L’un des problèmes majeurs est la guerre idéologique sans fin que les États-Unis livrent à l’ONU, autant par leurs incessants vetos au CPS, que par le sort qu’ils réservent à toute culture a contrario de ce à quoi aspire l’ensemble du reste de la planète, comme lors de leur refus de signer la « Convention de l’UNESCO sur la diversité culturelle de 2005. Pour eux, la culture est avant tout un objet de commerce, alors que dans la conception de l’UNESCO, la culture est un bien public mondial, auquel tout le monde a droit et qui ne peut se réduire à être régi par les seules lois de l’argent. »1
L’UNESCO a son siège à Paris en France. Sa lutte pour la diversité culturelle constitue un contre-pouvoir à la vision étatsunienne mercantiliste de la culture, dont l’incessant porte-à-faux camoufle la manière d’agir, de penser et de dire qui se transmet au profit du seul contenu visible et dicible à travers lequel la réduire à sa mise en scène et y détourner l’attention vers l’économiquement commercialisable et géopolitiquement téléologisable, d’autant que rendu fort idéologiquement pervasif. Or, l’Europe, dont la France, ne s’est guère aperçue du prix réel de la subordination économique et militaire aux États-Unis à compter des accords de Bretton Woods consacrant l’hégémonie du dollar et la conjointe dette que le Royaume-Uni a contractée pendant la guerre et qu’il n’a fini de payer qu’au XXIe siècle, le 3 octobre 2010. Tel est le pendant de ce qui n’a semblé être qu’une reconstruction et mise sous protection de l’Europe en même temps que du passage du flambeau impérialiste de l’Empire britannique à l’Empire étatsunien depuis 1945: se leurrer sur le giron d’États démocratiques censés être d’abord « occidentaux » et transatlantiques, tant l’entre-soi a fait s’occulter la plupart des actions au contraire non démocratiques s’effectuant d’eux jusqu’en dehors d’eux et tuant dans l’œuf maintes amorces d’États en quête d’être démocratiques, mais déniés et transformés en dictatures. Il est temps de se poser la question: les États se disant démocratiques l’ont-ils été par leur connivence avec ce qui, hors d’eux, détruisait les germes d’autres démocraties cherchant à émerger, ce qui s’est surtout magnifié à partir des États-Unis ? Appel à l’examen de conscience.
« Why does the United States behave as it does in the world? »2 La réponse est encore plus étonnante que la question. Comme l’illustrent les frères John Foster Dulles et Allen Dulles entrés ensemble au gouvernement des États-Unis, le premier comme Secrétaire d’État, le second à la tête de la CIA, les Étatsuniens se font passer, non pour des, mais pour les Américains, sans jamais s’arrêter et réfléchir à cette évidente métonymie (donnant une partie, eux-mêmes, pour le tout) fort axiomachique. En géopolitique, toute métonymie est axiomachique: c’est un pléonasme fort idéologisant visant à tant renforcer et conforter une hégémonie qu’à oblitérer et réifier l’entière réalité en cause pour l’y téléologiser. Elle permet aux habitants du pays le plus antiaméricain des Amériques de se présumer, se faire accroire et s’imposer comme les seuls Américains jusqu’en lieu et place, sous façade et à l’encontre de tous les Américains de tous les pays de toutes les Amériques1. C’est comme dire que l’univers matériel ne se constituerait du flux en coémergence/coannihilation de matière et antimatière qu’en faisant prévaloir l’antimatière sur la matière, tout à l’inverse de ce qui s’y observe, ce qui n’est pas sans susciter matière et énergie sombres se présumant opérer de façon asymptotique et hiérarchique depuis l’invisible jusqu’en le visible, tout à l’inverse du visible d’où partir et apercevoir jusqu’à l’invisible dont il se révèle symptomatique et hiérophanique. Cette géopolitique téléologise et réifie en s’imposant à l’envers et en donnant l’envers pour l’endroit plutôt que se repère et s’ajuste à sa géophysique sous-jacente réellement en cause.
Les frères Dulles, comme Étatsuniens, ne sont guère patients par nature et sont portés par un « impulse to act » et non de comprendre2, tant la réalité est à ajuster à leurs seuls besoins, voire désirs (infiniment variables, selon un capitalisme tous azimuts): « Foster and Allen brought the United States into partnership with dictators in several parts of the world and in some countries they intervened to replace democratic governments with tyrannies. Nevertheless, they considered themselves paladins of liberty. By some standards, this leap of logic made them hypocrites. They justify it by applying a particular definition of freedom. It has little to do with civil rights or social welfare. Their view of freedom was above all economic »1, car si un pays ne respecte pas l’entreprise privée et n’accueille pas les multinationales, donc leur prévalence étatsunienne, il n’est pas un pays libre. La liberté est confondue avec la seule liberté d’agir selon sa seule compulsion (colonialiste) à agir, tant que seule prédominante, donc si métonymiquement qu’axiomachiquement opérante, mais surtout sans d’abord chercher à en comprendre quoi que ce soit. Toute conception ne peut plus être que sans compréhension (car exigeant de se distancier et se réfléchir à même sa compulsion à agir au point de tendre à la différer un tant soit peu et à modifier ainsi jusqu’à ses réflexes et a fortiori ses tendances à n’être qu’une « very instinctive person », Trump dixit) et que selon une telle extension toujours plus fort unilatéralement expansive. De la pensée intellectualisante, au ressort de toute conception, mais se laminant, ne subsiste que la fantaisie en virant cruelle et se réifiant empiriquement. Foster et Allen Dulles exemplifient les États-Unis qui les produisent, qui sont issus des accords de Bretton Woods ayant concédé l’hégémonie au dollar étatsunien au sortir de la 2e Guerre mondiale et dont la compulsion simplificatrice (jusqu’à la métonymie axiomachique tous azimuts) fait fi de la diversité. Resurgit la même tension que celle entre les États-Unis et l’UNESCO quant à la culture, voire révèle la voie par laquelle marchandiser et laminer la culture plutôt que préserver sa diversité. Un point majeur mérite d’être noté dès le point de départ de toute la suite de pays (Mohammed Mossadegh en Iran, Jacobo Árbenz au Guatemala, Ho Chi Minh au Vietnam, Sukarno en Indonésie, Patrice Lumumba au Congo, et Fidel Castro à Cuba) que les frères Dulles ont cherché à renverser l’un après l’autre : là où le juge Douglas de la Cour suprême des États-Unis trouvait que l’Iran était une démocratie restée distante de l’URSS, les frères Dulles, pressés par McCarthy avec lequel ils durent coopérer, qui accusait le Secrétariat d’État et la CIA d’être infiltrés par des ennemis du capitalisme global et donc de l’Ouest sous hégémonie étatsunienne et qui les a forcés autant à des purges qu’à des embauches idéologiquement orientées, projetèrent ces dites infiltrations sur le régime iranien démocratique de Mossadegh en vue de le renverser en 1953 et d’installer à sa place la dictature du Shah (qui a tenu jusqu’en 1979, à l’arrivée de l’Ayatollah Khomeini et de la transformation de la dictature en celle de l’État Islamique, le tout au point de départ du merdier moyen-oriental présentement en cours lors de l’attaque israélo-étatsunienne contre ce même Iran). Bref, les États-Unis ont fortement contribué à supplanter la démocratie au profit de l’instauration de la dictature en Iran, dès le Shah, puis de l’État islamique (pour autant que restant au moins aussi loin dudit communisme de l’URSS que des États-Unis), mais ils ont commencé à ne guère l’apprécier lorsqu’elle s’est mise à prendre une autre teneur (dont l’alliance entre un tel Iran, dont la dictature s’éloigne trop de celle recherchée au profit d’une autre moins avenante, et la Russie et la Chine), ce qui culmine en 2026 en l’actuelle guerre israélo-étatsunienne avec l’Iran. Il faut dire que Mossadegh voulait nationaliser le pétrole et il fallait donc faire passer cela comme une atteinte et attaque contre la libre entreprise sous emprise de multinationales anglaise et étatsunienne, donc à la liberté ainsi fort étroitement définie comme si toute liberté s’y réduisait et justifiait de le renverser. De même, Arbenz, au Guatemala, s’est lancé dans des réformes démocratiques ambitieuses, mais ses nationalisations touchaient en particulier l’United Fruit Company, une imminente fort libre entreprise multinationale étatsunienne, ce qui a mené à faire accroire à un communisme provenant de l’URSS et censé menacer, là comme partout, tout l’Occident, d’abord les États-Unis, et donc faire se déclencher des attaques maccarthystes inspirant tant les frères Dulles. Bien noter l’incessant porte-à-faux faisant passer l’envers pour l’endroit dès lors à virer à l’envers de lui-même pour se le faire accroire tel