Banniere Yvan Morin

Auteur/autrice : Yvan Morin

  • Corollaire #3: Culture et identité canadiennes sans les Canadas1?

    Corollaire #3: Culture et identité canadiennes sans les Canadas1?

    Confronter le Fédéral sur ce que peut être un ministère culture et identité (ou identité et culture) canadiennes, non plus idéologiquement jusqu’à en réifier le réel par homogénéisation unitaire bénéficiant à l’anglicisation sur la francisation comme du majoritaire au minoritaire par asymétrie unilatérale, mais à l’inverse, en partant des réalités en cause, surtout si le Fédéral prétend que ce peut être sans autant un tel déploiement biasymétrique faisant resurgir les Canada français, dès son foyer québécois, et Canada anglais (corollaire #1) qu’une telle tension constitutionnelle dialogique d’autant entre les deux qu’entre 1867 et 1982 (corollaire #2).

    Du point de vue de la dynamique interne québécoise confrontée à un tel contexte qui la problématise et dont dégager sa propre quête de sens, « Il faut noter que dans l’histoire du Québec depuis Champlain, l’importance de l’Église a toujours été inversement proportionnelle à la faiblesse de la collectivité; c’est-à-dire que son rôle a toujours diminué dans les périodes d’expansion et de développement des pouvoirs et des projets collectifs (1660-1760; 1800-1838; 1945-1968) et augmenté dans les périodes de faiblesse et de repli idéologique (1534-1660; 1760-1800; 1840-1940) » (Bourque, 1970, p. 328).

    Si les deux progressions et les deux alternances des deux premières périodes respectives semblent assez bien coller à la réalité (du régime français, puis du régime britannique jusqu’au rapport Durham, au seuil de Canadas Unis censés constituer un Canada Uni), qu’en est-il de la 3e, à savoir celle de 1840-1940, pouvant aussi être dite Le siècle de Mgr Bourget (1840-1960) se caractérisant selon Jean-Claude Dupuis par l’initiale emprise catholique ultramontaine (se plaçant sous le pape et donc Rome) avant ladite erreur papale de 1870, ironiquement en train de proclamer le dogme de l’infaillibilité papale, mais favorisant le catholicisme libéral et menant en politique à la prise de pouvoir par le Parti libéral (1896-1936) conforté par l’encyclique Affari vos (1897)2 en regard de 1945-1968, voire de tout le siècle s’ensuivant (1940-2040)? Que devient le rapport entre l’Église et les pouvoirs et projets collectifs, mais en tant que portés par une montée nationaliste canadienne-française devenue québécoise et aspirant à conjuguer toujours plus sa culture et sa transmission éducative scolaire avec la laïcité au fur et à mesure que son affirmation étatique est toujours plus appelée à se mesurer à un État fédéral canadien assoiffé de ne plus tant camoufler son propre nationaliste et l’en exercer subrepticement comme sous l’ère trudeauiste que, sous l’ère initiée par Mark Carney, d’imposer plus ouvertement ses programmes nationaux (surtout face aux États-Unis trumpiens) et d’en être encore bien plus centralisateur et unitaire que fédérateur et « postcolonial » ? Tentative de faire s’intérioriser ce subreptice jusqu’en culture et identité et de faire consentir à se l’imposer et fût-ce au prix de s’en subvertir jusqu’en tout un chacun, surtout pour limiter la portée de la clause dérogatoire à risque de rétablir le social face à l’individuel en tout humain, d’abord au Québec, mais aussi ailleurs, pour l’instant principalement en Alberta (d’où avait déjà surgi le Reform Party ayant fusionné et fait se convertir le Parti Progressiste-Conservateur en seulement Conservateur, dont les politiques sont néanmoins en train de se faire avaler par le Parti Libéral depuis Carney)? La différence par rapport à l’hyperindividualisme étatsunien laminant d’emblée et directement le social en tout humain est que l’individualisme canadien, s’imposant depuis Trudeau père, mais non sans s’en contrarier, crée une constitutionnelle clause dérogatoire où confiner le social et se le rendre manipulable pour s’en alimenter de manière subreptice, ce qui exige et revient donc à ne l’en laminer qu’indirectement. Cette manière, comme toute manière, est culturelle. D’où un ministère culture et identité, sinon identité et culture canadiennes, sous Carney. L’identité est au cœur de toute culture, mais ici, une culture identitaire individualiste exige de s’avaler jusqu’en la culture, le fait qu’elle se génère socialement, ce à quoi contribue le multiculturalisme laminant le social en ethnoracial, lui-même simple collectif de tels individus censés n’être psychiquement qu’individualistes. Tout s’en radicalise tant à l’image et dans le sens de Constitution de 1982 que, de l’individu individualiste se mettant à prévaloir et à s’imposer à tout autre censé ne plus que l’environner, s’en généralise la tendance à privatiser les profits et socialiser les coûts et ce, jusqu’en l’environnement naturel, d’où Steven Guilbeault qui ne peut plus en être la caution et démissionne.

    Il devient d’autant crucial de réévaluer la forge et l’émergence des divers partis politiques depuis qu’Elgin les a fait se superposer aux Canadiens, autrefois identiquement Français, et se distancier de leurs Lumières issues des Patriotes et pour faire courir et s’accentuer en sous-main l’assimilation. Celle-ci s’accentue de Durham, via Elgin (déjà parfaitement syntonisé avec la quête par LaFontaine et Balwin d’un gouvernement responsable), autant chez les Conservateurs (dès Macdonald) qu’a fortiori chez les Libéraux (de Laurier aux Trudeau), voire en ceux-ci en train de s’avaler massivement les politiques de ceux-là (depuis Carney). Face aux dénominations politiques stériles et dorénavant totalement inefficaces au XXIe siècle entre gauche/droite faites libérale/conservatrice, sans parler de la dérive de la question du sexe via celle des anglicisants « genders » en genres, il serait possible de réviser toute émergence politique, de quelque orientation qu’elle soit, à partir de la biasymétrie neurophysiologiquement constitutive de tout humain faisant que tout un chacun n’apparaît statistiquement privilégié d’orientation droite qu’en pouvant s’apercevoir d’intracorporel (donc individuel) en intercorporel (donc social) alors susceptible de l’en suraccentuer tel jusqu’à l’en déséquilibrer vers une droite plus extrême, certes, mais aussi de l’éveiller à sa propre exigence de s’en équilibrer vers la gauche, sans s’en radicaliser vers une gauche plus extrême. Un politicien et de là, un parti politique conservateur, dit de droite, serait celui qui, en accentuant la distinction intracorporelle statistiquement privilégiée (souvent dite dominante) chez la plupart, accentue par le fait même autant sa teneur individuelle que son orientation statistique vers la droite, sans parler de l’usage pouvant s’en trouver renforcé de sa droite faisant en être droitier. Un politicien et de là, un parti politique, si de tendance démocrate non seulement libérale (toujours à risque de dériver et d’uniquement collectiviser tel quel l’individualisme conservateur de droite et d’en dénaturer toute social-démocratie), mais d’emblée sociale, serait celui qui n’aperçoit plus en l’individuel intracorporellement statistiquement orienté vers la droite qu’un symptôme et un indice de son devenir intercorporel, d’emblée social, surtout en face à face entre les individus, donc en miroir intervertissant gauche/droite entre les deux. Comment s’apercevoir en son miroir, sans et a fortiori plutôt que s’y faire dominer et instrumentaliser ?

    Toutes ces nuances, même si elles ont été philosophiquement mises au jour par maintes publications récentes s’intégrant maintes données physiques et physiologiques ontogénétiquement, sociogénétiquement et phylogénétiquement pertinentes (Yvan Morin, de 2022 à 2026), ne pourraient être plus largement étayées que si émergeait un Institut d’énantiodynamique (IE) dont la tâche serait de dépasser tous les éléments s’y trouvant déjà mentionnés et rassemblés pour les en sonder encore davantage et s’y aider d’une modélisation par Intelligence dite artificielle (IA)-au lieu de seulement se livrer tout entier à ce qui s’en autonomise et s’impose à soi-, en s’intégrant les tensions fasciales autant intracérébrales que pancorporelles organiquement interconnectantes à d’autant mieux modéliser qu’en retracer d’abord la mobilité jusqu’en son devenir. D’où l’exigence d’incessants renvois et ajustements mutuels entre ce qui fort actuellement s’en fait fasciale tenségrité (tension et intégrité), par laquelle se forge la corporelle présence à soi d’où être mieux présent au monde au point de pouvoir mieux s’y situer, et ce qui s’en modélise plus virtuellement par IA. Par exemple, même sans parler de tout le détail du processus intracorporel, un nystagmus visuel dextrogyre se redouble et se renforce en se contextualisant par une tension oculomanuelle scripturale dextrogyre qui, surtout si de la main droite comme c’est le cas le plus usuel, fait écrire plus continument de la gauche vers la droite avec retour abrupt de droite à gauche pour recommencer en passant d’une ligne à l’autre. De même lors de la lecture, dont celle à laquelle vous êtes en train de vous adonner du présent texte, même s’il est déjà possible d’en accélérer le nystagmus, si l’en lisant en diagonale et y saisissant visuellement d’un coup des groupes de mots plutôt que seulement lettre à lettre et ce, de mot à mot, etc., comme lors de l’écriture, déjà plus lente, synergique et physiquement englobante. Nystagmus inverse dans les langues sémitiques écrites. En chinois, la colonne prime sur la ligne jusqu’en ses gauche/droite, voire nystagmus lévogyre/dextrogyre en leur état d’équilibre s’en imageant, alors dit Dao, translitéré en Tao. A fortiori lorsque l’écriture est produite de façon non plus tant manuscrite que digitale (digits en anglais, numérique en français) par l’intermédiaire du clavier et de l’écran en y dis-/ré-associant les mains jusqu’en les doigts sur le clavier et la page transférée du papier le plus souvent à l’horizontale à la verticale plus ou moins angulée de l’écran. La pression de contact varie d’autant avec la tension intracorporelle en passant de plus massive (de tout le corps de debout ou couché à assis, donc en la posture le fixant et y exerçant le plus de pression sur la colonne vertébrale, d’où il se mobilise depuis son épaule en son bras jusqu’en sa main lors de l’écriture manuscrite) à un peu moins massive (par tout un chacun des doigts se mobilisant plutôt depuis tout un chacun des poignets, sauf si utilisant une souris, engageant jusqu’à l’épaule). Cette pression de contact varie selon la posture et, si elle s’exerce plutôt debout (mais pouvant passer par les autres postures), elle s’élargit dans les sports, surtout si de contact, de dual à d’équipe. Si le combat passe de physique, via le mental, à verbal, nous voici au seuil de la politique parlementaire, selon Élias. S’y aperçoit à même les actes et les mœurs la société civile perdurant jusqu’en politique.

    Par-delà cette assise déjà existante, il est possible de s’interroger sur ce que sont les Partis politiques à l’Assemblée nationale du Québec, mais aussi au Parlement d’Ottawa. La Coalition Avenir Québec (CAQ) s’est constituée par un double afflux de souverainistes issus du Parti Québécois (PQ) et de fédéralistes issus du Parti Libéral du Québec (PLQ) et, selon les aléas électoraux, elle peut être à risque de les y voir refluer. On peut s’étonner que le PQ qui était de gauche a viré à droite et que le PLQ n’a pu en être un que de nom lorsque le conservateur Jean Charest, puis les autres lui ayant succédé, ont pris sa tête, jusqu’à Pablo Rodriguez directement issu du Canada trudeauiste en voie d’être carneyiste et apte à n’être plus libéral que s’avaler jusqu’au programme conservateur. Si Pablo Rodriguez a été emporté par un parfum ambiant de manières de faire libérales douteuses importées du Parti Libéral du Canada (PLC), reste à voir ce qui se passera sous Charles Milliard qui a pris sa relève et a déjà perdu son innocence au contact de ses troupes, dont son aile anglaise, voire anglicisante quant au statut du français (glissant de seule langue officielle à pourquoi pas bilinguisme officiel canadien s’en québécisant et compensant l’hors Québec s’anglicisant, du fait toujours plus accompli imposé au droit censé s’ensuivre), à la laïcité, à l’usage de la clause dérogatoire, etc. Du fait que les Partis politiques se sont démultipliés, le PLQ ne peut plus seulement s’opposer à la façon du PLC trudeauisé au PQ, sur le modèle du Canada hypercentralisateur et homogénéisant dans le sens de l’anglicisation (selon des taux relatifs aux asymétries toujours plus accrues hors Québec) au Québec (qui, si français soit-il, se bilinguise au point de compenser et de seul faire que le bilinguisme maintienne la moyenne canadienne de 18%, selon même Statistique Canada). Par le perdurant gouvernement fédéral libéral, si ratée soit son implantation provinciale québécoise à relent trudeauiste (via Pablo Rodriguez), mais restant apte à s’avaler au fédéral jusqu’au programme conservateur sous Carney, on aperçoit la posture elginienne faisant se superposer gauche/droite, dites libérale/conservatrice jusqu’à s’en confondre l’une en l’autre, sur l’arrière-fond assimilateur se propageant de façon sous-jacente de Durham au Conservateur Macdonald jusqu’en les libéraux, de Laurier aux Trudeau et Carney. La population canadienne d’expression française, aux environs de 50% à l’époque de Durham, est à peine au-dessus des 30% à l’époque de Laurier et à peine au-dessus des 20% en ce début de XXIe siècle. Ses principaux vecteurs ont été l’immigration massive britannique conjuguée avec les enclosures limitant le peuplement du Québec et a fortiori de l’Ouest canadien et facilitant l’hémorragie de sa population vers les États-Unis, de 1840 aux années 19303 (siècle de Mgr Bourget axé sur l’ultramontanisme et la survivance, tant la bourgeoisie québécoise, contrairement à l’européenne, y réagissait moins, par connivence avec le pouvoir anglais partout prévalent), puis encore par l’immigration, mais multiculturellement multiethnoraciale d’emblée ethnoracialiste trudeauiste (selon qui monopolise la capacité d’accuser d’ethnoracisme, si résistant à son emprise ethnoraciale et cherchant à la conditionner par l’intégration sociale plutôt que l’inverse ainsi imposé en vue de l’en désintégrer et laminer). Si ce n’est pas de l’assimilation, qu’est-ce que c’est ? A un point tel que Carney a fait sa campagne électorale sans se soucier du fait français et fait traîner tout ce qui concerne lesdites langues officielles, car ils ne les considèrent plus qu’en les intégrant à sa visée des culture et identité à canadianiser, au sens du Canada de l’ANNB tel qu’infléchi depuis qu’il s’est trudeauisé, non du Canada laurentien (au cœur de la Nouvelle-France) d’abord à reconnaître et, selon lui, censée se réduire à sa seule Conquête tout aussi présumée l’en rendre uniquement collaboratif, sans aucune spécificité propre à préserver. Quand le Canada anglais prend le Canada français pour acquis (car conquis) plutôt que ce à quoi il lui faudrait travailler pour que le français s’y acquiert, le Canada n’est plus qu’anglais ou sur le point de l’être plus radicalement que jamais. Le trudeauisme l’en assure, d’autant que son assise elginienne se propulse depuis son sous-jacent arrière-fond assimilateur, de Durham au Conservateur Macdonald aux Libéraux, de Laurier aux Trudeau et Carney (jusqu’à présent). S’y aperçoit la tension gauche/droite en appel d’être aménagée en sa verticalité.


    1 Selon Rosario Bilodeau, Robert Comeau, André Gosselin, Denise Julien, Histoire des Canadas, Montréal, Éditions Hurtubise HMH, 1975, p. 15, il y aurait eu une évolution en trois phases: de l’Ancien Monde au Nouveau Monde, donc d’Europe en Amérique, en l’occurrence en Nouvelle-France dont le Canada (alors laurentien) était le cœur, lors d’une colonisation française (jusqu’en 1760), puis anglo-britannique (jusqu’à 1854), en distinguant les Bas-Canada (le Québec) et le Haut-Canada (l’Ontario) en 1791 avant d’en tirer les Canadas-Unis, voire le Canada-Uni ou la Province du Canada (1839-1854) et enfin, son devenir, non plus tant de militaire à géopolitique qu’à économique et plus continentalement anglo-nord-américain en s’imbriquant avec les États-Unis (des années 1854-1866, lors du Traité de Réciprocité, juste avant le Canada issu de l’AANB de 1867, à nos jours). Histoire des Canadas, car à travers tous ces Canadas, selon ces trois phases, et lors de la troisième phase, au moins entre Canadas français et anglais avant de dériver dans des Canadas francophone et anglophone selon un bilinguisme officiel à compter des années 1960 et a fortiori depuis le rapatriement unilatéral de la Constitution par le fédéral avec le ROC sans et contre le Québec, de sorte que le Canada se présume tant unitaire et par là, anglais (par cette connivence du fédéral et du ROC) s’imposant à ce qui en est et en a été français, car le Québec seul correspond au Canada initial, à savoir au Canada laurentien (perdurant jusqu’en le Bas-Canada et jusqu’en ledit Canada-Uni visant pourtant déjà son anglicisation selon Durham) d’où, par-delà l’Acadie, le français s’est étendu vers l’Ouest alors appelé les pays d’en haut (d’où la dénomination du Haut-Canada, à savoir de l’Ontario par ses Grands Lacs d’où les eaux s’écoulent vers le Saint-Laurent et de là, de tout ce qui en est encore plus à l’Ouest), hormis le fait encore plus antérieur d’avoir emprunté le mot Canada aux Premières Nations, en l’occurrence au Wendake-Huron. Qu’en subsiste-t-il en un ministère culture et identité, a fortiori inversé en identité et culture canadiennes, si n’étant pas exclusivement canadians, dont ne plus être que la traduction en français ? Au contraire, ce sont les Canadiens, identiquement les Français établis au pays où depuis lors avoir côtoyé les Premières Nations, qui, à compter de LaFontaine et du rétablissement du français (1842) à l’encontre de son antérieure abolition depuis Durham, voire l’instauration du gouvernement responsable (1848), ont partagé leur identité avec les Britanniques et s’en sont dits Canadiens-Français en regard de Canadiens-Anglais, si ceux-ci ne se disent pas seulement et purement Canadians d’où tout reprendre à partir d’eux seuls. Ça aussi, fort loin de ladite pure collaboration censée avoir prévalu depuis la Conquête selon Mark Carney, où est-ce? Conquête du Canada que Trudeau père a fait Conquête du Canadien en Canadian… dont le French Canadian serait une variété ?

    2 Cité par D. Vincent, Le sacre au Québec: transgression d’un ordre religieux ou social?, dans Le statut culturel du français au Québec, Conseil supérieur de la langue française, www.cslf.gouv.qc.ca/bibliotheque-virtuelle/publication-html/?tx_iggcpplus. De même, le Canadien était l’autochtone amérindien, puis le Français né au pays, à savoir le franco-catholique de la vallée du St-Laurent, donc du Canada laurentien d’où rayonner en Amériques (jusqu’à la fin du XVIIIe siècle), avant que que les Britanniques soient suffisamment nombreux et s’en démarquent en tant que Canadians les considérant comme des French Canadians se traduisant en Canadiens français dont émergent les Québécois (années 1960), puis les Québécois francophones (au tournant des années 2000).

    3 En 1867, en se pensant l’un des deux peuples fondateurs, les négociateurs canadiens-français confient « au gouvernement fédéral la compétence législative prépondérante en matière d’immigration (article 95 LC 1867) » et acceptent « le bilinguisme officiel au niveau parlementaire, législatif et judiciaire (article 133 LC 1867) ». Mémoire de Justice pour le Québec, L’immigration: un défi existentiel pour le Québec, 23.08.2024, p. 6. Notez la conjonction entre langue, par le bilinguisme (constitutionnel, selon l’AANB de 1867, pour le distinguer de l’officialisation trudeauiste en 1969, puis en Constitution de 1982), et l’ensemble des powers, par l’exécutif qui noyaute le parlementaire jusqu’en le législatif et, de là, le juridique. Le français était reconnu aux seuls Parlements autant d’Ottawa que du Québec, ce qui laissait le champ libre aux Provinces hors Québec d’éradiquer le français dans les écoles et le faire s’« enjoualiser » au sein du Québec, à Montréal, de population à majorité anglophone en 1860. Ledit bilinguisme s’en est conjointement confessionnalisé dans les écoles par l’article 93, surtout pour protéger ladite minorité (numérique et aucunement statutaire) anglaise du Québec, comme cheval de Troie censé l’en miner intérieurement. Depuis l’entente administrative de 1991 quant à l’immigration, sans la temporaire lui échappant totalement et ayant pourtant explosée sous Justin Trudeau et sous la fallacieuse apparence de mener à la résidence permanente malgré des discriminations flagrantes envers les étudiants étrangers francophones en faveur d’anglophones, le Québec sélectionne et intègre, le Fédéral admet. René Lévesque disait que le Fédéral noie le Québec par l’immigration, le Québec enregistre la noyade. Via l’immigration s’infléchit la densité numérique sociodémographique au profit du statutaire d’autant unilatéralement imposé faire passer fallacieusement majorité/minorité démographique sous ce visage statutaire pourtant tout leur inverse, de façon à ce que le statut majoritaire impose en sous-main son immigration contre ladite majorité numérique pour l’inverser et se la rendre conforme. Ladite noyade commence et s’instaure à partir du même modèle dès la société civile, d’abord la forge de la famille se trouvant manipulée par des compétences juridictionnelles tout aussi schizophrènes: « La Loi constitutionnelle de 1867 octroie au Parlement du Québec la compétence sur les droits civils, ce qui inclut habituellement l’entièreté du droit de la famille. Cependant, elle retranche la compétence sur le mariage et le divorce afin de les donner au Parlement du Canada, laissant toutefois la célébration du mariage à la province », le tout ouvrant la porte par laquelle le fédéral déborde et empiète sur maintes autres matières, « telles que les pensions alimentaires, le partage des biens, la garde des enfants ou encore la compétence du juge », Mémoire de Thomas Lessard, Alexandre Cadotte et Michaël Lessard, 5 septembre 2024. La densité numérique sociodémographique bascule, car ne conjugue que démantèle statutairement la famille, via laquelle se module le ratio natalité/mortalité, avec la même sorte de migration.


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  • Conclusion

    Depuis 2008, année de crise économique mondiale encore une fois partie des États-Unis comme en un étrange écho de celle de 19291, l’ONU paraît au bord de l’implosion: « le point le plus crucial pour l’avenir de l’ONU porte en fait sur son insertion effective dans l’architecture institutionnelle internationale et sa capacité à s’adapter aux nouveaux défis mondiaux, à gérer efficacement ce qu’un rapport au Secrétaire général du panel présidé par l’ancien Premier ministre de la Thaïlande, Anand Panyarachun, a caractérisé comme « les menaces, les défis et le changement »2. La théorie du changement, déjà examinée lors de One UN, mérite attention, mais en se voulant plus résolument sensée et adaptative.

    Or, le décalage est croissant entre les moyens budgétaires et la demande d’efficacité et d’influence de ses organisations. Ce décalage s’intensifie encore plus par les tensions internationales interétatiques se répercutant en son Assemblée générale, dont les États membres ont des exigences souvent contradictoires et qui, faute d’un Conseil Indépendant lui permettant de s’autonomiser un tant soit peu au point de pouvoir mieux s’en articuler, est d’autant aux prises avec les seuls aléas issus de son CPS. De celui-ci jaillissent les tensions interimpérialistes mondiales tendant à l’invalider autant de l’intérieur (par d’incessantes crises d’une nécessaire unanimité au contraire plombée par le veto de l’un ou de l’autre) qu’à l’extérieur (là même où l’ONU est censée s’inscrire dans l’architecture institutionnelle internationale s’en trouvant interétatiquement happée pour en être a fortiori interimpérialistement dépecée). Par-delà la Société des Nations (dont les États-Unis ne faisaient pas partie), l’ONU a réussi à ce que ses membres (dont les États-Unis) lui consacrent une partie, si minime soit-elle, de leurs ressources propres. Du moins, si elle s’en fait reconnaître.

    Réformer l’ONU serait d’abord la doter d’un métabolisme propre par lequel son catabolisme, au gré de ce qui l’invalide ainsi de l’intérieur et de l’extérieur par son CPS, se concevrait dorénavant depuis son anabolisme s’instaurant avec son Conseil Indépendant dont se doter et par lequel s’en rendre un tant soit peu autonome en son Assemblée générale. Certes, la paix et la sécurité grèvent plus de 75% du budget onusien et les tensions interimpérialistes l’invalident via son CPS autant de l’intérieur que de l’extérieur. Cependant, en concevant mieux ses autres piliers axés sur le développement humain (humanitaire, durable et des droits humains), tout un ensemble de doubles actions (spécifiques et universalisables) devient possible et peut tempérer ce qui l’en plombe et l’en libérer un tant soit peu.

    Herzberg a déjà signalé, par sa théorie des deux facteurs, que les facteurs de motivation sont intrinsèques au travail, liés à l’épanouissement personnel et source de satisfaction au travail (accomplissement, reconnaissance, responsabilité et nature de la tâche). Ils sont distincts des facteurs d’hygiène menant à la non-insatisfaction (salaire, conditions de travail, relations interpersonnelles et statut). De même, si le CPS permet au mieux à l’Assemblée générale de l’ONU de n’être pas insatisfaite, un CI peut lui permettre d’acquérir une certaine autonomie et de s’enquérir de ce qui peut la satisfaire plutôt que d’en être plus longtemps privée.

    Les deux types de facteurs ne sont sans doute pas pleinement indépendants. De plus, il ne s’agit pas ici de satisfaction et d’insatisfaction en termes individuels, mais de développement humain, jamais individuel que d’emblée social, et, trop souvent faute de paix et sécurité, inhumain. Cependant, ils peuvent s’articuler en un métabolisme onusien d’ensemble parvenant à mieux s’équilibrer. Sa conception, comme toute conception, s’intègre sous le développement humain autant ce qui en est humain que ce qui en est inhumain, à la façon dont l’accélération physique peut passer de nulle, dont ne subsiste que la vélocité (vitesse avec direction), à non nulle, autant en accélération proprement dite (positive) qu’en décélération (accélération négative). Sa méthode n’en est pas tant d’incidents critiques (devenus des chocs culturels) que d’actions critiques (proactives davantage que seulement rétroactives, voire uniquement réactives), selon leur tension articulatoire d’autant constitutive entre spécificité et universalité à en tirer qu’humaine (selon un contact culturel se testant en sa diversité culturelle, en pouvant certes s’orienter vers l’individu, mais aussi vers sa teneur d’emblée sociale) et ce, d’autant que la géopoliticoéconomie en cause est apte à se repérer et s’ajuster à sa géophysique sous-jacente, si s’y validant.

    Le métabolisme onusien exige certes paix et sécurité, si problématisées soient-elles en son CPS au seuil d’un incessant catabolisme à mieux circonscrire, mais exige aussi ses trois autres piliers selon un développement humain exprimant sa part d’autant anabolique que s’en trouvant lui-même mieux cerné en son métabolisme humain propre.

    Comme le laisse entrevoir De l’humain à l’humaniste dans le monde, l’humain est tellement un individu d’emblée social qu’il serait possible d’en tirer et constituer une sociologie de la transfiguration. Du moins, pour peu qu’elle soit apte à s’intégrer de façon critique l’individualisme méthodologique et à focaliser plutôt sur l’humain, individu d’emblée social, de sorte que peut se distinguer jusqu’en l’individu tout ce qui l’en rend triplement différent à lui-même en même temps qu’avec et entre les individus formant société l’individuation (dès la si socialisante désynchronisation intra-utérine des rythmes biologiques du fœtus d’avec ceux de sa mère) sous-tend la néoténie faite individualisation (d’autant qu’en des sociétés incitant les individus les composant à reprendre à titre individuel leur propre individualité) et de là, alors et seulement alors l’individualisme, a fortiori de méthodologique via l’imaginaire à pansocial et géopoliticoéconomiquement diffusé tel. Cet anabolisme risque de s’inverser avec le métabolisme humain entier, si s’y impose un catabolisme toujours plus pressurisant, de l’individualisme (hyperindividualiste jusqu’au libertarisme le plus fantaisiste ?) sur l’individualisation et ce, au point de présumer pouvoir s’imposer tel jusqu’en l’individuation. La tension entre l’UNESCO promouvant la diversité culturelle et les États-Unis marchandisant jusqu’à la culture est à considérer comme n’étant rien d’autre que cette tension humaine métabolique entre les respectifs anabolisme et catabolisme jaillissant d’autant du sein de l’individu considéré ou non en ses différences d’autant intra-individuelles avec lui-même qu’interindividuelles. Celles-ci s’exacerbent par triple devenir individuant/individualisant/individualiste abordé respectivement en deux sens totalement inverses, à savoir depuis son individuation et depuis son individualisme. Toute l’individualisation est prise à leur interface à la façon d’un Janus au fur et à mesure que se constituant comme leur entre-deux, de fait leur entre-temps inhérent au devenir en question. D’où l’importance de la théorie du changement (mais en termes d’une suite de figures sociohistoriquement retraçables et ancrables de géopolitique en géophysique) par laquelle l’ONU peut parvenir à prendre en compte ce devenir, selon un axe de développement humain (humanitaire, durable et de droits humains) mieux circonscrit au niveau du CI au profit de l’Assemblée générale s’en autonomisant un tant soit peu du CPS, voire pouvant éventuellement l’en tempérer comme la source, non moins interne qu’externe à l’ONU même, de ce qui tend autrement à l’invalider selon le sort y étant fait à la paix et à la sécurité, trop souvent par simple veto trop longtemps resté sans contrepartie. Par un CI mettant plus véritablement en travail son CPS et exigeant que les deux s’articulent en un dynamisme d’ensemble, l’ONU peut tant se réformer que se mettre à acquérir un début d’autonomie au niveau de son Assemblée générale. Du moins, tel est l’horizon de la proposition ici faite à l’ONU. À elle de voir ce qu’il en est, si elle veut l’entendre, sur l’arrière-fond d’un tact d’autant plus universellement opérant qu’il n’est pas que manuel, mais pancorporel et est le sens universel de l’âme, depuis Ficin3. Seule une sensibilité mieux préservée en son intégrité (de l’affectivité au sentiment, à l’émotion déjà contextualisante et jointe à l’empirie) peut faire se renouveler l’imaginaire le plus productif (la fantaisie) jusqu’au ressort d’une émergente raison en un humain entier, jamais individuel que demblée social, et ce, corps et âme dès ce monde où rendre ses propres idées le mieux représentatives possibles de la réalité, sans confusion avec leurs représentationnelles mises en scène.

    D’ailleurs, dès la Renaissance italienne, en particulier ficinienne, dont a jailli plus généralement la Renaissance s’en étant diffusée à travers l’Europe, en particulier en France, dès Rabelais, mais aussi ailleurs, il a été question de ces voir et entendre fort étroitement liés avec une fantaisie faisant non plus tant s’y enliser (jusqu’à en prendre teneur de pays s’en constituant en Fantasyland) que s’en éveiller à la raison par laquelle se doter géopolitiquement de ses lois4. Du moins, avant que l’émergence tronquée de la Modernité, initialement en ledit Occident, ne la fasse oublier, a fortiori une fois s’étant découplée telle vers ledit Orient au XXIe siècle.

    L’originalité onusienne serait de se mesurer aux géopolitiques dont les idéologies, toutes partielles et partiales, réifient la réalité jusqu’en sa teneur la plus géophysique. Cela exige de s’instaurer elle-même au gré d’une géopolitique d’emblée apte à se repérer et s’ajuster à sa géophysique sous-jacente comme d’où peut surgir l’exigence de s’assainir en son processus d’idéation jusqu’en sa logique en restant ouvert vers l’avenir et d’en faire se relativiser toutes ces idéologies qui s’opèrent en sens inverse en l’enrayant et figeant selon des orientations préconçues. Le XXIe siècle n’en opérerait plus tant un glissement de la lutte des classes sociales à la lutte des idéologies, comme l’annonçait Piketty, mais à la lutte pour s’assainir en son idéation jusqu’en sa logique et toutes les en relativiser au point de faire place à l’humain, à savoir jamais individuel que demblée social. Ceci ne peut se faire sans que la pensée se libère au gré d’une raison ne s’adonnant à quelque idéation jusqu’en sa logique que ce soit qu’en émergeant et s’éveillant d’autant à elle-même que de sa sous-jacente fantaisie, dont alors et seulement alors pouvoir s’en trouver impulsée plutôt que s’y enliser et s’y enrayer. Développement humain en exigence d’un tel effort engageant jusqu’à la forge du sens de soi et se contextualisant en regard des paix et sécurité dont les défaillances le rendent trop souvent inhumain. Développement humain visé par un CI s’instaurant en regard du CPS et en rendant son Assemblée générale un tant soit peu autonome.

    L’ONU peut offrir une alternative au devenir mondialiste qui a fait accroire à un libéralisme panplanétaire censé favoriser l’entre-soi concentrant la richesse comme si ruisselant par surcroît d’elle-même au bénéfice de tous, ce qui a plutôt viré en libertarisme ne cherchant à la concentrer qu’à soi seul contre tous au point de s’intérioriser tel en tout un chacun jusqu’en les affections de sa fantaisie. La fantaisie en vire cruelle (en dichotomisant d’autant tout désir de ce dont jouir valant pour soi seul que vicarialisant tant toute crainte de ce qui afflige et endolorit que l’en redoutant encore plus resurgir avec et depuis son refoulement et venir hanter). La fantaisie cruelle peut s’afficher telle et autrement s’opérer plus subrepticement, en faisant se durcir les droits et libertés en si individuels qu’individualistes et en refouler d’autant toute teneur sociale en clause annexe et dérogatoire que ne cherchant plus qu’à l’instrumentaliser et manipuler, voire en tronquer tout humain d’être aussi d’emblée social, et ce, dès l’enfance. A fortiori, au fur et à mesure que l’enfance glisse elle-même de réelle à virtuelle, de jeu libre socialisant avec d’autres en jeu asocialisant sous façade de réseaux sociaux numériques accentuant toujours plus avec la dépendance aux écrans une tendance à voir du danger partout et même là où il n’y en a pas5, au point d’en devenir défensif-agressif au ressort d’une telle dénaturation de la fantaisie en ses affections s’en articulant en se formant réactionnellement de façon plus cruelle avant et jusqu’en toute forge de quelque pensée que ce soit6. Pensée n’émergeant en se stabilisant qu’avec l’âge dit de raison, puis ne se formalisant telle qu’à compter de l’adolescence. Cependant, la raison est dorénavant elle-même aux prises avec son propre tournant cynique et est d’autant tendue entre et de l’incessante crise idéologique à l’éventuelle critique pour s’en sortir au XXIe siècle. Faute de développement humain mieux assuré dès la forge de la fantaisie, quelque approche un tant soit peu raisonnable jusqu’en paix et sécurité reste problématique. Jusqu’en CI/CPS de l’ONU. Et si des démocraties, moins égoïstes et hypocrites, en interpelaient les autocraties?


