Banniere Yvan Morin

Corollaire #1: Consultation parlementaire, de juridique à sociale

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La consultation parlementaire, initiée par la CAQ, peut s’ouvrir à des instances de la société civile. Y avaient incité les deux principaux auteurs (Guillaume Rousseau et Sébastien Proulx) du projet de Constitution du Québec qui l’ont initialement élaboré pour l’Assemblée nationale. Elle pourrait pallier le principal défaut lui étant reproché (et qui l’a sans doute fait mourir au feuilleton en juin 2026), à savoir n’en débattre qu’à ce niveau restant uniquement juridique et à saveur politiquement orientée, par sa position de contrôle de tout le parlement jusqu’à l’élection à l’automne 2026. Pour s’assurer d’une plus large participation, certains voient une Assemblée constituante (dont Québec Solidaire y persistant en vue de l’élection de 2026). Cependant, le constitutionnaliste André Binette a souligné ses dérapages en d’autres pays, sans parler de tout ce qui du droit n’est pas nécessairement écrit et qu’il faut prendre en compte. La grande illusion est de penser que ce que l’on dit correspond pleinement au réel, alors qu’il s’emplit et véhicule tant de non-dits, a fortiori de non-écrits, l’en trouant jusqu’en ses références au réel. Les pires incompréhensions jaillissent des ressacs issus de tout ce qu’en fait rebondir le réel, comme autant de refoulés faisant retour et venant hanter, sur le mode de fantômes. Toute fantaisie (imagination productrice) est prise entre ses fantasmes faits désirs/craintes du réel et ses fantômes lui en revenant. L’imaginaire peut tant conditionner toute idéation jusqu’en sa logique que la faire s’enrayer, figer et braquer en idéologie. La communication est une chose délicate, a fortiori sa teneur mentale en toute pensée aux prises avec l’imaginaire sous-jacent jusqu’en le réel au moment d’en dire quoi que ce soit. Méconnaître ce fait, c’est risquer de faire des relations humaines, non plus ce par quoi s’enrichir, surtout si mutuellement, mais le lieu des pires crises et conflits. Sous cet angle, le principe de l’égalité femme et homme mérite une attention particulière pour ne pas l’en fossoyer alors que prétendant le promouvoir. Il faut en considérer au moins deux trames sociales majeures.

-Le principe de l’égalité femme et homme: deux trames sociales

a) Femme et avortement, sociodémographie, matricentrisme autochtone

Maintes femmes demandent de ne pas compromettre l’accès à l’avortement en tant que soin de santé en prêtant flanc, par une loi constitutionnelle supralégislative, à des contestations anti-pro-choix se disant pro-vie et n’acceptant d’autre vie sociale que rendue purement annexe et dérogatoire, à la façon de la Constitution canadienne trudeauiste. Une fois encore, on aperçoit l’écart entre l’hégémonie de l’anglicisante « common law » et le droit civiliste qui, en France, a permis à Simone Weil de faire prévaloir de façon tout au contraire universaliste le droit à l’avortement. Droit civiliste que le Québec véhicule aussi. De fait, l’idéologie trudeauiste ethnoracialiste enreligiosante est d’abord un patriarcat tronquant l’humain de sa teneur sociale au profit de sa teneur si individuelle qu’individualiste s’accordant d’emblée d’autant avec l’hégémonie de l’anglicisante « common law » que s’en collectivisant tel et oblitérant toute teneur d’emblée sociale universaliste. Là plus qu’ailleurs, on aperçoit pourquoi et en quoi le trudeauisme veut refuser au Québec toute autonomie plus qu’à toute autre Province au profit de son fédéralisme centralisateur, voire unitaire.

D’autre part, un sondage Léger illustre l’articulation inverse d’ensemble entre les Québécoises (se définissant d’abord femmes, puis conjointes et enfin mères) et les Canadiennes anglaises (d’abord mères, puis conjointes et enfin, femmes). Ceci affecte l’émergence et l’ampleur prises par un mouvement social féministe, le québécois étant « certainement celui qui a eu le plus de succès pour influencer les politiques publiques et lutter contre les inégalités: centres de la petite enfance, régime d’assurance parentale, équité salariale, perception obligatoire des pensions alimentaires, maintien du nom après le mariage, accès à l’avortement (le Québec représente à peine plus de 20% de la population canadienne, mais 50% des points d’accès à l’avortement de tout le pays s’y trouvent), sont toutes des mesures qui font du Québec un des États au monde où les inégalités hommes-femmes et les inégalités sociales sont les moins grandes2. La famille s’est remodelée en passant d’un patriarcat de rôles dits complémentaires et pourtant inégaux en fonction d’une paternité prévalante à une parentalité mettant d’emblée à égalité les conjoints jusqu’en leurs relations avec leurs enfants. L’État s’en redéfinit depuis une telle assise institutionnelle à la base de toutes les autres (dont l’école, le travail -donc l’économie- et la politique) et ce, en l’apercevant d’autant humaine que non pas tant seulement individuelle que d’emblée aussi sociale, de microsociale à macrosociale, à l’inverse de ce qu’en impose autrement la Constitution canadienne trudeauiste de droits et libertés si individuels qu’individualistes et jamais collectifs, a fortiori sociaux, qu’en clause annexe et dérogatoire d’où les manipuler toujours plus à rebours et à rebrousse-poil et les mettre en voie vers l’assimilation ultime du fait français s’en trouvant toujours plus dénier, voire renier. Vouloir faire se modeler les Québécoises sur les Canadiennes anglaises, au point d’inverser leurs priorités et tant écarter leur priorité d’être d’abord femme, via celle d’être conjointe, si pour être par ailleurs mère, au profit d’une pression les faisant plutôt d’abord mère, va directement contre l’égalité québécoise entre femmes et hommes, surtout si via le biais de la question de l’avortement en vue de la biaiser au point de la faire se plier à l’anglicisante « common law » d’où l’en contester au détriment d’un droit sociopolitique et juridique civiliste d’emblée universaliste3. Son contexte sociodémographique sociopolitiquement global du ratio natalité/mortalité est modulé par immigration/émigration et surtout par la distribution des pouvoirs visant sa gestion débattue entre le Fédéral et le Provincial dans le contexte panplanétaire d’une croissance populationnelle sociodémographique toujours plus sous pression par sa propre masse et source de pression environnementale technologiquement démultipliée problématisant lesdites chaînes d’approvisionnement au ressort de quelque capacité productive que ce soit et de quelque marché s’ensuivant et menant uniquement en bout de parcours à la consommation (se voulant d’autant instantanée que sous pression croissante du moment présent censé en être toujours plus marqué par l’urgence). On s’en aperçoit, le tout engage d’emblée les Devenirs constitutionnels canadien et québécois, mais les problématise en les contextualisant. Se révèle leur sens.

Il faut aussi garder à l’esprit le problème des croyances performatives, à savoir des croyances qui affectent nos décisions et actions autant personnelles que collectives, mais trop souvent sous la forme d’incitations perverses, au sens de provoquer l’effet inverse de celui affiché promu, voire de provoquer soi-même et si malgré soi cela soit-il ce qui est reproché à d’autres. Que l’on pense au trudeauisme prétendant parvenir à une croissance sociodémographique en cherchant à noyer et à déstructurer toute natalité propre par une immigration la submergeant et en disloquant tous les services (logement, etc.), faute d’y veiller aussi du même coup. René Lévesque résumait: le fédéral noie le Québec, le Québec enregistre la noyade. Cette manipulation fédérale éhontée désintégrant la composition sociale atteint d’abord, aussi et surtout tout humain en sa dimension sociale au profit du seul individu individualistement considéré et collectivisé tel. Une telle immigration est d’autant exogénément (fédéralement) massifiée et densifiée au besoin que faite arme d’attaque, à l’image de la trudeauiste Constitution de droits et libertés si individuels qu’individualistes avec toute teneur sociale annexe, dérogatoire et rendue plus aisément manipulable.

À l’inverse, un gouvernement peut vouloir agir sur la sociodémographie en privilégiant la natalité relativement à l’immigration. S’il se base sur ladite théorie du déficit informationnel, comme en Corée du Sud, il peut se faire accroire y remédier par une politique axée sur l’individu et investir pour financer des allocations familiales, procréations médicalement assistées, services de transports vers garderies en dehors des horaires d’écoles ou encore des primes aux entreprises proposant des solutions pour la garde des enfants, voire parfois à la naissance. Or, ce qui a eu le réel effet recherché a plutôt consisté en une intervention systémique socialement constructive consistant à investir dans le développement de lignes de train, dès qu’ayant identifié ce paramètre jusqu’alors ignoré: les difficultés de transport, une fois réglées, ont fait passer le temps de trajet des habitants de la banlieue travaillant au centre-ville de 80 minutes en moyenne à seulement 20 minutes, de sorte que cette meilleure condition de vie, elle, a contribué à l’accroissement des naissances4. Les injonctions paradoxales exigeant intentionnellement une chose et restant aveugles au lieu de s’ajuster aux conditions réelles de vie ont des effets limités, si ce n’est inverse à ceux recherchés, a fortiori si se faisant accroire qu’il s’agit d’une résistance au changement et qu’il faut le forcer, selon le même type d’effort tout aussi intentionnellement déconnecté de la réalité. Le vivier idéologique par excellence en jaillit lorsqu’en surgit un problème de cohérence systémique instaurant une dysharmonie « entre principe et action, entre discours et politique menée »5. L’illustre le fédéralisme bancal issu du trudeauisme, d’abord et avant tout ce qui s’en est constitutionnalisé d’autant sans et contre le Québec qu’en tronquant tout humain de façon si individuelle qu’individualiste que tout ce qui en est collectif, voire social, n’advient plus uniquement qu’en clause annexe et dérogatoire. Jusqu’à la « common law » est censée gruger de sa propre teneur si fortement jurisprudentielle, jusqu’au sein du Québec, le droit civiliste au contraire universaliste. Surtout si l’on considère que le cerveau humain est un organe dont les états biologiques sont corrélés avec un ressenti (affect, feeling en anglais) qui est communicable, par tout un chacun pouvant exposer ce qui s’en sent à autrui le lui demandant au point de le leur rendre concevable à tous deux et d’en être tant proprement aptes à affectivement pressentir et cognitivement prédire qu’à préparer à l’action. Surgit une heuristique qui peut sembler approximativement efficace, mais ne l’est véritablement que si s’éveillant plus pleinement à la réalité en s’y ajustant et s’y adaptant. Non en tronquant jusqu’à son éveil et en forçant depuis une idéation biaisée jusqu’en sa logique, donc par pure idéologie, jusqu’au réel à lui rendre conforme en le réifiant selon ce qui s’y prête et en en refoulant tout le reste.

