Ce Conseil Indépendant (CI) est à constituer par des représentants panplanétairement choisis à partir de problèmes concrets sur lesquels s’interroger en des termes autant géopolitiques d’emblée géophysiquement ajustés que de pervasives doubles actions, l’une spécifique face à un cas réel, l’autre d’emblée globale, voire universelle, par laquelle ce cas réel est abordé avec maints autres possibles selon leur(s) trait(s) commun(s). À la façon dont la raison se tend d’autant entre sa sous-jacente fantaisie (dont s’éveiller et émerger versus y sombrer et s’y enliser) et sa propre intellectualisation qu’entre des jugements respectivement si conjoncturels que purement circonstanciels et des jugements universalisables, la double action est d’emblée conçue de façon à éviter toute dichotomie entre efficacité et universalité, car les articulant par ses vecteurs respectivement spécifique et global et en restant néanmoins fort mobile et généralisable (vers l’universalité), du fait que tout cas sur lequel agir spécifiquement et le plus efficacement dans les limites possibles implique aussi d’autres cas éventuels par leur(s) trait(s) commun(s). Il s’agit d’une autre façon, d’emblée dynamique, de formuler One UN (Unité d’action de l’ONU) qui, né en 2006, a donné un rapport de synthèse en 2012 examinant par une évaluation indépendante ce qui résulte du test conduit en huit pays de l’intégration de quatre principes: une seule direction, un seul programme, un seul budget et, si possible, un seul bureau. En pratique se sont ajoutés la voix unique (distincte du responsable unique) et le fonds unique (distinct du budget unique). Le modèle de la théorie du changement s’intègre le tout. Trois étapes intermédiaires se révèlent nécessaires, mais possiblement non suffisantes pour mener au développement national recherché: appropriation nationale renforcée, amélioration de l’appui apporté aux pays par les organismes des Nations Unies et réduction des coûts de transaction (qui sont moins élevés pour les gouvernements). Malgré l’hétérogénéité des contextes sociaux et le peu de données disponibles, il en ressort, en particulier, que la responsabilité unique du coordonnateur régional est renforcée, mais reste limitée et prise dans la responsabilisation verticale, que le cadre budgétaire unique constitue une innovation importante et facilite la mobilisation conjointe des ressources en vue du résultat recherché et que le fonds unique, constitué de donations, joue un rôle catalyseur, quoique les informations de gestion quant à l’Initiative « Unis dans l’action » restent peu regroupables et évaluables, alors que la reddition de comptes alourdie d’autant le tout. Les programmes de 2e génération semblent plus prometteurs quant à la pertinence, visant l’appropriation et la cohérence des échanges avec l’ONU, et à l’efficacité de l’appui de l’ONU aux pays, si ce n’est de l’efficience gestionnaire (des coûts de transaction) restée plutôt faible, faute de systèmes d’information cohérents et intégrés de gestion. Il est crucial de bien contextualiser ce point pour en dégager tout le sens (et de là, l’orientation à prendre): Oxfam vient d’établir que ce n’est plus 1%, mais 0.1% de la population qui est la plus riche (non seulement en argent, mais jusqu’en pouvoir politique et impunité, par droit de la force s’imposant à toute force du droit) que la moitié de la population la plus pauvre de la planète, ce qui se double de l’incohérence, voire l’autocontradiction d’instances internationales comme le G7 qui prétendent lutter contre la pauvreté (et financer la transition énergétique), si sans aborder de front le double problème des paradis fiscaux favorisant cette dichotomisation populationnelle toujours plus accrue (et ne faudrait-il pas le dire, au ressort de l’effondrement démocratique s’étant fait accroire libéral et s’apercevant au contraire toujours plus libertarien ?) et d’instaurer un échange automatique d’informations, exigeant de s’attaquer plus vigoureusement à la faiblesse technique et fiscale administrative en maints pays. Bref, que peut être une véritable réforme ne serait-ce que gestionnaire de l’ONU sans une telle sous-jacente réforme correspondante susceptible de l’étayer et l’en fortifier depuis ces maints pays? Si leur cercle ne devient vertueux et ne les fait s’alimenter mutuellement, il va rester vicieux et miner jusqu’à l’ONU. Comprenons bien que l’ONU incessamment émerge, donc naît et vit de l’ambiant état international et a fortiori si interétatisé. Son état gestionnaire en est bien plus un symptôme que seulement ce qui permet de l’instrumentaliser et l’en miner autant de l’intérieur que de l’extérieur depuis son propre CPS, selon une sous-jacente et pervasive dichotomie populationnelle peuplant et forgeant les nations jusqu’en États.
