internationale interétatique de préconiser le libre-échange, mais, s’ils ne sont pas directement protectionnistes en entravant et limitant la libre importation de denrées alimentaires (risquant d’entraîner une baisse autant de leur prix que des salaires, mais avec hausse des conflits de travail des employés salariés avec leur employeur), ils le sont indirectement, du fait de subventionner leur propre industrie agroalimentaire dont les dirigeants et employeurs font du lobbying et diverses autres pressions politiques auprès de l’État pour l’être et dont l’offre peut être mais artificiellement à moindre prix (non plus seulement politique mais aussi économique) et être surtout celle de produits caloriques (« énergétiques ») de faible teneur nutritive. Le tout ne se globalise qu’en virant en « globésité », terme forgé par l’OMS pour rendre compte de la surcharge pondérale et l’obésité extrême s’ensuivant, et en dite « américanisation » (de fait étatsunisation si idéologiquement donnée qu’hégémoniquement imposée pour toute l’étendue continentale des Amériques). Se prétendre d’autant toujours plus planétairement globalisant (tant de tels États-Unis cherchent à se faire confondre avec continentalisant et, de là, mondialisant) consiste à exiger toujours plus, mais des autres un libre accès à leurs marchés, bref exactement le contraire de ce qu’ils font eux-mêmes, et ce, sous façade de promouvoir le libre-échange (tant et uniquement tant qu’il est en leur faveur et autrement, comme Donald Trump s’y spécialise, en disant que tout avantage de qui que ce soit d’autre en quelque domaine que ce soit est injuste envers les États-Unis qui s’en défendent en l’agressant, « art of the deal » oblige). S’y ajoute quelque aura d’une indestructible liberté (une telle liberté à double standard néomercantiliste, non seulement à son seul propre profit, mais d’abord, aussi et surtout à sa seule fantaisie, fût-ce la plus cruelle) censée semblablement se propagar et se communiquer à tout et l’en faire rayonner en tout par la même occasion. Tout y passe: politique, économie et, de l’une à l’autre, culture, laquelle n’advient que du sein de la Nature, même si pouvant se porter hors d’elle, voire se surnaturaliser en des dieux, voire en Dieu, mais selon des modalités différentes selon justement les cultures. Cela a pu ressortir, après les attentats terroristes du 11 septembre 2001, en la figure de Georges W. Bush fils qui, n’ayant à peu près rien fait jusque-là, a alors pris figure de héros, mais restant néanmoins proche du peuple pour se faire auprès de lui l’oracle et non l’émanation, plutôt ailleurs promue et démonisée, de Dieu « Les États-Unis avaient grand besoin d’un président héroïque, et le réflexe fondamentaliste du pays fit en sorte de le faire exister. Le public ne le vit pas comme une émanation directe de Dieu, à la manière de l’ayatollah Khomeyni ou de César Auguste, mais comme l’oracle des dieux américains du courage et de l’indestructible liberté. »9 En jaillit le libertarisme trumpien qui, lui, ne s’embarrasse pas de telles distinctions et remonte jusqu’à leur origine pour s’implanter à leur source: fonder le Temple trumpien axé sur la seule fidélité peut mettre à mal toute autre religion, jusqu’à la plus monothéiste, autant par mystère d’être si purement et totalement laïque (mais levier de l’action divine censée s’y révéler) que par son article 1er de foi, à savoir que l’élection de 2020 lui a été volée plutôt que c’était lui qui cherchait à la voler (par simple miracle de pouvoir faire la réalité tout l’inverse de ce qu’elle est, ce qui exige par contre d’être paranoïaque schizophrénant mégalomane narcissique). Sous façade de l’hyperindividualisme promu tous azimuts, les États-Unis entiers s’en font très socialement les promoteurs, mais s’occultent tels. Rien n’est plus « cancel culture » que laminer toute sociogenèse de quelque culture en pure psychisation la plus hyperindividualiste, puis de là, ethnoracisation (a fortiori ethnoracialisation faisant se laver, monopoliser et accuser à sa seule fantaisie qui que ce soit d’autre d’ethnoracisme) à faire s’enreligioser telle jusqu’en la laïcité. Rappelons que Durkheim, en son analyse du suicide, n’a pu fonder la sociologie qu’en distinguant le fait social du psychique. Ceci vaut a fortiori en regard de l’ethnoracial, si la sociogenèse, non s’y réduit, mais est préservée à la source de la culture. Le XXIe siècle est exigence de retracer ET faire que resurgisse la culture coévoluant avec la nature.
Mettre fin au récurrent rituel onusien annuel de simplement dénoncer l’embargo envers Cuba10 peut le transformer et le charger de ces nouveaux enjeux à en expliciter: le problème, même s’il y est exemplaire, n’est pas que cubain, mais plus largement américain (bien autrement que ne le pense, en sens inverse et impérialiste, l’étatsunien, surtout le trumpien) et engage tout pays des Amériques et de là, aussi des autres Continents, au sens géophysique des plaques tectoniques comme référentiel commun à la géopolitique panplanétaire, bien plus mondiale que ladite globalisation. Tout change si l’ONU prend dorénavant en charge ce que tous savent, mais qui fait usuellement l’objet d’un tabou étatsunien impérialiste (quant à qui est Américain jusqu’en le Cubain et tout pays des Amériques) au point de s’intérioriser et se reproduire dans les discours internationaux jusqu’aux plus interétatiques. Cette notion de l’Amérique (d’emblée des diverses Amériques?) et a fortiori de l’Américain distinct de l’Étatsunien (donc à nommer tel pour le signifier ne représenter que l’un d’eux) est à annoncer comme ce qui est à privilégier dans tous les documents onusiens et dans toutes les relations internationales impliquant l’ONU. Si l’usage s’en répand aussi hors de l’ONU, s’ouvre une nouvelle ère géopolitique.