et l’en attaquer, style double pensée orwellienne, mais selon une fantaisiste impulsion à agir s’en justifiant pour faire s’y conformer la réalité. Certes, les désastres au Vietnam et à la Baie des Cochons à Cuba ont fait pâlir sérieusement la figure des frères Dulles, surtout de Allen à la tête de la CIA opérant dans l’ombre pour effectuer ces renversements de régimes. Néanmoins, les soi-disant démocratiques États-Unis ont poursuivi ailleurs leur implantation de dictatures: Pinochet au Chili, via Kissinger et la CIA, les Contras au Nicaragua sous Reagan qui a néanmoins été réélu, car censé n’en avoir rien su ou avoir joué un rôle mal cerné et en ayant été néanmoins éclaboussé en pleine période électorale du fait que les États-Unis les ont financés par des armes vendues en Iran malgré l’interdiction explicite du Congrès et malgré leur propre embargo, etc. Le pire est que lesdits Contras se finançaient par la vente de cocaïne et que les administrations Reagan, puis Bush père y étaient impliquées1, alors que s’affichant lutter publiquement contre le fléau de la drogue aux États-Unis. Le tout sans faire le lien avec la conjointe surprescription médicale interne d’opioïdes créant et entretenant le besoin. Du moins, si pour se doter d’une vue d’ensemble du problème pour vraiment s’y attaquer. Aujourd’hui, les États-Unis préfèrent ne pas trop insister sur les entreprises étatsuniennes vendant des armes aux cartels de la drogue au Mexique, alors que Donald Trump prétend s’attaquer aux frontières avec le Mexique (et le Canada) censé(s) trop laisser passer migrants et drogues. Ou encore sur la Cité-État cryptolibertarienne néocolonisaliste promue depuis les États-Unis et en train de s’établir sous le nom de Prospéra au et contre le Honduras, autant la nation, surtout le village à sa proximité, que l’État, depuis qu’un gouvernement corrompu s’adonnant au trafic de drogues a facilité son implantation initiale et en vue d’empêcher le nouveau gouvernement de rétablir sa souveraineté, quitte à l’acculer à la faillite au besoin par une poursuite-baillon de 13 milliards de dollars et si cela ne suffisait pas, à faire appel pour y faire intervenir la politique étatsunienne trumpienne2. Même sans cela, il suffit de rappeler un point s’inscrivant exactement dans cette même lignée: MacCarthy s’était affilié Roy Cohn par qui il a fait condamner à mort les Rosenberg et qui a été mentor de Donald Trump, chez qui se reconnaît la même tendance, non seulement à dénier chez soi-même défensivement, mais à conjointement toujours agresser en vue de faire porter à autrui la source de quelque problème que ce soit, ce qui se moule directement sur les affections de la fantaisie s’en faisant cruelle: désir de ce dont jouir à se garder pour s’en complaire toujours plus en soi seul et crainte de ce qui afflige et endolorit à vicarialiser d’autant totalement en autrui pour y parvenir. Et ce, jusqu’à attaquer par diverses sanctions des institutions onusiennes, dont des juges de la Cour Pénale Internationale (CPI) pour les empêcher d’effectuer leur travail qui ne lui convient pas, mais aussi à se créer une liste de pays à abattre l’un après l’autre (ce dont Israël a déjà une liste toute prête), d’autant que l’écart de puissance peut être grand et en faciliter la tâche.
Pour ce faire, il inverse tout le rapport au réel du sein même des États-Unis. Cette fois-ci, il ne cherche plus à voler l’élection comme en 2020 en disant que ce sont les Démocrates de Biden qui la lui volaient. Il accuse plutôt d’autant Obama d’avoir donné la bombe nucléaire à l’Iran qu’il en a bloqué en 2018 (comme le réclamait Netanyahu) l’accord de paix de 2015 (prévoyant un contrôle serré du programme nucléaire iranien en échange d’une réinsertion iranienne internationale graduelle), car il veut l’inverser et le transformer en capitulation armée qu’il cherche à imposer et légitimer en 20261, après s’y être laissé entraîner là aussi par Netanyahu, mais au gré d’un sous-jacent pervasif néosionisme (par retour non seulement de la diaspora en terre d’Israël, mais de ce qu’était la terre d’Israël avant la diaspora). Néosionisme sis sur un retour du religieux d’abord chrétien évangélique, avec frange catholique fondamentaliste, qui le promeut depuis les États-Unis jusqu’en et en amplifiant ce qui s’en promeut en Israël. Même en supposant que l’Iran aurait continué à enrichir l’uranium sous façade de négocier, est-ce à dire que cela équivaut à détruire toute capacité de menacer le monde libre, à savoir celui-là même qui sous façade de sa seule propre liberté mercantile (avant de se radicaliser en libertarienne néo-mercantile) et hypocrite, l’a empêché de devenir démocratique en 1953 et y a implanté la dictature du Shah qui a viré à son tour en une telle dictature islamique depuis lors devenue moins instrumentalisable et digeste, que ce soit en essayant de rattraper le coup sous Obama ou en la vomissant sous Trump? À l’image de sa dite guerre préventive (d’autant créée de toutes pièces que déjà ainsi préparée depuis des décennies), Trump se couvre de façon préventive au cas où ce puisse être plus catastrophique qu’il ne veut l’anticiper pour s’en décharger en tiers sur une cible désignée d’avance pour se prétendre tout du long s’en déresponsabiliser en même temps que pour projeter toute responsabilité des conséquences de ses propres comportements sur les autres, en un sens totalement inverse à tous ceux qui le considèrent agir de façon irresponsable. Redisons-le: pour Trump, c’est Obama et non lui, ni même les États-Unis depuis 1953, qui ont poussé vers la bombe atomique un Iran rendu d’autant dictatorial autrement qu’instrumentalisable que lui résistant et s’en faisant choc en retour. Il se prémunit contre tout avenir un tant soit peu malencontreux, en ayant d’avance un bouc émissaire tout désigné. Or, pour sauver sa popularité en chute libre aux États-Unis, est-ce lui qui va laisser filer l’uranium iranien (à moins qu’il soit transféré en Chine, selon quelle problématique)? S’il réussit, la gloire lui revient. S’il échoue, c’est la faute de Vance ou un autre.
S’y bute la proposition de Villepin d’intégrer au droit international (de fait, le plus souvent de part en part interétatisé) un principe de « tu casses, tu répares ». Ceci a déjà été essayé au sortir de la 1re guerre mondiale et a mené à la 2e, au terme de laquelle il a fallu, non réparer, mais reconstruire. Plus l’endettement de l’Angleterre face aux États-Unis au profit desquels s’est alors déplacé le centre impérialiste de gravité, au grand dam de Keynes face à White à Bretton Woods, ce dont le pétrodollar a pris la relève. De plus, Trump harcèle d’autant impunément des juges de la Cour Pénale Internationale que l’ONU ne peut rien y faire. Trump ne connaît que la politique intérieure des États-Unis où tout ce qui est cassé extérieurement n’a à peu près pas d’importance, si ce n’est le risque éventuel que l’uranium iranien s’échappe par quelque fissure du va-t-en-guerre étatsunien devenu si inapte à quelque démarche diplomatique exigeant d’abord de reconnaître quelque droit international, a fortiori interétatique, surtout si impliquant une médiation interimpérialiste via le CPS de l’ONU. Si les États-Unis acceptaient d’y passer par la Russie face à l’Iran plutôt que seulement s’y entraver mutuellement par veto, Poutine a proposé à Trump un « deal » : ne plus donner d’informations à l’Iran (ce à quoi la Chine pourrait de toute façon suppléer), si les États-Unis n’en donnent plus à l’Ukraine. Trump a préféré ignorer cette caricature lui renvoyant en miroir son « Art of the Deal » et coller à son dada préféré, à savoir le cours du pétrodollar: diminuer l’impact du blocus iranien du détroit d’Ormuz en levant des sanctions commerciales contre le pétrole russe, quitte à financer ainsi la guerre russe en Ukraine. Autre deal. Par sa guerre en Iran, Trump amplifie en économie étatsunienne ce que ses tarifs douaniers font déjà, à savoir le contraire de ce qu’ils disent viser. Et il est donc assoiffé de budgets militaires croissants (réclamant 1 500 milliards de dollars, si le Congrès approuve) et de conjointes coupes massives dans les programmes sociaux (santé, éducation, etc.) au profit de polices intérieures. Son libertarisme est si ironiquement cruel au fur et à mesure qu’il ne s’extériorise qu’en refluant vers l’intérieur: entraver l’éducation formant les ingénieurs qu’exige la construction industrielle (navale et autre) et sublimer d’un coup la puissance réelle en puissance projetée, mais en train d’être si érodée que d’autant mieux contestée (sur les eaux planétaires et ailleurs, surtout par la Chine qui, elle, forme des ingénieurs). La paix par la force bute sur ses limites internes liées au développement humain dont l’exigence est si outrancièrement sous-estimée. Jusqu’en l’ONU.