Le tout s’effectue et varie selon cinq facteurs de vitalité non tant ethnolinguistique que sociolinguistique statut, sociodémographique densité, complétude institutionnelle, hiatus constitutionnel s’en trouvant ou non aménagé autant entre les Constitutions canadienne et québécoise qu’entre langue et éducation (selon et depuis l’article 93 de l’AANB de 1867)6 et enfin, la respective régulation ou non de la translation intergénérationnelle s’ensuivant en la société civile, dont différer le moment d’avoir des enfants pour s’assurer de conditions permettant que ce soit en français. Plus risque accru de rupture intergénérationnelle lors de la période critique des 15-35 ans faisant passer de la famille de provenance, via l’école, au travail et à la politique au ressort de quelque éventuelle nouvelle famille alors et seulement alors rendue viable et risque d’inversion la pyramide des âges si plus d’âgés que de plus jeunes parlent français, donc risque d’un vieillissement prématuré sociopolitiquement généré par assimilation linguistique, comme y tend encore l’ethnoracialisme enreligiosant trudeauiste par la Constitution canadienne de 1982. Faut-il rappeler que le taux de bilinguisme officiel ne se maintient au Canada que par sa croissance au Québec compensant sa décroissance dans le ROC ?

On s’en aperçoit: les cinq facteurs de la vitalité sociolinguistique sont nécessaires à toute opérationnalisation possible de quelque politique que ce soit, d’abord et avant tout constitutionnaliste, puisque le 4e facteur, à savoir le hiatus constitutionnel pancanadien ne perdurant qu’en se radicalisant de l’AANB de 1867 à la Constitution de 1982 encore fort prévalante en 2026, conditionne les trois premiers facteurs (autrement à risque d’être réduits de sociolinguistiques en ethnolinguistiques) et impacte directement le 5e, à savoir la façon dont se sociogénère et se cultive la société civile. Du moins, si la culture, dont sa transmission par l’éducation, en particulier scolaire, est aperçue et reconnue en sa teneur sociale s’intégrant plutôt que se faisant réduire et laminer par l’ethnoracial enreligiosant trudeauiste à partir d’humains tronqués d’être d’emblée sociaux au profit de leur seule teneur individuelle radicalisée en individualiste dite se collectiviser telle.

Sans parler de maints autres facteurs qui s’y intègrent et qui sont liés aux trajectoires de vie en leurs articulations aux institutions en cause (3e facteur) par lesquelles s’en sociogénèrent et s’en cultivent (sans indûment s’en ethnoracialiser à la façon trudeauiste): soif d’épanouissement personnel; conditions de vie, dont les conditions sociales faites aux individus (mais qu’ignore le trudeauisme) et les conditions économiques plus ou moins temporellement appropriées (le kairos grec, timing anglais, moment opportun se cernant de l’italien au français lors de la Renaissance, etc.) les en facilitant/contraignant d’autant; le temps plus ou moins allongé pour se trouver un travail stable. Surtout en tout début d’insertion sociale par le travail, ce qui touche fortement les jeunes et donc la tranche temporellement première des 15-35 ans (en plein milieu du lien intergénérationnel au sein du 5e facteur de vitalité sociolinguistique et si non bien étayé, menant à la rupture entre les plus jeunes et les plus âgés, donc en voie, ainsi de sociale à individuelle, vers l’assimilation).

Un autre point s’y ajoute: le sociosexoréférentiel extralinguistique pèse jusqu’en l’expression linguistique. Risque de l’occulter le bilinguisme officiel trudeauiste en présumant une symétrie pseudo-équivalente, alors que très souvent au contraire totalement inverse entre français et anglais. Au sens linguistique, l’article neutre anglais, autant défini qu’indéfini, s’impose au non neutre jusqu’en biologie, tout à l’inverse du français: the man/the woman, a man/a woman versus l’homme/la femme, un homme/une femme. L’anglais, porté à donner « gender » pour « sex » et en neutraliser la culture et l’assimiler à sa seule biologisation (male/female), n’a pas de système pour distinguer le genre linguistique, à savoir le masculin et le féminin, à partir de l’article, autant défini qu’indéfini, sauf s’il se fait plutôt adjectif, en est possessif et se personnalise: his wife/her husband versus sa femme/son mari, si ce ne sont his wife/her man versus sa femme/son homme. Archicrucial: en anglais, le neutre est au ressort du « gender », lequel s’en prétend d’autant uniquement socialement construit, à la fantaisie de tout un chacun ET selon l’autre des deux d’où le possessif le ressaisit tant d’emblée en son miroir, qu’il s’en trouve totalement déconnecté du sexe propre, dès lors censé s’en réifier et s’y conformer. L’inversion référentielle extralinguistique révèle la réalité surgir totalement en miroir entre anglais et français: l’anglais ne dit her wife, his husband ou her wife, his man que si le genre de la personne conjointe est inverse, dès le cisgenre jusqu’en LGBTQ+, ce qui est tout au contraire déjà inclus pour tous en les expressions françaises sans les changer, car l’adjectif possessif et l’article s’accordent habituellement en genre et en nombre avec le nom (substantif): tous peuvent dire et disent, en leur condition propre de vie et selon leur situation, sa femme, son homme. Sous l’adjectif possessif, le véritable enjeu est le sentiment d’appartenance ou non, à savoir le nomos ou l’anomie (surtout si au sens durkheimien), tissant ou non le lien social et ce, jusqu’en et en regard de tout ce qui peut s’y articuler par des articles défini ou indéfini, lesquels sont non neutres en français et au contraire neutres en anglais. Or, « quand j’utilise le genre comme variateur du contenu sémantique d’un mot (la cave/le cave), cette opération ne résulte en aucune façon d’une élaboration préalable de l’activité cognitive: elle est une possibilité inhérente au système du français » (…) « à partir d’un mécanisme dont personne n’est responsable »7. Possibilité absente dans le système linguistique de l’anglais… sauf en sa part possessive d’emblée extralinguistiquement seulement indirectement personnalisante selon le sexe, lequel n’est biologique (male/female) qu’en faisant du même coup confondre sa dimension sociale avec le genre (« gender »), là où le français persiste à accorder le possessif avec le substantif selon le genre linguistique chez toute personne, de quelque sexe soit-elle et dès lors libérée socialement jusqu’en sa pensée quant à tout genre extralinguistique, dès ledit cisgenre et a fortiori la mouvance LGBTQ+. Par exemple, il est possible de dire « sa femme » autant de la femme d’un couple hétérosexuel dit cisgenre que de toute femme d’un couple lesbien, d’où l’universalisme, là où l’anglais les y opposent par les respectifs « his wife » et « her wife », d’où l’individualisme, certes, mais on s’en aperçoit, tel que s’imposant depuis l’autre individu en cause, donc toujours indirectement. Les droits si individuels qu’individualistes anglais valent plus pour certains individus que pour d’autres. L’illustre l’inversion étatsunienne trumpienne réimposant les Tradwives en accord avec Project 2025 et à l’encontre de la sociogenrance autrement LGBTQ+ ayant cherché à s’en démarquer. Si l’anglais aliène le français, il lui faut l’atteindre en sa liberté mentale d’emblée sociale et universaliste. Tout s’effectue de la même façon que les droits individuels (mais inversement constitués à partir de l’autre individu) prévalant, en anglais, et que les droits d’emblée sociaux et civilistes jusqu’au point d’en être universalistes chez tout un chacun, si individuellement considéré puisse-t-il éventuellement être, en français.

