Depuis 2008, année de crise économique mondiale encore une fois partie des États-Unis comme en un étrange écho de celle de 19291, l’ONU paraît au bord de l’implosion: « le point le plus crucial pour l’avenir de l’ONU porte en fait sur son insertion effective dans l’architecture institutionnelle internationale et sa capacité à s’adapter aux nouveaux défis mondiaux, à gérer efficacement ce qu’un rapport au Secrétaire général du panel présidé par l’ancien Premier ministre de la Thaïlande, Anand Panyarachun, a caractérisé comme « les menaces, les défis et le changement »2. La théorie du changement, déjà examinée lors de One UN, mérite attention, mais en se voulant plus résolument sensée et adaptative.
Or, le décalage est croissant entre les moyens budgétaires et la demande d’efficacité et d’influence de ses organisations. Ce décalage s’intensifie encore plus par les tensions internationales interétatiques se répercutant en son Assemblée générale, dont les États membres ont des exigences souvent contradictoires et qui, faute d’un Conseil Indépendant lui permettant de s’autonomiser un tant soit peu au point de pouvoir mieux s’en articuler, est d’autant aux prises avec les seuls aléas issus de son CPS. De celui-ci jaillissent les tensions interimpérialistes mondiales tendant à l’invalider autant de l’intérieur (par d’incessantes crises d’une nécessaire unanimité au contraire plombée par le veto de l’un ou de l’autre) qu’à l’extérieur (là même où l’ONU est censée s’inscrire dans l’architecture institutionnelle internationale s’en trouvant interétatiquement happée pour en être a fortiori interimpérialistement dépecée). Par-delà la Société des Nations (dont les États-Unis ne faisaient pas partie), l’ONU a réussi à ce que ses membres (dont les États-Unis) lui consacrent une partie, si minime soit-elle, de leurs ressources propres. Du moins, si elle s’en fait reconnaître.
Réformer l’ONU serait d’abord la doter d’un métabolisme propre par lequel son catabolisme, au gré de ce qui l’invalide ainsi de l’intérieur et de l’extérieur par son CPS, se concevrait dorénavant depuis son anabolisme s’instaurant avec son Conseil Indépendant dont se doter et par lequel s’en rendre un tant soit peu autonome en son Assemblée générale. Certes, la paix et la sécurité grèvent plus de 75% du budget onusien et les tensions interimpérialistes l’invalident via son CPS autant de l’intérieur que de l’extérieur. Cependant, en concevant mieux ses autres piliers axés sur le développement humain (humanitaire, durable et des droits humains), tout un ensemble de doubles actions (spécifiques et universalisables) devient possible et peut tempérer ce qui l’en plombe et l’en libérer un tant soit peu.
Herzberg a déjà signalé, par sa théorie des deux facteurs, que les facteurs de motivation sont intrinsèques au travail, liés à l’épanouissement personnel et source de satisfaction au travail (accomplissement, reconnaissance, responsabilité et nature de la tâche). Ils sont distincts des facteurs d’hygiène menant à la non-insatisfaction (salaire, conditions de travail, relations interpersonnelles et statut). De même, si le CPS permet au mieux à l’Assemblée générale de l’ONU de n’être pas insatisfaite, un CI peut lui permettre d’acquérir une certaine autonomie et de s’enquérir de ce qui peut la satisfaire plutôt que d’en être plus longtemps privée.
Les deux types de facteurs ne sont sans doute pas pleinement indépendants. De plus, il ne s’agit pas ici de satisfaction et d’insatisfaction en termes individuels, mais de développement humain, jamais individuel que d’emblée social, et, trop souvent faute de paix et sécurité, inhumain. Cependant, ils peuvent s’articuler en un métabolisme onusien d’ensemble parvenant à mieux s’équilibrer. Sa conception, comme toute conception, s’intègre sous le développement humain autant ce qui en est humain que ce qui en est inhumain, à la façon dont l’accélération physique peut passer de nulle, dont ne subsiste que la vélocité (vitesse avec direction), à non nulle, autant en accélération proprement dite (positive) qu’en décélération (accélération négative). Sa méthode n’en est pas tant d’incidents critiques (devenus des chocs culturels) que d’actions critiques (proactives davantage que seulement rétroactives, voire uniquement réactives), selon leur tension articulatoire d’autant constitutive entre spécificité et universalité à en tirer qu’humaine (selon un contact culturel se testant en sa diversité culturelle, en pouvant certes s’orienter vers l’individu, mais aussi vers sa teneur d’emblée sociale) et ce, d’autant que la géopoliticoéconomie en cause est apte à se repérer et s’ajuster à sa géophysique sous-jacente, si s’y validant.
