Banniere Yvan Morin
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Auteur/autrice : super_admin

  • 3) Problème majeur : guerre idéologique étatsunienne faite à l’ONU

    L’un des problèmes majeurs est la guerre idéologique sans fin que les États-Unis livrent à l’ONU, autant par leurs incessants vetos au CPS, que par le sort qu’ils réservent à toute culture a contrario de ce à quoi aspire l’ensemble du reste de la planète, comme lors de leur refus de signer la « Convention de l’UNESCO sur la diversité culturelle de 2005. Pour eux, la culture est avant tout un objet de commerce, alors que dans la conception de l’UNESCO, la culture est un bien public mondial, auquel tout le monde a droit et qui ne peut se réduire à être régi par les seules lois de l’argent. »1

    L’UNESCO a son siège à Paris en France. Sa lutte pour la diversité culturelle constitue un contre-pouvoir à la vision étatsunienne mercantiliste de la culture, dont l’incessant porte-à-faux camoufle la manière d’agir, de penser et de dire qui se transmet au profit du seul contenu visible et dicible à travers lequel la réduire à sa mise en scène et y détourner l’attention vers l’économiquement commercialisable et géopolitiquement téléologisable, d’autant que rendu fort idéologiquement pervasif. Or, l’Europe, dont la France, ne s’est guère aperçue du prix réel de la subordination économique et militaire aux États-Unis à compter des accords de Bretton Woods consacrant l’hégémonie du dollar et la conjointe dette que le Royaume-Uni a contractée pendant la guerre et qu’il n’a fini de payer qu’au XXIe siècle, le 3 octobre 2010. Tel est le pendant de ce qui n’a semblé être qu’une reconstruction et mise sous protection de l’Europe en même temps que du passage du flambeau impérialiste de l’Empire britannique à l’Empire étatsunien depuis 1945: se leurrer sur le giron d’États démocratiques censés être d’abord « occidentaux » et transatlantiques, tant l’entre-soi a fait s’occulter la plupart des actions au contraire non démocratiques s’effectuant d’eux jusqu’en dehors d’eux et tuant dans l’œuf maintes amorces d’États en quête d’être démocratiques, mais déniés et transformés en dictatures. Il est temps de se poser la question: les États se disant démocratiques l’ont-ils été par leur connivence avec ce qui, hors d’eux, détruisait les germes d’autres démocraties cherchant à émerger, ce qui s’est surtout magnifié à partir des États-Unis ? Appel à l’examen de conscience.

    « Why does the United States behave as it does in the world? »2 La réponse est encore plus étonnante que la question. Comme l’illustrent les frères John Foster Dulles et Allen Dulles entrés ensemble au gouvernement des États-Unis, le premier comme Secrétaire d’État, le second à la tête de la CIA, les Étatsuniens se font passer, non pour des, mais pour les Américains, sans jamais s’arrêter et réfléchir à cette évidente métonymie (donnant une partie, eux-mêmes, pour le tout) fort axiomachique. En géopolitique, toute métonymie est axiomachique: c’est un pléonasme fort idéologisant visant à tant renforcer et conforter une hégémonie qu’à oblitérer et réifier l’entière réalité en cause pour l’y téléologiser. Elle permet aux habitants du pays le plus antiaméricain des Amériques de se présumer, se faire accroire et s’imposer comme les seuls Américains jusqu’en lieu et place, sous façade et à l’encontre de tous les Américains de tous les pays de toutes les Amériques1. C’est comme dire que l’univers matériel ne se constituerait du flux en coémergence/coannihilation de matière et antimatière qu’en faisant prévaloir l’antimatière sur la matière, tout à l’inverse de ce qui s’y observe, ce qui n’est pas sans susciter matière et énergie sombres se présumant opérer de façon asymptotique et hiérarchique depuis l’invisible jusqu’en le visible, tout à l’inverse du visible d’où partir et apercevoir jusqu’à l’invisible dont il se révèle symptomatique et hiérophanique. Cette géopolitique téléologise et réifie en s’imposant à l’envers et en donnant l’envers pour l’endroit plutôt que se repère et s’ajuste à sa géophysique sous-jacente réellement en cause.

    Les frères Dulles, comme Étatsuniens, ne sont guère patients par nature et sont portés par un « impulse to act » et non de comprendre2, tant la réalité est à ajuster à leurs seuls besoins, voire désirs (infiniment variables, selon un capitalisme tous azimuts): « Foster and Allen brought the United States into partnership with dictators in several parts of the world and in some countries they intervened to replace democratic governments with tyrannies. Nevertheless, they considered themselves paladins of liberty. By some standards, this leap of logic made them hypocrites. They justify it by applying a particular definition of freedom. It has little to do with civil rights or social welfare. Their view of freedom was above all economic »1, car si un pays ne respecte pas l’entreprise privée et n’accueille pas les multinationales, donc leur prévalence étatsunienne, il n’est pas un pays libre. La liberté est confondue avec la seule liberté d’agir selon sa seule compulsion (colonialiste) à agir, tant que seule prédominante, donc si métonymiquement qu’axiomachiquement opérante, mais surtout sans d’abord chercher à en comprendre quoi que ce soit. Toute conception ne peut plus être que sans compréhension (car exigeant de se distancier et se réfléchir à même sa compulsion à agir au point de tendre à la différer un tant soit peu et à modifier ainsi jusqu’à ses réflexes et a fortiori ses tendances à n’être qu’une « very instinctive person », Trump dixit) et que selon une telle extension toujours plus fort unilatéralement expansive. De la pensée intellectualisante, au ressort de toute conception, mais se laminant, ne subsiste que la fantaisie en virant cruelle et se réifiant empiriquement. Foster et Allen Dulles exemplifient les États-Unis qui les produisent, qui sont issus des accords de Bretton Woods ayant concédé l’hégémonie au dollar étatsunien au sortir de la 2e Guerre mondiale et dont la compulsion simplificatrice (jusqu’à la métonymie axiomachique tous azimuts) fait fi de la diversité. Resurgit la même tension que celle entre les États-Unis et l’UNESCO quant à la culture, voire révèle la voie par laquelle marchandiser et laminer la culture plutôt que préserver sa diversité. Un point majeur mérite d’être noté dès le point de départ de toute la suite de pays (Mohammed Mossadegh en Iran, Jacobo Árbenz au Guatemala, Ho Chi Minh au Vietnam, Sukarno en Indonésie, Patrice Lumumba au Congo, et Fidel Castro à Cuba) que les frères Dulles ont cherché à renverser l’un après l’autre : là où le juge Douglas de la Cour suprême des États-Unis trouvait que l’Iran était une démocratie restée distante de l’URSS, les frères Dulles, pressés par McCarthy avec lequel ils durent coopérer, qui accusait le Secrétariat d’État et la CIA d’être infiltrés par des ennemis du capitalisme global et donc de l’Ouest sous hégémonie étatsunienne et qui les a forcés autant à des purges qu’à des embauches idéologiquement orientées, projetèrent ces dites infiltrations sur le régime iranien démocratique de Mossadegh en vue de le renverser en 1953 et d’installer à sa place la dictature du Shah (qui a tenu jusqu’en 1979, à l’arrivée de l’Ayatollah Khomeini et de la transformation de la dictature en celle de l’État Islamique, le tout au point de départ du merdier moyen-oriental présentement en cours lors de l’attaque israélo-étatsunienne contre ce même Iran). Bref, les États-Unis ont fortement contribué à supplanter la démocratie au profit de l’instauration de la dictature en Iran, dès le Shah, puis de l’État islamique (pour autant que restant au moins aussi loin dudit communisme de l’URSS que des États-Unis), mais ils ont commencé à ne guère l’apprécier lorsqu’elle s’est mise à prendre une autre teneur (dont l’alliance entre un tel Iran, dont la dictature s’éloigne trop de celle recherchée au profit d’une autre moins avenante, et la Russie et la Chine), ce qui culmine en 2026 en l’actuelle guerre israélo-étatsunienne avec l’Iran. Il faut dire que Mossadegh voulait nationaliser le pétrole et il fallait donc faire passer cela comme une atteinte et attaque contre la libre entreprise sous emprise de multinationales anglaise et étatsunienne, donc à la liberté ainsi fort étroitement définie comme si toute liberté s’y réduisait et justifiait de le renverser. De même, Arbenz, au Guatemala, s’est lancé dans des réformes démocratiques ambitieuses, mais ses nationalisations touchaient en particulier l’United Fruit Company, une imminente fort libre entreprise multinationale étatsunienne, ce qui a mené à faire accroire à un communisme provenant de l’URSS et censé menacer, là comme partout, tout l’Occident, d’abord les États-Unis, et donc faire se déclencher des attaques maccarthystes inspirant tant les frères Dulles. Bien noter l’incessant porte-à-faux faisant passer l’envers pour l’endroit dès lors à virer à l’envers de lui-même pour se le faire accroire tel et l’en attaquer, style double pensée orwellienne, mais selon une fantaisiste impulsion à agir s’en justifiant pour faire s’y conformer la réalité. Certes, les désastres au Vietnam et à la Baie des Cochons à Cuba ont fait pâlir sérieusement la figure des frères Dulles, surtout de Allen à la tête de la CIA opérant dans l’ombre pour effectuer ces renversements de régimes. Néanmoins, les soi-disant démocratiques États-Unis ont poursuivi ailleurs leur implantation de dictatures: Pinochet au Chili, via Kissinger et la CIA, les Contras au Nicaragua sous Reagan qui a néanmoins été réélu, car censé n’en avoir rien su ou avoir joué un rôle mal cerné et en ayant été néanmoins éclaboussé en pleine période électorale du fait que les États-Unis les ont financés par des armes vendues en Iran malgré l’interdiction explicite du Congrès et malgré leur propre embargo, etc. Le pire est que lesdits Contras se finançaient par la vente de cocaïne et que les administrations Reagan, puis Bush père y étaient impliquées1, alors que s’affichant lutter publiquement contre le fléau de la drogue aux États-Unis. Le tout sans faire le lien avec la conjointe surprescription médicale interne d’opioïdes créant et entretenant le besoin. Du moins, si pour se doter d’une vue d’ensemble du problème pour vraiment s’y attaquer. Aujourd’hui, les États-Unis préfèrent ne pas trop insister sur les entreprises étatsuniennes vendant des armes aux cartels de la drogue au Mexique, alors que Donald Trump prétend s’attaquer aux frontières avec le Mexique (et le Canada) censé(s) trop laisser passer migrants et drogues. Ou encore sur la Cité-État cryptolibertarienne néocolonisaliste promue depuis les États-Unis et en train de s’établir sous le nom de Prospéra au et contre le Honduras, autant la nation, surtout le village à sa proximité, que l’État, depuis qu’un gouvernement corrompu s’adonnant au trafic de drogues a facilité son implantation initiale et en vue d’empêcher le nouveau gouvernement de rétablir sa souveraineté, quitte à l’acculer à la faillite au besoin par une poursuite-baillon de 13 milliards de dollars et si cela ne suffisait pas, à faire appel pour y faire intervenir la politique étatsunienne trumpienne2. Même sans cela, il suffit de rappeler un point s’inscrivant exactement dans cette même lignée: MacCarthy s’était affilié Roy Cohn par qui il a fait condamner à mort les Rosenberg et qui a été mentor de Donald Trump, chez qui se reconnaît la même tendance, non seulement à dénier chez soi-même défensivement, mais à conjointement toujours agresser en vue de faire porter à autrui la source de quelque problème que ce soit, ce qui se moule directement sur les affections de la fantaisie s’en faisant cruelle: désir de ce dont jouir à se garder pour s’en complaire toujours plus en soi seul et crainte de ce qui afflige et endolorit à vicarialiser d’autant totalement en autrui pour y parvenir. Et ce, jusqu’à attaquer par diverses sanctions des institutions onusiennes, dont des juges de la Cour Pénale Internationale (CPI) pour les empêcher d’effectuer leur travail qui ne lui convient pas, mais aussi à se créer une liste de pays à abattre l’un après l’autre (ce dont Israël a déjà une liste toute prête), d’autant que l’écart de puissance peut être grand et en faciliter la tâche.