    1 Là où les ténors du capitalisme cherchent à faire accroire que ses crises sont tout ce qu’il y a de plus naturel et vont donc resurgir incessamment en exigeant de s’y faire, tout au contraire, il est archiévident que la crise de 2008 a été créée de toutes pièces par la mise au rancart des accords de Bretton Woods afin de permettre (sous Bill Clinton et à l’incitation de Greenspan alors à la FED) la fusion des banques d’épargne avec et au profit des banques d’investissement qui ont pu s’accaparer des épargnes et en faire des bras de levier démultiplicatifs outranciers au ressort de produits financiers toxiques (camouflant des dettes sous façade d’actifs) et de conjoints subprimes abusifs (par des prêts hypothécaires à très haut risque, bien au-delà de la valeur des immeubles) jusqu’à ce que le tout s’effondre. Bien noter: il y a dorénavant une mise à risque jusque des épargnes de monsieur et madame tout le monde avec un conjoint déploiement d’illusions plus fantaisistes les unes que les autres afin de nourrir la spéculation et créer une fébrilité inhérente à des marchés rendus d’autant volatiles que fonctionnant tous à l’anticipation, voire la simple rumeur. Jusqu’aux biens les plus essentiels sont emportés par la tourmente, dont l’insuffisance salariale pour couvrir les besoins de base (dont la tension entre alimentation et logement), le logement faisant l’objet de concentration (au point de pouvoir supporter un ratio d’appartements vides entre-temps), de rénovictions, de mises à la rue, d’itinérance accrue, etc. Grande nouveauté financière au XXIe siècle: une exigence sans précédent d’avoir à réancrer le spéculatif (fort autocomplaisant et n’en voulant rien savoir) dans le réel, selon des critères permettant d’établir la valeur véritable des actifs. La lutte des classes sociales n’est plus au seul niveau du temps de travail fait salaire comme dépense à soustraire de la plus-value recherchée, mais jusqu’en les épargnes, donc la marge de manœuvre un tant soit peu autonome que la classe laborieuse a pu se constituer, voire jusqu’en tout retour sur investissement (plutôt que dépense) à y apercevoir. L’écart de richesse se creuse (avec fantasme de ruissellement du haut vers le bas), ladite classe moyenne s’estompe et la misère sociale (itinérance, etc.) s’accroît.

    2 J. M. Châtaigner, Réformer l’ONU: mission impossible ?, 2008, n° 126, 359-372, https://doi.org/10.3917/rfap.126.0359: « L’architecture internationale imaginée par la Charte signée à San Francisco le 29 juin 1945 qui affirmait, d’une part, le rôle de délibération et de recommandation de l’Assemblée générale et, d’autre part, le rôle d’impulsion et de coordination du Conseil économique et social (ECOSOC) n’est qu’une vaste fiction. » L’ONU, même jusqu’en le rôle que continue à jouer non sans mal le Conseil de sécurité dans les domaines de la paix et de la sécurité, ne constitue plus un véritable lieu de décision de l’action internationale… surtout que d’emblée interétatisée et à son tour aux prises avec les tensions interimpérialistes qui, par le Conseil Permanent de Sécurité, surgissent autant de l’intérieur que de l’extérieur de l’ONU et l’en invalide?

    3 Yvan Morin, Méditations oniriques, De la physiologie ficinienne à une émergente raison platonicienne apte à rendre ses idées représentatives, Paris, L’Harmattan, 2025.

    4 Le sens proprement humain, jamais individuel que d’emblée social, de soi ne se forge qu’en se trouvant aussitôt tendu entre un ego fort idiosyncrasique, issu de sa fantaisie, et un ego plus intellectif qui surgit avec la raison en l’âme en s’y constituant comme son entendement et qui, lui, comme le mot « ego » partie prenante de la langue commune, vaut autant pour soi que pour autrui, donc en étant disponible à tout un chacun. Du sens de soi surgit donc la fourche egoïque d’emblée tendue entre ses forges fantaisiste et intellective et ce, selon deux sens totalement inverses, selon que s’éveillant en sa forge fantaisiste à sa forge intellective ou au contraire en s’enlisant tant en sa forge fantaisiste fort idiosyncrasique que faisant s’en enrayer et s’en braquer jusqu’en sa forge intellective. C’est cette fourche en Y qu’il s’agit de cerner autant en sa façon de se constituer que, de là, selon la voie y étant empruntée. La grande nouveauté de la voie narcissique au XXIe siècle, est de ne plus seulement se noyer en sa propre image, mais de s’assimiler dès ses mœurs à ce qui s’en met en scène au point de tout y faire à son image pour mieux ne s’y noyer que tout y entraîner et tout faire s’y noyer avec soi, mais au sens d’un tel ego idiosyncrasique enrayant jusqu’à tout ego plus intellectif, au fur et à mesure que sa fantaisie par laquelle se générer tel se fait Fantasyland, comme l’appelle Andersen en désignant les États-Unis, d’où irradier mondialement. Bien noter que ce qui se fait à l’interne se codéploie semblablement à l’externe, ce qui est aussi très exactement le même problème au cœur du CPS d’où l’ONU s’en fait invalider autant à l’interne qu’à l’externe. Relire en ce sens toute la tension entre l’UNESCO, visant à préserver la culture en sa diversité, et les États-Unis, visant à la marchandiser, ce qui ne peut se faire que sur le modèle de l’argent qui est un équivalent général entre tous les biens échangés et donc, en laminant tout sens de soi (au cœur de toute culture) en seul ego, lui-même d’intellectif en seulement fantaisiste comme unité de mesure à généraliser telle comme équivalent général inhérent à un style dit transactionnel, mais foncièrement mercantiliste plus que capitaliste. C’est pourquoi les échanges commerciaux à établir de façon capitaliste achoppent, par ce biais mercantiliste ne sachant être que tyrannique, au sens impérialiste colonialiste. La difficulté n’est pas tant en la marchandisation de la culture qu’en cette culture même ne se voulant que purement fantaisiste comme d’où se marchandiser et pouvoir en marchandiser tout autre. Et faisant accroire qu’il ne s’agit pas de culture, mais de sa seule marchandisation, sous façade de laquelle imposer occultement la sienne. L’egocentrisme idiosyncrasique en vire carrément en ethnocentrisme, voire ethnoracisme, ce dont l’enjeu surgit en particulier face au cubain introductif de l’américain distinct de l’étatsunien. Donc, de la question de la façon dont le CI est à composer, si constitué en regard du CPS. Le processus fantaisiste donnant ses fantasmes pour le réel est partout le même, même s’il n’est pas toujours aussi cruel qu’envers Cuba. Ainsi, lors de son discours sur l’état de l’Union, Donald Trump a profité de sa tribune pour faire valoir la victoire étatsunienne au hockey aux Jeux Olympiques d’hiver en Italie à travers l’annonce d’un bingo qui culminera en la fête du 250e anniversaire de la naissance des États-Unis le 4 juillet 2026 et qui comportera une carte faisant figurer le Canada comme étant devenu leur 51e État. La seule constante: la confrontation perpétuelle, par chaos apte à s’entretenir lui-même. Bienvenue en Fantasyland faisant s’irradier panplanétairement sa propre tragi-comédie !

    5 Patrick Lagacé, https://www.lapresse.ca/actualites/chroniques/2026-03-28/l-enfance-reelle-l-enfance-virtuelle-2.php. La génération Z née en 1996-2012 est le point de bascule.

    6 Comprenons-en bien les ressorts. Toute frustration issue du réel, qu’elle soit accidentellement ou intentionnellement provoquée, ne fait y être exposé que d’abord au gré des affections de la fantaisie, du désir (frustré) de ce dont jouir et de sa fourche au point pivot de la crainte de ce qui afflige et endolorit, selon ce qui en est suscité et qui se départage entre la tristesse (détresse, désolation…) et la rage (jusqu’à la plus forcenée et virulente en quête de destruction et d’éradication) s’en formant réactionnellement pour se l’éviter et tout au contraire la faire subir en tiers (d’où le bouc émissaire, voire le terrorisme préventif pour que ce soit l’autre et non soi qui soit en état de crainte faisant l’en redouter). Déjà problématique, tout en dérape et se radicalise encore davantage en se mettant à voir du danger partout et à tout confondre au point de mettre toujours plus le fantasme du réel pour le réel qui, ici ou là jamais pleinement refoulé, fait retour et vient hanter, ce qui suraccentue et accélère la boucle paranoïaque schizophrénante mégalomane narcissique. Ce qui est nouveau au XXIe siècle, c’est que le passage de ces affections de la fantaisie à la pensée ne devient cognitif que technologiquement doté de capacités d’actions d’autant massives et sélectives qu’à l’image de l’anomisante urbanisation massive et sélective. Cette ontogenèse s’éclaire de son devenir sociohistorique en contextualisant la spécificité en ce qui s’en constitue plus universellement, voire peut l’institutionnaliser et donner sens à sa trajectoire de vie. Rappelons que la fantaisie puise encore au mythe, car selon une commune imagination qui, si productrice soit-elle, reste humaine et n’est donc jamais individuelle qu’inspirée par sa teneur d’emblée sociale. Elle était indistincte du mythe, mais s’en est autonomisée, comme l’individuel en le social, et ce, en y sous-tendant une raison qui, tout en déterminant les lois de Cités étatisantes, s’aperçoit dès lors en émerger, si elle n’y sombre. Elle est tant l’assise et l’interface qu’elle médiatise tout le passage du mythe à la raison qui s’effectue depuis l’Antiquité dans le contexte de l’émergence des Cités étatisantes et, avec elles, de la géopolitique à même la géophysique. Sa médiation se cerne d’autant que jusqu’en ses affections depuis la Renaissance italo-ficinienne, a fortiori franco-rabelaisienne (mettant par surcroît au jour leur tension paradoxale). Elle resurgit de sous sa détermination kantienne en catégories physico-mathématiques (espace, temps et nombre) débordant pourtant sa tendance à s’en tenir aux seuls aspects plus apparents de ce qui apparaît de la réalité. Elle se réactive telle quelle au gré d’États-Unis qui se font Fantasyland et s’en exacerbent jusqu’à la cruauté (tronquant et sacrifiant toute réalité au profit de cette seule apparence par laquelle se mettre en scène et d’autant s’y complaire en son désir de ce dont jouir à soi seul en son ego que du même coup refouler au sein et au fond de soi, projeter et vicarialiser toute crainte de ce qui endolorit en autrui en qui s’en repaître) depuis que trumpiens, tout en intensifiant leur guerre idéologique correspondante à l’ONU en même temps que l’absurdie théiste confinant au nihilisme matérialiste. Du moins, tant que la raison s’y enraie davantage qu’elle ne s’en éveille et en émerge, donc tant qu’elle se fige ainsi idéologiquement et qu’elle réifie jusqu’au réel plutôt qu’elle ne s’assainit en toute idéation jusqu’en sa logique et ne restitue le réel au point de s’y repérer et ajuster, d’abord de tendre à le restituer et s’y valider, de géopolitique en géophysique.

  • La culture, de sociale à politique, fait que se constituer est se constitutionnaliser : Examen critique de l’enjeu du Livre bleu du PQ

    Le projet caquiste de loi constitutionnelle du Québec est mort au feuilleton en juin 2026, mais non sans que Guillaume Rousseau, l’un de ses deux principaux rédacteurs, se présente comme candidat dans Richmond et, si la CAQ l’emportait lors de l’élection en octobre 2026 et s’il en était ministrable, qu’il pourrait rependre et mieux relancer. Depuis les années 1960, il s’agit d’une quête qui réémerge épisodiquement. Le Parti Québécois, en tête dans les sondages, mais talonné par le PLQ et la CAQ, en propose une autre avenue, sous un tout autre angle, en son Livre bleu1.


    1 Voir « Le triomphe de la raison cynique au XXIe siècle », en conclusion de Y. Morin, Du débat entre Ficin et Pic à Rabelais. Le monothéisme chrétien renouvelle son incarnation en faisant resurgir de sous sa prévalence occidentale médiévale axée sur le Dieu unique son combat avec le dieu des dieux qu’était le Zeus grec (fait Jupiter romain et à son tour mithraïsé et confondu avec le Sol invictus dont faire coïncider la fête avec celle de la Nativité du Christ pour se l’intégrer), mais sous la figure du cynique Diogène, à savoir né de Zeus. Le chrétien Fils du Dieu unique s’éprouve au païen fils du dieu des dieux l’enracinant en la Nature. Une grande part du paganisme n’a pas été et, si elle n’y résiste, reste à monothéiser par une toute nouvelle sorte d’incarnation. Enfin, la laïcité québécoise est loin d’être seule en cause, car il existe une tendance mondiale accrue à changer de religion, elle-même non plus tant sise sur la foi que sur le seul héritage culturel (social s’intégrant versus se laminant en ethnoracial et individualisme dont être dérogatoire et annexe ?), avec une part croissante à ne plus en adopter une nouvelle, surtout en Europe de l’Ouest et au sein des Amériques, selon une enquête Pew Research Centre en 2025. Par la culture, surgit la si humaine manière de se lier, surtout si de pouvoir alors se fier, a fortiori s’enreligioser, surtout si par théisme, voire absurdie théiste, et donc aussi athéisme. Ultimement, il n’y a de culture que coévoluant avec la nature, si s’y mesurant au cynisme.

  • Rappel historicisant du lien social en tout individu jusqu’en ses droits

    Dès la Renaissance et au seuil de la Modernité, émerge avec, jusqu’en et entre les nouveaux États autonomes en regard des nations les constituant, une tendance à laïciser et faire s’intérioriser les tensions religieuses qui s’y tempèrent à compter du Traité de Westphalie ou en resurgissent au fur et à mesure qu’ils colonisent la planète. Rien n’étant plus sacré que le lien social, ces tensions glissent et se réancrent de religieuses en culturelles. Elles perdurent et problématisent toute prétention égalitaire au sein de la Constitution canadienne trudeauisée. La revendication d’une égalitaire souveraineté culturelle est problématique, car le Québec fait face à cette homogénéité anglicisante prévalante entre Provinces que l’hypercentralisation fédérale promeut par ladite culture canadienne, au point d’empiéter, s’ingérer et abuser de son pouvoir de dépenser, ne faisant que prendre l’argent des contribuables pour ne le leur retourner en subventions et autres qu’en le conditionnant1. On comprend mieux ce que signifient la suprématie de Dieu et la primauté du droit au début de la Constitution canadienne. Ce biais colonialiste fondamental problématise d’emblée toute Constitution québécoise et toute transformation culturelle du sein du Québec, pour se défendre et faire s’accroître quelque marge de manœuvre de liberté constitutionnelle au gré d’une responsabilité partagée proactive s’appliquant au moins à l’ensemble de l’administration publique, en liant et en engageant envers l’État québécois autant les municipalités qu’un large éventail d’organismes publics2. S’éclaire aussi pourquoi les Autochtones ont tardé à être intégrés, car tarde à s’y intégrer un Conseil constitutionnel apte à s’assurer d’un incessant afflux de la société civile (dont l’autochtone) pour être le plus consensuel possible et jouer un rôle quasi sénatorial par lequel pondérer et tempérer les autres pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, car risquant de reproduire leur déséquilibre trudeauiste les noyautant depuis l’exécutif jusqu’en le législatif et a fortiori le judicaire s’en mettant à peser tel sur la société civile depuis des droits et libertés si purement individuels qu’individualistes se collectivisant tels par anglicisante common law jusqu’en et à l’encontre de la tradition civiliste québécoise reconnue en la Constitution de 1867 et biaisée en 19823. Or, le projet de loi constitutionnelle qui émerge, ne parle d’une nation québécoise comportant des droits collectifs propres et inaliénables censés concourir à la protection des droits et libertés des personnes (Titre 1er chapitre 2e, article 7) qu’en biaisant sa propre intégration nationale du droit civiliste censé être tout autant protégé (article 12), car il en fait abstraction et parle plutôt de seulement assurer « l’équilibre entre les droits et libertés de la personne et les droits collectifs de la nation québécoise ». Sans préserver l’orientation initiale donnant sens et révélant l’asymétrie faisant tant saillir que concourir d’emblée les droits collectifs (et encore mieux: proprement sociaux, a fortiori si aperçus sociogénératifs au ressort de la culture pouvant dès lors en être convergence culturelle) à la protection des droits et libertés du sein de la Constitution québécoise et les en protéger tout autant que sa tradition civiliste pour les conjuguer en un seul et même vecteur et faire que la perception de soi du peuple puisse se faire d’autant nation qu’en être juridiquement reconnaissable (depuis Bodin), il n’est guère possible de propulser sa conjointe asymétrie fédérative canadienne, selon une biasymétrie énantiodynamiquement fonctionnelle d’ensemble. L’enjeu : l’humain, jamais individuel que d’emblée social. Surtout si pour s’articuler avec le développement onusien s’intégrant humanitaire, développement durable et droits ainsi humains, a fortiori selon un Conseil Indépendant de son CPS, si l’Assemblée générale onusienne s’en dote pour s’autonomiser elle-même. À la façon de ce qui est proposé à l’ONU, il faut s’attaquer aux biais canadiens de la Constitution de 1982 autant sur celle de 1867 que par son parasitage de la Charte québécoise appelée à mieux s’ajuster et s’inscrire dans le projet de loi constitutionnelle. Exemple pratique et laïque de ce qui achoppe depuis l’époque de l’intégratrice interface renaissante entre les religions chrétiennes catholique et orthodoxe dont jaillit son élargissement via les Protestantismes et dont se dégage leur modèle, si déficient a-t-il été et continue-t-il de le rester depuis son devenir westphalien, dont la Conquête et l’AANB, mais surtout sa trudeauisation. De fait, l’interface russo-ukrainienne est en grande part un prolongement de cette tension générale entre christianismes catholique et orthodoxe, distinctement de celle entre christianismes catholique et protestant, plus, via le Moyen-Orient, entre judaïsme (magnifié de sioniste en néosioniste) et islamisme (tant la tension néosioniste étatsunienne trumpienne peine à s’en dépêtrer en n’ayant fait s’y accorder une part sunnite que s’en désaccorder le chiisme, dont l’assise est iranienne avec soutien chinois et russe). La géopolitique internationale interétatisée s’est empêtrée malgré Dieu en absurde intermonothéisme et s’aperçoit en la géopolitique constitutionnelle canadienne et québécoise. Sous couvert de Dieu: l’absurdie théiste. De quel droit? En effet, Dieu n’est pas le théisme, surtout si aperçu se concevoir, comme tout concept, en s’incluant autant théisme qu’athéisme, selon l’accord/discord issu du cœur s’y fiant ou non. La laïcité québécoise se garde de l’absurdie théiste, pire, voire source d’athéisme. Le fait qu’elle se dégage de la catholicité et vise autrement l’universalité exige de tenir compte que le français, les mettant toutes deux en jeu (laïcité et universalité), n’est la langue maternelle de la population hors d’Europe, surtout de France, qu’au seul Québec, si minoré soit-il au sein du Canada et si en miroir y soit-il avec l’anglais ambiant, si pour mieux résister à l’aliénation et favoriser sa propre émancipation. Fait à prendre en compte, car seul apte à rendre pertinent tout droit, si un tant soit peu humain, à savoir jamais individuel que d’emblée social, a fortiori au ressort de toute constitutionnalisation s’en révélant si éminemment géopolitique à même sa sous-jacente géophysique. Un droit n’est jamais un droit, non en soi et en le présumant si individuel qu’individualiste, qu’en le rappelant humain, à savoir jamais individuel que d’emblée social, et donc, au gré de sa pertinence issue de ce fait. Droit humain onusien jusqu’en le canadien, surtout en regard du québécois? La langue: gardienne de la foi ? Si se fier se tisse socialement et s’humanise: rien n’est plus sacré que le lien social. Et si, émergeant de sa fantaisie, la raison se mesure à son tournant cynique et son horizon appelé à se gagner sur l’absurdie théiste s’y profilant et confinant au nihilisme matérialiste s’y générant, là où même Dieu exige au contraire de s’incarner, avec jusque les plus païens, si pour en être sauvé.


    1 Ambition, Affirmation, Action, Rapport du Comité consultatif sur les enjeux constitutionnels du Québec au sein de la fédération canadienne, 2024, p. 92.

    2 Ibidem, p. 52

    3 Le projet de loi de Québec Solidaire pour la réconciliation et la coconstruction législative et réglementaire avec les Autochtones est donc d’emblée à inscrire dans la même démarche pour la rendre conjointe et réviser ce qui a été si biaisé du fédéral au Québec depuis ladite Constitution de 1982 relativement à celle de 1867. Si les Autochtones ont voulu négocier et établir Vérité et réconciliation sur la base du rapport de leurs Nations à cette autre nation fort fédéralement étatisée à Ottawa, comment pourraient-ils le faire avec le Québec sans appuyer sa reconnaissance comme nation jusqu’auprès du fédéral l’ayant a contrario tant biaisée depuis 1982? Jusqu’en les droits en cause, il s’agit de rétablir la dignité humaine, jamais individuelle que d’emblée sociale.

  • Constitutionnaliser selon comment et de qui la société civile se constitue

    En ce sens, il est vraiment important de sonder, bien avant les intentions de vote électoral et autres, l’impact sur l’imaginaire collectif de savoir et faire savoir qu’une telle Constitution existe ou non et si elle existe, qu’un effort très sérieux y est fait pour élargir le consensus et y faire figurer les parties constitutives du Québec. Constitutionnaliser reflète-t-il ou non comment et de qui la société civile québécoise se constitue? Telle est la question. Et pour cela il faudrait penser à renverser l’approche usuelle: non pas espérer qu’il va y avoir un fort pourcentage du vote électoral, mais créer les conditions de ce plus large consensus JUSQU’EN L’IMAGINAIRE SOCIAL pour que ce pourcentage du vote électoral puisse vraiment avoir des chances de s’accroître, a fortiori celui de tout référendum, surtout s’il est souverainiste, sinon en exigeant de tout parti fédéraliste québécois qu’il clarifie sa position canadienne selon que trudeauiste ou sinon selon quel fédéralisme moins idéologiquement trudeauiste et forcené à l’encontre du Québec français. L’Alliance pour une Constituante Citoyenne du Québec (ACCQ) propose même un référendum pour l’adoption d’un texte de Constitution, ce qui laisse aussi entendre que la recherche d’un large consensus à son propos peut seule s’assurer d’un résultat probable. D’autres proposent aussi un tel référendum, mais sans et par d’autres voies que l’Assemblée constituante. La plus haute trahison serait qu’un parti libéral québécois accède au pouvoir en se mettant en tête de signer la Constitution canadienne et de court-circuiter autant l’effort d’une Constitution québécoise que de forcer encore plus à son propre encontre la volonté de la société civile québécoise pour la mettre à la merci de l’idéologie ethnoracialiste enreligiosante trudeauiste. Ce serait autrement plus grave que ce qui est présentement reproché à la CAQ en sa consultation parlementaire tardant à instaurer un plus large consensus pansocial, Autochtones inclus. Bref, la situation actuelle est difficile, mais il ne faut pas perdre de vue qu’elle peut empirer. Entre-temps, les principales critiques sont à prendre au sérieux: augmenter la légitimité (ne pouvant venir que d’un plus large consensus), préserver et même renforcer l’équilibre des pouvoirs entre eux (au lieu de les monopoliser en se tronquant de tout contre-pouvoir) et d’abord ne constitutionnaliser qu’en tenant compte comment et de qui la société civile québécoise se constitue si pour mieux y cerner la nation québécoise en cause, donc faire en sorte que le peuple québécois prenne conscience de lui-même et se reconnaisse dans ce qui lui est proposé, certes, mais aussi que ce soit cette reconnaissance de soi s’apercevant telle qui acquiert teneur juridique et non autre chose, ce sans quoi toute la démarche ne peut être valide. Cette conception de la nation s’impose depuis Bodin à la Renaissance.

    Il importe de ne pas reproduire et transposer les mêmes caractéristiques que celles de l’idéologie trudeauiste, de la Constitution canadienne de 1982, biaisant déjà la Constitution de 1867, en la Constitution québécoise. Réciproquement, une Constitution québécoise peut sembler de prime abord n’être que symbolique si instaurée avant la Souveraineté du Québec et en être à risque d’être subordonnée à la Constitution canadienne. Toutefois, la question est là: quelle Constitution canadienne? Celle de l’AANB de 1867 dont l’article 93 a pu être modifié et permettre un tout nouveau prototype quant à la façon même de pouvoir constitutionnaliser ou celle de Trudeau père qui s’est instaurée depuis 1982 sans et contre le Québec, voire d’autant contre le Québec que celui-ci peut rester à ne rien faire et uniquement à la subir jusqu’à son assimilation finale? Seule une Constitution québécoise semble pouvoir mettre en branle la Constitution de l’AANB de 1867 de sous la Constitution trudeauiste de 1982 et en rectifier les biais, si elle se rend viable et peut s’y mesurer. À moins que le Québec procède par son propre rapatriement unilatéral de la Constitution de 1867, comme Trudeau père l’a fait avec l’aide du ROC pour leur en renvoyer d’autant le problème que d’abord l’en délester de ses derniers relents monarchiques et du pouvoir royal s’arrogeant ladite primauté du droit (à sa propre sauce) selon une dite suprématie de Dieu (d’où l’absolutiser au fédéral et chercher à faire accroire qu’il n’y a aucune souveraineté absolue seulement dans le cas des Provinces, surtout du Québec usant de la clause dérogatoire).

    Il faut d’abord se dégager de l’opposition soi-disant totale se faisant contradiction en les termes mêmes d’une Constitution québécoise au sein d’une Constitution canadienne (si alors sous-entendue et présumée trudeauiste): « On peut cependant rédiger la constitution québécoise et envisager de faire appel au droit international au besoin pour l’appliquer »1. S’agirait-il d’instaurer un processus tablant sur une Assemblée constituante censée être d’autant représentative que composée de citoyens tirés au sort ou l’équivalent pour éviter tout noyautage par des gens au pouvoir ou y aspirant, surtout si à l’image de la lutte de pouvoirs menant à leur déséquilibre depuis quelque exécutif noyautant quelque capacité réglementaire, a fortiori législative, jusqu’à en forcer le droit ? Et si c’est pour être à une telle Assemblée constituante de hiérarchiser les pouvoirs? C’est risquer de recréer le même problème en miroir. La solution la plus simple et la plus efficace ne serait-elle pas de transfigurer le Conseil de la Constitution en une sorte de Sénat apte à moduler le pouvoir législatif entre et de l’exécutif au juridique et ce, selon une tâche comportant les trois axes précédemment signalés par lesquels s’assurer autant de se mesurer à la difficulté la plus cruciale qu’est le devenir trudeauiste du Canada, non plus seulement en lui étant si réactif qu’uniquement rétroactif, mais aussi proactif, que de l’incessant ancrage et apport de la société civile ? Et ce, plutôt que de reproduire en une telle Assemblée constituante le principal défaut des démocraties soi-disant représentatives, mais n’étant de fait que de représentationnelles mises en scène s’imposant en surplomb dès qu’élues et n’en faisant plus qu’à leur seule tête entre deux intervalles électoralistes, ce pourquoi les démocraties sont en train de s’affadir jusqu’en Occident, dont elles auraient inauguralement émergé, au profit de pervasives tendances autoritaires panplanétaires ? Tout est quasi déjà là : il suffirait de l’articuler en ce sens en même temps que d’ouvrir la démarche actuelle vers un plus large consensus pour se rendre viable (légitime, etc.).


    1 Mémoire présenté par André Huot, août 2024, p. 1.

  • Corollaire #2 : Ouverture à la société civile dès le sexe et la langue pour rétablir et assainir un droit civiliste distinct de la « common law »

    L’ouverture à la société civile doit se faire en y visant d’emblée l’égalité des sexes, si pour rétablir et assainir un droit civiliste universaliste se dégageant quadruplement du droit anglicisant dit « common law » :

    – par le droit à l’avortement comme droit inaliénable d’accès à ce soin de santé ET du même coup, aussi comme exemplaire droit civiliste et universaliste d’autant tout aussi inaliénable qu’irréductible à la « common law » anglicisante et à tout ce qui s’ensuit. Il est crucial que le projet de Constitution québécoise n’avorte pas sur cette question de l’avortement, à la façon du pro-choix en ladite pro-vie, elle aussi tronquée avec tout humain de sa teneur d’emblée sociale au profit d’une teneur si individuelle que rendue seulement individualiste jusqu’à ne plus que se collectiviser telle, ce qui revient à détruire l’assise du droit civiliste au profit de la « common law » et ne fait qu’entériner le biais de la Constitution de 1982, ce qui exemplifie aussi l’écart entre une République apte à adopter une telle loi (comme en France) et un Canada en jetant tout dans la fosse libérale.

    – selon des priorités féminines québécoises, sans les inverser et les aliéner à partir d’un profil de Canadiennes anglaises abusivement homogénéisant les laminant. De plus, il existe un tout autre sociosexoréférentiel relativisant le patriarcal par le féminin jusque du masculin (Morin, 2022)

    – selon des sociosexoréférents préservés dès la charge extralinguistique des expressions linguistiques au gré du français comme langue commune et officielle, sans aliénation anglicisante et au contraire, en tension dialogique à explorer telle relativement au bilinguisme officiel canadien que le trudeauisme fait autrement tant se décalquer des « official languages » en « langues officielles », donc de l’anglais au français, qu’en peser du sein de l’humain de ce qui en est individuel jusqu’en et à l’encontre de ce qui en est social au point d’en instaurer une forme patriarcale d’où se magnifier par ethnoracialisme enreligiosant l’en manipulant,

    – le tout d’autant en dialogue avec les peuples autochtones que par cette assise égalitaire affinitaire, mais à articuler et éclairer par les cinq facteurs de la vitalité sociolinguistique permettant d’opérationnaliser et de là, de valider la forge constitutionnelle québécoise à même sa réalité sociale, voire sociohistorique, et ce, en se mesurant au trudeauisme si asocial et anhistorique faisant tout dépendre de la seule immigration récente d’autant à contrôler que comme d’où tout reprendre et laminer en ce sens d’autant uniquement le plus récent et fort anglicisant que censé s’assimiler et dissoudre tout ce qui l’a précédé et dont dénier, au besoin renier, tout ce qui en perdure: le Canada provient de l’Autochtone, en l’occurrence du Huron, et a été recueilli tel par Jacques Cartier dans la région de Québec, puis il y a eu le Canada laurentien au cœur de la Nouvelle-France et enfin, seulement ensuite, de la Conquête à nos jours, le Canada de l’AANB qui, en se trudeauisant, a créé le fossé toujours plus béant entre le Fédéral et le Québec et ce, d’autant constitutionnellement que par un total déséquilibre des pouvoirs de l’exécutif via le législatif au juridique d’où encarcaner d’autant la société civile que de droit civiliste, à savoir québécois. Les députés fédéraux qui demandent qui protégera le Québec s’il devient souverain face aux Etats-Unis trumpiens, devrait plutôt se demander qui le protège dès maintenant du Canada si persévérant à être trudeauiste et en voie de n’être carneyiste qu’en train de marginaliser encore plus le français, d’abord et avant tout le Québec français (même si une bonne partie de sa population lui a permis de gagner la dernière élection, mais sans voir jusqu’à présent aucun changement significatif des Trudeau à Carney).