De plus, l’année 2026 est une année charnière pour agir: élections mi-mandat aux États-Unis et d’abord ACEUM, non pas tant en renégociation (car valide jusqu’en 2036) qu’en examen conjoint avec révision d’irritants. Donald Trump essaie-t-il d’employer le même stratagème que lors de son 1er mandat, à savoir exclure d’abord le Canada pour négocier avec le seul Mexique, puis faire fléchir le Canada? Surtout pas une vue d’ensemble, car à réduire aux seuls États-Unis d’où y procéder par deux bilatéralismes, soit épars, soit au mieux mis en succession selon un style dit transactionnel et de part en part néo-mercantiliste, à savoir axé sur son seul propre profit. À l’époque, c’était pour avoir un droit de regard sur les relations du Canada avec la Chine. Cette fois-ci ce pourrait l’être de l’alliance du Canada à la fois vers l’Asie, y compris la récente bonne entente canadienne avec la Chine, et l’Europe, jusqu’en Arctique, dont le Groenland. Le Canada, en plus de se rapprocher du Mexique, se mesure non pas tant à des irritants qu’à des violations de la part des États-Unis trumpiens par leurs tarifs douaniers et il patiente pour ne pas céder à leurs pressions de concession, en attendant les élections étatsuniennes de mi-mandat qui, si elles ne les exacerbent, joueraient en sens inverse, sans parler de menaces trumpiennes de se retirer, ce qui exigerait un préavis de six mois. Si les États-Unis trumpiens obtenaient des concessions dans les secteurs les faisant dépendre du Canada (acier, aluminium, pétrole…), ils pourraient évacuer toute entente globale et faire fi de tout le reste, dont les PME canadiennes et maints secteurs plus spécifiques, dont la gestion de l’offre (importante pour le Québec) dans le secteur des produits laitiers qu’ils veulent percer et que Marc Carney fait accroire vouloir défendre, mais en nommant Mark Wiseman qui s’en fout pour y veiller. Comprenons bien toute l’ampleur de l’enjeu géopolitique imbriqué en l’enjeu géoéconomique: plus que l’ACEUM, le Mexique se révèle être la tête de pont nord-américaine de toute l’Amérique latine et de tout son déploiement sud-américain (dont le canal de Panama déjà passé sous contrôle de l’entreprise privée étatsunienne Black Rock en vue de régir les échanges commerciaux entre l’Atlantique et le Pacifique)11, tout comme le Canada l’est tant à l’interface de l’Asie et de l’Europe jusqu’en Arctique (dont le Groenland) qu’a surgi l’idée de son intégration à l’Union européenne, donc d’un transatlantisme selon une tout autre interface transpacifique avec l’Asie que la seule étatsunienne et sa prise de contrôle de Panama. Le Canada est prêt à examiner, mais non à accepter l’idée, encore moins une éventuelle invitation formelle, ne serait-ce que par ce qui s’en mettrait à gronder au sud de sa frontière ou par les éventuels impacts des politiques européennes (en immigration, gestion de l’offre, etc.), surtout que l’option hanséatique (par alliance et mise en commun face au voisin prédateur) peut suffire et préserve l’autonomie. Il est hautement significatif que la Communauté Économique Européenne se soit faite Communauté Politique Européenne depuis l’invasion russe de l’Ukraine en 2022 et qu’elle ait invité en 2026 le Canada à son sommet en Arménie, autant éventuelle candidate à s’intégrer que proche de l’Iran où se porte la guerre israélo-étatsunienne.
L’enjeu, plus que des seules voies commerciales, est d’abord extractiviste, donc de contrôle des territoires d’où pouvoir puiser davantage de ressources naturelles au ressort des chaînes d’approvisionnement, puis l’enclenchement de la capacité productrice, l’expansion des marchés avec la consommation et enfin, la toujours plus forte orientation du tout par high tech. Dont la faramineuse plateformisation, au gré de la concentration étatsunienne panplanétaire de plus de la moitié des centres de données (plus Cloud Act pouvant obliger toute entreprise privée à remettre ces informations au gouvernement fédéral et faire compétition à la surveillance chinoise, mais en faisant semblant de ne pas y procéder, donc encore et toujours par hypocrisie égoïste, surtout si avec prototypiques ITAR (International Traffic in Arms Regulations, selon une juridiction extraterritoriale qui date de 1976, est définie depuis l’United States Munitions List (USML) et impose sa surveillance réglementaire incessante, jusqu’en les satellites, à l’encontre d’entreprises chinoises et au profit d’étatsuniennes depuis 2010, en plus de bloquer des transactions militaires aériennes de la France avec l’Égypte, etc.) et FARA (Foreign Agents Registration Act remontant à 1938, mais chez soi, si ne faisant pas s’y mouler et en gruger et anéantir ce qui peut y correspondre chez les autres pour les en défoncer unilatéralement, etc.). Comment tout hiérarchiser depuis soi s’il peut y avoir d’autres souverainetés que la seule sienne ? Un décret trumpien vise à étendre la juridiction extraterritoriale étatsunienne jusqu’en les eaux internationales pour y extraire des minéraux critiques de façon illégale ou conflictuelle à l’échelle mondiale contre l’Autorité Internationale des Fonds Marins (AIFM) soutenue par l’ONU, tandis que le G7 cherche à se déprendre de sa dépendance face à la Chine (qui, elle, y a déjà investi) pour en stabiliser les chaînes d’approvisionnement en même temps que persister à externaliser les coûts écologiques de sa métallurgie. Un autre décret trumpien, le 14196, vise à créer un fonds souverain pour « libérer » les accès aux ressources naturelles, d’abord aux États-Unis, quitte à éliminer le plus possible les aires protégées (donc aussi les espèces vivantes) et tout leur rapport avec le climat plus généralement considéré, mais aussi ailleurs, par de conjointes visées expansionnistes et impérialistes vers le Canada et le Groenland. Pour se dégager du Canada, Trump autorise l’exploitation de millions d’hectares de forêts aux États-Unis, dont l’Alaska, autant la forêt du Tongass que de nouveaux champs pétrolifères, abstraction faite du méthane encore plus dommageable que le CO2 pour le climat. Pour Trump, l’eau douce canadienne (la plus importante de la planète) n’est qu’un robinet à ciel ouvert à faire s’écouler vers les États-Unis, ce qui peut mener à une intense problématique de sa gestion entre les deux pays. Sans parler du reste: minéraux critiques, etc. Capitalisme ne s’étant dégagé du mercantilisme que se trouvant toujours plus en train d’y régresser et se faire néomercantilisme (transactionnellement utilitariste à son seul propre profit), quitte à plomber tout libéral laissez-faire pour n’être plus que libertarien gestionnaire… jusque chez le voisin à prédater (source de matières premières) pour s’en industrialiser (source de plus-value), mais surtout à enferrer par plateformisation jusqu’en crypto-pétrodollarisation pour en infléchir l’économie entière. Mark Carney constate donc que l’intégration du Canada avec les États-Unis n’est plus une force, mais une faiblesse dont se prémunir. Amérique(s) aux Américains… étatsuniens ?
Bref, hormis cette interface plus nordique et a fortiori la plus large interface par le libre-échange nord-américain en train de se réviser, si l’Amérique du Sud se conjugue avec l’Amérique centrale jusqu’au Mexique, en tant qu’Amérique latine, est-ce que sa représentation au sein du Conseil Indépendant par le Mexique serait initialement à privilégier, du moins en l’état actuel de la situation américaine, à savoir des Amériques ? Peut même surgir une intense interface entre l’Assemblée générale, surtout si dotée d’un CI où figure une telle représentation, et le Secrétariat général, d’où faire se coordonner et s’intégrer les quatre missions de l’ONU.
