Banniere Yvan Morin

Auteur/autrice : Yvan Morin

  • Conseil constitutionnel du Québec : problématique et recommandations

    « Je me souviens ». Telle est la devise du Québec1. Elle se situe face à la devise canadienne qui s’est imposée depuis Macdonald par sa politique nationale faisant du train le vecteur de l’unification « D’un océan à l’autre ». En particulier, l’affaire Louis Riel rebondit jusqu’au sein du Québec et y fait émerger une mouvance autonomiste dès Mercier qui se conjugue avec la lutte ontarienne de Mowat pendant des décennies pour préserver un tant soit peu le champ des compétences juridictionnelles des Provinces face au gouvernement fédéral fort hypercentralisateur. De fait, avant Trudeau père et Mark Carney, politique encore binationale plutôt que seulement nationale et axée sur l’impérialisme colonialiste anglo-saxon imposant la seule jurisprudentielle « common law », au gré de si individuels qu’individualistes droits et libertés qui, au mieux, se collectivisent d’autant tels en clause annexe et dérogatoire à l’encontre de droits et libertés qui s’en révéleraient autrement tout au contraire d’emblée (et non plus ainsi toujours d’avance à rebours) sociaux, comme en le droit civiliste québécois, dès lors marginalisé et phagocyté. Telle est la condition de l’assimilation mise en place d’où, à la fois, occulter et tout à l’inverse faire accroire que cette assimilation ne serait que tout aussi individuelle au fur et à mesure que tout un chacun serait dit n’abandonner que de lui-même sa langue maternelle française. À l’image du rapatriement unilatéral de la Constitution canadienne sous Trudeau père sans et contre le Québec à ainsi toujours plus refouler et assujettir jusqu’en le Québec. Le tout dans la suite du refoulement du fait français pancanadien dans le seul Québec et desdits Indiens dans des Réserves depuis Macdonald, mais à son tour à la suite de l’enveloppement de la Rébellion des Patriotes de Durham à Elgin, alors à la source de cette différenciation politique entre Conservateurs et Libéraux comme une distinction entre droite et gauche s’y étant depuis lors superposée. Pour resurgir hors de ce refoulement, il faut s’y mesurer, certes, mais plus encore se mesurer à toute mésinterprétation de sa propre devise québécoise, si pour lui octroyer une capacité incessante de s’actualiser et de résister à un tel mécanisme impérialiste colonialiste ne cherchant qu’à aboutir à son assimilation finale.

    – Faits assurant la pertinence des droits

    Je me souviens de mes origines françaises, mais surtout d’être de langue maternelle française qui est inhérente au Canada laurentien et perdure de sous la Conquête anglaise, puis de sous la pression assimilationniste issue de Durham et surtout d’Elgin à Macdonald (Conservateur), puis de Laurier jusqu’au Trudeauisme (Libéraux). Je m’en souviens tant que je m’aperçois à quel point il est crucial de se rappeler le propos de l’historien Richard Arès qui, dès 1967 (au seuil de toute l’opposition conflictuelle entre le Canada trudeauiste et le Québec d’autant plus autonomiste que jamais auparavant que resurgissant de sous le refoulement s’en activant tout autant). Arès, statistiques à l’appui, signalait que « Le Québec est la seule province à compter plus de citoyens de langue maternelle française que de citoyens d’origine française; partout ailleurs le nombre des premiers est nettement inférieur à celui des seconds. Ce qui revient à dire que le Canada français, au lieu de s’agrandir et de s’enrichir comme au Québec, s’y amenuise et s’y appauvrit »2. Or, jusqu’au Québec est dorénavant rendu au moment décisif de savoir s’il va subir le même sort que partout ailleurs au Canada ou s’il va resurgir de sous le refoulement que le fait français pancanadien subit, non plus seulement jusqu’à s’en trouver toujours confiné en le seul Québec (surtout depuis Macdonald et Laurier), mais jusqu’au sein du Québec. Ce moment décisif s’est inauguré depuis 1998-2000 en modifiant l’article 93 de la Constitution de l’AANB. De sous la radicalisation trudeauiste par un multiculturalisme multiethnoracialisant jusqu’au multiethnoracialisme (selon qui monopolise la capacité d’accuser d’ethnoracisme) s’enreligiosant tel, depuis 1982, il s’agit d’y résister et de déconfessionnaliser ses écoles et les rendre linguistiques, donc au plus près et le plus en continuité possible avec la langue maternelle française dont parle Arès, si inconscient ce lien soit-il resté jusqu’à présent. Ladite origine française faite origine ethnique à noyer parmi d’autres selon le Canada trudeauiste faisant accroire qu’elle serait privilégiée par le Québec à combattre pour cette raison, ne prévaut au contraire que hors Québec, justement parce que beaucoup plus enfoncé sur la voie de l’assimilation, de sorte que la pyramide des âges s’y inverse plus radicalement et fait que plus de gens âgés parlent français que les plus jeunes, si nés au pays, certes, mais y compris si issus de l’immigration que le fédéral cherche à contrôler autant là qu’au Québec et qui y subit et y prend néanmoins part au taux accéléré d’assimilation y ayant cours. Étonnant paradoxe trudeauiste: faire accroire à un nationalisme ethnique au Québec pour l’y attaquer et créer les conditions l’en faisant accuser d’ethnoracisme, alors qu’il y est tout au contraire diffracté et repris depuis la langue maternelle française, là où tout à l’inverse, il prévaut seulement hors Québec. Sans jamais tenir compte de cette abyssale différence entre les deux pour ne plus l’aborder qu’à l’envers depuis son interversion totale par le processus assimilateur lui-même, s’implante et se renforce le trudeauisme. Bien sûr, il peut y avoir un nationalisme et il peut même être en partie ethnique au Québec, mais il ne l’y est jamais exclusivement et pleinement que par sa forge trudeauiste, du fait d’être tant anhistorique et asociale qu’inapte à tenir compte d’une distinction aussi simple et fondamentale que celle entre l’origine française, pouvant alors être dite ethnique, et la langue maternelle française à travers laquelle elle se diffracte et qui l’en module seulement au Québec (à l’échelle sociale, bien avant qu’individuelle) a contrario de tout ce que ce trudeauisme en promeut hors Québec, en méconnaissant totalement les faits statistiques de base pourtant mis au jour au moins dès Arès. Jusqu’à Statistiques Canada et ses adeptes en poursuivent le biais jusqu’au sein du Québec et faussent littéralement autant la définition de la langue maternelle (faute de cette sous-jacente distinction de base quant à la question ethnique relativement à la question linguistique autrement plus clairement et distinctement sociale, car d’emblée commune plus que seulement individuelle) et des francophone/anglophone/allophone, autant par définition qu’en sa façon d’en faire la répartition statistique, comme Charles Castonguay les en dénonce incessamment, mais sans mettre au jour sa source foncièrement idéologique qu’est ce biais multiculturaliste fait multiethnoracialiste enreligiosant par lequel littéralement les intervertir totalement: si l’anglicisante « common law » est si opérante, c’est sur la base de la sous-jacente non-distinction entre l’origine ethnique (pouvant être faite multiethnoracialiste) et la langue maternelle (pouvant être assimilée à ce qu’en fait le bilinguisme officiel trudeauiste l’en tronquant de toute assise socioculturelle pourtant a contrario prévalante au Québec, à la façon dont il a tronqué le Rapport Laurendeau-Dunton de son biculturalisme au profit du seul bilinguisme). C’est sur cette base d’autant mieux factuellement cernée que défaussée qu’il peut être possible de mieux poursuivre le « but de renforcer l’autonomie du droit civil québécois par rapport à l’influence de la common law »3, car c’est la relation entre faits et droits qui peut être assainie et décolonisée, là où Mark Carney se soucie seulement de « un droit est un droit », mais déconnecté de sa pertinence exigeant d’en cerner d’emblée le rapport avec les faits, auprès desquels se repérer et s’ajuster, plutôt que s’y surimposer et les manipuler et réifier.

    Si jusqu’aux faits soi-disant statistiquement recensés sont biaisés en fonction d’une telle idéologie trudeauiste s’opérant depuis un anglicisant biais juridique foncier, comment tout droit canadien, du plus local jusqu’à la Cour suprême, pourrait-il faire autre chose que les entériner et les faire s’en diffuser toujours davantage, jusqu’à l’assimilation finale de tout fait français ? La raison en semble fort simple: dans la droite lignée de l’article 93 de l’AANB, mais en en transfigurant les droits constitutionnels linguistiques (1867) en droits officiels linguistiques (1969-1982), la grande préoccupation du Canada trudeauiste est de ne retenir des Pères de ladite Confédération (qui était tout au contraire un Dominion cherchant à se faire paraître une Fédération) que la tendance à

    « sauvegarder les droits à l’enseignement, en anglais, de la minorité protestante du Québec. S’appuyant sur le même principe, le Canada français a toujours associé jusqu’ici, hors Québec, école confessionnelle et école catholique. L’histoire a montré, hélas, que ce qui est vrai, juste et équitable pour la minorité (protestante et de langue anglaise) du Québec, ne l’est pas nécessairement pour celle (catholique et d’expression française) des autres provinces »4.

    Cet impérialisme colonialiste a été radicalisé lorsque Trudeau père a massacré le Rapport Laurendeau-Dunton, pourtant censé rectifier cette insuffisance fondamentale, pour l’en tronquer de son biculturalisme, a fortiori si évocateur du binationalisme, au profit du seul bilinguisme officiel et ce, toujours plus « official languages », en anglais, dont les « langues officielles », en français ne sont plus que des décalques. Le bilinguisme officiel établi par Trudeau père en est d’autant de part en part fallacieux, en faisant accroire qu’il s’agirait d’une symétrie de majorités anglaise dans le ROC et française dans le Québec avec minorités inverses correspondantes, ce qu’elles n’ont jamais été, du moins pas statutairement, même si pouvant sembler l’être par densité numérique sociodémographique, elle-même tronquée et inversée en sa primauté numérique non plus tant relative qu’absolue (« là où le nombre -ainsi biaisé le justifie », il peut y avoir tel ou tel service), d’où le caractère anhistorique et asocial foncier du trudeauisme pouvant tout en rendre si individuel qu’individualiste et uniquement collectivisable tel, au sens ethnoracial laminant le social. Le tout, selon un toujours plus occulte Canada toujours plus foncièrement anglicisant par impérialisme juridique de la « common law » individualiste sur tout droit civiliste québécois (et a fortiori s’il y avait l’ombre d’une chance que ce puisse être civiliste jusqu’en le Canada français hors Québec où a contrario l’en rendre de facto carrément impossible). Ceci se radicalise, par-delà le refoulement inaugural (sous Durham, Elgin, Macdonald et Laurier), depuis le Rapatriement unilatéral de la Constitution canadienne par le même Trudeau père sans et contre le Québec, à l’image du Canadian s’imposant et parachevant la Conquête, non plus seulement du Canada, mais dorénavant celle du Canadien, autrefois identiquement Français. Le fait français pancanadien a été si bien refoulé dans le seul Québec depuis l’affaire Louis Riel qu’il s’y découvre s’y affirmer tant Québécois qu’oublier sa propre histoire du Canada Laurentien au cœur de la Nouvelle-France, au point de lui abandonner et lui permettre de transfigurer le Canada de l’AANB en Canada trudeauiste, ce qui est sur le point de se radicaliser encore plus par le carneyiste ministère des Culture et identité canadiennes, ensuite identité et culture canadiennes, aucunement un ministère canadien d’emblée appelé à se situer et faire place à un ministère québécois correspondant.


    1 À cette première devise restée la référence commune, se serait ajoutée une teinte issue d’une « deuxième devise », créée par le même Eugène-Étienne Taché, plusieurs années après la première, et qui devait paraître sur un monument symbolisant la « nation canadienne ». Le monument, qui n’a finalement jamais vu le jour, était une statue représentant une jeune et gracieuse adolescente, figure allégorique de la nation canadienne, portant la devise: « Née dans les lis, je grandis dans les roses / Born in the lilies, I grow in the roses ». Bien que le projet ne se concrétisât jamais, l’idée fut réutilisée en 1908 pour une médaille commémorant le 300e anniversaire de la ville de Québec, conçue par Taché, sur laquelle est écrit: « Dieu aidant, l’œuvre de Champlain, née sous les lis, a grandi sous les roses ». (https://fr.wikipedia.org/wiki/Je_me_souviens). Certains y aperçoivent le lys français et la rose anglaise. Par une approche ficinienne permettant de distinguer et conquérir la symbolisation sur toute allégorisation, l’imagination productrice (fantaisie) au ressort des images produites est à considérer autant en sa teneur protéiforme qu’en ses affections, surtout lors de l’émergence du mnésique source d’intelligence de la situation par anamnèse, d’autant que dialogique, surtout que se conquérant sur l’amnésie.

    2 Philippe Arès, Le Canada français. Origine expansion- situation présente, dans Esquisses du Canada français, ACELF, Montréal, Fides, 1967, pp. 17-52, citation page 47.

    3 Mémoire de citoyen, par Laurence Tilmant-Rousseau, 2024-08-07, p. 3. L’auteur demande en particulier de remédier aux « effets pervers causés par les privilèges génériques de common law » qu’il illustre par diverses analyses de cas, dont le sien. Sa toute dernière recommandation est particulièrement significative et révèle toute l’ampleur de cette tâche particulière: « Que le Comité [consultatif sur les enjeux constitutionnels du Québec au sein de la fédération canadienne] effectue un inventaire de tous les privilèges ordinaires et génériques de common law au Québec. Par la suite, examiner la possibilité de les écarter rétroactivement, de manière claire et explicite, dans un projet de loi omnibus afin que seules les lois adoptées par l’Assemblée nationale s’appliquent au Québec. Ce projet de loi pourrait inclure des modifications à la Charte québécoise, au Code civil, au Code de procédure ainsi que le recours à une disposition de souveraineté parlementaire envers la Charte canadienne afin de protéger la loi. » Ce mémoire avertit explicitement qu’il n’est pas un avis juridique, mais issu de l’expérience de terrain, à savoir quant aux demandes d’accès à l’information, ce qui permet à l’auteur de faire état des maints faits qui sont atteints et sur lesquels peuvent s’appuyer les droits et avis juridiques, jamais pertinents qu’articulant les droits aux faits.

    4 Arès, ibidem, p.67.

    5 Guy Laforest, dans son Mémoire portant sur un nouvel imaginaire des relations intergouvernementales, le 26 août 2024, p. 12, rappelle que « Comme le Québec de l’époque 1860-1867 tenait mordicus à la juridiction autonome sur la propriété et les droits civils, éventuellement consacrée à l’article 92(13) de la Loi de 1867, le Québec est clairement exclu du libellé de l’article 94, lequel permet au gouvernement fédéral, avec le consentement explicite des assemblées législatives des provinces de common law concernées, de légiférer pour homogénéiser le champ de la propriété et des droits civils. Comme les débats au Parlement du Canada-Uni en 1865 le révèlent aussi clairement, le Québec est donc exclu de telles initiatives homogénéisatrices. » Au lieu d’une asymétrie dont le Québec peut tirer avantage, il me semble s’agir d’une biasymétrie révélant l’illégalité de Trudeau père d’homogénéiser depuis le Canada anglais jusqu’en et au détriment autant du Québec que de la Constitution de 1867, comme si légal depuis 1982.


    Texte suivant

    Recommandations


    Retour à la Table des matières

    Retour à l’accueil

  • 7.1 Devenirs constitutionnels canadien et québécois

    Le constitutionnaliste André Binette a publié La Constitution, Critique du projet caquiste, Ce que serait une bonne constitution autonomiste, dans L’Autr’journal, n° 441, novembre 2025, p. 10. Sa critique soulève trois problèmes à en rectifier afin 1) d’affirmer clairement la souveraineté du peuple québécois dans son État au point d’en faire émaner les pouvoirs publics (comme ce l’est depuis 1974 en Suède, qui est aussi une monarchie constitutionnelle comme le Canada), 2) de renforcer l’autonomie du Québec dans le cadre du Canada en remettant en question les aspects les plus inacceptables du statu quo constitutionnel canadien en vue d’y favoriser la survie et l’épanouissement du peuple québécois en réclamant une compétence exclusive sur l’immigration, la langue, la culture et les moyens de télédiffusion et de communication publics, avec des points d’impôts correspondant et enfin, 3) de devenir digne d’être considérée en reprenant la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA) de 2007, surtout qu’elle est déjà reprise par le parlement d’Ottawa et l’Assemblée législative de la Colombie-Britannique et que le droit international y étant énoncé en est un à l’autodétermination interne, mais en exclut toute remise en question de l’intégrité territoriale, en l’occurrence du Québec. André Binette annonce aussi qu’il va soumettre des commentaires plus élaborés à l’Assemblée nationale dans les prochaines semaines. Depuis lors, il a écrit qu’il vaut mieux l’abandonner, car une absence de Constitution québécoise vaudrait mieux qu’une mauvaise, puis il a repris en d’autres termes la question autonomiste. Il rappelle l’élection fédérale référendaire de 1927 qui a permis de refuser l’intrusion britannique dans la démocratie canadienne et qui l’a incitée à considérer le Canada et d’autres de ses colonies comme des égaux, d’où le Statut de Westminster de 1931 lui octroyant son autonomie. Restait à rapatrier ladite Constitution, ce que Trudeau père a fait en 1982, sans et contre le Québec. Surtout si un parti souverainiste est porté au pouvoir lors de la prochaine élection à l’automne 2026, André Binette propose de se défaire d’abord pleinement des derniers relents monarchiques avant tout référendum menant le Québec à faire (comme Trudeau) son propre rapatriement unilatéral de la Constitution et de faire ainsi en sorte que ce soit le problème non plus du Québec, mais du Canada éliminer les1 pouvoirs du lieutenant-gouverneur (dont sa signature sur les projets de loi et les décrets) et empêcher toute réactivation fédérale des pouvoirs royaux visant à contrer en particulier l’Alberta et le Québec, refuser de reconnaître la validité de jugements défavorables des tribunaux sur cette question et enfin, retirer la masse royale de l’Assemblée nationale (exprimant aussi un pouvoir royal). Bref, il faut « être désormais plus proactifs et contester les bases illégitimes du système constitutionnel canadien dès le lendemain des élections. »2 Si le Québec cherche à se défaire autant de la royauté que de la religion et à relancer à sa façon la laïcité instaurée en France, ce serait donc par une révolution tranquille 2.0 effectuant avec plus de douceur ce que la Révolution française n’a fait en décapitant son roi en 1789 qu’au prix de sombrer par la suite dans la terreur, avant Napoléon, puis sa République se refondant incessamment par maintes versions successives. Rappelons la fantaisie panurgienne rafistolant la tête d’Épistémon revenant d’un autre monde d’où rappeler avec son savoir, ses racines ancestrales. C’est autre chose que la fantaisie subreptice trudeauiste (en voie d’être carneyiste) et ça adonne bien, car la devise du Québec est « je me souviens ». Y insiste la conclusion du livre Du débat entre Ficin et Pic à Rabelais. La Renaissance philosophique, d’italienne à française.

    Toutefois, en la proposition initiale de Binette, manque la sociohistoricisante articulation entre ses deux premiers points par le contexte qui en révèle le sens et d’où pouvoir mieux envisager le troisième. Le problème de fond est la nouvelle forme colonialiste qui s’inscrit en l’histoire issue de la Conquête du Canada laurentien (cœur de la Nouvelle-France), de la révolte des Patriotes et du fait que l’émergence du Canada de l’AANB sous Macdonald (conservateur) ait viré en Rapatriement unilatéral de la Constitution avec clause annexe (annexant le social à l’individuel rendu purement individualiste en tout humain) et dérogatoire au ressort de l’appui conditionnel du ROC (Rest Of Canada) fort anglais sans et contre le Québec fort français, en un Canada trudeauiste (libéral), voire carneyiste (se réintégrant en le libéral jusqu’au conservateur).

    Cette contextualisation éclaire la définition du Canada trudeauiste:

    « Guillaume Rousseau le définit « favorable au bilinguisme symétrique, au multiculturalisme, aux droits individuels, à un État central et un pouvoir judiciaire forts, mais défavorables à un droit de veto constitutionnel pour le Québec et à une réforme constitutionnelle qui lui donnerait plus d’autonomie ». Reste à le contextualiser pour en cerner le sens: massacre du rapport Laurendeau-Dunton déniant tout biculturalisme au bilinguisme et donc toute sociogenèse culturelle aux langues officielles, en français, au profit d’ »official languages » anglicisants dont les faire de symétriques décalques, rapatriement unilatéral de la Constitution sans et contre le Québec et selon des droits humains si individuels qu’individualistes et jamais sociaux qu’en clause annexe et dérogatoire, biais de l’équilibre des pouvoirs (exécutif-législatif-judiciaire) fait ingénierie sociale, dès lors sociétale au gré de sa gestion la surdéterminant, culture si asociale et anhistorique qu’inapte à s’intégrer l’ethnoracial. D’où multiculturalisme multiethnoracialisant et droit hyperpolitisé se déniant être tel. Et butant sur la « folie de politiser la politique monétaire », dit Carney face à Trump qui, lui aussi, exige un alignement sans condition (dépendance accrue) ou sanctionne. »3

    Bref, la sociohistoricisante contextualisation révélant le sens du Canada trudeauiste, en voie d’être carneyiste, en sa teneur colonisatrice, correspond aussi étonnamment aux articulations à intégrer entre les trois points par lesquels André Binette propose de rectifier le projet caquiste de Constitution du Québec, tout en révélant surtout l’exigence d’un dialogue à établir et éclairer en vue d’un plus large consensus l’en rendant viable. Elle exige de s’interroger sur ce qu’est le peuple, en l’occurrence québécois, si tout un chacun y est reconnu humain, à savoir jamais individuel que d’emblée social, là où il est autrement d’autant tronqué de sa teneur sociale pour ne plus la faire figurer qu’en clause annexe et dérogatoire en la Constitution canadienne trudeauiste où la confiner et d’où elle tend à se faire manipuler, par ingénierie sociopolitique colonisatrice s’opérant depuis des droits et libertés si individuels qu’individualistes. Sans parler de la forte propension fédérale de chercher à faire tronquer, non plus seulement l’humain à même le peuple en cause, mais jusqu’à cette clause dérogatoire auprès de la Cour suprême à risque d’en être connivente, comme elle l’a été autrefois, par son juge en chef Bora Laskin 4, à l’époque du rapatriement unilatéral de cette Constitution sans et contre le Québec. Tronquer deux fois plutôt qu’une rend abyssal l’anéantissement visé : faire disparaître, si ce n’est la clause dérogatoire, du moins y occulter ce qui y fait disparaître le social déconnecté de l’individu chez tout humain du peuple en cause et donc, de son identité nationale. Une sociohistoricisante contextualisation de la démarche mise en œuvre par un projet de Constitution québécoise autonomiste permet de cerner la problématique en cause: comment une Constitution québécoise autonomiste peut-elle s’inscrire en une telle Constitution canadienne, sans s’interroger sur un tel cercle doublement tronquant tendant à tout en vicier en son principe et à la plier à son colonialisme assimilateur ? Le tout s’inscrit en une plus large « Forge du sens de soi en contraste de son dépérissement »5 qui s’est instaurée depuis la Renaissance et qui fait ressortir le processus évolutif dont émerge depuis lors incessamment, jusqu’à pouvoir en être éventuellement non plus tant présomptive qu’aperceptive, l’identité, en l’occurrence nationale. Les devenirs constitutionnels plus spécifiques, à l’interface du Canada et du Québec, s’y inscrivent, s’en éclairent encore davantage et semblent révéler que tout son enjeu juridique spécifique covarie avec et au gré de son propre devenir sociopolitique sous-jacent.

    De ce point de vue plus spécifique, divers points sont à considérer. Par exemple, la révolte des Patriotes (1837-1838) ne s’est butée sur le Canada-Uni durhamien, visant à parachever la Conquête par l’éradication du français en 1840, qu’en menant au contraire à son rétablissement en 1842 sous Lafontaine avec Baldwin par une gouvernance binationale responsable enfin reconnue (1848), ce qui mène à Cartier et Macdonald au ressort de la forge du Canada de l’AANB en 1867, avant de se trudeauiser une centaine d’années plus tard et depuis lors jusqu’en le XXIe siècle :

    « Plus subtil que Durham, Sydenham et Metcalfe, Elgin, gouverneur général du Canada-Uni (1847-1854), a compris que les gauche/droite, Partis libéral/conservateur, se forgeraient et diviseraient, non seulement au Haut-Canada, mais au Bas-Canada, en renonçant à forcer la dénationalisation des Canadiens, alors identiquement Français, et en fusionnant la question nationale (binationale, de LaFontaine et Baldwin en le gouvernement responsable établi jusque sous Macdonald en l’AANB) à la question politico-juridique. De Macdonald (conservateur) aux Trudeau (libéraux), tout s’inverse, de la politique (bi)nationale centralisée au politico-juridique étatiquement centralisateur et antinationaliste (pour autrui, à savoir pour le Québec, et ce, depuis le ROC PWASP), en cachant son propre nationalisme impérialiste cherchant à faire équivaloir le seul capitalisme avec la démocratie dite libérale qui l’exacerbe, en noyautant et abâtardissant le social en tout humain au profit du seul individuel s’agglutinant tel. »6

    De fait, l’arrière-fond durhamien ne cesse de courir sous la façade elginienne démocratique et parlementaire et de mener au double refoulement généralisé du fait français dans le seul Québec (et par les enclosures, dites cantons, au sein même du Québec) et des « Indiens » dans les Réserves, surtout depuis, sous Macdonald, l’affaire Louis Riel. Sous Laurier, libéral et pourtant issu du Québec, via son ministre de l’immigration, Clifton, directement issu du gouvernement Greenway du Manitoba, radicalise le schisme canadien entre anglais hors Québec et français au seul Québec, par l’essor de l’éradication du français dans l’éducation scolaire (du Manitoba à l’Alberta et Saskatchewan jusqu’au fameux Règlement XVII faisant se constituer un explicite Ontario français pour y résister) et surtout, par la persistance de l’entrave au peuplement au sein du Québec par les enclosures (dit système des cantons) permettant de subordonner toute la colonisation de nouvelles terres agricoles aux compagnies forestières monopolisant le droit de coupe du bois au détriment des colons sur leurs propres terres et en faisant une main-d’œuvre bon marché en même temps que constituant l’interface avec les grands marchés urbains. Enfin, la tendance fédérale à la centralisation autant politique (Commission Rowell-Sirois) que culturelle (Commission Massey) culmine en le massacre trudeauiste du Rapport Laurendeau-Dunton pour le tronquer de son biculturalisme au profit du seul bilinguisme officiel par lequel s’impose les « official languages », en anglais, et dont les « langues officielles », en français véhiculant une dimension sociale par la notion de langue, ne sont qu’un décalque, ce qui se poursuit et radicalise par le Rapatriement unilatéral de la Constitution sans et contre le Québec par des droits et libertés si individuels qu’individualistes avec droits sociaux (ou même seulement collectifs) en clause annexe et dérogatoire, au gré d’un multiculturalisme dont la culture n’est plus sociale et apte à s’intégrer l’ethnoraciale, mais s’y réduit et s’en fait manipuler. Par exemple, lors de l’accélération d’une immigration ainsi multiethnoraciale au moment du Référendum de 1995 (puis en faisant accroire par la suite, surtout via les malencontreuses paroles de Jacques Parizeau, que le Québec s’en prendrait au contraire aux ethnies déjà sur place, alors qu’il s’agit plutôt de l’incapacité en laquelle il est mis par le fédéral de pouvoir se les intégrer socialement) ou encore l’accusation par l’animatrice anglophone à travers le chef du Bloc québécois, lors du dernier débat des chefs incluant Justin Trudeau, en projetant sur tout le Québec d’en être raciste. Le Canada trudeauiste, par la culture constamment tronquée du social pour l’empêcher de s’intégrer et pour tout au contraire le faire se réduire à l’ethnoracial, bascule incessamment d’ethnoracisme en ethnoracialisme, à savoir en qui monopolise avec l’ethnoracisation la capacité de pouvoir attribuer et accuser d’ethnoracisme, le tout s’enreligiosant à l’encontre de toute laïcité, par liberté de religion censée supplanter toute liberté de conscience, à savoir de conscience immédiate en situation en conscience de soi, seule pensante, d’où monopoliser aussi la liberté (ainsi rendue de part en part ethnoracialiste et enreligiosée telle) d’expression. Le déséquilibre trudeauiste des pouvoirs noyautant depuis l’exécutif le législatif et jusqu’au juridique, dès la Constitution, ne se parachève qu’en parvenant à peser tel jusqu’en la société civile pour se la dé-/re-recomposer telle, à savoir réduite et assimilée à l’ethnoracial enreligiosé. S’y aperçoit tout l’enjeu de la laïcité québécoise en regard du Canada ainsi trudeauiste: aucunement d’abord la relation entre laïcité et religion, mais tout le déséquilibre des pouvoirs y culminant. Bref, le Canada trudeauiste, pour exister, se doit d’attaquer et parasiter constamment le Québec. S’arroger ce qui subsiste du pouvoir royal et s’étayer de la « supremacy of God », introduisant la Constitution canadienne et conservée telle lors du Rapatriement unilatéral, le justifierait.