Et Droits collectifs du Québec pourraient demander si c’est pour cette raison d’une pression extralinguistique jusqu’en la linguistique par laquelle devoir énoncer le juridique que la Cour suprême du Canada refuse d’entendre, non seulement la cause du rapatriement unilatéral de la Constitution canadienne sans et contre le Québec, voire en dénaturant la Constitution de 1867, mais aussi l’exigence de traduire ses anciens jugements entre et de la Constitution de l’AANB de 1867 à l’essor trudeauiste ayant mené aux langues officielles de 1969, d’où s’est forgée la Constitution de 1982. Éclaterait au grand jour le caractère fallacieux du bilinguisme officiel canadien trudeauiste et son arbitraire total face au français comme langue commune et officielle du Québec, mais surtout quant au déséquilibre trudeauiste des pouvoirs depuis l’exécutif jusqu’en le législatif et enfin, le juridique sous lequel encarcaner outrancièrement le fait français jusqu’en la société civile en l’y affligeant d’avoir à se battre toujours à rebours de ce qu’il y est, pour ne plus que l’y plier à l’idéologie ethnoracialiste enreligiosante trudeauiste si pervasive. S’y ajoute le déséquilibre fiscal qui augmente de façon artificielle et abusive le pouvoir fédéral de dépenser et qui empêche aussi du même coup les Provinces de financer adéquatement la croissance des coûts de leurs services publics8. Il serait crucial d’y porter une très grande attention en santé et éducation scolaire. Santé physique, biologique et mentale, si éminemment concernée par toute cette sociolinguistique différentielle et en grande partie si inversement opérante entre français et anglais, a fortiori selon les conditions de vie socialement en cause. Éducation scolaire, jusqu’en les programmes portant sur la culture, éminemment en cause, le sexe versus le genre et enfin, la citoyenneté, mais via le civil-donc la société civile, depuis le civique, par ces différences culturelles sociolinguistiquement mises en jeu auxquelles s’éveiller et dont chercher à favoriser la convergence culturelle, comme l’appelle Guillaume Rousseau9. Cerise sur le gâteau de l’abus de pouvoir, le Fédéral en tire par surcroît le prétexte de s’ingérer dans les compétences provinciales (car les rendant inaptes à s’exercer) et cherche à leur imposer des conditions en vue de rendre structurel et donc chronique cet abus de pouvoir, à la fois hypercentralisateur et générateur de dépendance. Il ne reste plus au Fédéral qu’à occulter le tout en déniant tout déséquilibre fiscal et a fortiori que c’est à l’image du déséquilibre des pouvoirs par l’exécutif noyautant le législatif jusqu’en le juridique d’où encarcaner la société civile, dès que francisante.

Enfin, le dialogue avec les peuples autochtones est d’autant important que leur matricentrisme (non matriarcat en lequel le patriarcat cherche à se décalquer) peut être très en affinité avec cette assise québécoise égalitaire entre les sexes. Il s’agit aussi de renouer avec sa propre histoire faisant que les Canadiens autrefois identiquement Français et pris sous le joug de la Conquête britannique s’en sont mis à tant effacer et oublier leur part autochtone qui était inhérente à leur métissage culturel avec les Autochtones et qui les a constitués pour ne pas en subir le même sort, au point d’insister « sur le prestige et la grandeur de leur caractère français, selon Delâge. Afin de réclamer à leurs conquérants le droit de conserver leur culture, ils montrent qu’ils se trouvent du côté de la civilisation, non celui de l’ensauvagement », ce pourquoi les Autochtones ont pu avoir eux aussi tendance à les désigner tous deux ensemble comme des « Blancs »10. S’y aperçoit comment les races se forgent non pas tant biologiquement que sociohistoriquement. Sauf si tout s’inverse, comme en la raciste Loi sur les Indiens ou le trudeauiste multiculturalisme ethnoracisant s’ethnoracialisant au point de se faire ethnoracisme s’avérant surtout ethnoracialiste, selon qui monopolise la capacité de ne plus faire se forger cette ethnoracisation que la redoubler de l’accusation d’ethnoracisme, surtout en méconnaissant des données aussi fondamentales que celle-ci ou que la distinction comparative entre origine (ethnique) et langue maternelle exemplifiée par Arès, ce qui mène à biaiser les faits et a fortiori leur lien avec les droits.

Soyons clairs: la notion de race n’a aucun fondement scientifique quant à la teneur biologique à laquelle les idéologues cherchent à faire accroire, mais uniquement quant à sa teneur de part en part sociale, voire sociohistorique, d’abord socioperceptive, du fait que nos cerveaux fonctionnement par comparaison et s’appuient donc sur des repères observables sans pour autant avoir à présumer jusqu’à préjuger ainsi ce qui les produit. Les idéologues poursuivent indûment depuis et par-delà ces simples repères socioperceptifs en classifications indues sur la base de tels préjugés appelés à se radicaliser au fur et à mesure que la racisation en question se fait racialisation, voire bascule de racisme en racialisme. Il est temps de se mesurer à l’idéologie principale qui est trudeauiste et qui est d’autant si asociale et anhistorique qu’inapte à prendre en compte de telles données de base, les plus factuelles, au ressort de quelque équilibre des pouvoirs, dont le droit en jaillissant. Ladite lutte des races et a fortiori des racismes et surtout racialismes (selon qui monopolise la forge racisante, et de là, du racisme à en tirer et à attribuer) est plutôt une lutte des cultures engageant d’emblée des nations, ce que cette idéologie tend à occulter.

b) Lutte culturelle d’autant sociohistorique que s’intégrant plutôt que se laminant en ethnoraciale au ressort de la nation

D’une part, il est crucial de travailler encore mieux sa notion de nation. Elle n’est pas seulement une « entité immatérielle composée de la conscience qu’a un peuple de lui-même, d’une langue et de la culture que ses membres partagent, ainsi que de la volonté de la maintenir »11. Certes, cette conception enrichit et précise sous cet angle la nécessaire prise de conscience qu’un peuple peut avoir de lui-même, que signalait déjà Bodin à la Renaissance, mais la volonté de la maintenir (en sa langue et sa culture communément partagées) exigent de se rendre jusqu’à la reconnaissance par un statut juridique, comme l’avait aussi signalé Bodin, voire, par un statut constitutionnel, car au fondement législatif de toute loi susceptible d’être en cause. Ainsi complétée, cette conception de la nation, on s’en aperçoit, est irréductible à la race. Et si elle peut avoir quelque dimension ethnique, c’est par la culture, mais attention, culture en tant que sociogénérée et donc apte à s’inclure plutôt que se faire laminer en et par l’ethnie, a fortiori l’ethnoracial qui fusionne et instaure une confusion totale d’autant de la culture avec la nature, en l’occurrence présumée biologique, que cette culture s’occulte elle-même en sa manière d’y procéder pour n’y paraître que naturelle. C’est pour cela que le fédéralisme trudeauiste est si bancal et biaise tant idéologiquement que vicie tout rapport entre principe et action, entre discours et politique menée. Le trudeauisme refuse de penser la nation, sauf ce qui peut s’en centraliser au fédéral et s’en présumer évident au point de ne pas en parler, surtout si en termes dudit bilinguisme officiel (abstraction faite de l’extralinguistique susceptible d’en révéler autant les fort culturelles manières de parler que les rapports en miroir entre français et anglais alors en cause, donc le biculturalisme qu’il a évacué du Rapport Laurendeau-Dunton), et autrement en attaquant et parasitant le Québec, s’il est nationaliste. Or, des Trudeau à Carney, le nationalisme albertain visant une autonomie axée sur l’énergie passe mieux. L’énergie, de source pétrolifère issue de la décomposition de vivants dinosauriens, est si naturelle, comme la race ! Des Trudeau à Carney, comme le pétrole, l’idéologie s’extraie et de là, se raffine (mais où et par qui ? aux États-Unis et par les Étatsuniens ? en Asie, de fait en ladite zone Indo-Pacifique vers laquelle se déplace le centre de gravité économique mondial et, pour ce faire, en forçant le passage à travers et malgré la Colombie-Britannique, a fortiori ses Autochtones, pour s’y rendre, sinon en se donnant façade d’y adhérer face aux difficultés qui feront en sorte de l’empêcher comme si sans y avoir contribué ?).

D’ailleurs, son ministère de la culture et identité canadiennes (plus langues officielles censées s’y intégrer), avec Parcs nationaux (et tout ce que peut autrement devenir la Nature, lors de son transfert à un ministère de l’environnement conçu pour privilégier une telle économie au détriment de l’écologie) et lieutenant du Québec vient de s’y buter et d’inciter Steven Guilbeault d’en démissionner (pour pouvoir continuer de se regarder dans un miroir et y apercevoir un double de lui-même lui ressemblant encore un tant soit peu). Ce n’est pas sans voir éclater son agglutinant refoulement en trois pièces distinctes relevant de trois ministères différents avec leurs logiques respectives en entonnoir toujours plus étroit. Notons en particulier le retour de Marc Miller qui a beau jeu de s’en tenir à sa seule nomination au ministère de l’identité et la culture canadiennes et de se déclarer tanné de parler du déclin du français au Québec qu’il a fini par reconnaître du bout des lèvres après l’avoir dénié. Il s’évite que ne resurgisse le fait qu’il a contribué à le faire se détériorer sous Justin Trudeau, par incurie totale, en particulier via une immigration déconnectée de la capacité d’accueil (logement, garderies, écoles, francisation, etc.) et donc, par là, des manières de vivre et de penser relevant de la culture qui est inhérente à la société civile et dont le français, langue commune et officielle du Québec, est partie prenante. Mark Carney, après l’avoir écarté, l’a choisi après la démission de Steven Guilbeault. Il perpétue l’idéologie trudeauiste, voire la radicalise en un tel sens de fabrique identitaire d’État, depuis le fédéral, avec conjointe ingénierie sociale dont ne surtout pas parler et tout au contraire à taire le plus possible et ce, pour mieux continuer à manipuler les manières de vivre et de penser qui sont culturellement inhérentes à la société civile et censées s’inclure le français. Faute de distinguer en la culture l’artistique subventionné par le fédéral et tout ce devenir social sous-jacent détérioré en ses manières de vivre et de penser, risque de s’occulter que cet artistique émerge de tout ce socioculturel sous-jacent et le met diversement en scène selon ce qu’il n’en représente qu’en s’y imposant à rebours et l’en manipulant idéologiquement via le levier subventionnaire axé sur la fabrique identitaire d’État, à savoir issue du fédéral, pour y parvenir.