Bien noter que 80% des armes des cartels de la drogue (sans parler de l’avocat, etc.) au Mexique proviennent des États-Unis (dont les si libres entreprises de fabricants d’armes, parfois jusqu’à se cacher sous des prête-noms, pourraient être traitées de complices du terrorisme érigé en gouvernance locale sur plus du tiers du territoire mexicain), tant une relation symbiotique s’est établie entre eux et la cocaïne transitant vers les États-Unis (et même, cachée dans des trains, jusqu’au Canada), alors que Donald Trump cherche à faire accroire que ses tarifs douaniers punitifs peuvent régler la situation (sans parler de la complicité européenne par indifférence structurelle bancaire à l’argent blanchi et au fait d’être, après les États-Unis, le 2e marché mondial de la cocaïne, dont, avec la kétamine, les taux ont augmenté dans ses eaux usées, surtout les fins de semaine)12. Trump prétend même instaurer une coalition anticartel avec des pays d’Amérique latine (sans le Mexique, le Brésil… trop de gauche, mais sans plus longtemps y inclure la Colombie venant de virer à droite, et, dans le cas du Mexique, trop susceptible de révéler la source réelle du problème qui se trouve aux États-Unis). Elle est censée aussi faire tomber Cuba à son propre profit pour instaurer son dit « Bouclier des Amériques »13, aussi appelé Coalition contre les cartels des Amériques, à savoir dirigée par les États-Unis et d’autant contre les cartels que contre les Amériques où aller les poursuivre (sans jamais reconnaître contribuer à les y créer ?). La présidente mexicaine, Claudia Sheinbaum, a malgré tout, dès le début de son mandat, su traiter avec lui, puis a clairement manifesté son soutien à Cuba face à l’embargo étatsunien trumpien. S’y ajoutent: Canada14, Chili, voire Russie dont un pétrolier (couvrant des besoins pour une dizaine de jours) a été autorisé à traverser l’embargo trumpien, Chine l’outrepassant et livrant 15 000 tonnes de riz… Aide humanitaire à faire parvenir directement aux communautés hors des circuits politiques institutionnalisés ? Deux points cruciaux sont à prendre en compte : les États-Unis, non seulement cultivent la violence chez eux (avec puissant lobby des armes à l’appui), mais l’exportent autant par mises en circulation d’engins meurtriers que par créations humanitaires dramatiques comme celle de Cuba. Ce sont deux faces d’une seule et même problématique qui s’est condensée de façon géopoliticoéconomique sous visage trumpien d’une mise en scène selon un dit « Art of the Deal » consistant à faire accroire revendiquer et négocier pour plutôt agresser jusqu’à se faire concéder (sous l’euphémisme « to deal with » se décrétant et révélant sa teneur unilatérale), selon une radicalisation de l’anglo-saxon « To claim is to improve ». Il s’agit d’une dérive du capitalisme depuis le soi-disant laissez-faire anglo-saxon censé être devenu pragmatique aux États-Unis au gré d’une mise au jour toujours plus flagrante du double standard des deux poids, deux mesures: tant que je domine, il faut imposer le libre marché, mais si ça ne marche plus, protectionnisme à tout crin d’où se mettre à agresser plus activement, soit directement et même au besoin hypocritement (dont les armes acheminées aux cartels mexicains), soit indirectement (en étouffant le régime, dont Cuba). La pression fiscale coercitive jusqu’à la plus arbitraire s’opère d’ailleurs du sein même des États-Unis, de l’État fédéral aux États les constituant, par simple rétention des fonds au gré d’un chantage politique, quant à Medicaid au Minnesota, quant à l’absurde exigence (déniée par l’intéressé y ayant proceeded par des voies indirectes) de donner le nom de Donald Trump à l’aéroport Dulles et la gare Penn pour obtenir les fonds pourtant prévus pour la construction d’un tunnel entre New York et le New Jersey, etc. Une même cruelle violence narcissique arbitraire se complaît dès l’intérieur jusqu’à l’extérieur des États-Unis, vers Cuba. Et vers l’Iran, car il faut toujours plus d’argent pour y faire la guerre, donc il faut couper dans Medicaid, etc.
Par ailleurs, lors de l’ACEUM15, si celui-ci est maintenu plutôt qu me annulé et n’est pas révisé à la pièce et surtout à la baisse en faisant jouer depuis les États-Unis le Mexique contre et jusqu’en le Canada16, l’entente du Canada et du Mexique face aux États-Unis trumpiens pourrait faire se magnifier le conjoint axe canadien vers l’Asie et l’Europe jusqu’en Arctique et s’ancrer en leur collaboration en vue de s’étendre aux Amériques et instaurer un meilleur équilibre géopoliticoéconomique face aux États-Unis.
Un jugement de la Cour suprême des États-Unis contre ses tarifs douaniers n’empêche pas Donald Trump de chercher d’autres voies de contournement pour les rétablir autrement, même si de façon plus restreinte (pour motif de sécurité nationale, pouvoir économique d’urgence, etc.), mais selon une moindre rapidité de réaction face aux quotas, subventions et barrières commerciales pouvant surgir par ailleurs17. Le tout en persistant à oublier et occulter que les États-Unis (et maints pays dits occidentaux) ont d’eux-mêmes délocalisé leurs entreprises en quête de cheap labor ailleurs (en même temps qu’ils ont créé des crises chez eux et ont eu à doter leur police d’armes soi-disant non létales, mais pouvant estropier à vie) et ont créé la problématique de désindustrialisation dont Donald Trump s’acharne à faire accroire qu’elle serait due à d’autres pour pouvoir les en accuser et que ses tarifs vont rétablir la situation, donc créer (forcer) les investissements par lesquels réindustrialiser les États-Unis. Et en tâchant de faire oublier que les tarifs sont assumés par les citoyens des États-Unis et constituent la plus forte hausse de taxation imposée depuis 1993 en vue d’accumuler un pouvoir financier fédéral centralisateur: qu’est devenu le TEA Party (Taxed Enough Already) qui s’est forgé à l’encontre du Parti Démocrate et a émergé du Parti Républicain en devenir libertarien et de là, trumpien ? L’argument ne vaudrait que contre les Démocrates, mais aurait libre cours (d’impôts en vraies taxes) chez les Républicains trumpiens, dont le trumpisme est appelé à perdurer par-delà la seule personne de Donald Trump: par une fantaisie débridée n’exigeant d’autre sens de soi que celui d’un ego à son tour fort idiosyncrasique, il suffit d’être un peu paranoïaque schizophrène mégalomane narcissique pour s’y adonner. Style dit transactionnel. De fait, amnésique style coercitif, brutal et imprévisible, de fait chaotique, en vue de s’imposer à tout prix. Style exigeant autant de faire paraître les faits à sa fantaisie, en n’y retenant que ce qui fait son affaire, que d’occulter tout le reste, surtout si issu de soi, de son propre pays, a fortiori de son propre Parti politique. Le tout est censé mener à la concentration des pouvoirs pour en être d’autant coercitif (si aveuglément et arbitrairement cela soit-il) à l’interne, puis à l’externe et, de là, des alliés (car plus à sa portée) aux autres impérialismes que le sien. Il s’agit de tout hacher et biaiser à un court terme circonstanciel comme d’où plomber le long terme plus universel, au lieu de l’y contextualiser et l’en rendre sensé.