    D’où le Canada trudeauiste précédemment décrit et sa problématisation par son contexte sociohistorique en révélant le sens en même temps que d’où pouvoir articuler les divers points de la critique issue d’André Binette, si pour les y arrimer et pour pouvoir perfectionner le projet de Constitution du Québec en tenant mieux compte des obstacles réels auxquels se mesurer. Et ce, en y incluant jusqu’à la démarche effectuée depuis avril 2025 pour faire entendre à l’ONU ce que la Cour suprême du Canada refuse d’entendre face au Rapatriement unilatéral de la Constitution ayant scellé la nouvelle teneur colonialiste inhérente au Canada trudeauiste, en voie d’être carneyiste7. Plus divers éléments fort culturels issus du terroir québécois (chasse-galerie de Beaugrand, sacres d’orientations liturgiques, etc.), sans parler de l’exigence de tant s’interroger sur l’originale laïcité québécoise que lui intégrer une capacité de prendre en compte que pour une société, rien ne lui est plus sacré que le lien social (irréductible et au contraire intégrateur de l’ethnoracial malgré le multiculturalisme canadien trudeauiste y procédant en sens inverse) et de pouvoir se mesurer à tout fait religieux cherchant à s’approprier ce sacré à son seul propre profit et à l’en spolier. Le sacré est d’abord hiérophanique8 (manifestation sacrée) bien avant d’être hiérarchique (commandement sacré). La religion est souvent métonymiquement confondue avec le monothéisme fort hiérarchique d’où s’infléchir et occulter tout ce qui peut lui échapper, qui est autrement hiérophanique et qui peut très bien n’être que laïque et même païen. Tout État s’affichant et se faisant accroire s’être détaché de l’Église peut rester assoiffé du hiérarchique à se réintégrer par quelque déséquilibre des pouvoirs pour en refouler tout autre sacré, jusqu’au plus hiérophanique, si seulement laïc, voire païen. Même les Christian Wars, visant à déchristianiser Noël, relèvent plus de cette soif hiérarchisante se diffusant que du laïc.

    Il est aussi crucial de prendre conscience que le Canada instaure un fédéralisme bancal, ce que Mark Carney pourrait empirer, comme l’a souligné Robitaille, car cela l’affecte d’emblée en sa propre Constitution et de là, son rapport avec tout projet de Constitution québécoise, si autonomiste soit-elle. Le Canada se ment à lui-même depuis longtemps. Faute d’en tenir compte et hormis l’aparté sous Brian Mulroney, il a été, est et sera d’autant difficile de dialoguer avec lui, surtout si trudeauiste, en matière de Constitution:

    « Il s’est dit une Confédération lors de l’AANB de 1867, mais il était un Dominion qui n’est pas tout à fait devenu une Fédération. Ce pays unitaire impérialiste fait des Provinces des entités administratives, tant le déficit fédéral est prononcé le gouvernement central peut supplanter les compétences des Provinces, hypercentraliser par le pouvoir de dépenser et se faire créer des brèches légales par une connivente Cour Suprême. »9

    Que peut donc être et comment pouvoir faire cheminer un projet de Constitution québécoise autonomiste dans le cadre d’un tel fédéralisme, si bancal? Question cruciale s’il en est une. Le problème est le même qu’aux États-Unis trumpiens, mais prend des allures plus subreptices, en tant que le Canada, depuis que trudeauiste, au lieu de s’afficher tel, comme au sud de sa frontière, tend à être hypocrite: le déséquilibre des pouvoirs (dont la séparation est pourtant cruciale pour toute démocratie) fait en sorte que l’exécutif se met à noyauter le législatif et de là, le juridique lui en devenant connivent. Le tout pèse sur toute société civile, dont celle du peuple québécois (et a fortiori de tout sens national susceptible de s’en forger) dont dit partir André Binette à la base de sa proposition de rectifier l’approche du projet de Constitution québécoise. Tenir compte du contexte nord-américain commun permet d’éclairer la différence des nationalismes, d’étatsunien à canadien et d’y situer et comprendre le québécois :

    « Sa nostalgie nationaliste instrumentalise l’immigration par purge plutôt que, en miroir, par multiculturalisme si multiethnoracial que s’en déniant tout autant social »

    « Sur le même modèle, le multiculturalisme trudeauiste sème aveuglément le mal qu’il prétend combattre. Il instaure un orwellien antiracisme raciste, à savoir se prenant pour antiracisme, mais racisant tout jusqu’au racisme pour y parvenir. Il fige et confond la culture dite ancestrale, d’origine, héritage, avec la race liant par le sang et de là, avec l’ethnie, censée en appréhender les différences d’ordre linguistique. Il y occulte la diversité culturelle, comme fait sociohistorique acquis et en devenir, pour tant la faire accroire innée et présomptive que la résorber en doctrine identitaire d’État s’en prétendant d’autant antiraciste face à ses propres adversaires à faire passer pour racistes que leur refusant de refuser cette orwellienne transposition en langage, d’où ne plus pouvoir en parler qu’en ces termes (déniant la culture sous son apparente affirmation en la naturalisant par l’ethnoracial) et d’où noyauter tous les pouvoirs, de la Constitution (unilatéralement rapatriée sans et contre le Québec) via l’exécutif et le législatif au droit, et s’imposer à la société civile. M. Provencher, Le multiculturalisme est un racisme qui se prend pour un antiracisme, Montréal, Léméac, 2012. De Trudeau père à Carney, le ministère de la culture passe d’Heritage Canada (sous Sheila Copps) à Culture (de dé à re-niée sociale) et identité (doctrine identitaire d’État) canadiennes, si par la même bascule du racisme en racialisme instrumentalisant tout autant la race, mais en monopolisant la racisation et a fortiori l’attribution de racisme au nom de l’antiracisme le plus sectaire émergeant de la légitimation par de tels pouvoirs publics, non seulement d’institutions manipulées en ce sens, mais aussi d’entreprises privées ayant flairé la bonne affaire de pouvoir y être invitées à en faire une telle arme d’attaque bouc-émissarisante sans vergogne et en broyer toute tentative de nuance jusque parmi ses propres partisans. Voir J. Facal, « Comment un honnête homme fut broyé par l’antiracisme délirant », Journal de Montréal, 2023-08-04. La notion même de race est fallacieuse en faisant confondre et se réduire le sang véhicule de l’âme au seul sang d’emblée identiquement l’âme, a fortiori en y occultant ce qui se cultive socialement et mentalement jusqu’en l’âme. La Constitution canadienne tronque l’humain du social (en clause dérogatoire et annexe) au profit de l’individu, lui-même tronqué d’âme en corps selon le sang par où l’en ethniser en différences présumées si naturelles que racisantes. Par « sociologie spontanée » (présumant, selon Hirschefld, que les groupes sont des individus, le pouvoir est une force et les faits sociaux sont des choses) faisant que si l’évolution adapte les humains à la vie en société, se questionne s’ils sont capables de comprendre les faits sociaux et que la répartition des différences individuelles n’y est pas uniforme avant de s’agréger (donc que les existences se font essences avant toute pensée essentialiste visant à s’imposer aux existences) ? Voir P. Boyer, La fabrique de l’humanité, Paris, Laffont, 2022. »10

    Notons que faute d’une sociologie apte à résister à sa propre dérive spontanéiste et à s’intégrer jusqu’à l’incompréhension susceptible d’en être générée et de mener à une conjointe manipulation des faits sociaux, celle-ci s’instaure depuis et sous forme de l’ingénierie sociale entérinée par Bora Laskin, à la tête de la Cour suprême. Sa connivence avec Trudeau père lors du Rapatriement d’autant unilatéral de la Constitution sans et contre le Québec se double de droits et libertés si individuels qu’individualistes avec droits sociaux (de fait seulement collectifs) en clause annexe et dérogatoire. Sans parler de l’investissement massif ayant depuis lors visé à noyauter jusqu’aux facultés de droit dès les universités, mais en cherchant à masquer la politisation du droit qui s’impose depuis lors autant en tout examen constitutionnel, surtout si pour s’articuler du Canada au Québec, que jusqu’en maints tribunaux, comme l’illustrent les maintes nominations camouflées de juges auxquelles s’est adonné Trudeau fils. Ce dossier, que la Cour suprême refuse d’entendre, est rendu à l’ONU, comme celui des Autochtones y a été autrefois acheminé, face au fédéral, et vient de l’être encore, face au Québec pris en ce fédéral et peinant encore à s’y ressaisir.

    Il est crucial de se rappeler que le Canada a été le pays le plus résistant aux droits ancestraux autochtones et le moins prompt à la décolonisation parmi les pays ayant émergé et s’étant autonomisés de l’ancien Empire britannique. Le Canada a essayé au moins deux fois de bloquer, puis n’a finalement accepté la DNUDPA de 2007 qu’en 2010. Entre-temps, par exemple dans les années 1990, sous Jean Chrétien, le ministère des Affaires indiennes avait mis sur pied un groupe, désigné comme le « SWAT » (Special Words and Tactics), dont le mandat était de continuer de jouer avec les mots selon une terminologie censée faire s’intégrer ledit droit autochtone au modèle de gouvernement municipal. Cela avait déjà été recherché à l’époque de Trudeau père (et de Jean Chrétien qui était son ministre des Affaires indiennes) par son Livre blanc (1969). La Fraternité des Indiens du Canada (créée en 1968) y a tant réagi que s’est mobilisée (par le Constitution Express) pour se faire inscrire (par l’article 35) en la Constitution en voie d’être rapatriée (1980-1982) et s’est transformée en Assemblée des Premières Nations (1985), car les deux réalités sont au contraire opposées l’une de l’autre et exigent plutôt un wampum, à savoir un cheminement commun préservant les différences et se les intégrant telles. Ledit Canada cesserait aussi de faire mentir son propre slogan donné en façade, à savoir l’unité dans la diversité, au profit de tout son contraire en réalité, à savoir l’unitarisme laminant toute diversité en cherchant à la diviser pour faire jouer ses diverses parts les unes contre les autres :

    « En bref, il s’agit de vendre aux Premières Nations un loup sous une peau de mouton. (C’est d’ailleurs une approche qui persistera au cours des décennies…) »11.

    L’idéologie colonisatrice du Canada trudeauiste, en voie d’être carneyiste, est ici mise au jour et en évidence de façon flagrante, en confrontant le discours (en l’occurrence fédéral) et les pratiques (en l’occurrence aussi fédérales) réelles pour révéler leur écart. Eh bien ! Pensez-vous vraiment que cet écart sera moindre de la part d’un fédéralisme bancal en un Canada encore fort trudeauiste, depuis sa Constitution unilatéralement rapatriée et tronquée du Québec auquel l’imposer? Le Québec ne l’a toujours pas signée et, par-delà maintes décennies pendant laquelle l’idée flottait, est enfin en train d’enclencher plus concrètement la forge d’un projet de Constitution autonomiste propre susceptible de s’y inscrire, d’autant que l’expérience autochtone avec le fédéral peut éclairer l’exigence encore insuffisamment cernée d’autant de son aménagement avec le Québec que d’instaurer un dialogue à cette fin. Et les problèmes sont importants. Une communauté mohawk est à cheval entre l’État étatsunien de New York et, au Canada, l’Ontario et le Québec. Les Abénakis pourraient sembler moins autochtones que les Québécois français qui sont arrivés au Québec avant eux, mais ils sont tout au contraire d’autant Autochtones qu’ils étaient déjà auparavant en Amérique du Nord et qu’ils ont dû migrer de l’Est de ce qui est devenu les États-Unis vers la région de Trois-Rivières et s’y conjuguer avec les Algonquins lors des conflits armés entre Français, dont ils étaient tous deux alliés, et Anglais. Ne serait-ce que par ces deux cas, mais il y en a d’autres, il apparaît que pour les Autochtones, les frontières euronordaméricaines sont toutes artificielles, de sorte que sans la DNUDPA, il serait difficile de faire la part entre leur autodétermination et la conjointe préservation de l’intégrité territoriale, du Canada au Québec, si pour rendre le dialogue possible. S’y ajoutent maintes autres problèmes internes entre les Autochtones eux-mêmes, dont la litigieuse interface entre les Hurons-Wendats et les Innus dans la région de la ville de Québec. Sans parler de plus larges problématiques, dont l’interface entre la notion de l’Amérindien, qui a été forgée dans des universités et qui permet d’en aborder l’enjeu culturel comme s’y tient par exemple Makoua dit Yvon H. Couture, et tout à l’inverse, Ghislain Picard qui, lorsqu’il a été à la tête de la part de l’APN au Québec et au Labrador, insistait tant sur le versant politique des Premières Nations qu’il y assimilait jusqu’aux Autochtones et refusait de les considérer comme des Amérindiens, d’où pourtant, en s’élargissant pour y inclure aussi les Inuit et les Métis, s’est pourtant forgée la notion canadienne d’Autochtone. De plus, selon une anecdote peu connue, Ghyslain Picard n’a pas répondu à au moins une lettre demandant une reconnaissance de statut Métis au sein du Québec, ce qui est encore plus litigieux et visible en Ontario, surtout en interface avec les États-Unis. D’ailleurs, l’enjeu de l’enveloppe financière fédérale est d’autant à risque de s’effriter que les communautés risquent de se multiplier. De plus, c’est le Fédéral qui définit qui est Autochtone (donc qui peut obtenir sa carte encore dite d’Indien, au sens de la loi de 1876), les communautés ne pouvant par exemple adopter de nouveaux membres à leur guise et les en autochtoniser. Or, l’essor économique de certaines de ces communautés pourrait le leur permettre, si pouvant s’autodéterminer jusqu’à se réapproprier leur définition identitaire, pour autant qu’elles-mêmes aptes à se distinguer d’autres groupes cherchant à s’autoautochtoniser pour empiéter sur leurs droits de chasse et autres, selon d’incessants conflits identitaires judiciarisés (abstraction faite du sens de soi tel que se forgeant en se révélant fort processuel depuis la Renaissance ?). Enfin, comme Russell Diabo ne l’a établi qu’en 2013 dans le Toronto Star, le gouvernement canadien est entre-temps parvenu à faire travailler l’APN contre les Premières Nations elles-mêmes, en se servant de l’organisation pour tenter de faire taire la clameur de protestation qui s’élevait et l’empêcher de se muer en vaste mouvement social, ce qui éclaire l’émergence du mouvement Idle no more ayant néanmoins eu lieu face au gouvernement Harper en 2012-2013. On y aperçoit que même le noyautage des pouvoirs (exécutif-législatif-juridique pesant jusqu’en la société civile), tel que s’étant instauré depuis Trudeau père à l’encontre du devenir démocratique canadien, peut néanmoins se remanier, lorsque la société civile parvient à s’en déprendre et à rendre opérante sa résistance. Bref, il est crucial de considérer d’emblée le peuple québécois formant société d’autant civile à l’interface de l’ethnique (suraccentuée par le multiculturalisme canadien) et de la civique en regard de la citoyenne (autrement plus exclusivement considéré et imposé par l’État) et a fortiori de Droits de la personne qu’avait déjà favorisé une Charte québécoise avant son inflexion plus exclusivement citoyenne trudeauiste au point de n’en être plus si individuelle qu’individualiste. Lui seul peut permettre de constituer un ressort permettant de faire s’interroger sur une démocratique différenciation et intégration des pouvoirs plutôt que leur noyautage. Il s’agit exactement du problème majeur colonialiste auquel se mesurer en un Canada trudeauiste. Tout dit nationalisme révolutionnaire québécois, si d’abord et avant tout émancipateur, semble bien ne pouvoir vraiment s’en rendre opérant que si jusqu’en les pouvoirs appelés à s’en différencier et intégrer de façon mieux démocratique, dès le Fédéral et jusqu’en le Québec d’autant susceptible de l’y inciter que de s’y autonomiser. Cette exigence s’impose quant à la démarche constitutionnelle depuis le Référendum de 1995, mais est uniquement récemment en train de s’apercevoir et se cerner.

    Rappelons aussi que toutes les conférences constitutionnelles (1983, 1984, 1985 et 1987) destinées à définir le droit à l’autonomie gouvernementale autochtone ont toutes mené à l’échec, sans parler du fait que, à compter de 1987, le gouvernement fédéral laisse tout simplement tomber le dossier autochtone pour s’occuper de la question du Québec. L’acmé est bien sûr le second référendum québécois de 1995.

    Un moment décisif est l’adoption le 14 juin 2000 de la loi 118 s’appuyant sur une modification de l’article 93 de la Constitution canadienne en 1998 et menant à des commissions scolaires linguistiques plutôt que confessionnelles, d’où un prototype d’une tout autre façon de modifier la Constitution. Le Québec semble y viser bien plus la Constitution de 1867 que celle de 1982, issue de Trudeau père sans et contre le Québec. Ce moment décisif mérite de s’y attarder. Le Québec semble avoir reproduit en ses propres écoles un détournement de la liberté, non plus seulement du clergé au marché dès le moment de la Révolution tranquille, mais en s’alignant sur l’idéologie canadienne trudeauiste et plus largement néolibérale au point de risquer de se reployer du marché toujours plus individualiste à l’ethnoracialisme enreligiosant: n’a-t-il pas perdu de vue que le rôle de l’école est de rassembler, bien plus que de sélectionner a priori au point de ne plus instaurer qu’une logique gestionnaire d’État visant à en constituer et imposer les conditions, quitte à faire éclater le système scolaire par des subventions publiques au privé, des programmes sélectifs dans le réseau public et une concurrence tous azimuts axés sur des choix scolaires fondés sur la performance12? Surtout si occultant que cette prétendue performance, en ce domaine comme en maints autres, n’est le plus souvent que contre-performance, en externalisant ses propres coûts et en les faisant subir à d’autres, si ce n’est à la société en général ?

    Comprenons bien que l’école ne s’est généralisée et n’est devenue obligatoire jusqu’à la fin du secondaire que sur l’arrière-fond de l’émergence de la figure de l’intellectuel au tournant du XXe siècle. Or, l’universitaire (et a fortiori tout l’entre-deux québécois si unique y menant qu’est le Cégep) est laissé dans les limbes du Rapatriement unilatéral de la Constitution par Trudeau père qui ne l’a aucunement intégré en 1982. Par exemple, l’éradication pancanadienne du français pour le refouler dans le seul Québec s’est effectuée en bloquant partout l’éducation scolaire en français, ce qu’illustre toutes les Provinces des Prairies (Manitoba, Saskatchewan et Alberta) qui ont tant été considérées comme la chasse gardée de l’Ontario qu’en être l’Ontario-Ouest, sans parler du fameux Règlement XVII à la source de l’émergence explicite de l’Ontario français pour y résister la formation des maîtres, éminemment une formation universitaire, était à éradiquer ou bloquer, si provenant du Québec, si pour empêcher l’enseignement autant en français que du français dans les écoles. Au Canada, l’éducation scolaire est de compétence provinciale et la Cour de Londres l’a confirmé, le gouvernement fédéral, même sous Laurier, pourtant québécois, ayant laissé faire. Deux questions cruciales s’ensuivent. D’une part, pourquoi le Québec se fait-il de lui-même à lui-même ce qui fait le jeu du Canada trudeauiste, en forçant l’individualisme outrancier jusqu’en tout individu au détriment de ce qui en lui est pourtant d’emblée d’autant social que ne se constitue et ne s’acquiert qu’avec autrui à même la forge de son sens de soi, tout en risquant de se prêter ainsi par surcroît au multiculturalisme ethnoracialiste s’enreligiosant tel, donc jusqu’à l’encontre de la laïcité qu’il dit pourtant chercher à promouvoir, au point d’y prêter d’autant flanc que sans suivi suffisant de ses propres lois et s’en braquant tout aussi rigidement, alors que le rapport géopolitique de forces en place et encore fort opérant peut venir l’en miner, si l’on en juge et s’en fait juger par tout ce qui tend d’autant à en remonter jusqu’en la Cour suprême du Canada? Sans parler de quelque exigence de se mesurer à toute dérive par sociologie spontanée étayant d’autant la manipulation canadienne trudeauiste du Québec, a fortiori si intériorisée et portée à se développer du sein du Québec, ce qui ne peut qu’y rendre aveugle. Rappelons que, si l’on tient compte de l’approche sociologique de Durkheim, jusqu’au suicide n’est pas tant un acte individuel purement psychique, ni même ethnique et racial, que social: on se suicide par excès autant d’ostracisation sociale que par étouffement social. Or, jusqu’au processus culturel forçant l’assimilation linguistique agit par ces mêmes deux voies: faire accroire que l’individu abandonne de lui-même sa langue maternelle (alors que c’est soit l’autre langue qui lui apparaît plus attrayante, car prévalente, soit c’est la sienne propre qui lui en devient d’autant insupportable, car étant ostracisée) et pour ce faire, d’abord imposer la marginalisation de tout son groupe social pour créer plus indirectement et moins visiblement les conditions de cette assimilation (comme y tend la façon dont s’est effectué autant le Rapatriement de la Constitution par Trudeau père que tout le refoulement alors effectué depuis et jusqu’en tout individu rendu purement individualiste, par toute teneur sociale uniquement en clause dérogatoire d’où pouvoir la manipuler en ce sens et l’en étouffer d’autant en tout un chacun). D’autre part, le Québec prête-t-il suffisamment attention au fait que la coïncidence de l’émergence de la figure de l’intellectuel et de la conjointe généralisation du système scolaire obligatoire n’est nullement anodine: l’institution scolaire est le lieu par excellence de l’intellectualisation de soi13 et ce n’est pas un mince enjeu sociopolitique si l’en faisant celui d’une sociale-démocratie non étriquée et dévoyée par libéralisme, néolibéralisme et a fortiori libertarisme au point d’en troquer deux fois plus qu’une, avec le social en tout un chacun, jusqu’à sa propre teneur démocratique possible, ce sans quoi il n’y aurait guère d’expansion un tant soit peu importante d’une capacité propre, ni politicienne, ni juridique, a fortiori constitutionnaliste ? Voyez-vous le tableau d’ensemble? Si comme l’a souligné Simmel, l’urbanisation, devenue si prépondérante depuis la révolution citadine étatisante survenue environ 3,300 ans avant Jésus-Christ au seuil de l’Antiquité et a fortiori depuis sa résurgence renaissante, est à la source de la triple autonomisation du droit, de l’intellect et de l’argent, on ne saurait négliger l’interface jouée par celle de l’intellect entre le droit (de la politique au juridique) et l’argent14. À cette interface, la situation du Québec est unique en regard de toutes les Provinces du Canada et éclaire son devenir constitutionnel, car seule Province où éducation et langue commune et officielle peuvent coïncider en français. Autrement, l’éducation relève de la Province et la langue relève du Fédéral qui ne s’est entendu avec les Provinces hors Québec si foncièrement anglicisantes que depuis la forge fédérale des langues officielles (1969) s’étant faite Rapatriement unilatéral de la Constitution (1982) avec leur appui, en contrepartie de pouvoir y faire s’y implanter les écoles correspondantes avec leur accord, mais aux seuls niveaux primaire et secondaire, sans aborder la question de l’universitaire, laisser flottante. De ce douloureux écart entre éducation provinciale et langue fédérale, était déjà né par exemple l’Ontario canadien-français aussitôt dit Ontario français, en pressentant et en s’organisant dès 1904-1910 face à l’arrivée du Règlement XVII en 1912, avant le choc du tout dernier Congrès du Canada français à Montréal (1967-1969), du fait de l’émergence du Parti Québécois (1968) et de ces canadiennes et fédérales langues, non plus tant constitutionnelles (aux seuls Parlements d’Ottawa et de Québec, lors de l’AANB de 1867) qu’officielles (1969). Du fait d’être si uniquement constitué, du sein de la Constitution canadienne, et de pouvoir y faire coïncider éducation et langue en lui-même sans le fédéral (néanmoins susceptible de chercher à y interférer), le Québec peut projeter de se constitutionnaliser de façon autonomiste. Il peut être encore plus unique, s’il s’y éveille et prend conscience de lui-même depuis cette condition majeure de la possibilité de pouvoir s’y adonner. Et il se soucierait peut-être davantage de ce qu’il se fait à lui-même à travers ce qu’il fait de ses écoles, surtout en regard de sa langue française commune et officielle et du fait d’être parvenu à les en instituer linguistiques plutôt que confessionnelles depuis 1998-2000, au point d’en tirer l’opportunité de pouvoir mieux assurer son propre devenir laïc. Certes, l’idéologie trudeauiste existe, mais que serait-elle si le Québec, surtout en ses écoles, n’y prêtait pas autant flanc à son propre encontre ?