    Pour ce faire, il inverse tout le rapport au réel du sein même des États-Unis. Cette fois-ci, il ne cherche plus à voler l’élection comme en 2020 en disant que ce sont les Démocrates de Biden qui la lui volaient. Il accuse plutôt d’autant Obama d’avoir donné la bombe nucléaire à l’Iran qu’il en a bloqué en 2018 (comme le réclamait Netanyahu) l’accord de paix de 2015 (prévoyant un contrôle serré du programme nucléaire iranien en échange d’une réinsertion iranienne internationale graduelle), car il veut l’inverser et le transformer en capitulation armée qu’il cherche à imposer et légitimer en 20261, après s’y être laissé entraîner là aussi par Netanyahu, mais au gré d’un sous-jacent pervasif néosionisme (par retour non seulement de la diaspora en terre d’Israël, mais de ce qu’était la terre d’Israël avant la diaspora). Néosionisme sis sur un retour du religieux d’abord chrétien évangélique, avec frange catholique fondamentaliste, qui le promeut depuis les États-Unis jusqu’en et en amplifiant ce qui s’en promeut en Israël. Même en supposant que l’Iran aurait continué à enrichir l’uranium sous façade de négocier, est-ce à dire que cela équivaut à détruire toute capacité de menacer le monde libre, à savoir celui-là même qui sous façade de sa seule propre liberté mercantile (avant de se radicaliser en libertarienne néo-mercantile) et hypocrite, l’a empêché de devenir démocratique en 1953 et y a implanté la dictature du Shah qui a viré à son tour en une telle dictature islamique depuis lors devenue moins instrumentalisable et digeste, que ce soit en essayant de rattraper le coup sous Obama ou en la vomissant sous Trump? À l’image de sa dite guerre préventive (d’autant créée de toutes pièces que déjà ainsi préparée depuis des décennies), Trump se couvre de façon préventive au cas où ce puisse être plus catastrophique qu’il ne veut l’anticiper pour s’en décharger en tiers sur une cible désignée d’avance pour se prétendre tout du long s’en déresponsabiliser en même temps que pour projeter toute responsabilité des conséquences de ses propres comportements sur les autres, en un sens totalement inverse à tous ceux qui le considèrent agir de façon irresponsable. Redisons-le: pour Trump, c’est Obama et non lui, ni même les États-Unis depuis 1953, qui ont poussé vers la bombe atomique un Iran rendu d’autant dictatorial autrement qu’instrumentalisable que lui résistant et s’en faisant choc en retour. Il se prémunit contre tout avenir un tant soit peu malencontreux, en ayant d’avance un bouc émissaire tout désigné. Or, pour sauver sa popularité en chute libre aux États-Unis, est-ce lui qui va laisser filer l’uranium iranien (à moins qu’il soit transféré en Chine, selon quelle problématique)? S’il réussit, la gloire lui revient. S’il échoue, c’est la faute de Vance ou un autre.

    S’y bute la proposition de Villepin d’intégrer au droit international (de fait, le plus souvent de part en part interétatisé) un principe de « tu casses, tu répares ». Ceci a déjà été essayé au sortir de la 1re guerre mondiale et a mené à la 2e, au terme de laquelle il a fallu, non réparer, mais reconstruire. Plus l’endettement de l’Angleterre face aux États-Unis au profit desquels s’est alors déplacé le centre impérialiste de gravité, au grand dam de Keynes face à White à Bretton Woods, ce dont le pétrodollar a pris la relève. De plus, Trump harcèle d’autant impunément des juges de la Cour Pénale Internationale que l’ONU ne peut rien y faire. Trump ne connaît que la politique intérieure des États-Unis où tout ce qui est cassé extérieurement n’a à peu près pas d’importance, si ce n’est le risque éventuel que l’uranium iranien s’échappe par quelque fissure du va-t-en-guerre étatsunien devenu si inapte à quelque démarche diplomatique exigeant d’abord de reconnaître quelque droit international, a fortiori interétatique, surtout si impliquant une médiation interimpérialiste via le CPS de l’ONU. Si les États-Unis acceptaient d’y passer par la Russie face à l’Iran plutôt que seulement s’y entraver mutuellement par veto, Poutine a proposé à Trump un « deal » : ne plus donner d’informations à l’Iran (ce à quoi la Chine pourrait de toute façon suppléer), si les États-Unis n’en donnent plus à l’Ukraine. Trump a préféré ignorer cette caricature lui renvoyant en miroir son « Art of the Deal » et coller à son dada préféré, à savoir le cours du pétrodollar: diminuer l’impact du blocus iranien du détroit d’Ormuz en levant des sanctions commerciales contre le pétrole russe, quitte à financer ainsi la guerre russe en Ukraine. Autre deal. Par sa guerre en Iran, Trump amplifie en économie étatsunienne ce que ses tarifs douaniers font déjà, à savoir le contraire de ce qu’ils disent viser. Et il est donc assoiffé de budgets militaires croissants (réclamant 1 500 milliards de dollars, si le Congrès approuve) et de conjointes coupes massives dans les programmes sociaux (santé, éducation, etc.) au profit de polices intérieures. Son libertarisme est si ironiquement cruel au fur et à mesure qu’il ne s’extériorise qu’en refluant vers l’intérieur: entraver l’éducation formant les ingénieurs qu’exige la construction industrielle (navale et autre) et sublimer d’un coup la puissance réelle en puissance projetée, mais en train d’être si érodée que d’autant mieux contestée (sur les eaux planétaires et ailleurs, surtout par la Chine qui, elle, forme des ingénieurs). La paix par la force bute sur ses limites internes liées au développement humain dont l’exigence est si outrancièrement sous-estimée. Jusqu’en l’ONU.

    Trump confond tellement les recettes toutes faites fonctionnant à court terme au point de chercher à y réduire ce qui est autrement bien plus complexe et à long terme, qu’il cherche à faire une référence, via DOGE, de ses coupures de 40% d’effectifs de l’Internal Revenue Service, dont la collecte d’impôt était un processus fort automatisé, traçable et standardisé, à la Federal Student Aid qui « traite chaque année des millions de demandes complexes, des situations individuelles qui requièrent jugement, expertise et suivi humain », ce qui, loin de supprimer de la bureaucratie inutile, sabre « dans la capacité opérationnelle d’un système dont dépendent 43 millions d’emprunteurs américains »1, à savoir des demandes complexes d’étudiant(e)s pour financer leurs études effectuées malgré des situations difficiles qui requièrent un jugement humain et une expertise, ce qui pourrait empêcher de traiter les dossiers à temps et provoquer maints défauts de paiements de frais encourus dans la vie réelle. La confusion est exactement celle menant à occulter la diversité culturelle promue par l’UNESCO et à considérer la culture et en l’occurrence l’éducation être un marché comme les autres, sans se badrer de la mobilité (plutôt que l’inégalité) sociale à créer, d’une période de vie plus vulnérable, mais essentielle au devenir social en son ensemble, dont en particulier sa propre capacité productrice future du marché du travail, là où la Chine fait tout le contraire. Pourquoi fait paraître la Chine comme son adversaire, voire ennemi, principal, quand le faisant très bien tout seul de soi-même ?

    Par ailleurs, le ministre iranien des Affaires étrangères a déjà confirmé le 14 mars 2026 le soutien militaire russe, au moins informationnel, et chinois, au moins technologique, autant en armes qu’en logistique par le système Beidou-3 contrant les brouillages GPS pour guider les missiles vers leurs cibles, ce qui éclaire en partie pourquoi le stock d’armes étatsuniennes baisse si vite et exige d’aller puiser partout ailleurs sur la planète, en plus d’affoler les pays arabes alliés et fort vulnérables des États-Unis, selon une immense ligne de faille d’écarts fort hiérarchisants de puissance s’en entrechoquant. La Chine ne veut aucunement d’un régime pro-occidental en Iran, tandis que l’attaque israélo-étatsunienne ne veut rien d’autre et donc uniquement que cela, d’où le jusqu’au-boutisme, mais aussi l’onde de choc se propageant à partir de cet entrechoc semblant asymétrique (en se limitant à la seule attaque israélo-étatsunienne contre l’Iran), mais de fait, tout au contraire, engageant des impérialismes titanesques. Les effets n’en sont pas tant mondiaux à partir d’une dite asymétrie, dont ne rien comprendre qu’elle tarde à aboutir, qu’à partir de causes d’emblée déjà mondiales, même si certaines sont plus évidentes (d’autant qu’aimant plus que tout se mettre en scène et se pavaner telles) que d’autres (néanmoins tout aussi, même si plus discrètement, opérantes). Seule l’illusion d’optique fait ne pas s’en apercevoir. Pour la Chine, il ne s’agit aucunement d’une simple guerre asymétrique se faisant accroire pouvoir s’imposer brutalement d’un seul coup pour en finir au plus vite selon un dit droit de se défendre face à une dite menace imminente (pourtant au contraire construite telle depuis 1953, quand le Royaume-Uni et les États-Unis ont empêché l’Iran de devenir démocratique et y ont implanté la dictature, mais ayant elle-même viré en cette tout autre sorte) hors tout droit international interétatiquement circonscrit présidant à l’attaque israélo-étatsunienne. Pour la Chine, « Le concept de « guerre hors limites », théorisé en 1999 par les colonels Qiao Liang et Wang Xiangsui, postule que les conflits modernes se gagnent autant par la technologie et l’information que par les armes conventionnelles », ce qui se combine avec l’iranienne défense en mosaïque et tout ce qui s’y teste et dont recueillir les précieuses données1, dont celles des drones et missiles hypersoniques émergeant en essaim d’une telle mosaïque elle aussi flexible, là où les États-Unis fantasment encore sur l’armement sophistiqué fort coûteux, non seulement en argent, mais surtout en temps engageant et limitant la capacité productive réelle.