De plus, l’ASEAN (Association des Nations de l’Asie du Sud-Est), restée prudente face à la Chine et aux États-Unis, s’en réoriente davantage vers la Chine. Se révèle, non seulement à l’interne, mais aussi à l’externe, l’effet contreproductif des tarifs trumpiens (hormis la réindustrialisation étatsunienne censée être apparemment réussie, mais avec conjoints investissements massifs chinois industrialisant maints pays hors États-Unis, selon quelle résultante relative mondiale globale et réelle ?)18, sans parler du déficit s’ajoutant à la dette déjà énorme et de la hausse du coût de la vie (puisque les Étatsuniens paient les tarifs entre-temps, pendant que leur gouvernement central les encaisse et que la richesse se concentre toujours plus vers le haut). L’inaugurale gaffe trumpienne, lors de son 1er mandat présidentiel, en sabordant l’entente transpacifique qui se discutait et en s’obsédant du poids de la Chine qui s’en est d’autant accru et dont faire l’ennemi attitré, est en train de se radicaliser lors de son 2e mandat et s’exacerber au gré de l’unipolaire MAGA à réinstaurer à l’encontre du multipolaire pourtant amplifié encore plus. Étonnant que les experts tardent à faire le lien entre les deux: le trumpisme ne peut supporter l’existence d’ensembles qui le dépassent et où s’inclure lors d’un plus long terme, de sorte qu’il cherche à tout en réduire à lui seul d’où tout en traiter à la pièce et à court terme, incessamment à réitérer pour pouvoir s’en mettre en scène où l’enchaîner, tout en refoulant tout le reste dans l’ombre, mais à risque d’en resurgir et l’en hanter. Ce lien permet pourtant de mettre au jour le ressort de l’acte transactionnel trumpien (à savoir une fantaisie à tout crin), voire de l’apercevoir jusqu’en ses tenants et aboutissants (par une telle fantaisie se magnifiant tant depuis un tel évitement originaire de toute exigence contextualisante que se projetant en compensatrice cruauté en quête d’écraser tout ce qui peut mieux lui tomber sous la main). Or, si le pseudo-libre-échange nord-américain a pu se négocier en le faisant s’effondrer et s’opérer depuis les seuls États-Unis par mise en succession de deux bilatéralismes, à savoir avec le Mexique, puis avec le Canada, cette mise en chaîne (au double sens du mot « enchaîner ») ne peut pas se produire face à l’ASEAN, y compris si les États-Unis restent la 1re puissance économique mondiale devant la Chine. De même, le trumpisme ne peut le rechercher en Europe qu’en cherchant d’abord à la faire éclater et en dépecer le marché commun et a fortiori ses politiques d’ensemble dites aller contre la libre enterprise étatsunienne, comme si contre la liberté même (censée n’être jamais située et n’être que sans contrainte au profit du seul libertarisme tous azimuts, tant que prévaut son transactionnel double standard des deux poids, deux measures en tout et partout, au gré de chaînes de bilatéralisme unilatéralement imposable par écart de puissance). Même si l’économie étatsunienne reste la plus forte de la planète et peut encaisser beaucoup, maints facteurs et indicateurs se cumulent et laissent entrevoir ses limites (malgré sa présomption de se faire paraître illimitée, comme si infinie, selon quelque attribut divin censé trôné sur le fini, non s’y intégrer comme en le transfini cantorien mieux susceptible d’en valider tout calcul).
Le style onusien à promouvoir, lui, en est un visant plutôt la meilleure intégrité factuelle possible, comme d’où dégager le sens de toute action sur l’arrière-fond des actions antérieures la contextualisant, et ce, au gré d’une action locale s’inscrivant elle-même avec d’autres possibles dans une action globale, proprement onusienne, ouvrant sur l’avenir, donc la rendant du mieux possible proactive. Sa propre et incessante double action ne s’ouvre et ne se conçoit d’emblée en son avenir qu’en s’apercevant elle-même en interface avec les actions issues d’agents externes à l’ONU.
Au sein des États-Unis, la Cour suprême (avec l’appui de deux des trois juges que Donald Trump a pourtant fait nommer lors de son 1er mandat) envoie un signal important qu’il est possible d’y limiter la tentative trumpienne de concentrer les pouvoirs en son exécutif à l’encontre de la Chambre des représentants (constitutionnellement attitrée à décider du pouvoir de taxation, dont de telles questions tarifaires), tout comme il cherche à le faire partout, en particulier à travers le Sénat, nommant les têtes dirigeantes (dont les juges) à travers le pays, et le Ministère de la Justice, largement asservi à sa vendetta personnelle présidentielle. Les conditions sont aussi plus propices à une harmonisation entre pays face à l’impérialisme étatsunien trumpien qui est non seulement interne, mais aussi externe. D’ailleurs, le 23 février 2026, l’Union Européenne a suspendu l’accord commercial conclu avec les États-Unis trumpiens, sans doute le temps d’y réfléchir et s’en réorienter. Plus généralement, les pays qui ont résisté aux tarifs trumpiens s’en sortent mieux que ceux qui y ont cédé trop précipitamment. Frustrant, de fait fort à rebrousse-poil pour celui qui veut manier et faire se réduire au court terme jusqu’au long terme en même temps qu’à sa seule particularité propre, d’où si métonymiquement qu’axiomachiquement attaquer pour se plier l’ensemble. S’y aperçoit l’équivalent géopoliticoéconomique de l’espace-temps constituant la trame de l’univers matériel depuis Einstein, tant sa géophysique acquiert sens en se contextualisant en son ampleur cosmophysique. Bien sûr, avec de nouvelles menaces trumpiennes tous azimuts et des rétablissements de tarifs douaniers par d’autres voies (déjà eux aussi contestés par une coalition d’États), tout en refusant d’entendre l’OMC qui les considérait déjà comme des surtaxes illégales, surtout que dans la suite du prétrumpien Inflation Reduction Act constituant un protectionnisme déguisé (depuis 2022). Les États-Unis, surtout trumpiens, ne jouent pas franc-jeu dans leurs interactions commerciales, de fait géopoliticoéconomiques, à moins qu’il s’agisse de l’euphémiser en une incompatibilité systémique entre la technocratie commerciale européenne et la politisation toujours plus néomercantiliste étatsunienne. Par euphémisme diplomatique européen divergences d’interprétation faisant douter de la crédibilité de tels accords. Quand la bonne foi est en cause, nous sommes au seuil de l’enreligiosement de tout et quoi que ce soit. Le Temple trumpien, en sapant toute entente transatlantique, sape la place et la part susceptible de revenir à un dit Nouvel Ordre Commercial (de Libéral à toujours plus Libertarien au fur et à mesure que trumpien ?), si aperçu Mondial (l’Asie, dont la Chine, cheminant dans l’entre-deux). S’étonnera-t-on du parallèle menant à une même impuissance entre les accords de Bretton Woods dont a émergé le GATT, puis l’OMC, d’une part, et l’ONU, d’abord son CPS, d’autre part ? Une même puissance un tant soit peu intelligente de la volonté s’inverse et s’érode en volonté chaotique de puissance toujours plus unilatérale qui met l’intelligence en berne et se fait impuissance généralisée. Le nihilisme nietzschéen l’a compris dès le XIXe siècle. N’y manquait que sa tendance géopoliticoéconomique la plus matérialiste le concrétisant au XXIe siècle. Ledit Occident n’est capable de nihilisme que matérialiste19. Dieu y meurt.