    Tous ces points devraient être explicitement partie prenante d’un projet de Constitution québécoise autonomiste pour bien clarifier qui, quoi et de quelle façon il en est question. Surtout depuis le moment décisif de 1998-2000 en marquant le coup d’envoi, l’enjeu constitutionnel s’est mué de la visée d’un tout intégrateur, alors d’un seul bloc en la Constitution canadienne (comme lors des échecs de Meech et Charlottetown ayant précédé le Référendum de 1995), à ce qui est en train de déboucher sur un projet de Constitution québécoise autonomiste espérée pouvoir s’en reprendre, sur le modèle de ce prototype de 1998-2000, depuis ses parties elles-mêmes à faire s’articuler en un tout jusqu’en ce qui peut en être d’autant mieux susceptible d’être débattu que, s’il le faut, pièce à pièce lorsque ce sera nécessaire, mais en un tel contextualisant tout, selon un sens général permettant de les faire s’articuler et coordonner d’une façon d’autant mieux mobile que plus aisément mobilisable face au fédéral. Cette manière de se constitutionnaliser, comme toute manière ne s’instaurant et ne s’en apercevant telle qu’en se distinguant et en reprenant cela dont il est question et qui n’en paraîtrait autrement que naturel, est culturelle. Comme l’écrivait Kant en sa Critique de la raison pure, la représentation des parties est nécessaire à la représentation du tout. Manquait à Kant la considération que ce n’était pas que physique, mais sociopolitique et juridique. Manquait aussi que l’imaginaire, en l’occurrence social, vaut déjà par lui-même, avant toute représentation l’acheminant au seuil de la pensée. Enfin, une démocratie, mais vraiment représentative, en se validant auprès du réel, n’est aucunement seulement représentationnelle, par mise en scène faisant se donner en représentation et se contentant de s’imposer en surplomb à partir d’intervalles électoraux permettant à un parti politique de tant s’en tenir à ses seuls propres biais que d’en biaiser la société entière. Il faut une nouvelle culture politique faisant tenir compte de ses propres faiblesses qui accompagnent ses propres forces et peuvent un tant soit peu être aménagées, si prises en compte, par dialogue avec d’autres orientations politiques pour lesquelles c’est plus susceptible d’être tout l’inverse, mais surtout avec la société civile prise dans l’entrelacs de ces divers basculements de tous les pouvoirs (dont le sien) s’en nouant/dénouant. Une Constitution québécoise peut-elle être vraiment autonomiste sans se rendre apte à l’être ? Un Conseil de la Constitution du Québec, proposé par Jean-François Lisée et d’autres, pourrait y veiller, s’il jouait le rôle d’une sorte de Sénat en regard de l’Assemblée nationale jouant le rôle d’instaurer et mettre en œuvre la Constitution. Peut s’y apercevoir une différenciation et intégration des pouvoirs (exécutif, législatif pondéré par une telle tierce instance quasi sénatoriale, juridique et enfin, société civile dont être d’autant mieux que réellement représentatif plutôt qu’une simple représentationnelle mise en scène changeant avec un monopole s’en instaurant en surplomb à intervalles électoraux), surtout si ce peut être mieux qu’au fédéral, si bancal, qui prévaut en un Canada trudeauiste. L’exigence est de pouvoir être adaptatif et apte à résister au Canada trudeauiste si, en un projet de Constitution québécoise autonomiste, le mot « autonomiste » est pour être sensé. Tout contenu non plus tant présume qu’acquiert sens et s’aperçoit en son contexte en s’y mesurant à sa problématisation. Comme l’a established Alberti dès la Renaissance, un projet n’est vraiment un projet qu’en s’intégrant en sa propre démarche les résistances auxquelles il a à se mesurer pour se constituer. Ici: selon le processus sociogénératif fort culturel s’instaurant selon le sens de soi mis en jeu, a fortiori pour se constitutionnaliser, en un sens sociopolitique jusqu’en le juridique.

    Enfin, si d’un peuple se dégage une identité nationale, ce n’est pas seulement par prise de conscience de lui-même, mais aussi par reconnaissance juridique, comme l’a signalé le tout premier, dès la Renaissance, Bodin, ce qui n’est pas sans exiger d’apercevoir que sa culture peut comporter un droit constitutionnel autant apte à se prêter à un large consensus en émanant qu’à lui proposer ainsi un projet de Constitution qui peut donc lui correspondre. Or, la notion de nation, autrefois proche de la nature selon une commune émergence, est marquée par la migration s’y intégrant largement, depuis le XIXe siècle, et, depuis la fin du XXe siècle et a fortiori au XXIe siècle, varie autant par tout ce qui reflue en sens inverse pour s’en purger (comme en les États-Unis trumpiens) que par manipulation en ce même sens inverse (de Durham, via Elgin, à Macdonald, puis Laurier, jusqu’en multiculturalisme multiethnoracialiste canadien trudeauiste visant à laminer tout social depuis son confinement en clause dérogatoire comme d’où le faire se prêter à une telle ingénierie sociale d’autant enreligiosante que juridiquement entérinée dès 1982). Le sens de soi n’est national qu’en le rendant tout aussi processuel qu’il l’est lui-même depuis la Renaissance, par ce que Benedict Anderson appelle L’imaginaire social. Réflexions sur l’origine et l’essor du nationalisme. Cet imaginaire s’est tant intériorisé qu’il est devenu une faculté de l’âme, mais publique et civique, comme l’appelle Ficin, dès la Renaissance, alors que s’en forgeait sociohistoriquement le sens de soi, mais tant charged du sens d’autrui avec qui se constituer en sa part acquise de soi qu’en sa teneur processuelle s’éveillant à sa propre capacité évolutive. C’est crucial pour toute identité nationale prise dans un entrelacs de pouvoirs plus ou moins bien équilibrés d’où se constituer et a fortiori pour s’en constitutionnaliser. L’humain, individu d’emblée social, peut tant apprendre de son effort à persévérer en son être qu’à pouvoir s’apercevoir tel et s’interroger sur ce qui le rend humain, au seuil de pouvoir en être aussi humaniste.

    Conseil constitutionnel du Québec: problématique et recommandations

    « Je me souviens ». Telle est la devise du Québec15. Elle se situe face à la devise canadienne qui s’est imposée depuis Macdonald par sa politique


    1 Signalons qu’un juge de la Cour suprême s’est récusé et qu’un autre a dû se retirer pour éviter une éventuelle égalité que pourrait créer un nombre pair de juges.

    2 Dans des articles antérieurs, André Binette souligne qu’une Constitution québécoise n’est pas nécessairement souverainiste, mais doit lui être compatible et quoiqu’il en soit, doit prévoir comment s’adapter et se modifier. Une Constitution est l’expression d’une identité nationale qui n’est jamais figée et qui reflète un certain contrat social, ce qui n’est pas sans écart ou contradiction s’en ajustant ou non. Cette identité nationale en évolution est incompatible avec la monarchie, symbole de la Conquête, ce qui mènerait à une forme républicaine à l’intérieur ou hors Canada, sans que l’on sache ce qu’il en sera. Trudeau père a combattu la clause dérogatoire après l’avoir adoptée, car ne souhaitant pas qu’elle puisse servir à affirmer l’identité nationale du Québec. Or, la clause dérogatoire n’est pas québécoise, mais l’essence du Canada, ce pourquoi Trudeau père a connu tant de revers auprès de la Cour suprême la reconnaissant d’autant « constitutive » de la Constitution canadienne qu’elle ne peut en être excisée (sans préciser si c’est en tout ou si ce peut néanmoins être en partie, si elle peut être tronquée, sinon occultée en ce qui tronque tout humain au sein du peuple et donc de son identité nationale). Un accord avec les nations autochtones francophones pourrait avoir un effet d’entraînement sur celles qui sont anglophones, ce qui constitue un apport essentiel à l’identité québécoise en quête de se constitutionnaliser. Un référendum exprime la volonté du peuple à un moment donné, mais n’est pas nécessaire à l’accès à l’indépendance qui se prépare et se fait par l’Assemblée nationale (si ayant plus de 50% des voix du peuple entre Partis qui le représentent et dont avoir un tel mandat), soit par entente avec le Canada, soit par une Déclaration Unilatérale d’Indépendance qui serait légale en droit international et ne serait nullement illégale en droit canadien, ce qui est unique au monde. Ce ne peut être valide et pertinent que depuis un large consensus quant au projet d’une Constitution québécoise autonomiste qui, comme sa forme républicaine, peut être interne et a fortiori si hors Canada, car démocratique.

    3 A. Binette, L’ordre constitutionnel. Deux tiers des Québécois rejettent la monarchie. Les élections québécoises et le déclin de la monarchie. L’Autr’journal, mars 2026, n° 444, 17.

    4 Y. Morin, De l’humain à l’humaniste dans le monde. Le sens de soi, du débat entre Ficin et Pic à Descartes et au XXIe siècle, Paris, L’Harmattan, 2025, pp. 37-38, note 1. Comparez aussi l’écart entre « mother tongue as first language » et langue maternelle qui, en tant que langue, est sociale et se fait médiation entre parole individuelle et langage inhérent à l’espèce, non plus les en télescope et immédiatise l’une en l’autre.

    5 Y. Morin, ibidem, p. 39. Dont la formation juridique de Bora Laskin et son impact sur le droit canadien il s’infiltre dans les facultés de droit des universités et facilite et entérine le rapatriement unilatéral de la Constitution sans et contre le Québec par Trudeau père.

    6 Y. Morin, ibidem, pp. 21-44. En incluant donc les précédentes références aux pp. 37-38, note 1 et p. 39.

    7 Y. Morin, ibidem, pp. 41-42. PWASP: Patriarcal White Anglo-Saxon Protestant, mais comme prototype apte se généraliser et à en hégémoniser toute tendance Patriarcale EthnoRaciale s’enReligosant telle. Il s’agit d’un immense filtre idéologique, certes, mais surtout apte à se diffuser en s’élargissant et en colonisant. André Binette rejette complètement la subordination anglo-saxonne de la liberté de conscience à la liberté de religion, mais il importe surtout d’y apercevoir le fer de lance des grands filtres idéologiques. La laïcité dite être née avec et de la Révolution française s’en éclairerait de nos lumières, les Patriotes. Elle exigerait le respect de soi, si pour en être respecté, comme le lui avait signifié un jour un Mohawk. Traduction: la clause dérogatoire, quant à la laïcité, va dans le sens de la liberté de conscience et non de brimer les libertés religieuses (dont l’expression vestimentaire de l’intégrisme dans les services publics), surtout si fer de lance d’un grand filtre idéologique. S’y aperçoit l’épreuve issue du choc entre la loi 21 sur la laïcité québécoise et le biais inhérent à la façon dont la Constitution canadienne a été rapatriée en 1982, surtout en tronquant l’humain au profit de son individualité rendue purement et exclusivement individualiste avec sa socialité uniquement en clause dérogatoire au ressort du filtre PWASP fait Patriarcat Ethnoracial s’enreligiosant.

    8 Y. Morin, ibidem, p. 150, avec note 1. Tout individu n’est pas individualiste, ni tout l’individu qui l’est. Or, le libéralisme et a fortiori le libertarisme veulent les confondre.

    9 Arthur Manuel & Grand chef Ron Derrickson, Décoloniser le Canada, Éd. Écosociétés, 2018, pp. 161-163.

    10 Y. Morin, ibidem, pp. 37-40.

    11 Y. Morin, ibidem, pp. 42-44. De fait, il faut se mesurer jusqu’au nihilisme matérialiste qui a émergé de l’entrelacs des monothéismes et qu’exemplifie la crise moyen-orientale, mais qui resurgit et que fait s’exacerber le multiculturalisme canadien trudeauiste si ethnoracial qu’ethnoracialisant en vue d’instaurer et monopoliser son inversion du social au profit de l’ethnoracial, de l’y laminer et d’attribuer et accuser d’ethnoracisme toute tendance à restaurer le social, dès la notion de langue inhérente à la langue française (contrairement à tout « official language » au contraire anglicisant) et a fortiori la société québécoise distincte en faisant sa langue officielle (nullement un « official language »). Ceci se combine et s’exacerbe avec maintes autres religions n’étant nullement (mono)théistes, comme l’illustrent diverses tensions religieuses, par exemple entre hindouisme (brama) et sikhisme à Brampton en Ontario et ailleurs. Pour une vue succincte d’ensemble de cette problématique condensant la ligne centrale de tout le livre De l’humain à l’humaniste dans le monde, voir, sous l’item nouvelle parution, https://csrs-scer.com/blog/. S’y trouve aussi des comptes rendus de livres antérieurs y préparant et ce, en remontant dans le temps, de 2025 à 2023: Méditations oniriques, ainsi que De quel Zoroastre à quel Dieu? et l’inaugural Ficin et la modernité. Sans parler de deux ouvrages antérieurs (en 2022) mettant au jour l’exigence de questionner toute notion de symétrie (dont la trudeauiste se présumant au ressort dudit bilinguisme canadien) par celle de biasymétrie susceptible de s’en déployer de façon énantiodynamiquement fonctionnelle: Gauche/droite: quelle mise en tension en quel sens ? Lorsque le miroir bascule de symétrie en biasymétrie et L’apparence: accès et miroir du réel. Lorsque l’incertitude de l’observateur relativise celle de l’observé. De plus, Gauche/droite, p. 72, proposait déjà aussi une nuance dès la première des huit conditions soulevées par un précédent texte d’André Binette, Huit conditions incontournables pour un dialogue respectueux et fructueux, Décoloniser le Québec, L’Aut’Journal, février 2022, n° 403, p. 8. S’y révisait ainsi d’où mieux aborder la DNUDPA.

    12 Voir le compte rendu du livre de Christophe Allaire Sévigny, Séparés mais égaux. Enquête sur la ségrégation scolaire au Québec, par Luc Allaire, La ségrégation tranquille de l’école québécoise, dans L’Aut’Journal, n° 441, novembre 2025, p. 16.

    13 Y. Morin, L’émergence de l’Ontario français et de son processus identitaire: au seuil des luttes scolaires, 1904-1910, dans Y. Herry et C. Mougeot (sous la direction de), Recherche en éducation en milieu minoritaire francophone, Ottawa, Presses de l’Université d’Ottawa, 2007, 32-39. Voir aussi G. Duquette G. & Y. Morin, Double minorisation et hégémonie interne en milieu minoritaire: le cas des institutions scolaires en Ontario français. In Duchesne, H. (dir.) Recherches en éducation francophone en milieu minoritaire: regards croisés sur une réalité mouvante. Winnipeg, Regroupement pour l’étude de l’éducation francophone en milieu minoritaire, Presses universitaires de Saint-Boniface, 2003, 23-50. Le 1er de ces deux textes établit à quel point c’est l’émergence de la pensée qui fait rechercher les mots appropriés pour s’exprimer bien davantage que l’inverse et que cela fait ressortir l’enjeu crucial de l’école. Le 2e examine la question de l’idéologie en milieu minoritaire français, ce qui, avec l’aide du 1er texte et de tous les livres depuis lors publiés à L’Harmattan, vient d’être étendu dans le présent livre à l’idéologie trudeauiste jusqu’en son emprise au sein de l’école québécoise par le type d’État québécois s’y étant jusqu’à présent prêté, une fois que s’étant écarté de sa voie initiale, dès la Révolution tranquille, en laissant l’école s’infléchir du clergé au marché, et a fortiori malgré le tournant pris pendant les années 1998-2000, au point de se reployer en sens inverse, du marché à l’ethnoracial enreligiosant qui y est inhérent à l’idéologie trudeauiste et qui s’est intériorisé avec et au point culminant de tout le déséquilibre des pouvoirs malgré la laïcité affichée. À quand l’examen de conscience? Bref, après avoir retracé l’émergence de l’Ontario français, pourquoi ne pas retracer l’émergence d’un Québec qui serait enfin vraiment français, comme d’où mieux envisager et faire place à sa part d’anglais et autres ? Que ce soit au sein du Canada ou hors Canada (de l’AANB), ce ne peut être nullement symétrique, comme le fait accroire l’idéologie trudeauiste par son dit bilinguisme officiel, mais biasymétrique, comme notre fonctionnement cérébral, voire pancorporel lui-même, dont la différence intracorporelle s’aperçoit aussi d’emblée intercorporelle, comme en tout humain, jamais individu que d’emblée social, voire sociopolitique, ce qui ne peut qu’exiger d’aller réviser jusqu’à la distinction elginienne gauche/droite qui est advenue avec tout le conjoint sous-jacent courant durhamien assimilationniste en perdurant depuis l’époque des Patriotes.

    14 L’argent constitue à son tour sa propre interface économique plus spécifique d’un équivalent général entre tous les biens produits qui s’en trouvent alors échangés et font s’en étendre avec le marché la consommation

    15 À cette première devise restée la référence commune, se serait ajoutée une teinte issue d’une « deuxième devise », créée par le même Eugène-Étienne Taché, plusieurs années

     

     


    Texte suivant

    Liste d’autres doubles actions possibles

    Conseil constitutionnel du Québec : problématique et recommandations


    Retour à la Table des matières

    Retour à l’Accueil

  • 7) Dossier : Géopolitique constitutionnelle canadienne et québécoise

    Le cas de figure est celui d’une géopolitique constitutionnelle subreptice et distincte de la plus cruellement évidente en cours aux États-Unis. La problématique est la même, mais elle n’est pas aussi apparente et évidente. Le dossier percole et remonte à la pièce à l’ONU. Le printemps 2025, trois organismes québécois, après un refus de la Cour suprême du Canada d’entendre la cause, ont porté devant l’ONU le problème du trudeauiste rapatriement unilatéral de la Constitution en 1982 qui s’est légitimé (comme le lui avait recommandé la même Cour suprême après tractations guère neutres avec Londres) en s’étaying de l’appui du ROC (Rest Of Canada) sans et contre le Québec qui, en 2026, ne l’a toujours pas signée. Le fond du problème : Trudeau père a tronqué l’humain à même une Charte de droits et libertés si individuels qu’individualistes dont toute teneur sociale est refoulée et à manipuler en une clause annexe et dérogatoire, dite nonobstant dont l’usage a pourtant été accordé, mais qui, malgré le fait que cet usage exige d’être incessamment renouvelé aux cinq ans, est dorénavant contesté en l’abordant sous divers biais en constituant autant de prétextes, dont la québécoise loi sur la laïcité en train d’être examinée à la Cour suprême qui, qu’elle le veuille ou non, va la géopolitiser, du simple fait que son jugement, si elle décide d’en rendre un plutôt que de s’abstenir en reconnaissant que c’est hors de sa compétence1, sera avant ou après la prochaine élection québécoise à l’automne 2026. Tout continue de dysfonctionner en faisant jouer de la même façon le déséquilibre inaugural des pouvoirs qu’a instauré Trudeau père: tout noyauter depuis l’exécutif (avec connivence préalable de la Cour suprême qui l’a conseillé pour rapatrier la Constitution de façon à s’en conforter) jusqu’en le législatif et de là, le juridique qui, lui, pèse d’autant inégalement sur la société civile qu’elle peut être québécoise et a fortiori, surtout là plus que partout au Canada, française. En s’adressant à la seule avocate du gouvernement du Québec et en référence à Loi sur la laïcité du Québec, le juge en chef de la Cour suprême demande d’imaginer un gouvernement qui utilise la clause de souveraineté parlementaire pour miner la séparation des pouvoirs et attaquer les droits de tout un chacun. Or, miroir total, miner la séparation des pouvoirs, est le fait du fédéral, depuis Trudeau père, envers le Québec:

    « Pourtant, le Pacte relatif aux droits civils et politiques de l’ONU, signé par le gouvernement du Canada, indique qu’il existe des droits collectifs aussi importants que les droits individuels. Le droit à l’autodétermination de la nation québécoise et le libre exercice de son développement étatique sont protégés par le premier article de ce pacte : « Tous les peuples ont le droit de disposer d’eux-mêmes. En vertu de ce droit, ils déterminent librement leur statut politique et assurent librement leur développement économique, social et culturel. » Considérant l’obligation qu’a le Canada de respecter les droits collectifs fondamentaux, imaginez maintenant un pays où une nation dominante, telle que la nation canadienne-anglaise, impose une constitution à des nations minoritaires québécoises et autochtones. »2

    Bien noter l’incessant cercle fantaisiste intervertissant tout le temps le sens des termes pour ne jamais s’inclure dans le débat et les faire porter aussi sur soi, au niveau fédéral, plutôt que seulement tout projeter et chercher à y encarcaner et confiner le Québec. On y aperçoit la même façon d’articuler les affections de la fantaisie mise en jeu en les États-Unis trumpiens, tant elle opère semblablement, même si ce n’est pas aussi évidemment cruel, mais plus subreptice. En voici une autre: Ottawa (donc le fédéral) est déjà en train de plaider qu’il n’y a pas de souveraineté absolue, en sous-entendant et biaisant les termes pour que ce soit uniquement pour les Provinces, surtout le Québec, mais non pour lui-même, s’il s’agit un tant soit peu d’une véritable fédération où les fédérés peuvent avoir leur mot à dire. Bref, il va se passer très exactement la même chose avec tout et quelque argument que ce soit. Le plus original, à date: l’éventuelle impasse d’où tirer quelque aura supplémentaire de légitimité (à ajouter à celle tronquée dès le rapatriement de la Constitution ayant bénéficié au seul ROC fort anglicisant sans et contre le Québec pas encore suffisamment minoré à son goût en tant que français), car même si la Cour suprême ne tranchait pas, elle pourrait faire comme si elle le faisait en émettant un jugement déclaratoire, soi-disant un avis neutre, alors que tout au contraire d’emblée utilisable (par le fédéral trudeauisé de part en part et par tous les imprégnés de trudeauisme allant s’y faire pistonner ou pire, se l’intégrant en le faisant s’opérer inconsciemment sans s’en apercevoir) pour mieux se mesurer sur un tout autre terrain, plus politique celui-là, à l’usage de ladite clause dérogatoire n’en restant pas moins encore et toujours annexe quant à la teneur sociale de tout humain au Canada. Le déjà utilisable s’occultait chercher à toujours d’avance contrer tout autre usage y dérogeant, surtout que portant sur le seul dérogatoire pour occulter se l’annexer jusqu’en tout humain, surtout si québécois et a fortiori si français, de là à partout ailleurs au Canada. Pour cause, tout usage, voire plus largement les us et coutumes en cause, sont sociaux (donc impliquent et s’adressent aussi à ce qui en l’humain n’est jamais individuel que d’emblée aussi social). Ils constituent le seuil de toute institution possible, a fortiori lorsque l’en réglementant et ultimement l’en légiférant, bref l’encadrant par une loi issue de l’État en cause (qui pour le fédéral, surtout trudeauisé, ne devrait être que lui-même et prévaloir sur tout autre État censé être si provincial qu’avoir à ne que s’y soumettre). Un usage qui en annexe un autre, surtout si s’occultant l’annexer, pour n’y considérer que le dérogatoire, est occulter et faire perdurer en sous-main le problème de fond, tout en faisant accroire s’y attaquer à travers cela seul ainsi d’autant mieux tronqué que réduit et confondu avec ce qui en est retenu et affiché. Ne surtout pas en parler et en débattre publiquement permet de l’évacuer pour faire perdurer le système constitutionnel canadien trudeauiste et son étonnante capacité à s’opérer subrepticement, si dysfonctionnel soit-il, dès que l’humain est en cause, a fortiori en tant que l’humain jaillit d’emblée comme culture coévoluant avec la nature et avec la nation et en partageant leur commune naissance, si étatiquement reconsidéré le tout soit-il.

    Tout cela est appelé à se révéler partie prenante de la cause déjà portée à l’ONU et qui va ainsi s’enrober d’une couche supplémentaire. Entre-temps, il y a aussi le projet de Constitution québécoise qui cherche à s’en dépêtrer plus durablement, mais qui reste encore problématique, ce pour quoi, par exemple, les Premières Nations ont elles aussi portées leur propre cause à l’ONU. Tel est un bref survol de l’état des lieux d’où entrer plus avant dans le vif du propos. Ma position personnelle vise à contribuer à une mise au point quant au débat à avoir, d’abord pour rendre viable la Constitution québécoise (en considérant d’emblée que la Loi sur la laïcité est appelée à s’y intégrer et ne peut aucunement s’en dissocier pour l’en désintégrer et pour tout en traiter à la pièce et y exercer quelque métonymie axiomachique bien plus politicienne que juridique, surtout si sous apparence juridique soi-disant neutre). Et ce, jusqu’en son articulation avec la Constitution canadienne, si pouvant être rendue plus fonctionnelle. Le tout engage éminemment la tension entre nation et État, a fortiori tout trait d’union en État-nation, surtout si jusqu’en l’ONU prise par l’international s’interétatisant. Il s’agit de faire que l’imaginaire, surtout si fantaisiste, porte la pensée sans tout à l’inverse la présumer s’y réduire et résorber au point de s’y faire le vecteur opérant et réifiant de quelque idéologie, surtout l’idéologie trudeauiste si constitutionnellement biaisante et pervasive.


    1 Signalons qu’un juge de la Cour suprême s’est récusé et qu’un autre a dû se retirer pour éviter une éventuelle égalité que pourrait créer un nombre pair de juges.

    2 Dominic Courtois, https://www.tvanouvelles.ca/2026/03/28/imaginez-un-canada-qui-ne-respecte-pas-vos-droits. Bien noter l’enjeu : la souveraineté parlementaire.


    Texte suivant

    Liste d’autres doubles actions possibles

    Devenirs constitutionnels canadien et québécois


    Retour à la Table des matières

    Retour à l’Accueil

  • 6) Que l’ONU travaille ses méthodes de travail pour magnifier le développement humain en le CI en regard de paix et sécurité au CPS

    Nous entrons de plain-pied dans les droits humains et en l’axe onusien si crucial du développement humain (jamais individuel que d’emblée social). L’ONU est appelée à travailler sur ses méthodes de travail pour mieux travailler à ses grandes missions, selon des doubles actions exigées par les doubles défis se révélant surgir lors de l’inversion de logique, surtout de travail. Plus tout ce qui peut s’apprendre des premiers peuples en tant que Premières Nations sans États et irréductibles aux nations d’emblée encarcanées en des États, surtout si l’international, a fortiori onusien et axé sur le développement humain, se fait interétatiser en le CPS. On s’en aperçoit, un Conseil indépendant axé sur le développement humain (s’intégrant l’humanitaire, le développement durable et les droits humains, à savoir ainsi jamais individuels que d’emblée sociaux) et ce, relativement au CPS permettait à l’Assemblée générale de l’ONU de s’en autonomiser. Et ce, d’autant mieux que pouvant enfin y aborder l’enjeu crucial fort international au ressort et jusqu’en toute interétatisation, a fortiori lorsque se faisant interimpérialiste, surtout si du sein de son CPS d’où risquer s’en faire invalider autant de l’intérieur que de l’extérieur.