Le métabolisme onusien exige certes paix et sécurité, si problématisées soient-elles en son CPS au seuil d’un incessant catabolisme à mieux circonscrire, mais exige aussi ses trois autres piliers selon un développement humain exprimant sa part d’autant anabolique que s’en trouvant lui-même mieux cerné en son métabolisme humain propre.
Comme le laisse entrevoir De l’humain à l’humaniste dans le monde, l’humain est tellement un individu d’emblée social qu’il serait possible d’en tirer et constituer une sociologie de la transfiguration. Du moins, pour peu qu’elle soit apte à s’intégrer de façon critique l’individualisme méthodologique et à focaliser plutôt sur l’humain, individu d’emblée social, de sorte que peut se distinguer jusqu’en l’individu tout ce qui l’en rend triplement différent à lui-même en même temps qu’avec et entre les individus formant société l’individuation (dès la si socialisante désynchronisation intra-utérine des rythmes biologiques du fœtus d’avec ceux de sa mère) sous-tend la néoténie faite individualisation (d’autant qu’en des sociétés incitant les individus les composant à reprendre à titre individuel leur propre individualité) et de là, alors et seulement alors l’individualisme, a fortiori de méthodologique via l’imaginaire à pansocial et géopoliticoéconomiquement diffusé tel. Cet anabolisme risque de s’inverser avec le métabolisme humain entier, si s’y impose un catabolisme toujours plus pressurisant, de l’individualisme (hyperindividualiste jusqu’au libertarisme le plus fantaisiste ?) sur l’individualisation et ce, au point de présumer pouvoir s’imposer tel jusqu’en l’individuation. La tension entre l’UNESCO promouvant la diversité culturelle et les États-Unis marchandisant jusqu’à la culture est à considérer comme n’étant rien d’autre que cette tension humaine métabolique entre les respectifs anabolisme et catabolisme jaillissant d’autant du sein de l’individu considéré ou non en ses différences d’autant intra-individuelles avec lui-même qu’interindividuelles. Celles-ci s’exacerbent par triple devenir individuant/individualisant/individualiste abordé respectivement en deux sens totalement inverses, à savoir depuis son individuation et depuis son individualisme. Toute l’individualisation est prise à leur interface à la façon d’un Janus au fur et à mesure que se constituant comme leur entre-deux, de fait leur entre-temps inhérent au devenir en question. D’où l’importance de la théorie du changement (mais en termes d’une suite de figures sociohistoriquement retraçables et ancrables de géopolitique en géophysique) par laquelle l’ONU peut parvenir à prendre en compte ce devenir, selon un axe de développement humain (humanitaire, durable et de droits humains) mieux circonscrit au niveau du CI au profit de l’Assemblée générale s’en autonomisant un tant soit peu du CPS, voire pouvant éventuellement l’en tempérer comme la source, non moins interne qu’externe à l’ONU même, de ce qui tend autrement à l’invalider selon le sort y étant fait à la paix et à la sécurité, trop souvent par simple veto trop longtemps resté sans contrepartie. Par un CI mettant plus véritablement en travail son CPS et exigeant que les deux s’articulent en un dynamisme d’ensemble, l’ONU peut tant se réformer que se mettre à acquérir un début d’autonomie au niveau de son Assemblée générale. Du moins, tel est l’horizon de la proposition ici faite à l’ONU. À elle de voir ce qu’il en est, si elle veut l’entendre, sur l’arrière-fond d’un tact d’autant plus universellement opérant qu’il n’est pas que manuel, mais pancorporel et est le sens universel de l’âme, depuis Ficin3. Seule une sensibilité mieux préservée en son intégrité (de l’affectivité au sentiment, à l’émotion déjà contextualisante et jointe à l’empirie) peut faire se renouveler l’imaginaire le plus productif (la fantaisie) jusqu’au ressort d’une émergente raison en un humain entier, jamais individuel que demblée social, et ce, corps et âme dès ce monde où rendre ses propres idées le mieux représentatives possibles de la réalité, sans confusion avec leurs représentationnelles mises en scène.