Au lieu de cibler et réduire le problème à sa seule figure trumpienne, il est crucial de n’y apercevoir qu’un exemple extrême de ce qui constitue le vecteur de la dérive de toute démocratie, même lorsque ne se complaisant plus tant en sa mise en scène qu’opérant plus subrepticement dans les coulisses et révélant que ce qui s’en affiche géoéconomique est plutôt d’abord géopolitique: la prévalence abusive de l’exécutif sur le législatif, à son tour sur le juridique et enfin, sur toute la société civile à en faire ployeur. L’illustre la trudeauiste Constitution canadienne de 1982 unilatéralement rapatriée sans et même contre le Québec au point de parasiter la québécoise Charte des droits et libertés et biaiser à cette fin la Constitution de 1867 par une expansion accrue et fort abusive de l’homogénéisation anglicisante, en particulier en manipulant l’immigration à cette fin (pour n’en rappeler qu’un seul fait: de Durham au début du XXe, puis du XXIe siècle, la proportion canadienne du fait français est passée d’environ 50% à un peu plus de 30% à tout juste plus des 20%), alors que des programmes carneyistes d’union pancanadienne en réaction au trumpisme peuvent faire accroire s’attaquer à de dites barrières interprovinciales pour mieux s’imposer en particulier au Québec selon la même incessante homogénéisation anglicisante avec laquelle toute francité est censée n’être que collaborative (« assimilable »). Si les démocraties paraissent être nées en ledit Occident avec l’État-nation ayant proliféré depuis la Révolution française, c’est trop souvent au gré d’un jeu de façade hypocrite favorisant en sous-main l’abus qui, un jour, risk d’éclater au grand jour. L’État de droit camoufle souvent le droit de l’État par lequel ladite force du droit n’est plus que droit de la force, par contrainte légale l’exprimant (à l’interface de l’exécutif au juridique d’où peser sur la société civile à coloniser). Une dite démocratie qui ne s’éveille pas et ne se mesure pas à ses dérives ne reste pas démocratique, sous et malgré la façade qu’elle affiche d’elle-même. Et l’ensemble du fait démocratique peut s’en amoindrir à l’échelle panplanétaire au profit de régimes autoritaires auxquels collaborer, en occultant encore plus ainsi y contribuer.
Enfin, l’Amérique du Nord, en particulier par sa forme, est considérée comme Grande Tortue, par le monde autochtone, notamment algonquin. Surtout, sa part émergée s’inscrit en la grande problématique panplanétaire des terres émergées en train de varier plus ou moins rapidement ici et là selon le ratio entre le poids de ce qui les recouvre et la montée des eaux environnantes, suite au réchauffement climatique, la fonte des glaciers (en particulier au Groenland), ses implications éventuelles pour la pompe thermohaline mettant en mouvement et assurant l’articulation entre les courants océaniques mondiaux, etc. Cette verticalité, mais aussi par un tel conjoint et subséquent ratio mis en jeu modifiant la résistance environnante à tout ce qui est plus centralement considéré, est à intégrer au réseautage de surface géopoliticoéconomique en train de se jouer sur la surface géodésiquement courbe de la géophysique en cause. La géophysique quadrimensionnelle, à savoir spatio-temporelle, est appelée à apparaître toujours plus prégnante en géopolitique et exige de pouvoir y transparaître. Il faut y insister. Dès le début de la Modernité, l’anatomie s’est mise à déconnecter tout corps de son environnement et le considérer isolément. Ce qui en advenait au sein du vivant, dont l’humain, s’est imposé comme mode généralisé de pensée se mettant à considérer semblablement tout et quoi que ce soit de l’univers matériel, non seulement sur Terre, mais jusque hors Terre. Sur Terre, en est resté tout ce temps impensable que la moindre terre émergée ne l’était que par son interface et donc, un ratio relatif entre ce qui la pousse ou la garde vers le haut (sinon cesse d’y peser et la faire s’enfoncer vers le bas) et ce qui l’environne et dont la hauteur varie aussi (par réchauffement des eaux océaniques s’en mettant à se dilater, etc.). Par exemple, la montée généralisée des eaux océaniques s’accompagne pourtant d’une émergence accrue du Groenland, pour la simple raison que la fonte de ses glaciers ne fait pas que contribuer à l’augmentation de la hauteur des eaux environnantes, mais l’en décharge d’autant d’une masse qui y pesait, ce qui l’en libère et fait se hausser. D’anciennes différences incrémentielles insensibles et imperceptibles sont au contraire en train de devenir très sensibles et perceptibles. Perd toute pertinence la notion que tout corps peut être isolément considéré plutôt qu’en et uniquement en interface avec son environnement selon leur covariation mutuelle, donc si relationnelle que relative. Il en va de même de la présomption se faisant accroire pouvoir maîtriser la nature, sans s’apercevoir en être d’abord partie prenante et avoir à s’y ajuster. Une intense et immense affinité avec la pensée autochtone émerge avec la nouvelle science exigée. Jusqu’au sein du corps, dès lors organique, les fascias interconnectent tous les organes et les ancrent de la peau jusqu’en la profondeur des os en même temps que créent et préservent leurs interfaces articulaires (jusqu’aux os n’en étant que des zones plus minéralisées et denses). Ils en favorisent la résistance, l’élasticité et l’hydratation. Ce corps organique tant se tisse que se prête à l’anamnèse clinique (par ostéopathie, kinésithérapie…)20. Émerge le fait de l’être plus que de l’avoir, si pour le vivre à même la physique à son tour distincte du seul physique (de tel ou tel emploi) plutôt que de l’y réduire et confondre comme si non plus tant vivant que morbide, quasi déjà mort21.
1 Y. Morin, publications depuis 2022 chez L’Harmattan.
2 Eh oui! S’il me faut être plus explicite, Cruello est le masculin de Cruella dans Les 101 dalmatiens. Peut-on espérer que la fin soit aussi heureuse en la réalité qu’en le film?