    Comprenons bien qu’il faut d’abord que la société civile puisse se constituer et exister pour pouvoir s’éveiller et demander à son État de franchir le pas de la confiance faisant s’engager en une diplomatie multilatérale démocratique à l’ONU. Par exemple, suite à l’attentat terroriste sur le World Trade Centre le 11 septembre 2001 (et Ariel Sharon en profitant pour déclarer terroriste toute autorité palestinienne arabe et pour favoriser l’émergence du Hamas assassinant le Fatah en vue de s’en assurer, avant que Netanyahu le finance sans trop s’apercevoir que c’est pour creuser ses tunnels et se retourner contre son propre promoteur israélien en octobre 2023) et suite au prétexte de pouvoir prolonger la 1re Guerre du Golfe Persique par une 2e unilatéralement décrétée, mais ressemblant fort à la quête d’un bouc émissaire sur lequel se défouler, les États-Unis ont envahi l’Irak en 2003 sans l’aval du Conseil de Sécurité de l’ONU. La mission de l’ONU en a été modifiée pour se subordonner aux intérêts étatsuniens et l’ONU a subi un attentat terroriste à l’hôtel Canal. Comment protéger les humanitaires onusiens aidant les populations, mais aussi les civils et non-combattants, sur les lieux de conflits armés, voire s’assurer du soutien international pour éduquer les belligérants (s’ils veulent bien l’être) comme toute nouvelle dimension des paix et sécurité à promouvoir jusqu’en tout leur contraire ? En 2006, Kofi Annan voulait limiter, voire éliminer le droit de veto en cas de crimes contre l’humanité qui ne sont pas sans conséquences dramatiques jusqu’au sein des grandes puissances. La France porte cette position depuis 2013. Cette initiative est depuis lors supportée par une centaine de pays. Par contre, le CPS n’aurait pu être initialement constitué si les grandes puissances s’y intégrant avaient pu y être mises en minorité, d’où le veto. Le problème est surtout que le CPS, via le Conseil de Sécurité plus large, est fait l’exécutif de l’ONU et décide au-delà des paix et sécurité qui en relèvent, ce qui devient abusif en impliquant jusqu’au développement humain (s’intégrant l’humanitaire, le développement durable et d’abord et surtout les droits humains, à savoir jamais individuels que d’emblée sociaux, dès la forge des sociétés civiles), voire le vire en son contraire, ultimement les crimes contre l’humanité.

    Surgit la question de l’impertinence du CPS en s’étendant des paix et sécurité jusqu’en l’axe de développement humain, ce qui vire à l’envers ce qui serait sensé, à savoir ce qui irait plutôt du développement humain jusqu’à faire s’en sonder paix et sécurité susceptibles d’en constituer les meilleures conditions possibles, bien au-delà de ce que crée le CPS. Bref, que le CPS puisse éventuellement créer des conditions plus ou moins propices au développement humain ne signifie aucunement qu’il soit apte à rendre compte du développement humain, ni à faire passer ces conditions des moins aux plus propices, à savoir fort à l’inverse de leur inversion que, laisser à lui seul, il tend si usuellement à instaurer. Bien noter que toute pensée n’émerge qu’en une conscience devenant un tant soit peu apte à s’apercevoir d’une telle opération faisant tout se de-/re-doubler en sens inverse d’une sous-jacente inversion pesant jusqu’en l’endroit qui est issu de la réalité et qui, s’il n’est restauré, en est refoulé et ne parvient plus à transparaître un tant soit peu que de part en part réifié depuis ce qui en est mentalement toujours plus idéologiquement figé. Autrement dit, le veto au sein du CPS renforce l’inertie mentale au point de tant faire hyperfocaliser sur les paix et sécurité que d’empêcher de penser vraiment au développement humain. Y penser est préalable à pouvoir le penser.

    D’où la proposition de constituer un Conseil Indépendant du CPS qui permettrait à l’Assemblée générale de se rendre un tant soit peu davantage autonome. En vertu de l’Article 22 de la Charte de l’ONU, l’Assemblée générale peut créer les organes subsidiaires qu’elle juge nécessaires à l’exercice de ses fonctions. De plus, elle élit les membres non permanents du Conseil de Sécurité et elle « peut également agir en cas de menace contre la paix, de rupture de la paix ou d’acte d’agression, si le Conseil de sécurité n’a pu agir en raison du vote négatif d’un membre permanent. Dans de tels cas, conformément à sa résolution intitulée « L’Union pour le maintien de la paix » du 3 novembre 1950, l’Assemblée peut examiner immédiatement la question et recommander à ses membres d’adopter des mesures collectives pour maintenir ou rétablir la paix et la sécurité internationales ». Le problème est les tensions interimpérialistes entre trois des membres du CPS, car elles invalident l’ONU autant de l’intérieur que de l’extérieur, jusqu’au point de faire jouer de façon éhontée leur droit de veto jusqu’en les crimes contre l’humanité qu’ils peuvent perpétrés ou favorisés par des tiers, mais son Assemblée générale peut, dans ses limits propres, envisagées toutes les possibilités qui viennent d’être signalées et, avec le temps, instaurer une éventuelle nouvelle dynamique davantage apte à mieux équilibrer le tout. De plus, le Groupe ACT (Accountability, Coherence and Transparency), créé en 2013, sous la coordination de la Suisse, s’est employé autant à revitaliser les travaux de l’Assemblée générale qu’à améliorer les méthodes de travail du Conseil de Sécurité, voire pour inciter à améliorer les relations entre les deux. Selon https://docs.un.org/fr/A/72/514-S/2017/846, « Le Groupe ACT rappelle qu’il incombe à tous les membres du Conseil de sécurité d’adopter par consensus une recommandation relative à la nomination du nouveau Secrétaire général, qui sera soumise à l’Assemblée générale ». Et « ce dernier doit procéder en toute indépendance à la nomination des hauts fonctionnaires de l’Organisation, dans le respect des principes de répartition géographique équitable et de représentation équilibrée des sexes ». Bref, « Si l’Article 97 de la Charte prévoit que le Secrétaire général est nommé « sur recommandation du Conseil de sécurité », l’Assemblée est le seul organe investi du pouvoir de nomination. »

    L’ONU, par son secrétaire général, n’en est pas à son premier énoncé d’avoir à se réformer. Le changement s’accélérant, il lui faut d’autant apprendre à incessamment s’adapter, ce qui est au fond l’exigence réelle sous le récurrent mantra d’avoir à se réformer. Il lui donc bien concevoir et théoriser le changement en cours et s’y adapter du mieux possible en temps réel. Sinon, elle risque de souffrir en sa légitimité, si elle peine trop à arbitrer et consensualiser ce qui risque d’être uniquement happé par d’autres instances plus promptes aux rapports de force, d’autant que les principales tensions interimpérialistes y sont d’emblée disposées et jaillissent de son propre CPS qui tend à l’invalider autant à l’interne qu’à l’externe. Gouvernance partagée versus gouvernance multipolarisée qui, livrée à elle seule, s’exacerbe et tend à l’en paralyser, de fait l’invalider?

    Le CPS n’est pas représentatif. Ses représentationnelles mises en scène sont idéologiquement préorientées. Le droit de veto ne peut y être sujet à une improbable limitation que par l’accord de ses membres qui s’en gardent, car ils n’y voient que le risque d’être mis en minorité et s’en tiennent à leur privilège d’en faire à leur seule tête, quitte à tout paralyser quand ça ne fait pas leur affaire. Ce nœud circulaire camoufle le véritable problème: le CPS n’a plus aucune pertinence, car il s’est constitué contre l’Allemagne (et l’Italie et le Japon) au sortir de la 2e Guerre mondiale et, au XXIe siècle, ce n’est plus elle, mais les impérialismes de trois membres du CPS qui font mondialement problème. Si la sociale-démocratie allemande perdure et parvient à résister à ses propres tendances extrémistes (dont l’AfD) qu’attisent les États-Unis et que la Russie cherche à assimiler à un atavique nazi jusqu’en les forces armées ukrainiennes, elle peut faire perdurer l’humain et les droits humains, jamais individuels que d’emblée sociaux. Or, l’hyperindividualisme étatsunien trumpien, se collectivisant tel aléatoirement à sa fantaisie, et les régimes chinois et russe, par une collectivisation d’emblée structurale s’imposant aux individus depuis un Parti unique où trône une figure unique, cherchent à faire éclater l’humain et les droits humains en deux sens inverses se codéployant en miroir, en divergence systémique d’ensemble. Des roitelets, selon Africonova et le politicologue camerounais Mbembe: « Le terme « roitelet » désigne un chef d’État qui exerce un pouvoir personnel, centralisé, souvent au détriment des institutions démocratiques. Il s’agit d’une figure qui, sous couvert de stabilité ou de renouveau, marginalise les contre-pouvoirs, instrumentalise la justice et fait de la force un outil politique central. »2

    Et nous avons aperçu de semblables problèmes d’Europe en Amériques, en Afrique, en Asie, en Océanie, et ce, partout, des peuples autochtones aux autres peuples s’étant ajoutés aux leurs. D’où l’importance de la constitution d’un Conseil Indépendant du CPS pour mieux se repérer et s’ajuster dès la géophysique ainsi intercontinentalement en cause jusqu’en la géopolitique à y mettre en jeu. C’est l’ONU entière qui exige de se reconstituer un équilibre plus dynamique et adaptatif. L’ONU peut se proposer, par son Assemblée générale et via un tel CI dont elle se doterait, un langage plus unifiant par lequel devenir mieux apte à cerner et formuler les problèmes à aborder et pouvoir les traiter selon des doubles actions appropriées, là où il n’y a autrement trop souvent que double langage purement idéologique fort partiel et partial et même ouvertement schizophrénant, sinon plus subrepticement opérant et donc hypocrite, ne laissant place à d’autre réalité que réifiée et encarcanée. Et si ce double langage (ladite langue fourchue) a particulièrement fleuri en les sociétés dites occidentales, c’est que la Modernité y a d’abord émergé et ce, en tronquant l’humain tellement au profit de ce qui en est individuel, jusqu’à l’individualisme, voire l’hyperindividualisme (aux États-Unis), qu’au détriment de ce qui en est d’emblée social, surtout quant à la culture en cause, ce dont le miroir ne cesse de rebondir toujours plus intensément en sens inverse au fur et à mesure que resurgissant toujours plus de sociétés dites orientales, à savoir des confins de l’Europe de l’est (la Russie) à l’Asie (surtout la Chine), etc., sans rien pouvoir y comprendre tant que ne renouant pas avec leur propre inconscient resté en plan en leur sous-jacente Renaissance. Or, tel est ce qui fait problème en le CPS à même l’ONU qui s’en trouve d’autant paralysée qu’invalidée à la fois à l’interne et à l’externe. Il reste donc à renouer avec sa propre sociohistoricité et à s’apercevoir en son propre devenir, jusqu’en ce qui le fait se heurter d’autant à son propre inconscient fort intérieurement opérant qu’au refoulé s’en projetant et lui revenant d’autant extérieurement l’en hanter. Y renouer vise à dénouer l’impasse entre l’ONU et son CPS qui ne peut l’invalider que depuis son impertinence foncière, ce qui est autrement plus grave qu’une simple déficience de représentativité et qu’un usage abusif du veto, surtout si se leurrant en se faisant accroire qu’un Conseil de Sécurité plus large (sans veto) pourrait y pallier, mais au prix de ne jouer que de façade et d’occulter cette faille abyssale sous-jacente.

    L’aperception sociohistoricisante du devenir humain (jamais individuel que d’emblée social) est l’assise d’où pouvoir aborder le développement humain (humanitaire, développement durable, droits humains) selon le CI dont l’Assemblée générale peut se doter pour s’autonomiser de son propre CPS et de là, y reconsidérer sa quête de paix et sécurité en constituant des conditions recherchées plus que moins propices. Se constituer au ressort de se constitutionnaliser et s’en articule selon quelque éventuel trait d’union entre nation et État. Il est crucial de s’apercevoir que ce trait d’union ne se présume plus au point de se faire accroire donné et au contraire se génère pour s’en doter. Maintes nations s’assurent des paix et sécurité en acceptant un État autoritaire. Quelques nations s’essaient à se doter d’un État plus démocratique, mais ne peuvent aucunement y parvenir sans s’y faire reconnaître juridiquement. Un tel État exige de se mesurer de façon critique à toute raison cynique, si pour se sortir d’incessantes crises produites par quelque blocage idéologique qui s’implante et s’opère fantaisistement pour se conforter statutairement du majoritaire au minoritaire, l’en marginaliser et se l’assimiler malgré lui, soit cruellement affiché tel, soit subrepticement, ce qui en tous les cas n’est pas sans géopolitique constitutionnelle.


    1 Mohammed Lotfi, La politique canadienne. Ouvrir une école, c’est fermer une prison. (Victor Hugo). J’entends hurler!, dans L’Aut’Journal, mars 2026, n° 444, p. 11.

    2 Kagame, Poutine, Trump: Le retour des « roitelets » africanova.info, 26 juin 2025. Plusieurs autres pays sont cités, États-Unis, Russie et Chine figurent sous le titre « Les grandes puissances et l’impunité », ce qui rejoint l’enjeu véritable du veto au CPS pour protéger leurs propres intérêts, écarter les droits humains (voire les faire éclater avec l’humain) et se soustraire à maintes autres instances onusiennes internationales, dont la CPI (Cour Pénale internationale). L’émergence de l’humanité depuis et jusque hors Afrique se fait par voie transatlantique vers l’Ouest, via l’Europe, jusqu’aux Amériques, dont les États-Unis, et vers l’Est, dont la Chine, mais aussi vers la Russie, via laquelle la migration initiale a mené aux Amériques, voire inauguré la voie transpacifique.

    3 Signalons qu’un juge de la Cour suprême s’est récusé et qu’un autre a dû se retirer pour éviter une éventuelle égalité que pourrait créer un nombre pair de juges.


    Texte suivant

    Dossier : Géopolitique constitutionnelle canadienne et québécoise


    Retour à la Table des matières

    Retour à l’Accueil

  • 5) Reconnaître la diversité sociale dès les familles jusqu’en les États : prototype d’une action sociohistoriquement mieux éveillée et enrichie

    Une action autoréflexive majeure peut porter sur la question de savoir s’il est encore vraiment question d’États-nations au XXIe siècle et par là, de ce que peut être l’ONU. Une distinction cruciale est à promouvoir au sein de l’ONU entre les Nations en constituant la véritable internationalité et les États tendant à la réduire et la capter en l’interétatisant au point de tendre à s’en hiérarchiser par et depuis les impérialismes s’instaurant. Faute de cette distinction, qui prête suffisamment attention au fait pourtant basique que des États comportent maintes nations et que des nations sont prises en des interfaces entre maints États ? Et que cela empire et se radicalise lorsque des tensions interimpérialistes font s’hiérarchiser les États et pèsent jusqu’à a fortiori se poursuivre en les nations s’en faisant d’autant tailler et assimiler à la pièce, ce qui mine la base la plus générale d’où peut se constituer l’ONU? Il faut proclamer que l’internationalité est irréductible à l’interétatisation et qu’il faut cesser de se faire accroire qu’elle s’y réduit et assimile, comme s’il n’y avait partout qu’une seule nation avec un seul État, selon une fallacieuse préconception de l’État-nation censée rigidifier et réifier toute conception de quelque démocratie.

    De plus, il est toujours plus évident que le lien entre État et nation, a fortiori entre république et démocratie2, en tout dit État-nation, est toujours plus élastique au XXIe siècle, certes sous la pression interimpérialiste en cours, mais aussi du fait de la pression démographique panplanétaire urbainement concentrée (dorénavant plus de la moitié de l’humanité) et de ses effets technologiquement démultipliés sur les écosystèmes (surtout si confondus avec de dites ressources à se disputer au ressort de dites chaînes d’approvisionnement, elles-mêmes exacerbées en autant d’exigences de sécurité nationale étant de fait plutôt de sécurité étatique, bref en biaisant toujours plus tout du long la représentation du problème). La liberté des Nations jusqu’en ladite liberté des États est à clamer haut et fort, pour créer une première brèche et en particulier, pour faire place aux Premiers Peuples faits Premières Nations qui sont pour ainsi dire tous sans États, même si y ayant été, bien malgré eux, mis sous emprise colonialiste dorénavant à toujours mieux remettre en question. Être une Organisation des Nations Unies préside et non s’assimile à quelque Organisation d’États Unis, a fortiori de sans à avec trait d’union. La difficulté est que toute population n’est faite peuple, par son peuplement territorialisant quelque part de la nature du fait de l’habiter et d’en coévoluer culturellement avec elle, qu me étant à son tour fait nation, apte à s’apercevoir telle, mais le plus souvent confrontée à sa reconnaissance qui, dès que juridique, s’instaure selon quelque État. De là à se faire accroire que nation et État se correspondent selon un seul et même État-nation trop souvent présumé donné malgré et à l’encontre de l’histoire ayant fait se chevaucher maintes couches populationnelles d’où s’être pourtant tous deux forgés et en avoir constitué ensemble un tel trait d’union, il n’y a qu’un pas. C’est une vue de l’esprit qui, en sa réalité, peut au contraire impliquer d’importants problèmes d’articulation. Après y avoir joint les deux points suivants, l’illustre le dossier de la géopolitique constitutionnelle canadienne et québécoise.

    5) Reconnaître la diversité sociale dès les familles jusqu’en les États : prototype d’une action sociohistoriquement mieux éveillée et enrichie

    Il est crucial de tenir compte qu’une possibilité majeure de la Renaissance « occidentale » a été occultée lors de l’inauguration et le déploiement tronqué de la Modernité (depuis lors découplée dudit Occident en dit Orient, au XXIe siècle), mais est à faire resurgir pour pouvoir en être d’autant mieux ressourcé qu’en mettre d’abord au jour les Prémices Renaissantes de la Modernité (dès ledit Occident jusqu’en ledit Orient, alors que les États-Unis, comme tous les pays des Amériques, ne sont à l’ouest de l’Europe qu’en étant tout au contraire à l’Est et donc l’Orient de la Chine, si la géophysique prévaut un tant soit peu au ressort de la géopolitique à travers laquelle l’énoncer) comme d’où pouvoir mieux contribuer au Processus d’une Renaissance Mondiale au XXIe siècle. Il s’agit autant de la tardive intégration du fait politique en ledit Occident que, dès la Renaissance, de l’occultation s’étant produite de la famille, plutôt que le seul individu, à la base de la forge de la nation et de là, de l’État. Dont le Québec par une langue maternelle apte à déborder sa propre origine ethnique et à se l’intégrer avec d’autres, là où le Canada tend à l’y laminer.

    D’une part, la politique émerge avec la Cité (Polis) antique. Si elle se généralise et s’impose lors de l’Antiquité, son rôle s’estompe lors du Moyen-Âge empreint par le monothéisme, jamais chrétien que relatif aux autres (surtout à compter de l’islamique au VIIe siècle), avant de resurgir par une suite de renaissance (IXe, XIIe, XVe-XVIe siècles) culminant dans des guerres de religion (catholicisme/protestantismes), puis les Traités de Westphalie (1648) d’où s’impose l’interimpérialisme européen s’élançant à la conquête de la planète en s’y intégrant la tension interreligieuse en élan missionnaire. Or, sa teneur géopolitique initiale remonte à la Renaissance constituant d’autant l’entre-deux que l’interface entre et de l’Antiquité et du Moyen-Âge à la Modernité3. Étonnamment, même si Alexandre le Grand a été élevé dans une ambiance aristotélicisante, ses conquêtes ont fait s’estomper la Politique d’Aristote qui risquait de faire s’interroger sur les divers régimes politiques. De Cicéron à la demande de Thomas d’Aquin à Moerbeke de traduire la Politique d’Aristote et n’en recevant une traduction que prenant tous les termes en mauvaise part et indiquant bien la résistance à l’aborder véritablement, ne prévaut que l’horizon issu de Platon, de sa République à ses Lois, qui ne s’y interroge guère. Tel est ce qui envahit les divers monothéismes, autant chrétien qu’islamique et judaïque, Maïmonide révélant la pervasive situation qui vaut chez tous, à savoir que la loi divine remplace la philosophie politique, ce qui est l’assise faisant passer de l’Antiquité au Moyen-Âge. La désaffectation envers la vie politique et l’engouement pour la spéculation religieuse caractérise la période hellénistique et romaine et perdure jusqu’en le haut Moyen-Âge.

    C’est bien ultérieurement, sur un résurgent arrière-fond zoroastrien avec une conjointe mise au jour de la famille se modelant sur la divine unitrinitarité chrétienne chez Ficin, que la Politique d’Aristote révèle que la République de Platon ne s’en annexe aucunement les Lois et au contraire s’y trouve ajustée et révisée, ce qui permet autant de mettre au jour maintes couches néoplatoniciennes superposées à partir de cette inaugurale intégration de Platon et Aristote dès leur tension interrelationnelle propre que de procurer à Cosme de Médicis ces Lois pour instaurer Florence en contre-pouvoir de Rome (avant que les papes en deviennent médicéens, de Léon X à Clément VII). L’a établi De quel Zoroastre à quel Dieu? Entre-temps, certes, à compter de Grégoire VII, le pouvoir spirituel dit exprimer la loi divine risque constamment d’avaler le pouvoir temporel, à savoir la vie politique. Hormis s’il se fait néosioniste, seul le christianisme, contrairement au judaïsme et à l’islam, n’est pas une religion politique, à la fois liée au peuple le constituant et source jusque de la foi, ce qui marque la différence du Nouveau Testament ne parlant jamais de la justice et l’Ancien Testament en parlant partout, tandis que l’Islam en fait non seulement un fondement social, mais un commandement divin. On aperçoit d’où a émergé la tension entre les peuples européens s’étant faite interimpérialiste au point de s’intégrer les tensions interreligieuses mises en compétition jusqu’en l’élan missionnaire panplanétaire, surtout à compter des Traités de Westphalie (1648). Il ne s’agit aucunement d’un peuple, ni d’un élargissement faisant s’y adjoindre maints autres, mais d’emblée de maints peuples s’étant d’autant différenciés entre eux qu’avec et à même maints États s’en étant forgés et autonomisés. Cette intense et pervasive interface multifrontière conditionne d’emblée ce qui, depuis, mais par-delà le christianisme européen, si laïcisé puisse-t-il devenir, va tant s’oublier être ce qu’il est et s’en fantasmer comme État-nation, comme si chez tout un chacun une nation et un État se correspondaient totalement comme un seul tout parmi d’autres avec lesquels s’entrechoquer, alors qu’il n’en a jamais été nulle part question, hormis sa généralisation mentale abusive empêchant d’en voir la réalité, puisqu’il s’agit d’emblée de maints peuples s’en faisant maintes nations si pour être aussi maints États, tels que surgissant tous ensemble et relativement les uns aux autres selon des interfaces fort diverses entre peuples-nations/États. Se radicalise comme jamais auparavant toute la tension ayant déjà menée de Cyrus à Jésus, à savoir d’un tout 1er empire universel (Perse) ne s’intégrant païennement maintes nations qu’en faisant déjà l’œuvre de Dieu (selon Isaïe) à la médiation gréco-romaine non moins impérialement universelle d’où jaillit l’ouverture chrétienne de Dieu à maintes nations en s’y incarnant humainement, mais en ne s’y apercevant tel qu’à leur interface s’en codéployant telle, à savoir qu’à partir des Prémices Renaissantes de la Modernité d’où prendre conscience de ce qui s’en est vraiment produit. Le double atomisme de l’individu d’autant présumé individualiste que tronqué d’être d’emblée social dès la famille en tout humain, et de l’État-nation tout aussi d’autant isolé que tronqué d’émerger en essaim n’est donc qu’une vue de l’esprit qui, s’il ne s’en éveille et ne s’en aperçoit, n’est jamais pensant que plombé par sa sous-jacente fantaisie fort inconsciemment opérante.

    Ces maintes nations en maints États s’y font accroire tout un chacun être un État-nation parmi d’autres, voire éventuellement s’imposer tout un chacun les uns aux autres, mais surtout d’un hégémonique à tous les autres, ce qui s’est débattu tout le long de la Modernité, selon l’incessant fantasme « occidental » d’un Nouvel Ordre Mondial, bref un N.O.M. l’identifiant s’imposer tel, jusqu’au XXIe siècle. Son homologie perdure et s’aperçoit au sein des Amériques où des Américains, à savoir les Étatsuniens, se donnent pour les Américains. S’éclaire la spécificité de son grand filtre idéologique Patriarcal Ethnoracial Enreligiosé qui est PWASP: Patriarcal White Anglo-Saxon Protestant, mais lui-même de tendance néosioniste. Todd, en parlant d’un degré zéro de religion, semble méconnaître cette capacité d’un christianisme protestant évangélique, avec une frange catholique, de se dénier et s’obscurcir en sa christianité pour s’en néosioniser et s’en ramener en deçà de sa propre aurore, elle-même tronquée de sa propre teneur renaissante syncrétique pagano-chrétienne d’où pourtant pouvoir se trouver ressourcée et éclairée en son propre devenir dès le plus auroral (« oriental »), pour peu qu’aperçu et rendu apte à plus complètement renouer avec sa propre capacité de resurgir. Une fois le déplacement repéré, il est possible de mieux comparer avec les autres grands filtres idéologiques, dont le chinois PYHCT: Patriarcal, Yellow, Han et Confucéen le jour, Taoïste la nuit. Ou encore avec le Patriarcal, Slave euroasiatique tirant en moyenne lui aussi vers le Blanc, Russe et Chrétien orthodoxe s’étant allié une part musulmane, bien après avoir constitué Moscou en 3e Rome d’emblée démarquée de sa teneur byzantine (2e Rome) n’ayant migré vers Kiev qu’en s’étant conciliée avec le catholicisme romain, véritable prélude à la fracture entre l’euro-ukrainien et la Russie.