S’y conjugue le problème des voraces plateformes numériques: Simon Jolin-Barrette, le ministre de la Justice du Québec, a semblé cibler l’un des enjeux en cherchant à mieux protéger les Québécois et en voulant obliger les plateformes numériques de mettre en évidence un bouton permettant de se désabonner et de ne plus les arnaquer en les hameçonnant par quelque façade initiale d’économies pour d’autant mieux leur imposer des coûts faramineux d’abonnement par la suite qu’instaurant un labyrinthe à travers lequel il devient difficile de s’en sortir. La notion de convergence culturelle préconisée par Guillaume Rousseau semble être mise en jeu. Ne faut-il pas autant la défendre que le projet de Constitution du Québec, surtout si le Conseil constitutionnel y est rendu quasi sénatorial comme proposé par le présent Dossier? Les deux semblent devoir être considérés ensemble pour progresser ensemble, au lieu de laisser l’une se faire miner et d’y entraîner l’autre. C’est constitutif (pour être constitutionnel) du troisième des trois axes de travail proposé pour le Conseil constitutionnel québécois.

L’idéologie trudeauiste axée sur l’ingénierie sociale, surtout si se conjuguant avec les voraces plateformes numériques, ne s’adresse à la culture qu’en l’occultant être sociogénérative, si elle n’est a contrario d’autant plus déstructurée et laminée que ne lui permettant plus de paraître que toujours plus multiculturellement multiethnoracialiste s’enreligiosant telle par fabrique identitaire d’État à imposer depuis le Fédéral. Il ne s’agit déjà plus d’un Ministry of Canadian Culture and Identity, mais of Canadian Identity and Culture. Or, si l’emprise de la stratégie économique énergétique pétrolifère sur la question environnementale a fini par rattraper Steven Guilbeault et le confronter avec l’exigence de pouvoir se regarder en son miroir et s’y reconnaître en son double, surtout si jusqu’en son rôle de lieutenant du Québec et en l’enjeu de la culture et la langue retombant en son idéologique ingénierie sociale trudeauiste en voie d’être carneyiste, ce n’est pas sans rappeler Le Canadien français et son double de Jean Bouthillette de 1972. Un grand symbole s’est cristallisé autour de Maurice Richard, tant « le Canadien de Montréal, propriété d’anglophones, a constamment voulu faire oublier aux partisans que cette équipe de sport et les joueurs francophones qui la composent symbolisaient une manifestation de la nation québécoise. Il a proposé un autre récit en échange: le Québec est semblable au reste du Canada. Bien que québécois, le Canadien de Montréal symbolise donc plutôt la nation canadienne »12, comme si la nation québécoise n’existait pas. Le tout est censé se répéter en maints autres champs culturels et identitaires pour entraver toute émancipation. L’anglicisante canadianization, décalquée en canadianisation et traductible en canadiennisation, relève d’un nationalisme économique qui voudrait bien s’éviter et même s’occulter être un nationalisme politique (d’où ledit Canada postnational trudeauiste fils) pour que le nationalisme canadien s’opère et se fasse valoir de façon toujours plus évidente jusqu’au cœur du nationalisme québécois. Un Ministry of Canadian Identity and Culture, surtout si sans faire resurgir les French Canada et English Canada exigeant plutôt un Canadian Ministry of Identity and Culture, à savoir un ministère canadien (français et anglais) des Identité et Culture, indique bien qu’il s’agit de ne laisser aucune porte ouverte à un correspondant ministère québécois de l’Identité et la Culture. Canadianiser plus que canadienniser ne peut être que jusque du Québec et ne saurait permettre de québéciser, si cherchant un tant soit peu à s’autonomiser, a fortiori s’en faire souverainiste, surtout face à un tel fédéralisme assimilationniste anglicisant. On y aperçoit non seulement le continuum protéiforme des formations politiques s’y distribuant, mais les rapports politiques de force les faisant s’en interfacer au fur et à mesure que s’en constituant.

L’hypercentralisation fédérale trudeauiste, surtout en se faisant carneyiste, se doit d’être d’abord identitaire, car l’identité est au cœur de toute culture et a fortiori de toute langue l’exprimant. Surgit ainsi plus explicitement la fabrique identitaire d’État si éminemment central, de fait centralisateur et fort unitaire par uniformisante homogénéisation (pourtant censée ne valoir que pour le Canada anglais selon la Constitution de 1867). L’individualiste « common law », ne faisant se collectiviser que tel à l’image de la Constitution de 1982 unilatéralement rapatriée avec l’appui du ROC sans et contre le Québec au ressort de l’ethnoracialisme enreligiosant se réclamant de Dieu, est son vecteur pour faire prévaloir, avec la suprématie d’un tel Dieu, la primauté d’un tel droit (biaisé en sa teneur de 1867 par celle de 1982), surtout face à toute cette tendance sociale (droit civiliste inclus) tendant à se laïciser qu’est le Québec. Au lieu que le fédéral persévère à creuser le hiatus constitutionnel, il serait temps qu’il l’aménage, voire s’engage à réparer tout ce qu’il a entre-temps détérioré.

D’autre part, comprenons bien que cet ethnoracialisme, exacerbé par le trudeauisme et s’étant imposé depuis le Canada anglicisant aux Canadiens français devenus Québécois jusqu’à modeler de façon colonialiste leur relation aux Autochtones, n’est aucunement une simple figure de style. Il s’agit bel et bien d’un enjeu existentiel faisant d’autant se mesurer jusqu’à l’inexistence qu’il s’inscrit dans la suite directe de la Conquête, de ses inaugurales formes les plus violentes et les plus brutales jusqu’à ce qui s’en est euphémisé et plus indirectement exercé depuis lors, au fur et à mesure que le droit du plus fort s’est doté d’une façade de force du droit (s’imposant de l’anglicisante « common law » pancanadienne au droit civiliste québécois): « Côté anglais, le général Wolfe ordonne en 1759 la mise à mort par scalp des Autochtones et des Canadiens qui auront été faits prisonniers. Les soldats français capturés, eux, doivent avoir la vie sauve. Dans ce conflit, Canadiens et Autochtones se battent vaillamment côte à côte pour protéger le territoire de l’envahisseur britannique »13. On peut ajouter ce point majeur: Vaudreuil a été le tout premier et dernier gouverneur canadien (Français né au Canada laurentien) de la Nouvelle-France et avait une nette tendance à opter pour les stratégies de guérilla des Canadiens (identiquement Français) et des Autochtones, là où Montcalm, à la tête de l’armée française, a tout au contraire prévalu et est allé perdre la bataille qu’il a voulue rangée à la façon européenne sur les plaines d’Abraham contre Wolfe. Bref, les Britanniques, Wolfe en tête, avaient bien compris que la victoire leur serait plus aisément acquise en éliminant les Autochtones et les Canadiens (si identitairement qu’identiquement Français à cette époque, je le rappelle) pour ne se battre que contre les seuls Français de France, surtout si ceux-ci s’entétaient à faire prévaloir leur seule façon eurofrançaise de s’y adonner comme Montcalm. C’est ce genre d’approche qui devrait être au cœur du Musée que François Legault veut créer. Et qui devrait figurer à la première place dans les livres d’histoire, car révélant les enjeux culturels fonciers, jusqu’en leurs métissages culturels, dont ceux avec les Autochtones comme chez ces Canadiens alors Français, dont on s’aperçoit bien qu’ils sont partie prenante du Canada laurentien, au cœur de la Nouvelle-France, et qu’ils sont totalement irréductibles aux Canadians (anglais) cherchant à faire en sorte que les Canadiens (autrement trop Français) n’en soient que les décalques, selon une inversion totale de leur origine même en ce qu’elle fût, est et sera, si parvenant un tant soit peu à s’actualiser en leur « Je me souviens ».

C’est simple, mais terriblement efficace il suffit d’occulter toute biasymétrie possible pour ne plus instaurer qu’une pseudo-symétrie d’autant apparemment réversibiliste que foncièrement fallacieuse par un soi-disant bilinguisme officiel (occultant totalement sa manière ne pouvant être que culturelle de parler au ressort de toute identité possible, si ce n’est en s’imposant par un ministère de l’Identité et la Culture canadiennes comme processus de fabrique identitaire d’État fédéralement imposé aux Provinces, d’abord et avant tout au Québec) au gré d’apparentes majorités (insinuées majoritaires ?), non française/anglaise, mais dite francophone au Québec et anglophone dans le ROC avec inverses minorités (insinuées minoritaires ?) correspondantes, selon la confusion la plus totale du statut (exigeant de reconnaître au contraire le Québec français minoritaire en un tel Canada) à oblitérer en et au profit de la seule densité numérique sociodémographique, elle-même laminée du nombre relatif en nombre absolu localement isolé et pesant telle jusqu’en les institutions. S’y biaisent totalement les trois premiers facteurs de la vitalité sociolinguistique au gré du hiatus constitutionnel implanté à la sauce de 1982, ce qui impacte tout devenir social possible depuis un vecteur si individuel qu’individualiste s’y poursuivant en ingénierie sociale, donc au gré des deux autres facteurs encore plus biaisés pour mieux biaiser (et ethnoraciser) ces trois premiers.