D’ailleurs, dès la Renaissance italienne, en particulier ficinienne, dont a jailli plus généralement la Renaissance s’en étant diffusée à travers l’Europe, en particulier en France, dès Rabelais, mais aussi ailleurs, il a été question de ces voir et entendre fort étroitement liés avec une fantaisie faisant non plus tant s’y enliser (jusqu’à en prendre teneur de pays s’en constituant en Fantasyland) que s’en éveiller à la raison par laquelle se doter géopolitiquement de ses lois4. Du moins, avant que l’émergence tronquée de la Modernité, initialement en ledit Occident, ne la fasse oublier, a fortiori une fois s’étant découplée telle vers ledit Orient au XXIe siècle.
L’originalité onusienne serait de se mesurer aux géopolitiques dont les idéologies, toutes partielles et partiales, réifient la réalité jusqu’en sa teneur la plus géophysique. Cela exige de s’instaurer elle-même au gré d’une géopolitique d’emblée apte à se repérer et s’ajuster à sa géophysique sous-jacente comme d’où peut surgir l’exigence de s’assainir en son processus d’idéation jusqu’en sa logique en restant ouvert vers l’avenir et d’en faire se relativiser toutes ces idéologies qui s’opèrent en sens inverse en l’enrayant et figeant selon des orientations préconçues. Le XXIe siècle n’en opérerait plus tant un glissement de la lutte des classes sociales à la lutte des idéologies, comme l’annonçait Piketty, mais à la lutte pour s’assainir en son idéation jusqu’en sa logique et toutes les en relativiser au point de faire place à l’humain, à savoir jamais individuel que demblée social. Ceci ne peut se faire sans que la pensée se libère au gré d’une raison ne s’adonnant à quelque idéation jusqu’en sa logique que ce soit qu’en émergeant et s’éveillant d’autant à elle-même que de sa sous-jacente fantaisie, dont alors et seulement alors pouvoir s’en trouver impulsée plutôt que s’y enliser et s’y enrayer. Développement humain en exigence d’un tel effort engageant jusqu’à la forge du sens de soi et se contextualisant en regard des paix et sécurité dont les défaillances le rendent trop souvent inhumain. Développement humain visé par un CI s’instaurant en regard du CPS et en rendant son Assemblée générale un tant soit peu autonome.
L’ONU peut offrir une alternative au devenir mondialiste qui a fait accroire à un libéralisme panplanétaire censé favoriser l’entre-soi concentrant la richesse comme si ruisselant par surcroît d’elle-même au bénéfice de tous, ce qui a plutôt viré en libertarisme ne cherchant à la concentrer qu’à soi seul contre tous au point de s’intérioriser tel en tout un chacun jusqu’en les affections de sa fantaisie. La fantaisie en vire cruelle (en dichotomisant d’autant tout désir de ce dont jouir valant pour soi seul que vicarialisant tant toute crainte de ce qui afflige et endolorit que l’en redoutant encore plus resurgir avec et depuis son refoulement et venir hanter). La fantaisie cruelle peut s’afficher telle et autrement s’opérer plus subrepticement, en faisant se durcir les droits et libertés en si individuels qu’individualistes et en refouler d’autant toute teneur sociale en clause annexe et dérogatoire que ne cherchant plus qu’à l’instrumentaliser et manipuler, voire en tronquer tout humain d’être aussi d’emblée social, et ce, dès l’enfance. A fortiori, au fur et à mesure que l’enfance glisse elle-même de réelle à virtuelle, de jeu libre socialisant avec d’autres en jeu asocialisant sous façade de réseaux sociaux numériques accentuant toujours plus avec la dépendance aux écrans une tendance à voir du danger partout et même là où il n’y en a pas5, au point d’en devenir défensif-agressif au ressort d’une telle dénaturation de la fantaisie en ses affections s’en articulant en se formant réactionnellement de façon plus cruelle avant et jusqu’en toute forge de quelque pensée que ce soit6. Pensée n’émergeant en se stabilisant qu’avec l’âge dit de raison, puis ne se formalisant telle qu’à compter de l’adolescence. Cependant, la raison est dorénavant elle-même aux prises avec son propre tournant cynique et est d’autant tendue entre et de l’incessante crise idéologique à l’éventuelle critique pour s’en sortir au XXIe siècle. Faute de développement humain mieux assuré dès la forge de la fantaisie, quelque approche un tant soit peu raisonnable jusqu’en paix et sécurité reste problématique. Jusqu’en CI/CPS de l’ONU. Et si des démocraties, moins égoïstes et hypocrites, en interpelaient les autocraties?