    Soyons clairs: le Fédéral est-il un tant soit peu apte à s’accorder avec le Canada anglais en vue de l’en faire s’émanciper des États-Unis, surtout depuis que trumpiens, sans que ce soit en parasitant et empêchant toute émancipation du Québec, de sa culture à sa langue, surtout si selon un dit ministère d’identité et culture canadiennes dorénavant censé s’intégrer jusqu’au bilinguisme des langues officielles, en français, mais qui seraient reconnues autrement que comme décalques des « official languages », de part en part anglais et anglicisants au point de ne plus que s’assimiler tout Canadien, en français, au Canadian? Notons que, en français, les syllabes s’en prononcent d’une façon plutôt étale, et avec une accentuation de la syllabe finale (l’éventuelle élision de voyelles visant à faire se fusionner maints mots comme en un seul, par exemple quellaventurabracadabrante). Se révèle une facette importante de ce qui perdure de la France jusqu’en sol québécois. Par contre, en anglais, il n’y a pas une seule syllabe qui s’accentue semblablement à l’une des autres. Même les syllabes du mot censé énoncer leur identité sont toutes si individuelles qu’individualistes au point de ne se collectiviser que telles, à l’image de la façon dont la Constitution canadienne de 1982 a été rapatriée. La façon de s’articuler entre nous, au sens social, va s’y perdre en la façon de s’articuler phonosémiquement, donc langagièrement, de façon si individuelle qu’en tout et partout individualiste. Le Canada d’un Canadian peut être tel (selon trois « a » dont aucun n’est prononcé de la même façon qu’un autre), mais ce ne peut pas être le cas du Canada d’un Canadien, si vraiment français1, du moins pas sans vouloir le plier à quelque homogénéisation identitaire d’État fédéraliste trudeauiste, en voie d’être carneyiste, et l’en aliéner. D’où pensez-vous que sort la pression de l’anglicisante « common law » sur le francisant droit civiliste universaliste ? Ce n’est dans aucun texte, si juridique soit-il, mais dans la manière de le constituer en mettant l’oral par écrit, ce qui est bien plus culturel que linguistique et ce, jusqu’en ce qui s’en porte au langage, tant l’extralinguistique socioréférentiel y prévaut. De là, bilinguisme officiel, dites-vous? Sans sa charge extralinguistique et au point d’y occulter quelque culture mise en jeu au moment de s’énoncer, et ce, en la laminant en sa teneur sociogénétique au profit de sa seule teneur multiculturaliste ethnoracialiste s’enreligiosant telle, surtout depuis que constitutionnalisée de façon trudeauiste en 1982? Très littéralement, « La Loi sur les langues officielles au Canada et les politiques qui en découlent ne fait que contribuer au phénomène d’anglicisation (Beaulieu, 2023) »2. C’est s’empêcher d’y remédier que de ne pas exiger de l’en réviser depuis une approche originaliste l’abordant au moins depuis la Constitution de 18673. Or, le trudeauisme tient à inverser le rapport entre culture et langue pour occulter que la langue est une part et non toute la culture et, une fois le tout ainsi métonymisé et inversé, que la culture peut se faire en retour chambre à écho de la langue (par l’extralinguistique dont jusqu’à la linguistique est chargée et qui l’en dote d’un socioréférentiel l’ancrant dans le réel et l’y faisant si inversement s’opérer selon que francisant/anglicisant, mais s’occultant en un ministère d’identité et culture canadiennes). Surtout lors de l’immigration et a fortiori si ethnoraciale (sans être toujours virée en ethnoracialiste, selon qui monopolise et accuse d’ethnoracisme sur le mode trudeauiste) et enreligiosée, « Il n’est pas suffisant de faire apprendre la langue sans la connexion avec la culture de la société d’accueil »4. Si ce n’est par trudeauisme qui au contraire l’en déconnecte et inverse leur rapport, en cherchant à persévérer en son être par lequel s’avérer autant intransigeant qu’irréformable5? Certains hurlent au scandale quand je fais remarquer que l’unitrinitarité chrétienne de Dieu, sous forme du Filioque catholique, du Père en Fils avec qui spirer en un même Esprit-Saint, semble se poursuivre jusqu’en les Trudeau, aussi de père en fils, mais peut-être pas en esprit si sain que cela et ce, d’éternel en temporel, faute de s’assainir en son propre processus d’idéation jusqu’en sa logique, au lieu de seulement tout enrayer et faire se braquer en idéologie d’où tout réifier jusqu’en la réalité. Il ne s’agit pas tant de ma part d’une parodie que d’une mise au jour que le cynisme issu de modes de pensée fort religieux peut très bien prendre des visages qui s’affichent et font accroire qu’ils sont laïcs, alors que préservant constitutionnellement tout au contraire la suprématie (ainsi biaisée) de Dieu et y alignant toute primauté possible (tout aussi impérialiste) du droit. Kant était déjà très explicite à cet égard en sa Critique de la faculté de juger, en soulignant jusqu’à quel point notre raison trouve en une telle religion et s’en approprie ce qu’elle aurait pu et dû trouver d’elle-même (non en faire un tel prétexte impérialiste), tant Dieu s’éprouve et qu’il n’est pas aussi nécessaire de le prouver (et l’imposer). D’où une laïcisation de ce que mes récents livres (de 2022 à 2026) font remonter à la Renaissance et illustrent par maints autres semblables développements s’en effectuant depuis lors6. Ça s’est appelé Modernité, sinon en refluant, autodépassement postmoderne d’autant amené à revenir à ses propres sources remontant à la Renaissance que les voyant resurgir de partout et l’en hanter. C’est pour cela que la tension entre religion et laïcité s’exacerbe comme fer de lance des grands filtres idéologiques. Celui qui prévaut en Amérique du Nord est le PWASP: aux États-Unis, il prend forme de trumpisme néosioniste, au Canada, de trudeauisme, en voie d’être carneyiste. Il ne s’agit pas d’un accident de parcours, mais d’une lame de fond, d’autant fort impérialiste que voulant spolier jusqu’à Dieu de la hiérarchie pour se l’approprier et l’imposer. D’où le refus de laisser autant les gens que le monde qu’ils habitent s’autonomiser, ce pourquoi ceux-ci ne peuvent y parvenir qu’en y résistants, si pour s’émanciper. Et c’est bien ce que craignent des organismes comme l’Institut du Nouveau Monde que le projet de Constitution québécoise, auquel être pourtant favorable, reproduise tout au contraire le trudeauisme jusqu’au sein du Québec par manque d’enracinement dans la société civile et dans ses besoins réels, au point de s’amplifier en manque de participation citoyenne et de pouvoir de faire amender, voire contester, au point de s’en trouver tant biaisé à la source qu’encarcané tout du long en un dédale juridique sans fin, sinon aboutissant encore et toujours, si y parvenant, au même cul-de-sac. Amnistie internationale parle même d’un manquement à une responsabilité fondamentale de garantir à toute personne, sur son territoire, l’ensemble des droits humains. Que devient l’humain, jamais individuel que d’emblée social, s’il est pour y avoir des droits dits humains? Y a-t-il un seul État qui soit apte à vraiment aborder sa population, a fortiori son peuple et toujours plus encore si par surcroît sa nation, autrement que comme citoyen à tronquer du civique jusqu’en le civil. Il n’y a qu’un pas de réduire le civil au seul citoyen à le réduire aussi et surtout au seul individu en cause, lui-même à rendre si individualiste qu’à d’autant ne plus lui permettre se collectiviser que tel, donc pour ce faire, à se débrancher et délester de sa teneur sociale, au mieux annexe et dérogatoire ? Or, la France et, de là, le Québec français, comme l’illustre le droit civiliste d’emblée de tendance universaliste dont il a hérité et qu’il a adapté à sa façon, ne peuvent qu’en souffrir plus que tout autre, car en tout humain, si se francisant, le social enveloppe d’emblée l’individuel, aucunement tout à l’inverse, s’y réduit au point de se l’en dé-/re-composer depuis là jusqu’au point et à risque de se confondre avec l’individualisme pur, comme peut y être porté l’Anglais, dont sa « common law ». Des droits humains totalement en miroir les uns les autres par cette bascule si inverse au sein de tout un chacun entre ses deux versants, individuel et social ! Sans tenir compte de cette donnée fondamentale, comment peut-il y avoir une loi fondamentale que serait la Constitution québécoise, surtout dans le contexte d’une Constitution canadienne trudeauiste de 1982 jetée en travers et au détriment de celle de 1867? Peut-il n’y avoir que l’ombre d’un dialogue autrement que totalement de sourds entre le Québec et le Fédéral tout entier sis sur le ROC, non seulement Rest Of Canada, mais aussi et surtout « Pierre ! Tu es Pierre et sur cette pierre, je bâtirai mon Église », bien sûr sous façade d’État de droit. Mais primauté du droit (royal, monarchique, transposé en État si pseudo-fédéral que tout au contraire unitaire ?) à son tour sis sur la suprématie de Dieu. Très littéralement, ça prie plus que partout ailleurs au Parlement d’Ottawa, malgré la Cour Suprême qui ne peut y intervenir qu’en allant au contraire voir ailleurs, comme en certaines municipalités qui s’y sont essayées et qui, elles, ont pu être rappelées à l’ordre. Comment la fantaisie (ou imagination productrice), si humainement entraînée en son propre corps par lequel s’en avérer individuelle, peut-elle laisser jaillir et se dégager d’elle-même ce qui la fait à et même en l’Image de Dieu, seule parfaite par le Fils engendré du Père y trouvant à spirer en Esprit-Saint? Sinon, avec Kant, comment la raison peut-elle s’en approprier la teneur, si religieuse soit-elle, comme ce qu’elle aurait pu et dû trouver d’elle-même, si pour être laïque? Hormis les mœurs et l’exigence pour tout un chacun du respect d’autrui, manque à Kant le social comme tel, d’où s’aperçoit d’abord le Tout Autre débordant l’individuel en tout humain et que c’est de là qu’il peut s’y dire Dieu et ce, d’autant chez tout un chacun à titre plus individuel que le révélant à lui-même inapte à prendre directement conscience de soi et n’y parvenant que plus indirectement par une telle instance médiatrice en laquelle d’abord s’exhausser comme d’où pouvoir s’exercer. Une telle conscience d’emblée humaine, à savoir jamais individuelle que d’emblée sociale, voilà ce qu’évacue foncièrement la trudeauiste Constitution de 1982 et tout le relent de pouvoir royal y perdurant en arrière-fond de ladite primauté du droit renvoyant à son tour à la suprématie de Dieu, mais Dieu présumé pouvoir s’imposer à sa seule sauce et à son propre profit hypercentralisateur, plutôt qu’aperçu ainsi incessamment émergeant, jusqu’en ses âme et conscience, à soi-même sans s’en faire d’emblée aliéner.


    1 Avant de s’imposer à son tour, l’anglais a emprunté au français lors de la conquête normande. Ce qui reflue du français à travers ce que l’anglais lui a emprunté est le plus souvent métonymisé. Par exemple, le mot français malle devient en anglais mail en glissant du contenant permettant de transporter les lettres au contenu que sont les lettres. Il y a une différence de rythme entre français (distinguant les syllabes de façon étale et mettant l’accent tonique sur la dernière, quitte à élider des « e » et faire fusionner des mots comme un seul, dont quellaventurabracabrante) et l’anglais (les distinguant moins bien et regroupant certaines en abrégeant leur rythme d’ensemble relativement à une autre plus longue, dont CHOC-late, perdant une syllabe). https://www.learnenglishsounds.com/fr/blog/sons-francais-vs-anglais-comparaison-complete. La relation phonomorphémique constituant la double articulation inhérente au langage (espèce) en toute langue (sociale) jusqu’en toute parole (individuelle) est donc inverse entre français et anglais. Le français fait se distancier dès et jusqu’en l’oral de la phonétique vers le morphémique et s’en élever vers la vue, comme en l’écrit, mais vue plus généralement opérante de physique en mentale, là où l’anglais est si variable en sa phonétique que s’y infléchit jusqu’au morphémique. Mieux le cerner fait progresser le questionnement, ce qui peut impliquer de revoir aussi les réponses, en différant les réponses anciennes en voie vers les réponses nouvelles. Comparons leur phonétique internationale: en français, Canadien /kanadje/, Londonien /lɔ̃dɔnjɛ̃/, Étatsunien: /etazynjɛ̃/; en anglais, Canadian: [kəˈneɪdiən]. Le « ien » à la fin de Canadien est d’autant plus nasalisant en son « n » relativement au « ian » à la fin de Canadian, que s’y magnifie le « i » en train de se fermer. S’il existe en anglais, « le degré de nasalité sur les voyelles est variable, mais cette propriété phonétique vocalique ne sert pas à distinguer des items lexicaux ». « Le nom Canada est prononcé [kanada] en français québécois standard, mais [kanadɔ] en français québécois populaire, ce que l’on transpose [kanada] en français hexagonal standard, dans lequel la distinction entre les phonèmes /a/ et /ɑ/ est généralement perdue. En anglais, la prononciation [ˈkænədə] ou [ˈkænədeɪ] est généralement employée. » Voir Wikipedia.

    2 Mémoire de la SJB, septembre 2024, p. 3.

    3 « Tel que le démontre Jesse Hartery, une lecture attentive de la Loi constitutionnelle de 1867 révèle que le rôle des provinces en immigration – et en agriculture devrait être vu comme primordial, malgré la jurisprudence actuelle, qui date du début XXe siècle, et qui accorde à Ottawa les pleins pouvoirs migratoires. Il faut remonter à l’intention originelle des auteurs de la constitution, qui a été dénaturée par la magistrature fédérale ». Mémoire présenté par Léo Dupire, Préserver l’âme du Québec: immigration, autonomie, identité nationale, septembre 2024.

    4 Mémoire présenté par la SNEQ, Société Nationale de l’Est du Québec, 6 septembre 2024, p. 7. Allez donc demander à Mark Carney et à Marc Miller comment cela peut s’articuler depuis leur Ministère Identité et Culture canadiennes censé s’inclure ledit bilinguisme officiel… à l’encontre du français langue commune et officielle du Québec ? À l’image de la Constitution de 1982 pesant de l’individualiste « common law » sur le droit civiliste québécois? Comment articulent-ils les deux: deux voies séparées en entonnoir?

    5 Mémoire présenté par Ruba Ghazal, députée de Mercier pour Québec Solidaire. Je reprends ce qu’elle dit en être irréformable à partir de son observation de maints résultats étant autant de néants, mais je l’ancre en sa source et j’insiste sur son processus qui, mis au jour, pourrait permettre d’inciter à changer aussi ses effets, dits résultats, s’avérant si nuls, sinon à mieux s’y mesurer plus proactivement, ne serait-ce que d’une façon plus autonomiste, même si ne pouvant être pleinement souverainiste jusqu’à l’indépendance pleine et entière, sans prétendre pour autant pouvoir y sauter (du néant à son propre être) d’un coup, si non possible et comme si se le faisant pourtant accroire advenir par miracle. Par ailleurs, en philosophie, persévérer en son être s’appelle le conatus, de Ficin à Spinoza, à moins de ne plus tant en éprouver que d’en faire avec Descartes, par le constat de la durée de sa propre existence, une ultime preuve de l’existence de Dieu qui la maintient et dont la suprématie est aussi retenue par la trudeauiste Constitution de 1982.

    6 Autre exemple renaissant: Vitoria. En examinant la tension entre l’Espagne et le Nouveau Monde et en débattant de la Politique d’Aristote pour qui l’esclavage est une servitude naturelle face au droit naturel de domination des forts, il insiste plutôt sur une sociale tendance à la vie en commun faisant d’autant y consentir et adhérer volontairement par projet politique que s’en autodéterminant, selon une égalité juridique des peuples à y procéder et une gouvernance s’y conformant (aucunement l’en colonisant et asservissant en se la conformant selon un entonnoir métonymiquement inversant). Voir Eduardo Andujar, De la nature et par la volonté de l’histoire, dans C. Bazan, E. Andujar, L. G. Sbrocchi, Les philosophies morales et politiques au Moyen-Âge, Actes du IXe Congrès international de Philosophie Médiévale, Ottawa, du 17 au 22 août 1992, pp. 1401-1419.

  • Corollaire #1: Consultation parlementaire, de juridique à sociale

    La consultation parlementaire, initiée par la CAQ, peut s’ouvrir à des instances de la société civile. Y avaient incité les deux principaux auteurs (Guillaume Rousseau et Sébastien Proulx) du projet de Constitution du Québec qui l’ont initialement élaboré pour l’Assemblée nationale. Elle pourrait pallier le principal défaut lui étant reproché (et qui l’a sans doute fait mourir au feuilleton en juin 2026), à savoir n’en débattre qu’à ce niveau restant uniquement juridique et à saveur politiquement orientée, par sa position de contrôle de tout le parlement jusqu’à l’élection à l’automne 2026. Pour s’assurer d’une plus large participation, certains voient une Assemblée constituante (dont Québec Solidaire y persistant en vue de l’élection de 2026). Cependant, le constitutionnaliste André Binette a souligné ses dérapages en d’autres pays, sans parler de tout ce qui du droit n’est pas nécessairement écrit et qu’il faut prendre en compte. La grande illusion est de penser que ce que l’on dit correspond pleinement au réel, alors qu’il s’emplit et véhicule tant de non-dits, a fortiori de non-écrits, l’en trouant jusqu’en ses références au réel. Les pires incompréhensions jaillissent des ressacs issus de tout ce qu’en fait rebondir le réel, comme autant de refoulés faisant retour et venant hanter, sur le mode de fantômes. Toute fantaisie (imagination productrice) est prise entre ses fantasmes faits désirs/craintes du réel et ses fantômes lui en revenant. L’imaginaire peut tant conditionner toute idéation jusqu’en sa logique que la faire s’enrayer, figer et braquer en idéologie. La communication est une chose délicate, a fortiori sa teneur mentale en toute pensée aux prises avec l’imaginaire sous-jacent jusqu’en le réel au moment d’en dire quoi que ce soit. Méconnaître ce fait, c’est risquer de faire des relations humaines, non plus ce par quoi s’enrichir, surtout si mutuellement, mais le lieu des pires crises et conflits. Sous cet angle, le principe de l’égalité femme et homme mérite une attention particulière pour ne pas l’en fossoyer alors que prétendant le promouvoir. Il faut en considérer au moins deux trames sociales majeures.

    -Le principe de l’égalité femme et homme: deux trames sociales

    a) Femme et avortement, sociodémographie, matricentrisme autochtone

    Maintes femmes demandent de ne pas compromettre l’accès à l’avortement en tant que soin de santé en prêtant flanc, par une loi constitutionnelle supralégislative, à des contestations anti-pro-choix se disant pro-vie et n’acceptant d’autre vie sociale que rendue purement annexe et dérogatoire, à la façon de la Constitution canadienne trudeauiste. Une fois encore, on aperçoit l’écart entre l’hégémonie de l’anglicisante « common law » et le droit civiliste qui, en France, a permis à Simone Weil de faire prévaloir de façon tout au contraire universaliste le droit à l’avortement. Droit civiliste que le Québec véhicule aussi. De fait, l’idéologie trudeauiste ethnoracialiste enreligiosante est d’abord un patriarcat tronquant l’humain de sa teneur sociale au profit de sa teneur si individuelle qu’individualiste s’accordant d’emblée d’autant avec l’hégémonie de l’anglicisante « common law » que s’en collectivisant tel et oblitérant toute teneur d’emblée sociale universaliste. Là plus qu’ailleurs, on aperçoit pourquoi et en quoi le trudeauisme veut refuser au Québec toute autonomie plus qu’à toute autre Province au profit de son fédéralisme centralisateur, voire unitaire.

    D’autre part, un sondage Léger illustre l’articulation inverse d’ensemble entre les Québécoises (se définissant d’abord femmes, puis conjointes et enfin mères) et les Canadiennes anglaises (d’abord mères, puis conjointes et enfin, femmes). Ceci affecte l’émergence et l’ampleur prises par un mouvement social féministe, le québécois étant « certainement celui qui a eu le plus de succès pour influencer les politiques publiques et lutter contre les inégalités: centres de la petite enfance, régime d’assurance parentale, équité salariale, perception obligatoire des pensions alimentaires, maintien du nom après le mariage, accès à l’avortement (le Québec représente à peine plus de 20% de la population canadienne, mais 50% des points d’accès à l’avortement de tout le pays s’y trouvent), sont toutes des mesures qui font du Québec un des États au monde où les inégalités hommes-femmes et les inégalités sociales sont les moins grandes2. La famille s’est remodelée en passant d’un patriarcat de rôles dits complémentaires et pourtant inégaux en fonction d’une paternité prévalante à une parentalité mettant d’emblée à égalité les conjoints jusqu’en leurs relations avec leurs enfants. L’État s’en redéfinit depuis une telle assise institutionnelle à la base de toutes les autres (dont l’école, le travail -donc l’économie- et la politique) et ce, en l’apercevant d’autant humaine que non pas tant seulement individuelle que d’emblée aussi sociale, de microsociale à macrosociale, à l’inverse de ce qu’en impose autrement la Constitution canadienne trudeauiste de droits et libertés si individuels qu’individualistes et jamais collectifs, a fortiori sociaux, qu’en clause annexe et dérogatoire d’où les manipuler toujours plus à rebours et à rebrousse-poil et les mettre en voie vers l’assimilation ultime du fait français s’en trouvant toujours plus dénier, voire renier. Vouloir faire se modeler les Québécoises sur les Canadiennes anglaises, au point d’inverser leurs priorités et tant écarter leur priorité d’être d’abord femme, via celle d’être conjointe, si pour être par ailleurs mère, au profit d’une pression les faisant plutôt d’abord mère, va directement contre l’égalité québécoise entre femmes et hommes, surtout si via le biais de la question de l’avortement en vue de la biaiser au point de la faire se plier à l’anglicisante « common law » d’où l’en contester au détriment d’un droit sociopolitique et juridique civiliste d’emblée universaliste3. Son contexte sociodémographique sociopolitiquement global du ratio natalité/mortalité est modulé par immigration/émigration et surtout par la distribution des pouvoirs visant sa gestion débattue entre le Fédéral et le Provincial dans le contexte panplanétaire d’une croissance populationnelle sociodémographique toujours plus sous pression par sa propre masse et source de pression environnementale technologiquement démultipliée problématisant lesdites chaînes d’approvisionnement au ressort de quelque capacité productive que ce soit et de quelque marché s’ensuivant et menant uniquement en bout de parcours à la consommation (se voulant d’autant instantanée que sous pression croissante du moment présent censé en être toujours plus marqué par l’urgence). On s’en aperçoit, le tout engage d’emblée les Devenirs constitutionnels canadien et québécois, mais les problématise en les contextualisant. Se révèle leur sens.

    Il faut aussi garder à l’esprit le problème des croyances performatives, à savoir des croyances qui affectent nos décisions et actions autant personnelles que collectives, mais trop souvent sous la forme d’incitations perverses, au sens de provoquer l’effet inverse de celui affiché promu, voire de provoquer soi-même et si malgré soi cela soit-il ce qui est reproché à d’autres. Que l’on pense au trudeauisme prétendant parvenir à une croissance sociodémographique en cherchant à noyer et à déstructurer toute natalité propre par une immigration la submergeant et en disloquant tous les services (logement, etc.), faute d’y veiller aussi du même coup. René Lévesque résumait: le fédéral noie le Québec, le Québec enregistre la noyade. Cette manipulation fédérale éhontée désintégrant la composition sociale atteint d’abord, aussi et surtout tout humain en sa dimension sociale au profit du seul individu individualistement considéré et collectivisé tel. Une telle immigration est d’autant exogénément (fédéralement) massifiée et densifiée au besoin que faite arme d’attaque, à l’image de la trudeauiste Constitution de droits et libertés si individuels qu’individualistes avec toute teneur sociale annexe, dérogatoire et rendue plus aisément manipulable.

    À l’inverse, un gouvernement peut vouloir agir sur la sociodémographie en privilégiant la natalité relativement à l’immigration. S’il se base sur ladite théorie du déficit informationnel, comme en Corée du Sud, il peut se faire accroire y remédier par une politique axée sur l’individu et investir pour financer des allocations familiales, procréations médicalement assistées, services de transports vers garderies en dehors des horaires d’écoles ou encore des primes aux entreprises proposant des solutions pour la garde des enfants, voire parfois à la naissance. Or, ce qui a eu le réel effet recherché a plutôt consisté en une intervention systémique socialement constructive consistant à investir dans le développement de lignes de train, dès qu’ayant identifié ce paramètre jusqu’alors ignoré: les difficultés de transport, une fois réglées, ont fait passer le temps de trajet des habitants de la banlieue travaillant au centre-ville de 80 minutes en moyenne à seulement 20 minutes, de sorte que cette meilleure condition de vie, elle, a contribué à l’accroissement des naissances4. Les injonctions paradoxales exigeant intentionnellement une chose et restant aveugles au lieu de s’ajuster aux conditions réelles de vie ont des effets limités, si ce n’est inverse à ceux recherchés, a fortiori si se faisant accroire qu’il s’agit d’une résistance au changement et qu’il faut le forcer, selon le même type d’effort tout aussi intentionnellement déconnecté de la réalité. Le vivier idéologique par excellence en jaillit lorsqu’en surgit un problème de cohérence systémique instaurant une dysharmonie « entre principe et action, entre discours et politique menée »5. L’illustre le fédéralisme bancal issu du trudeauisme, d’abord et avant tout ce qui s’en est constitutionnalisé d’autant sans et contre le Québec qu’en tronquant tout humain de façon si individuelle qu’individualiste que tout ce qui en est collectif, voire social, n’advient plus uniquement qu’en clause annexe et dérogatoire. Jusqu’à la « common law » est censée gruger de sa propre teneur si fortement jurisprudentielle, jusqu’au sein du Québec, le droit civiliste au contraire universaliste. Surtout si l’on considère que le cerveau humain est un organe dont les états biologiques sont corrélés avec un ressenti (affect, feeling en anglais) qui est communicable, par tout un chacun pouvant exposer ce qui s’en sent à autrui le lui demandant au point de le leur rendre concevable à tous deux et d’en être tant proprement aptes à affectivement pressentir et cognitivement prédire qu’à préparer à l’action. Surgit une heuristique qui peut sembler approximativement efficace, mais ne l’est véritablement que si s’éveillant plus pleinement à la réalité en s’y ajustant et s’y adaptant. Non en tronquant jusqu’à son éveil et en forçant depuis une idéation biaisée jusqu’en sa logique, donc par pure idéologie, jusqu’au réel à lui rendre conforme en le réifiant selon ce qui s’y prête et en en refoulant tout le reste.

    Le tout s’effectue et varie selon cinq facteurs de vitalité non tant ethnolinguistique que sociolinguistique statut, sociodémographique densité, complétude institutionnelle, hiatus constitutionnel s’en trouvant ou non aménagé autant entre les Constitutions canadienne et québécoise qu’entre langue et éducation (selon et depuis l’article 93 de l’AANB de 1867)6 et enfin, la respective régulation ou non de la translation intergénérationnelle s’ensuivant en la société civile, dont différer le moment d’avoir des enfants pour s’assurer de conditions permettant que ce soit en français. Plus risque accru de rupture intergénérationnelle lors de la période critique des 15-35 ans faisant passer de la famille de provenance, via l’école, au travail et à la politique au ressort de quelque éventuelle nouvelle famille alors et seulement alors rendue viable et risque d’inversion la pyramide des âges si plus d’âgés que de plus jeunes parlent français, donc risque d’un vieillissement prématuré sociopolitiquement généré par assimilation linguistique, comme y tend encore l’ethnoracialisme enreligiosant trudeauiste par la Constitution canadienne de 1982. Faut-il rappeler que le taux de bilinguisme officiel ne se maintient au Canada que par sa croissance au Québec compensant sa décroissance dans le ROC ?

    On s’en aperçoit: les cinq facteurs de la vitalité sociolinguistique sont nécessaires à toute opérationnalisation possible de quelque politique que ce soit, d’abord et avant tout constitutionnaliste, puisque le 4e facteur, à savoir le hiatus constitutionnel pancanadien ne perdurant qu’en se radicalisant de l’AANB de 1867 à la Constitution de 1982 encore fort prévalante en 2026, conditionne les trois premiers facteurs (autrement à risque d’être réduits de sociolinguistiques en ethnolinguistiques) et impacte directement le 5e, à savoir la façon dont se sociogénère et se cultive la société civile. Du moins, si la culture, dont sa transmission par l’éducation, en particulier scolaire, est aperçue et reconnue en sa teneur sociale s’intégrant plutôt que se faisant réduire et laminer par l’ethnoracial enreligiosant trudeauiste à partir d’humains tronqués d’être d’emblée sociaux au profit de leur seule teneur individuelle radicalisée en individualiste dite se collectiviser telle.

    Sans parler de maints autres facteurs qui s’y intègrent et qui sont liés aux trajectoires de vie en leurs articulations aux institutions en cause (3e facteur) par lesquelles s’en sociogénèrent et s’en cultivent (sans indûment s’en ethnoracialiser à la façon trudeauiste): soif d’épanouissement personnel; conditions de vie, dont les conditions sociales faites aux individus (mais qu’ignore le trudeauisme) et les conditions économiques plus ou moins temporellement appropriées (le kairos grec, timing anglais, moment opportun se cernant de l’italien au français lors de la Renaissance, etc.) les en facilitant/contraignant d’autant; le temps plus ou moins allongé pour se trouver un travail stable. Surtout en tout début d’insertion sociale par le travail, ce qui touche fortement les jeunes et donc la tranche temporellement première des 15-35 ans (en plein milieu du lien intergénérationnel au sein du 5e facteur de vitalité sociolinguistique et si non bien étayé, menant à la rupture entre les plus jeunes et les plus âgés, donc en voie, ainsi de sociale à individuelle, vers l’assimilation).

    Un autre point s’y ajoute: le sociosexoréférentiel extralinguistique pèse jusqu’en l’expression linguistique. Risque de l’occulter le bilinguisme officiel trudeauiste en présumant une symétrie pseudo-équivalente, alors que très souvent au contraire totalement inverse entre français et anglais. Au sens linguistique, l’article neutre anglais, autant défini qu’indéfini, s’impose au non neutre jusqu’en biologie, tout à l’inverse du français: the man/the woman, a man/a woman versus l’homme/la femme, un homme/une femme. L’anglais, porté à donner « gender » pour « sex » et en neutraliser la culture et l’assimiler à sa seule biologisation (male/female), n’a pas de système pour distinguer le genre linguistique, à savoir le masculin et le féminin, à partir de l’article, autant défini qu’indéfini, sauf s’il se fait plutôt adjectif, en est possessif et se personnalise: his wife/her husband versus sa femme/son mari, si ce ne sont his wife/her man versus sa femme/son homme. Archicrucial: en anglais, le neutre est au ressort du « gender », lequel s’en prétend d’autant uniquement socialement construit, à la fantaisie de tout un chacun ET selon l’autre des deux d’où le possessif le ressaisit tant d’emblée en son miroir, qu’il s’en trouve totalement déconnecté du sexe propre, dès lors censé s’en réifier et s’y conformer. L’inversion référentielle extralinguistique révèle la réalité surgir totalement en miroir entre anglais et français: l’anglais ne dit her wife, his husband ou her wife, his man que si le genre de la personne conjointe est inverse, dès le cisgenre jusqu’en LGBTQ+, ce qui est tout au contraire déjà inclus pour tous en les expressions françaises sans les changer, car l’adjectif possessif et l’article s’accordent habituellement en genre et en nombre avec le nom (substantif): tous peuvent dire et disent, en leur condition propre de vie et selon leur situation, sa femme, son homme. Sous l’adjectif possessif, le véritable enjeu est le sentiment d’appartenance ou non, à savoir le nomos ou l’anomie (surtout si au sens durkheimien), tissant ou non le lien social et ce, jusqu’en et en regard de tout ce qui peut s’y articuler par des articles défini ou indéfini, lesquels sont non neutres en français et au contraire neutres en anglais. Or, « quand j’utilise le genre comme variateur du contenu sémantique d’un mot (la cave/le cave), cette opération ne résulte en aucune façon d’une élaboration préalable de l’activité cognitive: elle est une possibilité inhérente au système du français » (…) « à partir d’un mécanisme dont personne n’est responsable »7. Possibilité absente dans le système linguistique de l’anglais… sauf en sa part possessive d’emblée extralinguistiquement seulement indirectement personnalisante selon le sexe, lequel n’est biologique (male/female) qu’en faisant du même coup confondre sa dimension sociale avec le genre (« gender »), là où le français persiste à accorder le possessif avec le substantif selon le genre linguistique chez toute personne, de quelque sexe soit-elle et dès lors libérée socialement jusqu’en sa pensée quant à tout genre extralinguistique, dès ledit cisgenre et a fortiori la mouvance LGBTQ+. Par exemple, il est possible de dire « sa femme » autant de la femme d’un couple hétérosexuel dit cisgenre que de toute femme d’un couple lesbien, d’où l’universalisme, là où l’anglais les y opposent par les respectifs « his wife » et « her wife », d’où l’individualisme, certes, mais on s’en aperçoit, tel que s’imposant depuis l’autre individu en cause, donc toujours indirectement. Les droits si individuels qu’individualistes anglais valent plus pour certains individus que pour d’autres. L’illustre l’inversion étatsunienne trumpienne réimposant les Tradwives en accord avec Project 2025 et à l’encontre de la sociogenrance autrement LGBTQ+ ayant cherché à s’en démarquer. Si l’anglais aliène le français, il lui faut l’atteindre en sa liberté mentale d’emblée sociale et universaliste. Tout s’effectue de la même façon que les droits individuels (mais inversement constitués à partir de l’autre individu) prévalant, en anglais, et que les droits d’emblée sociaux et civilistes jusqu’au point d’en être universalistes chez tout un chacun, si individuellement considéré puisse-t-il éventuellement être, en français.

    Et Droits collectifs du Québec pourraient demander si c’est pour cette raison d’une pression extralinguistique jusqu’en la linguistique par laquelle devoir énoncer le juridique que la Cour suprême du Canada refuse d’entendre, non seulement la cause du rapatriement unilatéral de la Constitution canadienne sans et contre le Québec, voire en dénaturant la Constitution de 1867, mais aussi l’exigence de traduire ses anciens jugements entre et de la Constitution de l’AANB de 1867 à l’essor trudeauiste ayant mené aux langues officielles de 1969, d’où s’est forgée la Constitution de 1982. Éclaterait au grand jour le caractère fallacieux du bilinguisme officiel canadien trudeauiste et son arbitraire total face au français comme langue commune et officielle du Québec, mais surtout quant au déséquilibre trudeauiste des pouvoirs depuis l’exécutif jusqu’en le législatif et enfin, le juridique sous lequel encarcaner outrancièrement le fait français jusqu’en la société civile en l’y affligeant d’avoir à se battre toujours à rebours de ce qu’il y est, pour ne plus que l’y plier à l’idéologie ethnoracialiste enreligiosante trudeauiste si pervasive. S’y ajoute le déséquilibre fiscal qui augmente de façon artificielle et abusive le pouvoir fédéral de dépenser et qui empêche aussi du même coup les Provinces de financer adéquatement la croissance des coûts de leurs services publics8. Il serait crucial d’y porter une très grande attention en santé et éducation scolaire. Santé physique, biologique et mentale, si éminemment concernée par toute cette sociolinguistique différentielle et en grande partie si inversement opérante entre français et anglais, a fortiori selon les conditions de vie socialement en cause. Éducation scolaire, jusqu’en les programmes portant sur la culture, éminemment en cause, le sexe versus le genre et enfin, la citoyenneté, mais via le civil-donc la société civile, depuis le civique, par ces différences culturelles sociolinguistiquement mises en jeu auxquelles s’éveiller et dont chercher à favoriser la convergence culturelle, comme l’appelle Guillaume Rousseau9. Cerise sur le gâteau de l’abus de pouvoir, le Fédéral en tire par surcroît le prétexte de s’ingérer dans les compétences provinciales (car les rendant inaptes à s’exercer) et cherche à leur imposer des conditions en vue de rendre structurel et donc chronique cet abus de pouvoir, à la fois hypercentralisateur et générateur de dépendance. Il ne reste plus au Fédéral qu’à occulter le tout en déniant tout déséquilibre fiscal et a fortiori que c’est à l’image du déséquilibre des pouvoirs par l’exécutif noyautant le législatif jusqu’en le juridique d’où encarcaner la société civile, dès que francisante.

    Enfin, le dialogue avec les peuples autochtones est d’autant important que leur matricentrisme (non matriarcat en lequel le patriarcat cherche à se décalquer) peut être très en affinité avec cette assise québécoise égalitaire entre les sexes. Il s’agit aussi de renouer avec sa propre histoire faisant que les Canadiens autrefois identiquement Français et pris sous le joug de la Conquête britannique s’en sont mis à tant effacer et oublier leur part autochtone qui était inhérente à leur métissage culturel avec les Autochtones et qui les a constitués pour ne pas en subir le même sort, au point d’insister « sur le prestige et la grandeur de leur caractère français, selon Delâge. Afin de réclamer à leurs conquérants le droit de conserver leur culture, ils montrent qu’ils se trouvent du côté de la civilisation, non celui de l’ensauvagement », ce pourquoi les Autochtones ont pu avoir eux aussi tendance à les désigner tous deux ensemble comme des « Blancs »10. S’y aperçoit comment les races se forgent non pas tant biologiquement que sociohistoriquement. Sauf si tout s’inverse, comme en la raciste Loi sur les Indiens ou le trudeauiste multiculturalisme ethnoracisant s’ethnoracialisant au point de se faire ethnoracisme s’avérant surtout ethnoracialiste, selon qui monopolise la capacité de ne plus faire se forger cette ethnoracisation que la redoubler de l’accusation d’ethnoracisme, surtout en méconnaissant des données aussi fondamentales que celle-ci ou que la distinction comparative entre origine (ethnique) et langue maternelle exemplifiée par Arès, ce qui mène à biaiser les faits et a fortiori leur lien avec les droits.

    Soyons clairs: la notion de race n’a aucun fondement scientifique quant à la teneur biologique à laquelle les idéologues cherchent à faire accroire, mais uniquement quant à sa teneur de part en part sociale, voire sociohistorique, d’abord socioperceptive, du fait que nos cerveaux fonctionnement par comparaison et s’appuient donc sur des repères observables sans pour autant avoir à présumer jusqu’à préjuger ainsi ce qui les produit. Les idéologues poursuivent indûment depuis et par-delà ces simples repères socioperceptifs en classifications indues sur la base de tels préjugés appelés à se radicaliser au fur et à mesure que la racisation en question se fait racialisation, voire bascule de racisme en racialisme. Il est temps de se mesurer à l’idéologie principale qui est trudeauiste et qui est d’autant si asociale et anhistorique qu’inapte à prendre en compte de telles données de base, les plus factuelles, au ressort de quelque équilibre des pouvoirs, dont le droit en jaillissant. Ladite lutte des races et a fortiori des racismes et surtout racialismes (selon qui monopolise la forge racisante, et de là, du racisme à en tirer et à attribuer) est plutôt une lutte des cultures engageant d’emblée des nations, ce que cette idéologie tend à occulter.

    b) Lutte culturelle d’autant sociohistorique que s’intégrant plutôt que se laminant en ethnoraciale au ressort de la nation

    D’une part, il est crucial de travailler encore mieux sa notion de nation. Elle n’est pas seulement une « entité immatérielle composée de la conscience qu’a un peuple de lui-même, d’une langue et de la culture que ses membres partagent, ainsi que de la volonté de la maintenir »11. Certes, cette conception enrichit et précise sous cet angle la nécessaire prise de conscience qu’un peuple peut avoir de lui-même, que signalait déjà Bodin à la Renaissance, mais la volonté de la maintenir (en sa langue et sa culture communément partagées) exigent de se rendre jusqu’à la reconnaissance par un statut juridique, comme l’avait aussi signalé Bodin, voire, par un statut constitutionnel, car au fondement législatif de toute loi susceptible d’être en cause. Ainsi complétée, cette conception de la nation, on s’en aperçoit, est irréductible à la race. Et si elle peut avoir quelque dimension ethnique, c’est par la culture, mais attention, culture en tant que sociogénérée et donc apte à s’inclure plutôt que se faire laminer en et par l’ethnie, a fortiori l’ethnoracial qui fusionne et instaure une confusion totale d’autant de la culture avec la nature, en l’occurrence présumée biologique, que cette culture s’occulte elle-même en sa manière d’y procéder pour n’y paraître que naturelle. C’est pour cela que le fédéralisme trudeauiste est si bancal et biaise tant idéologiquement que vicie tout rapport entre principe et action, entre discours et politique menée. Le trudeauisme refuse de penser la nation, sauf ce qui peut s’en centraliser au fédéral et s’en présumer évident au point de ne pas en parler, surtout si en termes dudit bilinguisme officiel (abstraction faite de l’extralinguistique susceptible d’en révéler autant les fort culturelles manières de parler que les rapports en miroir entre français et anglais alors en cause, donc le biculturalisme qu’il a évacué du Rapport Laurendeau-Dunton), et autrement en attaquant et parasitant le Québec, s’il est nationaliste. Or, des Trudeau à Carney, le nationalisme albertain visant une autonomie axée sur l’énergie passe mieux. L’énergie, de source pétrolifère issue de la décomposition de vivants dinosauriens, est si naturelle, comme la race ! Des Trudeau à Carney, comme le pétrole, l’idéologie s’extraie et de là, se raffine (mais où et par qui ? aux États-Unis et par les Étatsuniens ? en Asie, de fait en ladite zone Indo-Pacifique vers laquelle se déplace le centre de gravité économique mondial et, pour ce faire, en forçant le passage à travers et malgré la Colombie-Britannique, a fortiori ses Autochtones, pour s’y rendre, sinon en se donnant façade d’y adhérer face aux difficultés qui feront en sorte de l’empêcher comme si sans y avoir contribué ?).