Là où One UN vise à fonctionner comme un tout à l’échelle locale, la double action ici proposée propose de l’en médiatiser par des traits communs à divers pays par des problématiques les concernant tous au moment d’agir au niveau de l’un d’eux, mais non sans que cela puisse tous les impliquer. La double action permet d’introduire, par ce qu’elle vise spécifiquement, à l’ensemble des pays concernés. Même si pouvant sembler très limitée, surtout si par fortes contraintes extérieures peu contrôlables, elle le cible de façon à créer (au moins espérer) d’éventuels déblocages à la source d’éventuelles synergies susceptibles de mieux implanter et produire ce que One UN visait plus directement, mais ici médiatisé en partant du fonctionnel plus spécifique d’où passer à l’institutionnel et créer ses conditions plus universelles d’instauration.
Autre exemple. Le Plan Schuman a débloqué le processus menant du Conseil de l’Europe 1949-1950 à la forge de la Communauté Économique Européenne en 1955 (à Messine), signée en 1957 et opérante depuis 1958 : « Les « institutionnels », c’est-à-dire ceux qui soutenaient la création rapide d’institutions politiques européennes n’avaient pu l’emporter sur les « fonctionnels », partisans d’une évolution plus lente, en passant par (…) des organes spécialisés », ce qui a amené l’ensemble de la production issue de l’alliance franco-allemande à se placer sous une plus haute autorité les unissant et restant ouverte à la participation d’autres pays1. L’Europe des nations serait censée rester vivante, s’il s’agit bien d’une véritable communauté et non d’une prise de contrôle de ladite plus haute autorité par telle(s) ou telle(s) nation(s) aux dépens des autres, en ne passant de leurs nations respectives à leurs États correspondants qu’aussi à une telle instance déjà un tant soit peu supra-étatique les en affectant toutes et chacune. S’y illustre de façon patente la tension de l’international en regard de l’interétatisation s’en dégageant, a fortiori par la tension super-étatisante en cause qui, au ressort de ladite communauté européenne (des nations ? des États ?), est si fortement distincte de ce qu’est l’État fédéral au sein des États-Unis en Amérique du Nord. La Communauté Européenne est aux prises avec le même problème que l’ONU avec son CPS: dès qu’il est question d’affaires étrangères à ce niveau global, il suffit d’un veto pour bloquer le tout, dont la Hongrie bloquant 90 milliards de prêts à l’Ukraine en guerre avec la Russie. Du moins sous Orban, avant l’arrivée au pouvoir en avril 2026 de Magyar, plus pro-européen, mais soucieux autant de la minorité hongroise en Ukraine que de ne pas admettre en l’Union européenne une Ukraine qui, surtout si via sa minorité russe encore plus importante (et si se demandant pourquoi les politiques et médias n’en parlent guère), est en guerre avec la Russie. Les États-Unis trumpiens ont fait tout l’inverse et ont tant cherché à faire un « deal » en jouant des deux bords en belligérance qu’à les faire jouer l’un contre l’autre pour en profiter en tiers plutôt que les en médiatiser en vue d’une meilleure dynamique d’ensemble. Ils perdent, avec Orban, un grand symbole de l’autoritarisme promu à même l’Europe. Par contre, la Finlande voit en l’Ukraine un atout militaire pour l’Europe et propose d’accélérer de l’y intégrer… si un veto ne l’arrête. L’Allemagne aussi. Quoiqu’il en soit, cette problématique si semblable entre Europe et ONU mérite attention. S’y incluent d’autres tendances, dont l’Espagne commençant à se trouver plus d’affinité avec la Chine qu’avec les États-Unis, alors que l’Europe note de plus en plus l’adversité étatsunienne trumpienne, dont s’autonomiser énergétiquement. S’électrifier vise à se distancier autant du pétrodollar étatsunien trumpien obsessif que de la prépondérance mondiale chinoise en cette voie alternative. Tensions européennes: laboratoire des tensions onusiennes ? Lieu holographique mondial majeur de ce qui s’en diffracte partout ailleurs. Lieu géophysique d’où se repère et s’ajuste la géopolitique jusqu’en ONU. Tarifs trumpiens: entente entre Europe et Mexique les abaissant entre eux.