Rappelons un petit survol historique qui risque de s’en faire au contraire anhistoriciser en même temps et au fur et à mesure qu’asocialiser: après leur emprunt autochtone, les Canadiens étaient les Français d’Amérique, d’abord et avant tout du Nord, à travers laquelle ils irradiaient. Le Canada laurentien était le cœur de la Nouvelle-France et sa capitale était Québec, ce qui a définitivement été évacué lorsque la reine Victoria a choisi Ottawa comme capitale du Canada sur le point d’être, non plus laurentien, mais de l’AANB, de sorte que la ville de Québec ne pouvait plus y être la capitale que de la seule Province de Québec. Faut-il rappeler pourquoi la fête de la reine (Victoria) est devenue celle de Dollard-des-Ormeaux (surtout depuis Lionel Groulx et Henri Bourassa) et enfin, celle des Patriotes (seulement depuis le début du XXIe siècle, mais en rappelant ainsi le moment décisif qu’a été la Rébellion des Patriotes dont a jailli toute la tension elginienne de sous laquelle s’est poursuivie la tendance durhamienne dont tirer ses diverses figures, de conservatrice, sous Macdonald, à libérale, de Laurier aux Trudeau et Carney)? Cette Constitution de 1867 précise que le français ne se parle qu’aux Parlements d’Ottawa et de Québec. Les écoles y virent confessionnelles (d’abord et avant tout pour protéger la soi-disant minorité, uniquement démographique et tout au contraire et par le fait même, encore fort statutairement majoritaire anglaise au Québec), ce qui a perduré jusqu’à cet autre moment décisif en 1998-2000 les déconfessionnalisant pour les rendre linguistiques, non pas d’abord tant sous le bilinguisme officiel canadien trudeauiste de facto anglicisant que sous le français langue commune et officielle du Québec faisant s’articuler à sa propre façon les deux langues française et anglaise scolairement en cause (ce pourquoi le mémoire de Marc Ryan est si important). Le français est une langue constitutionnelle dès 1867, mais ne devient une langue officielle que sous Trudeau père qui l’adjoint à l’anglais partout statutairement majoritaire et, même si ne l’étant pas toujours sociodémographiquement au Canada, le met au ressort de son bilinguisme officiel jusqu’à s’imposer tel au Québec. Trudeau père d’autant reconstitutionnalise le tout à rebours et l’explicite pleinement tel, par son rapatriement unilatéral de la Constitution en 1982 selon des droits et libertés si individuels qu’individualistes et au mieux collectivisables tels, qu’avec tout ce qui ne peut plus en être bien autrement collectif si aperçu d’emblée social, mais renvoyé en clause annexe et dérogatoire. La « common law » ne peut donc qu’y prévaloir sur le droit civiliste alors si caractéristique qu’à confiner dans le seul Québec, voire tant la lui y imposer qu’y biffer le plus possible ce qui peut ainsi contribuer à en faire une société bien trop distincte et surtout apte à rappeler la sous-jacente Constitution de l’AANB de 1867, que celle de 1982 est censée siphonner et se résorber, encore et toujours sans et contre le Québec.

Or, une Constitution du Québec ne semble pouvoir émerger qu’en se donnant pour tâche, non seulement réactive et rétroactive à la Constitution de 1982, mais proactive, au point de le lui rappeler et donc de faire resurgir tout ce refoulé perdurant de sous le trudeauisme au moins par la Constitution de 1867, tout en faisant par surcroît prévaloir au moins au Québec avec son droit civiliste, d’abord, aussi et surtout sa société civile (selon les trois axes du mandat susceptible de doter son Conseil de la Constitution d’un statut quasi sénatorial). Le Canada de 1867 était encore composé de Français d’Amérique et de Britanniques d’Amérique, même si par-delà Durham et le Canada-Unis de 1840 (abolissant le français), le français a été rétabli (1842-1848) et a pu faire se partager l’identité du Canadien avec ces Britanniques à compter de LaFontaine. Il était encore question non pas tant de Canadiens français que de Canadiens-Français, ce qui rappelait que les Canadiens avaient été jusque-là les seuls Français. Pour se distinguer des Britanniques en train de se faire Canadians et clarifier les dénominations identitaires respectives, les premiers Canadiens se disent « Canadiens-Français French-Canadians ». Cette citation de Bock & Gervais est extraite de Benjamin Sulte, Histoire des Canadiens-Français, 1608-1840, volume VIII, Montréal, 1882-1884, p. 14214. Or, dans la préface du volume I, Sulte adopte une autre graphie et dit écrire l’histoire, non du Canada, mais des « Canadiens-français ». La prétention d’une uniformité, autant de langage que d’accent de la langue populaire (Sulte, volume VIII, p. 143), laisse donc entrevoir une limite dans l’écrit, du fait de cette disparité graphique, chez Sulte lui-même, car révélatrice du glissement s’effectuant du nominal vers l’adjectival, de Canadien-Français à Canadien-français, puis à finalement Canadien français (en attendant de n’être plus que francophone sous le bilinguisme officiel trudeauiste et de n’en être plus que Canadien bilingue face à un Canadian restant, lui, le plus souvent de part en part anglais et n’étant jamais anglophone que pour signifier sa traduction éventuelle en francophone, non seulement en Canadien francophone, mais jusqu’au sein du Québec, du Québécois, depuis les années 1960, en Québécois francophone, depuis les années 2000). Cette disparité graphique se retrouve déjà dans le rapport officiel des séances du Congrès de l’ACFÉO en 1910, alors que s’énonce l’Ontario canadien-français aussitôt dit Ontario français, sur le mode d’une provincialisante ontarionisation (ontoriennisation) du français censée d’autant s’effectuer selon celui de sa canadianisation (canadiennisation) que le foyer québécois du Canada français est en train de d’autant s’en faire laminer que le fait français pancanadien de s’y faire refouler à cette fin (conjointement aux dits Indiens en des Réserves, puis, dès l’enfance, en des pensionnats). Si l’on considère que cette disparité graphique dure au moins depuis 1882-1884, en particulier chez Sulte, et qu’elle se reconnaît encore en 1910, en l’ACFÉO naissante et elle-même à la source de l’Ontario français, il peut s’agir, non d’un simple événement éphémère, mais possiblement d’une tendance lourde qui perdure. On s’aperçoit aussi de la transformation linguistique qui se produit, lorsque le Français établi au pays se dit Canadien, puis se transforme en « Canadien-Français » (en regard du « Canadian ») et, enfin, transpose l’expression concurrente, mais moins fréquente, à savoir « Canadien-français », en « Canadien français », en accord avec l’usage actuel ayant rapproché, inscrit et même repris l’ascendance française (encore indiquée par « Français » écrit en majuscule dans « Canadien-Français ») depuis sa région proprement canadienne (d’où un tel « Canadien français »). De plus, en ayant bloqué pendant les trente ans suivant la Conquête tout lien des Canadiens, identitairement et identiquement Français, avec la France, puis en leur ayant imposé une immigration anglicisante massive issue du Royaume-Uni (regroupant Angleterre, Écosse et Irlande depuis 1801) en même temps qu’ayant accentué leur hémorragie vers les États-Unis pendant les années 1840-1930 (donc pendant Le siècle de Mgr Bourget), « les anglophones opposaient au Parisian French le French Canadian Patois, d’où le réflexe des Canadiens français de justifier leurs particularismes », voire leurs existences comme « Franco-canadiens », selon l’expression employée par Groulx. À moins de remonter à la saga de la suppression du français en le Canada-Uni durhamien (1840), puis son rétablissement (1842) doublé du gouvernement responsable de LaFontaine (1848-1851) à compter duquel l’identité du Canadien (Français né au pays, comme les Autochtones amérindiens avant eux) aurait pu être partagée avec les Anglais (commençant aussi à immigrer plus massivement, puis à naître au pays), mais non sans que la distinction entre Canadiens-Français et Canadiens-Anglais risque de passer d’autant de French Canadians en English Canadians que ceux-ci ne considèrent le tout que depuis eux seuls en tant que Canadians, dont tout autre n’est plus que la spécification, d’abord et avant tout de tels French Canadians, sinon leur traduction, à savoir Franco-canadiens (surtout si l’on est groulxien), aussi inversables en leur propre langue en Canadiens-Français, puis Canadiens français, voire une fois le bilinguisme constitutionnel (1867) fait bilinguisme officiel géré depuis le fédéral rapatriant aussi avec le ROC sans et contre le Québec la Constitution (1969-1982), en Canadiens francophones, alors qu’émergent les Québécois (années 1960) appelés à s’en faire Québécois francophones (années 2000). On aperçoit mieux la signification réelle du Statut de Westminster reconnaissant en 1931 une autonomie à son Dominion du Canada (qui, lui, s’est entre-temps fait accroire être devenu en 1867 une Fédération sous façade de Confédération, alors que perdurant à être si unitaire qu’hypercentalisateur et que les Provinces en tant qu’États fédérés, surtout le Québec, doivent incessamment s’y battre pour restaurer ne serait-ce qu’un semblant de Fédération). Après plusieurs décennies d’immigration loyaliste, irlandaise et écossaise, toutes d’allégeance britannique et surtout de langue anglaise distincte de l’étatsunienne (s’imposant aux Amériques), et une fois instauré l’Acte de l’Amérique du Nord Britannique, l’imaginaire va bon train et transparaît en particulier à travers les journaux de l’époque, puis aussi les films les rendant plus visuels, mais en restant muets, voire sourds-muets. Surtout, cet imaginaire se réintègre depuis le langage écrit (par ces journaux) et scénique (par ces films) jusqu’en l’oral, plus quotidien et prompt à s’intégrer en tout un chacun dans les sociétés de masse en train de se forger avec l’urbanisation… à laquelle participe moins rapidement les Canadiens français… en restant en quelque sorte davantage « sauvages » :