    Bref, guerre hors droit international, mais de fait interétatique pour la plupart des médias « occidentaux », guerre hors limites pour la Chine, à même l’iranienne défense en mosaïque. Les uns abordent le réel selon ce qu’ils en imaginent, voire à leur seule fantaisie, jusqu’à la plus cruelle, les autres n’imaginent absolument rien que très expressément ancré en ses conditions réelles, dont le calendrier diplomatique: voulant entre-temps forcer les événements et ladite paix faite capitulation à imposer à l’Iran pour être en meilleure posture, mais en vain, Donald Trump n’a pas différé plus loin que la mi-mai 2026 sa rencontre avec Xi Jinping. Taïwan s’est ajouté au menu des discussions visant une libre circulation commerciale mondiale au détroit d’Ormuz et divers échanges commerciaux plus spécifiques entre leurs deux pays. Le miroir est total. Son sens ne se révèle que par devenir énantiodynamique de son état d’équilibre incessamment variable. Plus que les seuls pays arabes et le seul droit international, l’Afrique entière colle à la réalité révélant « la fragilité d’un ordre international incapable d’imposer la négociation à des acteurs déterminés à l’éviter. (…) La proposition est simple et urgente: les États africains doivent parler d’une seule voix dans les enceintes internationales, exiger un cessez-le-feu immédiat, et refuser de laisser leur territoire ou leurs espaces aériens servir de théâtre à des conflits qui ne sont pas les leurs. »1

    Entre-temps, les États-Unis dégarnissent la Corée du Sud de son bouclier antimissile la protégeant de la Corée du Nord pour le déplacer vers le Moyen-Orient2. En effet, l’Iran a détruit des systèmes THAAD, fort peu nombreux et dispersés à travers la planète, et pour être remplacés au Moyen-Orient, devant être pris ailleurs. Ceci envoie le signal aux alliés des États-Unis dans le Pacifique qu’ils y sont dorénavant moins présents pour les défendre, sans parler de l’armement (dont les missiles Patriot) qui ne va plus en Ukraine (dont évaluer lui accorder une licence pour en fabriquer) et va plutôt lui aussi au Moyen-Orient. S’y entrevoit la déstructuration de toute l’architecture sécuritaire étatsunienne internationale interétatisée mise en place depuis 1945. Contrairement au système franco-italien antimissile compensateur dont doter l’Ukraine après une guerre de déjà quatre ans avec la Russie, la Corée du Sud, elle, voit s’ouvrir une brèche de deux ans avant de pouvoir se doter d’un système équivalent et est entre-temps encore plus encouragée à développer l’arme nucléaire… et à accentuer sa prolifération. Idem en Europe où les États-Unis trumpiens sont en train de déserter l’OTAN, mais aussi en partie le sol allemand (5 000 des 36 000 hommes, après que le chancelier Merz a dit que les États-Unis trumpiens n’avaient pas de stratégie en Iran qui les en humiliait)1, tout en contraignant l’Europe à apprendre rapidement à se défendre seule2. Ironie: l’entente onusienne quant à la non-prolifération risque d’être d’autant toujours plus contournée un peu partout (Égypte, Turquie, etc. étant déjà sur les rangs) au fur et à mesure qu’obnubilée par le discours israélo-étatsunienne visant à ce que l’Iran ne l’ait pas, si, au contraire, ne l’accélérant pas là aussi. Il est temps de s’apercevoir de ce que sont vraiment les actes en cause. Donald Trump ne s’adonne pas seulement à sa fantaisie, jusqu’à la plus cruelle. Son style transactionnel en est l’incessante manifestation, largement inconsciente, de l’ordre de l’enfant de deux ans perdurant en l’adulte: tout et ce, tout de suite, à toujours plus court terme s’avalant tout long terme, mais non sans que resurgisse avec ce long terme un tout autre court terme se mettant à prendre une tout autre allure que celle visée.

    Trump veut former une coalition et y impliquer l’Europe avec l’OTAN et la Chine au détroit d’Ormuz, du moins tant qu’il y fait la guerre et veut que d’autres s’y exposent (mais peut-être pas, après la guerre, pour canaliser le commerce à son propre profit). Or, contrairement à lui, maints pays, dont l’Allemagne, se soucient de leur Constitution et de l’exigence d’être mandatés internationalement (par l’ONU, l’Europe, l’OTAN…). Cinq pays européens (France, Royaume-Uni, Allemagne, Italie, Pays-Bas), plus le Japon et d’autres pays, se disent prêts à contribuer à sécuriser le détroit d’Ormuz, mais sans envoyer de navires tant que l’intensité du conflit ne diminue pas. L’Organisation Maritime Internationale (OMI), agence de l’ONU pour la sécurité en mer, cherche à y créer un corridor humanitaire sûr pour évacuer les navires (et 20 000 marins en situation précaire). Le Canada s’invite à la table diplomatique pour se faire un vecteur du multilatéralisme onusien1. Il se propose de jouer un rôle d’interface entre le G7 et les États membres du Conseil de Coopération du Golfe (CCG), à la fois ciblés et instrumentalisés par les deux parties de la guerre israélo-étatsunienne et iranienne. Le G7 fonctionne à l’envers de ce qu’il est, car en interface avec la Chine (n’en faisant pas partie, mais liée avec l’Iran, ne serait-ce que par le pétrole qu’elle lui achète en yuan, non en pétrodollar), et sans faire des États-Unis trumpiens son coordonnateur, car l’instance belligérante donnant son ampleur au conflit en le magnifiant au-delà de ce qu’il serait autrement, surtout via Israël qu’ils arment et qu’il leur faut rappeler à l’ordre pour ne plus attaquer les installations énergétiques (a fortiori si éventuellement hydriques, encore plus catastrophiques), car avec rétorsion iranienne loin d’être aussi bien parée en pays arabes qu’en Israël2 :

    « La convergence franco-canadienne sur la nécessité d’une issue négociée n’est pas un hasard. Paris et Ottawa partagent une vision commune: la guerre en Iran ne peut pas se terminer uniquement par des moyens militaires. La présidence française du G7 [2026] donne à Macron le levier institutionnel pour imposer cette discussion à l’ordre du jour. Carney et Macron, ensemble à Vaux de Cernay, représentent le flanc diplomatique d’une alliance qui mène par ailleurs une guerre. Cette tension est inconfortable. Elle est aussi nécessaire. »

    « L’objectif réaliste et peut-être le seul atteignable à court terme n’est pas la paix. C’est la création d’un format de dialogue permanent G7-CCG sur la gestion de la crise iranienne, assorti d’un accord minimal sur la protection des navires civils dans le détroit d’Ormuz et d’une feuille de route même vague vers des négociations plus substantielles. »1

    Bien noter cette quête de dialogue à favoriser internationalement, de fait interétatiquement, en deçà et éventuellement au ressort de la quête de paix et sécurité à promouvoir avec le droit international (tout aussi le plus souvent interétatisé ?) à l’ONU, à son Conseil de sécurité, et ailleurs. Sinon, c’est toujours le même pattern étatsunien (mais ailleurs, russe ou chinois) anti-onusien faisant que si l’histoire ne se répète pas, elle rime, comme disait Mark Twain: je déclenche la guerre et cherche ensuite à vous en coaliser pour vous y entraîner, mais jamais vous n’aurez voix et jamais il n’y aura discussion ensemble quant à ce qu’il faut décider, encore moins si jusqu’en le CPS, a fortiori le plus large Conseil de Sécurité, plus encore sans l’Assemblée générale, si faute de CI, à l’ONU. Toujours le même flottement du vocabulaire: là où l’Europe, dont la France constituant le noyau d’un dispositif de stabilisation propice à la coalition en Méditerranée moyen-orientale, reste lisible et d’autant audible par sa silencieuse présence qu’apte à bien distinguer le cas échéant les termes par lesquels en parler selon une claire posture défensive avec quelque éventuel débordement offensif si nécessaire, tout au contraire, comme les États-Unis trumpiens, Israël crée le flou terminologique lui permettant d’intervertir les termes et fait déjà passer l’invasion offensive du Liban (où blesser aussi des Casques bleus de l’ONU et en faire protester l’Indonésie) pour une défense avancée et grignote toujours plus le Liban, au lieu de chercher à coopérer et l’aider à se doter de moyens par lesquels parvenir autant à se reconstruire qu’à se défaire lui-même du Hezbollah. Comme l’a reconnu Ehud Barack, ancien premier ministre israélien, le Hezbollah est né en 1982-1985 en réaction aux invasions et occupations israéliennes. S’en retirer pourrait se conjuguer avec des démarches en vue de restaurer la paix avec un Liban mieux rendu apte à se départir de lui-même du Hezbollah, tout comme faire place à la Palestine arabe y contribuerait aussi, pour peu qu’il y aurait de la bonne foi dans les négociations, au lieu d’opter d’autant pour la guerre continue et permanente que se mettant à ne plus rien voir que l’interpréter tout le temps en termes de menaces à venir et à parer sous façade de défense avancée procédant par agression préventive. Or, Israël fait plutôt se généraliser là et partout ailleurs au Moyen-Orient son initiale guerre d’autant dite défensive, mais toujours plus avancée, que toujours soi-disant préventive et unilatéralement décrétée et intrusive.