Si l’ONU est l’instance internationale la plus démocratique qui soit, malgré tous ses affaiblissements au profit d’autres instances émergentes (OCDE, G7, G20, FMI, Banque Mondiale…), c’est qu’elle reste influente par ses idées à la source de notions introduites ou portées et développées au point de s’imposer dans la société au sein d’une communauté internationale2 appelée à se problématiser jusqu’en son interétatisation et en l’idée d’État-nation en cause. Non-prolifération nucléaire prônée par l’AIEA à compter de 1968, responsabilité sociale des entreprises prônée par l’OIT à partir des années 1970, nouvel ordre économique mondial promu par les pays du Sud à l’ONU depuis 1974, peuples autochtones mis de l’avant avec le rapport Corbo en 1984, développement durable introduit en 1987, sécurité humaine créée par le PNUD en 1994, travail décent introduit par l’OIT en 1999, santé globale développée dans les années 2000, etc.: s’instaurent de nouvelles façons de prendre conscience de la réalité et d’y penser aux problèmes à y cerner pour mieux les aborder selon de nouveaux processus mentaux exigeant d’articuler les origines de ces notions, les acteurs et les changements s’ensuivant dans les affaires mondiales et la vie des gens. Une géopolitique apte à se repérer et s’ajuster à sa sous-jacente géophysique selon des doubles actions s’articulant en leurs spécificité et universalité peut constituer une nouvelle culture par laquelle un Conseil Indépendant de son propre CPS avec lequel le faire s’équilibrer permettrait à l’Assemblée générale de l’ONU de proclamer sa propre autonomie et ce, dans des champs d’action susceptibles d’être plus heuristiquement fructueux et de relever moins de la simple improvisation3.
De 1945 à nos jours, l’horizon d’une culture mondiale unique ayant présidé à la création de l’UNESCO (mais pouvant paraître non moins impérialiste que les impérialismes ayant depuis lors émergé du CPS) et d’un gouvernement mondial a fait place à celui d’une culture ayant valeur exemplaire et d’une gouvernance mondiale ne pouvant se processualiser qu’au gré de décisions opérationnalisables. Ainsi, la propagande moderne a pu être réorientée de purement idéologique vers une visée pacifiste et universaliste plus propice au devenir onusien, comme lorsque Sandy Koffler a créé au sortir de la deuxième guerre mondiale en Italie le journal Il Corriere (« Le Courrier ») qui a ensuite inspiré Le Courrier de l’UNESCO. De même, l’enquête menée par Faure pour rendre compte de l’état et des perspectives de l’éducation dans le monde a été publiée sous le titre Apprendre à être (1972), mais selon un homo concors, en harmonie avec lui-même et les autres, et non l’humain lui-même, jamais individuel (fût-ce avec et parmi d’autres, si tous à un titre individuel trahissant un présomptif libéralisme foncier d’où jaillira le libertarisme) que d’emblée social4. Entre-temps, l’éducation de base sise sur un fond commun de l’humanité est litigieuse et débouche plutôt sur l’éducation communautaire (milieu des années 1950). Développement collectif, civisme international, compréhension internationale exigeraient des référentiels communs et transnationaux, dont la collaboration internationale croissante pouvant être issue de l’interdépendance des peuples. Flou conceptuel persistant, sans doute faute de s’apercevoir qu’il ne peut y avoir de référentiels communs et transnationaux que par une géopolitique apte à se et les référer et ajuster à la géophysique et à y créer une ouverture en toute culture à l’altérité de toute autre culture. D’ailleurs, la mondialisation culturelle incite bientôt à revaloriser la diversité des cultures nationales au sein des États, comme lors du Projet Orient-Occident (1957-1966). Ceci suscite une prévalence accrue de, non plus le gouvernement, mais la gouvernance mondiale, surtout depuis les années 1990, alors que la notion de (bonne) gouvernance, issue du