Trump confond tellement les recettes toutes faites fonctionnant à court terme au point de chercher à y réduire ce qui est autrement bien plus complexe et à long terme, qu’il cherche à faire une référence, via DOGE, de ses coupures de 40% d’effectifs de l’Internal Revenue Service, dont la collecte d’impôt était un processus fort automatisé, traçable et standardisé, à la Federal Student Aid qui « traite chaque année des millions de demandes complexes, des situations individuelles qui requièrent jugement, expertise et suivi humain », ce qui, loin de supprimer de la bureaucratie inutile, sabre « dans la capacité opérationnelle d’un système dont dépendent 43 millions d’emprunteurs américains »1, à savoir des demandes complexes d’étudiant(e)s pour financer leurs études effectuées malgré des situations difficiles qui requièrent un jugement humain et une expertise, ce qui pourrait empêcher de traiter les dossiers à temps et provoquer maints défauts de paiements de frais encourus dans la vie réelle. La confusion est exactement celle menant à occulter la diversité culturelle promue par l’UNESCO et à considérer la culture et en l’occurrence l’éducation être un marché comme les autres, sans se badrer de la mobilité (plutôt que l’inégalité) sociale à créer, d’une période de vie plus vulnérable, mais essentielle au devenir social en son ensemble, dont en particulier sa propre capacité productrice future du marché du travail, là où la Chine fait tout le contraire. Pourquoi fait paraître la Chine comme son adversaire, voire ennemi, principal, quand le faisant très bien tout seul de soi-même ?
Par ailleurs, le ministre iranien des Affaires étrangères a déjà confirmé le 14 mars 2026 le soutien militaire russe, au moins informationnel, et chinois, au moins technologique, autant en armes qu’en logistique par le système Beidou-3 contrant les brouillages GPS pour guider les missiles vers leurs cibles, ce qui éclaire en partie pourquoi le stock d’armes étatsuniennes baisse si vite et exige d’aller puiser partout ailleurs sur la planète, en plus d’affoler les pays arabes alliés et fort vulnérables des États-Unis, selon une immense ligne de faille d’écarts fort hiérarchisants de puissance s’en entrechoquant. La Chine ne veut aucunement d’un régime pro-occidental en Iran, tandis que l’attaque israélo-étatsunienne ne veut rien d’autre et donc uniquement que cela, d’où le jusqu’au-boutisme, mais aussi l’onde de choc se propageant à partir de cet entrechoc semblant asymétrique (en se limitant à la seule attaque israélo-étatsunienne contre l’Iran), mais de fait, tout au contraire, engageant des impérialismes titanesques. Les effets n’en sont pas tant mondiaux à partir d’une dite asymétrie, dont ne rien comprendre qu’elle tarde à aboutir, qu’à partir de causes d’emblée déjà mondiales, même si certaines sont plus évidentes (d’autant qu’aimant plus que tout se mettre en scène et se pavaner telles) que d’autres (néanmoins tout aussi, même si plus discrètement, opérantes). Seule l’illusion d’optique fait ne pas s’en apercevoir. Pour la Chine, il ne s’agit aucunement d’une simple guerre asymétrique se faisant accroire pouvoir s’imposer brutalement d’un seul coup pour en finir au plus vite selon un dit droit de se défendre face à une dite menace imminente (pourtant au contraire construite telle depuis 1953, quand le Royaume-Uni et les États-Unis ont empêché l’Iran de devenir démocratique et y ont implanté la dictature, mais ayant elle-même viré en cette tout autre sorte) hors tout droit international interétatiquement circonscrit présidant à l’attaque israélo-étatsunienne. Pour la Chine, « Le concept de « guerre hors limites », théorisé en 1999 par les colonels Qiao Liang et Wang Xiangsui, postule que les conflits modernes se gagnent autant par la technologie et l’information que par les armes conventionnelles », ce qui se combine avec l’iranienne défense en mosaïque et tout ce qui s’y teste et dont recueillir les précieuses données1, dont celles des drones et missiles hypersoniques émergeant en essaim d’une telle mosaïque elle aussi flexible, là où les États-Unis fantasment encore sur l’armement sophistiqué fort coûteux, non seulement en argent, mais surtout en temps engageant et limitant la capacité productive réelle.
Bref, guerre hors droit international, mais de fait interétatique pour la plupart des médias « occidentaux », guerre hors limites pour la Chine, à même l’iranienne défense en mosaïque. Les uns abordent le réel selon ce qu’ils en imaginent, voire à leur seule fantaisie, jusqu’à la plus cruelle, les autres n’imaginent absolument rien que très expressément ancré en ses conditions réelles, dont le calendrier diplomatique: voulant entre-temps forcer les événements et ladite paix faite capitulation à imposer à l’Iran pour être en meilleure posture, mais en vain, Donald Trump n’a pas différé plus loin que la mi-mai 2026 sa rencontre avec Xi Jinping. Taïwan s’est ajouté au menu des discussions visant une libre circulation commerciale mondiale au détroit d’Ormuz et divers échanges commerciaux plus spécifiques entre leurs deux pays. Le miroir est total. Son sens ne se révèle que par devenir énantiodynamique de son état d’équilibre incessamment variable. Plus que les seuls pays arabes et le seul droit international, l’Afrique entière colle à la réalité révélant « la fragilité d’un ordre international incapable d’imposer la négociation à des acteurs déterminés à l’éviter. (…) La proposition est simple et urgente: les États africains doivent parler d’une seule voix dans les enceintes internationales, exiger un cessez-le-feu immédiat, et refuser de laisser leur territoire ou leurs espaces aériens servir de théâtre à des conflits qui ne sont pas les leurs. »1
Entre-temps, les États-Unis dégarnissent la Corée du Sud de son bouclier antimissile la protégeant de la Corée du Nord pour le déplacer vers le Moyen-Orient2. En effet, l’Iran a détruit des systèmes THAAD, fort peu nombreux et dispersés à travers la planète, et pour être remplacés au Moyen-Orient, devant être pris ailleurs. Ceci envoie le signal aux alliés des États-Unis dans le Pacifique qu’ils y sont dorénavant moins présents pour les défendre, sans parler de l’armement (dont les missiles Patriot) qui ne va plus en Ukraine (dont évaluer lui accorder une licence pour en fabriquer) et va plutôt lui aussi au Moyen-Orient. S’y entrevoit la déstructuration de toute l’architecture sécuritaire étatsunienne internationale interétatisée mise en place depuis 1945. Contrairement au système franco-italien antimissile compensateur dont doter l’Ukraine après une guerre de déjà quatre ans avec la Russie, la Corée du Sud, elle, voit s’ouvrir une brèche de deux ans avant de pouvoir se doter d’un système équivalent et est entre-temps encore plus encouragée à développer l’arme nucléaire… et à accentuer sa prolifération. Idem en Europe où les États-Unis trumpiens sont en train de déserter l’OTAN, mais aussi en partie le sol allemand (5 000 des 36 000 hommes, après que le chancelier Merz a dit que les États-Unis trumpiens n’avaient pas de stratégie en Iran qui les en humiliait)1, tout en contraignant l’Europe à apprendre rapidement à se défendre seule2. Ironie: l’entente onusienne quant à la non-prolifération risque d’être d’autant toujours plus contournée un peu partout (Égypte, Turquie, etc. étant déjà sur les rangs) au fur et à mesure qu’obnubilée par le discours israélo-étatsunienne visant à ce que l’Iran ne l’ait pas, si, au contraire, ne l’accélérant pas là aussi. Il est temps de s’apercevoir de ce que sont vraiment les actes en cause. Donald Trump ne s’adonne pas seulement à sa fantaisie, jusqu’à la plus cruelle. Son style transactionnel en est l’incessante manifestation, largement inconsciente, de l’ordre de l’enfant de deux ans perdurant en l’adulte: tout et ce, tout de suite, à toujours plus court terme s’avalant tout long terme, mais non sans que resurgisse avec ce long terme un tout autre court terme se mettant à prendre une tout autre allure que celle visée.