    D’ailleurs, son ministère de la culture et identité canadiennes (plus langues officielles censées s’y intégrer), avec Parcs nationaux (et tout ce que peut autrement devenir la Nature, lors de son transfert à un ministère de l’environnement conçu pour privilégier une telle économie au détriment de l’écologie) et lieutenant du Québec vient de s’y buter et d’inciter Steven Guilbeault d’en démissionner (pour pouvoir continuer de se regarder dans un miroir et y apercevoir un double de lui-même lui ressemblant encore un tant soit peu). Ce n’est pas sans voir éclater son agglutinant refoulement en trois pièces distinctes relevant de trois ministères différents avec leurs logiques respectives en entonnoir toujours plus étroit. Notons en particulier le retour de Marc Miller qui a beau jeu de s’en tenir à sa seule nomination au ministère de l’identité et la culture canadiennes et de se déclarer tanné de parler du déclin du français au Québec qu’il a fini par reconnaître du bout des lèvres après l’avoir dénié. Il s’évite que ne resurgisse le fait qu’il a contribué à le faire se détériorer sous Justin Trudeau, par incurie totale, en particulier via une immigration déconnectée de la capacité d’accueil (logement, garderies, écoles, francisation, etc.) et donc, par là, des manières de vivre et de penser relevant de la culture qui est inhérente à la société civile et dont le français, langue commune et officielle du Québec, est partie prenante. Mark Carney, après l’avoir écarté, l’a choisi après la démission de Steven Guilbeault. Il perpétue l’idéologie trudeauiste, voire la radicalise en un tel sens de fabrique identitaire d’État, depuis le fédéral, avec conjointe ingénierie sociale dont ne surtout pas parler et tout au contraire à taire le plus possible et ce, pour mieux continuer à manipuler les manières de vivre et de penser qui sont culturellement inhérentes à la société civile et censées s’inclure le français. Faute de distinguer en la culture l’artistique subventionné par le fédéral et tout ce devenir social sous-jacent détérioré en ses manières de vivre et de penser, risque de s’occulter que cet artistique émerge de tout ce socioculturel sous-jacent et le met diversement en scène selon ce qu’il n’en représente qu’en s’y imposant à rebours et l’en manipulant idéologiquement via le levier subventionnaire axé sur la fabrique identitaire d’État, à savoir issue du fédéral, pour y parvenir.

    S’y conjugue le problème des voraces plateformes numériques: Simon Jolin-Barrette, le ministre de la Justice du Québec, a semblé cibler l’un des enjeux en cherchant à mieux protéger les Québécois et en voulant obliger les plateformes numériques de mettre en évidence un bouton permettant de se désabonner et de ne plus les arnaquer en les hameçonnant par quelque façade initiale d’économies pour d’autant mieux leur imposer des coûts faramineux d’abonnement par la suite qu’instaurant un labyrinthe à travers lequel il devient difficile de s’en sortir. La notion de convergence culturelle préconisée par Guillaume Rousseau semble être mise en jeu. Ne faut-il pas autant la défendre que le projet de Constitution du Québec, surtout si le Conseil constitutionnel y est rendu quasi sénatorial comme proposé par le présent Dossier? Les deux semblent devoir être considérés ensemble pour progresser ensemble, au lieu de laisser l’une se faire miner et d’y entraîner l’autre. C’est constitutif (pour être constitutionnel) du troisième des trois axes de travail proposé pour le Conseil constitutionnel québécois.

    L’idéologie trudeauiste axée sur l’ingénierie sociale, surtout si se conjuguant avec les voraces plateformes numériques, ne s’adresse à la culture qu’en l’occultant être sociogénérative, si elle n’est a contrario d’autant plus déstructurée et laminée que ne lui permettant plus de paraître que toujours plus multiculturellement multiethnoracialiste s’enreligiosant telle par fabrique identitaire d’État à imposer depuis le Fédéral. Il ne s’agit déjà plus d’un Ministry of Canadian Culture and Identity, mais of Canadian Identity and Culture. Or, si l’emprise de la stratégie économique énergétique pétrolifère sur la question environnementale a fini par rattraper Steven Guilbeault et le confronter avec l’exigence de pouvoir se regarder en son miroir et s’y reconnaître en son double, surtout si jusqu’en son rôle de lieutenant du Québec et en l’enjeu de la culture et la langue retombant en son idéologique ingénierie sociale trudeauiste en voie d’être carneyiste, ce n’est pas sans rappeler Le Canadien français et son double de Jean Bouthillette de 1972. Un grand symbole s’est cristallisé autour de Maurice Richard, tant « le Canadien de Montréal, propriété d’anglophones, a constamment voulu faire oublier aux partisans que cette équipe de sport et les joueurs francophones qui la composent symbolisaient une manifestation de la nation québécoise. Il a proposé un autre récit en échange: le Québec est semblable au reste du Canada. Bien que québécois, le Canadien de Montréal symbolise donc plutôt la nation canadienne »12, comme si la nation québécoise n’existait pas. Le tout est censé se répéter en maints autres champs culturels et identitaires pour entraver toute émancipation. L’anglicisante canadianization, décalquée en canadianisation et traductible en canadiennisation, relève d’un nationalisme économique qui voudrait bien s’éviter et même s’occulter être un nationalisme politique (d’où ledit Canada postnational trudeauiste fils) pour que le nationalisme canadien s’opère et se fasse valoir de façon toujours plus évidente jusqu’au cœur du nationalisme québécois. Un Ministry of Canadian Identity and Culture, surtout si sans faire resurgir les French Canada et English Canada exigeant plutôt un Canadian Ministry of Identity and Culture, à savoir un ministère canadien (français et anglais) des Identité et Culture, indique bien qu’il s’agit de ne laisser aucune porte ouverte à un correspondant ministère québécois de l’Identité et la Culture. Canadianiser plus que canadienniser ne peut être que jusque du Québec et ne saurait permettre de québéciser, si cherchant un tant soit peu à s’autonomiser, a fortiori s’en faire souverainiste, surtout face à un tel fédéralisme assimilationniste anglicisant. On y aperçoit non seulement le continuum protéiforme des formations politiques s’y distribuant, mais les rapports politiques de force les faisant s’en interfacer au fur et à mesure que s’en constituant.

    L’hypercentralisation fédérale trudeauiste, surtout en se faisant carneyiste, se doit d’être d’abord identitaire, car l’identité est au cœur de toute culture et a fortiori de toute langue l’exprimant. Surgit ainsi plus explicitement la fabrique identitaire d’État si éminemment central, de fait centralisateur et fort unitaire par uniformisante homogénéisation (pourtant censée ne valoir que pour le Canada anglais selon la Constitution de 1867). L’individualiste « common law », ne faisant se collectiviser que tel à l’image de la Constitution de 1982 unilatéralement rapatriée avec l’appui du ROC sans et contre le Québec au ressort de l’ethnoracialisme enreligiosant se réclamant de Dieu, est son vecteur pour faire prévaloir, avec la suprématie d’un tel Dieu, la primauté d’un tel droit (biaisé en sa teneur de 1867 par celle de 1982), surtout face à toute cette tendance sociale (droit civiliste inclus) tendant à se laïciser qu’est le Québec. Au lieu que le fédéral persévère à creuser le hiatus constitutionnel, il serait temps qu’il l’aménage, voire s’engage à réparer tout ce qu’il a entre-temps détérioré.

    D’autre part, comprenons bien que cet ethnoracialisme, exacerbé par le trudeauisme et s’étant imposé depuis le Canada anglicisant aux Canadiens français devenus Québécois jusqu’à modeler de façon colonialiste leur relation aux Autochtones, n’est aucunement une simple figure de style. Il s’agit bel et bien d’un enjeu existentiel faisant d’autant se mesurer jusqu’à l’inexistence qu’il s’inscrit dans la suite directe de la Conquête, de ses inaugurales formes les plus violentes et les plus brutales jusqu’à ce qui s’en est euphémisé et plus indirectement exercé depuis lors, au fur et à mesure que le droit du plus fort s’est doté d’une façade de force du droit (s’imposant de l’anglicisante « common law » pancanadienne au droit civiliste québécois): « Côté anglais, le général Wolfe ordonne en 1759 la mise à mort par scalp des Autochtones et des Canadiens qui auront été faits prisonniers. Les soldats français capturés, eux, doivent avoir la vie sauve. Dans ce conflit, Canadiens et Autochtones se battent vaillamment côte à côte pour protéger le territoire de l’envahisseur britannique »13. On peut ajouter ce point majeur: Vaudreuil a été le tout premier et dernier gouverneur canadien (Français né au Canada laurentien) de la Nouvelle-France et avait une nette tendance à opter pour les stratégies de guérilla des Canadiens (identiquement Français) et des Autochtones, là où Montcalm, à la tête de l’armée française, a tout au contraire prévalu et est allé perdre la bataille qu’il a voulue rangée à la façon européenne sur les plaines d’Abraham contre Wolfe. Bref, les Britanniques, Wolfe en tête, avaient bien compris que la victoire leur serait plus aisément acquise en éliminant les Autochtones et les Canadiens (si identitairement qu’identiquement Français à cette époque, je le rappelle) pour ne se battre que contre les seuls Français de France, surtout si ceux-ci s’entétaient à faire prévaloir leur seule façon eurofrançaise de s’y adonner comme Montcalm. C’est ce genre d’approche qui devrait être au cœur du Musée que François Legault veut créer. Et qui devrait figurer à la première place dans les livres d’histoire, car révélant les enjeux culturels fonciers, jusqu’en leurs métissages culturels, dont ceux avec les Autochtones comme chez ces Canadiens alors Français, dont on s’aperçoit bien qu’ils sont partie prenante du Canada laurentien, au cœur de la Nouvelle-France, et qu’ils sont totalement irréductibles aux Canadians (anglais) cherchant à faire en sorte que les Canadiens (autrement trop Français) n’en soient que les décalques, selon une inversion totale de leur origine même en ce qu’elle fût, est et sera, si parvenant un tant soit peu à s’actualiser en leur « Je me souviens ».

    C’est simple, mais terriblement efficace il suffit d’occulter toute biasymétrie possible pour ne plus instaurer qu’une pseudo-symétrie d’autant apparemment réversibiliste que foncièrement fallacieuse par un soi-disant bilinguisme officiel (occultant totalement sa manière ne pouvant être que culturelle de parler au ressort de toute identité possible, si ce n’est en s’imposant par un ministère de l’Identité et la Culture canadiennes comme processus de fabrique identitaire d’État fédéralement imposé aux Provinces, d’abord et avant tout au Québec) au gré d’apparentes majorités (insinuées majoritaires ?), non française/anglaise, mais dite francophone au Québec et anglophone dans le ROC avec inverses minorités (insinuées minoritaires ?) correspondantes, selon la confusion la plus totale du statut (exigeant de reconnaître au contraire le Québec français minoritaire en un tel Canada) à oblitérer en et au profit de la seule densité numérique sociodémographique, elle-même laminée du nombre relatif en nombre absolu localement isolé et pesant telle jusqu’en les institutions. S’y biaisent totalement les trois premiers facteurs de la vitalité sociolinguistique au gré du hiatus constitutionnel implanté à la sauce de 1982, ce qui impacte tout devenir social possible depuis un vecteur si individuel qu’individualiste s’y poursuivant en ingénierie sociale, donc au gré des deux autres facteurs encore plus biaisés pour mieux biaiser (et ethnoraciser) ces trois premiers.

    Rappelons un petit survol historique qui risque de s’en faire au contraire anhistoriciser en même temps et au fur et à mesure qu’asocialiser: après leur emprunt autochtone, les Canadiens étaient les Français d’Amérique, d’abord et avant tout du Nord, à travers laquelle ils irradiaient. Le Canada laurentien était le cœur de la Nouvelle-France et sa capitale était Québec, ce qui a définitivement été évacué lorsque la reine Victoria a choisi Ottawa comme capitale du Canada sur le point d’être, non plus laurentien, mais de l’AANB, de sorte que la ville de Québec ne pouvait plus y être la capitale que de la seule Province de Québec. Faut-il rappeler pourquoi la fête de la reine (Victoria) est devenue celle de Dollard-des-Ormeaux (surtout depuis Lionel Groulx et Henri Bourassa) et enfin, celle des Patriotes (seulement depuis le début du XXIe siècle, mais en rappelant ainsi le moment décisif qu’a été la Rébellion des Patriotes dont a jailli toute la tension elginienne de sous laquelle s’est poursuivie la tendance durhamienne dont tirer ses diverses figures, de conservatrice, sous Macdonald, à libérale, de Laurier aux Trudeau et Carney)? Cette Constitution de 1867 précise que le français ne se parle qu’aux Parlements d’Ottawa et de Québec. Les écoles y virent confessionnelles (d’abord et avant tout pour protéger la soi-disant minorité, uniquement démographique et tout au contraire et par le fait même, encore fort statutairement majoritaire anglaise au Québec), ce qui a perduré jusqu’à cet autre moment décisif en 1998-2000 les déconfessionnalisant pour les rendre linguistiques, non pas d’abord tant sous le bilinguisme officiel canadien trudeauiste de facto anglicisant que sous le français langue commune et officielle du Québec faisant s’articuler à sa propre façon les deux langues française et anglaise scolairement en cause (ce pourquoi le mémoire de Marc Ryan est si important). Le français est une langue constitutionnelle dès 1867, mais ne devient une langue officielle que sous Trudeau père qui l’adjoint à l’anglais partout statutairement majoritaire et, même si ne l’étant pas toujours sociodémographiquement au Canada, le met au ressort de son bilinguisme officiel jusqu’à s’imposer tel au Québec. Trudeau père d’autant reconstitutionnalise le tout à rebours et l’explicite pleinement tel, par son rapatriement unilatéral de la Constitution en 1982 selon des droits et libertés si individuels qu’individualistes et au mieux collectivisables tels, qu’avec tout ce qui ne peut plus en être bien autrement collectif si aperçu d’emblée social, mais renvoyé en clause annexe et dérogatoire. La « common law » ne peut donc qu’y prévaloir sur le droit civiliste alors si caractéristique qu’à confiner dans le seul Québec, voire tant la lui y imposer qu’y biffer le plus possible ce qui peut ainsi contribuer à en faire une société bien trop distincte et surtout apte à rappeler la sous-jacente Constitution de l’AANB de 1867, que celle de 1982 est censée siphonner et se résorber, encore et toujours sans et contre le Québec.

    Or, une Constitution du Québec ne semble pouvoir émerger qu’en se donnant pour tâche, non seulement réactive et rétroactive à la Constitution de 1982, mais proactive, au point de le lui rappeler et donc de faire resurgir tout ce refoulé perdurant de sous le trudeauisme au moins par la Constitution de 1867, tout en faisant par surcroît prévaloir au moins au Québec avec son droit civiliste, d’abord, aussi et surtout sa société civile (selon les trois axes du mandat susceptible de doter son Conseil de la Constitution d’un statut quasi sénatorial). Le Canada de 1867 était encore composé de Français d’Amérique et de Britanniques d’Amérique, même si par-delà Durham et le Canada-Unis de 1840 (abolissant le français), le français a été rétabli (1842-1848) et a pu faire se partager l’identité du Canadien avec ces Britanniques à compter de LaFontaine. Il était encore question non pas tant de Canadiens français que de Canadiens-Français, ce qui rappelait que les Canadiens avaient été jusque-là les seuls Français. Pour se distinguer des Britanniques en train de se faire Canadians et clarifier les dénominations identitaires respectives, les premiers Canadiens se disent « Canadiens-Français French-Canadians ». Cette citation de Bock & Gervais est extraite de Benjamin Sulte, Histoire des Canadiens-Français, 1608-1840, volume VIII, Montréal, 1882-1884, p. 14214. Or, dans la préface du volume I, Sulte adopte une autre graphie et dit écrire l’histoire, non du Canada, mais des « Canadiens-français ». La prétention d’une uniformité, autant de langage que d’accent de la langue populaire (Sulte, volume VIII, p. 143), laisse donc entrevoir une limite dans l’écrit, du fait de cette disparité graphique, chez Sulte lui-même, car révélatrice du glissement s’effectuant du nominal vers l’adjectival, de Canadien-Français à Canadien-français, puis à finalement Canadien français (en attendant de n’être plus que francophone sous le bilinguisme officiel trudeauiste et de n’en être plus que Canadien bilingue face à un Canadian restant, lui, le plus souvent de part en part anglais et n’étant jamais anglophone que pour signifier sa traduction éventuelle en francophone, non seulement en Canadien francophone, mais jusqu’au sein du Québec, du Québécois, depuis les années 1960, en Québécois francophone, depuis les années 2000). Cette disparité graphique se retrouve déjà dans le rapport officiel des séances du Congrès de l’ACFÉO en 1910, alors que s’énonce l’Ontario canadien-français aussitôt dit Ontario français, sur le mode d’une provincialisante ontarionisation (ontoriennisation) du français censée d’autant s’effectuer selon celui de sa canadianisation (canadiennisation) que le foyer québécois du Canada français est en train de d’autant s’en faire laminer que le fait français pancanadien de s’y faire refouler à cette fin (conjointement aux dits Indiens en des Réserves, puis, dès l’enfance, en des pensionnats). Si l’on considère que cette disparité graphique dure au moins depuis 1882-1884, en particulier chez Sulte, et qu’elle se reconnaît encore en 1910, en l’ACFÉO naissante et elle-même à la source de l’Ontario français, il peut s’agir, non d’un simple événement éphémère, mais possiblement d’une tendance lourde qui perdure. On s’aperçoit aussi de la transformation linguistique qui se produit, lorsque le Français établi au pays se dit Canadien, puis se transforme en « Canadien-Français » (en regard du « Canadian ») et, enfin, transpose l’expression concurrente, mais moins fréquente, à savoir « Canadien-français », en « Canadien français », en accord avec l’usage actuel ayant rapproché, inscrit et même repris l’ascendance française (encore indiquée par « Français » écrit en majuscule dans « Canadien-Français ») depuis sa région proprement canadienne (d’où un tel « Canadien français »). De plus, en ayant bloqué pendant les trente ans suivant la Conquête tout lien des Canadiens, identitairement et identiquement Français, avec la France, puis en leur ayant imposé une immigration anglicisante massive issue du Royaume-Uni (regroupant Angleterre, Écosse et Irlande depuis 1801) en même temps qu’ayant accentué leur hémorragie vers les États-Unis pendant les années 1840-1930 (donc pendant Le siècle de Mgr Bourget), « les anglophones opposaient au Parisian French le French Canadian Patois, d’où le réflexe des Canadiens français de justifier leurs particularismes », voire leurs existences comme « Franco-canadiens », selon l’expression employée par Groulx. À moins de remonter à la saga de la suppression du français en le Canada-Uni durhamien (1840), puis son rétablissement (1842) doublé du gouvernement responsable de LaFontaine (1848-1851) à compter duquel l’identité du Canadien (Français né au pays, comme les Autochtones amérindiens avant eux) aurait pu être partagée avec les Anglais (commençant aussi à immigrer plus massivement, puis à naître au pays), mais non sans que la distinction entre Canadiens-Français et Canadiens-Anglais risque de passer d’autant de French Canadians en English Canadians que ceux-ci ne considèrent le tout que depuis eux seuls en tant que Canadians, dont tout autre n’est plus que la spécification, d’abord et avant tout de tels French Canadians, sinon leur traduction, à savoir Franco-canadiens (surtout si l’on est groulxien), aussi inversables en leur propre langue en Canadiens-Français, puis Canadiens français, voire une fois le bilinguisme constitutionnel (1867) fait bilinguisme officiel géré depuis le fédéral rapatriant aussi avec le ROC sans et contre le Québec la Constitution (1969-1982), en Canadiens francophones, alors qu’émergent les Québécois (années 1960) appelés à s’en faire Québécois francophones (années 2000). On aperçoit mieux la signification réelle du Statut de Westminster reconnaissant en 1931 une autonomie à son Dominion du Canada (qui, lui, s’est entre-temps fait accroire être devenu en 1867 une Fédération sous façade de Confédération, alors que perdurant à être si unitaire qu’hypercentalisateur et que les Provinces en tant qu’États fédérés, surtout le Québec, doivent incessamment s’y battre pour restaurer ne serait-ce qu’un semblant de Fédération). Après plusieurs décennies d’immigration loyaliste, irlandaise et écossaise, toutes d’allégeance britannique et surtout de langue anglaise distincte de l’étatsunienne (s’imposant aux Amériques), et une fois instauré l’Acte de l’Amérique du Nord Britannique, l’imaginaire va bon train et transparaît en particulier à travers les journaux de l’époque, puis aussi les films les rendant plus visuels, mais en restant muets, voire sourds-muets. Surtout, cet imaginaire se réintègre depuis le langage écrit (par ces journaux) et scénique (par ces films) jusqu’en l’oral, plus quotidien et prompt à s’intégrer en tout un chacun dans les sociétés de masse en train de se forger avec l’urbanisation… à laquelle participe moins rapidement les Canadiens français… en restant en quelque sorte davantage « sauvages » :

    « Pour se distinguer des « Canadiens » d’origine française, l’appellation French Canadian a commencé à être utilisée dans les journaux de Toronto pour stigmatiser les Métis de l’Ouest qui voulaient protéger leurs territoires et pour susciter l’appui des « Canadians » (l’immigration d’origine écossaise, irlandaise et britannique). Au début du siècle dernier, l’appellation « French Canadian » avait toujours ce caractère dénigrant, comme le démontrent les films tournés à Hollywood à cette époque quand ils concernaient l’histoire du Canada. Les vilains étaient des French Canadians. (….) Quant aux Métis, toujours engendrés par des francophones, ils sont doublement dangereux puisqu’ils allient la sauvagerie des Indiens et celle des Canadiens français. » L’expression dénigrante a choqué les Canadiens d’origine française, mais pour se montrer solidaires des Métis et de Louis Riel ayant vécu à Montréal, ils endossèrent progressivement cette appellation après la pendaison de Louis Riel le 16 novembre 1885, et ce, jusque dans les années 1960, soit plus ou moins 75 ans. » (Canadiens français, Wikipedia)

    Donc, depuis l’Ontario-Ouest qu’étaient les Prairies comme chasse gardée de l’Ontario, il y avait les Canadians s’avalant d’autant les Canadiens qui étaient autrefois les Français et il y avait les French Canadians faits d’autant leur décalque en Franco-canadiens qu’à traduire en Canadiens français. Or, c’est justement en réponse à cette affaire Louis Riel que le mouvement autonomiste émerge au Québec avec Mercier, lequel se découvre malgré tout de grandes affinités avec Mowat qui, en et depuis l’Ontario, lutte des décennies durant dans cette même perspective autonomiste provinciale à l’encontre du gouvernement fédéral hypercentralisateur de Macdonald. Toutefois, au fur et à mesure que le Canadian s’impose depuis le centre de gravité ontarien si prépondérant à l’échelle pancanadienne et s’y voile être proprement Ontarian, jusqu’au Fédéral s’aperçoit que sa capitale à Ottawa (à la frontière de la rivière Outaouais démarquant l’Ontario du Québec, d’abord Gatineau) est dans la même Province que Toronto comme capitale de l’Ontario. D’ailleurs, tout l’Ontario français suit ces divisions principales du Sud en regard de l’Est, en s’ajoutant le Nord, dont Sudbury ayant pu être un certain temps l’épicentre de la mouvance qui s’est dite Franco-Ontarienne, avant de se redéfinir en plus strictement francophone (dans la lignée du bilinguisme officiel canadien trudeauiste) et en déplacer jusqu’à son épicentre à Toronto sous l’égide de l’ACFÉO, puis ACFO y étant entre-temps devenue l’AFO, l’Assemblée de la Francophonie de l’Ontario. Tout comme l’épicentre de tout le Canada de part en part Français, devenu Canada français, ne s’est lui-même dit tant Québec que Québécois qu’en glissant à son tour de Québec français, si un tant soit peu francisant pour perdurer en tant que français, en Québec francophone. Comprenons bien que la redondance du Canadien, autrefois le Français, qu’énonce le Canadien français fait déjà se réduire l’identité proprement si culturelle que pansociale à partir de sa colonisation s’appropriant jusqu’à son nom, à savoir de Canadien en Canadian. Ne lui reste que « l’exotisme de sa langue » ne lui permettant plus de se dire Canadien que Canadien français et même pis, que Canadien francophone, renvoyant au Franco-canadien décalquant lui-même le French Canadian, ce qui n’est plus français, mais anglais: ça peut sonner français, mais est-ce encore en un sens français ? D’autant que, si l’anglais va davantage de la matière à l’esprit et donc du son au sens, le français, tout au contraire, va davantage de l’esprit à la matière et donc du sens au son et même a fortiori à l’écrit, car ramenant l’audible au visible et impliquant de là, que la vue elle aussi passe et se ramène du visible à l’intelligible d’emblée mental. Bref, même quand ça sonne français à l’oreille, ce ne peut l’être que si le sens préside à la production sonore, nullement l’inverse par lequel déjà s’angliciser et ce, à même le français. Bien noter ce ne sont pas des emprunts de mots à l’anglais pour les franciser ou même les intégrer tels quels en français qui font s’y assimiler, mais cette inversion phonosémique lors de leur usage à même tout échange interlocutoire, voire interscriptural. Par exemple, des échanges Franco-Québécois, donc entre la France et le Québec, sont-ils Franco-Canadiens au point de s’en trouver encarcanés à partir du Canadian leur imposant de n’en être que French Canadians, non comme tels, mais en ne pouvant en être que le décalque canadianisant plus que canadiennisant ? De même, sous Carney, non pas ministère canadien des identité et culture (qui pourraient être non moins françaises qu’anglaises en même temps que faire place et s’articuler avec un correspondant ministère québécois des identité et culture), mais ministère des identité et culture canadiennes, as canadians, et où y fondre les langues officielles, en français et donc avec dimension sociale inhérente à la notion de langue et pourtant renvoyée en clause annexe et dérogatoire de la Constitution de 1982, comme de correspondants décalques des anglicisants official languages. Quand sera prise en compte la manière, d’emblée fort culturelle et identitaire, de parler jusqu’en ledit bilinguisme officiel, surtout que redoublant, par le nom même du ministère correspondant, l’emprise officielle, autant culturelle qu’identitaire, sur ce bilinguisme? Et a fortiori jusqu’en le français comme langue commune et officielle du Québec risquant autrement d’y prêter flanc, faute de bien distinguer la culture d’emblée socialement générée et rendue apte à s’intégrer l’ethnoracial, plutôt que de s’y faire laminer en particulier à travers une immigration d’autant contrôlée et soi-disant multiculturelle depuis le Fédéral que sous façade pseudo-bilingue (car bilingue non pas tant pour les Anglais que pour les Français et, chez les autres, le plus souvent par leur propre langue d’origine tierce, les deux en voie d’anglicisation), en regard de la culture artistique susceptible autant d’y puiser que de la représenter?

    Pour sortir de la rhétorique hypercentralisatrice et assimilationniste fédérale, pourquoi ne pas distinguer en la population québécoise les gens de souche, certes, mais de souche ancienne et de souche plus ou moins récente, à savoir immigrante, voire, comme en cette émission s’intitulant Immigrants de souche, consistant à aller rencontrer des immigrants établis en région et y prenant donc racine au point de constituer une souche d’où une lignée peut émerger et alimenter la double naissance faite nature et nation? Et pourquoi certains immigrants ont embarqué dans la mouvance souverainiste ou à tout le moins autonomiste, là où d’autres se sont plutôt alignés sur la litanie fédéraliste ? Sans parler de tout ce qui a pu en resurgir à travers les propos de Paul Saint-Pierre Plamondon (PSPP) réajustant ce qu’il a pu initialement dire du milieu culturel artistique, lors de la nomination de Marc Miller au dit ministère Identité et Culture canadiennes, à Tout le monde en parle le 7 décembre 2025, mais en s’étonnant à quel point ceux qui s’adressaient à PSPP étaient peu éveillés à tous les points qu’il soulevait et ce, même quand il leur répondait et le leur explicitait. Le tout rejoint grandement les grandes lignes du petit livre, à la fois publié par Joseph Facal pour rendre compte de l’étranglement fiscal et autre pratiques par le gouvernement fédéral suite au référendum de 1995 et résumés dans son article sur « Les vérités dérangeantes de PSPP » paru dans le Journal de Montréal? Cela ne mériterait-il pas aussi d’être examiné de plus près ? Je ne suis pas certain que des immigrants souverainistes ou à tout le moins autonomistes, s’ils s’affichent tels et signalent examiner tels les enjeux en question, aient vraiment conscience de la portée que leur voix peut avoir pour faire réévaluer toute la question migratoire et la façon même de pouvoir en parler jusqu’en la tension entre le Fédéral et le Québec, surtout sur la place publique. Toutefois, même s’il peut y avoir un mouvement d’Immigrants souverainistes ou à tout le moins autonomistes, les obstacles sont les mêmes, voire pires qu’en la culture artistique, si y voilant de la même façon la culture, mais d’autant d’emblée sociale que sociogénérative (en s’intégrant versus se laminant en ethnoraciale si pour parvenir à quelque convergence culturelle que ce soit ?). Il arrive que la culture sociopolitique mise en jeu ne le soit surtout pas directement, mais indirectement, via un nationalisme politique s’occultant en nationalisme économique et a fortiori subventionnaire, seul plus évidemment opérant et ailleurs que sur la place publique, car plus privément, dans quelque recoin où ne pas trop paraître: non seulement couper toute subvention susceptible de l’aider, faute de s’aligner sur l’idéologie fédérale, a fortiori si ce mouvement d’immigrants souverainistes ou à tout le moins autonomistes est laïc, car aussi à risque de ne pouvoir prétendre à des statuts d’OSBL ou OBE auprès de l’Agence de Revenu du Canada (sous prétexte que ce ne serait pas culturel et éducatif, mais politique… tant que non-fédéraliste !), alors que les religions, elles, y ont droit. Imaginez ce que ça donne, lorsque s’y ajoute la question de la laïcité québécoise ou le standard encore plus « deux poids, deux measures » issu du Code criminel canadien tardant à modifier son exemption religieuse quand des propos haineux sont tenus ! Tout devient encore plus unilatéral en cumulant toutes les pressions dans un seul et même sens, depuis le Fédéral jusqu’en et à l’encontre du Québec, surtout si des mouvements sociaux inconscients s’y conjuguent sans aucunement s’interroger au moment de vouloir réimposer telle ou telle religion, par exemple la catholique dans les écoles, sans s’apercevoir y ouvrir une brèche à toutes les autres religions et ce, toutes ensemble contre la laïcité, avec propos haineux d’autant unilatéralement opérants et, par surcroît, pistonner par le Fédéral en attente de la moindre fort enreligiosante occasion ethnoracialiste, à savoir de monopole de pouvoir accuser d’ethnoracisme, surtout quand il s’agit du Québec ! Faute de s’apercevoir que le Fédéral ne se soucie guère de régler les questions ethnoracistes, surtout les plus enreligiosées, mais uniquement d’en tirer des vecteurs pour mieux s’imposer et hypercentaliser, a fortiori quand il s’agit du Québec, y a-t-il quelque conscience en ces groupes que ce qu’ils réclament n’est pas tant pour eux-mêmes que pour cette aliénation toujours plus extérieurement imposée, sans plus jamais rien en penser par eux-mêmes ? De plus, le coup de massue peut d’autant être percutant que porté sur des immigrants à statut temporaire (avec fallacieuse promesse que cela mènerait à la résidence permanente) ou très nouvellement arrivés (par exemple comme juste avant le référendum de 1995) à des fins fort uniquement politiques et partisanes plutôt que selon un processus clair, à savoir une demande en une seule étape avant et si pour pouvoir arriver et ce, en sachant que c’est pour la résidence permanente et en s’intégrant à une culture socialement en cause et de l’État en émergeant, en l’occurrence de l’État québécois, si sans manipulation fédérale exogène indue.

    Bref, si l’État fédéral cherche à créer autant de précarités, c’est pour créer des dépendances à exploiter à son propre profit et en déstructurant d’autant, avec l’État québécois, la culture, si québécoise, et ce, de sociale (elle-même de souche, présumée ancienne, pour d’autant la déconnecter et l’ethnoracialiser jusqu’à l’ethnoracialisme permettant de la traiter d’ethnoraciste que l’opposer à récente, à savoir immigrante, d’où la manipuler) à artistique. Surtout si l’État québécois s’y prête, en particulier dans le cas des immigrants à statut temporaire avec fausse représentation quant à la suite faite illusion de mener à la résidence permanente. Enfin, des dysfonctionnements chroniques tardent à être abordés et réglés depuis des décennies, dont le cas de médecins immigrants ayant franchi toutes les étapes pour exercer, sauf celle qui permet de les bloquer en les empêchant de se trouver un internat reconnu pour compléter et activer le passage à la pratique, le tout alors que le système médical québécois est dit manquer de médecins. S’agit-il, par emprise corporatiste, de limiter le nombre de médecins pour créer une rareté les rendant d’autant indispensables et aptes à contrôler tout le système médical, jusqu’en les négociations avec le gouvernement québécois pouvant d’autant être amené à plier, mais non sans hypothéquer toujours plus le budget entier de la Province s’en trouvant toujours plus accaparer au détriment de tout le reste, en plus de contrôler le diagnostic au point de départ de toute la chaîne de soins possibles dans tout le réseau ? Patients soignés ou au contraire fantaisistement dichotomisés par contrôle corporatiste entre captifs et autrement exclus? A fortiori si le tout se double d’un discrédit du système public au profit d’une part élargie du système privé comme si tout s’y résoudrait par magie, sans peut-être trop s’apercevoir que ce libéralisme croissant va quelque peu dans le sens du libéralisme géopoliticoéconomique s’imposant depuis Ottawa, si ne virant en libertarisme étatsunien, au fur et à mesure que l’individu toujours plus stricto sensu individualiste ne fait, en tout humain et de lui-même jusqu’en tout autre, du social que son annexe toujours quelque peu dérogatoire. De même, pourquoi le gouvernement de la CAQ, favorise-t-il les garderies privées et leur devenir néolibéral ou libertarien plus aléatoire, plutôt que publiques, pourtant mieux socialement intégratrices et solidairement propices, au point qu’elles sont sur le point de prédominer ? Ne s’aperçoit-il pas qu’il se contredit en tronquant la Constitution du Québec de la sous-jacente convergence culturelle susceptible de l’étayer et de s’intégrer comme le troisième des trois axes ici proposés pour le Conseil Constitutionnel? Jusqu’au point de faire des garderies (issues de Froebel) des « nursery » anglicisantes axées sur la seule fantaisie si individuelle que présumée toujours déjà individualiste, au point que toute autre culture ne puisse plus qu’en être réductible à son folklore, le tout étant appelé à remonter et se généraliser de l’enfance à l’état adulte ? Jusqu’où cela va-t-il aller? Sans parler que, comme commence à le décrier certains articles de la presse courante, cela s’inscrit dans le même pattern que Carney avec qui et de la même façon reproduire le trumpisme au sein du Canada et en l’occurrence, du Québec ? Questions scandaleuses ? Comme toutes les autres, elles exigent d’engager une plus saine conception de la culture d’emblée sociale jusqu’en l’ethnoraciale (s’y intégrant ?), autant nataliste et migratoire (en une idée de nation émergente plutôt que présumée ?) que médicale et éducative (pesant si lourdement en tout budget provincial et a fortiori si relativement à tout le reste en un projet de société dûment mieux cerné). De culture d’emblée sociale plutôt que seulement artistique, elles tendent à être sociopolitiquement étouffées pour qu’elles ne puissent surgir. Le problème n’est pas issu que du fédéral sans, contre et jusqu’au sein du Québec, mais en partie au sein du Québec, par ce qui y prête flanc.