monde entrepreneurial et de l’exigence économique d’ajustement structurel, s’étend à la sphère politique, mais au gré d’instances (dont les ONG) distinctes des États qui peuvent en paraître obsolescents, alors que la société civile compense. Or, tout à l’inverse du souhait de Tim Berners-Lee ayant été le principal inventeur du Web (le fameux WWW) et l’ayant conçu ouvert à tous (1989), l’émergence de l’internet aux États-Unis l’a fait s’y trouver accaparé et érigé en propriété privée, dont faire un dogme. ICANN (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers), créée en 1998, sous-traite des opérations techniques de gestion de domaines entiers « .com », « .net » à VeriSign. Ceci mène par exemple au scandale Snowden révélant en 2013 une surveillance massive par la NSA des États-Unis, de sorte que Obama a été bien mal à l’aise de parvenir à justifier son existence, ce dont le Trump de 2026 se sortirait dorénavant d’une simple pirouette, tant le fait se ferait laminer parmi tant d’autres comme un fait divers dont avoir à peine le temps d’en prendre un tant soit peu conscience, a fortiori y réagir, d’autant qu’en être à risque de se faire traiter par Trump d’ennemi de l’État. Le récent V-Dem de l’institut suédois signale que la liberté d’expression est le plus fortement atteinte, du moins dès qu’autre que celle de Trump, de fait de l’État qui, via l’exécutif d’où rafler tout le reste, est Trump lui-même. Tout comme l’est l’économie jusqu’en son système monétaire, depuis que Trump vient d’imposer d’apposer sa signature sur la prochaine émission de billets de banque, après bien d’autres démarches égocentriques fort semblables nouvelle classe Trump de navires de guerre, sa photo sur les murs de bâtiments publics, dont le ministère de la Justice (où il y ressemble fort au Big Brother de 1984 d’Orwell), nouvelle série restreinte de passeports qui comportent sa photo et pour lesquels il faut faire une demande spéciale (qui, selon deux listes distinctes, pourra départager les protrumpiens, surtout si liés à l’élite-car ce sont d’abord les plus puissants qu’il faut s’asservir pour s’en rattacher avec eux les moins puissants leurs étant déjà liés, des autres, ne serait-ce que des trop tièdes et un jour à foudroyer quasi bibliquement de n’être pas de foi trempée trumpienne?), etc. Sur le même modèle, peut d’autant s’amplifier le Cloud Act étatsunien par lequel le gouvernement central peut contraindre toutes ses entreprises affichées privées à lui remettre les informations de pays avec lesquels elles font affaire. Il n’en est lui aussi qu’une annexe susceptible d’être plus indirectement mise en jeu, surtout si pour contrer tout débat public plus visible. Ladite gouvernance mondiale redeviendrait un gouvernement mondial privatisé par les États-Unis par leur capacité de s’accaparer toute possibilité de gouverner l’internet par leurs entreprises privées et d’en faire un outil de puissance géopoliticoéconomique, fût-ce au détriment de la vie privée des internautes, dont pourtant l’ONU avait peu auparavant exigé le respect comme droit humain fondamental. Pour éviter cet écueil de surveillance généralisée et plus ou moins déguisée et son écueil inverse de la censure pouvant le redoubler dans des régimes (plus visiblement ?) autoritaires, ne faudrait-il pas confier la gouvernance (plus véritablement mondiale et surtout démocratique) de l’internet à l’ONU, sinon à tout le moins en exiger une capacité de s’y actualiser et s’y mettre à jour pour pouvoir autant s’y organiser qu’y faire face à son devenir mondial, si pour servir plutôt qu’asservir tout développement humain ? Guterres, au nom de l’ONU, lance cet appel à la gouvernance mondiale de l’IA au début de juillet 2026. Le pire n’est même pas là, mais en l’enfance qui depuis le tournant du XXIe siècle s’en fait désocialisée jusqu’en ses jeux toujours plus déphasés de réels en virtuels via des façades de réseaux