    Par surcroît, tout le problème, remontant aussi à Platon et Aristote, est que le meilleur régime politique n’existe nulle part sur Terre, sauf en paroles, ce qui est le propre des joutes verbales qui s’instaurent à l’inverse de seulement s’émettre phonosémiquement et extérieurement pour surtout se réguler selon qui s’avale et donc s’intériorise qui, quitte à le dépecer en le digérant jusqu’à se l’assimiler en même temps que se délester de ce qui ne peut l’être. Ce n’est pas sans s’intégrer en les articulant d’une façon bien spécifique les Structures anthropologiques de l’imaginaire (Durand) selon des régimes diurne et nocturne puisant aux sources réflexogènes sous-jacentes et respectives de la posture (verticale avec flexion crânienne accompagnée d’une descente du larynx au ressort du langage articulé et donc du verbal venant s’y percher) et de la déglutition, sans parler de leur interface nycthémérale proprement dite que figure le coït. De fait, ces joutes verbales sont si inhérentes à la géopolitique à travers laquelle en faire des emprises sur la réalité que leur tension extérieure/intérieure se condense en les racines Gar/got du nom de Gargantua, chez Rabelais, au ressort de la forge des instances mentales de la pensée s’étant empersonnifiées en langue française les en expérimentant littérairement4. Cette tension exige de s’y mesurer au si problématique thème du démovore, d’autant que de neutres études l’ont tronqué en prétendant le déplacer et faire figurer sous le thème d’une vitalité sociolinguistique réduite à ethnolinguistique, elle-même rendue fort ethnoracisante, face à l’assimilation censée d’autant faire accroire que ce seraient les individus des groupes en cause qui abandonneraient d’eux-mêmes leur langue maternelle que tenir lieu de la dévoration issue de la préalable marginalisation en compromettant la viabilité. C’est aussi par Aristote que la propriété privée est dite meilleure, car présumée plus juste, mais d’abord plus commode, que le communisme. Thomas d’Aquin permet de l’ancrer et la doter d’une assise en une loi naturelle beaucoup plus solide, car d’où mieux rendre compte et de fait, rendre moral le romain jus gentium ou droit des nations. Aristote autorise aussi l’avortement. Et il parle de Minos qui, lui, limitait le nombre des naissances, en encourageant les relations homosexuelles. Toutefois, un étrange silence des commentateurs (Thomas d’Aquin, Albert le Grand, Alain de Lille…) règne sur la différence menant de l’Éthique à Nicomaque, où la vertu morale est présentée comme devant être recherchée pour elle-même, à la Politique, où elle est poursuivie en vue du bien de la société. Aristote permet aussi aux adultes d’assister à des fêtes où se moquer des dieux, ce qui rebondit dans la Divine Comédie de Dante. Plus encore, là où Thomas d’Aquin subordonne la justice légale à la charité, Dante procède à l’inverse. Clou du spectacle: après et malgré toutes ces retouched sans y regarder de plus près, on arrive à d’autant se faire accroire qu’à faire de Aristote un précurseur de la morale chrétienne, voire, dès Rabelais, à en critiquer et réviser jusqu’à l’assise zoroastrienne de toute la prisca theologia ficinienne (plutôt sise sur Platon comme d’où prototyper le christianisme) pour y parvenir en y ajoutant via Rhodiginus toute une suite de Princes et gens belliqueux, bref toute une politique5. Or, le naturalisme politique aristotélicien fait se dichotomiser clercs et laïcs jusqu’au sein de l’Église et si chrétiens tous y soient-ils. Se distend et dichotomise jusqu’au lien autrement syncrétique pagano-chrétien : là où Aristote avance qu’aucun citoyen ne s’appartient à lui-même et appartient plutôt à la Cité, Pierre d’Auvergne opère un glissement disant plutôt qu’aucun citoyen s’appartient seulement à lui-même. De même, Thomas d’Aquin ne s’intègre Aristote qu’en en dérogeant, car si Aristote parle de la vie présente, faute d’en connaître aucune autre, il fait plutôt remarquer que si la vie présente consiste dans le plaisir et les richesses, son bien suprême se christianise dès que supposant une vie personnelle dans l’au-delà.

    Immense contraste entre l’état d’esprit du soldat païen affrontant la mort pour la défense de son pays et à risque de tout perdre et l’état d’esprit du soldat chrétien ne se sacrifiant pour le bien commun qu’en croyant, espérant et recevant le miséricordieux et si charitable salut éternel, bref s’en trouvant emporté et ravi par des vertus théologales, dont la mystique de Jean de la Croix révèle toute la portée, mais dont l’incarnation manquait et est explicitée en « Pouvoir se fier exige de la foi de se mesurer à la confiance mutuelle ». On aperçoit l’abîme entre le Dieu aristotélicien comme moteur immobile et le Dieu créateur monothéiste dont il ne peut être au mieux que le Dieu continuateur à jalonner d’autant de preuves de son existence que, parmi celles-ci, celle autant de la durée de sa propre vie en ce monde que de l’immortalité de son âme dite (par Dieu seul et la foi) en perdurer au-delà, comme chez Descartes. Or, la dichotomie entre César et Dieu auxquels rendre à chacun ce qui lui revient (par justice) ne dura que trois siècles, jusqu’au Prince de Machiavel qui réprouve Aristote sans jamais le mentionner explicitement une seule fois. « Comme l’exprimait avec justesse Machiavel, « l’histoire de l’homme est une lutte perpétuelle entre la force et le droit » ». Cette sentence résonne particulièrement au sein de l’ONU, où les idéaux humanistes se confrontent souvent à la realpolitik des États6, sinon à « la lamentation tragique sur ce qui se produit lorsque le pouvoir du fort devient incontrôlé et que la justice est abandonnée »7. Cette sentence résonne d’autant au sein de l’ONU que le développement humain (humanitaire, développement durable et droits humains) se confronte aux paix et sécurité qui s’y prêtent plus ou moins bien. Une asymétrie troublante en émerge, en particulier entre l’ONU et l’Afrique : l’ONU émerge dès 1945 comme l’acteur et le témoin d’une vague décolonisatrice menant à la venue de maints États africains en son sein, comme en un passage de la force au droit, si ce n’est à la realpolitik (jusqu’en paix et sécurité) qui perdure et infléchit autrement les idéaux humanistes (émergeant et puisant à un triple développement humain à la fois humanitaire, durable et de droits humains) et s’en fait art du compromis. Nouvel afflux d’un essaim d’États-nations venant s’articuler avec l’essaim euroaméricain initial? De fait, il n’est africain et ne s’y conjugue qu’accompagné par ailleurs du tout autre essaim asiatique et qu’apte à se révéler comme d’où autant jaillit évolutivement l’eurasiatique en question que fait s’en interfacer, en particulier via ledit Moyen-Orient, ses constituants, à savoir euroaméricain et asiatique comme ayant été autrefois figurés comme lesdits Occident et Orient, tant leur teneur transatlantique tardait à s’apercevoir s’inverser par le transpacifique.

    D’autre part, entre-temps, dès la Renaissance dite occidentale, Ficin et Bodin ont promu la famille (le ménage) plutôt que le seul individu pour que s’instaure une république domestique d’où pouvoir s’apercevoir émerger et faire se préparer à la République tout court. Cette possibilité a été occultée sous la Modernité ayant privilégié la famille nucléaire instable ne paraissant produire d’autant les individus qu’affichés ainsi d’emblée individualistes à travers les sociétés dites occidentales (où cela reste partiel et partial mais est abusivement généralisé) et même hyperindividualistes aux États-Unis. Depuis cette présomption abusive de sociétés d’individus sous-entendus exclusivement individualistes, s’est aussi occulté jusqu’à présent au XXIe siècle, le fait que la famille communautaire (axée sur l’intégration multigénérationnelle), prévaut par exemple en Chine et en Russie et est irréductible à la généralisation collectivisante abusive du même dit individualisme, surtout que réduisant, assimilant et laminant de facto sa genèse structurale au seul hasard si circonstanciel que stricto sensu uniquement fantaisiste n’en étant prévalant et valide qu’en ledit Occident, par effet de contagion virale de l’individualisme s’en collectivisant en s’agglutinant en ondes propagatrices mues par ses propres mœurs toujours plus confondues avec leurs seules mises en scène s’en rendant prégnantes. Le fait même de chercher à se faire vivre des émotions à travers ses propres mœurs s’en confondant avec leurs mises en scène est stricto sensu uniquement « occidental » (à savoir issu de certaines des sociétés « occidentales », de fait plutôt euroaméricaines, qui prévalent encore pour le moment sur d’autres) et aucunement universel. L’illustre la Fantasyland étatsunienne, a fortiori depuis que trumpiste. Même la « Conférence à Moscou d’Emmanuel Todd sur son livre La défaite de l’Occident » promeut un cadre d’analyse ne se fondant sur les divers types de famille à travers la planète qu’en n’échappant pas encore à cette polarisation dichotomisante8.

    S’il ne s’agit pas d’une prédiction, il s’agit au moins d’une espérance que la prise en compte d’une éventuelle émergence de la famille souche pérennisant la résidence comme sens de la maisonnée (Allemagne, Japon…) à l’interface entre la famille nucléaire individualiste (dont l’étatsunienne) et la famille communautaire (dont les chinoise et russe) contribuerait à tempérer les impérialismes qui sont issus de ces deux-ci et s’en codéploient en divergence systémique d’ensemble au point d’y entraîner actuellement la planète entière en même temps que le CPS tout entier au sein de l’ONU. Le point le plus crucial n’est pas tant les catégories de famille que d’abord la prise en compte, comme chez Ficin et Bodin, du fait familial comme base institutionnelle au ressort des autres institutions (école, travail et jusqu’en politique) avec lesquelles se forge et s’instaure d’autant toute société civile que toute possibilité d’en éclairer les trajectoires individuelles de vie. L’humain peut tant s’y apercevoir être tel qu’il est, à savoir jamais individuel que d’emblée social, que s’en faire humaniste, voire humanitaire. Ficin, en particulier, permet d’éclairer que la famille dite occidentale, plutôt que les seuls individus la composant, s’est constituée selon la conception divine unitrinitaire en cause et que l’autoréflexivité à la source du sens de soi y est irréductible à l’autocausalité faisant s’en et tout en instrumentaliser, style self-made man9. Le fait général sous-jacent est que pour toute société rien n’est plus sacré que son propre lien social constitutif, à son tour à apercevoir et reconnaître au ressort de toute et quelque religion que ce soit susceptible d’en émerger et d’en transposer le sacré depuis son émergente source profane en une manifestation sacrée (donc hiérophanique) dite religieuse l’en ressaisissant et canalisant, mais à délimiter pour ne pas s’y faire monopoliser à son propre encontre ce n’est pas parce que le sacré fait se dégager et se séparer le religieux du profane qu’il doive l’occulter en émerger et pour ce faire, y être d’abord généré, a fortiori au moment de se transposer de manifestation sacrée (hiérophanie) en commandement sacré (hiérarchie), si pour ne pas s’y faire indûment réduire et assimiler au point de ne plus que s’en faire surdéterminer à rebours. Ceci permet en toute société que tout problème politique reste un problème politique sans être au contraire indûment confondu et transposé en problème religieux, a fortiori si s’en mettant à enreligioser la politique (comme en le tabou de qui, sans être étatsunien, est américain jusqu’en le cubain) en vue de faire s’y plier plutôt que de s’en valider auprès de la société en cause. Les sociétés humaines sont constitués d’humains, jamais individuels (surtout si jusqu’à faire se confondre dès toute notion de famille jusqu’à tout individu avec le seul individualisme d’emblée en porte-à-faux face à sa propre collectivisation censée s’avaler tout communautaire en même temps qu’évacuer toute interface dite souche ?) que d’emblée sociaux. Sans sociétés humaines, pas de Nations d’où apercevoir émerger les États et surtout s’y faire reconnaître politico-juridiquement, donc pas d’assainissement de l’international jusqu’en ce qui s’en interétatise, autant en que tout autour de l’ONU à l’échelle panplanétaire.

    Pour le dire autrement, il ne s’agit pas tant d’une Défaite de l’Occident que dudit Occident qui se défait par son déclin humain, à savoir jamais individuel que d’emblée social, mais s’occultant être d’emblée tel. Au sortir de la Renaissance, la Modernité, initialement « occidentale », s’est tronquée en tronquant l’humain pour ne le faire paraître qu’individuel jusqu’en et à l’encontre de tout ce qui en est pourtant tout au contraire d’emblée social. Bien sûr, il y a eu son visage le plus affiché au fur et à mesure que l’hégémonie s’est concentrée en empire britannique, puis s’est transférée en empire étatsunien exacerbant son individualisme en hyperindividualisme. Toutefois, des formes plus subreptices sont aussi fort opérantes, même si moins visiblement, dont la trudeauiste Constitution de 1982 parasitant la québécoise Charte des droits et libertés de la personne et faussant la Constitution de 1867 à cette fin pour forcer l’homogénéisation anglicisante par un tel déclin humain faisant s’imposer des droits et libertés si purement individuels que renvoyant d’emblée tout ce qui peut en être social en clause annexe et dérogatoire afin de pouvoir ainsi l’en manipuler à travers toutes les institutions en même temps que concentrer les pouvoirs depuis l’exécutif jusqu’en le législatif et de là, le juridique pesant à son tour sur toute société en cause, a fortiori si québécoise et comportant un droit civiliste pourtant censé être irréductible et se faisant pourtant réduire à la common law anglicisante, etc. Nomination fédérale en catimini de juges, infiltration des facultés de droit dans les universités et autres pratiques sont fort courantes, le tout sous façade d’État de droit, dès lors fort hypocrite et opérant selon tout le contraire de ce qui est affiché. Toute société civile canadienne un tant soit peu française, y compris et surtout si québécoise, doit s’apercevoir qu’il lui faut entreprendre des démarches juridiques rendues d’autant pénibles que, au niveau soi-disant fédéral, mais tout au contraire si centralisateur à l’encontre des fédérés que fort unitaire, l’exécutif a noyauté le législatif à faire ainsi entériner par le juridique qui, à son tour, en conforte l’opacité, dès l’accès dès lors entravé à l’information d’où pourrait surgir quelque action mieux susceptible de s’orienter10. La concentration des pouvoirs, telle que le trumpisme cherche à l’effectuer au grand jour lors de sa mise en scène de sa dite vérité hyperbolique laminant tout ce qui n’est pas elle-même aux États-Unis, se fait dans les coulisses de façon fort subreptice au Canada. L’ultime enjeu est encore une fois la façon dont se forge la société civile comme pouvoir distinct, s’il parvient à se constituer et à être un tant soit peu autonome au ressort de sa culture même, à savoir comme pouvoir distinct de tous ces autres pouvoirs qui opèrent à l’échelle gouvernementale et privilégient une telle culture du secret agissant depuis l’ombre sur ce qui peut être plus visible de l’articulation entre eux, pourtant censée a contrario les rendre et les faire paraître indépendants et en contre-pouvoirs mutuels. Du moins en démocratie. Sauf en temps réel d’autant constitutif que seul à demeurer accessible depuis la société civile de sous toute constitutionnalisation possible s’étatisant ?

    Rappelons que, par la société civile, la famille s’instaure au ressort de toutes les autres institutions, dont l’école, le travail et la politique. Et si l’enjeu de la période d’âges des 15-35 ans est si crucial, c’est qu’elle concerne autant le moment du travail (différé si le moment scolaire se prolonge jusqu’en l’universitaire ?) et de la conjointe forge d’éventuelles nouvelles familles un tant soit peu viables que le point de passage liant les générations entre elles. S’il se fait rompre, toute la société civile s’en fait marginaliser jusqu’au point de faire accroire que ce sont les seuls individus qui en viennent à abandonner d’eux-mêmes leur propre culture et leur langue lorsque cela se produit. Encore et toujours selon tout humain à ne faire paraître qu’individuel au détriment d’être d’emblée social.

    De fait, si le sexe et le travail ne s’intègrent pas harmonieusement (du sexe bien vécu et possiblement aussi au ressort d’une famille viable en pouvant subvenir par le travail à ses propres besoins), une société civile ne peut se constituer au point de s’assainir en ses mœurs et bien se porter économiquement et politiquement11. Toute culture s’inaugure par l’attitude comme façon de considérer la nature, dès le sexe par lequel se vivre et se reproduire (en y étant mise en travail l’en faisant accoucher) et dès le travail par lequel tant y agir et s’y adapter que se transformer en la transformant. La question culturelle de la sexuation si évolutivement diversifiante à s’intégrer socialement à même la vie et de la sexualisation la donnant à se vivre, en regard du genre pouvant s’ensuivre, mais aucunement s’y substituer, a déjà été signalée12. La diversité sexuante, certes, se sexualise, mais reste irréductible à ce qui peut s’en genrer, à moins de se tronquer en ses propres catégories mentales si foncières entre l’autre et le même, au ressort de toute comparaison possible permettant d’établir de quoi il peut être question, bref de savoir de quoi on parle. Et on ne saurait sous-estimer la puissance imaginaire de faire un, ensemble, jusqu’en les corps fusionnant en leur chair et surtout faisant jaillir la symbolisation d’un tout se rendant présent autant entre que jusqu’en tout un chacun y prenant part. L’humain, individu d’emblée social, symbolise, au point que son esprit peut d’autant s’envoler avec toute nuée d’oiseaux que s’y identifier et être avec eux ce qu’ils sont, en totale résonnance mutuelle faisant s’y correspondre, avant même de pouvoir en raisonner et en tirer quelque métaphysique plus explicite, ainsi que les ressorts de la mathématique (tout nombre étant par définition une telle correspondance au sein de tels ensembles d’ensembles) et jusque de la physique (en retraçant jusqu’au dynamisme génétique de sous et au ressort de sa totalisation en monde, à savoir en cosmos selon le mot grec). Il s’agit d’un puissant moteur faisant d’autant s’entr’appartenir à la façon dont tous appartenir à la Terre-Mère que la société entière peut en être de part en part culturelle-symbolique avant toute émergence politico-institutionnelle (advenue avec les Cités étatisantes à la source de lois susceptibles de s’étendre à la nature autant au sein que tout autour de tout un chacun, fût-ce au risque de laminer toute entr’appartenance en « entre-prise » de possession, comme si de Terra Mater à Terra nullius) et enfin, décisionnelle-opérationnelle13. Par-delà la Renaissance et au seuil de la Modernité, jusqu’à l’impérialisme colonialiste des sociétés européennes en Amériques et ailleurs peut se concevoir comme un entrechoc de sociétés politico-institutionnelles, d’emblée étatiques, avec des sociétés culturelles-symboliques, uniquement constituées de premiers peuples comme premières nations. Le choc en a été un non seulement avec la liberté des mœurs jusqu’aux plus sexuées et, de là, sexuelles, mais du même coup avec l’imaginaire (et l’élan symbolisant). Le rapport interimpérialiste entre sociétés européennes, jusqu’entre sociétés nord-américaines autochtones si contrastantes, les met à risque de s’y révéler de hiérarchisantes sociétés de classes en train de se forger à partir d’anciens Ordres sociaux, à savoir Clergé, Noblesse et Tiers État. Du Tiers État émerge une Bourgeoisie commerçante qui complète avec le Clergé et la Noblesse la ternarité élitique et colonisatrice et qui, aux siècles suivants, les déloge et s’en autonomise politiquement à l’échelle de la société entière avec sa coémergente masse populaire (paysans, artisans, etc.) en train de se prolétariser et plus proche de la mentalité autochtone, au point de tendre à s’y métisser14 et, pour en conjurer la menace, avec laquelle tout au contraire chercher à constituer ladite lutte des classes sociales, trop susceptible de se révéler non seulement interne, mais aussi externe, internationale. La réponse à cette menace est « génocide et/ou réserve »15: se redouble et s’intériorise la surrépression en refoulement du songe pour qu’il ne soit plus tant issu du corps, en appel du don le comblant socialement et mythiquement, que de l’âme où le faire virer en foi, sinon en doute. En foi (d’où exhausser le don en si divine grâce et donc, la nature en surnature) comme s’y acharnent les Jésuites auprès des Hurons et d’abord à l’encontre du décodeur de rêves (et de désirs à réaliser) qu’est le shaman. Sinon en doute, cette cartésienne voie d’arraisonnement, surtout si quotidiennisée par matérialiste hégémonie géopolicoéconomique anglaise déclassant dès 1660 la Hollandaise (qui armait déjà les Iroquois contre les Hurons et par là, contre les Français pour les fourrures). Le tout au fur et à mesure que le capital marchand, au lieu d’être détourné en promotion sociale bourgeoise en l’ordre ancien (de féodal en monarchie absolue en France), vire en capitalisme qui s’accapare d’autant mieux de l’État (par le Parlement) qu’il pénètre jusqu’aux rapports sociaux de production agricole, par l’enclosure plus intense en Angleterre qu’ailleurs, et tant s’approprie les terres que force l’expulsion de masses populationnelles en peuplant l’Amérique du Nord. Le refoulement capitaliste du féodal (fait seigneurial en Nouvelle-France) et a fortiori de l’immersion païenne autochtone en la nature s’y effectue jusque de l’imaginaire et l’encarcane par doute/foi (Descartes/Jésuites), sinon le lamine empiriquement (en l’anglicisant). Puis après les grandes révolutions politiques, d’étatsunienne (1776) à française (1789), au fur et à mesure que les États s’aperçoivent pouvoir faire jaillir leur gouvernance des nations et s’en constituer en États-nations, peuvent commencer à s’instaurer les sociétés processuelles-décisionnelles au point de s’interroger sur leur rapport avec ces sociétés sans États que sont les Premières Nations. C’était une sorte de révolution sociale fort pervasive, au XIXe siècle. S’ensuisit au XXe siècle, la révolution naturelle autant au sein de soi, en particulier par le sexe, et tout autour, dont l’impact humain sur le climat. Elle a d’autant pu acquérir toute son ampleur que s’apercevoir surgir dès l’attitude, à savoir dès le simple fait de considérer la nature et donc de l’intégrer culturellement. Au XXIe siècle, jusqu’au trait d’union s’étant constitué pour forger l’État-nation est en train de se distendre au fur et à mesure que se révèle, surtout en l’ONU, que l’international n’est aucunement l’interétatique. Des nations sans États peuvent échanger entre elles, voire aussi entre leurs parts éparses lorsque dépecées entre maints États (dont la paradigmatique nation kurde encore sans État propre distinct de tous ces maints États), si ce n’est avec des nations qui sont d’emblée partie prenante d’États et s’en font des États-nations, tout comme il existe des tensions interimpérialistes cherchant à faire s’hiérarchiser les États et y remanier les nations. La déchirure russo-européenne en est exemplaire, non seulement en Ukraine, mais aussi en Moldavie, etc., car toute tendance pro-européenne, si saillante y soit-elle, s’y bute sur une part russe.

    Donc, après le ternaire élitisme désagrégeant les Ordres sociaux en classes sociales au sortir de la Renaissance et pendant tout le XVIIe siècle au seuil de la Modernité, les questions politique, sociale et naturelle, aux XVIIIe, XIXe et XXe siècles, s’intègrent et culminent au XXIe siècle en la question de l’histoire sociopolitique si humaine de la culture coévoluant avec la nature, mais nature, à la fois, autant au sein de nous jusqu’en tout un chacun qu’entre nous et tout autour de nous, le tout selon une commune idée de naissance présidant d’autant à la formation et au développement que constituant un héritage transmissible, apte à donner aussi lieu à la nation faite perception commune d’un peuple de lui-même et à se faire éventuellement reconnaître juridiquement en sa capacité à s’en déterminer et gouverner16, puis à se faire terre d’élection migratoirement intégratrice, sinon purgative. La nation mène à l’international, voire à l’ONU où exiger de l’en distinguer de l’interétatique, a fortiori si interimpérialiste, tel que jaillissant de son CPS et l’invalidant autant de l’intérieur que de l’extérieur. L’humain, individu d’emblée social, se constitue et se cultive à même la nature et ce, d’intracorporel en d’emblée intercorporel par mise en tension entre ses gauche/gauche s’en équilibrant en ses deux sens inverses (vers la gauche/vers la droite) s’imageant mutuellement dès le sexe, du moins selon un sociosexoréférentiel féminin jusque du masculin par une commune fente sagittale inhérente non seulement à la vulve, mais aussi au bout du gland du pénis, etc. La latéralité s’introduit par un vide constitutif de tout corps et ce, d’intracorporel à intercorporel par un tel sociosexoréférentiel ! Cet imaginaire se forgeant à même sa vie d’emblée fort physiquement inscrite relativise d’emblée tout sociosexoréférentiel patriarcal et donc, d’avoir ou non à être avec ou sans pénis. S’en relativise a fortiori toute binarisation sous-jacente à quelque subséquent cisgenre (par lequel se faire accroire par surcroît n’être homme ou femme qu’en ne pouvant s’identifier tel ou telle qu’en se l’étant fait-e assigné-e, puis s’y être conformé-e, comme si tout ne faisait que s’en instrumentaliser exogénément), surtout si selon quelque toute autre genrance LGBTQ+ ne s’en démarquant qu’en la reproduisant et qu’en faisant s’y confondre tout autant l’anatomie avec le fantasme l’en psychisant en des sociétés portées à tout psychiser, jusqu’à tout mentaliser comme d’où tout instrumentaliser en tout humain à titre purement individuel. Sociétés aveugles à elles-mêmes, donc sans s’apercevoir et tout au contraire présumant cette tendance sociale si évidente et naturelle qu’aller de soi. Or, par cet autre sociosexoréférentiel relativisant le patriarcal, se trouve rejointe la tendance culturelle-symbolique des sociétés autochtones de s’entr’appartenir en appartenant à la Terre-Mère, elle-même mieux géophysiquement circonscrite jusqu’en géopolitique. La bispiritualité autochtone s’attache au sens de la sexuation alors considérée jusqu’en la sexualisation et a fortiori la genrance s’ensuivant, nullement y pèse en la surdéterminant et instrumentalisant à rebours et en sens inverse: être des deux prévaut si ne pouvant distinguer les deux, ce qui peut arriver dès la biologie si pour être autrement jusqu’en psychologie, avant que l’inverse s’en suraccentue dans les seules sociétés « occidentales » psychisant tout jusqu’à outrance, au point de tronquer l’humain au profit du seul individuel et au détriment d’être aussi d’emblée social17. Les parents inuits en sont très conscients lors de toute naissance de quelque enfant dont le sexe n’est pas d’emblée évident. Ils n’ont aucunement attendu les notions d’intersexe, hermaphrodite, transidentité, etc., surtout qu’il arrive que tout s’en éclaircisse et que le sexe s’en révèle de lui-même quelque temps après la naissance et a fortiori s’il ne correspond à aucune de ces notions et fait apparaître l’un des deux sexes. Rien n’en est présomptivement assigné à la naissance, comme cherche à le faire accroire une certaine mouvance LGBTQ+ pour s’y opposer et en réclamer des droits via une discrimination positive virant en discriminatoire davantage que positive, alors que ne faisant qu’en reconduire, mais autrement, les mêmes présupposés patriarcaux : avoir ou non un pénis et donc être avec ou sans pénis, quelle que soit l’orientation sexuelle. Les Inuits nous enseigne pouvoir apprendre ce qu’est attendre avant de savoir si un sexe va se distinguer de lui-même, sans aucunement avoir jamais à l’assigner, ni se rebeller contre ladite présumée assignation. La double distinction bispirituelle autochtone de la femme femme et de l’homme homme en regard de la femme homme et l’homme femme peut aisément recouper celle entre les sociosexoréférentiels respectivement patriarcal (sans/avec pénis fait pourtour/centre) en regard du féminin jusque du masculin (par commune fente sagittale en le gland du pénis et en la vulve, etc., la femme étant seulement davantage fendue que ne l’est l’homme pour paraphraser et développer la perspective inuit). Le tout surtout jusqu’en une diversité surgissant dès quelque soi-disant cisgenre et aucunement siphonnée par la seule mouvance LGBTQ avec conjointe formation réactionnelle alors alimentée d’un patriarcat outrancier se mettant à y réagir au profit du seul même, à savoir l’identique, toujours plus identitairement rigide (femme femme et homme homme)18. C’est une erreur malencontreuse que d’intégrer la bispiritualité autochtone en la seule mouvance LGBTQ d’emblée si biaisée jusqu’en la notion de diversité que visant à siphonner à son propre profit le pouvoir patriarcal, en y occultant l’enjeu de la diversité survenant dès ledit cisgenre (à faire se confondre de l’évolutive sexuation à la sexualisation faite hétérosexualisation) pouvant pourtant survenir selon un tout autre sociosexoréférentiel que patriarcal (seule source de la véritable binarité qui n’est aucunement d’être cisgenre hétérosexuel, mais chez tous, mouvance LGBTQ incluse, d’avoir ou non, donc d’être avec ou sans pénis). Le sociosexoréférentiel du féminin jusque du masculin peut s’harmoniser avec l’autochtone matricentrisme (aucunement le matriarcat, ce décalque en miroir du patriarcat), jusqu’en ses notions d’un tiers sexe (ancré dans le simple constat expérienciel commun qu’il n’est pas toujours aisé de distinguer toujours clairement entre deux sexes au début de la vie et que l’enfance peut en éclairer jusqu’à l’adulte, sans aucunement se prêcher et encore moins s’imposer en sens inverse), mais aussi de Terre-Mère (avant toute terra nullius), etc.