    Si elle perdure selon le même modèle ayant jusqu’à présent prévalu, la confrontation sempiternelle, entre Fédéralistes et Souverainistes dont la CAQ a émergé et en lesquels elle risque de refluer et se dissoudre au moins en partie lors de l’élection de 2026, ne me semble pas pouvoir être remise en question en sa façon (fort culturelle, mais sociopolitique bien avant qu’artistique) de s’instaurer. Le Fédéral a réussi jusqu’à présent à la faire pencher en sa faveur. Du moins, tant que cette interface migrante n’est pas mieux articulée avec la sociodémographie des naissances/mortalités, jusqu’à travers les institutions, de la famille à l’école, au travail, en politique… et a fortiori toutes celles du milieu culturel autrement poursuivi, plutôt qu’occulté et résorbé de social en artistique. D’où l’importance d’une distinction comme celle relative à la population de souche… récente relativement à ancienne. Sinon ne subsiste que ledit de souche confondu et assimilé à souche toujours uniquement sous-entendue ancienne, ce qui est du petit pain béni pour l’idéologie trudeauiste ethnoracialiste (s’octroyant le monopole de l’accusation d’ethnoracisme en même temps que d’ingénierie manipulant le social par l’ethnoracial en son sens multiculturel toujours plus mosaïque plutôt qu’en convergence, surtout si québécoise). Quant à la série télévisuelle s’intitulant « Immigrants de souche », déborder son simple humour par cette bien plus explicite distinction permet de perlaborer bien davantage jusqu’à la culture qui s’en sociogénère en s’intégrant plutôt que se laminant en ethnoraciale. Me semble cruellement manquer certaines interfaces à mieux expliciter et surtout, rendre opérantes.


    1 Ces deux dialectiques inverses mises sous tension mutuelle par anamnèse dialogique se mesurent à toute amnésie risquant de contrer l’exigence du « Je me souviens », selon De l’humain à l’humaniste dans le monde d’où ont été examinés les Devenirs constitutionnels canadien et québécois. L’anamnèse dialogique se poursuit de la conscience jusqu’en la pensée en émergeant et à la fois l’impulse et l’incite à l’autorégulation.

    2 M. Pednaud-Jobin, https://www.lapresse.ca/dialogue/chroniques/2024-03-07/les-quebecoises.php. À distinguer des odieuses stérilisations imposées à des Autochtones.

    3 Ce genre de violence atteint avec les priorités existentielles jusqu’aux valeurs entre les groupes socioculturels s’en exprimant sociolinguistiquement. Elle se distingue de la violence physique, virant mentale et visant à instrumentaliser les droits des femmes et à hiérarchiser les droits à l’encontre de la Charte québécoise des droits et libertés de la personne, tant, surtout auprès des plus vulnérables, l’impression faite par le projet de Constitution québécoise en son état actuel est forte que ce soit une volonté de limiter le pouvoir de la société civile et le pouvoir judiciaire au profit des pouvoirs législatif et exécutif. S’en inquiète profondément le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale en son Mémoire présenté en novembre 2025. Le présent texte vise à se mesurer et régler du mieux possible ce genre de difficultés majeures et ce, par ses deux recommandations axées sur un Conseil constitutionnel, mais doter d’un statut quasi sénatorial et mandaté selon trois axes majeurs de travail afin d’en être apte à lénifier ces relations de pouvoir et les ancrer en celui de la société civile et le lui reconnaître d’emblée.

    4 Albert Moukheiber, Neuromania. Le vrai du faux sur votre cerveau, Paris, Allary Éditions, 2024, pp. 233-234. Le PWASP nord-américain libéral et libertarien y achoppe.

    5 Moukheiber, p. 238. Dont l’idéologie PWASP libérale et libertarienne nord-américaine.

    6 Rappelons-le: langue et éducation scolaire se distribuent entre juridictions respectivement fédérale et provinciale hors Québec par un hiatus constitutionnel datant de 1867, ce pourquoi Trudeau père a dû s’entendre avec les Provinces du ROC lors de son rapatriement unilatéral de la Constitution en 1982, sans et contre le Québec qui seul, lui, est censé pouvoir faire coïncider d’emblée langue et éducation, dès la Constitution de 1867 et, par-delà les incessants antagonismes depuis les années 1960, a fini par s’entendre avec le fédéral à cette fin en 1998-2000 pour rendre ses écoles linguistiques et non plus confessionnelles, comme cela a entre-temps prévalu lors du siècle de Mgr Bourget depuis 1840. En principe, car la question de la laïcité rebondit. Toutefois, c’est à n’y rien comprendre que de ne pas avoir tout cet arrière-fond à l’esprit. Bref, le tout est censé, au Québec, échapper à l’homogénéisation anglicisante prévalant (sauf intervention fédérale exogène) hors Québec, comme son droit civiliste à la common law, etc. Si le Québec au sein du Canada parvient à s’y émanciper, sinon il lui faut s’en émanciper pour cesser de s’en faire coloniser et aliéner avec pression inverse par le fédéral y persévérant d’autant.

    7 Jean Marcel, Le joual de Troie, Montréal, Éditions du jour, 1975, pp. 94-95.

    8 Mémoire citoyen, Une fédération déséquilibrée, par Olivier Jacques, professeur adjoint à l’école de santé publique de l’Université de Montréal, août 2024. En particulier, le Fédéral, engrangeant pour lui-même les milliards, n’a pas suivi les recommandations du Rapport de la Commission Séguin (2002) pour régler le problème du déséquilibre fiscal et en a acculé les Provinces à l’endettement. Tout le reste s’ensuit. Même s’il y avait quelque bonne volonté, les deux principales solutions comportent leurs difficultés : l’approche néolibérale conservatrice, diminuant la taille de l’État fédéral et ses impôts, maximise l’autonomie des provinces, mais augmente les inégalités entre elles en ayant à régler leur propre déséquilibre fiscal en augmentant d’elles-mêmes leurs propres impôts (ce qui n’est jamais électoralement populaire), tandis que la solution sociale-démocrate prêtée au gouvernement Trudeau de l’époque vise à augmenter les transferts fédéraux, quitte à imposer des normes nationales pour assurer l’égalité entre les provinces, mais ne réduit les inégalités entre les provinces qu’au détriment de leur autonomie, sauf que les transferts fédéraux peuvent être facilement réduits et que les services provinciaux ne le peuvent guère. Les partis politiques devraient s’intégrer les deux perspectives et il y devrait y avoir coopération (ce qui est difficile) entre les deux paliers gouvernementaux pour gouverner le fédéralisme fiscal de façon plus équilibrée. L’auteur privilégie un gouvernement fédéral baissant les impôts et incite le Québec, s’il fait cavalier seul, d’opter pour une hausse de taxe de vente pour financer ses services. Toutefois, il faut ajouter que toute taxation occulte les inégalités de pouvoir d’achat, là où tout impôt, selon qu’il se gradue ou non selon les revenus et donc la richesse, respectivement permet une redistribution lénifiant les inégalités ou tout à l’inverse, creuse à la source les inégalités, surtout si se conjuguant avec des politiques facilitant les évasions fiscales des plus riches et alourdissant d’autant la charge fiscale imposée (avec l’impôt en question, d’autant accru) aux moins riches. Comme le souligne le Mémoire citoyen de Pierre Sénécal, Pour une constitution du Québec moderne, p. 3, la gestion intégrée permettant au Québec de recueillir à la fois la TVQ provinciale et la TPS fédérale « réduit les formalités pour les entreprises tout en assurant un contrôle fiscal accru. Il devrait en être de même pour la collecte de l’impôt sur les particuliers et les entreprises situé sur le territoire québécois ». S’ensuivrait la création d’un fonds souverain, comme en Norvège, ce qui augmenterait la résilience économique. S’ensuivrait aussi la révision, avec celle de l’exemption religieuse en droit criminel canadien au détriment de la laïcité lors de propos haineux, etc., des privilèges fiscaux s’accordant aux OSBL et autres en cause. Sans parler de l’exigence pour que le Fédéral démontre son efficacité en ses propres juridictions, a fortiori s’il persiste à empiéter et s’ingérer au point d’amoindrir l’efficacité des Provinces en les leurs.

    9 Le Mémoire de Marc J. Ryan fait ressortir la duplicité de la mise en œuvre de l’article 23 de la Constitution de 1982 imposant, depuis le Fédéral et les autres Provinces (en étant dispensées), au Québec des coûts additionnels, ce qui exigerait d’amender l’article 59 l’en conditionnant et favorisant la ségrégation linguistique dans les écoles. Ce coût découle d’une préalable entorse juridique constitutionnalisée en 1982: « L’article 23 n’est pas une transposition dans la Charte canadienne d’un droit fondamental reconnu en droit international. Et ce droit linguistique des anglophones au Québec n’a jamais fait partie de la constitution canadienne avant l’adoption de l’article 23. La cour suprême elle-même a reconnu le caractère atypique de l’article 23 dans son jugement anonyme rendu par La Cour ». Une fois encore, la Constitution de 1982 biaise et parasite d’autant la Constitution de 1867 et la biasymétrie y germant que sans et contre le Québec en lui imposant une indue homogénéisation qui n’était censée valoir que pour le Canada anglais. L’arbitraire et la connivence trudeauiste avec le ROC contre le Québec s’y révèle: « Le gouvernement P.E. Trudeau avait visiblement décidé, en réaction au lobby anglophone en 1977 contre la Loi 101, de faire entorse à cette règle et d’accorder en 1982 dans la Charte un traitement spécial aux anglophones du Québec, alors que les anglophones sont dans la majorité au Canada. » Le gouvernement Trudeau s’en est fait cautionné par le Royaume-Uni, d’où le fameux article 59 modulant cet article 23. La seule légitimité en est impérialiste : l’abusive uniformisation pancanadienne trudeauiste minait le fait que « avant l’article 23, le Québec avait plein pouvoir pour réglementer le réseau scolaire anglophone, au même titre que le réseau francophone ». La Cour Suprême s’est mise à biaiser encore davantage l’article 23 et à accélérer l’assimilation linguistique. Comment ne pas y voir tout le déséquilibre trudeauiste des pouvoirs: de l’exécutif noyautat le législatif jusqu’au plus supralégislatif et constitutionnel et s’en faisant magnifié par la Cour Suprême et toute la chaîne juridique y aboutissant, jusqu’à encarcaner et peser ostensiblement sur la société civile québécoise. La Cour Suprême ne veut donc pas entendre la cause du rapatriement unilatéral de la Constitution en 1982, ce qui a fait se regrouper trois organismes québécois portant cette cause à l’ONU: l’instance juridique suprême assurant la légalité, au contraire cautionne l’illégalité sous façade de légalité. Son arbitraire et flou « concept de valeurs de la Charte est d’autant plus dangereux que le texte de l’article 23 de la Charte imposé par le Canada n’est pas soumis aux pouvoirs des provinces, en l’occurrence du Québec, en vertu de la clause dérogatoire prévue à l’article 33 de la Charte ». Des Trudeau à Carney, il est donc possible de chercher à toujours plus tronquer la clause dérogatoire, surtout contre les lois québécoises, par un biais systémique structuralement opérant d’où assurer le refoulement incessant. Une fois encore s’ensuivent les biais jusqu’en Statistiques Canada: les faits biaisés confortent les droits biaisés. L’idéologie trudeauiste parvient à réifier le réel pour se le rendre conforme et refouler le reste, à l’encontre de l’articulation sociolinguistique scolaire des anglophones avec le fait français québécois dont Marc J. Ryan indique pourtant diverses voies. Enfin, on comprend mieux ce que Trudeau père massacrait du Rapport Laurendeau-Dunton pour le tronquer du biculturalisme au profit du seul bilinguisme foncièrement biaisé, faute de toute convergence culturelle et d’abord de la sous-jacente biasymétrie s’en opérant en miroir et ne pouvant être qu’énantiodynamique.

    10 Emmanuel Lapierre, Le duel culturel des nations, Gatineau (Québec), Éditions du Boréal, 2023, p. 136.

    11 Lapierre, 2023, p. 88.

    12 Lapierre, ibidem, p. 190.

    13 Emmanuel Lapierre, Le duel culturel des nations, Gatineau (Québec), Éditions du Boréal, 2023, p. 136.

    14 M. Bock & G. Gervais. L’Ontario français. Des Pays-d’en-Haut à nos jours. Ottawa: CFORP, 2004, p. 97.

    15 En la culture, le social n’est plus tant fédéralement réductible et assimilable à l’ethnoracial, mais se l’intègre plutôt que s’y désintègre, en particulier via l’immigration.

  • Seconde recommandation : Conseil constitutionnel fait Sénat à trois axes (vigilance interconstitutionnelle, de réactive à proactive et en incessant dialogue avec la société civile

    Que le projet de Constitution québécoise autonomiste ne se dote d’un Conseil constitutionnel du Québec qu’en en faisant une sorte de Sénat à autonomiser et en lui confiant d’être très actif selon trois axes privilégiés:

    -Bien sûr, mais pas uniquement, il lui faut veiller à la Constitution québécoise à instaurer et à ses éventuelles modifications en même temps qu’aviser l’Assemblée nationale du Québec face à ses projets législatifs en regard des contrecoups issus du Canada trudeauiste, si persévérant par sa Constitution de 1982 à l’en refouler, voire parasiter en sa québécoise Charte des droits et libertés qui l’a précédée et qui en a été elle aussi dépecée (comme le Rapport Laurendeau-Dunton auparavant), en plus d’occulter la teneur réelle de la Constitution de 1867.

    -Cependant, il lui faut d’abord, aussi et surtout se mesurer, non seulement rétroactivement, mais très proactivement à tout ce qui est mentionné en la première recommandation ci-haut et qui consiste à tant se mesurer qu’à inciter à une tension dialogique entre la Constitution canadienne trudeauiste, actuellement fort anglicisante par sa teneur tronquée et par tout son sous-jacent déséquilibre des pouvoirs à son ressort, et la Constitution québécoise, appelée à d’autant l’ébranler que remettre en question tout ce qui a été phagocyté de la Charte québécoise des droits et libertés de la personne pour s’imposer aussi abusivement et unilatéralement, ce qui illustre jusqu’à quel point l’inaugurale Conquête du Canada s’en est radicalisée en se faisant aussi celle du Canadien, autrefois identiquement le Français, en et au profit du seul Canadian, d’autant de part en part si uniquement anglais qu’anglicisant.

    -Et il lui faut conjointement développer sa propre capacité à faire s’instaurer un incessant dialogue avec la société civile québécoise de sous et au ressort de tous les partis politiques québécois, surtout celui porté au pouvoir et risquant autrement de ne s’instaurer qu’en surplomb entre les élections et d’en être d’autant à risque d’en biaiser tout le devenir social québécois, dont il prétend pourtant rétablir les droits et libertés en regard de tout ce qu’en tronque le Canada trudeauiste. Tout politicien et a fortiori tout parti politique du Québec doit devenir en son âme et conscience québécois et ce faisant, délimiter sa propre orientation politique pour lui éviter qu’elle ne devienne abusive et pour mieux dialoguer avec les autres partis politiques et surtout, tous avec la société civile. En particulier par la médiation du Conseil de la Constitution, si rendu quasi sénatorial au point d’en perdurer en sa teneur consultative (auprès de la population bien avant que seulement par le gouvernement), mais selon un type de Sénat d’une trempe beaucoup plus active qu’au fédéral, car jusqu’en toutes ces interfaces et d’abord entre tous les pouvoirs (exécutif, législatif et juridique d’autant en regard qu’à partir de la société civile).

    La conscience, chez Damasio, consiste en une double émergence, d’une conscience immédiate en situation à une autobiographie d’emblée mnésique, comme autoconscience ou conscience de soi, seule pensante. Ce mnésique peut prendre ampleur de la devise du Québec, à savoir « Je me souviens » (du lys français à la rose anglaise), et se politiser par la pensée mise en jeu qu’exprime la parole, l’écrit, etc. La pensée ne vaut qu’en s’actualisant incessamment par la sous-jacente conscience immédiate en situation. Pour ne pas se tronquer et sombrer en inconscience amnésique, elle exige un assainissement incessant, par une anamnèse dialogique tendue entre deux dialectiques inversement opérantes: une dialectique d’éveil, ainsi du sensible en situation à l’intelligible, et une conjointe dialectique d’autant téléonomique à tout moment que s’y ancrant et s’y trouvant ressourcée au point de n’être jamais téléologique et logique jusqu’à l’idéologie pure et simple, car ses idées ne sont avancées qu’un instant, à tout instant, d’instant en instant1. De toute gauche s’exige qu’elle ne tronque pas l’éveil en le rendant partiel et partial pour le noyauter à son seul profit, en un sens woke importé des États-Unis et infusé au fédéral (par les Trudeau) et au juridique (par Bora Laskin) jusqu’à inconsciemment se reconduire (à l’encontre de l’éveil pourtant affiché) jusqu’au sein du Québec, dont un député de Québec Solidaire accusant l’Assemblée nationale du Québec d’être raciste sans aucunement s’apercevoir qu’il ne fait que reproduire depuis et avec le Canada trudeauiste l’ethnoracisme d’emblée ethnoracialiste (en monopolisant l’accusation d’ethnoracisme à son seul propre profit) et s’enreligiosant tel. Le tout sur le même mode que lors du biais interprétatif des propos de Jacques Parizeau suite au 2nd référendum souverainiste ou de la même sorte d’accusation d’ethnoracisme projetée sur le Québec par l’animatrice anglophone lors du dernier débat des chefs auquel Justin Trudeau a pris part. De toute droite s’exige que sa tendance téléologique et logique ne s’impose à rebours de l’éveil et a fortiori de la dialectique d’éveil qui lui sont sous-jacents qu’un instant, à tout instant, d’instant en instant, afin de pouvoir s’en téléonomiser en s’en trouvant ressourcée et en pouvant mieux s’opérer depuis ses sources vives d’éveil. Si l’éveil est tronqué et se fait faussement accroire s’afficher être de gauche, à force d’être partiel et partial, la droite peut d’autant y réagir en en récupérant tout pour ne plus tant se tempérer que se radicaliser tout autant à son tour. La distinction gauche/droite ne vaut plus rien sans prendre en compte tous ces cercles relationnellement tissés les en faisant ainsi mutuellement se renforcer entre elles et en être ce qu’elles sont à un moment donné. De toute tendance à faire confluer gauche/droite et a fortiori toutes leurs interversions produites jusqu’en les partis souverainiste versus fédéraliste québécois, émerge diversement tout parti politique: s’y exige de se mesurer à ses propres actes jusqu’en leurs conséquences non plus tant seulement intentionnelles (à risque de n’être qu’idéologiques) que réelles, si pour ne pas se voir se dissoudre par leur reflux. Reflux à risque de faire resurgir l’ancienne dichotomie souverainiste/fédéraliste s’en dé-/re-composant tous deux en leur gauche/droite en cause, comme cela risque d’arriver à l’automne 2026 si la CAQ se fait déloger du pouvoir à la prochaine élection et, au lieu, de les faire confluer et intégrer, s’y dichotomise. Notez cette complexité québécoise des flux et reflux faisant saillir divers ratios entre les partis politiques et leurs teneurs fort latéralement variables quant aux gauche/droite les composant, pendant que Mark Carney, au fédéral, fait prévaloir une dite gauche d’où d’autant s’avaler une dite droite qu’étant médiocrate à force de coller au centre par où les faire ainsi se transvaser. Comparez cela avec ce qui se passe en France où Emmanuel Macron a cherché à créer un centre plus à droite d’où s’avaler le plus de gauche (à l’inverse du fédéralisme libéral canadien), s’il n’éclate entre ses gauche/droite, à risque d’être plus extrêmes.

    Corollaire #1: Consultation parlementaire, de juridique à sociale

    La consultation parlementaire, initiée par la CAQ, peut s’ouvrir à des instances de la société civile. Y avaient incité les deux principaux auteurs (Guillaume Rousseau et Sébastien Proulx) du projet de Constitution du Québec qui l’ont initialement élaboré pour l’Assemblée nationale. Elle pourrait pallier le principal défaut lui étant reproché (et qui l’a sans doute fait mourir au feuilleton en juin 2026), à savoir n’en débattre qu’à ce niveau restant uniquement juridique et à saveur politiquement orientée, par sa position de contrôle de tout le parlement jusqu’à l’élection à l’automne 2026. Pour s’assurer d’une plus large participation, certains voient une Assemblée constituante (dont Québec Solidaire y persistant en vue de l’élection de 2026). Cependant, le constitutionnaliste André Binette a souligné ses dérapages en d’autres pays, sans parler de tout ce qui du droit n’est pas nécessairement écrit et qu’il faut prendre en compte. La grande illusion est de penser que ce que l’on dit correspond pleinement au réel, alors qu’il s’emplit et véhicule tant de non-dits, a fortiori de non-écrits, l’en trouant jusqu’en ses références au réel. Les pires incompréhensions jaillissent des ressacs issus de tout ce qu’en fait rebondir le réel, comme autant de refoulés faisant retour et venant hanter, sur le mode de fantômes. Toute fantaisie (imagination productrice) est prise entre ses fantasmes faits désirs/craintes du réel et ses fantômes lui en revenant. L’imaginaire peut tant conditionner toute idéation jusqu’en sa logique que la faire s’enrayer, figer et braquer en idéologie. La communication est une chose délicate, a fortiori sa teneur mentale en toute pensée aux prises avec l’imaginaire sous-jacent jusqu’en le réel au moment d’en dire quoi que ce soit. Méconnaître ce fait, c’est risquer de faire des relations humaines, non plus ce par quoi s’enrichir, surtout si mutuellement, mais le lieu des pires crises et conflits. Sous cet angle, le principe de l’égalité femme et homme mérite une attention particulière pour ne pas l’en fossoyer alors que prétendant le promouvoir. Il faut en considérer au moins deux trames sociales majeures.

    -Le principe de l’égalité femme et homme: deux trames sociales

    a) Femme et avortement, sociodémographie, matricentrisme autochtone

    Maintes femmes demandent de ne pas compromettre l’accès à l’avortement en tant que soin de santé en prêtant flanc, par une loi constitutionnelle supralégislative, à des contestations anti-pro-choix se disant pro-vie et n’acceptant d’autre vie sociale que rendue purement annexe et dérogatoire, à la façon de la Constitution canadienne trudeauiste. Une fois encore, on aperçoit l’écart entre l’hégémonie de l’anglicisante « common law » et le droit civiliste qui, en France, a permis à Simone Weil de faire prévaloir de façon tout au contraire universaliste le droit à l’avortement. Droit civiliste que le Québec véhicule aussi. De fait, l’idéologie trudeauiste ethnoracialiste enreligiosante est d’abord un patriarcat tronquant l’humain de sa teneur sociale au profit de sa teneur si individuelle qu’individualiste s’accordant d’emblée d’autant avec l’hégémonie de l’anglicisante « common law » que s’en collectivisant tel et oblitérant toute teneur d’emblée sociale universaliste. Là plus qu’ailleurs, on aperçoit pourquoi et en quoi le trudeauisme veut refuser au Québec toute autonomie plus qu’à toute autre Province au profit de son fédéralisme centralisateur, voire unitaire.

    D’autre part, un sondage Léger illustre l’articulation inverse d’ensemble entre les Québécoises (se définissant d’abord femmes, puis conjointes et enfin mères) et les Canadiennes anglaises (d’abord mères, puis conjointes et enfin, femmes). Ceci affecte l’émergence et l’ampleur prises par un mouvement social féministe, le québécois étant « certainement celui qui a eu le plus de succès pour influencer les politiques publiques et lutter contre les inégalités: centres de la petite enfance, régime d’assurance parentale, équité salariale, perception obligatoire des pensions alimentaires, maintien du nom après le mariage, accès à l’avortement (le Québec représente à peine plus de 20% de la population canadienne, mais 50% des points d’accès à l’avortement de tout le pays s’y trouvent), sont toutes des mesures qui font du Québec un des États au monde où les inégalités hommes-femmes et les inégalités sociales sont les moins grandes2. La famille s’est remodelée en passant d’un patriarcat de rôles dits complémentaires et pourtant inégaux en fonction d’une paternité prévalante à une parentalité mettant d’emblée à égalité les conjoints jusqu’en leurs relations avec leurs enfants. L’État s’en redéfinit depuis une telle assise institutionnelle à la base de toutes les autres (dont l’école, le travail -donc l’économie- et la politique) et ce, en l’apercevant d’autant humaine que non pas tant seulement individuelle que d’emblée aussi sociale, de microsociale à macrosociale, à l’inverse de ce qu’en impose autrement la Constitution canadienne trudeauiste de droits et libertés si individuels qu’individualistes et jamais collectifs, a fortiori sociaux, qu’en clause annexe et dérogatoire d’où les manipuler toujours plus à rebours et à rebrousse-poil et les mettre en voie vers l’assimilation ultime du fait français s’en trouvant toujours plus dénier, voire renier. Vouloir faire se modeler les Québécoises sur les Canadiennes anglaises, au point d’inverser leurs priorités et tant écarter leur priorité d’être d’abord femme, via celle d’être conjointe, si pour être par ailleurs mère, au profit d’une pression les faisant plutôt d’abord mère, va directement contre l’égalité québécoise entre femmes et hommes, surtout si via le biais de la question de l’avortement en vue de la biaiser au point de la faire se plier à l’anglicisante « common law » d’où l’en contester au détriment d’un droit sociopolitique et juridique civiliste d’emblée universaliste3. Son contexte sociodémographique sociopolitiquement global du ratio natalité/mortalité est modulé par immigration/émigration et surtout par la distribution des pouvoirs visant sa gestion débattue entre le Fédéral et le Provincial dans le contexte panplanétaire d’une croissance populationnelle sociodémographique toujours plus sous pression par sa propre masse et source de pression environnementale technologiquement démultipliée problématisant lesdites chaînes d’approvisionnement au ressort de quelque capacité productive que ce soit et de quelque marché s’ensuivant et menant uniquement en bout de parcours à la consommation (se voulant d’autant instantanée que sous pression croissante du moment présent censé en être toujours plus marqué par l’urgence). On s’en aperçoit, le tout engage d’emblée les Devenirs constitutionnels canadien et québécois, mais les problématise en les contextualisant. Se révèle leur sens.

    Il faut aussi garder à l’esprit le problème des croyances performatives, à savoir des croyances qui affectent nos décisions et actions autant personnelles que collectives, mais trop souvent sous la forme d’incitations perverses, au sens de provoquer l’effet inverse de celui affiché promu, voire de provoquer soi-même et si malgré soi cela soit-il ce qui est reproché à d’autres. Que l’on pense au trudeauisme prétendant parvenir à une croissance sociodémographique en cherchant à noyer et à déstructurer toute natalité propre par une immigration la submergeant et en disloquant tous les services (logement, etc.), faute d’y veiller aussi du même coup. René Lévesque résumait: le fédéral noie le Québec, le Québec enregistre la noyade. Cette manipulation fédérale éhontée désintégrant la composition sociale atteint d’abord, aussi et surtout tout humain en sa dimension sociale au profit du seul individu individualistement considéré et collectivisé tel. Une telle immigration est d’autant exogénément (fédéralement) massifiée et densifiée au besoin que faite arme d’attaque, à l’image de la trudeauiste Constitution de droits et libertés si individuels qu’individualistes avec toute teneur sociale annexe, dérogatoire et rendue plus aisément manipulable.

    À l’inverse, un gouvernement peut vouloir agir sur la sociodémographie en privilégiant la natalité relativement à l’immigration. S’il se base sur ladite théorie du déficit informationnel, comme en Corée du Sud, il peut se faire accroire y remédier par une politique axée sur l’individu et investir pour financer des allocations familiales, procréations médicalement assistées, services de transports vers garderies en dehors des horaires d’écoles ou encore des primes aux entreprises proposant des solutions pour la garde des enfants, voire parfois à la naissance. Or, ce qui a eu le réel effet recherché a plutôt consisté en une intervention systémique socialement constructive consistant à investir dans le développement de lignes de train, dès qu’ayant identifié ce paramètre jusqu’alors ignoré: les difficultés de transport, une fois réglées, ont fait passer le temps de trajet des habitants de la banlieue travaillant au centre-ville de 80 minutes en moyenne à seulement 20 minutes, de sorte que cette meilleure condition de vie, elle, a contribué à l’accroissement des naissances4. Les injonctions paradoxales exigeant intentionnellement une chose et restant aveugles au lieu de s’ajuster aux conditions réelles de vie ont des effets limités, si ce n’est inverse à ceux recherchés, a fortiori si se faisant accroire qu’il s’agit d’une résistance au changement et qu’il faut le forcer, selon le même type d’effort tout aussi intentionnellement déconnecté de la réalité. Le vivier idéologique par excellence en jaillit lorsqu’en surgit un problème de cohérence systémique instaurant une dysharmonie « entre principe et action, entre discours et politique menée »5. L’illustre le fédéralisme bancal issu du trudeauisme, d’abord et avant tout ce qui s’en est constitutionnalisé d’autant sans et contre le Québec qu’en tronquant tout humain de façon si individuelle qu’individualiste que tout ce qui en est collectif, voire social, n’advient plus uniquement qu’en clause annexe et dérogatoire. Jusqu’à la « common law » est censée gruger de sa propre teneur si fortement jurisprudentielle, jusqu’au sein du Québec, le droit civiliste au contraire universaliste. Surtout si l’on considère que le cerveau humain est un organe dont les états biologiques sont corrélés avec un ressenti (affect, feeling en anglais) qui est communicable, par tout un chacun pouvant exposer ce qui s’en sent à autrui le lui demandant au point de le leur rendre concevable à tous deux et d’en être tant proprement aptes à affectivement pressentir et cognitivement prédire qu’à préparer à l’action. Surgit une heuristique qui peut sembler approximativement efficace, mais ne l’est véritablement que si s’éveillant plus pleinement à la réalité en s’y ajustant et s’y adaptant. Non en tronquant jusqu’à son éveil et en forçant depuis une idéation biaisée jusqu’en sa logique, donc par pure idéologie, jusqu’au réel à lui rendre conforme en le réifiant selon ce qui s’y prête et en en refoulant tout le reste.

    Le tout s’effectue et varie selon cinq facteurs de vitalité non tant ethnolinguistique que sociolinguistique statut, sociodémographique densité, complétude institutionnelle, hiatus constitutionnel s’en trouvant ou non aménagé autant entre les Constitutions canadienne et québécoise qu’entre langue et éducation (selon et depuis l’article 93 de l’AANB de 1867)6 et enfin, la respective régulation ou non de la translation intergénérationnelle s’ensuivant en la société civile, dont différer le moment d’avoir des enfants pour s’assurer de conditions permettant que ce soit en français. Plus risque accru de rupture intergénérationnelle lors de la période critique des 15-35 ans faisant passer de la famille de provenance, via l’école, au travail et à la politique au ressort de quelque éventuelle nouvelle famille alors et seulement alors rendue viable et risque d’inversion la pyramide des âges si plus d’âgés que de plus jeunes parlent français, donc risque d’un vieillissement prématuré sociopolitiquement généré par assimilation linguistique, comme y tend encore l’ethnoracialisme enreligiosant trudeauiste par la Constitution canadienne de 1982. Faut-il rappeler que le taux de bilinguisme officiel ne se maintient au Canada que par sa croissance au Québec compensant sa décroissance dans le ROC ?

    On s’en aperçoit: les cinq facteurs de la vitalité sociolinguistique sont nécessaires à toute opérationnalisation possible de quelque politique que ce soit, d’abord et avant tout constitutionnaliste, puisque le 4e facteur, à savoir le hiatus constitutionnel pancanadien ne perdurant qu’en se radicalisant de l’AANB de 1867 à la Constitution de 1982 encore fort prévalante en 2026, conditionne les trois premiers facteurs (autrement à risque d’être réduits de sociolinguistiques en ethnolinguistiques) et impacte directement le 5e, à savoir la façon dont se sociogénère et se cultive la société civile. Du moins, si la culture, dont sa transmission par l’éducation, en particulier scolaire, est aperçue et reconnue en sa teneur sociale s’intégrant plutôt que se faisant réduire et laminer par l’ethnoracial enreligiosant trudeauiste à partir d’humains tronqués d’être d’emblée sociaux au profit de leur seule teneur individuelle radicalisée en individualiste dite se collectiviser telle.

    Sans parler de maints autres facteurs qui s’y intègrent et qui sont liés aux trajectoires de vie en leurs articulations aux institutions en cause (3e facteur) par lesquelles s’en sociogénèrent et s’en cultivent (sans indûment s’en ethnoracialiser à la façon trudeauiste): soif d’épanouissement personnel; conditions de vie, dont les conditions sociales faites aux individus (mais qu’ignore le trudeauisme) et les conditions économiques plus ou moins temporellement appropriées (le kairos grec, timing anglais, moment opportun se cernant de l’italien au français lors de la Renaissance, etc.) les en facilitant/contraignant d’autant; le temps plus ou moins allongé pour se trouver un travail stable. Surtout en tout début d’insertion sociale par le travail, ce qui touche fortement les jeunes et donc la tranche temporellement première des 15-35 ans (en plein milieu du lien intergénérationnel au sein du 5e facteur de vitalité sociolinguistique et si non bien étayé, menant à la rupture entre les plus jeunes et les plus âgés, donc en voie, ainsi de sociale à individuelle, vers l’assimilation).