sociaux, sans parler des faux amis ne s’y présentant à elle qu’en vue d’en abuser, etc. La fantaisie, si enfantine, s’en tend d’autant en ses affections entre le plaisir à tirer du désir de ce dont jouir toujours plus isolément et la crainte de dangers paraissant surgir d’autant de partout que toute altérité lui reste toujours plus étrangère et ne surgit plus qu’en venant d’autant l’en heurter, ce qui se radicalise en tabou, paranoïa, voire cruauté dès que vicarialisant toute douleur au point de la refouler en même temps qu’en craindre tout éventuel retour et en être d’autant hanté. La rage instrumentalise la sous-jacente terreur en vicarialisant toute douleur. Soi-disant pour se sécuriser, il s’agit d’écraser et bouc émissariser. Ce que ça soulage: c’est lui et non moi qui est affligé par la douleur et en souffre ! Hormis les exceptionnels cas, lorsque surgit un Socrate, un Christ…
Quoiqu’il en soit, il s’agit d’un nouveau chapitre des droits humains et de l’ordre mondial, de fait, du fantasme occidental d’un incessant Nouvel Ordre Mondial dont le cri jaillit et ne cesse de culminer et se transmettre d’une hégémonie à une autre, jusqu’à son plus récent transfert de l’Empire britannique à l’Empire étatsunien, surtout de la fin de la 2e Guerre mondiale à la chute du mur de Berlin, et à quelques résurgences de ce cri, dont celui sorti de la bouche de Bush père lors de la 1re Guerre du Golfe Persique, le tout dans l’entre-deux MAGA qui, de Reagan à Trump, lui donne un tout autre sens, moins intégrateur et bien plus impérialiste. Comment les droits humains peuvent-ils se concevoir d’une façon qui ne soit pas qu’occidentale, voire qu’étatsunienne5? Problème récurrent dès et depuis l’émergence de l’ONU qui, ayant été constituée au sortir de la 2e guerre mondiale pour faire place à ces droits humains, les voit de nouveau menacés au XXIe siècle sous la direction des plus puissants qui en font le choix politique et utilisent les êtres humains comme monnaie d’échange. Maintes autres crises conjointes l’amplifient: besoins d’aides humanitaires croissants, financements en chute (si ne se transformant pas d’aides au développement en partenariats comme entre Europe et Afrique, mais virant en chantage transactionnel étatsunien trumpien d’avoir éliminé USAid et de ne plus rien offrir, dont des médicaments contre le sida au Zimbabwe, que contre des droits d’accès aux ressources minières, dans un contexte commercial de blocs opposés où la Chine détient une avance, etc.), inégalités se creusant, pays endettés, chaos climatique accéléré et jusqu’à l’espace civique qui se rétrécit (journalistes et militants emprisonnés, ONG fermées, droits des femmes en recul, minorités de toutes sortes ciblées et même droits des enfants s’oubliant, alors que la désinformation empoisonne le débat public et alimente la violence). Défense des droits humains, gouvernance mondiale à renforcer pour les protéger et Initiative ONU80 pour en renforcer les liens avec paix, développement (durable) et action humanitaire dans l’ensemble des systèmes des Nations Unies sont à mettre à l’ordre du jour afin que, en les protégeant, le monde se protège6. Pourtant, de 1945 au XXIe siècle, il y a eu entre-temps maints progrès : l’écologie politique (rapport de Cocoyok, 1974), les besoins essentiels (liant besoins physiques, éducation et santé, en 1976, et menant à des biens publics mondiaux auxquels s’opposent les tenants du néolibéralisme, a fortiori du libertarisme) et le développement durable (avancé par le rapport Brundtland, 1987, et promu par le PNUD), suivi de la création du GIEC (1988). Le tout se conjugue en la publication par le PNUD d’un premier Rapport sur le développement humain (1990), puis d’un autre (2008) demandant des contraintes sur les gaz à effet de serre, sans parler d’une Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles (2005), d’une Convention des peuples autochtones (2007), etc.