3 Ce qui est nouveau: le pouvoir fédéral étatsunien ne procède plus tant indirectement, par la CIA, pour s’attaquer à des régimes, mais plus ouvertement, et de lui-même, pour se complaire en sa propre mise en scène, par simple cruauté se complaisant en elle-même et euphémisée en « Art of the Deal » : l’hyperindividualisme étatsunien vire en egocentrisme. Ailleurs, en la guerre russo-ukrainienne, on constate une attaque militaire plus directe sur les infrastructures énergétiques civiles. L’enjeu omniprésent au XXIe siècle est le tout début de toute chaîne d’approvisionnement et de toute productivité à la source de quelque capitalisme que ce soit. Tous les impérialismes ne veulent d’autre capitalisme que le leur, dès sa source, par main mise sur le territoire et lesdites ressources comme matières premières dont tirer quelque plus-value ainsi capitalisable. La façon de Donald Trump d’aborder la paix en Ukraine ne vise qu’une telle commercialisation. Même chose quant à son Conseil de la paix à Gaza. L’ONU ne peut donc que se leurrer en se faisant accroire que les paix et sécurité censées passer par son CPS ne concernent que la guerre et l’agression militaire. Celles-ci se creusent avec le capitalisme à même le territoire et donc, ultimement, la géophysique en cause. Il n’y a plus de géopolitique, via sa géoéconomie si capitalistement pervasive et surtout ainsi fort radicale, que géophysique.
4 Ceci est dorénavant cerné dès la Renaissance, au ressort de la Modernité et jusqu’au XXIe siècle, par Y. Morin, De l’humain à l’humaniste dans le monde, Le sens de soi, du débat entre Ficin et Pic à Descartes et au XXIe siècle, Paris, L’Harmattan, 2025.
5 Longtemps camouflé, le lien avec Donald Trump émerge. Voir https://www.msn.com/fr-ca/actualites/other/analyse-un-courriel-non-expurgé-d-epstein-contredit-la-version-de-trump-et-personne-à-la-maison-blanche-ne-sait-quoi-répondre.
6 https://dosequotidienne.ca/2026/02/28/analyse-trafic-humain-trump-accuse-le-venezuela-mais-qui-regarde-dans-son-propre-miroir/.
7 Donald Trump, en son décret du 29 janvier 2026, Addressing Threats to the United States by the Government of Cuba, invoque y apercevoir d’autant une menace directe à la sécurité nationale qu’une entrave à la juridiction extraterritoriale l’en révulsant au point d’avoir à lui afficher sa tolérance zéro: « The Cuban regime continues to spread its communist ideas, policies, and practices around the Western Hemisphere, threatening the foreign policy of the United States. (…) The United States has zero tolerance for the depredations of the communist Cuban regime. » Le fait que des Américains, à savoir les Étatsuniens, se donnent pour les Américains est occulté. Se révèle qu’un tel étatsunien « deal » avec Cuba n’est que « to deal with the national emergency ». L’« Art of the Deal » concerne ses propres affaires et l’autre mis à sa main et sous sa botte. Trump empire la réduction à l’absurde face à la montée de l’aile socialiste des Démocrates aux États-Unis. McCarthysme devenu libertarien pour lequel tout ce qui diffère est menace communiste. C’est comme cela que l’Iran de Mossadegh, dénié en sa démocratie, a viré en dictature.
8 L’expression est de Peter Scowen, Le livre noir des États-Unis, Traduit de l’anglais par Pierre R. Desrosiers, Montréal (Québec), Les Éditions des Intouchables, 2002, p. 282. Même si « un Livre noir pourrait être écrit sur tous les pays de la planète » (p. 14), celui portant sur les États-Unis est exemplaire. Il est sidérant de constater jusqu’à quel point les États-Unis, d’un seul et même souffle, prêchent et trahissent la démocratie. Cette hypocrisie est si corrosive que démocratiquement autodestructrice. S’instaure un incessant « deux poids deux mesures » non seulement des États-Unis envers d’autres pays pour asseoir leur hégémonie panplanétaire mais au sein des États-Unis. Le bipartisme politique total n’y est que le véhicule d’opinions et de positions de groupes d’intérêts nationaux et locaux (p. 218). Le système électoral est d’autant dysfonctionnel que discriminatoire que tend à voler les élections, non seulement entre les représentants des deux partis, mais aux électeurs, dont le massif refus de droit de vote à maints Noirs et Hispaniques en 2000 et la résistance à tout autoexamen susceptible de traduire le malaise face à une telle injustice en effort (et donc en prix sociopolitique à payer) pour l’éradiquer. Tel est le problème : non seulement du même souffle, prêcher et trahir la démocratie, mais résister à tout autoexamen pourtant seul susceptible de permettre de s’assainir et s’en rectifier dès son idéation jusqu’en sa logique alors ainsi exprimée. Sinon sa pure idéologie cherche d’autant à se réifier partout qu’à inhiber, refouler et finalement trahir, mais en projetant et faisant accroire que c’est n’importe qui d’autre sauf soi-même (et tous ses adeptes) qui trahit ce qui est prêché. Bref, « Lorsque les États-Unis trahissent la démocratie au Nicaragua, au Chili, au Guatemala, en Iran, en Corée du Nord ou dans d’innombrables pays en voie de développement dirigés par des despotes brutaux qui s’attirent le soutien et l’armement américains au nom de l’anticommunisme ou de l’antiterrorisme, ils corrodent la notion même de démocratie à l’américaine comme mode de vie supérieur » (pp. 287-288).
9 Scowen, pp. 212-213. En Iran islamique, les États-Unis et Israël sont les Satans. Ce miroir spéculaire en termes mutuellement extérieurs l’un à l’autre ne saurait camoufler le miroir interne, tant la domination étatsunienne faite israélienne vers l’extérieur, ultimement l’Iran (avec Chine et Russie en arrière-fond), ne vaut que par sa propre classe dominante qui, elle, a été obsédée par le contrôle du pétrole saoudien (d’où lier les autres pays arabes et en normaliser la relation avec Israël). Or, Bush fils a été le premier à paraître le chef de fils des fondamentalistes protestants étatsuniens, lorsque les conservateurs religieux se sont transformés à travers lui (sans qu’il les en sollicite et s’offre tel à eux) en mouvement politique, ce que la mouvance MAGA n’avait pu obtenir sous Reagan (Achcar, 2002, 24 et 111, mais qui l’a obtenue sous Trump. S’éclaire la métonymique chaîne axiomachique par effet entonnoir faisant que la population ne s’aperçoit pas se fondre en sa classe dominante si axée sur son obsessive tendance dominatrice (quant au pétrole, voire au pétrodollar, via l’entente saoudienne, a fortiori en son expansion par Accords d’Abraham), au gré d’un abrutissement médiatique auquel d’autant se soumettre qu’en retenir se déployer extérieurement et s’occulter s’instaurer d’abord intérieurement.