    Quant au travail, nous avons vu que, via les 15-35 ans en inaugurant usuellement l’accès (du fait d’interdire le travail des enfants) et pouvant en tirer subsistance au ressort de nouvelles familles, il s’agit de l’interface la plus cruciale du lien et de la continuité intergénérationnelle constitutive de la vitalité socioculturelle, dont la sociolinguistique, voire de la constitution de la société civile (à partir de l’institution de base qu’est la famille et, avec et au gré des autres institutions s’en alignant, où s’inscrivent les trajectoires de vie). Cette période d’âge est la plus délicate et, si fragilisée au cœur du fil intergénérationnel et de la forge de la société civile, la plus vulnérable quant à la forge identitaire, si aperçue culturelle et s’en sociogénérer telle sans abusivement s’en faire psychiser et a fortiori ethnoraciser à outrance. Ainsi, le trumpisme, via Kirke, a pu la cibler à travers la présente génération dite Z en vue de faire s’y conjuguer conservatisme politique et spiritualité enreligiosante aux États-Unis. Le Temple trumpien y cherche ses assises pour perdurer par-delà D. Trump. Or, les manifestations augmentent à travers le monde et la génération Z a déjà causé un changement de régime au Népal, à Madagascar, etc. Au Canada dit « multiculturel », mais laminant toute culture de sa sociogenèse en ethnoraciale, les diasporas, face aux régimes de leur pays d’origine, manifestent davantage. La pression accrue sur les polices assure le bon déroulement de ces manifestations.

    La protestation en Iran en 2022 par le mouvement Femme, Vie et Liberté a exprimé son rejet du régime et réclamé de pouvoir vivre, ce sur quoi viennent se greffer les récentes interventions étatsuniennes-israéliennes, de la guerre des 12 jours (13-24 juin 2025)19 à la présente guerre (28 février 2026-?), dont la grande innovation (propre au XXIe siècle) est l’orchestration algorithmiquement intégrée des raids aériens20, avec refus d’envoi de troupes terrestres (non pas parce que les cadavres de soldats peuvent revenir au pays, mais parce que cela ferait plonger la cote trumpienne de popularité électoraliste), tout en exposant la seule société civile cherchant, là aussi, à vivre. Israël veut éliminer le régime iranien des mollahs (plutôt dorénavant aux mains des Gardiens de la Révolution) qui veut l’éliminer. Israël veut surtout instaurer sa suprématie militaire (qui ne peut aucunement l’être sans les États-Unis) dans toute la région, où les alliances forcées de pays arabes avec les États-Unis peuvent l’être dans le sens israélien s’en faisant adouber suprémaciste. Bien noter ce codéploiement d’une sécurisation étatique se disant nationale (d’autant que néosioniste, d’abord étatsunienne pour être judéenne, par résurgence d’une atavique Palestine totalement israélienne à concrétiser à l’encontre de Gaza et la Cisjordanie dont se subordonner, si faute de pouvoir les en vider, toute teneur arabe) et d’une suprématie régionale pour s’en étayer (une fois encore par les États-Unis y liant les régimes arabes de la région à l’encontre autant de leurs propres populations que de l’Iran, seul régime s’y opposant).

    Les États-Unis, eux, reprennent le fil de leur invasion unilatérale en 2003 de l’Irak (sous faux prétexte d’armes de destruction massive menant à en abattre le dictateur, pour avoir l’air de faire quelque chose et de se trouver au moins un bouc émissaire suite à l’attentat du World Trade Centre du 11 septembre 2001, diversifier du même coup leurs ressources pétrolières et ainsi moins dépendre de l’Arabie Saoudite, mais au prix de renforcer malgré eux la position régionale de l’Iran, qui va s’y étendre et se rendre via la Syrie jusqu’au bord de la Méditerranée…), le tout sans aval du Conseil de Sécurité de l’ONU (que cette fois-ci, face à leur attaque de l’Iran en 2026, la Chine demande de convoquer de toute urgence, mais après coup, à savoir après le fait accompli, dada trumpien). En a surgi en 2006, Daech qui a déstabilisé le Moyen-Orient pendant plus d’une décennie et a occupé les États-Unis tout ce temps pendant que la Chine émergeait et que l’influence iranienne s’accentuait jusqu’à la Méditerranée, de quoi se demander en quoi il s’agit d’une stratégie géopolitique étatsunienne éclairée. Ont suivi la Libye (2011, mais avec la France de Sarkozy y incitant pour empêcher Khadafi de constituer à partir de réserves d’or et d’argent une alternative au franc dans les pays africains francophones, le tout aussi sous façade de démocratie, droits humains et liberté, en plus de faire sans doute s’étonner Hilary Clinton de voir une telle violence, si usuellement issue des États-Unis, venir de son allié français, surtout que celui-ci avait guidé la charge à l’ONU contre l’invasion étatsunienne de l’Irak en 2003), puis la Syrie (2011-2025) et l’exacerbation des masses migrantes, en particulier vers l’Europe. Via Israël qui les y entraîne et qui multiplie les fronts moyen-orientaux, les États-Unis ne font plus tant s’étendre et s’en fortifier (par les suites de leur invasion de l’Irak en 2003 et malgré eux) l’Iran jusqu’à la Méditerranée, mais le font dorénavant tout à l’inverse refluer et même l’attaquent comme maillon faible (d’autant le plus faible que le seul à ne pas avoir l’arme nucléaire) du partenariat avec la Russie et la Chine (plus la Corée du Nord qui, elle, s’est dotée de l’arme nucléaire en 2006) en leur axe anti-étatsunien21 et en vue de réaffirmer l’hégémonie mondiale du pétrodollar (pourtant en train de s’effriter), sans parler d’autres bénéfices marginaux s’assaisonnant au gré du choix sélectif de dictatures y contribuant, si n’avoisinant une pente glissante susceptible de mener à la corruption22. Les États-Unis soutiennent aussi le Pakistan en sa « Fureur juste » face à l’Afghanistan, si à l’image de l’« Epic Fury » étatsunienne trumpienne avec et via son allié israélien face à l’Iran. Le Pakistan (avec d’autres) les médiatise aussi en faveur d’un cessez-feu moyen-oriental. La rage furieuse, la plus grandiose et soi-disant MAGA, est la marque de commerce trumpienne, autant en politique, ainsi militarisée par guerre dite préventive arbitrairement affichée à l’encontre de toute conception internationalement acceptée (comme si les États-Unis étaient sous une menace immédiate, hormis celle à leur seule tendance néosioniste), qu’en économie, par les tarifs douaniers censés eux aussi répondre à la victimisation étatsunienne par une agressivité à l’aune de leur écart de puissance à tout autre sans pareil à l’échelle panplanétaire. Ce qu’il peut être lassant en ne donnant le spectacle que toujours du même pattern s’agrémentant à diverses sauces de façade d’une fois à l’autre. Bref, nous sommes en incessant crime de lèse-majesté exigeant de tout foudroyer en retour et révélant le ressort ayant permis à Zeus de trôner en et de l’Olympe, d’où ordonner le monde entier, jusque sur Terre, mais selon quelque théisme laminé en déisme à force de donner Dieu sous figure de César. Les frappes aériennes algorithmiquement orchestrées avec Israël, donc permettant de foudroyer à distance et de s’en trouver soi-même le moins impliqué et le moins susceptible d’éprouver des pertes comparables à celles infligées, en sont le symbole le plus tangible. Le Dieu monothéiste se confond avec le dieu païen jovien (au seuil d’être si diogénique, à savoir engendré de Zeus comme dieu régnant parmi les dieux, que cynique, surtout si selon une sous-jacente fantaisie cruelle). Le théisme y est à risque de déisme (du fait d’un Dieu si distant que peu apte à s’incarner et à prendre figure humaine sous laquelle pouvoir vraiment jouer le rôle salvateur auquel prétendre), au point de se confondre avec César et son impérialisme mondain, si ce n’est sa raison cynique (surtout si selon une sous-jacente fantaisie cruelle). Le christianisme fait néosionisme s’y dénie, faute de distinguer et a fortiori en confondant Dieu avec César.

    Question que l’Ukraine ne soit pas oubliée, Andrii Sibyha, son ministre des Affaires étrangères, cherche à y fait apparaître un domino de la chute de dictateurs (Assad en Syrie, Maduro au Venezuela et Khamenei venant d’être tué en Iran) qui étaient des amis de la Russie poutinienne, ce qui devrait être continué et rendre ainsi sa chute d’autant inévitable qu’elle serait un allié peu fiable: occupée en Ukraine, la Russie n’aurait pas été là pour la Syrie, était de toute façon impuissante à faire quoi que ce soit en le plus lointain hémisphère occidental incluant le Venezuela et voit maintenant sa source iranienne de drones se tarir (vraiment ?). Soutenir l’Ukraine contribuerait donc à ce déclin de la Russie poutinienne qui, même si elle ne peut être trop attaquée directement (car ayant l’arme nucléaire, contrairement à l’Iran), pourrait éventuellement s’effondrer de l’intérieur à force d’être ainsi affaiblie de l’extérieur23. S’y exemplifierait que tout peuple peut choisir son destin, ce qui ne serait pas loin de rejoindre au moins allusivement le droit onusien de tout peuple de se déterminer et se gouverner lui-même, mais prend aussi une tout autre allure lorsque le président français, Emmanuel Macron, affirme que « Pour être libre, il faut être craint » et annonce tout un armement nucléaire fort accru pour l’Europe, dont constituer et renforcer ainsi la force de dissuasion. Il faudrait aussi penser au fait que la France a aidé Israël à se doter de l’arme nucléaire et qu’Israël, en plus d’en faire un tabou refusant de reconnaître la posséder, l’a longtemps cachée aux États-Unis qui ont fini par s’en accommoder (et en font aussi un tabou faisant éviter d’en parler), tout en ne faisant que parler de celle que l’Iran pourrait éventuellement avoir, sans parler du fait que Donald Trump a mis fin aux pourparlers pour y pallier lors de son 1er mandat et qu’il prétend dorénavant frapper préventivement (hors toute conception internationalement acceptée et hors toute approbation préalable du Congrès étatsunien, bien que le Sénat républicain rejette après coup d’y mettre fin) lors de son 2e mandat. Enfin, la prolifération nucléaire ne comporte plus de Traité la limitant entre États-Unis et Russie et n’a jamais impliqué aussi la Chine. Bref, la tempérance nucléaire est une vertu dont seul l’Iran devrait faire preuve. Et ce, sans jamais envisager de nouvelles avenues, dont le thorium chinois qui, contrairement à l’uranium, pourrait contribuer à combler les besoins énergétiques et du fait d’être fertile, mais non très fissile, sans se prêter autant à la fabrication de l’arme nucléaire. D’où un usage véritablement civil sans risque de double usage l’en faisant virer en militaire. Pourquoi nul n’en parle-t-il? Et si c’est faisable, pourquoi nul ne propose-t-il d’y aider l’Iran… par transition énergétique?

    Il s’agit d’un tour d’horizon sur l’autocratie considérée en ce qui la fait péricliter (version ukrainienne) ou à laquelle se mesurer (version française), mais non en ce qui peut encore la faire germer et qui, jusque du sein desdits pays occidentaux, peut chercher à jaillir, comme l’exemplifie la tendance forcenée trumpienne à concentrer tous les pouvoirs à lui seul (surtout depuis que les juristes traditionalistes conservateurs sont au pouvoir et promeuvent l’exécutif unitaire l’y encourageant), mais, à son grand dam, en un pays où des assises constitutionnelles et institutionnelles démocratiques sont encore suffisamment fortes (jusqu’à quand ?) pour y résister et ne pas y sombrer. De plus, on ne saurait ignorer le conjoint « paradoxe fondamental du trumpisme en politique étrangère: il parle de paix avec le vocabulaire de la domination. Il dit vouloir arrêter les guerres tout en alimentant les conditions qui les rendent inévitables. (…) C’est le problème fondamental de la vision trumpienne: elle brille à court terme, elle aveugle à long terme. »24 Il n’y aurait plus ni droit international, ni droits humains, en particulier à la liberté tant réclamée par l’Ukraine et exigeant d’abord la reconnaissance du peuple et de sa dignité, mais uniquement des puissances et leurs intérêts, en termes d’alliés (à vendre/acheter selon le cas) et d’adversaires (de fait, d’ennemis à éradiquer, sinon, si assez puissants, avec lesquels dépecer et se départager le monde). Par-delà Trump, que penser de la russification du système postal et d’autres instances dans les territoires conquis en Ukraine depuis leur invasion en 2022, même s’ils y étaient déjà les plus russophones et ont pu se sentir marginalisés par la dérussification promue avec l’ukrainien comme seule langue officielle, surtout depuis 2017, de sorte que, même par-delà la guerre, son ferment risk de perdurer, s’il n’est pas abordé25? Dans des pays comme le Canada, plus de 80% des gens ont développé le réflexe de considérer qu’une nouvelle fraude apparaît chaque semaine et se mettent à présumer qu’un texto, un courriel ou un appel inattendu est une arnaque ? Aux États-Unis seuls 17% ont encore confiance en le gouvernement. L’IA radicalise le tout, d’autant que pouvant déborder le simple hacking et doper les cyberattaques mondiales faussant ce qui se voit et s’entend au moindre événement géopolitique, dont l’actuelle guerre étatsunienne-israélienne en Iran. Ficin a souligné dès la Renaissance italienne, à quel point voir et entendre sont liés à la raison en l’âme qui, bien avant d’être purement individuelle, est d’abord publique et civique comme d’où elle peut s’y cultiver et intérioriser: l’humain n’est jamais individuel que d’emblée social, surtout si quelque tendance humaniste est pour en surgir, a fortiori pour promouvoir le développement humain (en sa triple teneur humanitaire, de développement durable et de droits humains). Jusqu’en tout individu et a contrario de l’individualisme anglo-saxon pragmatisé en hyperindividualisme étatsunien et plus largement nord-américain, en particulier au Canada, une part de lui-même ne se constitue et ne s’acquiert qu’avec autrui, du fait d’être d’emblée social. Lorsque la confiance est en chute libre, où est la liberté, hormis celle de faire proliférer et quasi quotidienniser l’agression, la fraude et avec elles, la suspicion ? Se fier se met à dériver en croire, à son tour susceptible de se dogmatiser selon de fort virales polarisations s’exacerbant d’autant systèmeatiquement entre elles que générant tous azimuts des tensions prédatrices en quête de proies à bouc-émissariser et dont s’assouvir et s’abreuver, fort religieusement, en quelque sang (véhicule de l’âme, selon la Bible), plus en quelque chair à dévorer, sinon à abuser (selon toutes sortes de trafic, de la force de travail à son fruit à arnaquer et jusqu’au plus sexuel). Il n’y a de vraie liberté que située, donc en relation un tant soit peu claire avec qui l’être et a fortiori si pour y consentir, d’abord pour être un tant soit peu valide et fiable. Ce sont aussi les deux principaux critères de base de toute science sise sur une factualité bien assurée et susceptible de pouvoir être accueillie telle par toute population, de sorte que le tout risk de covarier selon la même pente glissante. Or, pour le trumpisme, la vérification des faits est une atteinte à sa liberté d’expression d’où faire se déliter toute liberté, si un tant soit peu située et au fait. De devenir à être d’emblée autoritaires, selon les régimes autoritaires aussi. Au fur et à mesure que les conflits militaires s’étendent en un monde dit multipolaire et à tension interimpérialiste à hiérarchisation variable à travers le temps, qui sera tantôt vraiment l’allié, sinon l’adversaire, de qui? À qui se fier peut devenir très délicat. L’atavique tension entre foi et raison peut resurgir et s’intensifier. L’âge des 15-35 ans, via l’actuelle génération Z, et l’assise de la société civile sont déjà affectés.

    Quant à savoir s’il y a renforcement de l’hégémonie étatsunienne du pétrodollar, en plus de la recommandation de l’AIE (Agence Internationale de l’énergie) de conserver des mois d’avance des réserves de pétrole qui a été suivie, le cours du pétrole est aussi suffisamment bas pour peut-être limiter l’impact inflationniste d’une éventuelle hausse de son prix sur l’économie, surtout étatsunienne et en prévision des élections de mi-mandat à l’automne 2026. En plus d’avoir encore une fois court-circuité le Congrès et outrepassé son pouvoir de guerre et en plus de faire le contraire de ce qu’il avait promis autant pour se faire élire qu’à sa base MAGA, surgit toute une suite imprévisible d’événements ainsi déclenchés (dont des militaires étatsuniens tués, trois avions étatsuniens abattus par erreur par le Koweït, même si les six pilotes ont pu s’éjecter à temps, deux aviateurs tombés en Iran et ayant pu être récupérés avant d’être capturés, tout en extirpant ainsi Donald Trump de son aptitude à pouvoir se mettre en scène entre-temps plombée par son état de panique électorale, surtout auprès de sa base MAGA dont la mouvance est justement née avec Reagan contre Carter suite à la prise d’otages à l’ambassade étatsunienne en Iran, etc.). Bref, Donald Trump est aux prises avec sa cote de popularité qui est à son plus bas, mais qui, selon lui, serait le contraire, tant il viendrait non pas tant causer la ruine que l’affronter comme l’ayant précédé et comme ce dont il sauverait. S’il ne fait de la guerre qu’il a déclenchée (hors droit international et hors consultation et approbation préalable du Congrès étatsunien) un prétexte supplémentaire au renforcement de sa tendance autoritaire, donc en vue de concentrer encore plus les pouvoirs aux États-Unis et autrement, en vue de menacer tout pays extérieur ne se montrant pas complice de son infraction du droit international, dont l’Espagne refusant que ses bases servent à l’attaque militaire trumpienne sur l’Iran et étant appuyée par l’Union Européenne contre les menaces trumpiennes de sanction, tandis que la Grèce a accepté le déploiement de missiles Patriot et mis en colère la Turquie, tout en réactivant leurs vieilles tensions conflictuelles. Face à la Turquie qui condamne ce que Israël fait à Gaza, Israël se met à reconnaître le génocide arménien: pensez-vous vraiment qu’il s’agit d’une conviction profonde ou qu’il s’agit plutôt de représailles opportunistes? Belle façade.

    Quoiqu’il en soit, Donald Trump a toute une côte à remonter qui pourrait fort varier selon la suite des événements, mais surtout de leur mise en scène dont, autant que faire se peut, contrôler toujours plus le narratif à travers lequel tout en faire paraître à sa seule fantaisie (si inverse à la réalité soit-elle) et enrayer toute idéation jusqu’en sa logique, selon l’idéologie improvisée du moment à imposer face à quelque autre à démoniser et, par inertie mentale partout à perpétuer, selon quelque quasi mort cérébrale censée annoncée celle du corps appelé à y être entraîné. Par-delà le fantasme que tuer la tête dirigeante d’un régime puisse en supprimer l’idéologie pouvant pourtant fort a contrario chercher à la remplacer, s’il y avait néanmoins une chute jusque du régime des mollahs (de fait, dorénavant celui des Gardiens de la Révolution), tout peut varier selon qu’il y aurait ou non un autre Daech ou pire pour quelques autres 10 ans comme suite à la 2e Guerre du Golfe persique de Bush fils en 2003… Ce peut même être pour remplacer une dictature par une autre, comme à l’époque du Shah sous la botte des États-Unis de 1953 à 1979, juste pour avoir voulu d’autant monopoliser avec ce qui est devenu l’actuel BP que contrer la démocratique nationalisation pétrolière au bénéfice du pays. Ceci dénote, en plus d’une incessante impérialiste juridiction extraterritoriale, une incapacité totale à tirer des leçons des expériences passées, dont celle d’avoir favorisé l’épanouissement de l’Islam radical comme alternative à sa propre tyrannie, si indirectement et vicarialement opérante puisse-t-elle être là et ailleurs. La tendance trumpienne à s’autoproclamer roi s’admire autant en les principaux régimes autoritaires actuels comme en ses vis-à-vis qu’en tous les régimes politicoéconomiques qui peuvent être inféodés au sien plutôt qu’aux leurs, par l’interimpérialisme recherché comme d’où conditionner ladite multipolarité mondialement en cours, jusqu’en le CPS au sein de l’ONU. Suite au renversement du Shah qui était le pantin tyrannique mis en place par les États-Unis et suite à l’arrivée au pouvoir des Ayatollahs en Iran en 1979 pour l’en déloger, dès 1983, Reagan avait installé des forces armées dans la région en vue de cette éventualité, dont assurer la libre circulation par le détroit d’Ormuz par où transite 20% du pétrole mondial (à pétrodollariser en supplantant l’Iran s’y refusant, puis en faisant accroire et en affichant seulement l’attaquer à cause de son éventuel armement nucléaire). Les petits sous-marins iraniens risquent d’y couvrir par en dessous (et autrement, à tous les niveaux, par des mines, vedettes rapides et drones, mais aussi par des missiles depuis les côtes, voire de plus loin) ce que la flotte étatsunienne couvre en apparence au-dessus: l’un s’enfouit sous Terre d’où resurgir, l’autre trône au Ciel, fort inapte à atterrir (tout contact terrestre étant bien trop à risque d’être mortel, non pas tant pour les soldats étatsuniens que pour l’image trumpienne). De Reagan à Trump, le slogan MAGA se renouvelle, le tout sur l’arrière-fond du pétrodollar instauré depuis Nixon comme étalon flottant auquel mesurer toutes les devises, une fois l’étalon-or et les accords de Bretton Woods ainsi déclassés au ressort d’un tel système monétaire mondial. L’enjeu est le cœur de l’économie mondiale et d’abord de l’énergie qui, rappelons-le, est une capacité de travail permettant un déplacement (spatial) sur une certaine distance pendant un certain temps: l’énergie est matière se travaillant en s’articulant et se déployant spatiotemporellement. L’einsteinienne équation E=mc2 l’a thématisée, en plus d’y articular la gravité, comme forme spécifique d’accélération qui s’est inscrite et avérée opérer en sens inverse du devenir expansif diversement accéléré de l’univers matériel.

    S’intègrent et forment en un seul tout géopoliticoéconomique, les chaînes d’approvisionnement énergétique et le travail humain, dès le seuil de son accès et selon sa force vive des 15-35 ans aussi susceptible de s’accompagner, via le sexe, de nouvelles familles viables comme véritable fontaine de jouvence qui, si elle ne se tarit et ne conduit à la dénatalité plombant aussi jusqu’à l’économie, est au ressort de la forge vive de la société civile et de son lien intergénérationnel la tissant et la faisant perdurer entre ses membres (par simultanéité spatiale intergénérationnelle s’en diachronisant telle, ce qu’est toute famille) pendant un certain temps (de sa diachronisation, autant en travail de produire et accoucher d’une nouvelle génération qu’au travail, surtout à compter de la période d’âge de ces 15-35 ans y accédant, si ce n’est quelque génération sandwich des 40-60 ans, prise entre le fait de devoir encore les épauler face aux insuffisances systèmeatiques les empêchant de s’autonomiser et leurs propres parents vieillissants à soutenir). Matière, mais vivante et humaine se travaillant en s’articulant et se déployant. On aperçoit toute l’importance de la création onusienne d’un CI indépendant de son CPS, car elle peut mener, non seulement à une géopolitique apte à se repérer et s’ajuster à sa sous-jacente géophysique, mais aussi à l’instauration d’une réelle économie sise sur une éventuelle monnaie internationale davantage qu’interétatiquement plombée par une hégémonie monétaire indue faisant se diffuser et s’opérer indirectement sa tyrannie. Rappelons l’expérience issue de Mohammed Yunus, lauréat de la paix en 2006: créer le microcrédit permettait d’aviver la base socioéconomique jusque des plus pauvres et de favoriser un élan démocratique, là où il n’y avait que sa façade hypocrite pour se justifier d’attaquer tel ou tel ou se faire accroire et s’en faire paraître démocratique, alors qu’implantant au contraire des dictatures, comme s’y est tant adonné l’hégémonique dollar étatsunien, a fortiori depuis que pétrodollar.

    Au niveau de la société civile engageant des humains, « le travail doit cesser d’être considéré comme un coût et redevenir une valeur partagée, source de dignité pour l’individu et de puissance pour la collectivité », ce qui passe par un changement de logique, voire une inversion de logique : « Ne plus raisonner uniquement en termes de dépenses sociales, mais en termes de retour sur investissement pour la société.: logique d’alignement entre intérêt individuel et intérêt collectif »26. L’enjeu est on ne peut plus clair: l’humain, jamais individuel que d’emblée aussi social, ce qui se conjugue aussi d’emblée avec l’exigence d’une théorie du changement s’y trouvant prise en compte, bien au-delà de ce qu’en a déjà fait One UN et ce, en la réorientant en fonction de doubles actions d’autant universelles que spécifiques. Le tout selon une géopolitique et une économie se rendant d’emblée aptes à se repérer et s’ajuster au gré de leur sous-jacente géophysique territorialement délimitable intercontinentalement, mais avec sa vie humaine autant en son sexe qu’en son travail, a fortiori en leur intégration existentielle au ressort de la forge de la force vive de la société civile, dès la famille à la base de toutes les autres institutions s’alignant et faisant s’y inscrire les trajectoires de vie. C’est social si pour être individuel, non le seul inverse s’acharnant à n’être que présomptivement hyperindividualiste pour l’en contrer et dé-/ré-humaniser (de fait plus dé- que ré-humaniser, car toujours plus problématique en devenant d’autant inapte qu’inepte) à sa seule sauce toujours plus atomisante.

    D’ailleurs, ladite génération Z, donc l’actuelle tranche des 18-35 ans, opte davantage pour un meilleur équilibre entre la vie professionnelle, quant aux deux voies distinctes d’une promotion à un poste de direction impliquant d’être responsable d’autres personnes et plutôt d’une compétence plus spécialisée en son domaine, et la vie privée, fort susceptible d’en être respectivement de plus à moins infléchie, que les générations précédentes. Les entreprises sont prises à effectuer des changements structurels pour tenir compte de cette double voie dorénavant possible pour se pourvoir de dirigeants dont elles ont besoin. Il y a interaction plutôt que surdétermination pure de la structure à la trajectoire de vie. S’y aperçoit une racine profonde des doubles actions spécifiques et universalisable. Cela implique une inversion de la logique usuelle: « Parfois, les gens ne veulent pas se porter volontaires pour occuper un poste de direction, car ils ont l’impression que nous ne formons souvent les gens à devenir des gestionnaires ou des leaders qu’une fois qu me ils occupent déjà ce poste » (…) « Si nous commencions à former les gens avant même qu’ils n’occupent ce poste, je pense que davantage de personnes seraient prêtes à se porter candidates, car elles se sentiraient prêtes à assumer cette responsabilité plutôt que de prendre un risque. » (…) Pour ceux qui choisissent de ne pas assumer de responsabilités de gestion, cela peut signifier une spécialisation plus poussée. »27 Il existe une certaine ressemblance avec la distinction faite par Herzberg entre les facteurs d’insatisfaction (liée aux conditions de travail, mais ici élargies à la gestion contribuant à les créer) et de satisfaction (liée à la tâche même, ici dite plus spécialisée, et à la motivation intrinsèque qu’elle suscite). Cependant, il s’agit non pas tant de satisfaction/insatisfaction susceptibles d’être plus stricto sensu individuelles que de développement humain/inhumain les en révélant aussi d’emblée sociaux, ce qui, par métabolisme d’ensemble, anabolique/catabolique, se construit/déconstruit.