Trump veut former une coalition et y impliquer l’Europe avec l’OTAN et la Chine au détroit d’Ormuz, du moins tant qu’il y fait la guerre et veut que d’autres s’y exposent (mais peut-être pas, après la guerre, pour canaliser le commerce à son propre profit). Or, contrairement à lui, maints pays, dont l’Allemagne, se soucient de leur Constitution et de l’exigence d’être mandatés internationalement (par l’ONU, l’Europe, l’OTAN…). Cinq pays européens (France, Royaume-Uni, Allemagne, Italie, Pays-Bas), plus le Japon et d’autres pays, se disent prêts à contribuer à sécuriser le détroit d’Ormuz, mais sans envoyer de navires tant que l’intensité du conflit ne diminue pas. L’Organisation Maritime Internationale (OMI), agence de l’ONU pour la sécurité en mer, cherche à y créer un corridor humanitaire sûr pour évacuer les navires (et 20 000 marins en situation précaire). Le Canada s’invite à la table diplomatique pour se faire un vecteur du multilatéralisme onusien1. Il se propose de jouer un rôle d’interface entre le G7 et les États membres du Conseil de Coopération du Golfe (CCG), à la fois ciblés et instrumentalisés par les deux parties de la guerre israélo-étatsunienne et iranienne. Le G7 fonctionne à l’envers de ce qu’il est, car en interface avec la Chine (n’en faisant pas partie, mais liée avec l’Iran, ne serait-ce que par le pétrole qu’elle lui achète en yuan, non en pétrodollar), et sans faire des États-Unis trumpiens son coordonnateur, car l’instance belligérante donnant son ampleur au conflit en le magnifiant au-delà de ce qu’il serait autrement, surtout via Israël qu’ils arment et qu’il leur faut rappeler à l’ordre pour ne plus attaquer les installations énergétiques (a fortiori si éventuellement hydriques, encore plus catastrophiques), car avec rétorsion iranienne loin d’être aussi bien parée en pays arabes qu’en Israël2 :
« La convergence franco-canadienne sur la nécessité d’une issue négociée n’est pas un hasard. Paris et Ottawa partagent une vision commune: la guerre en Iran ne peut pas se terminer uniquement par des moyens militaires. La présidence française du G7 [2026] donne à Macron le levier institutionnel pour imposer cette discussion à l’ordre du jour. Carney et Macron, ensemble à Vaux de Cernay, représentent le flanc diplomatique d’une alliance qui mène par ailleurs une guerre. Cette tension est inconfortable. Elle est aussi nécessaire. »
« L’objectif réaliste et peut-être le seul atteignable à court terme n’est pas la paix. C’est la création d’un format de dialogue permanent G7-CCG sur la gestion de la crise iranienne, assorti d’un accord minimal sur la protection des navires civils dans le détroit d’Ormuz et d’une feuille de route même vague vers des négociations plus substantielles. »1
Bien noter cette quête de dialogue à favoriser internationalement, de fait interétatiquement, en deçà et éventuellement au ressort de la quête de paix et sécurité à promouvoir avec le droit international (tout aussi le plus souvent interétatisé ?) à l’ONU, à son Conseil de sécurité, et ailleurs. Sinon, c’est toujours le même pattern étatsunien (mais ailleurs, russe ou chinois) anti-onusien faisant que si l’histoire ne se répète pas, elle rime, comme disait Mark Twain: je déclenche la guerre et cherche ensuite à vous en coaliser pour vous y entraîner, mais jamais vous n’aurez voix et jamais il n’y aura discussion ensemble quant à ce qu’il faut décider, encore moins si jusqu’en le CPS, a fortiori le plus large Conseil de Sécurité, plus encore sans l’Assemblée générale, si faute de CI, à l’ONU. Toujours le même flottement du vocabulaire: là où l’Europe, dont la France constituant le noyau d’un dispositif de stabilisation propice à la coalition en Méditerranée moyen-orientale, reste lisible et d’autant audible par sa silencieuse présence qu’apte à bien distinguer le cas échéant les termes par lesquels en parler selon une claire posture défensive avec quelque éventuel débordement offensif si nécessaire, tout au contraire, comme les États-Unis trumpiens, Israël crée le flou terminologique lui permettant d’intervertir les termes et fait déjà passer l’invasion offensive du Liban (où blesser aussi des Casques bleus de l’ONU et en faire protester l’Indonésie) pour une défense avancée et grignote toujours plus le Liban, au lieu de chercher à coopérer et l’aider à se doter de moyens par lesquels parvenir autant à se reconstruire qu’à se défaire lui-même du Hezbollah. Comme l’a reconnu Ehud Barack, ancien premier ministre israélien, le Hezbollah est né en 1982-1985 en réaction aux invasions et occupations israéliennes. S’en retirer pourrait se conjuguer avec des démarches en vue de restaurer la paix avec un Liban mieux rendu apte à se départir de lui-même du Hezbollah, tout comme faire place à la Palestine arabe y contribuerait aussi, pour peu qu’il y aurait de la bonne foi dans les négociations, au lieu d’opter d’autant pour la guerre continue et permanente que se mettant à ne plus rien voir que l’interpréter tout le temps en termes de menaces à venir et à parer sous façade de défense avancée procédant par agression préventive. Or, Israël fait plutôt se généraliser là et partout ailleurs au Moyen-Orient son initiale guerre d’autant dite défensive, mais toujours plus avancée, que toujours soi-disant préventive et unilatéralement décrétée et intrusive.
Faut-il encore le rappeler: même sans insister sur le fondamentaliste religieux israélien qui a assassiné Yitzhak Rabin pour l’empêcher de conclure la paix avec Arafat et rendre possible la solution à deux États, Israël, de Sharon à Netanyahu, a plutôt financé le Hamas (pour détruire le Fatah issu d’Arafat et avec lui toute possibilité de deux États, que l’ONU avait pourtant laissé entrevoir lors de la création d’Israël) avant de s’en faire à son tour attaquer et d’y réagir par son fameux droit de se défendre censé autant s’exhiber comme si ex nihilo en sa dite innocence virginale entachée que chercher à s’en faire conforter interétatiquement à travers la planète. Sauf par quelque Palestine arabe préalablement laminée, pour faire oublier que c’est d’abord contre le pacifisme palestinien arabe pour l’être encore plus contre le seul terrorisme issu du Hamas qu’il s’y est créé de toutes pièces, sans parler de tous les autres groupes qu’il y finance et arme depuis lors pour le contrer à son tour, mais surtout pour persévérer en son objectif initial qui est de désintégrer toujours plus Gaza et toute aide humanitaire onusienne afin de toujours plus l’en vider de sa population1, tout comme la Cisjordanie où les exactions et les spoliations quotidiennes de la population arabe suffisent, sans guerre ouverte. On y aperçoit le mécanisme par lequel se créent ceux qui deviennent des proxys de l’Iran, depuis que lui-même laminé par les États-Unis et le Royaume-Uni en son essor démocratique issu de Mossadegh pour lui substituer la dictature du Shah, mais à son tour remplacée par celle des Mollahs, voire des Gardiens de la Révolution, en plus de constituer un axe encore plus vaste de résistance avec la Russie et surtout la Chine (sans parler de la Corée du Nord). Se révèle que ladite structure mondiale des géopolitiques rapports de force, loin de seulement s’imposer à l’état pur et de forcer idéologiquement de s’y camper d’un bord plutôt de l’autre, tout au contraire d’abord se génère. S’impliquent les États-Unis trumpiens (qui, eux, cherchent à entraîner maints autres pays) en cette offensive contre l’Iran, même si Joe Kent, le principal conseiller antiterroriste de Donald Trump, le contredit et a démissionné pour protester et signifier que l’Iran ne constituait aucunement une menace imminente envers les États-Unis.
Bref, la soi-disant paix forcée, en écrasant tout et en exigeant la capitulation pure et simple, est-elle possible? Ou n’est-elle qu’une contradiction dans les termes en regard d’une paix vraiment durable et onusienne (exigeant de considérer que la paix ne peut perdurer que par l’accord des parties de la faire telle), d’abord par cessez-le-feu (véritable plutôt que seulement apparent, en différant quelque autre attaque ?), puis reconstruction (plutôt que le temps de reconstituer des stocks d’armes et de rassembler encore plus de troupes ainsi armées ?) et enfin, pérennisation issue de l’instauration de relations sécuritaires aptes à résister à tout bris unilatéral forçant autrement jusqu’à la paix d’autant de l’extérieur, à son seul propre profit et en total déni et total refoulement de l’autre que l’écart de puissance semble pouvoir s’imposer brutalement tel, si sans trop de souci en sa propre politique intérieure, de coûts et surtout de hantise issue de quelque éventuelle résurgence de son refoulé. Il n’y a pas pire refoulé que celui qui fait retour et qui incite d’autant sa source refoulante à paranoïer, ne serait-ce qu’à l’évoquer, a fortiori à l’halluciner, comme en certains modèles robotiques de langage fait agents conversationnels plus ou moins algorithment orientés au point d’en être biaisés, mais en reprenant la sous-jacente rhétorique si humaine d’où les avoir constitués. Le robot peut halluciner, mais pour