    Faut-il encore le rappeler: même sans insister sur le fondamentaliste religieux israélien qui a assassiné Yitzhak Rabin pour l’empêcher de conclure la paix avec Arafat et rendre possible la solution à deux États, Israël, de Sharon à Netanyahu, a plutôt financé le Hamas (pour détruire le Fatah issu d’Arafat et avec lui toute possibilité de deux États, que l’ONU avait pourtant laissé entrevoir lors de la création d’Israël) avant de s’en faire à son tour attaquer et d’y réagir par son fameux droit de se défendre censé autant s’exhiber comme si ex nihilo en sa dite innocence virginale entachée que chercher à s’en faire conforter interétatiquement à travers la planète. Sauf par quelque Palestine arabe préalablement laminée, pour faire oublier que c’est d’abord contre le pacifisme palestinien arabe pour l’être encore plus contre le seul terrorisme issu du Hamas qu’il s’y est créé de toutes pièces, sans parler de tous les autres groupes qu’il y finance et arme depuis lors pour le contrer à son tour, mais surtout pour persévérer en son objectif initial qui est de désintégrer toujours plus Gaza et toute aide humanitaire onusienne afin de toujours plus l’en vider de sa population1, tout comme la Cisjordanie où les exactions et les spoliations quotidiennes de la population arabe suffisent, sans guerre ouverte. On y aperçoit le mécanisme par lequel se créent ceux qui deviennent des proxys de l’Iran, depuis que lui-même laminé par les États-Unis et le Royaume-Uni en son essor démocratique issu de Mossadegh pour lui substituer la dictature du Shah, mais à son tour remplacée par celle des Mollahs, voire des Gardiens de la Révolution, en plus de constituer un axe encore plus vaste de résistance avec la Russie et surtout la Chine (sans parler de la Corée du Nord). Se révèle que ladite structure mondiale des géopolitiques rapports de force, loin de seulement s’imposer à l’état pur et de forcer idéologiquement de s’y camper d’un bord plutôt de l’autre, tout au contraire d’abord se génère. S’impliquent les États-Unis trumpiens (qui, eux, cherchent à entraîner maints autres pays) en cette offensive contre l’Iran, même si Joe Kent, le principal conseiller antiterroriste de Donald Trump, le contredit et a démissionné pour protester et signifier que l’Iran ne constituait aucunement une menace imminente envers les États-Unis.

    Bref, la soi-disant paix forcée, en écrasant tout et en exigeant la capitulation pure et simple, est-elle possible? Ou n’est-elle qu’une contradiction dans les termes en regard d’une paix vraiment durable et onusienne (exigeant de considérer que la paix ne peut perdurer que par l’accord des parties de la faire telle), d’abord par cessez-le-feu (véritable plutôt que seulement apparent, en différant quelque autre attaque ?), puis reconstruction (plutôt que le temps de reconstituer des stocks d’armes et de rassembler encore plus de troupes ainsi armées ?) et enfin, pérennisation issue de l’instauration de relations sécuritaires aptes à résister à tout bris unilatéral forçant autrement jusqu’à la paix d’autant de l’extérieur, à son seul propre profit et en total déni et total refoulement de l’autre que l’écart de puissance semble pouvoir s’imposer brutalement tel, si sans trop de souci en sa propre politique intérieure, de coûts et surtout de hantise issue de quelque éventuelle résurgence de son refoulé. Il n’y a pas pire refoulé que celui qui fait retour et qui incite d’autant sa source refoulante à paranoïer, ne serait-ce qu’à l’évoquer, a fortiori à l’halluciner, comme en certains modèles robotiques de langage fait agents conversationnels plus ou moins algorithment orientés au point d’en être biaisés, mais en reprenant la sous-jacente rhétorique si humaine d’où les avoir constitués. Le robot peut halluciner, mais pour paranoïer, il lui faut s’humaniser un peu plus, y compris jusqu’à s’inhumaniser et fomenter des crimes contre l’humanité, si pour s’adonner à de dites guerres préventives s’ensuivant hors de tout droit international interétatiquement filtré. La transformation trumpienne du Pentagone pour y remplacer Anthropic, soucieux de garde-fous et d’éthique, par OpenAI les rognant pour mieux obéir aux décrets issus du Temple trumpien peut en constituer un éventuel jalon. Plus généralement, Trump veut empêcher toute régulation de l’IA par les États des États-Unis pour mieux la faire prévaloir depuis le seul fédéral centralisateur d’où s’imposer tel à l’échelle panplanétaire. Il s’agit de tout en faire monter jusqu’à l’exécutif, donc jusqu’à sa présidence, comme d’où tout en hiérarchiser, surtout pas l’ajuster et la contextualiser au plus près des usagers. Le font déjà les grandes plateformes: s’accaparer de tout en laminant la compétition, puis se défendre de tout monopoliser et de tant rendre les usagers clientélisés captifs que pouvoir merdifier les sites au gré de publicités rentables au détriment de la pertinence des contenus (exigeant non plus tant de les viraliser par violence, sexe, etc., mais de les ajuster et contextualiser au gré des besoins réels des usagers). S’exacerbe l’attitude soi-disant défensive se faisant fort agressive. C’est loin d’affecter les seules défensive/offensive militaires. Au contraire ! La géopolitique militarisante et le commerce néo-mercantiliste fusionnent en un seul et même acte dit transactionnel qui n’est autre que le droit du plus fort. Qu’est l’acte le plus transactionnel sans son incarnation, même si s’oblitérant aussitôt en compulsion à tout s’incorporer au gré d’egos gonflables et néanmoins d’autant encore plus nombrilistes que ne cherchant plus qu’à s’en faire toujours plus grand (le Grand Israël étant censé se conjuguer avec la Grande Amérique du Nord, du Groenland jusqu’à l’équateur d’où départager tous les pays d’Amérique du Sud, alors que MAGA ne se fait America first que Trump first)1? L’erreur, si humaine, peut se dénier avoir bombardé une école de jeunes filles malencontreusement trop près d’une cible militaire. Erreur prêtant à leur confusion ou confusion erratique et assoiffée de cibles? Camouflage de celle-ci sous celle-là? Comme si l’erratique était l’errance poétique. Le droit de cuissage devenu affaire Epstein ou autre s’y ajoute. Même la fidèle Pam Bondi est démise de la tête du Ministère de la Justice, faute de réussir autant à en prémunir Trump qu’à assouvir ses vendettas personnelles. Trump est même en train de poursuivre une agence fédérale qu’il dirige, l’Internal Revenue Service, pour 10 milliards de dollars. Il l’accuse de ne pas en avoir assez fait pour empêcher la fuite de ses rapports d’impôt de 2020 et a entre-temps signé un décret obligeant tous les avocats du gouvernement à se conformer à l’interprétation juridique du président : la privatisation de l’État coincé par la contradiction d’être à la fois l’attaquant et le défenseur sombre dans la crise constitutionnelle à d’autant différer, si possible, qu’elle risque d’éclater en pleine guerre avec l’Iran. La rhétorique peut intervertir le sens des termes attaque/défense, la réalité, elle, par la pression accrue sur elle-même, est acculée à l’impasse. Finalement, Trump instrumentalise d’autant mieux sa propre poursuite pour obtenir que, de façon permanente, ni lui, ni son clan ne puissent être enquêtés concernant d’anciens manquements fiscaux (ce qu’il réussit) en même temps qu’il consent à retirer sa plainte en échange (ce qui échoue) de la création d’un fonds d’indemnisation dit anti-instrumentalisation de la justice susceptible de bénéficier à ses partisans poursuivis sous Biden pour avoir envahi le Capitole. Bref, Trump, son clan et ses partisans s’imposent. Ledit Art of the Deal est un art de l’impasse créée en sa propre faveur et celui de son Temple assurant qu me adhérer à son culte fait en être favorisé, non seulement jusqu’à l’impunité contre les conséquences de ses propres actes, mais jusqu’à en être éventuellement récompensé sous condition de trumpisme. S’amplifie la boucle de la concentration des pouvoirs pliant la Constitution, certes, mais en pliant jusqu’à la société civile à la base du tout. Ce qui fait la puissance de la fantaisie est de ne pas s’en tenir à seule idiosyncrasie n’opérant que de façon purement circonstancielle, mais de pouvoir se viraliser, se faire onde propagatrice d’elle-même selon un individualisme tous azimuts faisant qu’une masse egoïque constituée en alter ego en soit malignement géniale au point de permettre à l’ego de s’affirmer toujours plus tel, mais en se l’incluant et s’en sous-tendant pour soi-disant s’en universaliser. L’ego déductif cartésien n’est plus que, tout à l’inverse, de part en part inductif, chez l’humain, à la façon de la physique cartésienne qui, elle, n’était qu’une force de repos de toutes les parties de tout corps les unes contre les autres et de tous les corps s’en avoisinant (au point de se viraliser et collectiviser depuis l’un d’eux à tous les autres s’en massifiant en fonction de lui, chez Trump) jusqu’à constituer le monde (mais ainsi infléchi). Narcisse ne se noie plus en son image, mais fait s’y noyer le monde pour le ramener fort egocentriquement tant à lui-même qu’à lui seul. L’être nombriliste n’est jamais tant au monde (n’en déplaise à la phénoménologie) que celui du monde. S’il n’est qu’est donc le monde?

    Par ailleurs, l’impasse s’étend du sein jusque hors des États-Unis. Si elle n’est plus issue de la pression israélo-étatsunienne sur l’Iran, elle l’est par l’entrisme islamique politique des Frères musulmans supportant l’Iran et pénétrant les sociétés dites occidentales dans le sport, l’éducation, etc., où y recruter la jeunesse (alors que la dénatalité menace, autant par la formation éducative -si restée accessible- s’allongeant et faisant différer le moment d’avoir un enfant, a fortiori un second, que par l’infertilité accrue, etc., si sans des mesures sociopolitiques natalistes appropriées, a fortiori si suscitant une conjointe phobie envers une immigration faite n’importe comment et empirant tout, mais en oblitérant sa propre incurie gouvernementale et en faisant accroire que sa propre population y résistant serait raciste, sinon, comme Trump, tout à l’inverse, purgeant autant l’une que l’autre). Plus la rhétorique fait du réel une impasse et en est invisiblement pénétrée, plus l’anonyme On s’impose avec et au gré de l’anomie qui s’installe et qui l’en rend si malignement génial, car même si sans savoir duquel -et si cette indétermination totale peut s’exhausser par surcroît selon quelque alchimie (chimie sacrée) en Dieu-, c’est de tout un chacun que peut surgir son verbe: qui et quand va parler, mais empli de On alchimiquement fait Dieu, si ne se condensant en tout un chacun en Ça perdurant au fond de soi au ressort de ses Ego et SurEgo, certes si individuels qu’individualistes, mais aussi et surtout d’emblée ainsi viralement collectivisables sous le prévalant culte en cause de l’Ego, auquel réduire et assimilier tout sens de soi et ce, a fortiori si étatiquement instauré jusqu’au point de canaliser cette alchimie du même coup à la source du monde alors créé en sa totalité ? S’y greffent les religions révélées, dites monothéistes, qui sont toutes des religions savantes consignant un tel si divin verbe en un Livre Sacré, non sans quelque géopolitique jusqu’à la plus laïque tentant de canaliser ce sacré. Dès qu’est supplanté le dieu des dieux (du Zeus grec au Jupiter romain et à sa mithraïsation importée de Perse et condensée dans le Sol Invictus), surgit et s’impose Dieu si unique comme le plus puissant antidote qui suinte des interstices des si anomiques « Polis », à savoir cités étatisantes, surtout si faites empires, dont la révolution s’est initiée environ depuis 3,300 avant Jésus-Christ et dont la massive urbanisation sous-jacente s’est fort intensifiée du XIXe au XXIe siècle. Si l’anomie mène au suicide, voire l’homicide le vicarialisant, si ce n’est la fantaisie jusqu’à la plus cruelle l’en décantant et s’en viralisant en quête de quelque bouc-émissaire, Dieu en sauve, tant son Verbe se fait chair là même où les humains parlent de moins en moins, à tous les âges de la vie, mais surtout chez les moins de 25 ans, au point d’affecter leurs relations sociales et, par là, jusqu’à leur état d’être alors davantage susceptible de mal-être que de bien-être, voire mieux-être1. Sauf aberration de Dieu n’étant censé être unique que du même coup tout au contraire aux prises avec des monothéistes s’entrechoquant en cherchant à se l’accaparer. L’absurdie divine monothéiste s’aperçoit pleinement en son nihilisme matérialiste pouvant seul lui correspondre, d’où le plus puissant levain terroriste. La terreur sacrée inspirée par un Dieu colère (en deçà de tout devenir amour) ne suffit plus, il lui faut tant se manifester que s’en vicarialiser, de l’instrumentalisation du terrorisme à son retour à sa source ne parvenant plus à le semer et manipuler qu’en s’en trouvant alors hantée.

