Par-delà l’éphémère Société des Nations issue de la 1re Guerre Mondiale, l’ONU naît de la 2e Guerre Mondiale et perdure au gré d’une vie internationale interétatisée acceptant d’y autonomiser une fraction géopoliticoéconomique d’elle-même et favoriser un processus décisionnel-opérationnel d’ensemble rendant mieux possible ses principales missions : la quête de paix et de sécurité, même si noyautée par son CPS, mais aussi le développement humain d’autant appelé à s’intégrer l’humanitaire, le développement durable et les droits humains que mieux mis en œuvre si l’Assemblée générale se dote à cette fin d’un Conseil Indépendant (CI) de son CPS. Le développement humain se conquiert sur son devenir inhumain (jusqu’aux crimes contre l’humanité) qui tend(ent) à s’accentuer au XXIe siècle au gré des tensions interimpérialistes par lesquelles des membres de ce CPS minent l’ONU à la fois de l’intérieur et de l’extérieur. L’humain, jamais individuel que d’emblée aussi social, advient si laborieusement à sa propre conscience qu’il ne parvient plus à se sentir qu’en étant toujours plus médiatisé et investi dans les affections de sa fantaisie (désirant ce dont jouir et craignant ce qui afflige et endolorit) au ressort d’une image de soi qui est d’emblée en interface avec le réel mais plus ou moins consciente, selon qu’il s’en éveille et émerge tant à sa raison que s’en rend apte à s’assainir en toute idéation jusqu’en sa logique ou, tout à l’inverse, tant y sombre et s’y enlise qu’enraie jusqu’à sa raison se figeant idéologiquement pour renforcer quelque hégémonie, a fortiori impérialisme. Un cercle mène de la domination entre deux termes et de l’un à l’autre, par la marxienne lutte des classes dont tirer un utopique renversement, à l’innovante notion gramscienne d’hégémonie entre plus de deux termes. Cette relative et non plus absolue prédominance reflue néanmoins par moindre relativité et tend à se renverser et durcir en restaurant une domination plus unilatérale et en cherchant à s’étendre par impérialisme, mais en tension interimpérialiste selon quelle hiérarchisation s’instaure et se met à prévaloir jusqu’en les moindres puissances à risque de s’y trouver encarcanées bien malgré elles.
Cette tension géopolitique surgit de l’incessante double émergence de la conscience, d’immédiate en situation à autobiographique d’où s’instaure une conscience de soi seule pensante. En jaillit, avec la capacité de s’apercevoir, la conception que l’humain peut avoir de lui-même. Comme tout ce qui est porté au concept, l’humain s’inclut l’humain et l’inhumain, dont les crimes contre l’humanité qui sont le fait d’humains contre d’autres humains qu’ils ne privent de leur humanité qu’en s’en déshumanisant eux-mêmes. Ses voies peuvent être indirectes. L’illustrent l’expérience de Milgram, d’où surgit L’homme programmé (et la tendance à s’externaliser et s’asservir robotiquement par plateformes numériques interposées), et le procès d’Eichmann, d’où Arendt a mis au jour le processus de banalisation du mal. De plus usuels tabous filtrent d’avance tout ce qui peut se dire et qui fait que dire n’en est plus que paraître dire et n’est plus que tout au contraire taire, voire faire taire. L’exacerbe l’écart abusif de puissance se sacralisant par hiérarchie (commandement sacré) qui non plus tant s’ouvre que s’enferme en elle-même comme d’où s’imposer et laminer toute sous-jacente hiérophanie (manifestation sacrée), a fortiori tout hiérophante la faisant resurgir de sous un tel refoulement à même ce qui est le plus sacré pour toute société humaine, à savoir le lien qui se tisse entre ses membres et qui la constitue en instaurant d’autant ce qui leur est commun que s’intériorisant et se cultivant en tout un chacun, si humain que jamais individuel que d’emblée ainsi social. Puis cet écart abusif de puissance se sacralise d’autant hiérarchiquement qu’impérialistement par la guerre préventive unilatéralement décrétée pour imposer quelque procès d’intention et prévenir de dites menaces futures, indépendamment de tout droit international interétatisé, dont l’onusien. S’étant crus inatteignables et pouvoir s’en prendre unilatéralement à qui que ce soit d’autre, le traumatisme de l’attentat terroriste du 11 septembre 2001 fait que les États-Unis instaurent cette doctrine depuis le début du XXIe siècle, de l’Irak (2003) à l’Iran (2025-2026). Le principal traumatisme n’est pas tant l’attentat terroriste subi que de ne plus être seul à s’imposer unilatéralement jusqu’à terroriser qui que ce soit d’autre au point d’y prendre plaisir par cruauté. En subir un en retour fait que ce qui en a été longtemps refoulé vient hanter. Ce crime de lèse-majesté s’empire par conjointe mise au jour du terrorisme vicarialisé et instrumentalisé implantant la dictature d’États dont tirer profit. Il s’aperçoit refluer, rebondir et se retourner contre soi à sa source, alors que s’étant entre-temps affiché partout démocratique, tant que cela restait entre-soi, entre dites démocraties déjà constituées et surtout pas avec de nouvelles venues plutôt à écraser. Il est crucial de s’apercevoir que ladite civilisation des mœurs (selon Élias) s’est le plus souvent euphémisée, non seulement par un monopole de la violence légitime par les États, mais par une sous-jacente et perdurante violence devenant toujours plus indirecte et subrepticement opérante, de l’antique esclavage (y compris jusqu’en la démocratie athénienne) au médiéval servage féodal, puis l’impérialiste colonisation mondiale en ses deux grandes vagues, du seuil de la Modernité (avec résurgence esclavagiste) au XIXe siècle qui clame l’annihilation en cours et la substantifie sous figure de nihilisme matérialiste. C’est le seul dont ledit Occident est capable. Il est d’autant ignare de l’autre, qu’est le nirvanique nihilisme divin dit d’Orient, qu’il l’inverse et saccage tout par entrechoc entre monothéismes absolutistes étatiquement transfusés. L’écart développemental technologiquement serti s’impose (principalement par les États-Unis) au XXe siècle et enfin, au XXIe siècle, l’entrechoc interimpérialiste comporte ses propres écarts de puissance et démultiplie tous azimuts, depuis les États et a fortiori l’interétatique, un tel sous-jacent écart développemental, seul plus près des mœurs et des nations, voire de l’international plus véritable, dont l’onusien. Il ne reste plus qu’à s’étonner que les démocraties soient en chute libre au profit des autocraties à travers la planète et que l’institut suédois V-Dem déclasse les États-Unis de démocratie libérale en démocratie électorale, bref de façade, sans souligner cet arrière-fond hypocrite s’y révélant, tant ce que les États-Unis faisaient ailleurs s’est mis à s’y intérioriser.

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