paranoïer, il lui faut s’humaniser un peu plus, y compris jusqu’à s’inhumaniser et fomenter des crimes contre l’humanité, si pour s’adonner à de dites guerres préventives s’ensuivant hors de tout droit international interétatiquement filtré. La transformation trumpienne du Pentagone pour y remplacer Anthropic, soucieux de garde-fous et d’éthique, par OpenAI les rognant pour mieux obéir aux décrets issus du Temple trumpien peut en constituer un éventuel jalon. Plus généralement, Trump veut empêcher toute régulation de l’IA par les États des États-Unis pour mieux la faire prévaloir depuis le seul fédéral centralisateur d’où s’imposer tel à l’échelle panplanétaire. Il s’agit de tout en faire monter jusqu’à l’exécutif, donc jusqu’à sa présidence, comme d’où tout en hiérarchiser, surtout pas l’ajuster et la contextualiser au plus près des usagers. Le font déjà les grandes plateformes: s’accaparer de tout en laminant la compétition, puis se défendre de tout monopoliser et de tant rendre les usagers clientélisés captifs que pouvoir merdifier les sites au gré de publicités rentables au détriment de la pertinence des contenus (exigeant non plus tant de les viraliser par violence, sexe, etc., mais de les ajuster et contextualiser au gré des besoins réels des usagers). S’exacerbe l’attitude soi-disant défensive se faisant fort agressive. C’est loin d’affecter les seules défensive/offensive militaires. Au contraire ! La géopolitique militarisante et le commerce néo-mercantiliste fusionnent en un seul et même acte dit transactionnel qui n’est autre que le droit du plus fort. Qu’est l’acte le plus transactionnel sans son incarnation, même si s’oblitérant aussitôt en compulsion à tout s’incorporer au gré d’egos gonflables et néanmoins d’autant encore plus nombrilistes que ne cherchant plus qu’à s’en faire toujours plus grand (le Grand Israël étant censé se conjuguer avec la Grande Amérique du Nord, du Groenland jusqu’à l’équateur d’où départager tous les pays d’Amérique du Sud, alors que MAGA ne se fait America first que Trump first)1? L’erreur, si humaine, peut se dénier avoir bombardé une école de jeunes filles malencontreusement trop près d’une cible militaire. Erreur prêtant à leur confusion ou confusion erratique et assoiffée de cibles? Camouflage de celle-ci sous celle-là? Comme si l’erratique était l’errance poétique. Le droit de cuissage devenu affaire Epstein ou autre s’y ajoute. Même la fidèle Pam Bondi est démise de la tête du Ministère de la Justice, faute de réussir autant à en prémunir Trump qu’à assouvir ses vendettas personnelles. Trump est même en train de poursuivre une agence fédérale qu’il dirige, l’Internal Revenue Service, pour 10 milliards de dollars. Il l’accuse de ne pas en avoir assez fait pour empêcher la fuite de ses rapports d’impôt de 2020 et a entre-temps signé un décret obligeant tous les avocats du gouvernement à se conformer à l’interprétation juridique du président : la privatisation de l’État coincé par la contradiction d’être à la fois l’attaquant et le défenseur sombre dans la crise constitutionnelle à d’autant différer, si possible, qu’elle risque d’éclater en pleine guerre avec l’Iran. La rhétorique peut intervertir le sens des termes attaque/défense, la réalité, elle, par la pression accrue sur elle-même, est acculée à l’impasse. Finalement, Trump instrumentalise d’autant mieux sa propre poursuite pour obtenir que, de façon permanente, ni lui, ni son clan ne puissent être enquêtés concernant d’anciens manquements fiscaux (ce qu’il réussit) en même temps qu’il consent à retirer sa plainte en échange (ce qui échoue) de la création d’un fonds d’indemnisation dit anti-instrumentalisation de la justice susceptible de bénéficier à ses partisans poursuivis sous Biden pour avoir envahi le Capitole. Bref, Trump, son clan et ses partisans s’imposent. Ledit Art of the Deal est un art de l’impasse créée en sa propre faveur et celui de son Temple assurant qu me adhérer à son culte fait en être favorisé, non seulement jusqu’à l’impunité contre les conséquences de ses propres actes, mais jusqu’à en être éventuellement récompensé sous condition de trumpisme. S’amplifie la boucle de la concentration des pouvoirs pliant la Constitution, certes, mais en pliant jusqu’à la société civile à la base du tout. Ce qui fait la puissance de la fantaisie est de ne pas s’en tenir à seule idiosyncrasie n’opérant que de façon purement circonstancielle, mais de pouvoir se viraliser, se faire onde propagatrice d’elle-même selon un individualisme tous azimuts faisant qu’une masse egoïque constituée en alter ego en soit malignement géniale au point de permettre à l’ego de s’affirmer toujours plus tel, mais en se l’incluant et s’en sous-tendant pour soi-disant s’en universaliser. L’ego déductif cartésien n’est plus que, tout à l’inverse, de part en part inductif, chez l’humain, à la façon de la physique cartésienne qui, elle, n’était qu’une force de repos de toutes les parties de tout corps les unes contre les autres et de tous les corps s’en avoisinant (au point de se viraliser et collectiviser depuis l’un d’eux à tous les autres s’en massifiant en fonction de lui, chez Trump) jusqu’à constituer le monde (mais ainsi infléchi). Narcisse ne se noie plus en son image, mais fait s’y noyer le monde pour le ramener fort egocentriquement tant à lui-même qu’à lui seul. L’être nombriliste n’est jamais tant au monde (n’en déplaise à la phénoménologie) que celui du monde. S’il n’est qu’est donc le monde?
Par ailleurs, l’impasse s’étend du sein jusque hors des États-Unis. Si elle n’est plus issue de la pression israélo-étatsunienne sur l’Iran, elle l’est par l’entrisme islamique politique des Frères musulmans supportant l’Iran et pénétrant les sociétés dites occidentales dans le sport, l’éducation, etc., où y recruter la jeunesse (alors que la dénatalité menace, autant par la formation éducative -si restée accessible- s’allongeant et faisant différer le moment d’avoir un enfant, a fortiori un second, que par l’infertilité accrue, etc., si sans des mesures sociopolitiques natalistes appropriées, a fortiori si suscitant une conjointe phobie envers une immigration faite n’importe comment et empirant tout, mais en oblitérant sa propre incurie gouvernementale et en faisant accroire que sa propre population y résistant serait raciste, sinon, comme Trump, tout à l’inverse, purgeant autant l’une que l’autre). Plus la rhétorique fait du réel une impasse et en est invisiblement pénétrée, plus l’anonyme On s’impose avec et au gré de l’anomie qui s’installe et qui l’en rend si malignement génial, car même si sans savoir duquel -et si cette indétermination totale peut s’exhausser par surcroît selon quelque alchimie (chimie sacrée) en Dieu-, c’est de tout un chacun que peut surgir son verbe: qui et quand va parler, mais empli de On alchimiquement fait Dieu, si ne se condensant en tout un chacun en Ça perdurant au fond de soi au ressort de ses Ego et SurEgo, certes si individuels qu’individualistes, mais aussi et surtout d’emblée ainsi viralement collectivisables sous le prévalant culte en cause de l’Ego, auquel réduire et assimilier tout sens de soi et ce, a fortiori si étatiquement instauré jusqu’au point de canaliser cette alchimie du même coup à la source du monde alors créé en sa totalité ? S’y greffent les religions révélées, dites monothéistes, qui sont toutes des religions savantes consignant un tel si divin verbe en un Livre Sacré, non sans quelque géopolitique jusqu’à la plus laïque tentant de canaliser ce sacré. Dès qu’est supplanté le dieu des dieux (du Zeus grec au Jupiter romain et à sa mithraïsation importée de Perse et condensée dans le Sol Invictus), surgit et s’impose Dieu si unique comme le plus puissant antidote qui suinte des interstices des si anomiques « Polis », à savoir cités étatisantes, surtout si faites empires, dont la révolution s’est initiée environ depuis 3,300 avant Jésus-Christ et dont la massive urbanisation sous-jacente s’est fort intensifiée du XIXe au XXIe siècle. Si l’anomie mène au suicide, voire l’homicide le vicarialisant, si ce n’est la fantaisie jusqu’à la plus cruelle l’en décantant et s’en viralisant en quête de quelque bouc-émissaire, Dieu en sauve, tant son Verbe se fait chair là même où les humains parlent de moins en moins, à tous les âges de la vie, mais surtout chez les moins de 25 ans, au point d’affecter leurs relations sociales et, par là, jusqu’à leur état d’être alors davantage susceptible de mal-être que de bien-être, voire mieux-être1. Sauf aberration de Dieu n’étant censé être unique que du même coup tout au contraire aux prises avec des monothéistes s’entrechoquant en cherchant à se l’accaparer. L’absurdie divine monothéiste s’aperçoit pleinement en son nihilisme matérialiste pouvant seul lui correspondre, d’où le plus puissant levain terroriste. La terreur sacrée inspirée par un Dieu colère (en deçà de tout devenir amour) ne suffit plus, il lui faut tant se manifester que s’en vicarialiser, de l’instrumentalisation du terrorisme à son retour à sa source ne parvenant plus à le semer et manipuler qu’en s’en trouvant alors hantée.