    En ce sens, toute société humaine cherchant à se développer, mais se trouvant minorée en relation avec une autre ne semble pouvoir y parvenir qu’en se mesurant à l’inégalité pour, à la fois, se construire et guérir de ce qui la déconstruit. L’a compris l’Assemblée des Premières Nations (APN) au Canada en s’apercevant du double défi exigeant d’emblée d’inverser la logique colonialiste minorante, a fortiori tutellisante, autrement subie, selon un paradigme transformant la culture, la manière d’agir et penser : « Changer la perspective: c’était le thème dominant de la journée de clôture du sommet de l’APN sur les infrastructures et le développement économique. Il faut modifier non seulement le discours, mais aussi le rapport de force pour remettre le pouvoir entre les mains des Premières Nations. À la différence des autres Canadiens, nous n’avons pas hérité d’un patrimoine, nous avons hérité de la dépossession, a affirmé dans une des présentations la grande cheffe de l’Assemblée des chefs du Manitoba, Kyra Wilson. Nous devons essayer de construire nos communautés en même temps que nous essayons de guérir, a-t-elle ajouté. »28

    S’extraire non seulement du génocide assaisonné de conditions de vie y menant, mais de la tutellisation assaisonnée de la mise en Réserves (sortes de prisons à ciel ouvert), voire de la simple minoration assimilationniste faisant d’autant paraître que les individus abandonnent d’eux-mêmes leur culture et leur langue qu’occultant et s’assaisonnant du fait que leur société d’appartenance s’en trouve marginalisée comme condition de vie y menant. Ces divers niveaux d’inégalités exigent tous pour être redressés une double action, l’une plus directe, individualisable et si massifiable soit-elle, l’autre plus indirecte et d’emblée sociale et inhérente aux conditions de vie. Il est étonnant et contrastant que des peuples autochtones s’en extraient à une époque de travail d’autant précarisé que fragmenté et fait mosaïque de tâches parcellaires sujettes à la sous-traitance et à l’ubérisation au point que le recul du salariat en des emplois à temps plein l’est aussi du droit du travail qui n’en est plus commun en s’étendant jusqu’à ce qui s’en opère en marge, mais s’y fait éroder au fur et à mesure que celui-ci s’accentue29. On aperçoit ce que les peuples autochtones canadiens ont pu gagner en refusant de se faire municipaliser en citoyens ordinaires appauvrissables, tous plus isolément les uns que les autres, en microentrepreneurs sous-traités et aux conditions de vie détériorées résister au Livre blanc de 1969 du gouvernement trudeauiste l’a empêché de se délester du problème, du fédéral au provincial et de là, aux municipalités, et ils ont pu créer l’Assemblée des Premières Nations dont pouvoir aujourd’hui s’étayer. Les actuelles prisons (fermées et non plus à ciel ouvert) s’éclairent aussi par le fait que « 75% des personnes incarcérées n’ont pas de diplôme d’études secondaires à leur admission », bien que « la participation à des programmes éducatifs en prison réduit significativement la récidive ». Or, le gouvernement fédéral libéral de Mark Carney adopte une logique du pompier pyromane (comme l’autre au sud de la frontière canadienne) et « investit massivement dans la coercition, dans l’armement, dans la surveillance, pendant qu’on coupe dans ce qui fonctionne réellement pour réduire la criminalité » (…) « Cette décision est d’autant plus grave qu’elle frappe de plein fouet des populations déjà surreprésentées, notamment les Autochtones et les personnes issues de milieux défavorisés »30.

    6) Que l’ONU travaille ses méthodes de travail pour magnifier le développement humain en le CI en regard de paix et sécurité au CPS

    Nous entrons de plain-pied dans les droits humains et en l’axe onusien si crucial du développement humain (jamais individuel que d’emblée social). L’ONU est appelée à travailler sur ses méthodes de travail pour mieux travailler à ses grandes missions, selon des doubles actions exigées par les doubles défis se révélant surgir lors de l’inversion de logique, surtout de travail. Plus tout ce qui peut s’apprendre des premiers peuples en tant que Premières Nations sans États et irréductibles aux nations d’emblée encarcanées en des États, surtout si l’international, a fortiori onusien et axé sur le développement humain, se fait interétatiser en le CPS. On s’en aperçoit, un Conseil indépendant axé sur le développement humain (s’intégrant l’humanitaire, le développement durable et les droits humains, à savoir ainsi jamais individuels que d’emblée sociaux) et ce, relativement au CPS permettait à l’Assemblée générale de l’ONU de s’en autonomiser. Et ce, d’autant mieux que pouvant enfin y aborder l’enjeu crucial fort international au ressort et jusqu’en toute interétatisation, a fortiori lorsque se faisant interimpérialiste, surtout si du sein de son CPS d’où risquer s’en faire invalider autant de l’intérieur que de l’extérieur.


    1 Alain de Libera, Le troisième pouvoir. Les intellectuels scolastiques et la politique, dans C. Bazan, E. Andujar, L. G. Sbrocchi, Les philosophies morales et politiques au Moyen-Âge, Actes du IXe Congrès international de Philosophie Médiévale, Ottawa, du 17 au 22 août 1992, pp. 261-266. Pour les citations précédentes entre guillemets et cette finale.

    2 Serge Lusignan, Intellectuels et vie politique en France à la fin du Moyen-Âge, dans C. Bazan, E. Andujar, L. G. Sbrocchi, Les philosophies morales et politiques au Moyen-Âge, Actes du IXe Congrès international de Philosophie Médiévale, Ottawa, du 17 au 22 août 1992, pp. 267-281. Au début du XIVe siècle, des sujets pluriels sont désignés par le collectif « peuple » et l’entité abstraite de l’État se pense et s’évoque république. S’y aperçoivent les prémices de ce qui débordera la monarchie et s’intégrera en État-nation, a fortiori en République démocratique avant toute captation la transposant de mercantiliste en capitaliste libérale et surtout libertarienne qui n’est qu’accidentellement démocratique.

    3 J’intègre mes quelques apports aux paragraphes suivants puisant à E.L Fortin, Politique et philosophie au Moyen-Âge: la révolution aristotélicienne, dans C. Bazan, E. Andujar, L. G. Sbrocchi, Les philosophies morales et politiques au Moyen-Âge, Actes du IXe Congrès international de Philosophie Médiévale, Ottawa, du 17 au 22 août 1992, 148-166.

    4 Yvan Morin, Du débat entre Ficin et Pic à Rabelais, la Renaissance d’italienne à Française, Paris, L’Harmattan, 2026. S’y trouve une critique du projet de Constitution du Québec incluant, mais débordant ce qui s’en débat jusqu’en l’ONU, du fait de ne pas s’être soucié suffisamment des Autochtones et de la société civile. L’enjeu est bien plus grave et éclaire ce qui, en défaillant, mène aussi à ces insuffisances ne pas avoir d’abord suffisamment cerné le parasitage de la Charte des droits et libertés du Québec et le conjoint biais de la Constitution de 1867 par la trudeauiste Constitution de 1982 issue de son Rapatriement unilatéral sans et contre le Québec, d’autant minoré, ce qui est aussi à débatttre à l’ONU, surtout que trois organismes québécois y ont déjà porté cet enjeu.

    5 Yvan Morin, Du débat entre Ficin et Pic à Rabelais, la Renaissance philosophique, d’italienne à Française, Paris, L’Harmattan, 2026.

    6 Aristide Briand Reboas, ONU – Afrique, Plaidoyer pour une coopération équilibrée et consensuelle, Paris, L’Harmattan, 2024, p. 10, propos d’Emmanuel Caulier.

    7 https://theconversation.com/ce-qui-conduit-a-la-guerre-les-lecons-de-lhistorien-thucydide, 2026-05-04. A fortiori en passant de la justice aux quatre vertus cardinales.

    8 Plutôt que d’une simple défaite, il s’agit d’abord d’un déclin de l’Occident, faute de cerner la teneur de son propre enjeu politique, comme déjà rappelé à la suite de Hannah Arendt au début du présent livre qui en ancre même la géopolitique en sa géophysique.

    9 Y. Morin, De quel Zoroastre à quel Dieu ?, De la révolution des savoirs à la prisca theologia, source de philosophia perennis, depuis Ficin, Paris, L’Harmattan, 2024. Dieu s’incarnant humainement par et de la famille à tout individu la composant est passablement différent de la présomption que son incarnation ne serait humaine qu’individuelle, voire individualiste, a fortiori hyperindividualisme, à la façon de l’étatsunien, surtout si trumpien et tout à son ego. Il est établi que même l’ego se génère et reste mobile en Dieu bien avant qu’il ne se fige et se fait egocentrique.

    10 Voir par exemple Guillaume St-Pierre, Six ans pour un accusé de réception d’Ottawa après avoir effectué des demandes d’accès à l’information, La loi prévoit normalement trente jours de délai, Journal de Montréal, 26 avril 2026. En l’occurrence quant à We Charity et Prestation Canadienne d’Urgence (PCU), sous l’ère du Parti Libéral du Canada, de Justin Trudeau, à l’époque, à Mark Carney, aujourd’hui. L’occulte tient à le rester.

    11 Quant aux assises philosophiques, Y. Morin, Rabelais selon Montaigne. Vers la raison pure cartésienne et sa critique, de Kant au XXIe siècle, Paris, L’Harmattan, à paraître.

    12 Voir Problématique critériant le choix de ses représentants selon de telles doubles actions.

    13 Pour un survol de la typologie socioévolutionniste de la régulation et du contrôle présidant à la reproduction des sociétés, à savoir les types culturel-symbolique, politico-institutionnel et enfin décisionnel-opérationnel, voir M. Freitag, Formes de la société, vol.2 Nation, ville, architecture, Montréal, Liber, 2018, pp. 226-229. Ma longue parenthèse y cible le présent propos du politico-institutionnel éclairant ledit occidental.

    14 Surgit tout le problème de « L’interface pagano-chrétienne: de syncrétique à métissée, mais quel métissage ? », selon Y. Morin, De quel Zoroastre à quel Dieu? De la révolution ficinienne des savoirs à la prisca theologia, source de philosophia perennis, depuis Ficin, Paris, L’Harmattan, 2024, p. 239 et suivantes.

    15 Denys Delâge, Le Pays renversé. Amérindiens et Européens en Amérique du Nord-Est – 1600-1664, Boréal, 1991, p. 343 reprenant p. 321 et s’éclairant s’intérioriser par pp. 86-87 où s’amorce la même distanciation que chez Ficin depuis les sens du goût et de l’odorat avec le toucher au profit des sens de la vue et l’ouïe avec une telle raison, non plus vers l’art (comme amplement sondé en mes Méditations oniriques. De la physiologie ficinienne à une émergente raison platonicienne apte à rendre ses idées représentatives), mais selon Marcuse, si surrépressive qu’arraisonnante (ce dont j’ai retracé les sous-jacentes affections de la fantaisie faisant ainsi s’en nouer). Renverser le pays autochtone est surtout renverser tout ce qui y renverserait ce renversement. Le filtre idéologique PWASP nord-américain du self-made man hyperindividualiste à tout crin ne s’en fait plus songe, voire rêve, que cauchemar. Manque cruellement des méditations oniriques avant que métaphysiques.

    16 De Bodin à la Révolution française, le pouvoir souverain de l’État, idéalisé en État monarchique de droit divin, se fait celui du peuple, de la nation à la source de l’État, d’où l’État-nation. La République se démocratise et ledit État de droit ne l’est plus que de droit humain, certes individuel, mais d’emblée social, si pour être et s’apercevoir national. Le pouvoir en est souverain, jamais tant chez un seul que depuis ce qui s’en unifie entre tous.

    17 Revoir la référence ci-haut à Delâge soulignant jusqu’à quel point jusqu’à l’imaginaire le plus inconscient, dès le songe, a été tiré d’autant du corps vers l’âme s’en mettant à le surdéterminer que des sociétés autochtones aux sociétés euroaméricaines colonisatrices. De fait, le véritable enjeu est, en l’âme, l’esprit, a fortiori si pensant. Leenhardt l’a appris en interrogeant un observateur canaque en lui demandant ce que l’Occident lui avait apporté et en s’attendant comme réponse que ce soit l’esprit, mais se faisant dire que c’était plutôt le corps, mais faut-il le préciser, corps non plus tant substrat que surdéterminé, ce que Descartes appelait en être maître et possesseur, à savoir pouvoir l’instrumentaliser, aucunement s’y réfléchir en ce s’y image de soi entre gauche/droite en deçà de la pensée.

    18 Pour illustrer le choc des cultures ainsi rigides que lesdites sociétés « occidentales » psychisent à force de se faire accroire que tout humain n’est qu’individuel et tronqué d’être d’emblée social jusqu’en ses choix, il y a déjà eu en Iran une pression socioculturelle obligeant les gens homosexuels à se faire opérer pour se faire transsexualiser et s’accorder avec ce même rigide et sociorepérable départage entre femme femme et homme homme. Ledit cisgenre se durcit et fait du transgenre le vecteur d’où se réintégrer l’homogenre.

    19 Rappelons que, gonflé à bloc par son récent succès militaire, Donald Trump dans l’avion le menant au sommet de l’OTAN du 25 juin 2025, menace les pays qui n’envisageront pas d’investir 5% de leur PIB dans l’armement en même temps qu’il remet en question l’article 5 promettant une défense mutuelle pour insinuer pouvoir exiger de les en exclure.

    20 Et pour celles et ceux qui n’y auraient pas encore suffisamment porté attention, Donald Trump veut faire remplacer au Pentagone, Anthropic par un autre système, possiblement OpenAI, plus aligné sur son idéologie politique et tout aussi peu constitutionnellement prévisible autant démocratiquement qu’en termes de droits humains. Pour comprendre l’enjeu de l’orientation trumpienne, « il faut le replacer dans le contexte plus large de la relation tumultueuse entre Donald Trump et certaines entreprises technologiques. Anthropic est perçue, dans les cercles conservateurs américains, comme une entreprise aux valeurs progressistes marquées fondée par des anciens d’OpenAI qui ont quitté cette dernière pour des raisons éthiques, financée par des investisseurs qui n’ont jamais caché leurs sympathies démocrates, portée par une mission explicite de développement d’une IA « sûre et bénéfique pour l’humanité ». Dans la rhétorique trumpiste, ces signaux se lisent comme autant de marqueurs idéologiques suspects. » (…) « Le décret visant Anthropic s’inscrit parfaitement dans cette logique de purge idéologique du tissu industriel fédéral. » Voir Jacques Provost, https://dosequotidienne.ca/2026/02/28/opinion-trump-veut-bannir-lia-danthropic-de-larmee-un-general-tire-la-sonnette-dalarme/. Une défaillance systémique est susceptible de s’installer et de mener à une surveillance de masse sans supervision judiciaire et à une autonomie létale (pouvant cibler qui tuer) sans autorisation humaine. Bref, Trump se fout autant de la sécurité nationale étatsunienne si elle n’est pas trumpienne que de toute interopérabilité avec ses alliés, en particulier avec l’OTAN, etc. Tel est le germe d’un interimpérialisme accru avec ceux de la Chine et de la Russie, jusqu’au sein du CPS d’où miner l’ONU autant de l’intérieur que de l’extérieur. C’est augmenter les probabilités structurelles que ladite IA finisse par être tout aussi incontrôlable que ceux-là mêmes qui la veulent à leur seule image et s’en veulent despotiques. Bref, pour l’instant ça a l’air si beau une belle orchestration algorithmique de raids aériens sans pertes humaines terrestres (déjà beaucoup plus probables s’il y avait engagement terrestre) de son propre côté. Le mercantilisme agressif trumpien n’accepte rien d’autre que l’obéissance totale hiérarchiquement expurgée et ordonnée de haut en bas et risk de mener à ce que Arendt appelait la banalité du mal, tant soulignée lors du procès Eichmann. Voir aussi Benoît Pelopidas, Repenser les choix nucléaires et divers YouTube où il met en évidence divers facteurs fort circonstanciels qui ont fait que maintes catastrophes nucléaires ont été évitées, tout en remettant en question le prétendu contrôle affiché par les soi-disant experts censés monopolisés les décisions à faire remonter rapidement vers le haut de la hiérarchie, du fait que la vitesse des projectiles est très rapide, que le peuple est censé être d’accord avec cette façon de faire et donc de la leur déléguer comme d’où l’imposer par une chaîne hiérarchisée d’obéissance (sans aucunement vérifier ce qu’il en est) faisant se plier aux dites conséquences, complexité du problème, etc. Il cerne et déconstruit ces arguments.

    21 Maxime Marquette, https://www.msn.com/fr-ca/actualites/other/analyse-l-axe-crink-fracturé-comment-washington-démonte-l-alliance-chine-moscou-iran-un-alliée-a-la-fois: « Le Center for Strategic and International Studies le CSIS, l’un des think tanks les plus influents de Washington- a fini par donner un nom à cette alliance que les États-Unis cherchent à démanteler. Ils l’appellent l’axe CRINK: China, Russia, Iran, North Korea. Quatre lettres pour quatre pays que Washington considère comme la menace existentielle du XXIe siècle. Le CSIS a publié des dizaines d’analyses sur cette alliance ses forces, ses faiblesses, ses lignes de fracture. Et la conclusion est toujours la même : le maillon faible, c’est l’Iran. Le pays le plus vulnérable militairement. Le plus isolé diplomatiquement. Le plus facile à frapper. » Rappel: 90% du pétrole iranien va en Chine.

    22 « Qui bénéficiera de cette guerre ? Benyamin Netanyahou, évidemment, mais aussi les dictatures du Golfe. Est-ce une coïncidence si les États-Unis font la sale besogne de l’Arabie saoudite (qui fait pleuvoir les milliards sur le gendre de Trump), des Émirats arabes unis (qui pompent des milliards dans la cryptomonnaie des fils Trump) et du Qatar (qui a fait cadeau d’un palace volant au patriarche)? Quant aux pétrolières américaines, elles voient déjà leur « investissement » dans la réélection de Trump richement récompensé. » Voir Pierre Martin, https://www.journaldequebec.com/2026/03/04/etats-unis-c-iran-une-guerre-sans-bon-sens. Petit problème: l’Iran n’est pas vaincu et a mis la main sur le détroit d’Ormuz qu’il ne veut plus lâcher. L’horizon fantasmé s’effondre.

    23 S’y ajoute l’étonnante intégration des divers armements issus, non seulement des États-Unis, mais de plus en plus, de divers pays européens, dont les récents Mirages 2000 français dotés d’AASM (Armement Air-Sol Modulaire) qui donnent une emprise aérienne et une profondeur fort ciblée, contrairement aux frappes russes plus diffuses et aveugles. Maxime Marquette, https://www.msn.com/fr-ca/actualites/other/analyse-les-mirage-2000-français-passent-à-l-offensive-en-ukraine-la-donne-a-changé. Ce changement extérieur jusqu’en l’intérieur de l’Ukraine est tout aussi et même plus éclairant que le changement extérieur par ailleurs advenu jusqu’en l’intérieur de la Russie.

    24 Jacques Provost, https://www.msn.com/fr-ca/actualites/other/editorial-trump-au-moyen-orient-faiseur-de-paix-ou-pyromane-en-costume-de-diplomate, 2026-03-02.

    25 Le sociologue Marcel Rioux a déjà fait remarquer que plus l’unification étatisante est tardive, plus elle est violente, car elle survient dans un environnement où d’autres l’ont déjà faite et où il lui faut tailler sa place. Les tardives unifications étatiques allemande depuis la Prusse et italienne depuis le Piémont au XIXe siècle éclairent les guerres mondiales au XXe siècle. Elles diffèrent d’autres unifications étatiques déjà en place, dont la France dès la Renaissance, puis s’effectuant plutôt alors via le système éducatif scolaire homogénéisant la langue. En France, depuis le français parisien, au Royaume-Uni, depuis Londres, etc. Quant à l’Ukraine ayant émergé de l’ex-URSS, son ukrainisation implique des régions plus fortement russophones et ayant été principalement envahies par la Russie. Bref, la notion d’État-nation faisant accroire qu’État et nation sont censés totalement se correspondre est une présomption se butant sur la réalité. Au Canada, le fait français s’est fait refouler vers le Québec en même temps que lesdits Indiens dans des Réserves, surtout à compter de la mise à mort de Louis Riel. Puis de la communauté ukrainienne et de son lobbying déjà fort actif a émergé la notion de multiculturalisme par laquelle Pierre-Elliot Trudeau, après avoir tronqué le Rapport Laurendeau-Dunton de son biculturalisme au profit de son bilinguisme seul à officialiser, a encarcané le Québec et lui a imposé le rapatriement d’une Constitution qu’il n’a toujours pas signée en 2026. La différence relativement à la guerre russo-ukrainienne est que la conquête est déjà effectuée au Canada et peut se poursuivre subrepticement sans trop paraître. Ladite démocratie, si tronquant l’humain du social au profit du seul individuel, y est alors un jeu de façade occultant une réalité tout autre. Liberté? Plutôt libéralisme qui, comme du temps de Laurier, peut faire des discours entiers pour se promouvoir sans jamais parler et encore moins vraiment tenir compte de la démocratie. Sauf que le libertarisme est apparu, le radicalise et s’impose aux et depuis les États-Unis. La liberté se galvaude en libéralisme, a fortiori en libertarisme qui la plombent toujours plus à leur seul profit, ce qui n’instaure plus aucune liberté que selon le double standard des deux poids, deux mesures, à savoir en subordonnant d’autant la société à sa géopolitique capitaliste prédatrice, assortie de lobbying et d’autres connivences, pour s’en conforter. Il suffit que l’exécutif noyaute le législatif et s’impose jusqu’en le juridique qui, lui, pèse et fait y peiner la société civile à davantage minorer.

    26 Régis Guillet, Le fruit du travail. Inverser la logique, Paris, L’Harmattan, 2026. L’auteur y insiste: « Le travail peut redevenir une force d’émancipation et non une contrainte subie. L’entreprise peut redevenir un lieu de progrès partagé et non un champ de tensions permanentes. L’État peut redevenir un arbitre crédible et non un gestionnaire de complexités administratives. » Il s’agit littéralement de se redonner confiance, de l’individu à la société jusqu’en son entreprise économique et son État, donc son pays. Faire en sorte que le travail redevienne le socle de l’ordre social exige de rétablir « sa valeur réelle: pas seulement économique, mais aussi sociale, morale et républicaine ». Or, cela aussi peut être vicié, de gestionnaires seuls émancipés à des travailleurs automates.

    27 Daniel Johnson, https://www.msn.com/fr-ca/finances/affaires/la-generation-z-adopte-une-autre-approche-en-matiere-de-promotions-au-travail/. En l’université, enseignement et recherche (faisant se spécialiser) se combinent avec l’administration (donc la gestion) dans les dossiers personnels annuellement évalués. Les deux avenues, en deux voies distinctes, en ces entreprises, s’y articulent entre elles. Différence selon le travail en cause.

    28 Ximena Sampson, https://ici.radio-canada.ca/espaces-autochtones/2234802/sommet-infrastructures-combler-deficit.

    29 Béatrice Madeline & Jules Thomas, Comment la fragmentation du travail nourrit la précarité, du recul du salariat à l’essor de microentreprises, dans Le Monde, 2 fév. 2026. Comme si ce n’était déjà pas assez, le salariat est plus imposé que les plus-values, actions (boursières) et grands patrimoines relevant des grandes fortunes. Monsieur et madame tout le monde en font les frais deux fois plutôt qu’une. Le salariat s’en fait gruger par les deux bouts à la façon d’une stagflation s’accélérant (combinant faible productivité, en l’occurrence de revenu salarié, et inflation, par un prix élevé non seulement à la consommation, mais dès l’impôt). La stagflation est la hantise que refoule toujours plus tout libertarien et que seule une fantaisie toujours plus cruelle peut vicarialiser en tiers. S’éclaire comment, à l’échelle de la planète, ce ne sont plus les 1% mais 0.1% qui sont plus riches que la moitié la plus pauvre de l’humanité. Nouvelle génération de yuppies.

    30 Mohammed Lotfi, La politique canadienne. Ouvrir une école, c’est fermer une prison. (Victor Hugo). J’entends hurler!, dans L’Aut’Journal, mars 2026, n° 444, p. 11.


    Texte suivant

    Liste d’autres doubles actions possibles

    6) Que l’ONU travaille ses méthodes de travail pour magnifier le développement humain en le CI en regard de paix et sécurité au CPS


    Retour à la Table des matières

    Retour à l’Accueil

  • 4) Action autoréflexive majeure : Existe-t-il des États-nations au XXIe siècle et que peut donc être l’ONU ?

    Une action autoréflexive majeure peut porter sur la question de savoir s’il est encore vraiment question d’États-nations au XXIe siècle et par là, de ce que peut être l’ONU. Une distinction cruciale est à promouvoir au sein de l’ONU entre les Nations en constituant la véritable internationalité et les États tendant à la réduire et la capter en l’interétatisant au point de tendre à s’en hiérarchiser par et depuis les impérialismes s’instaurant. Faute de cette distinction, qui prête suffisamment attention au fait pourtant basique que des États comportent maintes nations et que des nations sont prises en des interfaces entre maints États ? Et que cela empire et se radicalise lorsque des tensions interimpérialistes font s’hiérarchiser les États et pèsent jusqu’à a fortiori se poursuivre en les nations s’en faisant d’autant tailler et assimiler à la pièce, ce qui mine la base la plus générale d’où peut se constituer l’ONU? Il faut proclamer que l’internationalité est irréductible à l’interétatisation et qu’il faut cesser de se faire accroire qu’elle s’y réduit et assimile, comme s’il n’y avait partout qu’une seule nation avec un seul État, selon une fallacieuse préconception de l’État-nation censée rigidifier et réifier oute conception de quelque démocratie.