    Un autre point s’y ajoute: le sociosexoréférentiel extralinguistique pèse jusqu’en l’expression linguistique. Risque de l’occulter le bilinguisme officiel trudeauiste en présumant une symétrie pseudo-équivalente, alors que très souvent au contraire totalement inverse entre français et anglais. Au sens linguistique, l’article neutre anglais, autant défini qu’indéfini, s’impose au non neutre jusqu’en biologie, tout à l’inverse du français: the man/the woman, a man/a woman versus l’homme/la femme, un homme/une femme. L’anglais, porté à donner « gender » pour « sex » et en neutraliser la culture et l’assimiler à sa seule biologisation (male/female), n’a pas de système pour distinguer le genre linguistique, à savoir le masculin et le féminin, à partir de l’article, autant défini qu’indéfini, sauf s’il se fait plutôt adjectif, en est possessif et se personnalise: his wife/her husband versus sa femme/son mari, si ce ne sont his wife/her man versus sa femme/son homme. Archicrucial: en anglais, le neutre est au ressort du « gender », lequel s’en prétend d’autant uniquement socialement construit, à la fantaisie de tout un chacun ET selon l’autre des deux d’où le possessif le ressaisit tant d’emblée en son miroir, qu’il s’en trouve totalement déconnecté du sexe propre, dès lors censé s’en réifier et s’y conformer. L’inversion référentielle extralinguistique révèle la réalité surgir totalement en miroir entre anglais et français: l’anglais ne dit her wife, his husband ou her wife, his man que si le genre de la personne conjointe est inverse, dès le cisgenre jusqu’en LGBTQ+, ce qui est tout au contraire déjà inclus pour tous en les expressions françaises sans les changer, car l’adjectif possessif et l’article s’accordent habituellement en genre et en nombre avec le nom (substantif): tous peuvent dire et disent, en leur condition propre de vie et selon leur situation, sa femme, son homme. Sous l’adjectif possessif, le véritable enjeu est le sentiment d’appartenance ou non, à savoir le nomos ou l’anomie (surtout si au sens durkheimien), tissant ou non le lien social et ce, jusqu’en et en regard de tout ce qui peut s’y articuler par des articles défini ou indéfini, lesquels sont non neutres en français et au contraire neutres en anglais. Or, « quand j’utilise le genre comme variateur du contenu sémantique d’un mot (la cave/le cave), cette opération ne résulte en aucune façon d’une élaboration préalable de l’activité cognitive: elle est une possibilité inhérente au système du français » (…) « à partir d’un mécanisme dont personne n’est responsable »7. Possibilité absente dans le système linguistique de l’anglais… sauf en sa part possessive d’emblée extralinguistiquement seulement indirectement personnalisante selon le sexe, lequel n’est biologique (male/female) qu’en faisant du même coup confondre sa dimension sociale avec le genre (« gender »), là où le français persiste à accorder le possessif avec le substantif selon le genre linguistique chez toute personne, de quelque sexe soit-elle et dès lors libérée socialement jusqu’en sa pensée quant à tout genre extralinguistique, dès ledit cisgenre et a fortiori la mouvance LGBTQ+. Par exemple, il est possible de dire « sa femme » autant de la femme d’un couple hétérosexuel dit cisgenre que de toute femme d’un couple lesbien, d’où l’universalisme, là où l’anglais les y opposent par les respectifs « his wife » et « her wife », d’où l’individualisme, certes, mais on s’en aperçoit, tel que s’imposant depuis l’autre individu en cause, donc toujours indirectement. Les droits si individuels qu’individualistes anglais valent plus pour certains individus que pour d’autres. L’illustre l’inversion étatsunienne trumpienne réimposant les Tradwives en accord avec Project 2025 et à l’encontre de la sociogenrance autrement LGBTQ+ ayant cherché à s’en démarquer. Si l’anglais aliène le français, il lui faut l’atteindre en sa liberté mentale d’emblée sociale et universaliste. Tout s’effectue de la même façon que les droits individuels (mais inversement constitués à partir de l’autre individu) prévalant, en anglais, et que les droits d’emblée sociaux et civilistes jusqu’au point d’en être universalistes chez tout un chacun, si individuellement considéré puisse-t-il éventuellement être, en français.

    Et Droits collectifs du Québec pourraient demander si c’est pour cette raison d’une pression extralinguistique jusqu’en la linguistique par laquelle devoir énoncer le juridique que la Cour suprême du Canada refuse d’entendre, non seulement la cause du rapatriement unilatéral de la Constitution canadienne sans et contre le Québec, voire en dénaturant la Constitution de 1867, mais aussi l’exigence de traduire ses anciens jugements entre et de la Constitution de l’AANB de 1867 à l’essor trudeauiste ayant mené aux langues officielles de 1969, d’où s’est forgée la Constitution de 1982. Éclaterait au grand jour le caractère fallacieux du bilinguisme officiel canadien trudeauiste et son arbitraire total face au français comme langue commune et officielle du Québec, mais surtout quant au déséquilibre trudeauiste des pouvoirs depuis l’exécutif jusqu’en le législatif et enfin, le juridique sous lequel encarcaner outrancièrement le fait français jusqu’en la société civile en l’y affligeant d’avoir à se battre toujours à rebours de ce qu’il y est, pour ne plus que l’y plier à l’idéologie ethnoracialiste enreligiosante trudeauiste si pervasive. S’y ajoute le déséquilibre fiscal qui augmente de façon artificielle et abusive le pouvoir fédéral de dépenser et qui empêche aussi du même coup les Provinces de financer adéquatement la croissance des coûts de leurs services publics8. Il serait crucial d’y porter une très grande attention en santé et éducation scolaire. Santé physique, biologique et mentale, si éminemment concernée par toute cette sociolinguistique différentielle et en grande partie si inversement opérante entre français et anglais, a fortiori selon les conditions de vie socialement en cause. Éducation scolaire, jusqu’en les programmes portant sur la culture, éminemment en cause, le sexe versus le genre et enfin, la citoyenneté, mais via le civil-donc la société civile, depuis le civique, par ces différences culturelles sociolinguistiquement mises en jeu auxquelles s’éveiller et dont chercher à favoriser la convergence culturelle, comme l’appelle Guillaume Rousseau9. Cerise sur le gâteau de l’abus de pouvoir, le Fédéral en tire par surcroît le prétexte de s’ingérer dans les compétences provinciales (car les rendant inaptes à s’exercer) et cherche à leur imposer des conditions en vue de rendre structurel et donc chronique cet abus de pouvoir, à la fois hypercentralisateur et générateur de dépendance. Il ne reste plus au Fédéral qu’à occulter le tout en déniant tout déséquilibre fiscal et a fortiori que c’est à l’image du déséquilibre des pouvoirs par l’exécutif noyautant le législatif jusqu’en le juridique d’où encarcaner la société civile, dès que francisante.

    Enfin, le dialogue avec les peuples autochtones est d’autant important que leur matricentrisme (non matriarcat en lequel le patriarcat cherche à se décalquer) peut être très en affinité avec cette assise québécoise égalitaire entre les sexes. Il s’agit aussi de renouer avec sa propre histoire faisant que les Canadiens autrefois identiquement Français et pris sous le joug de la Conquête britannique s’en sont mis à tant effacer et oublier leur part autochtone qui était inhérente à leur métissage culturel avec les Autochtones et qui les a constitués pour ne pas en subir le même sort, au point d’insister « sur le prestige et la grandeur de leur caractère français, selon Delâge. Afin de réclamer à leurs conquérants le droit de conserver leur culture, ils montrent qu’ils se trouvent du côté de la civilisation, non celui de l’ensauvagement », ce pourquoi les Autochtones ont pu avoir eux aussi tendance à les désigner tous deux ensemble comme des « Blancs »10. S’y aperçoit comment les races se forgent non pas tant biologiquement que sociohistoriquement. Sauf si tout s’inverse, comme en la raciste Loi sur les Indiens ou le trudeauiste multiculturalisme ethnoracisant s’ethnoracialisant au point de se faire ethnoracisme s’avérant surtout ethnoracialiste, selon qui monopolise la capacité de ne plus faire se forger cette ethnoracisation que la redoubler de l’accusation d’ethnoracisme, surtout en méconnaissant des données aussi fondamentales que celle-ci ou que la distinction comparative entre origine (ethnique) et langue maternelle exemplifiée par Arès, ce qui mène à biaiser les faits et a fortiori leur lien avec les droits.

    Soyons clairs: la notion de race n’a aucun fondement scientifique quant à la teneur biologique à laquelle les idéologues cherchent à faire accroire, mais uniquement quant à sa teneur de part en part sociale, voire sociohistorique, d’abord socioperceptive, du fait que nos cerveaux fonctionnement par comparaison et s’appuient donc sur des repères observables sans pour autant avoir à présumer jusqu’à préjuger ainsi ce qui les produit. Les idéologues poursuivent indûment depuis et par-delà ces simples repères socioperceptifs en classifications indues sur la base de tels préjugés appelés à se radicaliser au fur et à mesure que la racisation en question se fait racialisation, voire bascule de racisme en racialisme. Il est temps de se mesurer à l’idéologie principale qui est trudeauiste et qui est d’autant si asociale et anhistorique qu’inapte à prendre en compte de telles données de base, les plus factuelles, au ressort de quelque équilibre des pouvoirs, dont le droit en jaillissant. Ladite lutte des races et a fortiori des racismes et surtout racialismes (selon qui monopolise la forge racisante, et de là, du racisme à en tirer et à attribuer) est plutôt une lutte des cultures engageant d’emblée des nations, ce que cette idéologie tend à occulter.

    b) Lutte culturelle d’autant sociohistorique que s’intégrant plutôt que se laminant en ethnoraciale au ressort de la nation

    D’une part, il est crucial de travailler encore mieux sa notion de nation. Elle n’est pas seulement une « entité immatérielle composée de la conscience qu’a un peuple de lui-même, d’une langue et de la culture que ses membres partagent, ainsi que de la volonté de la maintenir »11. Certes, cette conception enrichit et précise sous cet angle la nécessaire prise de conscience qu’un peuple peut avoir de lui-même, que signalait déjà Bodin à la Renaissance, mais la volonté de la maintenir (en sa langue et sa culture communément partagées) exigent de se rendre jusqu’à la reconnaissance par un statut juridique, comme l’avait aussi signalé Bodin, voire, par un statut constitutionnel, car au fondement législatif de toute loi susceptible d’être en cause. Ainsi complétée, cette conception de la nation, on s’en aperçoit, est irréductible à la race. Et si elle peut avoir quelque dimension ethnique, c’est par la culture, mais attention, culture en tant que sociogénérée et donc apte à s’inclure plutôt que se faire laminer en et par l’ethnie, a fortiori l’ethnoracial qui fusionne et instaure une confusion totale d’autant de la culture avec la nature, en l’occurrence présumée biologique, que cette culture s’occulte elle-même en sa manière d’y procéder pour n’y paraître que naturelle. C’est pour cela que le fédéralisme trudeauiste est si bancal et biaise tant idéologiquement que vicie tout rapport entre principe et action, entre discours et politique menée. Le trudeauisme refuse de penser la nation, sauf ce qui peut s’en centraliser au fédéral et s’en présumer évident au point de ne pas en parler, surtout si en termes dudit bilinguisme officiel (abstraction faite de l’extralinguistique susceptible d’en révéler autant les fort culturelles manières de parler que les rapports en miroir entre français et anglais alors en cause, donc le biculturalisme qu’il a évacué du Rapport Laurendeau-Dunton), et autrement en attaquant et parasitant le Québec, s’il est nationaliste. Or, des Trudeau à Carney, le nationalisme albertain visant une autonomie axée sur l’énergie passe mieux. L’énergie, de source pétrolifère issue de la décomposition de vivants dinosauriens, est si naturelle, comme la race ! Des Trudeau à Carney, comme le pétrole, l’idéologie s’extraie et de là, se raffine (mais où et par qui ? aux États-Unis et par les Étatsuniens ? en Asie, de fait en ladite zone Indo-Pacifique vers laquelle se déplace le centre de gravité économique mondial et, pour ce faire, en forçant le passage à travers et malgré la Colombie-Britannique, a fortiori ses Autochtones, pour s’y rendre, sinon en se donnant façade d’y adhérer face aux difficultés qui feront en sorte de l’empêcher comme si sans y avoir contribué ?).

    D’ailleurs, son ministère de la culture et identité canadiennes (plus langues officielles censées s’y intégrer), avec Parcs nationaux (et tout ce que peut autrement devenir la Nature, lors de son transfert à un ministère de l’environnement conçu pour privilégier une telle économie au détriment de l’écologie) et lieutenant du Québec vient de s’y buter et d’inciter Steven Guilbeault d’en démissionner (pour pouvoir continuer de se regarder dans un miroir et y apercevoir un double de lui-même lui ressemblant encore un tant soit peu). Ce n’est pas sans voir éclater son agglutinant refoulement en trois pièces distinctes relevant de trois ministères différents avec leurs logiques respectives en entonnoir toujours plus étroit. Notons en particulier le retour de Marc Miller qui a beau jeu de s’en tenir à sa seule nomination au ministère de l’identité et la culture canadiennes et de se déclarer tanné de parler du déclin du français au Québec qu’il a fini par reconnaître du bout des lèvres après l’avoir dénié. Il s’évite que ne resurgisse le fait qu’il a contribué à le faire se détériorer sous Justin Trudeau, par incurie totale, en particulier via une immigration déconnectée de la capacité d’accueil (logement, garderies, écoles, francisation, etc.) et donc, par là, des manières de vivre et de penser relevant de la culture qui est inhérente à la société civile et dont le français, langue commune et officielle du Québec, est partie prenante. Mark Carney, après l’avoir écarté, l’a choisi après la démission de Steven Guilbeault. Il perpétue l’idéologie trudeauiste, voire la radicalise en un tel sens de fabrique identitaire d’État, depuis le fédéral, avec conjointe ingénierie sociale dont ne surtout pas parler et tout au contraire à taire le plus possible et ce, pour mieux continuer à manipuler les manières de vivre et de penser qui sont culturellement inhérentes à la société civile et censées s’inclure le français. Faute de distinguer en la culture l’artistique subventionné par le fédéral et tout ce devenir social sous-jacent détérioré en ses manières de vivre et de penser, risque de s’occulter que cet artistique émerge de tout ce socioculturel sous-jacent et le met diversement en scène selon ce qu’il n’en représente qu’en s’y imposant à rebours et l’en manipulant idéologiquement via le levier subventionnaire axé sur la fabrique identitaire d’État, à savoir issue du fédéral, pour y parvenir.

    S’y conjugue le problème des voraces plateformes numériques: Simon Jolin-Barrette, le ministre de la Justice du Québec, a semblé cibler l’un des enjeux en cherchant à mieux protéger les Québécois et en voulant obliger les plateformes numériques de mettre en évidence un bouton permettant de se désabonner et de ne plus les arnaquer en les hameçonnant par quelque façade initiale d’économies pour d’autant mieux leur imposer des coûts faramineux d’abonnement par la suite qu’instaurant un labyrinthe à travers lequel il devient difficile de s’en sortir. La notion de convergence culturelle préconisée par Guillaume Rousseau semble être mise en jeu. Ne faut-il pas autant la défendre que le projet de Constitution du Québec, surtout si le Conseil constitutionnel y est rendu quasi sénatorial comme proposé par le présent Dossier? Les deux semblent devoir être considérés ensemble pour progresser ensemble, au lieu de laisser l’une se faire miner et d’y entraîner l’autre. C’est constitutif (pour être constitutionnel) du troisième des trois axes de travail proposé pour le Conseil constitutionnel québécois.

    L’idéologie trudeauiste axée sur l’ingénierie sociale, surtout si se conjuguant avec les voraces plateformes numériques, ne s’adresse à la culture qu’en l’occultant être sociogénérative, si elle n’est a contrario d’autant plus déstructurée et laminée que ne lui permettant plus de paraître que toujours plus multiculturellement multiethnoracialiste s’enreligiosant telle par fabrique identitaire d’État à imposer depuis le Fédéral. Il ne s’agit déjà plus d’un Ministry of Canadian Culture and Identity, mais of Canadian Identity and Culture. Or, si l’emprise de la stratégie économique énergétique pétrolifère sur la question environnementale a fini par rattraper Steven Guilbeault et le confronter avec l’exigence de pouvoir se regarder en son miroir et s’y reconnaître en son double, surtout si jusqu’en son rôle de lieutenant du Québec et en l’enjeu de la culture et la langue retombant en son idéologique ingénierie sociale trudeauiste en voie d’être carneyiste, ce n’est pas sans rappeler Le Canadien français et son double de Jean Bouthillette de 1972. Un grand symbole s’est cristallisé autour de Maurice Richard, tant « le Canadien de Montréal, propriété d’anglophones, a constamment voulu faire oublier aux partisans que cette équipe de sport et les joueurs francophones qui la composent symbolisaient une manifestation de la nation québécoise. Il a proposé un autre récit en échange: le Québec est semblable au reste du Canada. Bien que québécois, le Canadien de Montréal symbolise donc plutôt la nation canadienne »12, comme si la nation québécoise n’existait pas. Le tout est censé se répéter en maints autres champs culturels et identitaires pour entraver toute émancipation. L’anglicisante canadianization, décalquée en canadianisation et traductible en canadiennisation, relève d’un nationalisme économique qui voudrait bien s’éviter et même s’occulter être un nationalisme politique (d’où ledit Canada postnational trudeauiste fils) pour que le nationalisme canadien s’opère et se fasse valoir de façon toujours plus évidente jusqu’au cœur du nationalisme québécois. Un Ministry of Canadian Identity and Culture, surtout si sans faire resurgir les French Canada et English Canada exigeant plutôt un Canadian Ministry of Identity and Culture, à savoir un ministère canadien (français et anglais) des Identité et Culture, indique bien qu’il s’agit de ne laisser aucune porte ouverte à un correspondant ministère québécois de l’Identité et la Culture. Canadianiser plus que canadienniser ne peut être que jusque du Québec et ne saurait permettre de québéciser, si cherchant un tant soit peu à s’autonomiser, a fortiori s’en faire souverainiste, surtout face à un tel fédéralisme assimilationniste anglicisant. On y aperçoit non seulement le continuum protéiforme des formations politiques s’y distribuant, mais les rapports politiques de force les faisant s’en interfacer au fur et à mesure que s’en constituant.

    L’hypercentralisation fédérale trudeauiste, surtout en se faisant carneyiste, se doit d’être d’abord identitaire, car l’identité est au cœur de toute culture et a fortiori de toute langue l’exprimant. Surgit ainsi plus explicitement la fabrique identitaire d’État si éminemment central, de fait centralisateur et fort unitaire par uniformisante homogénéisation (pourtant censée ne valoir que pour le Canada anglais selon la Constitution de 1867). L’individualiste « common law », ne faisant se collectiviser que tel à l’image de la Constitution de 1982 unilatéralement rapatriée avec l’appui du ROC sans et contre le Québec au ressort de l’ethnoracialisme enreligiosant se réclamant de Dieu, est son vecteur pour faire prévaloir, avec la suprématie d’un tel Dieu, la primauté d’un tel droit (biaisé en sa teneur de 1867 par celle de 1982), surtout face à toute cette tendance sociale (droit civiliste inclus) tendant à se laïciser qu’est le Québec. Au lieu que le fédéral persévère à creuser le hiatus constitutionnel, il serait temps qu’il l’aménage, voire s’engage à réparer tout ce qu’il a entre-temps détérioré.

    D’autre part, comprenons bien que cet ethnoracialisme, exacerbé par le trudeauisme et s’étant imposé depuis le Canada anglicisant aux Canadiens français devenus Québécois jusqu’à modeler de façon colonialiste leur relation aux Autochtones, n’est aucunement une simple figure de style. Il s’agit bel et bien d’un enjeu existentiel faisant d’autant se mesurer jusqu’à l’inexistence qu’il s’inscrit dans la suite directe de la Conquête, de ses inaugurales formes les plus violentes et les plus brutales jusqu’à ce qui s’en est euphémisé et plus indirectement exercé depuis lors, au fur et à mesure que le droit du plus fort s’est doté d’une façade de force du droit (s’imposant de l’anglicisante « common law » pancanadienne au droit civiliste québécois): « Côté anglais, le général Wolfe ordonne en 1759 la mise à mort par scalp des Autochtones et des Canadiens qui auront été faits prisonniers. Les soldats français capturés, eux, doivent avoir la vie sauve. Dans ce conflit, Canadiens et Autochtones se battent vaillamment côte à côte pour protéger le territoire de l’envahisseur britannique »13. On peut ajouter ce point majeur: Vaudreuil a été le tout premier et dernier gouverneur canadien (Français né au Canada laurentien) de la Nouvelle-France et avait une nette tendance à opter pour les stratégies de guérilla des Canadiens (identiquement Français) et des Autochtones, là où Montcalm, à la tête de l’armée française, a tout au contraire prévalu et est allé perdre la bataille qu’il a voulue rangée à la façon européenne sur les plaines d’Abraham contre Wolfe. Bref, les Britanniques, Wolfe en tête, avaient bien compris que la victoire leur serait plus aisément acquise en éliminant les Autochtones et les Canadiens (si identitairement qu’identiquement Français à cette époque, je le rappelle) pour ne se battre que contre les seuls Français de France, surtout si ceux-ci s’entétaient à faire prévaloir leur seule façon eurofrançaise de s’y adonner comme Montcalm. C’est ce genre d’approche qui devrait être au cœur du Musée que François Legault veut créer. Et qui devrait figurer à la première place dans les livres d’histoire, car révélant les enjeux culturels fonciers, jusqu’en leurs métissages culturels, dont ceux avec les Autochtones comme chez ces Canadiens alors Français, dont on s’aperçoit bien qu’ils sont partie prenante du Canada laurentien, au cœur de la Nouvelle-France, et qu’ils sont totalement irréductibles aux Canadians (anglais) cherchant à faire en sorte que les Canadiens (autrement trop Français) n’en soient que les décalques, selon une inversion totale de leur origine même en ce qu’elle fût, est et sera, si parvenant un tant soit peu à s’actualiser en leur « Je me souviens ».

    C’est simple, mais terriblement efficace il suffit d’occulter toute biasymétrie possible pour ne plus instaurer qu’une pseudo-symétrie d’autant apparemment réversibiliste que foncièrement fallacieuse par un soi-disant bilinguisme officiel (occultant totalement sa manière ne pouvant être que culturelle de parler au ressort de toute identité possible, si ce n’est en s’imposant par un ministère de l’Identité et la Culture canadiennes comme processus de fabrique identitaire d’État fédéralement imposé aux Provinces, d’abord et avant tout au Québec) au gré d’apparentes majorités (insinuées majoritaires ?), non française/anglaise, mais dite francophone au Québec et anglophone dans le ROC avec inverses minorités (insinuées minoritaires ?) correspondantes, selon la confusion la plus totale du statut (exigeant de reconnaître au contraire le Québec français minoritaire en un tel Canada) à oblitérer en et au profit de la seule densité numérique sociodémographique, elle-même laminée du nombre relatif en nombre absolu localement isolé et pesant telle jusqu’en les institutions. S’y biaisent totalement les trois premiers facteurs de la vitalité sociolinguistique au gré du hiatus constitutionnel implanté à la sauce de 1982, ce qui impacte tout devenir social possible depuis un vecteur si individuel qu’individualiste s’y poursuivant en ingénierie sociale, donc au gré des deux autres facteurs encore plus biaisés pour mieux biaiser (et ethnoraciser) ces trois premiers.

    Rappelons un petit survol historique qui risque de s’en faire au contraire anhistoriciser en même temps et au fur et à mesure qu’asocialiser: après leur emprunt autochtone, les Canadiens étaient les Français d’Amérique, d’abord et avant tout du Nord, à travers laquelle ils irradiaient. Le Canada laurentien était le cœur de la Nouvelle-France et sa capitale était Québec, ce qui a définitivement été évacué lorsque la reine Victoria a choisi Ottawa comme capitale du Canada sur le point d’être, non plus laurentien, mais de l’AANB, de sorte que la ville de Québec ne pouvait plus y être la capitale que de la seule Province de Québec. Faut-il rappeler pourquoi la fête de la reine (Victoria) est devenue celle de Dollard-des-Ormeaux (surtout depuis Lionel Groulx et Henri Bourassa) et enfin, celle des Patriotes (seulement depuis le début du XXIe siècle, mais en rappelant ainsi le moment décisif qu’a été la Rébellion des Patriotes dont a jailli toute la tension elginienne de sous laquelle s’est poursuivie la tendance durhamienne dont tirer ses diverses figures, de conservatrice, sous Macdonald, à libérale, de Laurier aux Trudeau et Carney)? Cette Constitution de 1867 précise que le français ne se parle qu’aux Parlements d’Ottawa et de Québec. Les écoles y virent confessionnelles (d’abord et avant tout pour protéger la soi-disant minorité, uniquement démographique et tout au contraire et par le fait même, encore fort statutairement majoritaire anglaise au Québec), ce qui a perduré jusqu’à cet autre moment décisif en 1998-2000 les déconfessionnalisant pour les rendre linguistiques, non pas d’abord tant sous le bilinguisme officiel canadien trudeauiste de facto anglicisant que sous le français langue commune et officielle du Québec faisant s’articuler à sa propre façon les deux langues française et anglaise scolairement en cause (ce pourquoi le mémoire de Marc Ryan est si important). Le français est une langue constitutionnelle dès 1867, mais ne devient une langue officielle que sous Trudeau père qui l’adjoint à l’anglais partout statutairement majoritaire et, même si ne l’étant pas toujours sociodémographiquement au Canada, le met au ressort de son bilinguisme officiel jusqu’à s’imposer tel au Québec. Trudeau père d’autant reconstitutionnalise le tout à rebours et l’explicite pleinement tel, par son rapatriement unilatéral de la Constitution en 1982 selon des droits et libertés si individuels qu’individualistes et au mieux collectivisables tels, qu’avec tout ce qui ne peut plus en être bien autrement collectif si aperçu d’emblée social, mais renvoyé en clause annexe et dérogatoire. La « common law » ne peut donc qu’y prévaloir sur le droit civiliste alors si caractéristique qu’à confiner dans le seul Québec, voire tant la lui y imposer qu’y biffer le plus possible ce qui peut ainsi contribuer à en faire une société bien trop distincte et surtout apte à rappeler la sous-jacente Constitution de l’AANB de 1867, que celle de 1982 est censée siphonner et se résorber, encore et toujours sans et contre le Québec.

    Or, une Constitution du Québec ne semble pouvoir émerger qu’en se donnant pour tâche, non seulement réactive et rétroactive à la Constitution de 1982, mais proactive, au point de le lui rappeler et donc de faire resurgir tout ce refoulé perdurant de sous le trudeauisme au moins par la Constitution de 1867, tout en faisant par surcroît prévaloir au moins au Québec avec son droit civiliste, d’abord, aussi et surtout sa société civile (selon les trois axes du mandat susceptible de doter son Conseil de la Constitution d’un statut quasi sénatorial). Le Canada de 1867 était encore composé de Français d’Amérique et de Britanniques d’Amérique, même si par-delà Durham et le Canada-Unis de 1840 (abolissant le français), le français a été rétabli (1842-1848) et a pu faire se partager l’identité du Canadien avec ces Britanniques à compter de LaFontaine. Il était encore question non pas tant de Canadiens français que de Canadiens-Français, ce qui rappelait que les Canadiens avaient été jusque-là les seuls Français. Pour se distinguer des Britanniques en train de se faire Canadians et clarifier les dénominations identitaires respectives, les premiers Canadiens se disent « Canadiens-Français French-Canadians ». Cette citation de Bock & Gervais est extraite de Benjamin Sulte, Histoire des Canadiens-Français, 1608-1840, volume VIII, Montréal, 1882-1884, p. 14214. Or, dans la préface du volume I, Sulte adopte une autre graphie et dit écrire l’histoire, non du Canada, mais des « Canadiens-français ». La prétention d’une uniformité, autant de langage que d’accent de la langue populaire (Sulte, volume VIII, p. 143), laisse donc entrevoir une limite dans l’écrit, du fait de cette disparité graphique, chez Sulte lui-même, car révélatrice du glissement s’effectuant du nominal vers l’adjectival, de Canadien-Français à Canadien-français, puis à finalement Canadien français (en attendant de n’être plus que francophone sous le bilinguisme officiel trudeauiste et de n’en être plus que Canadien bilingue face à un Canadian restant, lui, le plus souvent de part en part anglais et n’étant jamais anglophone que pour signifier sa traduction éventuelle en francophone, non seulement en Canadien francophone, mais jusqu’au sein du Québec, du Québécois, depuis les années 1960, en Québécois francophone, depuis les années 2000). Cette disparité graphique se retrouve déjà dans le rapport officiel des séances du Congrès de l’ACFÉO en 1910, alors que s’énonce l’Ontario canadien-français aussitôt dit Ontario français, sur le mode d’une provincialisante ontarionisation (ontoriennisation) du français censée d’autant s’effectuer selon celui de sa canadianisation (canadiennisation) que le foyer québécois du Canada français est en train de d’autant s’en faire laminer que le fait français pancanadien de s’y faire refouler à cette fin (conjointement aux dits Indiens en des Réserves, puis, dès l’enfance, en des pensionnats). Si l’on considère que cette disparité graphique dure au moins depuis 1882-1884, en particulier chez Sulte, et qu’elle se reconnaît encore en 1910, en l’ACFÉO naissante et elle-même à la source de l’Ontario français, il peut s’agir, non d’un simple événement éphémère, mais possiblement d’une tendance lourde qui perdure. On s’aperçoit aussi de la transformation linguistique qui se produit, lorsque le Français établi au pays se dit Canadien, puis se transforme en « Canadien-Français » (en regard du « Canadian ») et, enfin, transpose l’expression concurrente, mais moins fréquente, à savoir « Canadien-français », en « Canadien français », en accord avec l’usage actuel ayant rapproché, inscrit et même repris l’ascendance française (encore indiquée par « Français » écrit en majuscule dans « Canadien-Français ») depuis sa région proprement canadienne (d’où un tel « Canadien français »). De plus, en ayant bloqué pendant les trente ans suivant la Conquête tout lien des Canadiens, identitairement et identiquement Français, avec la France, puis en leur ayant imposé une immigration anglicisante massive issue du Royaume-Uni (regroupant Angleterre, Écosse et Irlande depuis 1801) en même temps qu’ayant accentué leur hémorragie vers les États-Unis pendant les années 1840-1930 (donc pendant Le siècle de Mgr Bourget), « les anglophones opposaient au Parisian French le French Canadian Patois, d’où le réflexe des Canadiens français de justifier leurs particularismes »15, voire leurs existences comme « Franco-canadiens », selon l’expression employée par Groulx16. À moins de remonter à la saga de la suppression du français en le Canada-Uni durhamien (1840), puis son rétablissement (1842) doublé du gouvernement responsable de LaFontaine (1848-1851) à compter duquel l’identité du Canadien (Français né au pays, comme les Autochtones amérindiens avant eux) aurait pu être partagée avec les Anglais (commençant aussi à immigrer plus massivement, puis à naître au pays), mais non sans que la distinction entre Canadiens-Français et Canadiens-Anglais risque de passer d’autant de French Canadians en English Canadians que ceux-ci ne considèrent le tout que depuis eux seuls en tant que Canadians, dont tout autre n’est plus que la spécification, d’abord et avant tout de tels French Canadians, sinon leur traduction, à savoir Franco-canadiens (surtout si l’on est groulxien), aussi inversables en leur propre langue en Canadiens-Français, puis Canadiens français, voire une fois le bilinguisme constitutionnel (1867) fait bilinguisme officiel géré depuis le fédéral rapatriant aussi avec le ROC sans et contre le Québec la Constitution (1969-1982), en Canadiens francophones, alors qu’émergent les Québécois (années 1960) appelés à s’en faire Québécois francophones (années 2000). On aperçoit mieux la signification réelle du Statut de Westminster reconnaissant en 1931 une autonomie à son Dominion du Canada17 (qui, lui, s’est entre-temps fait accroire être devenu en 1867 une Fédération sous façade de Confédération, alors que perdurant à être si unitaire qu’hypercentalisateur et que les Provinces en tant qu’États fédérés, surtout le Québec, doivent incessamment s’y battre pour restaurer ne serait-ce qu’un semblant de Fédération). Après plusieurs décennies d’immigration loyaliste, irlandaise et écossaise, toutes d’allégeance britannique et surtout de langue anglaise distincte de l’étatsunienne (s’imposant aux Amériques), et une fois instauré l’Acte de l’Amérique du Nord Britannique, l’imaginaire va bon train et transparaît en particulier à travers les journaux de l’époque, puis aussi les films les rendant plus visuels, mais en restant muets, voire sourds-muets. Surtout, cet imaginaire se réintègre depuis le langage écrit (par ces journaux) et scénique (par ces films) jusqu’en l’oral, plus quotidien et prompt à s’intégrer en tout un chacun dans les sociétés de masse en train de se forger avec l’urbanisation… à laquelle participe moins rapidement les Canadiens français… en restant en quelque sorte davantage « sauvages » :

    « Pour se distinguer des « Canadiens » d’origine française, l’appellation French Canadian a commencé à être utilisée dans les journaux de Toronto pour stigmatiser les Métis de l’Ouest qui voulaient protéger leurs territoires et pour susciter l’appui des « Canadians » (l’immigration d’origine écossaise, irlandaise et britannique). Au début du siècle dernier, l’appellation « French Canadian » avait toujours ce caractère dénigrant, comme le démontrent les films tournés à Hollywood à cette époque quand ils concernaient l’histoire du Canada. Les vilains étaient des French Canadians. (….) Quant aux Métis, toujours engendrés par des francophones, ils sont doublement dangereux puisqu’ils allient la sauvagerie des Indiens et celle des Canadiens français. » L’expression dénigrante a choqué les Canadiens d’origine française, mais pour se montrer solidaires des Métis et de Louis Riel ayant vécu à Montréal, ils endossèrent progressivement cette appellation après la pendaison de Louis Riel le 16 novembre 1885, et ce, jusque dans les années 1960, soit plus ou moins 75 ans. » (Canadiens français, Wikipedia)

    Donc, depuis l’Ontario-Ouest qu’étaient les Prairies comme chasse gardée de l’Ontario, il y avait les Canadians s’avalant d’autant les Canadiens qui étaient autrefois les Français et il y avait les French Canadians faits d’autant leur décalque en Franco-canadiens qu’à traduire en Canadiens français. Or, c’est justement en réponse à cette affaire Louis Riel que le mouvement autonomiste émerge au Québec avec Mercier, lequel se découvre malgré tout de grandes affinités avec Mowat qui, en et depuis l’Ontario, lutte des décennies durant dans cette même perspective autonomiste provinciale à l’encontre du gouvernement fédéral hypercentralisateur de Macdonald. Toutefois, au fur et à mesure que le Canadian s’impose depuis le centre de gravité ontarien si prépondérant à l’échelle pancanadienne et s’y voile être proprement Ontarian, jusqu’au Fédéral s’aperçoit que sa capitale à Ottawa (à la frontière de la rivière Outaouais démarquant l’Ontario du Québec, d’abord Gatineau) est dans la même Province que Toronto comme capitale de l’Ontario18. D’ailleurs, tout l’Ontario français suit ces divisions principales du Sud en regard de l’Est, en s’ajoutant le Nord, dont Sudbury ayant pu être un certain temps l’épicentre de la mouvance qui s’est dite Franco-Ontarienne, avant de se redéfinir en plus strictement francophone (dans la lignée du bilinguisme officiel canadien trudeauiste) et en déplacer jusqu’à son épicentre à Toronto sous l’égide de l’ACFÉO, puis ACFO y étant entre-temps devenue l’AFO, l’Assemblée de la Francophonie de l’Ontario. Tout comme l’épicentre de tout le Canada de part en part Français, devenu Canada français, ne s’est lui-même dit tant Québec que Québécois qu’en glissant à son tour de Québec français, si un tant soit peu francisant pour perdurer en tant que français, en Québec francophone. Comprenons bien que la redondance du Canadien, autrefois le Français, qu’énonce le Canadien français fait déjà se réduire l’identité proprement si culturelle que pansociale à partir de sa colonisation s’appropriant jusqu’à son nom, à savoir de Canadien en Canadian. Ne lui reste que « l’exotisme de sa langue » ne lui permettant plus de se dire Canadien que Canadien français et même pis, que Canadien francophone, renvoyant au Franco-canadien décalquant lui-même le French Canadian, ce qui n’est plus français, mais anglais: ça peut sonner français, mais est-ce encore en un sens français ? D’autant que, si l’anglais va davantage de la matière à l’esprit et donc du son au sens, le français, tout au contraire, va davantage de l’esprit à la matière et donc du sens au son et même a fortiori à l’écrit, car ramenant l’audible au visible et impliquant de là, que la vue elle aussi passe et se ramène du visible à l’intelligible d’emblée mental. Bref, même quand ça sonne français à l’oreille, ce ne peut l’être que si le sens préside à la production sonore, nullement l’inverse par lequel déjà s’angliciser et ce, à même le français. Bien noter ce ne sont pas des emprunts de mots à l’anglais pour les franciser ou même les intégrer tels quels en français qui font s’y assimilater, mais cette inversion phonosémique lors de leur usage à même tout échange interlocutoire, voire interscriptural. Par exemple, des échanges Franco-Québécois, donc entre la France et le Québec, sont-ils Franco-Canadiens au point de s’en trouver encarcanés à partir du Canadian leur imposant de n’en être que French Canadians, non comme tels, mais en ne pouvant en être que le décalque canadianisant plus que canadiennisant ? De même, sous Carney, non pas ministère canadien des identité et culture (qui pourraient être non moins françaises qu’anglaises en même temps que faire place et s’articuler avec un correspondant ministère québécois des identité et culture), mais ministère des identité et culture canadiennes, as canadians, et où y fondre les langues officielles, en français et donc avec dimension sociale inhérente à la notion de langue et pourtant renvoyée en clause annexe et dérogatoire de la Constitution de 1982, comme de correspondants décalques des anglicisants official languages. Quand sera prise en compte la manière, d’emblée fort culturelle et identitaire, de parler jusqu’en ledit bilinguisme officiel, surtout que redoublant, par le nom même du ministère correspondant, l’emprise officielle, autant culturelle qu’identitaire, sur ce bilinguisme? Et a fortiori jusqu’en le français comme langue commune et officielle du Québec risquant autrement d’y prêter flanc, faute de bien distinguer la culture d’emblée socialement générée et rendue apte à s’intégrer l’ethnoracial, plutôt que de s’y faire laminer en particulier à travers une immigration d’autant contrôlée et soi-disant multiculturelle depuis le Fédéral que sous façade pseudo-bilingue (car bilingue non pas tant pour les Anglais que pour les Français et, chez les autres, le plus souvent par leur propre langue d’origine tierce, les deux en voie d’anglicisation), en regard de la culture artistique susceptible autant d’y puiser que de la représenter?