La guerre narrative filtre d’autant idéologiquement toute guerre sur le terrain (militaire, juridique, fiscale, etc.) que les mots, dont défense et attaque, mais aussi guerre et paix, prédation et proie (dite l’avoir provoquée et autrement, faisant d’autant s’enrager que ne consentant pas assez vite à être bouc émissaire), voire proie jusqu’à la plus charnelle et sexuelle, se mettent à flotter, voire à s’intervertir au point de signifier leur inverse selon une fantaisie d’autant totale que consommée: l’envers s’extraie, s’exhibe et se donne en spectacle en lieu et place, sous façade et à l’encontre de l’endroit à faire virer à l’envers de lui-même jusqu’en la réalité à réifier et enkyster, donc jusqu’à l’impasse anomique laminant tout verbe au ras de quelque On (tout un chacun, mais sans plus jamais savoir duquel), si Dieu n’en rejaillit. Orwell n’avait pas aperçu ce ressort de la double pensée dans 1984, car il ne relève pas de la pensée, mais de la sous-jacente fantaisie se nouant en ses affections en même temps que s’y répercutant et ne l’en faisant se dire que se contredire, si ne vicarialisant en quelque tiers sa propre impasse pour s’en délester et l’en charcuter. L’affinité profonde entre Netanyahu et Trump vient de ce même arrière-fond soi-disant défensif ne faisant qu’attaquer pour y procéder à titre unilatéralement décrété préventif ou tout simplement allusif et au besoin projectif, voire fort créatif, au point de financer jusqu’au terroriste pour détruire le pacifiste et pouvoir s’en justifier, voire intervertir le sens des termes défensif/offensif, à leur fantaisie s’imposant tous azimuts. À l’origine, est l’univers-miroir. Ce n’est pas que cosmophysique, mais d’emblée humain, dès qu’aux prises avec sa raison devenue de part en part cynique. En s’y éveillant et en en émergeant ou tout à l’inverse, en y sombrant? Rappelons avec Chesterton que le fou n’a pas tant perdu la raison que tout, sauf la raison, laquelle ne s’opère plus que depuis la fantaisie d’où en être rendue insensée, en anomique perte de sens. S’il n’y avait que la fantaisie, toute la vie ne serait qu’une aléatoire et chaotique suite de concours de circonstances, mais il y a aussi la raison qui, faute de s’en éveiller, s’en trouve enrayée et s’en met à se figer en toute idéation jusqu’en sa logique au point de n’en être plus qu’idéologique, non plus entre blocs duly constitués s’opposant tels entre eux comme autrefois, mais dorénavant à la carte, car seulement à sa fantaisie en laquelle s’enliser et tout faire s’enliser, du plus universel en le plus spécifique, du plus permanent en le purement circonstanciel et si contingent qu’aléatoire et chaotique, etc. La raison ne vaut plus aucunement comme telle, faute d’émerger d’autant de la fantaisie qu’à elle-même, mais uniquement comme ce qui procure la puissance la plus ordinatrice possible, la cognition des cibles sur lesquelles la faire porter et un esprit toujours plus en peau de chagrin au fur et à mesure qu’elle s’y trouve emportée et s’y fait toujours plus aléatoirement hacher et dépecer au gré des circonstances. Se faire toujours plus grand encore, mais à l’aune de tout cet émiettement tous azimuts vers le toujours plus petit, pointilleux et capricieux. Les deux se touchent, se confondent. Big Bang!
Bien noter le curseur se déplaçant et accentuant cette interversion, de l’Europe, dont la France qui cherche à préserver le sens de ces termes (et où se trouve l’UNESCO si soucieuse de préserver la diversité des cultures), à Israël et a fortiori les États-Unis trumpiens, faisant dire aux mots, par lesquels en effectuer le récit, très exactement l’inverse de leur signification et de quelque rapport avec le réel, tant le réel est réifié à l’aune de ce qui en est imposed toujours plus unilatéralement. Pendant ce temps, Donald Trump essaie de faire accroire au G7 que l’Iran est sur le point de céder. Il occulte autant sa perdurante résistance que la crise qui se mondialise, non seulement par ses effets, mais d’abord par sa causale imbrication géopolitique systémique l’Iran bloque le détroit d’Ormuz aux seuls « alliés » (de fait subordonnés) de ses attaquants israélien et étatsunien, non à ses propres alliés, et le tout transparaît jusqu’en le CPS de l’ONU comme impuissance des grandes puissances. Trump bloque le pétrole iranien. Faiblesse structurelle des hydrocarbures (si adulées par Trump): ce sont des sources énergétiques d’autant volatiles que passant par de tels goulots d’étranglement où en noyauter toute circulation et par là, tout commerce, voire toute géopolitique loi du plus fort cherchant à s’y imposer, ce qui entraîne le pétrodollar (et la compensatrice exigence MAGA, si vaine soit-elle). Même par la CCNUCC, à savoir la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (depuis 1994), la thèse de l’ONU des énergies renouvelables comme alternative pour la sécurité énergétique est confrontée à des contraintes industrielles qui laissent entrevoir plutôt un mixte avec l’énergie nucléaire, selon EnerGeek. Cela relance la question du double usage et de l’éventuel passage à l’arme nucléaire et au chantage qu’instaure le fait de la posséder, si le tout ne vire et ne se déploie plutôt par la séquence tabou-paranoïa-cruauté qui, si abusivement fantaisiste soit-elle, impacte la réalité. Les énergies renouvelables renvoient d’autant conjointement au nucléaire que, par transition vers la phase El Niño, les changements climatiques, non seulement réchauffent les océans, mais créent plus de nuages, de sorte que les fermes solaires sont moins performantes. Et la grêle peut détruire leurs panneaux solaires, etc. Enfin, la Chine est leur principal producteur mondial: les choisir serait-ce la choisir ? La géophysique se fait météorologique et géopoliticoéconomique.
Quant à l’impuissance des grandes puissances, Villepin a raison, sous condition d’y insister comme la voie par laquelle le droit international, a fortiori si aperçu plutôt interétatique, se fait laminer, tant la raison s’en fait instrumentalisée depuis une sous-jacente fantaisie créant l’impasse. Donc, elle est à problématiser. Il ne suffit pas d’idéaliser ce droit dit international (d’autant plus mal nommé que le souvent interétatique) en même temps que se faire accroire avoir seulement à le rétablir… en mots, mais non en réalité. L’idéal ne vaut guère plus que le fantasme faisant tant s’intervertir les termes du récit guerrier (défense/attaque) chez Trump et Netanyahu que s’en donner pour le réel. Uniquement s’il parvient à s’y mesurer et s’en dégager, l’idéal peut se réaliser. Ceci exige un processus idéatoire apte jusqu’en sa logique à s’assainir à l’aune d’une capacité à s’éveiller et se dégager de la sous-jacente fantaisie: dans la réalité, ledit casseur veut encore moins réparer, car selon lui, l’autre qu’il cherche à détruire l’aurait provoqué. Trump veut même lui faire payer les dépenses faramineuses qu’il effectue pour y parvenir (mais l’Iran, là aussi résiste, et ce pourrait bien être tout l’inverse qui va arriver). L’écart de puissance est à la source de la force censée tout régler d’un coup et se retrouve au contraire dans une guerre d’usure: l’attaquant, même si faisant accroire ne que se défendre, finit par payer sa guerre plus chère que le résistant qui parvient à tenir. Autant de la Russie face à l’Ukraine que des États-Unis et Israël face à l’Iran. Si la crise pétrolière et financière se radicalisait en menace de viser des installations civiles vitales, dont des installations électriques et a fortiori des usines convertissant l’eau de mer en eau potable, elle rendrait invivables des villes de plusieurs dizaines de millions de personnes, avec subséquents flots migratoires dévastateurs. La si crainte arme atomique, même en passant du fantasme au réel, ferait-elle pire? Elle y trouve son prélude, sinon écho.
4) Coopérer sous l’égide de l’ONU en vue de stabiliser le monde ?
Automne 2026: une élection est prévue autant en Israël (probablement avec impasse gardant Netanyahu au pouvoir, le temps de la dénouer, mais en faisant perdurer le sionisme en tous les cas, bien que ce puisse être éventuellement selon un style plus avenant si le délogeant finalement1) qu’aux États-Unis, à mi-mandat, en vue de renouveler avec une part du Congrès, la balance du pouvoir. Les jeunes de 18-29 ans ayant voté Trump sont désenchantés et frustrés qu’il fasse la guerre et donc le contraire de ce qu’il a promis. De fait, ils le sont des deux Partis politiques. Le système entier leur semble ne pas fonctionner et Trump est en quête pour l’empirer et contrôler qui peut voter, à savoir si votant plus probablement pour ses candidats, autrement à risque d’être emportées par une vague démocrate un peu trop susceptible d’advenir, ce pourquoi, par exemple, le vote postal est particulièrement ciblé, car cru être plus favorable aux Démocrates. Les jeunes, non seulement déçus, mais peinant à se reconnaître une soi-disant démocratie toujours plus électoralement dysfonctionnelle et biaisée, envisagent de ne pas voter. Sans parler de contradictions internes: ICE peut s’en prendre aux migrants, mais « si vous voulez que la prochaine génération ait des enfants, vous devez lui permettre d’accéder à des
1 Les droits humains menacés par la loi du plus fort, António Guterres, 23 février 2026. https://unric.org/fr/le-chef-de-lonu-tire-la-sonnette-dalarme-face-a…
1 https://theconversation.com/les-etats-unis-et-lonu-des-relations-tumultueuses-69754.
2 Stephen Kinzer, The Brothers: John Foster Dulles, Allen Dulles, and their Secret World War, New York, St. Martin’s Griffin, 2013. Leurs actions s’initient sous Eisenhower.