1 Là où les ténors du capitalisme cherchent à faire accroire que ses crises sont tout ce qu’il y a de plus naturel et vont donc resurgir incessamment en exigeant de s’y faire, tout au contraire, il est archiévident que la crise de 2008 a été créée de toutes pièces par la mise au rancart des accords de Bretton Woods afin de permettre (sous Bill Clinton et à l’incitation de Greenspan alors à la FED) la fusion des banques d’épargne avec et au profit des banques d’investissement qui ont pu s’accaparer des épargnes et en faire des bras de levier démultiplicatifs outranciers au ressort de produits financiers toxiques (camouflant des dettes sous façade d’actifs) et de conjoints subprimes abusifs (par des prêts hypothécaires à très haut risque, bien au-delà de la valeur des immeubles) jusqu’à ce que le tout s’effondre. Bien noter: il y a dorénavant une mise à risque jusque des épargnes de monsieur et madame tout le monde avec un conjoint déploiement d’illusions plus fantaisistes les unes que les autres afin de nourrir la spéculation et créer une fébrilité inhérente à des marchés rendus d’autant volatiles que fonctionnant tous à l’anticipation, voire la simple rumeur. Jusqu’aux biens les plus essentiels sont emportés par la tourmente, dont l’insuffisance salariale pour couvrir les besoins de base (dont la tension entre alimentation et logement), le logement faisant l’objet de concentration (au point de pouvoir supporter un ratio d’appartements vides entre-temps), de rénovictions, de mises à la rue, d’itinérance accrue, etc. Grande nouveauté financière au XXIe siècle: une exigence sans précédent d’avoir à réancrer le spéculatif (fort autocomplaisant et n’en voulant rien savoir) dans le réel, selon des critères permettant d’établir la valeur véritable des actifs. La lutte des classes sociales n’est plus au seul niveau du temps de travail fait salaire comme dépense à soustraire de la plus-value recherchée, mais jusqu’en les épargnes, donc la marge de manœuvre un tant soit peu autonome que la classe laborieuse a pu se constituer, voire jusqu’en tout retour sur investissement (plutôt que dépense) à y apercevoir. L’écart de richesse se creuse (avec fantasme de ruissellement du haut vers le bas), ladite classe moyenne s’estompe et la misère sociale (itinérance, etc.) s’accroît.
2 J. M. Châtaigner, Réformer l’ONU: mission impossible ?, 2008, n° 126, 359-372, https://doi.org/10.3917/rfap.126.0359: « L’architecture internationale imaginée par la Charte signée à San Francisco le 29 juin 1945 qui affirmait, d’une part, le rôle de délibération et de recommandation de l’Assemblée générale et, d’autre part, le rôle d’impulsion et de coordination du Conseil économique et social (ECOSOC) n’est qu’une vaste fiction. » L’ONU, même jusqu’en le rôle que continue à jouer non sans mal le Conseil de sécurité dans les domaines de la paix et de la sécurité, ne constitue plus un véritable lieu de décision de l’action internationale… surtout que d’emblée interétatisée et à son tour aux prises avec les tensions interimpérialistes qui, par le Conseil Permanent de Sécurité, surgissent autant de l’intérieur que de l’extérieur de l’ONU et l’en invalide?