    La guerre narrative filtre d’autant idéologiquement toute guerre sur le terrain (militaire, juridique, fiscale, etc.) que les mots, dont défense et attaque, mais aussi guerre et paix, prédation et proie (dite l’avoir provoquée et autrement, faisant d’autant s’enrager que ne consentant pas assez vite à être bouc émissaire), voire proie jusqu’à la plus charnelle et sexuelle, se mettent à flotter, voire à s’intervertir au point de signifier leur inverse selon une fantaisie d’autant totale que consommée: l’envers s’extraie, s’exhibe et se donne en spectacle en lieu et place, sous façade et à l’encontre de l’endroit à faire virer à l’envers de lui-même jusqu’en la réalité à réifier et enkyster, donc jusqu’à l’impasse anomique laminant tout verbe au ras de quelque On (tout un chacun, mais sans plus jamais savoir duquel), si Dieu n’en rejaillit. Orwell n’avait pas aperçu ce ressort de la double pensée dans 1984, car il ne relève pas de la pensée, mais de la sous-jacente fantaisie se nouant en ses affections en même temps que s’y répercutant et ne l’en faisant se dire que se contredire, si ne vicarialisant en quelque tiers sa propre impasse pour s’en délester et l’en charcuter. L’affinité profonde entre Netanyahu et Trump vient de ce même arrière-fond soi-disant défensif ne faisant qu’attaquer pour y procéder à titre unilatéralement décrété préventif ou tout simplement allusif et au besoin projectif, voire fort créatif, au point de financer jusqu’au terroriste pour détruire le pacifiste et pouvoir s’en justifier, voire intervertir le sens des termes défensif/offensif, à leur fantaisie s’imposant tous azimuts. À l’origine, est l’univers-miroir. Ce n’est pas que cosmophysique, mais d’emblée humain, dès qu’aux prises avec sa raison devenue de part en part cynique. En s’y éveillant et en en émergeant ou tout à l’inverse, en y sombrant? Rappelons avec Chesterton que le fou n’a pas tant perdu la raison que tout, sauf la raison, laquelle ne s’opère plus que depuis la fantaisie d’où en être rendue insensée, en anomique perte de sens. S’il n’y avait que la fantaisie, toute la vie ne serait qu’une aléatoire et chaotique suite de concours de circonstances, mais il y a aussi la raison qui, faute de s’en éveiller, s’en trouve enrayée et s’en met à se figer en toute idéation jusqu’en sa logique au point de n’en être plus qu’idéologique, non plus entre blocs duly constitués s’opposant tels entre eux comme autrefois, mais dorénavant à la carte, car seulement à sa fantaisie en laquelle s’enliser et tout faire s’enliser, du plus universel en le plus spécifique, du plus permanent en le purement circonstanciel et si contingent qu’aléatoire et chaotique, etc. La raison ne vaut plus aucunement comme telle, faute d’émerger d’autant de la fantaisie qu’à elle-même, mais uniquement comme ce qui procure la puissance la plus ordinatrice possible, la cognition des cibles sur lesquelles la faire porter et un esprit toujours plus en peau de chagrin au fur et à mesure qu’elle s’y trouve emportée et s’y fait toujours plus aléatoirement hacher et dépecer au gré des circonstances. Se faire toujours plus grand encore, mais à l’aune de tout cet émiettement tous azimuts vers le toujours plus petit, pointilleux et capricieux. Les deux se touchent, se confondent. Big Bang!

    Bien noter le curseur se déplaçant et accentuant cette interversion, de l’Europe, dont la France qui cherche à préserver le sens de ces termes (et où se trouve l’UNESCO si soucieuse de préserver la diversité des cultures), à Israël et a fortiori les États-Unis trumpiens, faisant dire aux mots, par lesquels en effectuer le récit, très exactement l’inverse de leur signification et de quelque rapport avec le réel, tant le réel est réifié à l’aune de ce qui en est imposed toujours plus unilatéralement. Pendant ce temps, Donald Trump essaie de faire accroire au G7 que l’Iran est sur le point de céder. Il occulte autant sa perdurante résistance que la crise qui se mondialise, non seulement par ses effets, mais d’abord par sa causale imbrication géopolitique systémique l’Iran bloque le détroit d’Ormuz aux seuls « alliés » (de fait subordonnés) de ses attaquants israélien et étatsunien, non à ses propres alliés, et le tout transparaît jusqu’en le CPS de l’ONU comme impuissance des grandes puissances. Trump bloque le pétrole iranien. Faiblesse structurelle des hydrocarbures (si adulées par Trump): ce sont des sources énergétiques d’autant volatiles que passant par de tels goulots d’étranglement où en noyauter toute circulation et par là, tout commerce, voire toute géopolitique loi du plus fort cherchant à s’y imposer, ce qui entraîne le pétrodollar (et la compensatrice exigence MAGA, si vaine soit-elle). Même par la CCNUCC, à savoir la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (depuis 1994), la thèse de l’ONU des énergies renouvelables comme alternative pour la sécurité énergétique est confrontée à des contraintes industrielles qui laissent entrevoir plutôt un mixte avec l’énergie nucléaire, selon EnerGeek. Cela relance la question du double usage et de l’éventuel passage à l’arme nucléaire et au chantage qu’instaure le fait de la posséder, si le tout ne vire et ne se déploie plutôt par la séquence tabou-paranoïa-cruauté qui, si abusivement fantaisiste soit-elle, impacte la réalité. Les énergies renouvelables renvoient d’autant conjointement au nucléaire que, par transition vers la phase El Niño, les changements climatiques, non seulement réchauffent les océans, mais créent plus de nuages, de sorte que les fermes solaires sont moins performantes. Et la grêle peut détruire leurs panneaux solaires, etc. Enfin, la Chine est leur principal producteur mondial: les choisir serait-ce la choisir ? La géophysique se fait météorologique et géopoliticoéconomique.

    Quant à l’impuissance des grandes puissances, Villepin a raison, sous condition d’y insister comme la voie par laquelle le droit international, a fortiori si aperçu plutôt interétatique, se fait laminer, tant la raison s’en fait instrumentalisée depuis une sous-jacente fantaisie créant l’impasse. Donc, elle est à problématiser. Il ne suffit pas d’idéaliser ce droit dit international (d’autant plus mal nommé que le souvent interétatique) en même temps que se faire accroire avoir seulement à le rétablir… en mots, mais non en réalité. L’idéal ne vaut guère plus que le fantasme faisant tant s’intervertir les termes du récit guerrier (défense/attaque) chez Trump et Netanyahu que s’en donner pour le réel. Uniquement s’il parvient à s’y mesurer et s’en dégager, l’idéal peut se réaliser. Ceci exige un processus idéatoire apte jusqu’en sa logique à s’assainir à l’aune d’une capacité à s’éveiller et se dégager de la sous-jacente fantaisie: dans la réalité, ledit casseur veut encore moins réparer, car selon lui, l’autre qu’il cherche à détruire l’aurait provoqué. Trump veut même lui faire payer les dépenses faramineuses qu’il effectue pour y parvenir (mais l’Iran, là aussi résiste, et ce pourrait bien être tout l’inverse qui va arriver). L’écart de puissance est à la source de la force censée tout régler d’un coup et se retrouve au contraire dans une guerre d’usure: l’attaquant, même si faisant accroire ne que se défendre, finit par payer sa guerre plus chère que le résistant qui parvient à tenir. Autant de la Russie face à l’Ukraine que des États-Unis et Israël face à l’Iran. Si la crise pétrolière et financière se radicalisait en menace de viser des installations civiles vitales, dont des installations électriques et a fortiori des usines convertissant l’eau de mer en eau potable, elle rendrait invivables des villes de plusieurs dizaines de millions de personnes, avec subséquents flots migratoires dévastateurs. La si crainte arme atomique, même en passant du fantasme au réel, ferait-elle pire? Elle y trouve son prélude, sinon écho.

    4) Coopérer sous l’égide de l’ONU en vue de stabiliser le monde ?

    Automne 2026: une élection est prévue autant en Israël (probablement avec impasse gardant Netanyahu au pouvoir, le temps de la dénouer, mais en faisant perdurer le sionisme en tous les cas, bien que ce puisse être éventuellement selon un style plus avenant si le délogeant finalement1) qu’aux États-Unis, à mi-mandat, en vue de renouveler avec une part du Congrès, la balance du pouvoir. Les jeunes de 18-29 ans ayant voté Trump sont désenchantés et frustrés qu’il fasse la guerre et donc le contraire de ce qu’il a promis. De fait, ils le sont des deux Partis politiques. Le système entier leur semble ne pas fonctionner et Trump est en quête pour l’empirer et contrôler qui peut voter, à savoir si votant plus probablement pour ses candidats, autrement à risque d’être emportées par une vague démocrate un peu trop susceptible d’advenir, ce pourquoi, par exemple, le vote postal est particulièrement ciblé, car cru être plus favorable aux Démocrates. Les jeunes, non seulement déçus, mais peinant à se reconnaître une soi-disant démocratie toujours plus électoralement dysfonctionnelle et biaisée, envisagent de ne pas voter. Sans parler de contradictions internes: ICE peut s’en prendre aux migrants, mais « si vous voulez que la prochaine génération ait des enfants, vous devez lui permettre d’accéder à des


    1 Les droits humains menacés par la loi du plus fort, António Guterres, 23 février 2026. https://unric.org/fr/le-chef-de-lonu-tire-la-sonnette-dalarme-face-a…

    1 https://theconversation.com/les-etats-unis-et-lonu-des-relations-tumultueuses-69754.