1 Tout vire en miroir, car, comme lors des événements terroristes du 11 septembre 2001, ce sont les États-Unis de Bush fils qui se sont mis à traiter d’antiaméricains jusqu’aux plus dévoués alliés osant un tant soit peu exprimer quelques réserves sur les actes de son administration: « Ou bien vous êtes avec nous, ou vous êtes avec les terroristes ». Il ne peut y avoir de tierce attitude incluse, car toujours d’emblée exclue, car défense faite domination unilatérale lésée et à rétablir telle, en portant la guerre chez l’ennemi, quitte à bouc-émissariser l’un ou l’autre pour y parvenir et obtenir la proie recherchée (Sadam Hussein en Irak, Ben Laden en Afghanistan à bombarder et en jouir cruellement pour y parvenir et plutôt finalement le tuer au Pakistan, le mollah Khamenei en Iran, mais sans que le régime tombe, si ce n’est aux mains de l’hydre des Gardiens de la Révolution dont les têtes repoussent en correspondance avec le régime en perdurant). Jusqu’à toute instance internationale tierce s’effondre en la seule tension interétatique interimpérialiste et ne lui est plus en rien tolérable, y compris si onusienne, qu’a posteriori, après coup.
2 Réminiscence du Dieu cartésien pragmatisé en se faisant étatsunien, car fort incompréhensible et néanmoins concevable en sa chiquenaude initiale créatrice du monde où s’impose partout cette incessante impulsion à agir en proportion de l’écart de puissance. Dieu non plus tant (mono-)théiste que déiste (en régissant à distance jusqu’à l’humaine vie censée en être d’autant uniquement instrumentalisable qu’assimilable comme à un cadavre). Coup d’envoi d’un nihilisme qui, en les sociétés dites occidentales, ne parvient à être que matérialiste, contrairement au nihilisme divin nirvanique, dit plus oriental.
1 Ibidem, pp. 329-330.
1 « En 1998, l’inspecteur général de la CIA Frederick Hitz (en) publie un rapport en deux volumes qui soutient les affirmations de Webb, décrit l’implication des Contras dans le trafic de drogue et la façon dont l’organisation a été protégée pendant les administrations Reagan et Bush. Le rapport démontre que le lieutenant-colonel Oliver North et le Conseil de sécurité nationale étaient informés de ces activités. » Voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Contras.
2 Un dit piège de Thucydide censé augmenter la probabilité de la guerre lorsqu’une ancienne puissance fait face à une nouvelle puissance émergente, renvoie plutôt à ce qui de la guerre du Péloponnèse entre Sparte (avec laquelle s’allier pour se défendre) et Athènes (dite prototype de la démocratie, mais s’étant mise à rançonner les États qui en dépendent et envers lesquels n’en être aucunement démocratique) se reconduit entre Chine et États-Unis (en train de suivre la même voie de déchéance démocratique). L’œuvre de Thucydide « n’est pas un traité sur l’inévitabilité structurelle de la guerre, mais une exploration de la manière dont la faiblesse humaine, l’erreur politique et la décadence morale sont susceptibles de se combiner pour provoquer une catastrophe »; « Son récit est rempli des réactions délétères que suscite la peur, des attraits de l’ambition, des échecs des dirigeants et, finalement, du naufrage tragique de la raison », https://theconversation.com/ce-qui-conduit-a-la-guerre-les-lecons-de-lhistorien-thucydide, par Andrew Latham, 2026-05-04. Ce naufrage tragique de la raison est ici abordé à la façon de Ficin qui était fort soucieux de la faiblesse humaine et de la prudence pour s’y mesurer et qui avait déjà aperçu en Thucydide un contemporain de Socrate, inspirant lui-même Platon (selon qui les Lois sont des déterminations de la raison). Ficin a mis au jour les affections de la fantaisie (désir de ce dont jouir et crainte de ce qui afflige et endolorit) de sous la raison (comme automotion propre de l’âme) et surtout son écart à Dieu révélant d’autant sa faiblesse qu’à la façon de l’écart lumineux de la Lune n’ayant pas d’autre lumière que reçue du Soleil, donc ne faisant que la réfléchir sur Terre. Dès Rabelais, ces affections se nouent paradoxalement (tant le désir de ce dont jouir vient incessamment buter sur ses propres culs-de-sac logiques en se conditionnant par un préalable évitement de ce qui est craint affliger et endolorir) et forgent l’assise de la raison cynique qui triomphe au XXIe siècle. Soit elle se démultiplie d’autant en incessantes crises tous azimuts (toutes plus idéologiques les unes que les autres en vue de légitimer les hégémonies, voire les plus réductrices dominations fort hiérarchisantes) que sombre et fait donc naufrage en cette sous-jacente fantaisie s’en avérant toujours plus cruelle. Soit elle s’en éveille et en devient un tant soit peu plus critique, en réservant une plus grande place à la prudence et à la réflexion qu’à la peur et à l’orgueil. « Thucydide ne nous offre pas une théorie des relations internationales, mais un avertissement, un rappel aux dirigeants qui, obsédés par leur propre place dans l’histoire, précipitent leur nation vers l’abîme. » Jusqu’aux apparents déterminismes structurels varient au gré des sous-jacents choix humains (jamais individuels que d’emblée sociaux, donc à la fois individuels et sociaux, aucunement en rendant les deux de façons mutuellement exclusives, comme entre États-Unis, faisant s’intégrer et se réduire toute relation structurale aux seuls individus les en surdéterminant d’autant aléatoirement que selon quel individu en émerge et s’impose aux autres en la noyautant téléologiquement, et Chine, noyautant et faisant s’imposer d’emblée la structure aux individus).
1 Jacques Provost, https://www.msn.com/fr-ca/actualites/other/analyse-trump-affirme-qu-obama-a-offert-la-bombe-à-l-iran-c-est-faux-documenté-et-dangereux.
1 Maxime Marquette, https://www.msn.com/fr-ca/actualites/other/lettre-ouverte-doge-detruit-l-aide-aux-etudiants-1-700-milliards-de-prets-en-danger.
1 https://dworaczek-bendome.org/guerre-inevitable-chine-soutien-militaire-iran/ La Chine brade le pétrole, contourne le dollar, fournit une technologie à double usage, etc.
1 Ibidem.
2 Malgré leur pacte du Camp David avec les États-Unis en 2023, Corée du Sud et Japon s’inquiètent de leur fiabilité et renforcent surtout leur sécurité bilatérale, car la Corée du Nord, elle, a la bombe atomique, et joue en tiers entre Russie et Chine, elles aussi actives.
1 Toutefois, la base aérienne de Ramstein y demeure la plus importante en Europe et est cruciale pour les États-Unis comme d’où se projeter dans le monde. Et légalement, les États-Unis sont tenus de garder en Europe 75 000 hommes. Trump s’efforce de contourner ses obligations face au Congrès étatsunien, car, selon une loi de 1973, le président, plus qu’une stratégie à lui exposer, a besoin d’en obtenir l’autorisation au-delà de 60 jours pour poursuivre sa guerre, dont plutôt dire que ce n’en pas une et la présenter comme une opération militaire, d’ailleurs quasi suspendue par un approximatif cessez-le-feu. De fait, via des blocus mutuels au détroit d’Ormuz, il y a opposition totale en miroir de ce que les deux parties veulent l’une de l’autre. Trump ne veut jamais rien céder, mais faire céder et l’Iran s’est radicalisé, de dictature théocratique en autocratie militaire par le régime des mollahs devenu celui des Gardiens de la Révolution. Et la cote de popularité de Trump a chuté aux États-Unis à près de 30%, comme pour d’autres présidents lors des guerres d’Irak (2006) et bien auparavant, du Vietnam, ayant inspiré ladite loi de 1973 à contourner.
2 Ou, face à 5 000 soldats ultérieurement réorientés vers la Pologne, à faire que l’Europe et l’OTAN cherchent à comprendre ce qu’il en est.
1 Le Canada a fait voter à l’ONU, non deux États, mais la partition entre Israël et Palestine arabe, ce qui, faute de tenir compte de l’inégalité des forces en présence et d’avoir pu en prévoir l’issue, surtout depuis la guerre des Six Jours gagnée par Israël en 1967 et a fortiori une fois le tout doublé du devenir étatsunien chrétien néosioniste, a mené au désastre actuel. Sans prudence plus marquée, le Canada s’adonnant au multilatéralisme onusien pour l’aiguiller n’est pas une panacée universelle. Le Canada intégrera-t-il ce multilatéralisme pour réviser la trudeauiste Constitution de 1982 qui privilégie des droits et libertés individuels si individualistes qu’au détriment de leur teneur sociale renvoyée en clause annexe et dérogatoire, sans et contre le Québec et de là, le fait français plus général ? Le multilatéralisme ne peut être un soi-disant multiculturalisme si multiethnoracialisant, en mosaïque, non plus pour se défendre comme en Iran, mais pour agresser et en diluer le Québec en le désocialisant, surtout depuis qu’ayant tronqué le Rapport Laurendeau-Dunton de son biculturalisme au profit du seul bilinguisme d’où l’occulter et l’encarcaner. La latéralité n’est pas que tension énantiomorphique, selon des gauche/droite (y compris politisée en libéral/conservateur, dont le libéral Carney s’avalant jusqu’au conservateur), mais a un sens susceptible de les équilibrer, si s’éveillant à son énantiodynamique, dès les sous-jacentes cultures (au moins par les manières de parler) jusqu’en les langues. Voir mes livres publiés chez L’Harmattan, dont Du débat entre Ficin et Pic à Rabelais, la Renaissance philosophique, d’italienne à française, 2026, pp. 7-8, 48-50, etc.