    Pour sortir de la rhétorique hypercentralisatrice et assimilationniste fédérale, pourquoi ne pas distinguer en la population québécoise les gens de souche, certes, mais de souche ancienne et de souche plus ou moins récente, à savoir immigrante19, voire, comme en cette émission s’intitulant Immigrants de souche, consistant à aller rencontrer des immigrants établis en région et y prenant donc racine au point de constituer une souche d’où une lignée peut émerger et alimenter la double naissance faite nature et nation? Et pourquoi certains immigrants ont embarqué dans la mouvance souverainiste ou à tout le moins autonomiste, là où d’autres se sont plutôt alignés sur la litanie fédéraliste ? Sans parler de tout ce qui a pu en resurgir à travers les propos de Paul Saint-Pierre Plamondon (PSPP) réajustant ce qu’il a pu initialement dire du milieu culturel artistique, lors de la nomination de Marc Miller au dit ministère Identité et Culture canadiennes, à Tout le monde en parle le 7 décembre 2025, mais en s’étonnant à quel point ceux qui s’adressaient à PSPP étaient peu éveillés à tous les points qu’il soulevait et ce, même quand il leur répondait et le leur explicitait. Le tout rejoint grandement les grandes lignes du petit livre, à la fois publié par Joseph Facal pour rendre compte de l’étranglement fiscal et autre pratiques par le gouvernement fédéral suite au référendum de 1995 et résumés dans son article sur « Les vérités dérangeantes de PSPP » paru dans le Journal de Montréal? Cela ne mériterait-il pas aussi d’être examiné de plus près ? Je ne suis pas certain que des immigrants souverainistes ou à tout le moins autonomistes, s’ils s’affichent tels et signalent examiner tels les enjeux en question, aient vraiment conscience de la portée que leur voix peut avoir pour faire réévaluer toute la question migratoire et la façon même de pouvoir en parler jusqu’en la tension entre le Fédéral et le Québec, surtout sur la place publique. Toutefois, même s’il peut y avoir un mouvement d’Immigrants souverainistes ou à tout le moins autonomistes, les obstacles sont les mêmes, voire pires qu’en la culture artistique, si y voilant de la même façon la culture, mais d’autant d’emblée sociale que sociogénérative (en s’intégrant versus se laminant en ethnoraciale si pour parvenir à quelque convergence culturelle que ce soit ?). Il arrive que la culture sociopolitique mise en jeu ne le soit surtout pas directement, mais indirectement, via un nationalisme politique s’occultant en nationalisme économique et a fortiori subventionnaire, seul plus évidemment opérant et ailleurs que sur la place publique, car plus privément, dans quelque recoin où ne pas trop paraître: non seulement couper toute subvention susceptible de l’aider, faute de s’aligner sur l’idéologie fédérale, a fortiori si ce mouvement d’immigrants souverainistes ou à tout le moins autonomistes est laïc, car aussi à risque de ne pouvoir prétendre à des statuts d’OSBL ou OBE auprès de l’Agence de Revenu du Canada (sous prétexte que ce ne serait pas culturel et éducatif, mais politique… tant que non-fédéraliste !), alors que les religions, elles, y ont droit. Imaginez ce que ça donne, lorsque s’y ajoute la question de la laïcité québécoise ou le standard encore plus « deux poids, deux mesures » issu du Code criminel canadien tardant à modifier son exemption religieuse quand des propos haineux sont tenus ! Tout devient encore plus unilatéral en cumulant toutes les pressions dans un seul et même sens, depuis le Fédéral jusqu’en et à l’encontre du Québec, surtout si des mouvements sociaux inconscients s’y conjuguent sans aucunement s’interroger au moment de vouloir réimposer telle ou telle religion, par exemple la catholique dans les écoles, sans s’apercevoir y ouvrir une brèche à toutes les autres religions et ce, toutes ensemble contre la laïcité, avec propos haineux d’autant unilatéralement opérants et, par surcroît, pistonner par le Fédéral en attente de la moindre fort enreligiosante occasion ethnoracialiste, à savoir de monopole de pouvoir accuser d’ethnoracisme, surtout quand il s’agit du Québec ! Faute de s’apercevoir que le Fédéral ne se soucie guère de régler les questions ethnoracistes, surtout les plus enreligiosées, mais uniquement d’en tirer des vecteurs pour mieux s’imposer et hypercentaliser, a fortiori quand il s’agit du Québec, y a-t-il quelque conscience en ces groupes que ce qu’ils réclament n’est pas tant pour eux-mêmes que pour cette aliénation toujours plus extérieurement imposée, sans plus jamais rien en penser par eux-mêmes ? De plus, le coup de massue peut d’autant être percutant que porté sur des immigrants à statut temporaire (avec fallacieuse promesse que cela mènerait à la résidence permanente) ou très nouvellement arrivés (par exemple comme juste avant le référendum de 1995) à des fins fort uniquement politiques et partisanes plutôt que selon un processus clair, à savoir une demande en une seule étape avant et si pour pouvoir arriver et ce, en sachant que c’est pour la résidence permanente et en s’intégrant à une culture socialement en cause et de l’État en émergeant, en l’occurrence de l’État québécois, si sans manipulation fédérale exogène indue.

    Bref, si l’État fédéral cherche à créer autant de précarités, c’est pour créer des dépendances à exploiter à son propre profit et en déstructurant d’autant, avec l’État québécois, la culture, si québécoise, et ce, de sociale (elle-même de souche, présumée ancienne, pour d’autant la déconnecter et l’ethnoracialiser jusqu’à l’ethnoracialisme permettant de la traiter d’ethnoraciste que l’opposer à récente, à savoir immigrante, d’où la manipuler) à artistique. Surtout si l’État québécois s’y prête, en particulier dans le cas des immigrants à statut temporaire avec fausse représentation quant à la suite faite illusion de mener à la résidence permanente. Enfin, des dysfonctionnements chroniques tardent à être abordés et réglés depuis des décennies, dont le cas de médecins immigrants ayant franchi toutes les étapes pour exercer, sauf celle qui permet de les bloquer en les empêchant de se trouver un internat reconnu pour compléter et activer le passage à la pratique, le tout alors que le système médical québécois est dit manquer de médecins. S’agit-il, par emprise corporatiste, de limiter le nombre de médecins pour créer une rareté les rendant d’autant indispensables et aptes à contrôler tout le système médical, jusqu’en les négociations avec le gouvernement québécois pouvant d’autant être amené à plier, mais non sans hypothéquer toujours plus le budget entier de la Province s’en trouvant toujours plus accaparer au détriment de tout le reste, en plus de contrôler le diagnostic au point de départ de toute la chaîne de soins possibles dans tout le réseau ? Patients soignés ou au contraire fantaisistement dichotomisés par contrôle corporatiste entre captifs et autrement exclus? A fortiori si le tout se double d’un discrédit du système public au profit d’une part élargie du système privé comme si tout s’y résoudrait par magie, sans peut-être trop s’apercevoir que ce libéralisme croissant va quelque peu dans le sens du libéralisme géopoliticoéconomique s’imposant depuis Ottawa, si ne virant en libertarisme étatsunien, au fur et à mesure que l’individu toujours plus stricto sensu individualiste ne fait, en tout humain et de lui-même jusqu’en tout autre, du social que son annexe toujours quelque peu dérogatoire. De même, pourquoi le gouvernement de la CAQ, favorise-t-il les garderies privées et leur devenir néolibéral ou libertarien plus aléatoire, plutôt que publiques, pourtant mieux socialement intégratrices et solidairement propices, au point qu’elles sont sur le point de prédominer ? Ne s’aperçoit-il pas qu’il se contredit en tronquant la Constitution du Québec de la sous-jacente convergence culturelle susceptible de l’étayer et de s’intégrer comme le troisième des trois axes ici proposés pour le Conseil Constitutionnel? Jusqu’au point de faire des garderies (issues de Froebel) des « nursery » anglicisantes axées sur la seule fantaisie si individuelle que présumée toujours déjà individualiste, au point que toute autre culture ne puisse plus qu’en être réductible à son folklore, le tout étant appelé à remonter et se généraliser de l’enfance à l’état adulte ? Jusqu’où cela va-t-il aller? Sans parler que, comme commence à le décrier certains articles de la presse courante, cela s’inscrit dans le même pattern que Carney avec qui et de la même façon reproduire le trumpisme au sein du Canada et en l’occurrence, du Québec ? Questions scandaleuses ? Comme toutes les autres, elles exigent d’engager une plus saine conception de la culture d’emblée sociale jusqu’en l’ethnoraciale (s’y intégrant ?), autant nataliste et migratoire (en une idée de nation émergente plutôt que présumée ?) que médicale et éducative (pesant si lourdement en tout budget provincial et a fortiori si relativement à tout le reste en un projet de société duly mieux cerné). De culture d’emblée sociale plutôt que seulement artistique, elles tendent à être sociopolitiquement étouffées pour qu’elles ne puissent surgir. Le problème n’est pas issu que du fédéral sans, contre et jusqu’au sein du Québec, mais en partie au sein du Québec, par ce qui y prête flanc.

    Si elle perdure selon le même modèle ayant jusqu’à présent prévalu, la confrontation sempiternelle, entre Fédéralistes et Souverainistes dont la CAQ a émergé et en lesquels elle risk de refluer et se dissoudre au moins en partie lors de l’élection de 2026, ne me semble pas pouvoir être remise en question en sa façon (fort culturelle, mais sociopolitique bien avant qu’artistique) de s’instaurer. Le Fédéral a réussi jusqu’à présent à la faire pencher en sa faveur. Du moins, tant que cette interface migrante n’est pas mieux articulée avec la sociodémographie des naissances/mortalités, jusqu’à travers les institutions, de la famille à l’école, au travail, en politique… et a fortiori toutes celles du milieu culturel autrement poursuivi, plutôt qu’occulté et résorbé de social en artistique. D’où l’importance d’une distinction comme celle relative à la population de souche… récente relativement à ancienne. Sinon ne subsiste que ledit de souche confondu et assimilé à souche toujours uniquement sous-entendue ancienne, ce qui est du petit pain béni pour l’idéologie trudeauiste ethnoracialiste (s’octroyant le monopole de l’accusation d’ethnoracisme en même temps que d’ingénierie manipulant le social par l’ethnoracial en son sens multiculturel toujours plus mosaïque plutôt qu’en convergence, surtout si québécoise). Quant à la série télévisuelle s’intitulant « Immigrants de souche », déborder son simple humour par cette bien plus explicite distinction permet de perlaborer bien davantage jusqu’à la culture qui s’en sociogénère en s’intégrant plutôt que se laminant en ethnoraciale. Me semble cruellement manquer certaines interfaces à mieux expliciter et surtout, rendre opérantes.


    1 Ces deux dialectiques inverses mises sous tension mutuelle par anamnèse dialogique se mesurent à toute amnésie risquant de contrer l’exigence du « Je me souviens », selon De l’humain à l’humaniste dans le monde d’où ont été examinés les Devenirs constitutionnels canadien et québécois. L’anamnèse dialogique se poursuit de la conscience jusqu’en la pensée en émergeant et à la fois l’impulse et l’incite à l’autorégulation.

    2 M. Pednaud-Jobin, https://www.lapresse.ca/dialogue/chroniques/2024-03-07/les-quebecoises.php. À distinguer des odieuses stérilisations imposées à des Autochtones.

    3 Ce genre de violence atteint avec les priorités existentielles jusqu’aux valeurs entre les groupes socioculturels s’en exprimant sociolinguistiquement. Elle se distingue de la violence physique, virant mentale et visant à instrumentaliser les droits des femmes et à hiérarchiser les droits à l’encontre de la Charte québécoise des droits et libertés de la personne, tant, surtout auprès des plus vulnérables, l’impression faite par le projet de Constitution québécoise en son état actuel est forte que ce soit une volonté de limiter le pouvoir de la société civile et le pouvoir judiciaire au profit des pouvoirs législatif et exécutif. S’en inquiète profondément le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale en son Mémoire présenté en novembre 2025. Le présent texte vise à se mesurer et régler du mieux possible ce genre de difficultés majeures et ce, par ses deux recommandations axées sur un Conseil constitutionnel, mais doter d’un statut quasi sénatorial et mandaté selon trois axes majeurs de travail afin d’en être apte à lénifier ces relations de pouvoir et les ancrer en celui de la société civile et le lui reconnaître d’emblée.

    4 Albert Moukheiber, Neuromania. Le vrai du faux sur votre cerveau, Paris, Allary Éditions, 2024, pp. 233-234. Le PWASP nord-américain libéral et libertarien y achoppe.

    5 Moukheiber, p. 238. Dont l’idéologie PWASP libérale et libertarienne nord-américaine.

    6 Rappelons-le: langue et éducation scolaire se distribuent entre juridictions respectivement fédérale et provinciale hors Québec par un hiatus constitutionnel datant de 1867, ce pourquoi Trudeau père a dû s’entendre avec les Provinces du ROC lors de son rapatriement unilatéral de la Constitution en 1982, sans et contre le Québec qui seul, lui, est censé pouvoir faire coïncider d’emblée langue et éducation, dès la Constitution de 1867 et, par-delà les incessants antagonismes depuis les années 1960, a fini par s’entendre avec le fédéral à cette fin en 1998-2000 pour rendre ses écoles linguistiques et non plus confessionnelles, comme cela a entre-temps prévalu lors du siècle de Mgr Bourget depuis 1840. En principe, car la question de la laïcité rebondit. Toutefois, c’est à n’y rien comprendre que de ne pas avoir tout cet arrière-fond à l’esprit. Bref, le tout est censé, au Québec, échapper à l’homogénéisation anglicisante prévalant (sauf intervention fédérale exogène) hors Québec, comme son droit civiliste à la common law, etc. Si le Québec au sein du Canada parvient à s’y émanciper, sinon il lui faut s’en émanciper pour cesser de s’en faire coloniser et aliéner avec pression inverse par le fédéral y persévérant d’autant.

    7 Jean Marcel, Le joual de Troie, Montréal, Éditions du jour, 1975, pp. 94-95.

    8 Mémoire citoyen, Une fédération déséquilibrée, par Olivier Jacques, professeur adjoint à l’école de santé publique de l’Université de Montréal, août 2024. En particulier, le Fédéral, engrangeant pour lui-même les milliards, n’a pas suivi les recommandations du Rapport de la Commission Séguin (2002) pour régler le problème du déséquilibre fiscal et en a acculé les Provinces à l’endettement. Tout le reste s’ensuit. Même s’il y avait quelque bonne volonté, les deux principales solutions comportent leurs difficultés : l’approche néolibérale conservatrice, diminuant la taille de l’État fédéral et ses impôts, maximise l’autonomie des provinces, mais augmente les inégalités entre elles en ayant à régler leur propre déséquilibre fiscal en augmentant d’elles-mêmes leurs propres impôts (ce qui n’est jamais électoralement populaire), tandis que la solution sociale-démocrate prêtée au gouvernement Trudeau de l’époque vise à augmenter les transferts fédéraux, quitte à imposer des normes nationales pour assurer l’égalité entre les provinces, mais ne réduit les inégalités entre les provinces qu’au détriment de leur autonomie, sauf que les transferts fédéraux peuvent être facilement réduits et que les services provinciaux ne le peuvent guère. Les partis politiques devraient s’intégrer les deux perspectives et il y devrait y avoir coopération (ce qui est difficile) entre les deux paliers gouvernementaux pour gouverner le fédéralisme fiscal de façon plus équilibrée. L’auteur privilégie un gouvernement fédéral baissant les impôts et incite le Québec, s’il fait cavalier seul, d’opter pour une hausse de taxe de vente pour financer ses services. Toutefois, il faut ajouter que toute taxation occulte les inégalités de pouvoir d’achat, là où tout impôt, selon qu’il se gradue ou non selon les revenus et donc la richesse, respectivement permet une redistribution lénifiant les inégalités ou tout à l’inverse, creuse à la source les inégalités, surtout si se conjuguant avec des politiques facilitant les évasions fiscales des plus riches et alourdissant d’autant la charge fiscale imposée (avec l’impôt en question, d’autant accru) aux moins riches. Comme le souligne le Mémoire citoyen de Pierre Sénécal, Pour une constitution du Québec moderne, p. 3, la gestion intégrée permettant au Québec de recueillir à la fois la TVQ provinciale et la TPS fédérale « réduit les formalités pour les entreprises tout en assurant un contrôle fiscal accru. Il devrait en être de même pour la collecte de l’impôt sur les particuliers et les entreprises situé sur le territoire québécois ». S’ensuivrait la création d’un fonds souverain, comme en Norvège, ce qui augmenterait la résilience économique. S’ensuivrait aussi la révision, avec celle de l’exemption religieuse en droit criminel canadien au détriment de la laïcité lors de propos haineux, etc., des privilèges fiscaux s’accordant aux OSBL et autres en cause. Sans parler de l’exigence pour que le Fédéral démontre son efficacité en ses propres juridictions, a fortiori s’il persiste à empiéter et s’ingérer au point d’amoindrir l’efficacité des Provinces en les leurs.

    9 Le Mémoire de Marc J. Ryan fait ressortir la duplicité de la mise en œuvre de l’article 23 de la Constitution de 1982 imposant, depuis le Fédéral et les autres Provinces (en étant dispensées), au Québec des coûts additionnels, ce qui exigerait d’amender l’article 59 l’en conditionnant et favorisant la ségrégation linguistique dans les écoles. Ce coût découle d’une préalable entorse juridique constitutionnalisée en 1982: « L’article 23 n’est pas une transposition dans la Charte canadienne d’un droit fondamental reconnu en droit international. Et ce droit linguistique des anglophones au Québec n’a jamais fait partie de la constitution canadienne avant l’adoption de l’article 23. La cour suprême elle-même a reconnu le caractère atypique de l’article 23 dans son jugement anonyme rendu par La Cour ». Une fois encore, la Constitution de 1982 biaise et parasite d’autant la Constitution de 1867 et la biasymétrie y germant que sans et contre le Québec en lui imposant une indue homogénéisation qui n’était censée valoir que pour le Canada anglais. L’arbitraire et la connivence trudeauiste avec le ROC contre le Québec s’y révèle: « Le gouvernement P.E. Trudeau avait visiblement décidé, en réaction au lobby anglophone en 1977 contre la Loi 101, de faire entorse à cette règle et d’accorder en 1982 dans la Charte un traitement spécial aux anglophones du Québec, alors que les anglophones sont dans la majorité au Canada. » Le gouvernement Trudeau s’en est fait cautionné par le Royaume-Uni, d’où le fameux article 59 modulant cet article 23. La seule légitimité en est impérialiste : l’abusive uniformisation pancanadienne trudeauiste minait le fait que « avant l’article 23, le Québec avait plein pouvoir pour réglementer le réseau scolaire anglophone, au même titre que le réseau francophone ». La Cour Suprême s’est mise à biaiser encore davantage l’article 23 et à accélérer l’assimilation linguistique. Comment ne pas y voir tout le déséquilibre trudeauiste des pouvoirs: de l’exécutif noyautat le législatif jusqu’au plus supralégislatif et constitutionnel et s’en faisant magnifié par la Cour Suprême et toute la chaîne juridique y aboutissant, jusqu’à encarcaner et peser ostensiblement sur la société civile québécoise. La Cour Suprême ne veut donc pas entendre la cause du rapatriement unilatéral de la Constitution en 1982, ce qui a fait se regrouper trois organismes québécois portant cette cause à l’ONU: l’instance juridique suprême assurant la légalité, au contraire cautionne l’illégalité sous façade de légalité. Son arbitraire et flou « concept de valeurs de la Charte est d’autant plus dangereux que le texte de l’article 23 de la Charte imposé par le Canada n’est pas soumis aux pouvoirs des provinces, en l’occurrence du Québec, en vertu de la clause dérogatoire prévue à l’article 33 de la Charte ». Des Trudeau à Carney, il est donc possible de chercher à toujours plus tronquer la clause dérogatoire, surtout contre les lois québécoises, par un biais systémique structuralement opérant d’où assurer le refoulement incessant. Une fois encore s’ensuivent les biais jusqu’en Statistiques Canada: les faits biaisés confortent les droits biaisés. L’idéologie trudeauiste parvient à réifier le réel pour se le rendre conforme et refouler le reste, à l’encontre de l’articulation sociolinguistique scolaire des anglophones avec le fait français québécois dont Marc J. Ryan indique pourtant diverses voies. Enfin, on comprend mieux ce que Trudeau père massacrait du Rapport Laurendeau-Dunton pour le tronquer du biculturalisme au profit du seul bilinguisme foncièrement biaisé, faute de toute convergence culturelle et d’abord de la sous-jacente biasymétrie s’en opérant en miroir et ne pouvant être qu’énantiodynamique.

    10 Emmanuel Lapierre, Le duel culturel des nations, Gatineau (Québec), Éditions du Boréal, 2023, p. 136.

    11 Lapierre, 2023, p. 88.

    12 Lapierre, ibidem, p. 190.

    13 Emmanuel Lapierre, Le duel culturel des nations, Gatineau (Québec), Éditions du Boréal, 2023, p. 136.

    14 M. Bock & G. Gervais. L’Ontario français. Des Pays-d’en-Haut à nos jours. Ottawa: CFORP, 2004, p. 97.

    15 M. Huchon. Histoire de la langue française. Paris, Librairie Générale Française, 2002, p. 231.

    16 L. Groulx. La Confédération canadienne. Ses origines. Montréal : Devoir, 1918, p. 141.

    17 Le Canada passe de colonie à Dominion. Son autonomie en politique intérieure est d’abord subordination à l’Empire britannique en politique extérieure, à compter du gouvernement responsable acquis sous LaFontaine avec Baldwin et entériné par Elgin, puis, via l’AANB (1867) se donnant façade de Confédération alors qu’étant plutôt un tant soit peu une Fédération. Il devient pleinement souverain par le Statut de Westminster (1931), sa Constitution donnant lieu à son Rapatriement unilatéral avec appui du ROC sans et contre le Québec s’effectuant sous Trudeau père (1982). La tentation a été incessante entre le Canada-Uni, bref unitaire et prévu pour assimiler les Français aux Anglais dès 1840 avant de se rectifier sous LaFontaine et Baldwin et sous Elgin pour devenir un Dominion, et la pseudo-Confédération dont s’être illusionné, alors qu’étant à peine une Fédération. Bref, la tentation de la législation unitaire perdure sous et jusqu’en la législation fédérative dès 1867, ce qui se poursuit lors de l’hypercentralisation fédérale s’étaying du Rapatriement unilatéral en 1982 et cherchant uniquement à prendre le relai de l’Empire britannique dont préserver les symboles à cette fin intérieure, tout en les faisant accroire des reliquats extérieurs. Le colonialisme, mais plus subreptice, se poursuit et transpose de l’empire en ledit fédéral en tirant tous ses leviers pour hypercentraliser.

    18 Incessant processus de conquête du Canada, de la nation tirée de canadienne d’abord française, mais toujours plus anglicisée et enfin, du Canadien toujours plus uniquement Canadian, en y pesant sur le Québec, via le ROC, depuis l’État fédéral. Selon Stanley Bréhaut Ryerson, Capital et Confédération, Montréal, Éditions Parti Pris, 1978, le ROC s’y enferre aussi le Canadian Wealth (p. 203, 322) s’infléchit au profit de « wealth of Central Canada » (p. 362), à savoir l’Ontario. En l’occurrence, il faut se rappeler que Toronto est la 4e ville en importance en Amérique du Nord, après New York, Los Angeles et Chicago et a supplanté Montréal comme métropole du Canada, sur l’arrière-fond de l’aménagement du fleuve St-Laurent fluidifiant tout le commerce maritime (en particulier pour acheminer les minéraux depuis la côte nord québécoise) menant aux Grands Lacs d’où contrôler en retour en divers endroits du parcours entre-deux l’écoulement des eaux, depuis les années 1960. La tension y est incessante entre la mairie de la ville et Queen’s Park où loge le gouvernement provincial ontarien qui, sous Ford, tend à copiner avec les promoteurs immobiliers pour empiéter sur la ceinture verte entourant la ville ou pour les imposer à Hamilton, à favoriser les voies de circulation et les lieux de stationnements pour les automobilistes à l’encontre des pistes cyclables et autres aménagements urbains plutôt promus par la ville de Toronto et à fantasmer creuser sous le réseau autoroutier la ceinturant (pourtant déjà à 8 voies de large) un second réseau le redoublant. Sans parler de Windsor où se concentre la fabrique automobile (surtout si à essence et anti-transition énergétique) en intrication avec les Etats-Unis trumpiens. Toronto draine une grande part des milliards issus du Fédéral et est le fer de lance de son nationalisme se voulant d’autant économique que pouvoir s’en occulter politique jusqu’en ses rapports avec le nationalisme québécois. Sauf si un autre nationalisme économique émerge et se fait le révélateur de tout ce petit jeu: l’Alberta (anciennement partie prenante avec le Manitoba et la Saskatchewan de ce qui était les Prairies comme chasse-gardée faite Ontario-Ouest face au Québec).

    19 Gilles Grondin, Mémoire sur l’avenir constitutionnel du Québec: des pistes de solution pour assurer la pérennité de notre nation, 5 sept. 2024, p. 3: « Ainsi, à titre de responsable nationale de cette célébration, j’ai toujours agi pour que cette fête s’adresse à tous et toutes, peu importe la couleur politique ou l’origine bref à tout le monde de « vieille souche » ou de « nouvelle souche ». Qui plus est, année après année, il était nécessaire de se renouveler et de bien prendre la mesure de la volonté de la population et d’adapter le discours de fierté nationale à la sensibilité des Québécoises et des Québécois. » L’illustre le Mémoire de Marc J. Ryan par ses origines régionalement campées: il est originaire de l’Outaouais (Ontario et Québec), d’une mère de souche canadienne-française et d’un père de souche irlandaise. Il examine dans le système scolaire québécois le devenir des anglophones de souche, selon les craintes parentales face à tout changement linguistique, ou issus d’autres provinces. Enfin, si la notion « de souche » renvoie au fait de non seulement s’établir, mais de naître au pays, surgit la notion d’autochtone, des plus anciens (amérindiens, inuits et métis, tous ensembles dits Premières Nations), puis aux Français, ensuite aux Anglais, enfin tous les immigrants ayant pu s’y conjoindre et autrement plus récents, non demblée l’inverse par anglicisation tous azimuts censée occulter jusqu’à sa teneur sociohistorique, voire imposer l’individualisme libéraliste renvoyant le social en clause annexe et dérogatoire et de tronquer l’individu de ses propres différences d’autant intra-individuelles (d’individuation dès avant naissance, à l’individualisation accrue par néoténie et a fortiori en des sociétés accentuant la reprise à titre individuel de sa propre individualité et enfin, seulement alors quelque individualisme, a posteriori et aucunement a priori, sauf interversion virant tout à l’envers) qu’interindividuelles, donc aussi d’emblée sociales. En allant plus avant, bien noter comment le trudeauisme biaise toute sociohistoricité : si les Premières Nations et Inuit sont bien Autochtones, à savoir sont nés et ont grandi au pays, les Français venus au pays, puis ceux y étant nés et y ayant grandis, y prennent un tant soit peu part eux aussi, de sorte que lorsque les Anglais arrivent et font de même, il leur suffit de tout inverser et de faire de tous des sujets britannique nés et ayant grandis plus ou moins tels de l’autre côté de l’Atlantique avant d’en faire tout autant de ce côté-ci et en contrôlant toute l’immigration à magnifier en ce même sens comme d’où pouvoir s’assimiler autant ces Autochtones premiers que ces Autochtones seconds que sont les Français en question. S’éclaire tout l’apport de la distinction entre de souche ancienne et de souche récente s’en modulant tout du long, selon que du sol du pays et du sol qui l’assujettit et d’où ancien/nouveau s’énoncent toujours déjà en sens inverse. Plus le sens du temps s’inverse, plus toute sociohistoricité s’ensuit de même, jusqu’à l’anhistoricité et l’asocialité les plus complètes, le tout à renvoyer en clause annexe et dérogatoire.

    20 En la culture, le social n’est plus tant fédéralement réductible et assimilable à l’ethnoracial, mais se l’intègre plutôt que s’y désintègre, en particulier via l’immigration.

    21 Y. Morin, L’apparence: accès et miroir du réel, Paris, L’Harmattan, 2022, pp. 67-68.

    22 La FEEP (Fédération des Établissements d’Enseignement Privé) considère au contraire que cette proposition ne tient pas la route et va contre une certaine diversité susceptible d’éviter l’homogénéisation, mais reconnaît que la mixité socioéconomique fait problème et prétend que l’offre de parcours scolaire peut y devenir plus similaire et accessible à tous, tout en contestant le simple constat dudit réseau scolaire plus inégalitaire au Québec par rapport au Canada. Qu’en est-il de la demande de l’ONU en 2020 au gouvernement du Québec des mesures prises pour assurer l’égalité d’accès indépendamment de la disparité socioéconomique, puis du fait que l’UNESCO a pointé le Québec en 2021? École ensemble propose son plan d’un réseau scolaire commun en conventionnant les écoles privées plutôt que de leur couper tout financement public pour, à la fois, les associer et en éviter l’exode massif vers le système public qui ne serait sans doute pas capable de l’absorber. Elles seraient financées complètement (si conventionnées) à la façon des Centres de Petite Enfance qui sont des organismes privés subventionnés par un financement public pour un service public. Non privés purs, car service public financé.


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  • Première recommandation : de la pseudo-symétrie à la biasymétrie

    Que le Conseil de la Constitution du Québec travaille incessamment à faire se mesurer la Constitution québécoise à la Constitution canadienne pour y dénoncer la d’autant fallacieuse que purement idéologique symétrie du bilinguisme officiel trudeauiste et pour déborder aussi du même coup ladite prétention d’un Fédéralisme asymétrique (jusqu’en ledit Conseil de la Fédération), en suscitant et instaurant plutôt une incessante tension dialogique tout au contraire d’emblée biasymétrique. Ce qui s’exerce unilatéralement depuis le si anglicisant Canada trudeauiste verrait resurgir, hors du refoulement qu’il effectue, autant le Québec, comme l’assise de ce qui fût le Canada français, que la conjointe et nécessaire limitation de cette homogénéisation au seul Canada anglais, comme à l’époque de la Constitution de 1867 et contrairement à ce qu’en impose unilatéralement la Constitution de 1982 au Québec1 et qui tronque tant l’humain au profit du seul individuel rendu individualiste à l’encontre de toute sa dimension sociale alors reléguée en clause annexe et dérogatoire. Ceci fait prédominer à outrance et ce, jusqu’en la Cour suprême la lui superposant improprement, l’anglicisante « common law » sur le droit civiliste québécois, ce qui se poursuit jusqu’au sein du Québec2. S’en travaillerait profondément tout l’imaginaire sous-jacent et au ressort de quelque pensée que ce soit la biasymétrie fait se différencier et s’intégrer d’une façon énantiodynamiquement fonctionnelle ce qui n’est autrement que pure symétrie stricto sensu énantiomorphique, ce qui engage toute l’image du corps en ses Gauche/droite: quelle mise en tension en quel sens ? et ce, d’intracorporel à intercorporel et donc d’individuel à social. La biasymétrie peut faire penser sans se réduire aux deux peuples fondateurs, aux deux nations et enfin, au biculturalisme qui sous-tend plutôt que se fait massacrer au profit du seul bilinguisme officiel trudeauiste pseudo-symétrique selon de fallacieuses majorités (insinuées majoritaires ?), française au Québec et anglaise au ROC, avec minorités (insinuées minoritaires ?) inverses correspondantes, faute de distinguer le statut (majoritaire/minoritaire) de majorité/minorité numérique en la densité sociodémographique et en celle-ci, la prépondérance des ratios relatifs sur les nombres absolus, etc., ce pourquoi tout est biaisé dès les faits de sous et jusqu’en les droits.

    Corollaire #1: De faits statistiquement assainis aux droits

    Pour ce faire, exiger de refondre toute la démarche de Statistiques Canada et aussi celles qui y prêtent flanc au sein du Québec pour tout en reprendre depuis la distinction cruciale mise au jour par Arès entre l’origine (ethnique) et la langue maternelle (d’abord et avant tout, française et anglaise relativement aux autres), dans le but très explicite de se doter d’une démarche s’assainissant dès la cueillette des faits et pouvant ainsi mieux les mettre en rapport avec les droits, d’abord et avant tout quant à la tension entre l’anglicisante « common law » et le droit civiliste québécois, mais aussi à promouvoir comme ressort civiliste français pancanadien, s’il est pour y avoir au Canada un véritable ministère identité et culture et, pour ce faire, si pour rectifier tout le biais constitutif du rapatriement unilatéral de la Constitution canadienne sans et contre le Québec. Sinon, s’en cernera et révélera au moins toujours mieux le ressort du refoulement.

    Corollaire #2: droits et libertés individuels ET sociaux: 1982 ET 1867

    Exiger de façon conjointe et indissociable que la Constitution de l’AANB de 1867 prévale sur la Constitution de 1982 afin de la rectifier au point d’y équilibrer les individuels ET les sociaux droits et libertés, avec reconnaissance explicite des soucis et apports privilégiés respectivement issus du Canada anglais et du Canada français par cela qu’ils sont. Exiger aussi que le moment décisif inaugural de 1998-2000 par lequel le Québec a pu déconfessionnaliser ses écoles et les rendre linguistiques soit reconnu tel au Canada anglais pour en éclairer le choix propre par leur contraste et devienne un vecteur privilégié à ce titre, autant en la Constitution canadienne qu’en la Constitution québécoise, afin d’assurer le déploiement biasymétrique en question. S’ajouterait ainsi à la clarification des questions de statut et de densité numérique sociodémographique (avec primat numérique du relatif sur l’absolu), celle du déploiement institutionnel et de son état de complétude, surtout quant à sa teneur culturelle, en l’occurrence sa transmission culturelle par l’éducation, de familiale à scolaire. Cela aurait le mérite de régler sur le terrain politique plutôt que juridique ce qui est d’abord une question politique bien avant que juridique, au lieu que le Fédéral persévère à l’y mettre en porte-à-faux à force de faire peser la politique fédérale jusqu’à l’encontre de la politique québécoise et subvertisse à cette fin jusqu’au juridique à tous les niveaux, autant dès la formation universitaire en droit qu’en son implantation, du local (dont les nominations en catimini de juges par Justin Trudeau) à la Cour Suprême.