    2 Stephen Kinzer, The Brothers: John Foster Dulles, Allen Dulles, and their Secret World War, New York, St. Martin’s Griffin, 2013. Leurs actions s’initient sous Eisenhower.

    1 Tout vire en miroir, car, comme lors des événements terroristes du 11 septembre 2001, ce sont les États-Unis de Bush fils qui se sont mis à traiter d’antiaméricains jusqu’aux plus dévoués alliés osant un tant soit peu exprimer quelques réserves sur les actes de son administration: « Ou bien vous êtes avec nous, ou vous êtes avec les terroristes ». Il ne peut y avoir de tierce attitude incluse, car toujours d’emblée exclue, car défense faite domination unilatérale lésée et à rétablir telle, en portant la guerre chez l’ennemi, quitte à bouc-émissariser l’un ou l’autre pour y parvenir et obtenir la proie recherchée (Sadam Hussein en Irak, Ben Laden en Afghanistan à bombarder et en jouir cruellement pour y parvenir et plutôt finalement le tuer au Pakistan, le mollah Khamenei en Iran, mais sans que le régime tombe, si ce n’est aux mains de l’hydre des Gardiens de la Révolution dont les têtes repoussent en correspondance avec le régime en perdurant). Jusqu’à toute instance internationale tierce s’effondre en la seule tension interétatique interimpérialiste et ne lui est plus en rien tolérable, y compris si onusienne, qu’a posteriori, après coup.

    2 Réminiscence du Dieu cartésien pragmatisé en se faisant étatsunien, car fort incompréhensible et néanmoins concevable en sa chiquenaude initiale créatrice du monde où s’impose partout cette incessante impulsion à agir en proportion de l’écart de puissance. Dieu non plus tant (mono-)théiste que déiste (en régissant à distance jusqu’à l’humaine vie censée en être d’autant uniquement instrumentalisable qu’assimilable comme à un cadavre). Coup d’envoi d’un nihilisme qui, en les sociétés dites occidentales, ne parvient à être que matérialiste, contrairement au nihilisme divin nirvanique, dit plus oriental.

    1 Ibidem, pp. 329-330.

    1 « En 1998, l’inspecteur général de la CIA Frederick Hitz (en) publie un rapport en deux volumes qui soutient les affirmations de Webb, décrit l’implication des Contras dans le trafic de drogue et la façon dont l’organisation a été protégée pendant les administrations Reagan et Bush. Le rapport démontre que le lieutenant-colonel Oliver North et le Conseil de sécurité nationale étaient informés de ces activités. » Voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Contras.

    2 Un dit piège de Thucydide censé augmenter la probabilité de la guerre lorsqu’une ancienne puissance fait face à une nouvelle puissance émergente, renvoie plutôt à ce qui de la guerre du Péloponnèse entre Sparte (avec laquelle s’allier pour se défendre) et Athènes (dite prototype de la démocratie, mais s’étant mise à rançonner les États qui en dépendent et envers lesquels n’en être aucunement démocratique) se reconduit entre Chine et États-Unis (en train de suivre la même voie de déchéance démocratique). L’œuvre de Thucydide « n’est pas un traité sur l’inévitabilité structurelle de la guerre, mais une exploration de la manière dont la faiblesse humaine, l’erreur politique et la décadence morale sont susceptibles de se combiner pour provoquer une catastrophe »; « Son récit est rempli des réactions délétères que suscite la peur, des attraits de l’ambition, des échecs des dirigeants et, finalement, du naufrage tragique de la raison », https://theconversation.com/ce-qui-conduit-a-la-guerre-les-lecons-de-lhistorien-thucydide, par Andrew Latham, 2026-05-04. Ce naufrage tragique de la raison est ici abordé à la façon de Ficin qui était fort soucieux de la faiblesse humaine et de la prudence pour s’y mesurer et qui avait déjà aperçu en Thucydide un contemporain de Socrate, inspirant lui-même Platon (selon qui les Lois sont des déterminations de la raison). Ficin a mis au jour les affections de la fantaisie (désir de ce dont jouir et crainte de ce qui afflige et endolorit) de sous la raison (comme automotion propre de l’âme) et surtout son écart à Dieu révélant d’autant sa faiblesse qu’à la façon de l’écart lumineux de la Lune n’ayant pas d’autre lumière que reçue du Soleil, donc ne faisant que la réfléchir sur Terre. Dès Rabelais, ces affections se nouent paradoxalement (tant le désir de ce dont jouir vient incessamment buter sur ses propres culs-de-sac logiques en se conditionnant par un préalable évitement de ce qui est craint affliger et endolorir) et forgent l’assise de la raison cynique qui triomphe au XXIe siècle. Soit elle se démultiplie d’autant en incessantes crises tous azimuts (toutes plus idéologiques les unes que les autres en vue de légitimer les hégémonies, voire les plus réductrices dominations fort hiérarchisantes) que sombre et fait donc naufrage en cette sous-jacente fantaisie s’en avérant toujours plus cruelle. Soit elle s’en éveille et en devient un tant soit peu plus critique, en réservant une plus grande place à la prudence et à la réflexion qu’à la peur et à l’orgueil. « Thucydide ne nous offre pas une théorie des relations internationales, mais un avertissement, un rappel aux dirigeants qui, obsédés par leur propre place dans l’histoire, précipitent leur nation vers l’abîme. » Jusqu’aux apparents déterminismes structurels varient au gré des sous-jacents choix humains (jamais individuels que d’emblée sociaux, donc à la fois individuels et sociaux, aucunement en rendant les deux de façons mutuellement exclusives, comme entre États-Unis, faisant s’intégrer et se réduire toute relation structurale aux seuls individus les en surdéterminant d’autant aléatoirement que selon quel individu en émerge et s’impose aux autres en la noyautant téléologiquement, et Chine, noyautant et faisant s’imposer d’emblée la structure aux individus).

    1 Jacques Provost, https://www.msn.com/fr-ca/actualites/other/analyse-trump-affirme-qu-obama-a-offert-la-bombe-à-l-iran-c-est-faux-documenté-et-dangereux.

    1 Maxime Marquette, https://www.msn.com/fr-ca/actualites/other/lettre-ouverte-doge-detruit-l-aide-aux-etudiants-1-700-milliards-de-prets-en-danger.

    1 https://dworaczek-bendome.org/guerre-inevitable-chine-soutien-militaire-iran/ La Chine brade le pétrole, contourne le dollar, fournit une technologie à double usage, etc.

    1 Ibidem.

    2 Malgré leur pacte du Camp David avec les États-Unis en 2023, Corée du Sud et Japon s’inquiètent de leur fiabilité et renforcent surtout leur sécurité bilatérale, car la Corée du Nord, elle, a la bombe atomique, et joue en tiers entre Russie et Chine, elles aussi actives.

    1 Toutefois, la base aérienne de Ramstein y demeure la plus importante en Europe et est cruciale pour les États-Unis comme d’où se projeter dans le monde. Et légalement, les États-Unis sont tenus de garder en Europe 75 000 hommes. Trump s’efforce de contourner ses obligations face au Congrès étatsunien, car, selon une loi de 1973, le président, plus qu’une stratégie à lui exposer, a besoin d’en obtenir l’autorisation au-delà de 60 jours pour poursuivre sa guerre, dont plutôt dire que ce n’en pas une et la présenter comme une opération militaire, d’ailleurs quasi suspendue par un approximatif cessez-le-feu. De fait, via des blocus mutuels au détroit d’Ormuz, il y a opposition totale en miroir de ce que les deux parties veulent l’une de l’autre. Trump ne veut jamais rien céder, mais faire céder et l’Iran s’est radicalisé, de dictature théocratique en autocratie militaire par le régime des mollahs devenu celui des Gardiens de la Révolution. Et la cote de popularité de Trump a chuté aux États-Unis à près de 30%, comme pour d’autres présidents lors des guerres d’Irak (2006) et bien auparavant, du Vietnam, ayant inspiré ladite loi de 1973 à contourner.

    2 Ou, face à 5 000 soldats ultérieurement réorientés vers la Pologne, à faire que l’Europe et l’OTAN cherchent à comprendre ce qu’il en est.

    1 Le Canada a fait voter à l’ONU, non deux États, mais la partition entre Israël et Palestine arabe, ce qui, faute de tenir compte de l’inégalité des forces en présence et d’avoir pu en prévoir l’issue, surtout depuis la guerre des Six Jours gagnée par Israël en 1967 et a fortiori une fois le tout doublé du devenir étatsunien chrétien néosioniste, a mené au désastre actuel. Sans prudence plus marquée, le Canada s’adonnant au multilatéralisme onusien pour l’aiguiller n’est pas une panacée universelle. Le Canada intégrera-t-il ce multilatéralisme pour réviser la trudeauiste Constitution de 1982 qui privilégie des droits et libertés individuels si individualistes qu’au détriment de leur teneur sociale renvoyée en clause annexe et dérogatoire, sans et contre le Québec et de là, le fait français plus général ? Le multilatéralisme ne peut être un soi-disant multiculturalisme si multiethnoracialisant, en mosaïque, non plus pour se défendre comme en Iran, mais pour agresser et en diluer le Québec en le désocialisant, surtout depuis qu’ayant tronqué le Rapport Laurendeau-Dunton de son biculturalisme au profit du seul bilinguisme d’où l’occulter et l’encarcaner. La latéralité n’est pas que tension énantiomorphique, selon des gauche/droite (y compris politisée en libéral/conservateur, dont le libéral Carney s’avalant jusqu’au conservateur), mais a un sens susceptible de les équilibrer, si s’éveillant à son énantiodynamique, dès les sous-jacentes cultures (au moins par les manières de parler) jusqu’en les langues. Voir mes livres publiés chez L’Harmattan, dont Du débat entre Ficin et Pic à Rabelais, la Renaissance philosophique, d’italienne à française, 2026, pp. 7-8, 48-50, etc.