« Pour se distinguer des « Canadiens » d’origine française, l’appellation French Canadian a commencé à être utilisée dans les journaux de Toronto pour stigmatiser les Métis de l’Ouest qui voulaient protéger leurs territoires et pour susciter l’appui des « Canadians » (l’immigration d’origine écossaise, irlandaise et britannique). Au début du siècle dernier, l’appellation « French Canadian » avait toujours ce caractère dénigrant, comme le démontrent les films tournés à Hollywood à cette époque quand ils concernaient l’histoire du Canada. Les vilains étaient des French Canadians. (….) Quant aux Métis, toujours engendrés par des francophones, ils sont doublement dangereux puisqu’ils allient la sauvagerie des Indiens et celle des Canadiens français. » L’expression dénigrante a choqué les Canadiens d’origine française, mais pour se montrer solidaires des Métis et de Louis Riel ayant vécu à Montréal, ils endossèrent progressivement cette appellation après la pendaison de Louis Riel le 16 novembre 1885, et ce, jusque dans les années 1960, soit plus ou moins 75 ans. » (Canadiens français, Wikipedia)

Donc, depuis l’Ontario-Ouest qu’étaient les Prairies comme chasse gardée de l’Ontario, il y avait les Canadians s’avalant d’autant les Canadiens qui étaient autrefois les Français et il y avait les French Canadians faits d’autant leur décalque en Franco-canadiens qu’à traduire en Canadiens français. Or, c’est justement en réponse à cette affaire Louis Riel que le mouvement autonomiste émerge au Québec avec Mercier, lequel se découvre malgré tout de grandes affinités avec Mowat qui, en et depuis l’Ontario, lutte des décennies durant dans cette même perspective autonomiste provinciale à l’encontre du gouvernement fédéral hypercentralisateur de Macdonald. Toutefois, au fur et à mesure que le Canadian s’impose depuis le centre de gravité ontarien si prépondérant à l’échelle pancanadienne et s’y voile être proprement Ontarian, jusqu’au Fédéral s’aperçoit que sa capitale à Ottawa (à la frontière de la rivière Outaouais démarquant l’Ontario du Québec, d’abord Gatineau) est dans la même Province que Toronto comme capitale de l’Ontario. D’ailleurs, tout l’Ontario français suit ces divisions principales du Sud en regard de l’Est, en s’ajoutant le Nord, dont Sudbury ayant pu être un certain temps l’épicentre de la mouvance qui s’est dite Franco-Ontarienne, avant de se redéfinir en plus strictement francophone (dans la lignée du bilinguisme officiel canadien trudeauiste) et en déplacer jusqu’à son épicentre à Toronto sous l’égide de l’ACFÉO, puis ACFO y étant entre-temps devenue l’AFO, l’Assemblée de la Francophonie de l’Ontario. Tout comme l’épicentre de tout le Canada de part en part Français, devenu Canada français, ne s’est lui-même dit tant Québec que Québécois qu’en glissant à son tour de Québec français, si un tant soit peu francisant pour perdurer en tant que français, en Québec francophone. Comprenons bien que la redondance du Canadien, autrefois le Français, qu’énonce le Canadien français fait déjà se réduire l’identité proprement si culturelle que pansociale à partir de sa colonisation s’appropriant jusqu’à son nom, à savoir de Canadien en Canadian. Ne lui reste que « l’exotisme de sa langue » ne lui permettant plus de se dire Canadien que Canadien français et même pis, que Canadien francophone, renvoyant au Franco-canadien décalquant lui-même le French Canadian, ce qui n’est plus français, mais anglais: ça peut sonner français, mais est-ce encore en un sens français ? D’autant que, si l’anglais va davantage de la matière à l’esprit et donc du son au sens, le français, tout au contraire, va davantage de l’esprit à la matière et donc du sens au son et même a fortiori à l’écrit, car ramenant l’audible au visible et impliquant de là, que la vue elle aussi passe et se ramène du visible à l’intelligible d’emblée mental. Bref, même quand ça sonne français à l’oreille, ce ne peut l’être que si le sens préside à la production sonore, nullement l’inverse par lequel déjà s’angliciser et ce, à même le français. Bien noter ce ne sont pas des emprunts de mots à l’anglais pour les franciser ou même les intégrer tels quels en français qui font s’y assimiler, mais cette inversion phonosémique lors de leur usage à même tout échange interlocutoire, voire interscriptural. Par exemple, des échanges Franco-Québécois, donc entre la France et le Québec, sont-ils Franco-Canadiens au point de s’en trouver encarcanés à partir du Canadian leur imposant de n’en être que French Canadians, non comme tels, mais en ne pouvant en être que le décalque canadianisant plus que canadiennisant ? De même, sous Carney, non pas ministère canadien des identité et culture (qui pourraient être non moins françaises qu’anglaises en même temps que faire place et s’articuler avec un correspondant ministère québécois des identité et culture), mais ministère des identité et culture canadiennes, as canadians, et où y fondre les langues officielles, en français et donc avec dimension sociale inhérente à la notion de langue et pourtant renvoyée en clause annexe et dérogatoire de la Constitution de 1982, comme de correspondants décalques des anglicisants official languages. Quand sera prise en compte la manière, d’emblée fort culturelle et identitaire, de parler jusqu’en ledit bilinguisme officiel, surtout que redoublant, par le nom même du ministère correspondant, l’emprise officielle, autant culturelle qu’identitaire, sur ce bilinguisme? Et a fortiori jusqu’en le français comme langue commune et officielle du Québec risquant autrement d’y prêter flanc, faute de bien distinguer la culture d’emblée socialement générée et rendue apte à s’intégrer l’ethnoracial, plutôt que de s’y faire laminer en particulier à travers une immigration d’autant contrôlée et soi-disant multiculturelle depuis le Fédéral que sous façade pseudo-bilingue (car bilingue non pas tant pour les Anglais que pour les Français et, chez les autres, le plus souvent par leur propre langue d’origine tierce, les deux en voie d’anglicisation), en regard de la culture artistique susceptible autant d’y puiser que de la représenter?

Pour sortir de la rhétorique hypercentralisatrice et assimilationniste fédérale, pourquoi ne pas distinguer en la population québécoise les gens de souche, certes, mais de souche ancienne et de souche plus ou moins récente, à savoir immigrante, voire, comme en cette émission s’intitulant Immigrants de souche, consistant à aller rencontrer des immigrants établis en région et y prenant donc racine au point de constituer une souche d’où une lignée peut émerger et alimenter la double naissance faite nature et nation? Et pourquoi certains immigrants ont embarqué dans la mouvance souverainiste ou à tout le moins autonomiste, là où d’autres se sont plutôt alignés sur la litanie fédéraliste ? Sans parler de tout ce qui a pu en resurgir à travers les propos de Paul Saint-Pierre Plamondon (PSPP) réajustant ce qu’il a pu initialement dire du milieu culturel artistique, lors de la nomination de Marc Miller au dit ministère Identité et Culture canadiennes, à Tout le monde en parle le 7 décembre 2025, mais en s’étonnant à quel point ceux qui s’adressaient à PSPP étaient peu éveillés à tous les points qu’il soulevait et ce, même quand il leur répondait et le leur explicitait. Le tout rejoint grandement les grandes lignes du petit livre, à la fois publié par Joseph Facal pour rendre compte de l’étranglement fiscal et autre pratiques par le gouvernement fédéral suite au référendum de 1995 et résumés dans son article sur « Les vérités dérangeantes de PSPP » paru dans le Journal de Montréal? Cela ne mériterait-il pas aussi d’être examiné de plus près ? Je ne suis pas certain que des immigrants souverainistes ou à tout le moins autonomistes, s’ils s’affichent tels et signalent examiner tels les enjeux en question, aient vraiment conscience de la portée que leur voix peut avoir pour faire réévaluer toute la question migratoire et la façon même de pouvoir en parler jusqu’en la tension entre le Fédéral et le Québec, surtout sur la place publique. Toutefois, même s’il peut y avoir un mouvement d’Immigrants souverainistes ou à tout le moins autonomistes, les obstacles sont les mêmes, voire pires qu’en la culture artistique, si y voilant de la même façon la culture, mais d’autant d’emblée sociale que sociogénérative (en s’intégrant versus se laminant en ethnoraciale si pour parvenir à quelque convergence culturelle que ce soit ?). Il arrive que la culture sociopolitique mise en jeu ne le soit surtout pas directement, mais indirectement, via un nationalisme politique s’occultant en nationalisme économique et a fortiori subventionnaire, seul plus évidemment opérant et ailleurs que sur la place publique, car plus privément, dans quelque recoin où ne pas trop paraître: non seulement couper toute subvention susceptible de l’aider, faute de s’aligner sur l’idéologie fédérale, a fortiori si ce mouvement d’immigrants souverainistes ou à tout le moins autonomistes est laïc, car aussi à risque de ne pouvoir prétendre à des statuts d’OSBL ou OBE auprès de l’Agence de Revenu du Canada (sous prétexte que ce ne serait pas culturel et éducatif, mais politique… tant que non-fédéraliste !), alors que les religions, elles, y ont droit. Imaginez ce que ça donne, lorsque s’y ajoute la question de la laïcité québécoise ou le standard encore plus « deux poids, deux measures » issu du Code criminel canadien tardant à modifier son exemption religieuse quand des propos haineux sont tenus ! Tout devient encore plus unilatéral en cumulant toutes les pressions dans un seul et même sens, depuis le Fédéral jusqu’en et à l’encontre du Québec, surtout si des mouvements sociaux inconscients s’y conjuguent sans aucunement s’interroger au moment de vouloir réimposer telle ou telle religion, par exemple la catholique dans les écoles, sans s’apercevoir y ouvrir une brèche à toutes les autres religions et ce, toutes ensemble contre la laïcité, avec propos haineux d’autant unilatéralement opérants et, par surcroît, pistonner par le Fédéral en attente de la moindre fort enreligiosante occasion ethnoracialiste, à savoir de monopole de pouvoir accuser d’ethnoracisme, surtout quand il s’agit du Québec ! Faute de s’apercevoir que le Fédéral ne se soucie guère de régler les questions ethnoracistes, surtout les plus enreligiosées, mais uniquement d’en tirer des vecteurs pour mieux s’imposer et hypercentaliser, a fortiori quand il s’agit du Québec, y a-t-il quelque conscience en ces groupes que ce qu’ils réclament n’est pas tant pour eux-mêmes que pour cette aliénation toujours plus extérieurement imposée, sans plus jamais rien en penser par eux-mêmes ? De plus, le coup de massue peut d’autant être percutant que porté sur des immigrants à statut temporaire (avec fallacieuse promesse que cela mènerait à la résidence permanente) ou très nouvellement arrivés (par exemple comme juste avant le référendum de 1995) à des fins fort uniquement politiques et partisanes plutôt que selon un processus clair, à savoir une demande en une seule étape avant et si pour pouvoir arriver et ce, en sachant que c’est pour la résidence permanente et en s’intégrant à une culture socialement en cause et de l’État en émergeant, en l’occurrence de l’État québécois, si sans manipulation fédérale exogène indue.