2 De plus, l’OPEP se désagrège: l’Arabie Saoudite cherche le statu quo, mais les Émirats Arabes Unis se décident à la quitter, ce qui peut aussi faire compétition à l’Iran à Ormuz. À court terme, il y a peu d’impact sur le prix du pétrole qui reste élevé, car conditionné par le double blocage iranien et étatsunien mutuel d’Ormuz. Par contre, les contraintes sur les quotas de production de pétrole s’estompent au fur et à mesure que l’OPEP se désagrège et que la concurrence s’accroît, ce qui crée à plus long terme un marché baissier, mais peut-être aussi l’affaiblissement du pétrodollar concocté entre États-Unis et Arabie saoudite. Par ailleurs, en conjoint sens inverse, les Conférences sur le climat de l’ONU, fonctionnant par consensus et noyautées par des lobbyings propétrole, voient surgir en Colombie un Sommet indépendant visant à mieux s’attaquer à la problématique et à y pallier par des votes à la majorité (les deux tiers ?) et des critères d’éligibilité.
1 Maxime Marquette, https://www.msn.com/fr-xl/actualite/other/enquête-le-canada-orchestre-une-coalition-g7-moyen-orient-pour-désamorcer-la-guerre-en-iran. Par ailleurs, le CCG demande le feu vert du Conseil de Sécurité de l’ONU pour faire usage de la force dans le détroit d’Ormuz. Or, au sein du CPS, si les États-Unis (magnifiant cette guerre) le soutiennent, voire l’y poussent pour se conforter, il n’en va pas de même de la France, la Russie et la Chine. Surtout que la modalité trumpienne d’action peut favoriser le dérapage de la force, de défensive en offensive, dès lors illégale et encore plus prompte à l’escalade. Bien noter que les États-Unis, non seulement désertent l’OTAN, mais ne peuvent plus présider au G7 pour instaurer ce dialogue G7-CCG… médiatisé par la Chine! Par ailleurs, le Pakistan médiatise et négocie un cessez-le-feu d’Israël et États-Unis avec l’Iran, ce qui tarde et fait que l’Iran se tourne vers la Russie, tandis que Trump dit que la Chine pourrait faire davantage (par pression diplomatique? économique? mais est-ce réaliste si les États-Unis bloquent le pétrole iranien vers la Chine et ailleurs ?). Et Israël bousille tout, car continue de bombarder le Liban, dit non inclus, mais, pour l’Iran, aussi inclus, le tout sans parler de la Palestine arabe (l’oubliée), surtout si avec État, là où l’État d’Israël s’impose.
1 « C’est notamment le cas de la milice des Forces populaires, dirigée par Yasser Abou Shabab. Ce membre d’un important clan de Rafah avait été incarcéré à Gaza pour trafic de drogue avant la guerre, raconte l’historien Jean-Pierre Filiu dans les colonnes du Monde. Le Palestinien, qui s’est évadé de prison au début du conflit, est désormais à la tête d’un gang ennemi du Hamas, accusé par plusieurs ONG et organisations internationales d’avoir organisé des pillages de convois en 2024, ajoute Libération. (…) Pourtant, ces dernières semaines, l’organisation de Yasser Abou Shabab a affirmé sur les réseaux sociaux qu’elle œuvrait pour « protéger la population contre le terrorisme généralisé, empêcher le vol des aides et faire face à la corruption », précise le quotidien. Sa milice a été photographiée alors qu’elle menait un contrôle sur des véhicules de l’ONU, dans une partie du territoire que l’armée israélienne interdit théoriquement aux Palestiniens. (…) Fin juin, l’ex-ministre de la Défense israélien, Avigdor Lieberman, a révélé à la radio Kan que l’armée fournissait des fusils d’assaut à des groupes gazaouis opposés au Hamas. Dans la foulée, Benyamin Nétanyahou a assumé avoir « activé des clans » dans l’enclave, suscitant de vives critiques de l’opposition. « C’est un scénario dangereux mais aussi clairement la politique » de l’exécutif israélien, qui « veut tout faire non seulement pour affaiblir le Hamas, mais aussi pour faire (…) plonger la société dans le chaos », expose Hugh Lovatt. « L’objectif est de rendre Gaza ingouvernable, invivable, et ainsi de créer les conditions pour provoquer le départ de la population. » » https://www.franceinfo.fr/monde/proche-orient/israel-palestine/groupes-armes-par-israel-clans-influents-le-hamas-est-il-en-train-de-perdre-le-controle-de-la-bande-de-gaza_7355688.html. Quête d’un terrorisme instrumentalisable.
1 Notez qu’il ne s’agit là que de l’expression géopolitique de ce qui s’en présumait déjà physique chez Descartes, par ego d’autant centré sur lui-même que se trouvant au centre de la pierre qu’il fait tourner en une fronde et dont il sent la tension à travers la corde l’y reliant. Or, Newton a tout au contraire établi, malgré cette apparence, qu’il y a incessante action-réaction trouvant à s’équilibrer, non seulement entre son corps propre pouvant légèrement se mobiliser en sens inverse en vis-à-vis de là où est rendu la pierre en tout point de sa trajectoire autour de lui et de sa propre et conjointe tendance à se mettre dès lors osciller légèrement, mais aussi en un centre commun de gravité du tout avec la Terre et comme elle et toutes les autres planètes ne pas tourner tant autour du Soleil comme d’un centre apparent que de leur centre commun de gravité. Celui entre la Terre et le Soleil est au-dessus de la surface du Soleil, celui entre Jupiter et le Soleil sous la surface du Soleil. Le sens physique, voire géophysique sous-tend incessamment le sens géopolitique jusqu’en cette immense tension (faite révolution gnoséologique kantienne) entre ce qui en est apparent (phénoménal) et ce qui en est en réalité, donc aussi entre la pure représentationnelle mise en scène et la validation s’assurant de sa propre représentativité. Jusqu’en ce sous-jacent sens physique et même géophysique, se distinguent la cénesthésie, inhérente à son corps propre en s’apercevant au moins de son effort au ressort du geste situationnellement en cause, et la kinesthésie, surgissant d’emblée à l’interface interactionnelle entre son corps, lui-même jusqu’en toutes ses interfaces articulatoires constitutives, et son environnement, ce qui ne se peut guère qu’en restant sensible à tout centre commun de gravité en cause. Être si diversement soi-même jusqu’en son corps fait l’être tout aussi diversement au monde, de physique et même géophysique à géopolitique.
1 Plusieurs études en rendent compte depuis 2010, comme le signale https://ici.radio-canada.ca/info/long-format/2255392/humain-parole-mots-communication, sous le titre L’humain prononce de moins en moins de mots chaque jour. Il y a au moins corrélation entre prolifération des téléphones portables (avec textos), des médias sociaux (virtualisant plus qu’actualisant les relations sociales en même temps que compensant le sentiment de solitude) et du commerce en ligne, d’une part, et, d’autre part, la communication orale plus restreinte au quotidien. Du moins dans les sociétés « occidentales » plus individualistes, le verbe ne se fait plus chair tant par l’oral qu’en se transposant par le scriptural. À l’image du Verbe de Dieu qui ne s’est incarné par le Christ ayant oralement prêché, mais dont la Parole s’est faite Bible, à savoir Livre Sacré, depuis lors promue? La relation entre les sens (par lesquels ouïr, voir) covarie avec le devenir de son geste moteur (digitalisé et dit numérique) physique, voire géophysique, jusqu’en géopoliticoéconomie.
2 Hormis la récente fusion de partis d’opposition n’ayant rien en commun que de s’opposer à Netanyahu à la fin d’avril 2026, « Dans le système parlementaire israélien, personne ne devient premier ministre en remportant le plus grand nombre de voix. Le pouvoir revient à celui qui parvient à former une coalition qui occupe au moins 61 des 120 sièges de la Knesset. (…) Les sondages de janvier 2026 indiquent une destination familière : l’impasse. Le Likoud reste le premier parti avec environ 25 sièges, mais le bloc pro-Netanyahou ne totalise que 50 à 52 sièges; le bloc anti-Netanyahou prend l’avantage sur le papier avec environ 56 à 58 sièges – toujours en deçà de 61 sièges et avec pratiquement aucune perspective de défections entre les blocs, car le dogmatisme politique a enfermé les partis dans deux camps hostiles l’un à l’autre et les négociations/changements électoraux se produisent désormais principalement au sein des blocs, et non entre eux. » https://fokusisrael.ch/fr/actualites/israel-2026-une-nouvelle-election-dans-limpasse/. Rappelons aussi que Netanyahu a besoin d’entretenir la guerre et donc de céder aux franges les plus radicales qui, même si peu nombreuses, tiennent la balance par laquelle il peut se maintenir au pouvoir et s’éviter de se mesurer aux poursuites pour corruption.
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4) Coopérer sous l’égide de l’ONU pour stabiliser le monde ?

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