    2 De plus, l’OPEP se désagrège: l’Arabie Saoudite cherche le statu quo, mais les Émirats Arabes Unis se décident à la quitter, ce qui peut aussi faire compétition à l’Iran à Ormuz. À court terme, il y a peu d’impact sur le prix du pétrole qui reste élevé, car conditionné par le double blocage iranien et étatsunien mutuel d’Ormuz. Par contre, les contraintes sur les quotas de production de pétrole s’estompent au fur et à mesure que l’OPEP se désagrège et que la concurrence s’accroît, ce qui crée à plus long terme un marché baissier, mais peut-être aussi l’affaiblissement du pétrodollar concocté entre États-Unis et Arabie saoudite. Par ailleurs, en conjoint sens inverse, les Conférences sur le climat de l’ONU, fonctionnant par consensus et noyautées par des lobbyings propétrole, voient surgir en Colombie un Sommet indépendant visant à mieux s’attaquer à la problématique et à y pallier par des votes à la majorité (les deux tiers ?) et des critères d’éligibilité.

    1 Maxime Marquette, https://www.msn.com/fr-xl/actualite/other/enquête-le-canada-orchestre-une-coalition-g7-moyen-orient-pour-désamorcer-la-guerre-en-iran. Par ailleurs, le CCG demande le feu vert du Conseil de Sécurité de l’ONU pour faire usage de la force dans le détroit d’Ormuz. Or, au sein du CPS, si les États-Unis (magnifiant cette guerre) le soutiennent, voire l’y poussent pour se conforter, il n’en va pas de même de la France, la Russie et la Chine. Surtout que la modalité trumpienne d’action peut favoriser le dérapage de la force, de défensive en offensive, dès lors illégale et encore plus prompte à l’escalade. Bien noter que les États-Unis, non seulement désertent l’OTAN, mais ne peuvent plus présider au G7 pour instaurer ce dialogue G7-CCG… médiatisé par la Chine! Par ailleurs, le Pakistan médiatise et négocie un cessez-le-feu d’Israël et États-Unis avec l’Iran, ce qui tarde et fait que l’Iran se tourne vers la Russie, tandis que Trump dit que la Chine pourrait faire davantage (par pression diplomatique? économique? mais est-ce réaliste si les États-Unis bloquent le pétrole iranien vers la Chine et ailleurs ?). Et Israël bousille tout, car continue de bombarder le Liban, dit non inclus, mais, pour l’Iran, aussi inclus, le tout sans parler de la Palestine arabe (l’oubliée), surtout si avec État, là où l’État d’Israël s’impose.

    1 « C’est notamment le cas de la milice des Forces populaires, dirigée par Yasser Abou Shabab. Ce membre d’un important clan de Rafah avait été incarcéré à Gaza pour trafic de drogue avant la guerre, raconte l’historien Jean-Pierre Filiu dans les colonnes du Monde. Le Palestinien, qui s’est évadé de prison au début du conflit, est désormais à la tête d’un gang ennemi du Hamas, accusé par plusieurs ONG et organisations internationales d’avoir organisé des pillages de convois en 2024, ajoute Libération. (…) Pourtant, ces dernières semaines, l’organisation de Yasser Abou Shabab a affirmé sur les réseaux sociaux qu’elle œuvrait pour « protéger la population contre le terrorisme généralisé, empêcher le vol des aides et faire face à la corruption », précise le quotidien. Sa milice a été photographiée alors qu’elle menait un contrôle sur des véhicules de l’ONU, dans une partie du territoire que l’armée israélienne interdit théoriquement aux Palestiniens. (…) Fin juin, l’ex-ministre de la Défense israélien, Avigdor Lieberman, a révélé à la radio Kan que l’armée fournissait des fusils d’assaut à des groupes gazaouis opposés au Hamas. Dans la foulée, Benyamin Nétanyahou a assumé avoir « activé des clans » dans l’enclave, suscitant de vives critiques de l’opposition. « C’est un scénario dangereux mais aussi clairement la politique » de l’exécutif israélien, qui « veut tout faire non seulement pour affaiblir le Hamas, mais aussi pour faire (…) plonger la société dans le chaos », expose Hugh Lovatt. « L’objectif est de rendre Gaza ingouvernable, invivable, et ainsi de créer les conditions pour provoquer le départ de la population. » » https://www.franceinfo.fr/monde/proche-orient/israel-palestine/groupes-armes-par-israel-clans-influents-le-hamas-est-il-en-train-de-perdre-le-controle-de-la-bande-de-gaza_7355688.html. Quête d’un terrorisme instrumentalisable.

    1 Notez qu’il ne s’agit là que de l’expression géopolitique de ce qui s’en présumait déjà physique chez Descartes, par ego d’autant centré sur lui-même que se trouvant au centre de la pierre qu’il fait tourner en une fronde et dont il sent la tension à travers la corde l’y reliant. Or, Newton a tout au contraire établi, malgré cette apparence, qu’il y a incessante action-réaction trouvant à s’équilibrer, non seulement entre son corps propre pouvant légèrement se mobiliser en sens inverse en vis-à-vis de là où est rendu la pierre en tout point de sa trajectoire autour de lui et de sa propre et conjointe tendance à se mettre dès lors osciller légèrement, mais aussi en un centre commun de gravité du tout avec la Terre et comme elle et toutes les autres planètes ne pas tourner tant autour du Soleil comme d’un centre apparent que de leur centre commun de gravité. Celui entre la Terre et le Soleil est au-dessus de la surface du Soleil, celui entre Jupiter et le Soleil sous la surface du Soleil. Le sens physique, voire géophysique sous-tend incessamment le sens géopolitique jusqu’en cette immense tension (faite révolution gnoséologique kantienne) entre ce qui en est apparent (phénoménal) et ce qui en est en réalité, donc aussi entre la pure représentationnelle mise en scène et la validation s’assurant de sa propre représentativité. Jusqu’en ce sous-jacent sens physique et même géophysique, se distinguent la cénesthésie, inhérente à son corps propre en s’apercevant au moins de son effort au ressort du geste situationnellement en cause, et la kinesthésie, surgissant d’emblée à l’interface interactionnelle entre son corps, lui-même jusqu’en toutes ses interfaces articulatoires constitutives, et son environnement, ce qui ne se peut guère qu’en restant sensible à tout centre commun de gravité en cause. Être si diversement soi-même jusqu’en son corps fait l’être tout aussi diversement au monde, de physique et même géophysique à géopolitique.

    1 Plusieurs études en rendent compte depuis 2010, comme le signale https://ici.radio-canada.ca/info/long-format/2255392/humain-parole-mots-communication, sous le titre L’humain prononce de moins en moins de mots chaque jour. Il y a au moins corrélation entre prolifération des téléphones portables (avec textos), des médias sociaux (virtualisant plus qu’actualisant les relations sociales en même temps que compensant le sentiment de solitude) et du commerce en ligne, d’une part, et, d’autre part, la communication orale plus restreinte au quotidien. Du moins dans les sociétés « occidentales » plus individualistes, le verbe ne se fait plus chair tant par l’oral qu’en se transposant par le scriptural. À l’image du Verbe de Dieu qui ne s’est incarné par le Christ ayant oralement prêché, mais dont la Parole s’est faite Bible, à savoir Livre Sacré, depuis lors promue? La relation entre les sens (par lesquels ouïr, voir) covarie avec le devenir de son geste moteur (digitalisé et dit numérique) physique, voire géophysique, jusqu’en géopoliticoéconomie.

    2 Hormis la récente fusion de partis d’opposition n’ayant rien en commun que de s’opposer à Netanyahu à la fin d’avril 2026, « Dans le système parlementaire israélien, personne ne devient premier ministre en remportant le plus grand nombre de voix. Le pouvoir revient à celui qui parvient à former une coalition qui occupe au moins 61 des 120 sièges de la Knesset. (…) Les sondages de janvier 2026 indiquent une destination familière : l’impasse. Le Likoud reste le premier parti avec environ 25 sièges, mais le bloc pro-Netanyahou ne totalise que 50 à 52 sièges; le bloc anti-Netanyahou prend l’avantage sur le papier avec environ 56 à 58 sièges – toujours en deçà de 61 sièges et avec pratiquement aucune perspective de défections entre les blocs, car le dogmatisme politique a enfermé les partis dans deux camps hostiles l’un à l’autre et les négociations/changements électoraux se produisent désormais principalement au sein des blocs, et non entre eux. » https://fokusisrael.ch/fr/actualites/israel-2026-une-nouvelle-election-dans-limpasse/. Rappelons aussi que Netanyahu a besoin d’entretenir la guerre et donc de céder aux franges les plus radicales qui, même si peu nombreuses, tiennent la balance par laquelle il peut se maintenir au pouvoir et s’éviter de se mesurer aux poursuites pour corruption.


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    4) Coopérer sous l’égide de l’ONU pour stabiliser le monde ?


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  • 2) Raison onusienne s’éveillant de la fantaisie : des doubles actions sensées