Bref, si l’État fédéral cherche à créer autant de précarités, c’est pour créer des dépendances à exploiter à son propre profit et en déstructurant d’autant, avec l’État québécois, la culture, si québécoise, et ce, de sociale (elle-même de souche, présumée ancienne, pour d’autant la déconnecter et l’ethnoracialiser jusqu’à l’ethnoracialisme permettant de la traiter d’ethnoraciste que l’opposer à récente, à savoir immigrante, d’où la manipuler) à artistique. Surtout si l’État québécois s’y prête, en particulier dans le cas des immigrants à statut temporaire avec fausse représentation quant à la suite faite illusion de mener à la résidence permanente. Enfin, des dysfonctionnements chroniques tardent à être abordés et réglés depuis des décennies, dont le cas de médecins immigrants ayant franchi toutes les étapes pour exercer, sauf celle qui permet de les bloquer en les empêchant de se trouver un internat reconnu pour compléter et activer le passage à la pratique, le tout alors que le système médical québécois est dit manquer de médecins. S’agit-il, par emprise corporatiste, de limiter le nombre de médecins pour créer une rareté les rendant d’autant indispensables et aptes à contrôler tout le système médical, jusqu’en les négociations avec le gouvernement québécois pouvant d’autant être amené à plier, mais non sans hypothéquer toujours plus le budget entier de la Province s’en trouvant toujours plus accaparer au détriment de tout le reste, en plus de contrôler le diagnostic au point de départ de toute la chaîne de soins possibles dans tout le réseau ? Patients soignés ou au contraire fantaisistement dichotomisés par contrôle corporatiste entre captifs et autrement exclus? A fortiori si le tout se double d’un discrédit du système public au profit d’une part élargie du système privé comme si tout s’y résoudrait par magie, sans peut-être trop s’apercevoir que ce libéralisme croissant va quelque peu dans le sens du libéralisme géopoliticoéconomique s’imposant depuis Ottawa, si ne virant en libertarisme étatsunien, au fur et à mesure que l’individu toujours plus stricto sensu individualiste ne fait, en tout humain et de lui-même jusqu’en tout autre, du social que son annexe toujours quelque peu dérogatoire. De même, pourquoi le gouvernement de la CAQ, favorise-t-il les garderies privées et leur devenir néolibéral ou libertarien plus aléatoire, plutôt que publiques, pourtant mieux socialement intégratrices et solidairement propices, au point qu’elles sont sur le point de prédominer ? Ne s’aperçoit-il pas qu’il se contredit en tronquant la Constitution du Québec de la sous-jacente convergence culturelle susceptible de l’étayer et de s’intégrer comme le troisième des trois axes ici proposés pour le Conseil Constitutionnel? Jusqu’au point de faire des garderies (issues de Froebel) des « nursery » anglicisantes axées sur la seule fantaisie si individuelle que présumée toujours déjà individualiste, au point que toute autre culture ne puisse plus qu’en être réductible à son folklore, le tout étant appelé à remonter et se généraliser de l’enfance à l’état adulte ? Jusqu’où cela va-t-il aller? Sans parler que, comme commence à le décrier certains articles de la presse courante, cela s’inscrit dans le même pattern que Carney avec qui et de la même façon reproduire le trumpisme au sein du Canada et en l’occurrence, du Québec ? Questions scandaleuses ? Comme toutes les autres, elles exigent d’engager une plus saine conception de la culture d’emblée sociale jusqu’en l’ethnoraciale (s’y intégrant ?), autant nataliste et migratoire (en une idée de nation émergente plutôt que présumée ?) que médicale et éducative (pesant si lourdement en tout budget provincial et a fortiori si relativement à tout le reste en un projet de société dûment mieux cerné). De culture d’emblée sociale plutôt que seulement artistique, elles tendent à être sociopolitiquement étouffées pour qu’elles ne puissent surgir. Le problème n’est pas issu que du fédéral sans, contre et jusqu’au sein du Québec, mais en partie au sein du Québec, par ce qui y prête flanc.

Si elle perdure selon le même modèle ayant jusqu’à présent prévalu, la confrontation sempiternelle, entre Fédéralistes et Souverainistes dont la CAQ a émergé et en lesquels elle risque de refluer et se dissoudre au moins en partie lors de l’élection de 2026, ne me semble pas pouvoir être remise en question en sa façon (fort culturelle, mais sociopolitique bien avant qu’artistique) de s’instaurer. Le Fédéral a réussi jusqu’à présent à la faire pencher en sa faveur. Du moins, tant que cette interface migrante n’est pas mieux articulée avec la sociodémographie des naissances/mortalités, jusqu’à travers les institutions, de la famille à l’école, au travail, en politique… et a fortiori toutes celles du milieu culturel autrement poursuivi, plutôt qu’occulté et résorbé de social en artistique. D’où l’importance d’une distinction comme celle relative à la population de souche… récente relativement à ancienne. Sinon ne subsiste que ledit de souche confondu et assimilé à souche toujours uniquement sous-entendue ancienne, ce qui est du petit pain béni pour l’idéologie trudeauiste ethnoracialiste (s’octroyant le monopole de l’accusation d’ethnoracisme en même temps que d’ingénierie manipulant le social par l’ethnoracial en son sens multiculturel toujours plus mosaïque plutôt qu’en convergence, surtout si québécoise). Quant à la série télévisuelle s’intitulant « Immigrants de souche », déborder son simple humour par cette bien plus explicite distinction permet de perlaborer bien davantage jusqu’à la culture qui s’en sociogénère en s’intégrant plutôt que se laminant en ethnoraciale. Me semble cruellement manquer certaines interfaces à mieux expliciter et surtout, rendre opérantes.


1 Ces deux dialectiques inverses mises sous tension mutuelle par anamnèse dialogique se mesurent à toute amnésie risquant de contrer l’exigence du « Je me souviens », selon De l’humain à l’humaniste dans le monde d’où ont été examinés les Devenirs constitutionnels canadien et québécois. L’anamnèse dialogique se poursuit de la conscience jusqu’en la pensée en émergeant et à la fois l’impulse et l’incite à l’autorégulation.

2 M. Pednaud-Jobin, https://www.lapresse.ca/dialogue/chroniques/2024-03-07/les-quebecoises.php. À distinguer des odieuses stérilisations imposées à des Autochtones.

3 Ce genre de violence atteint avec les priorités existentielles jusqu’aux valeurs entre les groupes socioculturels s’en exprimant sociolinguistiquement. Elle se distingue de la violence physique, virant mentale et visant à instrumentaliser les droits des femmes et à hiérarchiser les droits à l’encontre de la Charte québécoise des droits et libertés de la personne, tant, surtout auprès des plus vulnérables, l’impression faite par le projet de Constitution québécoise en son état actuel est forte que ce soit une volonté de limiter le pouvoir de la société civile et le pouvoir judiciaire au profit des pouvoirs législatif et exécutif. S’en inquiète profondément le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale en son Mémoire présenté en novembre 2025. Le présent texte vise à se mesurer et régler du mieux possible ce genre de difficultés majeures et ce, par ses deux recommandations axées sur un Conseil constitutionnel, mais doter d’un statut quasi sénatorial et mandaté selon trois axes majeurs de travail afin d’en être apte à lénifier ces relations de pouvoir et les ancrer en celui de la société civile et le lui reconnaître d’emblée.