    De plus, il est toujours plus évident que le lien entre État et nation, a fortiori entre république et démocratie1, en tout dit État-nation, est toujours plus élastique au XXIe siècle, certes sous la pression interimpérialiste en cours, mais aussi du fait de la pression démographique panplanétaire urbainement concentrée (dorénavant plus de la moitié de l’humanité) et de ses effets technologiquement démultipliés sur les écosystèmes (surtout si confondus avec de dites ressources à se disputer au ressort de dites chaînes d’approvisionnement, elles-mêmes exacerbées en autant d’exigences de sécurité nationale étant de fait plutôt de sécurité étatique, bref en biaisant toujours plus tout du long la représentation du problème). La liberté des Nations jusqu’en ladite liberté des États est à clamer haut et fort, pour créer une première brèche et en particulier, pour faire place aux Premiers Peuples faits Premières Nations qui sont pour ainsi dire tous sans États, même si y ayant été, bien malgré eux, mis sous emprise colonialiste dorénavant à toujours mieux remettre en question. Être une Organisation des Nations Unies préside et non s’assimile à quelque Organisation d’États Unis, a fortiori de sans à avec trait d’union. La difficulté est que toute population n’est faite peuple, par son peuplement territorialisant quelque part de la nature du fait de l’habiter et d’en coévoluer culturellement avec elle, qu’étant à son tour fait nation, apte à s’apercevoir telle, mais le plus souvent confrontée à sa reconnaissance qui, dès que juridique, s’instaure selon quelque État. De là à se faire accroire que nation et État se correspondent selon un seul et même État-nation trop souvent présumé donné malgré et à l’encontre de l’histoire ayant fait se chevaucher maintes couches populationnelles d’où s’être pourtant tous deux forgés et en avoir constitué ensemble un tel trait d’union, il n’y a qu’un pas. C’est une vue de l’esprit qui, en sa réalité, peut au contraire impliquer d’importants problèmes d’articulation. Après y avoir joint les deux points suivants, l’illustre le dossier de la géopolitique constitutionnelle canadienne et québécoise.


    1 Serge Lusignan, Intellectuels et vie politique en France à la fin du Moyen-Âge, dans C. Bazan, E. Andujar, L. G. Sbrocchi, Les philosophies morales et politiques au Moyen-Âge, Actes du IXe Congrès international de Philosophie Médiévale, Ottawa, du 17 au 22 août 1992, pp. 267-281. Au début du XIVe siècle, des sujets pluriels sont désignés par le collectif « peuple » et l’entité abstraite de l’État se pense et s’évoque république. S’y aperçoivent les prémices de ce qui débordera la monarchie et s’intégrera en État-nation, a fortiori en République démocratique avant toute captation la transposant de mercantiliste en capitaliste libérale et surtout libertarienne qui n’est qu’accidentellement démocratique.


    Texte suivant

    Liste d’autres doubles actions possibles

    5) Reconnaître la diversité sociale dès les familles jusqu’en les États : prototype d’une action sociohistoriquement mieux éveillée et enrichie


    Retour à la Table des matière

    Retour à l’Accueil

  • 3) Prendre le leadership des puissances moyennes et faire que la hiérophanie s’aperçoive prévaloir de sous toute hiérarchie

    L’ONU doit donc prendre le leadership desdites puissances moyennes qui, face aux impérialismes, ont tout intérêt à ne pas s’en faire dégrader en des puissances subordonnées sous emprise colonialiste et à faire se réguler un tant soit peu la course généralisée à l’armement, autant celle des impérialismes que la leur, propre. L’ontohénologie l’exprimant métaphysiquement n’a pas à être si purement qu’uniquement hiérarchique, depuis l’interimpérialisme faisant s’entre-dévorer. Avant et jusqu’en toute hiérarchie, il y a quelque hiérophanie, mot forgé par Mircea Eliade, ce qui oriente et ancre d’emblée tout être un, si métaphysique, en l’étant unant (dit physico-mathématique) dont émerger, comme toute géopoliticoéconomie en sa sous-jacente géographie géophysique. C’est à prendre en compte pour ne pas laisser toute sacralisation se tronquer de sa manifestation (par hiérophanie) au profit de son seul commandement (par hiérarchie) toujours plus impérialiste. Sinon, même Dieu en est toujours plus spolié par César.

    Quant au respect quasi religieux de la hiérarchie dans les bureaucraties autoritaires, a fortiori lors de sa radicalisation capitaliste, de libéral laissez-faire en libertarien gestionnaire fort impérialiste, il méconnaît la teneur de cette notion même alors utilisée: « l’idée de hiérarchie est d’abord religieuse, puis, avec le Christianisme, ecclésiale avant d’être politique. La vision hiérarchique de l’ordre politique est la politisation d’une structure originairement religieuse non la sacralisation d’une structure originairement politique », ce dont, néanmoins, dès le XIVe siècle médiéval, a surgi « l’indépendance ou au moins la coexistence des pouvoirs spirituel et temporel », via leur interface par l’autonomie politique du studium, en l’occurrence de l’universitaire qui mettait alors en jeu la figure de l’intellectuel comme troisième pouvoir « comparable au quatrième pouvoir exercé par la presse dans la société moderne ». De fait, le scandale de la richesse (que se disputaient le pape et le roi de France face à l’empereur romain germanique) faisait se déclencher une théologie du dépouillement et donc de la pauvreté volontaire supportée par une fonction pastorale sociale (pour vivre la même vie que le Christ et ses apôtres), par distinction du choc de la découverte de la misère créant la plus moderne théologie de la libération1. S’éclaire encore davantage ce que Simmel identifiait sur l’arrière-fond de l’urbanisation massive (encore davantage accrue du XIXe au XXIe siècle concentrant plus de la moitié de l’humanité) comme triple autonomisation du droit, de l’intellect (à leur interface) et de l’argent. Surtout, la hiérarchie n’est religieuse et ne se laïcise, a fortiori depuis que de l’Église l’État se sépare et laïcise, qu’en pouvant apercevoir en leur commune sous-jacente résurgence sociale ce qui perdure de la hiérophanie dont émerger. Le sacré est dans le lien social hiérophanique bien avant qu’en quelque hiérarchie que ce soit, autant l’Église que l’État.


    Texte suivant

    Liste d’autres doubles actions possibles

    4) Action autoréflexive majeure : existe-t-il des États-nations au XXIe siècle et que peut donc être l’ONU


    Retour à la Table des matières

    Retour à l’Accueil

  • 2) Créer des forums de dialogue propice à la temporisation selon un imaginaire politique onusien

    L’ONU pour assurer sa mission centrale de la paix mondiale (que son CPS devrait favoriser, mais qui l’entrave souvent) et de l’amélioration du développement humain censé s’y produire se doit de prendre acte que si elle ne peut endiguer la course généralisée à l’armement, elle peut au moins créer un forum de sa temporisation et d’abord d’un éventuel dialogue. Et ce, là même où les impérialismes majeurs, autrement, ne songent tous (qu’ils soient étatsunien, russe ou chinois) au contraire qu’à s’imposer unilatéralement et d’abord idéologiquement, en prenant le contrôle du langage et, par là, de toute sous-jacente image véhiculée du réel à réifier en le faisant s’y plier et ce, à sa fantaisie (autant à la source de cette image que biaisée en ses affections pour l’en infléchir à leur seul propre profit), donc à sa guise. L’action arctique (surtout si étayée de la concertation entre Europe et Canada) face à l’impérialisme étatsunien et plus secondairement, russe et chinois peut se doubler d’une action asiatique, car comme l’Allemagne, le Japon est en train de se réarmer et se dit prêt à défendre, en plus de ses propres eaux territoriales, aussi Taïwan face à la Chine, malgré les hauts cris poussés par celle-ci1, à l’image de ceux poussés par les États-Unis trumpiens en l’hémisphère dit occidental. Quand on sait que Taïwan fabrique plus de 90% des puces électroniques les plus avancées sur la planète, l’impact peut frapper au cœur du ressort le plus essentiel de toute l’économie mondiale. Les États-Unis arment aussi les Philippines. S’ils s’engageaient dans une éventuelle guerre avec la Chine, ce serait probablement leur tête de pont. Surtout, s’il y avait coordination avec l’axe se développant déjà de lui-même depuis le Japon. Moyen-Orient où la guerre étatsunienne-israélienne est livrée à l’Iran (et à tout ce qui de la région ne se plie pas autant que voulu au néosionisme, d’étatsunien à judéen), front russo-ukrainien, conflit en mer de Chine, sans parler du fait que la précédente frappe étatsunienne en Iran n’y est suivie de nouvelles qu’en y problématisant ses rapports étroits avec la Russie et la Chine, plus toutes les autres prétentions étatsuniennes sur le Groenland, le Canada et ailleurs, ça commence à faire beaucoup, même pour la 1re puissance militaire de la planète, a fortiori si désirant faire un tant soit peu l’économie du militaire au profit de l’économie à travers laquelle tout réduire et transformer en transaction commerciale pour s’enrichir personnellement à et via la présidence des États-Unis. Menacer pour obtenir des concessions est une chose, avoir maille à partir partout en est une tout autre. Ça s’appellerait une 3e guerre mondiale. Les impérialismes procèdent donc par la périphérie pour affecter plus indirectement tout autre centre leur faisant compétition, ce qui crée la multipolarité, sans mener à des engagements trop directs qui, eux, mèneraient à une telle conflagration panplanétaire.

    Les impérialismes hiérarchisent. Ils ne s’imposant l’un à l’autre entre eux que jusqu’en tout un chacun venant s’inscrire en leurs lignées respectives selon des écarts de puissance, allant de la leur, au sommet, aux autres leur étant plus ou moins moindres. S’en constitue l’ontologie, au seuil de toute métaphysique, a fortiori en s’exprimant d’emblée en termes d’hénologie qu’est être si sans être un et en être ainsi soi, même si aussitôt diffracté en maints egos condensés en toute tête de toute lignée cela soit-il?

    Il est crucial de noter que vers 2029-2030, même si France, Angleterre, Pologne et Suède n’en seront pas si loin, l’Allemagne aura probablement pris le leadership dans le marché européen des Foreign Military Sales (FMS) au point de commencer à pouvoir faire compétition et peut-être briser un tant soit peu le monopole de ce qui s’en instaure depuis les États-Unis depuis plus de trente ans. Vient aussi de surgir une entente internationale (incluant l’OTAN) pour constituer une Banque de la défense, de la sécurité et de la résilience (DSR) dans l’ensemble des chaînes d’approvisionnement à mieux financer et sécuriser (au ressort de quelque capacité productrice de toute entreprise dont initier et faire s’accroître quelque processus économique capitaliste que ce soit). Son siège social sera au Canada en vue de financer surtout des PME y contribuant ou en prenant le virage, PME dont le Canada et maints pays sont pourvus et qui se distinguent des géants, en particulier étatsuniens, déjà en place. C’est à se demander pourquoi ce n’est pas implanté d’abord dans le civil d’où assainir ainsi à la base et de façon beaucoup plus large et radicale toute logique capitaliste en maints autres secteurs. Vancouver, Toronto et Montréal sont sur les rangs, l’Ontario cherchant à promouvoir Toronto et l’unilinguisme anglais en recalant avec le Québec (risque de référendum, de lois linguistiques axées sur le français…), Montréal (pourtant plus bilingue, voire trilingue, donc plus proche en sa réalité, du bilinguisme officiel autant canadien, ne se maintaining que parce que croissant au Québec alors que décroissant hors Québec, qu’otanien). Même si l’ONU promeut la paix, il reste que les conditions réelles des relations interétatiques susceptibles de briser un monopole militaire peuvent être l’occasion d’un dialogue à instaurer, car il ne peut y avoir de paix que celle que tous veulent se donner. D’autant que ces conditions réelles s’y prêtent. Ce dialogue transatlantique est-il susceptible de mieux introduire à celui entre les impérialismes étatsunien et chinois, sans parler du russe, jusqu’en ces divers fronts? L’ONU offre un Forum. Surtout s’il y a CI.

    Bref, il est crucial que l’ONU commence à cultiver son propre imaginaire géopolitique et se le donne à ancrer en sa géophysique sous-jacente à laquelle l’ajuster afin d’y créer un référentiel commun où tous les autres devenirs géopolitiques, jusqu’aux plus impérialistes, pourraient venir s’articuler. Et cet imaginaire peut même être géopolicoéconomique. Une éventuelle entente commerciale par le CPTPP (Comprehensive and Progressive Agreement for Trans-Pacific Partnership), entre Asie, Europe et Canada, peut créer un substrat plus démocratiquement propice et moins dépendant des tensions interimpérialistes. Dès son 1er mandat présidentiel, Donald Trump a retiré les États-Unis des démarches visant à établir un partenariat transpacifique global avec les pays asiatiques. Or, la plus forte croissance économique mondiale est en Asie et n’est pas extérieurement gérable et manipulable, même par les États-Unis. Des partenariats peuvent prévaloir sur les impérialismes, a fortiori si un jour jusqu’en l’impérialisme des FMS à d’autant tempérer. L’ONU peut les imaginer, voire saluer. Surtout que l’ONU est souvent prise à devoir s’appuyer sur des instances externes comme l’OTAN pour s’étayer en sa mission de paix et sécurité d’où créer des conditions plus favorables au développement humain, ce à quoi une croissance harmonieuse du CPTPP peut aussi contribuer.


    1 Craignant que la Chine puisse couper l’approvisionnement en terres rares (minéraux critiques), le Japon espère s’autonomiser suite à la découverte d’un mégagisement, même si à une profondeur de plus de 5000 mètres marins près de l’île de Minamitori-shima, dans sa zone économique exclusive. L’entente entre Japon et États-Unis va dans le même sens. Donald Trump est même prêt (par juridiction extraterritoriale) à étendre les pratiques jusqu’en et malgré le fait qu’il s’agisse d’eaux internationales et si problématiques soient l’exploration et surtout l’exploitation commerciale. Encore une fois: enjeu des ressources au point de départ des chaînes d’approvisionnement et de toute productivité capitaliste, de sa géophysique via sa géoéconomie à sa géopolitique, paix et sécurité incluses, donc là aussi CPS. Le Japon, après l’Arabie Saoudite, est le 2e acheteur d’armement étatsunien. Il en exporte et est aussi en train d’armer ses îles près de son allié Taïwan contre la Chine.


    Texte suivant

    Liste d’autres doubles actions possibles

    3) Prendre le leadership des puissances moyennes et faire que la hiérophanie s’aperçoive prévaloir de sous toute hiérarchie


    Retour à la Table des matières

    Retour à l’accueil

  • 1) Alliances onusiennes heuristiquement fécondes

    L’ONU est appelée à suivre l’évolution d’autres concertations que celles qu’elle propose elle-même afin de pouvoir éventuellement en favoriser des conjonctions heuristiquement fécondes. Il faut noter qu’une concertation majeure est déjà en train d’émerger entre l’Europe en son programme SAFE et le Canada y participant, plus d’autres ententes, dont celle entre l’Allemagne et le Canada pour améliorer une sécurité numérique qui est à rendre indépendante et qui, comme on le sait, s’intègre dorénavant à la sécurité de la fabrication de l’armement militaire l’enjeu arctique concerne autant le Canada face aux États-Unis que le Groenland européen, via le Danemark, face aux mêmes États-Unis, tout en affectant aussi plus indirectement les autres impérialismes russe et chinois. Par diplomatie, l’OTAN, sans les États-Unis, a instauré sa mission Arctic Sentry en disant renforcer la sécurité arctique et y viser plutôt les impérialismes russe et chinois. S’y aperçoit un dynamisme susceptible de se conjuguer avec celui du CI en regard du CPS (dont les tensions interimpérialistes entre États-Unis, Chine et Russie). Si l’Assemblée générale de l’ONU se dote d’un CI indépendant de son CPS et si l’Allemagne en fait partie comme initial représentant européen et coopère avec France et Angleterre du sein de celui-ci, toute cette dynamique arctique peut s’en trouver magnifiée, même sans que l’ONU ne fasse rien d’autre, du simple fait de ce qu’elle serait. Et s’il y a collaboration avec le conjoint représentant des Amériques, mais choisi en Amérique latine et en faisant reconnaître tous les Américains de tous les pays en cause distinctement des seuls étatsuniens, toute l’interface transatlantique s’en modifierait en même temps que sa contextualisation panplanétaire (si l’ONU promouvait partout que tous fassent cette distinction). Le tout s’en dynamiserait d’autant qu’avec les autres représentants du CI, à savoir asiatique, africain, océanien et des Premiers Peuples. L’ONU insiste dans ses Bulletins arctiques sur la dynamique des changements climatiques, le développement durable et l’importance de dialogue ouvert et pluraliste entre tous les acteurs de la région, selon un engagement et un partenariat équitable avec les peuples autochtones, ce que leur représentant au CI peut promouvoir. Quant au réchauffement climatique plus rapide en Arctique, par fonte de la neige et les glaciers diminuant l’albédo (réflexion de la lumière) et faisant émerger des terres plus sombres (absorbant plus la lumière), il se répercute aussi plus vite sur l’Europe, comportant de vastes terres assemblées. Arctique et Europe, surtout si avec le Canada et en se distanciant des trois grands impérialismes (dont États-Unis, plus Chine et Russie) sont donc d’autant à lier à l’ONU.

    Dans ce contexte, notons le contre-exemple du Cloud Act étatsunien, par lequel le gouvernement central peut contraindre ses entreprises privées de lui donner accès aux données de tiers pays faisant appel à leurs services. Il est fort parlant. Surtout si mis en contraste avec l’extraterritorialité de l’ONU la protégeant en territoire étatsunien, éclate au grand jour le problème majeur de toute juridiction extraterritoriale arbitraire sous façade du biais d’entreprises privées fonctionnant au double standard des deux poids, deux mesures, selon que l’État est et reste hégémonique à travers elles sans rien en laisser transparaître ou qu’il lui arrive d’y intervenir pour les en court-circuiter et soi-disant se protéger contre des pays tiers avec lesquels elles font affaire, quand ce n’est pas pour créer de toute pièce de faux prétextes pour s’y adonner. Il s’agit du paradigme soi-disant transactionnel (présumément incarné par Donald Trump) de toute action ponctuelle à double face d’une partie d’où tailler en pièces et à son seul propre profit (autant d’un bord que de l’autre du double standard) toute et quelque totalité alors pourtant relationnellement constituée, mais toujours d’emblée ainsi biaisée de part en part, faute de quelque prise en compte de la relation même pourtant appelée à intervenir en tiers entre les parties la composant, non s’y réduire fantaisistement. C’est à mieux cerner.

    De même, le site web Freedom.gov créé par le Département d’État étatsunien vise en Europe que les citoyens puissent y contourner ladite censure et y accéder à des contenus y étant interdits (discours présumés de haine, propagande terroriste…) en utilisant un système privé virtuel VPN (distinct des VPN commerciaux que les États-Unis avaient favorisés pour promouvoir la démocratie à travers le monde avant Donald Trump?) pour en faire paraître le trafic comme si venant des États-Unis et en pouvant ne pas être pisté, même si ce site n’est pas officiellement mis en service : nouvelle forme de juridiction extraterritoriale allant jusqu’à inciter à enfreindre les lois européennes locales, par VPN fait cancer (qu’illustre la Russie tombée en panne en essayant de s’en débarrasser) ? Le tout selon ladite priorité de liberté numérique de plateformes étatsuniennes toutes soumises au Cloud Act, donc au double standard des deux poids, deux mesures comme les deux faces d’un seul et même acte transactionnel ?

    N’oubliez pas ce point crucial: pour tout libertarien trumpiste, toute vérification des faits est une atteinte à sa liberté d’expression, car risquant de l’empêcher d’inonder toute zone de ses seuls propos sous lesquels enterrer tous les autres, mais aussi s’il le faut, jusqu’à la réalité risquant d’être factuellement établie, comme lorsqu’il fait accroire que les Étatsuniens ne seraient pas des, mais les Américains. Compte uniquement la force de frappe du plus fort, sinon la plus brutale cherchant à se faire valoir comme si la seule force, du fait d’émerger hégémoniquement du lot, sinon de faire se perpétuer au mieux le simple entrechoc tous azimuts de postures toutes plus unilatérales les unes que les autres, sans aucun référent commun, si ce n’est d’emblée idéologiquement biaisé à son seul propre profit. La liberté purement libertarienne, si aveugle soit-elle, fait surtout refuser toute liberté située et apte à tenir compte, non seulement de ce qui la favorise, mais aussi de ce qui la contraint, du fait de l’altérité de l’autre avec qui être en relation et donc, selon la diversité en cause. Le libertarien, au contraire, l’en dichotomise et schizophrénise selon que lui étant identique et assimilable ou tout au contraire lui étant différent et à refouler, si ce ne sont d’incessantes résurgences de ce refoulé venant l’en hanter, jusqu’en l’entrechoc chaotique total entre tous s’adonnant à cette réduction assimilatrice de toute liberté à la seule libertarienne, jamais située. Il lui faut dichotomiser toujours d’avance toute altérité d’autrui en fonction de ses seuls propres intérêts, donc, en soi-disant allié (assimilable et subordonnable) et adversaire (du seul fait de persévérer en sa différence et d’en être à refouler). Son attitude foncière est celle d’une paranoïa schizophrénante mégalomaniaque tous azimuts. Faite narcissique culte de l’ego, elle émerge de quelque base MAGA s’y projetant et s’y adulant, tout en se diffractant localement (style ruissellement du processus hiérarchique, du global au local). S’y occulte la tendance sociale de fond en tant que ne produisant jamais qu’en suraccentuant l’individualité des individus la composant jusqu’à l’individualisme, voire l’hyperindividualisme, au point de tout en faire se confondre avec tel ou tel n’en devenant plus saillant qu’en ne le faisant paraître exemplaire, non de cette tendance sociale, mais comme si à lui seul, donc self-made man. L’histoire entière ne serait que celle de grandes figures, non tant humaines, à savoir jamais individuelles que demblée sociales, que toutes plus exclusivement individuelles les unes que les autres. Par exemple, Elon Musk serait considéré s’élancer par lui seul à la conquête de l’espace hors Terre, alors que, si riche soit-il, sa richesse risk d’occulter le soutien public reçu de la NASA selon l’esprit étatsunien de privatiser autant que faire se peut ses propres activités, mais en l’appuyant néanmoins de subventions publiques bien plus énormes que sa seule immense fortune personnelle. Et s’il peut y avoir une large cooptation au sommet élitique, il peut arriver qu’un Donald Trump, après en avoir été appuyé et s’en être fait réélire à la présidence des États-Unis, refuse de nommer le copain d’Elon Musk à la tête de la NASA. Jusqu’au culte de l’ego, si socialement promu soit-il, peut mener à des conflits entre egos. Selon la cliodynamique, si la confrontation d’egos gagne trop en ampleur et si le poids de telles élites n’est produit par la société qu’en devenant plus lourd que ce qu’elle peut en supporter, elle peut s’effondrer.

    En ce point culminant, surgit pleinement ce qui oppose l’UNESCO et les États-Unis quant à la question de la culture, dont toute l’histoire, de la Renaissance à nos jours, a consisté à situer la sienne en regard de l’autre (ultimement l’autochtone alors découvert) en la considérant ni meilleure (par idéal), ni pire (par colonialisme aliénant) que soi, mais différente, ce qui a permis d’en dégager la notion, mais aussi et surtout le dialogue, voire l’anamnèse dialogique faisant renouer l’humain (individu d’emblée social) avec et de ses origines à nos jours. Humain et culture coévoluant avec la nature adviennent d’autant d’emblée ensemble que l’humain n’est jamais individuel que demblée social et s’en cultive justement de social en individuel en s’y intériorisant. Y compris lorsque la société s’occulte elle-même en ses individus pour ne plus les faire paraître qu’individualistes.

    Il devient évident que le capitalisme est d’emblée de part en part ancré en son assise socioculturelle sous-jacente et de là, s’en trouve conditionné géopolitiquement. Si la géopolitique est hypocrite, le capitalisme s’y inscrivant ne peut que l’être lui aussi. La promotion d’un Conseil Indépendant (du CPS) en devient d’autant cruciale qu’appelant à un fonctionnement démocratique plus transparent, mais d’abord à questionner jusqu’en ce qui le mine, si pour survivre, a fortiori si pour contribuer à un redressement de la courbe actuellement descendante, voire s’étant accélérée depuis que l’impérialisme étatsunien s’est exacerbé en devenant trumpien et s’est ajouté aux impérialismes russe et chinois, au détriment du vecteur démocratique panplanétaire et même de l’écosystème entier des droits humains. L’impérialisme étatsunien cherche tellement à imposer son hyperindividualisme que jusqu’aux droits humains sont présumés n’être plus tant d’emblée sociaux jusqu’en les individus que tout au contraire réductibles aux collectifs d’individus de diverses identités de groupe auxquels s’opposer au profit des seuls « droits naturels » des seuls individus qui préexistent aux gouvernements et qui sont accordés par Dieu, non par des gouvernements dont la tâche est seulement de les défendre (et de s’opposer à tous les autres gouvernements qui n’adoptent pas cette idéologie pour la leur faire avaler de force). Il devient donc urgent que l’Assemblée générale de l’ONU se dote d’un Conseil Indépendant, d’abord pour survivre, puis pour contribuer à inciter à l’assainissement des pratiques selon un mieux-vivre. L’interface arctique entre l’Europe et les Amériques, eux-mêmes du Nord au Sud, en est d’autant un immense laboratoire qu me elle concerne et fait se remanier jusqu’à la conception de l’Euroaméricain, jusqu’en tout son rapport proprement culturel de ses peuples avec les premiers peuples comme premières nations à même la nouvelle géopoliticoéconomie en train de s’instaurer et s’ancrer en sa géographie fort géophysiquement opérante. De plus, le logo de l’ONU est centré sur le Nord en se figurant depuis là des continents équidistants pour symboliser leur égalité. Tout un cercle vertueux peut s’établir entre la réalité ainsi mieux circonscrite et la symbolique que l’ONU peut en tirer. S’éclaire aussi pourquoi Trump s’enrage de ne pas parvenir à mettre la main sur le Groenland d’où il se dirait protéger le monde entier (au seul profit des États-Unis qui serait le seul sien) à la place de l’ONU et ses alliés.


    Texte suivant

    Liste d’autres doubles actions possibles

    2) Créer des forums de dialogue propice à la temporisation selon un imaginaire politique onusien


    Retour à la Table des matières

    Retour à l’Accueil

  • Liste d’autres doubles actions possibles

    Dans cette section

    1) Alliances onusiennes heuristiquement fécondes215

    2) Créer des forums de dialogue propice à la temporisation selon un imaginaire politique onusien219

    3) Prendre le leadership des puissances moyennes et faire que la hiérophanie s’aperçoive prévaloir de sous toute hiérarchie222

    4) Action autoréflexive majeure : existe-t-il des États-nations au XXIe siècle et que peut donc être l’ONU225

    5) Reconnaître la diversité sociale dès les familles jusqu’en les États : prototype d’une action sociohistoriquement mieux éveillée et enrichie

    6) Que l’ONU travaille ses méthodes de travail pour magnifier le développement humain en le CI en regard de paix et sécurité au CPS

    7) Dossier : Géopolitique constitutionnelle canadienne et québécoise

    — Devenirs constitutionnels canadien et québécois

    — Conseil constitutionnel du Québec : problématique et recommandations

    — Faits assurant la pertinence des droits


    Prochain Texte

    1) Alliances onusiennes heuristiquement fécondes


    Retour à la Table des matières

    Retour à l’Accueil