— Interfaces culturelles différenciatrices et intégratrices à aménager
1) Le sens de la culture: de sociale à artistique avant que l’inverse
Le fameux écart entre la culture au sens social québécois1 et la culture au sens artistique est à aménager. Il est rare qu’un artiste, même quand il se soucie de sa mise en scène de la culture québécoise, voire à y contribuer aussi par d’éventuels apports issus d’autres cultures, s’aperçoive et s’inscrive très explicitement dans l’aménagement de cet écart. Et il est encore plus rare qu’un politicien s’y adresse très explicitement, y compris PSPP à Tout le monde en parle et même s’il a touché avec justesse à nombres d’enjeux aussi soulevés par J. Facal. D’où d’éventuels apports d’autres cultures à la culture québécoise dans une perspective d’intégration convergente plutôt que de désintégration par l’ethnoracial de la société québécoise il ne s’agit aucunement de multiculturalisme, ni même d’interculturalisme, mais bel et bien de convergence culturelle, notion préconisée par Guillaume Rousseau, l’un des deux principaux auteurs du projet de Constitution du Québec. Il s’agit d’une lacune de la CAQ, si ce n’est quant au 1er (la vigilance interconstitutionnelle), du moins quant aux deux autres axes ici proposés pour rendre viable la loi constitutionnelle, par un statut quasi sénatorial, consultatif et dynamique du Conseil Constitutionnel: convergence culturelle (facilitant la forge de la société civile avec laquelle dialoguer) et Constitution du Québec (surtout si de réactive à proactive) ne peuvent vraiment s’instaurer de façon viable qui si s’étayant mutuellement et se déployant ensemble. Le meilleur apport culturel que je connaisse d’une autre culture à la culture québécoise est celui de Boukar Diouf: il est allé jouer de façon fort amicale et espiègle jusqu’en notre inconscient collectif, lorsqu’il a fort aimablement épinglé diverses personnes de son audience en leur demandant de quel côté est le derrière d’un arbre, comme lorsque des Québécois disent que quelqu’un est caché ou surgit de derrière un arbre. C’est bourré de connotations sociohistoriques, par exemple de l’époque où la Nouvelle-France était sous menace d’Iroquois susceptibles de surgir de derrière un arbre ou encore du fameux été dit des Indiens, si ce n’est dudit Indien apportant des enfants, comme à l’époque de ladite « revanche des berceaux », voire son ultérieure mise en livre sous la figure du personnage de Sauvageau par Les Grands Soleils de Jacques Ferron, puis en théâtre (du Nouveau Monde) par Albert Miller, justement dans les années 1960, donc en un sens culturel passant alors et seulement alors de sociohistorique et même sociopolitique (au ressort de la Révolution tranquille et bien avant l’émergence du PQ) à artistique. Même si cela n’a jamais été explicité tel quel, quant à ce qu’a alors fait Boucar Diouf, il s’agissait d’un passage majeur de l’inconscient au conscient: chez tout un chacun, l’enjeu est que la langue française québécoise ne peut jamais se référer à quelqu’un derrière un arbre que depuis sa propre position par laquelle et d’où il le regarde et qui, s’il s’en aperçoit, est ce qui lui fait imaginer (même sans parvenir à y penser et encore moins à le penser explicitement) qu’il s’agit du devant de l’arbre en question pour que la partie opposée puisse être ainsi dite l’arrière. Wow! Nos expressions linguistiques ne valent aucunement dans l’absolu, mais uniquement dans leur contexte socioperceptif D’EMBLÉE RELATIF, en l’occurrence chez tout un chacun en sa relation en tiers (inclus et non plus exclu et en sus) face à un arbre et à quelqu’un éventuellement de l’autre côté, alors et seulement alors dit l’arrière d’où surgir. Avec les repères socioperceptifs les plus culturellement usuels, c’est jusqu’à l’imaginaire qui est remis en jeu et revisité, ET CE, À MÊME LA LANGUE l’en véhiculant. Bref, il y a tout un potentiel immense d’enrichissement mutuel à l’interface culturelle d’ancienne/nouvelle souche, mais en tous les cas, d’emblée sociale, a fortiori si susceptible de s’en apercevoir jusqu’à s’en sociopolitiser et ce, bien avant, mais pouvant être jusqu’en artistique, sans aucunement tant réduire et confondre que métonymiser la culture, ainsi sociale, voire sociolinguistique, avec et depuis la seule culture artistique.
1 En la culture, le social n’est plus tant fédéralement réductible et assimilable à l’ethnoracial, mais se l’intègre plutôt que s’y désintègre, en particulier via l’immigration.
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2) Hiatus canadien et intégration québécoise entre culture et langue

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