    Corollaire #3: Culture et identité canadiennes sans les Canadas3?

    Confronter le Fédéral sur ce que peut être un ministère culture et identité (ou identité et culture) canadiennes, non plus idéologiquement jusqu’à en réifier le réel par homogénéisation unitaire bénéficiant à l’anglicisation sur la francisation comme du majoritaire au minoritaire par asymétrie unilatérale, mais à l’inverse, en partant des réalités en cause, surtout si le Fédéral prétend que ce peut être sans autant un tel déploiement biasymétrique faisant resurgir les Canada français, dès son foyer québécois, et Canada anglais (corollaire #1) qu’une telle tension constitutionnelle dialogique d’autant entre les deux qu’entre 1867 et 1982 (corollaire #2).

    Du point de vue de la dynamique interne québécoise confrontée à un tel contexte qui la problématise et dont dégager sa propre quête de sens, « Il faut noter que dans l’histoire du Québec depuis Champlain, l’importance de l’Église a toujours été inversement proportionnelle à la faiblesse de la collectivité; c’est-à-dire que son rôle a toujours diminué dans les périodes d’expansion et de développement des pouvoirs et des projets collectifs (1660-1760; 1800-1838; 1945-1968) et augmenté dans les périodes de faiblesse et de repli idéologique (1534-1660; 1760-1800; 1840-1940) » (Bourque, 1970, p. 328)4.

    Si les deux progressions et les deux alternances des deux premières périodes respectives semblent assez bien coller à la réalité (du régime français, puis du régime britannique jusqu’au rapport Durham, au seuil de Canadas Unis censés constituer un Canada Uni), qu’en est-il de la 3e, à savoir celle de 1840-1940, pouvant aussi être dite Le siècle de Mgr Bourget (1840-1960) se caractérisant selon Jean-Claude Dupuis par l’initiale emprise catholique ultramontaine (se plaçant sous le pape et donc Rome) avant ladite erreur papale de 1870, ironiquement en train de proclamer le dogme de l’infaillibilité papale, mais favorisant le catholicisme libéral et menant en politique à la prise de pouvoir par le Parti libéral (1896-1936) conforté par l’encyclique Affari vos (1897)5 en regard de 1945-1968, voire de tout le siècle s’ensuivant (1940-2040)? Que devient le rapport entre l’Église et les pouvoirs et projets collectifs, mais en tant que portés par une montée nationaliste canadienne-française devenue québécoise et aspirant à conjuguer toujours plus sa culture et sa transmission éducative scolaire avec la laïcité au fur et à mesure que son affirmation étatique est toujours plus appelée à se mesurer à un État fédéral canadien assoiffé de ne plus tant camoufler son propre nationaliste et l’en exercer subrepticement comme sous l’ère trudeauiste que, sous l’ère initiée par Mark Carney, d’imposer plus ouvertement ses programmes nationaux (surtout face aux États-Unis trumpiens) et d’en être encore bien plus centralisateur et unitaire que fédérateur et « postcolonial » ? Tentative de faire s’intérioriser ce subreptice jusqu’en culture et identité et de faire consentir à se l’imposer et fût-ce au prix de s’en subvertir jusqu’en tout un chacun, surtout pour limiter la portée de la clause dérogatoire à risque de rétablir le social face à l’individuel en tout humain, d’abord au Québec, mais aussi ailleurs, pour l’instant principalement en Alberta (d’où avait déjà surgi le Reform Party ayant fusionné et fait se convertir le Parti Progressiste-Conservateur en seulement Conservateur, dont les politiques sont néanmoins en train de se faire avaler par le Parti Libéral depuis Carney)? La différence par rapport à l’hyperindividualisme étatsunien laminant d’emblée et directement le social en tout humain est que l’individualisme canadien, s’imposant depuis Trudeau père, mais non sans s’en contrarier, crée une constitutionnelle clause dérogatoire où confiner le social et se le rendre manipulable pour s’en alimenter de manière subreptice, ce qui exige et revient donc à ne l’en laminer qu’indirectement. Cette manière, comme toute manière, est culturelle. D’où un ministère culture et identité, sinon identité et culture canadiennes, sous Carney. L’identité est au cœur de toute culture, mais ici, une culture identitaire individualiste exige de s’avaler jusqu’en la culture, le fait qu’elle se génère socialement, ce à quoi contribue le multiculturalisme laminant le social en ethnoracial, lui-même simple collectif de tels individus censés n’être psychiquement qu’individualistes. Tout s’en radicalise tant à l’image et dans le sens de Constitution de 1982 que, de l’individu individualiste se mettant à prévaloir et à s’imposer à tout autre censé ne plus que l’environner, s’en généralise la tendance à privatiser les profits et socialiser les coûts et ce, jusqu’en l’environnement naturel, d’où Steven Guilbeault qui ne peut plus en être la caution et démissionne.

    Il devient d’autant crucial de réévaluer la forge et l’émergence des divers partis politiques depuis qu’Elgin les a fait se superposer aux Canadiens, autrefois identiquement Français, et se distancier de leurs Lumières issues des Patriotes et pour faire courir et s’accentuer en sous-main l’assimilation. Celle-ci s’accentue de Durham, via Elgin (déjà parfaitement syntonisé avec la quête par LaFontaine et Balwin d’un gouvernement responsable), autant chez les Conservateurs (dès Macdonald) qu’a fortiori chez les Libéraux (de Laurier aux Trudeau), voire en ceux-ci en train de s’avaler massivement les politiques de ceux-là (depuis Carney). Face aux dénominations politiques stériles et dorénavant totalement inefficaces au XXIe siècle entre gauche/droite faites libérale/conservatrice, sans parler de la dérive de la question du sexe via celle des anglicisants « genders » en genres, il serait possible de réviser toute émergence politique, de quelque orientation qu’elle soit, à partir de la biasymétrie neurophysiologiquement constitutive de tout humain faisant que tout un chacun n’apparaît statistiquement privilégié d’orientation droite qu’en pouvant s’apercevoir d’intracorporel (donc individuel) en intercorporel (donc social) alors susceptible de l’en suraccentuer tel jusqu’à l’en déséquilibrer vers une droite plus extrême, certes, mais aussi de l’éveiller à sa propre exigence de s’en équilibrer vers la gauche, sans s’en radicaliser vers une gauche plus extrême. Un politicien et de là, un parti politique conservateur, dit de droite, serait celui qui, en accentuant la distinction intracorporelle statistiquement privilégiée (souvent dite dominante) chez la plupart, accentue par le fait même autant sa teneur individuelle que son orientation statistique vers la droite, sans parler de l’usage pouvant s’en trouver renforcé de sa droite faisant en être droitier. Un politicien et de là, un parti politique, si de tendance démocrate non seulement libérale (toujours à risque de dériver et d’uniquement collectiviser tel quel l’individualisme conservateur de droite et d’en dénaturer toute social-démocratie), mais d’emblée sociale, serait celui qui n’aperçoit plus en l’individuel intracorporellement statistiquement orienté vers la droite qu’un symptôme et un indice de son devenir intercorporel, d’emblée social, surtout en face à face entre les individus, donc en miroir intervertissant gauche/droite entre les deux. Comment s’apercevoir en son miroir, sans et a fortiori plutôt que s’y faire dominer et instrumentaliser ?

    Toutes ces nuances, même si elles ont été philosophiquement mises au jour par maintes publications récentes s’intégrant maintes données physiques et physiologiques ontogénétiquement, sociogénétiquement et phylogénétiquement pertinentes (Yvan Morin, de 2022 à 2026), ne pourraient être plus largement étayées que si émergeait un Institut d’énantiodynamique (IE) dont la tâche serait de dépasser tous les éléments s’y trouvant déjà mentionnés et rassemblés pour les en sonder encore davantage et s’y aider d’une modélisation par Intelligence dite artificielle (IA)-au lieu de seulement se livrer tout entier à ce qui s’en autonomise et s’impose à soi-, en s’intégrant les tensions fasciales autant intracérébrales que pancorporelles organiquement interconnectantes à d’autant mieux modéliser qu’en retracer d’abord la mobilité jusqu’en son devenir. D’où l’exigence d’incessants renvois et ajustements mutuels entre ce qui fort actuellement s’en fait fasciale tenségrité (tension et intégrité), par laquelle se forge la corporelle présence à soi d’où être mieux présent au monde au point de pouvoir mieux s’y situer, et ce qui s’en modélise plus virtuellement par IA. Par exemple, même sans parler de tout le détail du processus intracorporel, un nystagmus visuel dextrogyre se redouble et se renforce en se contextualisant par une tension oculomanuelle scripturale dextrogyre qui, surtout si de la main droite comme c’est le cas le plus usuel, fait écrire plus continument de la gauche vers la droite avec retour abrupt de droite à gauche pour recommencer en passant d’une ligne à l’autre. De même lors de la lecture, dont celle à laquelle vous êtes en train de vous adonner du présent texte, même s’il est déjà possible d’en accélérer le nystagmus, si l’en lisant en diagonale et y saisissant visuellement d’un coup des groupes de mots plutôt que seulement lettre à lettre et ce, de mot à mot, etc., comme lors de l’écriture, déjà plus lente, synergique et physiquement englobante. Nystagmus inverse dans les langues sémitiques écrites. En chinois, la colonne prime sur la ligne jusqu’en ses gauche/droite, voire nystagmus lévogyre/dextrogyre en leur état d’équilibre s’en imageant, alors dit Dao, translitéré en Tao. A fortiori lorsque l’écriture est produite de façon non plus tant manuscrite que digitale (digits en anglais, numérique en français) par l’intermédiaire du clavier et de l’écran en y dis-/ré-associant les mains jusqu’en les doigts sur le clavier et la page transférée du papier le plus souvent à l’horizontale à la verticale plus ou moins angulée de l’écran. La pression de contact varie d’autant avec la tension intracorporelle en passant de plus massive (de tout le corps de debout ou couché à assis, donc en la posture le fixant et y exerçant le plus de pression sur la colonne vertébrale, d’où il se mobilise depuis son épaule en son bras jusqu’en sa main lors de l’écriture manuscrite) à un peu moins massive (par tout un chacun des doigts se mobilisant plutôt depuis tout un chacun des poignets, sauf si utilisant une souris, engageant jusqu’à l’épaule). Cette pression de contact varie selon la posture et, si elle s’exerce plutôt debout (mais pouvant passer par les autres postures), elle s’élargit dans les sports, surtout si de contact, de dual à d’équipe. Si le combat passe de physique, via le mental, à verbal, nous voici au seuil de la politique parlementaire, selon Élias. S’y aperçoit à même les actes et les mœurs la société civile perdurant jusqu’en politique.

    Par-delà cette assise déjà existante, il est possible de s’interroger sur ce que sont les Partis politiques à l’Assemblée nationale du Québec, mais aussi au Parlement d’Ottawa. La Coalition Avenir Québec (CAQ) s’est constituée par un double afflux de souverainistes issus du Parti Québécois (PQ) et de fédéralistes issus du Parti Libéral du Québec (PLQ) et, selon les aléas électoraux, elle peut être à risque de les y voir refluer. On peut s’étonner que le PQ qui était de gauche a viré à droite et que le PLQ n’a pu en être un que de nom lorsque le conservateur Jean Charest, puis les autres lui ayant succédé, ont pris sa tête, jusqu’à Pablo Rodriguez directement issu du Canada trudeauiste en voie d’être carneyiste et apte à n’être plus libéral que s’avaler jusqu’au programme conservateur. Si Pablo Rodriguez a été emporté par un parfum ambiant de manières de faire libérales douteuses importées du Parti Libéral du Canada (PLC), reste à voir ce qui se passera sous Charles Milliard qui a pris sa relève et a déjà perdu son innocence au contact de ses troupes, dont son aile anglaise, voire anglicisante quant au statut du français (glissant de seule langue officielle à pourquoi pas bilinguisme officiel canadien s’en québécisant et compensant l’hors Québec s’anglicisant, du fait toujours plus accompli imposed au droit censé s’ensuivre), à la laïcité, à l’usage de la clause dérogatoire, etc. Du fait que les Partis politiques se sont démultipliés, le PLQ ne peut plus seulement s’opposer à la façon du PLC trudeauisé au PQ, sur le modèle du Canada hypercentralisateur et homogénéisant dans le sens de l’anglicisation (selon des taux relatifs aux asymétries toujours plus accrues hors Québec) au Québec (qui, si français soit-il, se bilinguise au point de compenser et de seul faire que le bilinguisme maintienne la moyenne canadienne de 18%, selon même Statistique Canada). Par le perdurant gouvernement fédéral libéral, si ratée soit son implantation provinciale québécoise à relent trudeauiste (via Pablo Rodriguez), mais restant apte à s’avaler au fédéral jusqu’au programme conservateur sous Carney, on aperçoit la posture elginienne faisant se superposer gauche/droite, dites libérale/conservatrice jusqu’à s’en confondre l’une en l’autre, sur l’arrière-fond assimilateur se propageant de façon sous-jacente de Durham au Conservateur Macdonald jusqu’en les libéraux, de Laurier aux Trudeau et Carney. La population canadienne d’expression française, aux environs de 50% à l’époque de Durham, est à peine au-dessus des 30% à l’époque de Laurier et à peine au-dessus des 20% en ce début de XXIe siècle. Ses principaux vecteurs ont été l’immigration massive britannique conjuguée avec les enclosures limitant le peuplement du Québec et a fortiori de l’Ouest canadien et facilitant l’hémorragie de sa population vers les États-Unis, de 1840 aux années 19306 (siècle de Mgr Bourget axé sur l’ultramontanisme et la survivance, tant la bourgeoisie québécoise, contrairement à l’européenne, y réagissait moins, par connivence avec le pouvoir anglais partout prévalent), puis encore par l’immigration, mais multiculturellement multiethnoraciale d’emblée ethnoracialiste trudeauiste (selon qui monopolise la capacité d’accuser d’ethnoracisme, si résistant à son emprise ethnoraciale et cherchant à la conditionner par l’intégration sociale plutôt que l’inverse ainsi imposé en vue de l’en désintégrer et laminer). Si ce n’est pas de l’assimilation, qu’est-ce que c’est ? À un point tel que Carney a fait sa campagne électorale sans se soucier du fait français et fait traîner tout ce qui concerne lesdites langues officielles, car ils ne les considèrent plus qu’en les intégrant à sa visée des culture et identité à canadianiser, au sens du Canada de l’ANNB tel qu’infléchi depuis qu’il s’est trudeauisé, non du Canada laurentien (au cœur de la Nouvelle-France) d’abord à reconnaître et, selon lui, censée se réduire à sa seule Conquête tout aussi présumée l’en rendre uniquement collaboratif, sans aucune spécificité propre à préserver. Quand le Canada anglais prend le Canada français pour acquis (car conquis) plutôt que ce à quoi il lui faudrait travailler pour que le français s’y acquière, le Canada n’est plus qu’anglais ou sur le point de l’être plus radicalement que jamais. Le trudeauisme l’en assure, d’autant que son assise elginienne se propulse depuis son sous-jacent arrière-fond assimilateur, de Durham au Conservateur Macdonald aux Libéraux, de Laurier aux Trudeau et Carney (jusqu’à présent). S’y aperçoit la tension gauche/droite en appel d’être aménagée en sa verticalité.


    1 Guy Laforest, dans son Mémoire portant sur un nouvel imaginaire des relations intergouvernementales, le 26 août 2024, p. 12, rappelle que « Comme le Québec de l’époque 1860-1867 tenait mordicus à la juridiction autonome sur la propriété et les droits civils, éventuellement consacrée à l’article 92(13) de la Loi de 1867, le Québec est clairement exclu du libellé de l’article 94, lequel permet au gouvernement fédéral, avec le consentement explicite des assemblées législatives des provinces de common law concernées, de légiférer pour homogénéiser le champ de la propriété et des droits civils. Comme les débats au Parlement du Canada-Uni en 1865 le révèlent aussi clairement, le Québec est donc exclu de telles initiatives homogénéisatrices. » Au lieu d’une asymétrie dont le Québec peut tirer avantage, il me semble s’agir d’une biasymétrie révélant l’illégalité de Trudeau père d’homogénéiser depuis le Canada anglais jusqu’en et au détriment autant du Québec que de la Constitution de 1867, comme si légal depuis 1982.

    2 Voir le Mémoire de Droits Collectifs du Québec et le Mémoire de citoyen, par Laurence Tilmant-Rousseau. Jusqu’au dit Fédéralisme asymétrique, à la source du Conseil de la Fédération s’inspirant de Benoît Pelletier et passant de Jean Charest à Stephen Harper, n’est que la contrepartie du refoulement trudeauiste, sans rien régler, ni chercher à régler quoi que ce soit, faute de la mise au jour de la biasymétrie exigeant de s’équilibrer à partir de la Constitution de 1867 et d’en rectifier la Constitution de 1982, s’il s’agit du Québec et non de sans et contre le Québec dont forcer l’exil intérieur, de fait son enkystement au tréfonds de son refoulement dans le Canada, surtout depuis que trudeauisé.

    3 Selon Rosario Bilodeau, Robert Comeau, André Gosselin, Denise Julien, Histoire des Canadas, Montréal, Éditions Hurtubise HMH, 1975, p. 15, il y aurait eu une évolution en trois phases: de l’Ancien Monde au Nouveau Monde, donc d’Europe en Amérique, en l’occurrence en Nouvelle-France dont le Canada (alors laurentien) était le cœur, lors d’une colonisation française (jusqu’en 1760), puis anglo-britannique (jusqu’à 1854), en distinguant les Bas-Canada (le Québec) et le Haut-Canada (l’Ontario) en 1791 avant d’en tirer les Canadas-Unis, voire le Canada-Uni ou la Province du Canada (1839-1854) et enfin, son devenir, non plus tant de militaire à géopolitique qu’à économique et plus continentalement anglo-nord-américain en s’imbriquant avec les États-Unis (des années 1854-1866, lors du Traité de Réciprocité, juste avant le Canada issu de l’AANB de 1867, à nos jours). Histoire des Canadas, car à travers tous ces Canadas, selon ces trois phases, et lors de la troisième phase, au moins entre Canadas français et anglais avant de dériver dans des Canadas francophone et anglophone selon un bilinguisme officiel à compter des années 1960 et a fortiori depuis le rapatriement unilatéral de la Constitution par le fédéral avec le ROC sans et contre le Québec, de sorte que le Canada se présume tant unitaire et par là, anglais (par cette connivence du fédéral et du ROC) s’imposant à ce qui en est et en a été français, car le Québec seul correspond au Canada initial, à savoir au Canada laurentien (perdurant jusqu’en le Bas-Canada et jusqu’en ledit Canada-Uni visant pourtant déjà son anglicisation selon Durham) d’où, par-delà l’Acadie, le français s’est étendu vers l’Ouest alors appelé les pays d’en haut (d’où la dénomination du Haut-Canada, à savoir de l’Ontario par ses Grands Lacs d’où les eaux s’écoulent vers le Saint-Laurent et de là, de tout ce qui en est encore plus à l’Ouest), hormis le fait encore plus antérieur d’avoir emprunté le mot Canada aux Premières Nations, en l’occurrence au Wendake-Huron. Qu’en subsiste-t-il en un ministère culture et identité, a fortiori inversé en identité et culture canadiennes, si n’étant pas exclusivement canadians, dont ne plus être que la traduction en français ? Au contraire, ce sont les Canadiens, identiquement les Français établis au pays où depuis lors avoir côtoyé les Premières Nations, qui, à compter de LaFontaine et du rétablissement du français (1842) à l’encontre de son antérieure abolition depuis Durham, voire l’instauration du gouvernement responsable (1848), ont partagé leur identité avec les Britanniques et s’en sont dits Canadiens-Français en regard de Canadiens-Anglais, si ceux-ci ne se disent pas seulement et purement Canadians d’où tout reprendre à partir d’eux seuls. Ça aussi, fort loin de ladite pure collaboration censée avoir prévalu depuis la Conquête selon Mark Carney, où est-ce? Conquête du Canada que Trudeau père a fait Conquête du Canadien en Canadian… dont le French Canadian serait une variété ?

    4 Cité par D. Vincent, Le sacre au Québec: transgression d’un ordre religieux ou social?, dans Le statut culturel du français au Québec, Conseil supérieur de la langue française, www.cslf.gouv.qc.ca/bibliotheque-virtuelle/publication-html/?tx_iggcpplus. De même, le Canadien était l’autochtone amérindien, puis le Français né au pays, à savoir le franco-catholique de la vallée du St-Laurent, donc du Canada laurentien d’où rayonner en Amériques (jusqu’à la fin du XVIIIe siècle), avant que que les Britanniques soient suffisamment nombreux et s’en démarquent en tant que Canadians les considérant comme des French Canadians se traduisant en Canadiens français dont émergent les Québécois (années 1960), puis les Québécois francophones (au tournant des années 2000).

    5 http://manuscritdepot.com/a.jean-claude-dupuis.3.htm. Jean-Claude Dupuis est historien humaniste catholique se disant hériter du nationalisme canadien-français groulxien intégrant encore Église et État. Le Siècle de Mgr Bourget (1840-1960) étaie la critique Pour en finir avec le mythe de la Révolution tranquille et avec le vide spirituel et culturel, lorsque le Parti Québécois dissocie l’indépendantisme du nationalisme identitaire et abandonne le Canadien français au profit du seul Québécois francophone, lequel, faut-il ajouter laisse en miroir le fédéral trudeauiste radicaliser la Conquête du Canada par la Conquête du Canadien en même temps qu’amplifier le Bilingual Canadian Coast to Coast qui, depuis environ 1850, cherche à réduire et assimiler le Canadien jusqu’alors le seul Français established au pays au French Canadian pour s’en dire Canadian et en faire son décalque francophone au gré de ce bilinguisme qui, de 1867 à 1969 et a fortiori 1982, se radicalise de constitutionnel à officiel. Plus erreur papale de 1870 qui, en favorisant le catholicisme libéral, favoriserait le libéralisme politique (fort individualiste) faisant se dichotomiser vie privée (religieuse) et vie publique (étatisée) et s’inverser la primauté de l’Église sur l’État, lui-même sur l’économie, en celle de l’économie sur l’État, lui-même sur l’Église, au point de faire de la laïcité une guerre contre la religion. À moins, faut-il ajouter, que ce soit une manipulation supplémentaire depuis le fédéral sur le provincial, en tout humain, par l’individuel si individualiste qu’ethnoracialement collectivisé tel contre le social autant en culture qu’en identité, surtout au Québec. Ces deux ajouts sont de moi et ne vont pas tant dans le sens de l’auteur que retiennent et rattachent son apport aux humanistes prémices renaissantes, surtout ficiniennes, de la modernité. Le tout s’incarne jusqu’en les tensions fasciales du corps d’autant mieux organique, déjà signalé. La difficulté la plus cruciale, d’existentielle à essentielle, est que pour toute société rien n’est plus sacré que le lien social se tissant entre les individus la composant, de laïque en religieuse selon un sens hiérophanique (par manifestation sacrée) de soi, alors qu’en sens inverse, de religieuse en laïque, glisse et s’impose la hiérarchie (commandement sacré).

    6 En 1867, en se pensant l’un des deux peuples fondateurs, les négociateurs canadiens-français confient « au gouvernement fédéral la compétence législative prépondérante en matière d’immigration (article 95 LC 1867) » et acceptent « le bilinguisme officiel au niveau parlementaire, législatif et judiciaire (article 133 LC 1867) ». Mémoire de Justice pour le Québec, L’immigration: un défi existentiel pour le Québec, 23.08.2024, p. 6. Notez la conjonction entre langue, par le bilinguisme (constitutionnel, selon l’AANB de 1867, pour le distinguer de l’officialisation trudeauiste en 1969, puis en Constitution de 1982), et l’ensemble des pouvoirs, par l’exécutif qui noyaute le parlementaire jusqu’en le législatif et, de là, le juridique. Le français était reconnu aux seuls Parlements autant d’Ottawa que du Québec, ce qui laissait le champ libre aux Provinces hors Québec d’éradiquer le français dans les écoles et le faire s’« enjoualiser » au sein du Québec, à Montréal, de population à majorité anglophone en 1860. Ledit bilinguisme s’en est conjointement confessionnalisé dans les écoles par l’article 93, surtout pour protéger ladite minorité (numérique et aucunement statutaire) anglaise du Québec, comme cheval de Troie censé l’en miner intérieurement. Depuis l’entente administrative de 1991 quant à l’immigration, sans la temporaire lui échappant totalement et ayant pourtant explosée sous Justin Trudeau et sous la fallacieuse apparence de mener à la résidence permanente malgré des discriminations flagrantes envers les étudiants étrangers francophones en faveur d’anglophones, le Québec sélectionne et intègre, le Fédéral admet. René Lévesque disait que le Fédéral noie le Québec par l’immigration, le Québec enregistre la noyade. Via l’immigration s’infléchit la densité numérique sociodémographique au profit du statutaire d’autant unilatéralement imposed faire passer fallacieusement majorité/minorité démographique sous ce visage statutaire pourtant tout leur inverse, de façon à ce que le statut majoritaire impose en sous-main son immigration contre ladite majorité numérique pour l’inverser et se la rendre conforme. Ladite noyade commence et s’instaure à partir du même modèle dès la société civile, d’abord la forge de la famille se trouvant manipulée par des compétences juridictionnelles tout aussi schizophrènes: « La Loi constitutionnelle de 1867 octroie au Parlement du Québec la compétence sur les droits civils, ce qui inclut habituellement l’entièreté du droit de la famille. Cependant, elle retranche la compétence sur le mariage et le divorce afin de les donner au Parlement du Canada, laissant toutefois la célébration du mariage à la province », le tout ouvrant la porte par laquelle le fédéral déborde et empiète sur maintes autres matières, « telles que les pensions alimentaires, le partage des biens, la garde des enfants ou encore la compétence du juge », Mémoire de Thomas Lessard, Alexandre Cadotte et Michaël Lessard, 5 septembre 2024. La densité numérique sociodémographique bascule, car ne conjugue que démantèle statutairement la famille, via laquelle se module le ratio natalité/mortalité, avec la même sorte de migration.


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  • Faits assurant la pertinence des droitsPremière recommandation : de la pseudo-symétrie à la biasymétrieFaits assurant la pertinence des droits

    Je me souviens de mes origines françaises, mais surtout d’être de langue maternelle française qui est inhérente au Canada laurentien et perdure de sous la Conquête anglaise, puis de sous la pression assimilationniste issue de Durham et surtout d’Elgin à Macdonald (Conservateur), puis de Laurier jusqu’au Trudeauisme (Libéraux). Je m’en souviens tant que je m’aperçois à quel point il est crucial de se rappeler le propos de l’historien Richard Arès qui, dès 1967 (au seuil de toute l’opposition conflictuelle entre le Canada trudeauiste et le Québec d’autant plus autonomiste que jamais auparavant que resurgissant de sous le refoulement s’en activant tout autant). Arès, statistiques à l’appui, signalait que « Le Québec est la seule province à compter plus de citoyens de langue maternelle française que de citoyens d’origine française; partout ailleurs le nombre des premiers est nettement inférieur à celui des seconds. Ce qui revient à dire que le Canada français, au lieu de s’agrandir et de s’enrichir comme au Québec, s’y amenuise et s’y appauvrit »2. Or, jusqu’au Québec est dorénavant rendu au moment décisif de savoir s’il va subir le même sort que partout ailleurs au Canada ou s’il va resurgir de sous le refoulement que le fait français pancanadien subit, non plus seulement jusqu’à s’en trouver toujours confiné en le seul Québec (surtout depuis Macdonald et Laurier), mais jusqu’au sein du Québec. Ce moment décisif s’est inauguré depuis 1998-2000 en modifiant l’article 93 de la Constitution de l’AANB. De sous la radicalisation trudeauiste par un multiculturalisme multiethnoracialisant jusqu’au multiethnoracialisme (selon qui monopolise la capacité d’accuser d’ethnoracisme) s’enreligiosant tel, depuis 1982, il s’agit d’y résister et de déconfessionnaliser ses écoles et les rendre linguistiques, donc au plus près et le plus en continuité possible avec la langue maternelle française dont parle Arès, si inconscient ce lien soit-il resté jusqu’à présent. Ladite origine française faite origine ethnique à noyer parmi d’autres selon le Canada trudeauiste faisant accroire qu’elle serait privilégiée par le Québec à combattre pour cette raison, ne prévaut au contraire que hors Québec, justement parce que beaucoup plus enfoncé sur la voie de l’assimilation, de sorte que la pyramide des âges s’y inverse plus radicalement et fait que plus de gens âgés parlent français que les plus jeunes, si nés au pays, certes, mais y compris si issus de l’immigration que le fédéral cherche à contrôler autant là qu’au Québec et qui y subit et y prend néanmoins part au taux accéléré d’assimilation y ayant cours. Étonnant paradoxe trudeauiste: faire accroire à un nationalisme ethnique au Québec pour l’y attaquer et créer les conditions l’en faisant accuser d’ethnoracisme, alors qu’il y est tout au contraire diffracté et repris depuis la langue maternelle française, là où tout à l’inverse, il prévaut seulement hors Québec. Sans jamais tenir compte de cette abyssale différence entre les deux pour ne plus l’aborder qu’à l’envers depuis son interversion totale par le processus assimilateur lui-même, s’implante et se renforce le trudeauisme. Bien sûr, il peut y avoir un nationalisme et il peut même être en partie ethnique au Québec, mais il ne l’y est jamais exclusivement et pleinement que par sa forge trudeauiste, du fait d’être tant anhistorique et asociale qu’inapte à tenir compte d’une distinction aussi simple et fondamentale que celle entre l’origine française, pouvant alors être dite ethnique, et la langue maternelle française à travers laquelle elle se diffracte et qui l’en module seulement au Québec (à l’échelle sociale, bien avant qu’individuelle) a contrario de tout ce que ce trudeauisme en promeut hors Québec, en méconnaissant totalement les faits statistiques de base pourtant mis au jour au moins dès Arès. Jusqu’à Statistiques Canada et ses adeptes en poursuivent le biais jusqu’au sein du Québec et faussent littéralement autant la définition de la langue maternelle (faute de cette sous-jacente distinction de base quant à la question ethnique relativement à la question linguistique autrement plus clairement et distinctement sociale, car d’emblée commune plus que seulement individuelle) et des francophone/anglophone/allophone, autant par définition qu’en sa façon d’en faire la répartition statistique, comme Charles Castonguay les en dénonce incessamment, mais sans mettre au jour sa source foncièrement idéologique qu’est ce biais multiculturaliste fait multiethnoracialiste enreligiosant par lequel littéralement les intervertir totalement: si l’anglicisante « common law » est si opérante, c’est sur la base de la sous-jacente non-distinction entre l’origine ethnique (pouvant être faite multiethnoracialiste) et la langue maternelle (pouvant être assimilée à ce qu’en fait le bilinguisme officiel trudeauiste l’en tronquant de toute assise socioculturelle pourtant a contrario prévalante au Québec, à la façon dont il a tronqué le Rapport Laurendeau-Dunton de son biculturalisme au profit du seul bilinguisme). C’est sur cette base d’autant mieux factuellement cernée que défaussée qu’il peut être possible de mieux poursuivre le « but de renforcer l’autonomie du droit civil québécois par rapport à l’influence de la common law »3, car c’est la relation entre faits et droits qui peut être assainie et décolonisée, là où Mark Carney se soucie seulement de « un droit est un droit », mais déconnecté de sa pertinence exigeant d’en cerner d’emblée le rapport avec les faits, auprès desquels se repérer et s’ajuster, plutôt que s’y surimposer et les manipuler et réifier.

    Si jusqu’aux faits soi-disant statistiquement recensés sont biaisés en fonction d’une telle idéologie trudeauiste s’opérant depuis un anglicisant biais juridique foncier, comment tout droit canadien, du plus local jusqu’à la Cour suprême, pourrait-il faire autre chose que les entériner et les faire s’en diffuser toujours davantage, jusqu’à l’assimilation finale de tout fait français ? La raison en semble fort simple: dans la droite lignée de l’article 93 de l’AANB, mais en en transfigurant les droits constitutionnels linguistiques (1867) en droits officiels linguistiques (1969-1982), la grande préoccupation du Canada trudeauiste est de ne retenir des Pères de ladite Confédération (qui était tout au contraire un Dominion cherchant à se faire paraître une Fédération) que la tendance à

    « sauvegarder les droits à l’enseignement, en anglais, de la minorité protestante du Québec. S’appuyant sur le même principe, le Canada français a toujours associé jusqu’ici, hors Québec, école confessionnelle et école catholique. L’histoire a montré, hélas, que ce qui est vrai, juste et équitable pour la minorité (protestante et de langue anglaise) du Québec, ne l’est pas nécessairement pour celle (catholique et d’expression française) des autres provinces »4.

    Cet impérialisme colonialiste a été radicalisé lorsque Trudeau père a massacré le Rapport Laurendeau-Dunton, pourtant censé rectifier cette insuffisance fondamentale, pour l’en tronquer de son biculturalisme, a fortiori si évocateur du binationalisme, au profit du seul bilinguisme officiel et ce, toujours plus « official languages », en anglais, dont les « langues officielles », en français ne sont plus que des décalques. Le bilinguisme officiel établi par Trudeau père en est d’autant de part en part fallacieux, en faisant accroire qu’il s’agirait d’une symétrie de majorités anglaise dans le ROC et française dans le Québec avec minorités inverses correspondantes, ce qu’elles n’ont jamais été, du moins pas statutairement, même si pouvant sembler l’être par densité numérique sociodémographique, elle-même tronquée et inversée en sa primauté numérique non plus tant relative qu’absolue (« là où le nombre -ainsi biaisé le justifie », il peut y avoir tel ou tel service), d’où le caractère anhistorique et asocial foncier du trudeauisme pouvant tout en rendre si individuel qu’individualiste et uniquement collectivisable tel, au sens ethnoracial laminant le social. Le tout, selon un toujours plus occulte Canada toujours plus foncièrement anglicisant par impérialisme juridique de la « common law » individualiste sur tout droit civiliste québécois (et a fortiori s’il y avait l’ombre d’une chance que ce puisse être civiliste jusqu’en le Canada français hors Québec où a contrario l’en rendre de facto carrément impossible). Ceci se radicalise, par-delà le refoulement inaugural (sous Durham, Elgin, Macdonald et Laurier), depuis le Rapatriement unilatéral de la Constitution canadienne par le même Trudeau père sans et contre le Québec, à l’image du Canadian s’imposant et parachevant la Conquête, non plus seulement du Canada, mais dorénavant celle du Canadien, autrefois identiquement Français. Le fait français pancanadien a été si bien refoulé dans le seul Québec depuis l’affaire Louis Riel qu’il s’y découvre s’y affirmer tant Québécois qu’oublier sa propre histoire du Canada Laurentien au cœur de la Nouvelle-France, au point de lui abandonner et lui permettre de transfigurer le Canada de l’AANB en Canada trudeauiste, ce qui est sur le point de se radicaliser encore plus par le carneyiste ministère des Culture et identité canadiennes, ensuite identité et culture canadiennes, aucunement un ministère canadien d’emblée appelé à se situer et faire place à un ministère québécois correspondant.

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