3 Yvan Morin, Méditations oniriques, De la physiologie ficinienne à une émergente raison platonicienne apte à rendre ses idées représentatives, Paris, L’Harmattan, 2025.
4 Le sens proprement humain, jamais individuel que d’emblée social, de soi ne se forge qu’en se trouvant aussitôt tendu entre un ego fort idiosyncrasique, issu de sa fantaisie, et un ego plus intellectif qui surgit avec la raison en l’âme en s’y constituant comme son entendement et qui, lui, comme le mot « ego » partie prenante de la langue commune, vaut autant pour soi que pour autrui, donc en étant disponible à tout un chacun. Du sens de soi surgit donc la fourche egoïque d’emblée tendue entre ses forges fantaisiste et intellective et ce, selon deux sens totalement inverses, selon que s’éveillant en sa forge fantaisiste à sa forge intellective ou au contraire en s’enlisant tant en sa forge fantaisiste fort idiosyncrasique que faisant s’en enrayer et s’en braquer jusqu’en sa forge intellective. C’est cette fourche en Y qu’il s’agit de cerner autant en sa façon de se constituer que, de là, selon la voie y étant empruntée. La grande nouveauté de la voie narcissique au XXIe siècle, est de ne plus seulement se noyer en sa propre image, mais de s’assimiler dès ses mœurs à ce qui s’en met en scène au point de tout y faire à son image pour mieux ne s’y noyer que tout y entraîner et tout faire s’y noyer avec soi, mais au sens d’un tel ego idiosyncrasique enrayant jusqu’à tout ego plus intellectif, au fur et à mesure que sa fantaisie par laquelle se générer tel se fait Fantasyland, comme l’appelle Andersen en désignant les États-Unis, d’où irradier mondialement. Bien noter que ce qui se fait à l’interne se codéploie semblablement à l’externe, ce qui est aussi très exactement le même problème au cœur du CPS d’où l’ONU s’en fait invalider autant à l’interne qu’à l’externe. Relire en ce sens toute la tension entre l’UNESCO, visant à préserver la culture en sa diversité, et les États-Unis, visant à la marchandiser, ce qui ne peut se faire que sur le modèle de l’argent qui est un équivalent général entre tous les biens échangés et donc, en laminant tout sens de soi (au cœur de toute culture) en seul ego, lui-même d’intellectif en seulement fantaisiste comme unité de mesure à généraliser telle comme équivalent général inhérent à un style dit transactionnel, mais foncièrement mercantiliste plus que capitaliste. C’est pourquoi les échanges commerciaux à établir de façon capitaliste achoppent, par ce biais mercantiliste ne sachant être que tyrannique, au sens impérialiste colonialiste. La difficulté n’est pas tant en la marchandisation de la culture qu’en cette culture même ne se voulant que purement fantaisiste comme d’où se marchandiser et pouvoir en marchandiser tout autre. Et faisant accroire qu’il ne s’agit pas de culture, mais de sa seule marchandisation, sous façade de laquelle imposer occultement la sienne. L’egocentrisme idiosyncrasique en vire carrément en ethnocentrisme, voire ethnoracisme, ce dont l’enjeu surgit en particulier face au cubain introductif de l’américain distinct de l’étatsunien. Donc, de la question de la façon dont le CI est à composer, si constitué en regard du CPS. Le processus fantaisiste donnant ses fantasmes pour le réel est partout le même, même s’il n’est pas toujours aussi cruel qu’envers Cuba. Ainsi, lors de son discours sur l’état de l’Union, Donald Trump a profité de sa tribune pour faire valoir la victoire étatsunienne au hockey aux Jeux Olympiques d’hiver en Italie à travers l’annonce d’un bingo qui culminera en la fête du 250e anniversaire de la naissance des États-Unis le 4 juillet 2026 et qui comportera une carte faisant figurer le Canada comme étant devenu leur 51e État. La seule constante: la confrontation perpétuelle, par chaos apte à s’entretenir lui-même. Bienvenue en Fantasyland faisant s’irradier panplanétairement sa propre tragi-comédie !