10 « Il existe, dans le droit international, des dispositions claires sur les sanctions qui affectent de manière disproportionnée les populations civiles. L’Assemblée générale des Nations Unies vote chaque année depuis trente ans une résolution condamnant l’embargo américain contre Cuba. Le vote est typiquement de l’ordre de 187 contre 2. Les deux, les États-Unis et Israël. Le monde entier dit que c’est illégal. Washington s’en moque. (…) Et quand le réseau électrique s’effondre sous le poids de cet embargo que le monde entier condamne, le président américain ne propose pas de lever les sanctions. Il propose d’envahir. (…) La pression externe ne produit pas de transition démocratique. Elle produit soit de la résistance, soit du chaos. Jamais de la liberté. » https://www.msn.com/fr-ca/actualites/other/analyse-cuba-n-est-pas-le-venezuela-la-menace-de-prise-de-pouvoir-de-trump-entre-en-collision-avec-l-état-révolutionnaire-discipliné. L’auteur précise que ce chaos pourrait produire une crise humanitaire d’autant prononcée, non seulement sur l’île, mais aussi par éventuel débordement en exode massif vers les États-Unis trumpiens fort répressifs, car inaptes à s’assumer créer la crise. En juin, les cartes de crédit et le système bancaire sont attaqués. L’ONU va-t-elle les soutenir, créer une instance pour que le système financier échappe à cette juridiction extraterritoriale ?
11 Sous Justin Trudeau, Black Rock a conseillé la création de la Banque d’infrastructures. Mark Wiseman, ayant alors travaillé pour Black Rock, a aussi contribué à l’Initiative du siècle conseillée par McKinsey en vue de faire hausser l’immigration n’importe comment, surtout au Québec dont il se foutait, et sans aucunement tenir compte des conditions de possibilités réelles d’accueil (logement, école, hôpitaux, intégration municipale et provinciale, etc.) à créer pour y parvenir, au lieu de suscitar tous les dégâts alors causés par son incurie généralisée. Il est le nouvel ambassadeur du Canada à Washington et y a été nommé par Mark Carney, en vue de la révision de l’ACEUM. Black Rock: le plus important gestionnaire privé d’actifs au monde et un monstre financier aux tentacules planétaires. Contrairement à son discours à Davos appelant les puissances moyennes à s’unir face aux superpuissances, Mark Carney a fait du Canada (avec l’Australie) le(s) seul(s) pays à appuyer la guerre d’Israël et des États-Unis contre l’Iran pour des considérations purement domestiques, hors droit international interétatisé. Plus encore, l’incitation à s’aligner sur les minéraux critiques en vue de se militariser se double d’une semblable manière interne de faire quant aux dits grands projets d’intérêt national, par exemple le TGV Québec-Toronto qui, tout en ne faisant aucunement l’objet d’un projet concret auprès de la Banque d’infrastructure et d’évaluation du sol pour son trajet, force entre-temps les populations, municipalités et agriculteurs, en suspendant lois, règlements et acceptabilité sociale. Humain si individuel qu’individualiste et tronqué d’être social?
12 Et ce n’est que la pointe émergée de l’iceberg. Pour l’administration Trump, le financement public de la lutte contre le terrorisme intérieur est d’autant à diminuer, voire éventuellement supprimer, que tout terrorisme est censé n’être toujours plus qu’extérieur. À l’image de tous les messages lancés par la présidence Trump contre les migrants, les non-Blancs, etc., se préparent des instances (dont les leaders de Aryan Freedom Network, des enfants du Ku Klux Klan) pour être prêtes lorsque le temps de la violence, censée tout régler à l’intérieur du pays, éclatera plus pleinement. Trump aura sa milice armée prête et, comme à son habitude, il aura juste à désigner une cible sans avoir dit de l’attaquer pour que ça arrive, tout en faisant accroire n’y être pour rien. Le Temple trumpien en ses rituels.
13 « La réaction du président cubain Miguel Diaz-Canel a été immédiate et sans équivoque. Sur le réseau social X, il a fustigé l’initiative américaine. « Le petit sommet réactionnaire et néocolonial de Floride, convoqué par les États-Unis avec la participation de gouvernements de droite [d’Amérique latine, NDLR], engage ceux-ci à accepter l’usage létal de la force militaire américaine pour résoudre des problèmes internes, ainsi que pour assurer l’ordre et la tranquillité de leurs pays », a-t-il écrit. (…) Pour le dirigeant cubain, ce sommet « est une atteinte à la Proclamation de l’Amérique latine et des Caraïbes comme zone de paix », un texte qui avait été signé à La Havane en 2014. Il y voit aussi « une attaque contre les aspirations à l’intégration régionale et une manifestation de la volonté de se subordonner aux intérêts du puissant voisin du Nord sous les préceptes de la doctrine Monroe ». » https://www.msn.com/fr-ca/politique/gouvernement/sommet-en-floride-pourquoi-cuba-dénonce-un-acte-colonial-de-trump/ar-AA1XLz13. Trumpien chaos produisant tout l’inverse du rassemblement qu’il prétend unilatéralement forcer.
14 Comme maints pays, la posture canadienne serait assez trouble et s’inscrirait dans une longue tradition libérale trudeauiste devenue carneyiste, en promouvant un régime assez stable plutôt que la liberté de la population cubaine. Elle ferait y rechercher ses propres intérêts économiques (tourisme, entreprises canadiennes, etc.), là où ceux des États-Unis s’opèrent en sens inverse, dans tous les cas selon des géopolitiques guère soucieuses de la liberté ne s’y trouvant qu’en allant ailleurs, par exode/exil. Le Canada n’est pas le seul à adopter une telle posture qui s’est répandue internationalement et qui est un classique des chancelleries occidentales voilant leur complicité sous le vocable de la stabilité, là où l’intempestif étatsunien, surtout trumpien, ne peut s’en contenter. Jacques Provost propose plutôt une politique d’engagement conditionnel utilisant des leviers concrets et se portant dans diverses enceintes multilatérales, dont l’ONU. Voir https://www.msn.com/fr-ca/politique/gouvernement/analyse-cuba-et-le-canada-quand-la-stabilité-d-un-régime-vaut-plus-que-la-liberté-d-un-peuple/ar-AA1Xa5g7. Nancy Wright et John Winterdyck avancent une proposition semblable, en signalant que le silence cautionne un régime autoritaire, mais pas tant le cubain que l’étatsunien s’obsédant du cas cubain et commerçant avec d’autres régimes autoritaires, ce que conforte la tolérance routinière dont font preuve de nombreuses nations envers les interventions étatsuniennes à l’étranger, faute d’en contester la juridiction extraterritoriale sur leurs propres entreprises (par l’embargo). Voir https://policyoptions.irpp.org/fr/2026/02/canada-cuba-coercion/.
15 Tous les pays en cause ne définissent cette entente qu’à partir d’eux-mêmes: pour le Canada, l’ACEUM/CUSMA; pour le Mexique, T-MEC; pour les États-Unis, USMCA.