4 Albert Moukheiber, Neuromania. Le vrai du faux sur votre cerveau, Paris, Allary Éditions, 2024, pp. 233-234. Le PWASP nord-américain libéral et libertarien y achoppe.

5 Moukheiber, p. 238. Dont l’idéologie PWASP libérale et libertarienne nord-américaine.

6 Rappelons-le: langue et éducation scolaire se distribuent entre juridictions respectivement fédérale et provinciale hors Québec par un hiatus constitutionnel datant de 1867, ce pourquoi Trudeau père a dû s’entendre avec les Provinces du ROC lors de son rapatriement unilatéral de la Constitution en 1982, sans et contre le Québec qui seul, lui, est censé pouvoir faire coïncider d’emblée langue et éducation, dès la Constitution de 1867 et, par-delà les incessants antagonismes depuis les années 1960, a fini par s’entendre avec le fédéral à cette fin en 1998-2000 pour rendre ses écoles linguistiques et non plus confessionnelles, comme cela a entre-temps prévalu lors du siècle de Mgr Bourget depuis 1840. En principe, car la question de la laïcité rebondit. Toutefois, c’est à n’y rien comprendre que de ne pas avoir tout cet arrière-fond à l’esprit. Bref, le tout est censé, au Québec, échapper à l’homogénéisation anglicisante prévalant (sauf intervention fédérale exogène) hors Québec, comme son droit civiliste à la common law, etc. Si le Québec au sein du Canada parvient à s’y émanciper, sinon il lui faut s’en émanciper pour cesser de s’en faire coloniser et aliéner avec pression inverse par le fédéral y persévérant d’autant.

7 Jean Marcel, Le joual de Troie, Montréal, Éditions du jour, 1975, pp. 94-95.

8 Mémoire citoyen, Une fédération déséquilibrée, par Olivier Jacques, professeur adjoint à l’école de santé publique de l’Université de Montréal, août 2024. En particulier, le Fédéral, engrangeant pour lui-même les milliards, n’a pas suivi les recommandations du Rapport de la Commission Séguin (2002) pour régler le problème du déséquilibre fiscal et en a acculé les Provinces à l’endettement. Tout le reste s’ensuit. Même s’il y avait quelque bonne volonté, les deux principales solutions comportent leurs difficultés : l’approche néolibérale conservatrice, diminuant la taille de l’État fédéral et ses impôts, maximise l’autonomie des provinces, mais augmente les inégalités entre elles en ayant à régler leur propre déséquilibre fiscal en augmentant d’elles-mêmes leurs propres impôts (ce qui n’est jamais électoralement populaire), tandis que la solution sociale-démocrate prêtée au gouvernement Trudeau de l’époque vise à augmenter les transferts fédéraux, quitte à imposer des normes nationales pour assurer l’égalité entre les provinces, mais ne réduit les inégalités entre les provinces qu’au détriment de leur autonomie, sauf que les transferts fédéraux peuvent être facilement réduits et que les services provinciaux ne le peuvent guère. Les partis politiques devraient s’intégrer les deux perspectives et il y devrait y avoir coopération (ce qui est difficile) entre les deux paliers gouvernementaux pour gouverner le fédéralisme fiscal de façon plus équilibrée. L’auteur privilégie un gouvernement fédéral baissant les impôts et incite le Québec, s’il fait cavalier seul, d’opter pour une hausse de taxe de vente pour financer ses services. Toutefois, il faut ajouter que toute taxation occulte les inégalités de pouvoir d’achat, là où tout impôt, selon qu’il se gradue ou non selon les revenus et donc la richesse, respectivement permet une redistribution lénifiant les inégalités ou tout à l’inverse, creuse à la source les inégalités, surtout si se conjuguant avec des politiques facilitant les évasions fiscales des plus riches et alourdissant d’autant la charge fiscale imposée (avec l’impôt en question, d’autant accru) aux moins riches. Comme le souligne le Mémoire citoyen de Pierre Sénécal, Pour une constitution du Québec moderne, p. 3, la gestion intégrée permettant au Québec de recueillir à la fois la TVQ provinciale et la TPS fédérale « réduit les formalités pour les entreprises tout en assurant un contrôle fiscal accru. Il devrait en être de même pour la collecte de l’impôt sur les particuliers et les entreprises situé sur le territoire québécois ». S’ensuivrait la création d’un fonds souverain, comme en Norvège, ce qui augmenterait la résilience économique. S’ensuivrait aussi la révision, avec celle de l’exemption religieuse en droit criminel canadien au détriment de la laïcité lors de propos haineux, etc., des privilèges fiscaux s’accordant aux OSBL et autres en cause. Sans parler de l’exigence pour que le Fédéral démontre son efficacité en ses propres juridictions, a fortiori s’il persiste à empiéter et s’ingérer au point d’amoindrir l’efficacité des Provinces en les leurs.

9 Le Mémoire de Marc J. Ryan fait ressortir la duplicité de la mise en œuvre de l’article 23 de la Constitution de 1982 imposant, depuis le Fédéral et les autres Provinces (en étant dispensées), au Québec des coûts additionnels, ce qui exigerait d’amender l’article 59 l’en conditionnant et favorisant la ségrégation linguistique dans les écoles. Ce coût découle d’une préalable entorse juridique constitutionnalisée en 1982: « L’article 23 n’est pas une transposition dans la Charte canadienne d’un droit fondamental reconnu en droit international. Et ce droit linguistique des anglophones au Québec n’a jamais fait partie de la constitution canadienne avant l’adoption de l’article 23. La cour suprême elle-même a reconnu le caractère atypique de l’article 23 dans son jugement anonyme rendu par La Cour ». Une fois encore, la Constitution de 1982 biaise et parasite d’autant la Constitution de 1867 et la biasymétrie y germant que sans et contre le Québec en lui imposant une indue homogénéisation qui n’était censée valoir que pour le Canada anglais. L’arbitraire et la connivence trudeauiste avec le ROC contre le Québec s’y révèle: « Le gouvernement P.E. Trudeau avait visiblement décidé, en réaction au lobby anglophone en 1977 contre la Loi 101, de faire entorse à cette règle et d’accorder en 1982 dans la Charte un traitement spécial aux anglophones du Québec, alors que les anglophones sont dans la majorité au Canada. » Le gouvernement Trudeau s’en est fait cautionné par le Royaume-Uni, d’où le fameux article 59 modulant cet article 23. La seule légitimité en est impérialiste : l’abusive uniformisation pancanadienne trudeauiste minait le fait que « avant l’article 23, le Québec avait plein pouvoir pour réglementer le réseau scolaire anglophone, au même titre que le réseau francophone ». La Cour Suprême s’est mise à biaiser encore davantage l’article 23 et à accélérer l’assimilation linguistique. Comment ne pas y voir tout le déséquilibre trudeauiste des pouvoirs: de l’exécutif noyautat le législatif jusqu’au plus supralégislatif et constitutionnel et s’en faisant magnifié par la Cour Suprême et toute la chaîne juridique y aboutissant, jusqu’à encarcaner et peser ostensiblement sur la société civile québécoise. La Cour Suprême ne veut donc pas entendre la cause du rapatriement unilatéral de la Constitution en 1982, ce qui a fait se regrouper trois organismes québécois portant cette cause à l’ONU: l’instance juridique suprême assurant la légalité, au contraire cautionne l’illégalité sous façade de légalité. Son arbitraire et flou « concept de valeurs de la Charte est d’autant plus dangereux que le texte de l’article 23 de la Charte imposé par le Canada n’est pas soumis aux pouvoirs des provinces, en l’occurrence du Québec, en vertu de la clause dérogatoire prévue à l’article 33 de la Charte ». Des Trudeau à Carney, il est donc possible de chercher à toujours plus tronquer la clause dérogatoire, surtout contre les lois québécoises, par un biais systémique structuralement opérant d’où assurer le refoulement incessant. Une fois encore s’ensuivent les biais jusqu’en Statistiques Canada: les faits biaisés confortent les droits biaisés. L’idéologie trudeauiste parvient à réifier le réel pour se le rendre conforme et refouler le reste, à l’encontre de l’articulation sociolinguistique scolaire des anglophones avec le fait français québécois dont Marc J. Ryan indique pourtant diverses voies. Enfin, on comprend mieux ce que Trudeau père massacrait du Rapport Laurendeau-Dunton pour le tronquer du biculturalisme au profit du seul bilinguisme foncièrement biaisé, faute de toute convergence culturelle et d’abord de la sous-jacente biasymétrie s’en opérant en miroir et ne pouvant être qu’énantiodynamique.

10 Emmanuel Lapierre, Le duel culturel des nations, Gatineau (Québec), Éditions du Boréal, 2023, p. 136.

11 Lapierre, 2023, p. 88.

12 Lapierre, ibidem, p. 190.

13 Emmanuel Lapierre, Le duel culturel des nations, Gatineau (Québec), Éditions du Boréal, 2023, p. 136.

14 M. Bock & G. Gervais. L’Ontario français. Des Pays-d’en-Haut à nos jours. Ottawa: CFORP, 2004, p. 97.

15 En la culture, le social n’est plus tant fédéralement réductible et assimilable à l’ethnoracial, mais se l’intègre plutôt que s’y désintègre, en particulier via l’immigration.

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