5 Patrick Lagacé, https://www.lapresse.ca/actualites/chroniques/2026-03-28/l-enfance-reelle-l-enfance-virtuelle-2.php. La génération Z née en 1996-2012 est le point de bascule.
6 Comprenons-en bien les ressorts. Toute frustration issue du réel, qu’elle soit accidentellement ou intentionnellement provoquée, ne fait y être exposé que d’abord au gré des affections de la fantaisie, du désir (frustré) de ce dont jouir et de sa fourche au point pivot de la crainte de ce qui afflige et endolorit, selon ce qui en est suscité et qui se départage entre la tristesse (détresse, désolation…) et la rage (jusqu’à la plus forcenée et virulente en quête de destruction et d’éradication) s’en formant réactionnellement pour se l’éviter et tout au contraire la faire subir en tiers (d’où le bouc émissaire, voire le terrorisme préventif pour que ce soit l’autre et non soi qui soit en état de crainte faisant l’en redouter). Déjà problématique, tout en dérape et se radicalise encore davantage en se mettant à voir du danger partout et à tout confondre au point de mettre toujours plus le fantasme du réel pour le réel qui, ici ou là jamais pleinement refoulé, fait retour et vient hanter, ce qui suraccentue et accélère la boucle paranoïaque schizophrénante mégalomane narcissique. Ce qui est nouveau au XXIe siècle, c’est que le passage de ces affections de la fantaisie à la pensée ne devient cognitif que technologiquement doté de capacités d’actions d’autant massives et sélectives qu’à l’image de l’anomisante urbanisation massive et sélective. Cette ontogenèse s’éclaire de son devenir sociohistorique en contextualisant la spécificité en ce qui s’en constitue plus universellement, voire peut l’institutionnaliser et donner sens à sa trajectoire de vie. Rappelons que la fantaisie puise encore au mythe, car selon une commune imagination qui, si productrice soit-elle, reste humaine et n’est donc jamais individuelle qu’inspirée par sa teneur d’emblée sociale. Elle était indistincte du mythe, mais s’en est autonomisée, comme l’individuel en le social, et ce, en y sous-tendant une raison qui, tout en déterminant les lois de Cités étatisantes, s’aperçoit dès lors en émerger, si elle n’y sombre. Elle est tant l’assise et l’interface qu’elle médiatise tout le passage du mythe à la raison qui s’effectue depuis l’Antiquité dans le contexte de l’émergence des Cités étatisantes et, avec elles, de la géopolitique à même la géophysique. Sa médiation se cerne d’autant que jusqu’en ses affections depuis la Renaissance italo-ficinienne, a fortiori franco-rabelaisienne (mettant par surcroît au jour leur tension paradoxale). Elle resurgit de sous sa détermination kantienne en catégories physico-mathématiques (espace, temps et nombre) débordant pourtant sa tendance à s’en tenir aux seuls aspects plus apparents de ce qui apparaît de la réalité. Elle se réactive telle quelle au gré d’États-Unis qui se font Fantasyland et s’en exacerbent jusqu’à la cruauté (tronquant et sacrifiant toute réalité au profit de cette seule apparence par laquelle se mettre en scène et d’autant s’y complaire en son désir de ce dont jouir à soi seul en son ego que du même coup refouler au sein et au fond de soi, projeter et vicarialiser toute crainte de ce qui endolorit en autrui en qui s’en repaître) depuis que trumpiens, tout en intensifiant leur guerre idéologique correspondante à l’ONU en même temps que l’absurdie théiste confinant au nihilisme matérialiste. Du moins, tant que la raison s’y enraie davantage qu’elle ne s’en éveille et en émerge, donc tant qu’elle se fige ainsi idéologiquement et qu’elle réifie jusqu’au réel plutôt qu’elle ne s’assainit en toute idéation jusqu’en sa logique et ne restitue le réel au point de s’y repérer et ajuster, d’abord de tendre à le restituer et s’y valider, de géopolitique en géophysique.

Laisser un commentaire