16 Pourquoi du Mexique au Canada? Ce pourrait être parce que le Mexique est encore plus dépendant des États-Unis que ne l’est le Canada dans leurs échanges avec les États-Unis.
17 Les États-Unis, bien avant, mais surtout depuis que trumpiens, peuvent dire y riposter, mais parlent-ils des subventions à leurs agriculteurs afin d’entraver toute concurrence par des pays dont c’est pourtant leur source première de revenu d’exportation?
18 Toyota est si bien implanté aux États-Unis qu’il poursuit l’administration Trump pour tarifs douaniers abusifs. S’y conjuguent des acteurs entrepreneuriaux locaux, dont Costco et Fedex. Plus tous les autres. La résultante réelle, jusqu’en l’interne, s’en problématise.
19 Pour un nihilisme divin, venant plutôt dudit Orient et s’exprimant par le nirvana, tout en faisant ressortir le contraste et l’entrechoc entre les deux nihilismes, voir Y. Morin, De l’humain à l’humaniste dans le monde, Paris, L’Harmattan, 2025.
20 Je reprends ce que Munz dit des fascias, mais en les faisant davantage paraître en vivifier jusqu’aux os, autant source produisant le sang (que le cœur fait circuler avec l’âme bibliquement dite en être véhiculée) qu’assise de l’ostéopathie. En effet, si les fascias est l’organe de tous les organes constituant l’organisme et comporte plus que tout autre une forte sensibilité (proprioceptive, intéroceptive, nociceptive…) d’où s’exprime l’état général du corps et qui covarie en circuit avec les tensions musculaires s’en trouvant en retour littéralement informées, cela s’exprime jusqu’en les os à sentir eux aussi tels, comme l’exprime la notion d’ostéopathie. Les exercices Munzfloor émergent au tournant du XXIe siècle, mais ne trouvent leur justification que depuis la reconnaissance mondiale des fascias par la science depuis 2018. Fascia Research Society, créé en 2020, en fait état.
21 Selon l’auteur, ils instaurent un automassage profond axé sur des mouvements spiralés s’équilibrant en rotation et contre-rotation et mettant d’autant en œuvre les chaînes musculaires croisées que ne s’en trouvant plus encarcanées, mais libérées de l’emprise autrement abusive des chaînes musculaires droites pour ne plus en faire que des moments de départ, de pause (marquant toute transition dans la suite de mouvements lents, isotoniques et ainsi segmentés du sein de leur sériation constituée en divers programmes bien autrement moteurs) et de retour. Non seulement les mouvements sont spiralés, mais l’ensemble de tout exercice advient selon un tel cercle automassant rendant autoprésent.
Cet automassage profond, rendant si corporellement présent à soi que du même coup aussi mieux présent au monde où mieux se situer, n’est pas sans me faire penser au cercle inhérent autant à la divine autoréflexivité forgeant le sens de soi qu’à son décalque en divine autocausalité (ou autocréation) qui, non se présume et se prouve en Dieu fait ressort d’autoinstrumentalisation occultant et supplantant d’emblée toute autoréflexivité comme chez Descartes, mais s’en dégage et s’éprouve analogiquement en l’âme qui ne l’aperçoit être en Dieu qu’à partir de ce qu’elle en a en elle-même selon Ficin, en tant que tout provient, subsiste et revient à Dieu. L’Esprit-Saint constitutif de Dieu condense avec l’autoréflexivité la forge du sens de soi et s’infuse en l’esprit au sein d’une âme autant enveloppant que partout présente au corps par un tel tact (auquel ne manquait que le mot fascia pour en souligner la profondeur de sous et jusqu’en la superficialité plus usuellement seule retenue et portée vers la seule apparence) comme son sens universel et ce, fort à l’image et à la ressemblance de Dieu, centre qui est partout et périphérie qui n’est nulle part, car créant ainsi le monde et s’y incarnant en faisant que l’humain, par une telle âme jusqu’en un tel corps, s’y trouve situé, d’abord en sa présence à soi en son lieu corporel constitutif propre si pour l’être autrement et mieux à son environnement. Jusqu’à son propre horizon visuel s’y départage sur la verticale le Ciel de la Terre, ce qui s’image jusqu’en sa propre verticalité du haut vers le bas, au risque d’y faire prévaloir ses chaînes musculaires droites plus aisément verticalement orientantes sur ses chaînes croisées n’étant plus horizontalement opérantes que tout du long sur toute cette même verticalité dès lors plutôt à considérer en ses divers états spiralés d’équilibre (si n’étant pas à leur tour figés en des figures torsadées, style baroque). D’ailleurs, certains en tirent une méditation non plus tant de pleine conscience que d’une telle présence à soi en son corps et au monde d’où elle se régénère et magnifie. J’en ai surtout considéré la teneur onirique sous-jacente à toute et quelque teneur métaphysique que ce soit, du fait que la raison ne se cultive en l’âme comme son intelligence propre qu’entre et de fantaisie (gardant au plus près du corps) à l’intellect (au plus près de Dieu). Or, la fantaisie est une imagination productrice et le cercle s’imageant en miroir est d’abord et avant toute la latéralité qui, du fait d’être si prononcée chez l’humain, n’est jamais intra-individuelle que d’emblée aussi interindividuelle et donc sociale, de sa physique jusqu’en sa politique, y compris jusqu’en son environnement, de géophysique en géopolitique. En surgissent des mises en tension entre gauche/droite jusqu’en divers sens les faisant s’orienter globalement vers la gauche (donc lévogyre) et vers la droite (donc dextrogyre) jusqu’au point d’en constituer divers états d’équilibre, ce qui n’est plus jamais énantiomorphique que d’emblée énantiodynamique, car générant des synchronies s’en diachronisant telles. Idem lorsque des couples se forment et a fortiori lorsque des familles s’en constituent en ne se synchronisant intergénérationnellement que se diachronisant telles. Etc. La biasymétrie entre les hémisphères cérébraux se déploie ainsi humainement, de jamais individuelle que d’emblée aussi sociale. Hormis le mot, cette biasymétrie semble constitutive de maints exercices Munzfloor, en créant une asymétrie entre les deux côtés du corps pour la faire jouer en s’amplifiant (de façon lente, isotonique, etc.) vers un côté, puis (en repassant par le centre et en inversant tout) par asymétrie à faire jouer et s’amplifier de l’autre côté. Voir (et pratiquer pour le sentir) le tout 1er exercice où c’est d’emblée évident dans Alexandre Munz, L’extraordinaire pouvoir des fascias en mouvement, Paris, Éditions Eyrolles, 2022. Surtout les hommes, souvent plus hypertoniques que les femmes, a fortiori les hyperlaxes.
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Problématique critériant le choix de ses représentants selon de telles doubles actions
2) Représentant issu de l’Europe

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