3) Problème majeur: guerre idéologique étatsunienne faite à l’ONU
L’un des problèmes majeurs est la guerre idéologique sans fin que les États-Unis livrent à l’ONU, autant par leurs incessants vetos au CPS, que par le sort qu’ils réservent à toute culture a contrario de ce à quoi aspire l’ensemble du reste de la planète, comme lors de leur refus de signer la Convention de l’UNESCO sur la diversité culturelle de 2005. Pour eux, la culture est avant tout un objet de commerce, alors que dans la conception de l’UNESCO, la culture est un bien public mondial, auquel tout le monde
1 C. Grimberg & R. Vanström, Histoire universelle Tome 12: De la faillite de la paix à la conquête de l’espace, Éd. Gérard & co Verviers, Marabout Universel, 1965, p. 224.
2 Chloé Maurel, Histoire des Idées des Nations Unies, L’ONU en 20 notions, Paris, L’Harmattan, 2015, p. 7. Les prochains paragraphes reprennent et poursuivent son propos en l’inscrivant et le développant dans la suite de la proposition ici avancée.
3 « Si certaines propositions de réforme globale des Nations Unies avaient été avancées avant les années 1990, force est de constater qu’en ce qui concerne le maintien de la paix proprement dit, ce n’est qu’après 1989 que les véritables propositions sont apparues. Malgré les nombreuses propositions avancées et faute de volonté politique des États membres d’en améliorer l’efficacité, le maintien de la paix de l’ONU reste caractérisé par l’improvisation ». Voir Ronald Hatto, ONU et maintien de la paix, Propositions de réforme de l’Agenda pour la Paix du rapport Brahimi, Paris, L’Harmattan, 2006, 4e de couverture. Improvisation se conjuguant avec l’interimpérialisme émergeant du CPS et invalidant l’ONU autant de l’intérieur que de l’extérieur. De fait, hormis certaines opérations de Casques bleus et faute d’être outillée à cette fin, l’ONU a dû confier la gestion d’interventions militaires à des alliances entre États, dont l’OTAN.
4 N’est-ce pas la source d’un humanisme non plus total, mais dit technique? Jean Vial, Faure (Edgar). Apprendre à être. In: Revue française de pédagogie, volume 23, 1973. pp. 63-66, www.persee.fr/doc/rfp_0556-7807_1973_num_23_1_2045_t1_0063_0000_2.
5 Originalité étatsunienne: a surgi en février 2026 une nouvelle demande d’instaurer une procédure en destitution du président Donald Trump qui vient, non plus de Démocrates, du moins pas officiellement affiliés au Parti Démocrate, mais d’une pétition populaire sur Change.org et ce, selon, non d’opinions politiques, mais de droits humains et de justice. Le mouvement se disant non partisan s’appelle Blackout The System et dénonce l’avidité, la corruption et le manque de responsabilité de son président Donald Trump qui est dit exploiter son propre peuple et mépriser de façon flagrante et à des niveaux sans précédent son bien-être, au point d’en menacer les droits, la démocratie et l’avenir par des violations répétées de sa Constitution contre les migrants, les écoles, voire tout le système éducatif, en plus de fragiliser le système de santé, d’aide alimentaire, etc., voire d’acculer les plus vulnérables au désespoir, sans parler de sa mauvaise gestion de l’économie au profit de son intérêt personnel et au détriment de l’intérêt national. Là où la base MAGA perdure et dénigre même l’écart entre ledit petit nombre de signataires (environ 180 000 au 24 février 2026) et les millions de gens ayant voté pour élire Trump, que deviennent parmi ceux-ci ceux qui ne s’identifient pas à MAGA, si un certain nombre ne se retournent? De fait, plusieurs millions de gens se sont manifestés en faveur du « No King ». Pour l’heure, les droits humains, même étatsuniens, ne semblent guère peser dans la balance.
6 Les droits humains menacés par la loi du plus fort, António Guterres, 23 février 2026. https://unric.org/fr/le-chef-de-lonu-tire-la-sonnette-dalarme-face-a…
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3) Problème majeur : guerre idéologique étatsunienne faite à l’ONU

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