    Ce Conseil Indépendant (CI) est à constituer par des représentants panplanétairement choisis à partir de problèmes concrets sur lesquels s’interroger en des termes autant géopolitiques d’emblée géophysiquement ajustés que de pervasives doubles actions, l’une spécifique face à un cas réel, l’autre d’emblée globale, voire universelle, par laquelle ce cas réel est abordé avec maints autres possibles selon leur(s) trait(s) commun(s). À la façon dont la raison se tend d’autant entre sa sous-jacente fantaisie (dont s’éveiller et émerger versus y sombrer et s’y enliser) et sa propre intellectualisation qu’entre des jugements respectivement si conjoncturels que purement circonstanciels et des jugements universalisables, la double action est d’emblée conçue de façon à éviter toute dichotomie entre efficacité et universalité, car les articulant par ses vecteurs respectivement spécifique et global et en restant néanmoins fort mobile et généralisable (vers l’universalité), du fait que tout cas sur lequel agir spécifiquement et le plus efficacement dans les limites possibles implique aussi d’autres cas éventuels par leur(s) trait(s) commun(s). Il s’agit d’une autre façon, d’emblée dynamique, de formuler One UN (Unité d’action de l’ONU) qui, né en 2006, a donné un rapport de synthèse en 2012 examinant par une évaluation indépendante ce qui résulte du test conduit en huit pays de l’intégration de quatre principes: une seule direction, un seul programme, un seul budget et, si possible, un seul bureau. En pratique se sont ajoutés la voix unique (distincte du responsable unique) et le fonds unique (distinct du budget unique). Le modèle de la théorie du changement s’intègre le tout. Trois étapes intermédiaires se révèlent nécessaires, mais possiblement non suffisantes pour mener au développement national recherché: appropriation nationale renforcée, amélioration de l’appui apporté aux pays par les organismes des Nations Unies et réduction des coûts de transaction (qui sont moins élevés pour les gouvernements). Malgré l’hétérogénéité des contextes sociaux et le peu de données disponibles, il en ressort, en particulier, que la responsabilité unique du coordonnateur régional est renforcée, mais reste limitée et prise dans la responsabilisation verticale, que le cadre budgétaire unique constitue une innovation importante et facilite la mobilisation conjointe des ressources en vue du résultat recherché et que le fonds unique, constitué de donations, joue un rôle catalyseur, quoique les informations de gestion quant à l’Initiative « Unis dans l’action » restent peu regroupables et évaluables, alors que la reddition de comptes alourdie d’autant le tout. Les programmes de 2e génération semblent plus prometteurs quant à la pertinence, visant l’appropriation et la cohérence des échanges avec l’ONU, et à l’efficacité de l’appui de l’ONU aux pays, si ce n’est de l’efficience gestionnaire (des coûts de transaction) restée plutôt faible, faute de systèmes d’information cohérents et intégrés de gestion. Il est crucial de bien contextualiser ce point pour en dégager tout le sens (et de là, l’orientation à prendre): Oxfam vient d’établir que ce n’est plus 1%, mais 0.1% de la population qui est la plus riche (non seulement en argent, mais jusqu’en pouvoir politique et impunité, par droit de la force s’imposant à toute force du droit) que la moitié de la population la plus pauvre de la planète, ce qui se double de l’incohérence, voire l’autocontradiction d’instances internationales comme le G7 qui prétendent lutter contre la pauvreté (et financer la transition énergétique), si sans aborder de front le double problème des paradis fiscaux favorisant cette dichotomisation populationnelle toujours plus accrue (et ne faudrait-il pas le dire, au ressort de l’effondrement démocratique s’étant fait accroire libéral et s’apercevant au contraire toujours plus libertarien ?) et d’instaurer un échange automatique d’informations, exigeant de s’attaquer plus vigoureusement à la faiblesse technique et fiscale administrative en maints pays. Bref, que peut être une véritable réforme ne serait-ce que gestionnaire de l’ONU sans une telle sous-jacente réforme correspondante susceptible de l’étayer et l’en fortifier depuis ces maints pays? Si leur cercle ne devient vertueux et ne les fait s’alimenter mutuellement, il va rester vicieux et miner jusqu’à l’ONU. Comprenons bien que l’ONU incessamment émerge, donc naît et vit de l’ambiant état international et a fortiori si interétatisé. Son état gestionnaire en est bien plus un symptôme que seulement ce qui permet de l’instrumentaliser et l’en miner autant de l’intérieur que de l’extérieur depuis son propre CPS, selon une sous-jacente et pervasive dichotomie populationnelle peuplant et forgeant les nations jusqu’en États.

    Là où One UN vise à fonctionner comme un tout à l’échelle locale, la double action ici proposée propose de l’en médiatiser par des traits communs à divers pays par des problématiques les concernant tous au moment d’agir au niveau de l’un d’eux, mais non sans que cela puisse tous les impliquer. La double action permet d’introduire, par ce qu’elle vise spécifiquement, à l’ensemble des pays concernés. Même si pouvant sembler très limitée, surtout si par fortes contraintes extérieures peu contrôlables, elle le cible de façon à créer (au moins espérer) d’éventuels déblocages à la source d’éventuelles synergies susceptibles de mieux implanter et produire ce que One UN visait plus directement, mais ici médiatisé en partant du fonctionnel plus spécifique d’où passer à l’institutionnel et créer ses conditions plus universelles d’instauration.

    Autre exemple. Le Plan Schuman a débloqué le processus menant du Conseil de l’Europe 1949-1950 à la forge de la Communauté Économique Européenne en 1955 (à Messine), signée en 1957 et opérante depuis 1958 : « Les « institutionnels », c’est-à-dire ceux qui soutenaient la création rapide d’institutions politiques européennes n’avaient pu l’emporter sur les « fonctionnels », partisans d’une évolution plus lente, en passant par (…) des organes spécialisés », ce qui a amené l’ensemble de la production issue de l’alliance franco-allemande à se placer sous une plus haute autorité les unissant et restant ouverte à la participation d’autres pays1. L’Europe des nations serait censée rester vivante, s’il s’agit bien d’une véritable communauté et non d’une prise de contrôle de ladite plus haute autorité par telle(s) ou telle(s) nation(s) aux dépens des autres, en ne passant de leurs nations respectives à leurs États correspondants qu’aussi à une telle instance déjà un tant soit peu supra-étatique les en affectant toutes et chacune. S’y illustre de façon patente la tension de l’international en regard de l’interétatisation s’en dégageant, a fortiori par la tension super-étatisante en cause qui, au ressort de ladite communauté européenne (des nations ? des États ?), est si fortement distincte de ce qu’est l’État fédéral au sein des États-Unis en Amérique du Nord. La Communauté Européenne est aux prises avec le même problème que l’ONU avec son CPS: dès qu’il est question d’affaires étrangères à ce niveau global, il suffit d’un veto pour bloquer le tout, dont la Hongrie bloquant 90 milliards de prêts à l’Ukraine en guerre avec la Russie. Du moins sous Orban, avant l’arrivée au pouvoir en avril 2026 de Magyar, plus pro-européen, mais soucieux autant de la minorité hongroise en Ukraine que de ne pas admettre en l’Union européenne une Ukraine qui, surtout si via sa minorité russe encore plus importante (et si se demandant pourquoi les politiques et médias n’en parlent guère), est en guerre avec la Russie. Les États-Unis trumpiens ont fait tout l’inverse et ont tant cherché à faire un « deal » en jouant des deux bords en belligérance qu’à les faire jouer l’un contre l’autre pour en profiter en tiers plutôt que les en médiatiser en vue d’une meilleure dynamique d’ensemble. Ils perdent, avec Orban, un grand symbole de l’autoritarisme promu à même l’Europe. Par contre, la Finlande voit en l’Ukraine un atout militaire pour l’Europe et propose d’accélérer de l’y intégrer… si un veto ne l’arrête. L’Allemagne aussi. Quoiqu’il en soit, cette problématique si semblable entre Europe et ONU mérite attention. S’y incluent d’autres tendances, dont l’Espagne commençant à se trouver plus d’affinité avec la Chine qu’avec les États-Unis, alors que l’Europe note de plus en plus l’adversité étatsunienne trumpienne, dont s’autonomiser énergétiquement. S’électrifier vise à se distancier autant du pétrodollar étatsunien trumpien obsessif que de la prépondérance mondiale chinoise en cette voie alternative. Tensions européennes: laboratoire des tensions onusiennes ? Lieu holographique mondial majeur de ce qui s’en diffracte partout ailleurs. Lieu géophysique d’où se repère et s’ajuste la géopolitique jusqu’en ONU. Tarifs trumpiens: entente entre Europe et Mexique les abaissant entre eux.

    Si l’ONU est l’instance internationale la plus démocratique qui soit, malgré tous ses affaiblissements au profit d’autres instances émergentes (OCDE, G7, G20, FMI, Banque Mondiale…), c’est qu’elle reste influente par ses idées à la source de notions introduites ou portées et développées au point de s’imposer dans la société au sein d’une communauté internationale2 appelée à se problématiser jusqu’en son interétatisation et en l’idée d’État-nation en cause. Non-prolifération nucléaire prônée par l’AIEA à compter de 1968, responsabilité sociale des entreprises prônée par l’OIT à partir des années 1970, nouvel ordre économique mondial promu par les pays du Sud à l’ONU depuis 1974, peuples autochtones mis de l’avant avec le rapport Corbo en 1984, développement durable introduit en 1987, sécurité humaine créée par le PNUD en 1994, travail décent introduit par l’OIT en 1999, santé globale développée dans les années 2000, etc.: s’instaurent de nouvelles façons de prendre conscience de la réalité et d’y penser aux problèmes à y cerner pour mieux les aborder selon de nouveaux processus mentaux exigeant d’articuler les origines de ces notions, les acteurs et les changements s’ensuivant dans les affaires mondiales et la vie des gens. Une géopolitique apte à se repérer et s’ajuster à sa sous-jacente géophysique selon des doubles actions s’articulant en leurs spécificité et universalité peut constituer une nouvelle culture par laquelle un Conseil Indépendant de son propre CPS avec lequel le faire s’équilibrer permettrait à l’Assemblée générale de l’ONU de proclamer sa propre autonomie et ce, dans des champs d’action susceptibles d’être plus heuristiquement fructueux et de relever moins de la simple improvisation3.

    De 1945 à nos jours, l’horizon d’une culture mondiale unique ayant présidé à la création de l’UNESCO (mais pouvant paraître non moins impérialiste que les impérialismes ayant depuis lors émergé du CPS) et d’un gouvernement mondial a fait place à celui d’une culture ayant valeur exemplaire et d’une gouvernance mondiale ne pouvant se processualiser qu’au gré de décisions opérationnalisables. Ainsi, la propagande moderne a pu être réorientée de purement idéologique vers une visée pacifiste et universaliste plus propice au devenir onusien, comme lorsque Sandy Koffler a créé au sortir de la deuxième guerre mondiale en Italie le journal Il Corriere (« Le Courrier ») qui a ensuite inspiré Le Courrier de l’UNESCO. De même, l’enquête menée par Faure pour rendre compte de l’état et des perspectives de l’éducation dans le monde a été publiée sous le titre Apprendre à être (1972), mais selon un homo concors, en harmonie avec lui-même et les autres, et non l’humain lui-même, jamais individuel (fût-ce avec et parmi d’autres, si tous à un titre individuel trahissant un présomptif libéralisme foncier d’où jaillira le libertarisme) que d’emblée social4. Entre-temps, l’éducation de base sise sur un fond commun de l’humanité est litigieuse et débouche plutôt sur l’éducation communautaire (milieu des années 1950). Développement collectif, civisme international, compréhension internationale exigeraient des référentiels communs et transnationaux, dont la collaboration internationale croissante pouvant être issue de l’interdépendance des peuples. Flou conceptuel persistant, sans doute faute de s’apercevoir qu’il ne peut y avoir de référentiels communs et transnationaux que par une géopolitique apte à se et les référer et ajuster à la géophysique et à y créer une ouverture en toute culture à l’altérité de toute autre culture. D’ailleurs, la mondialisation culturelle incite bientôt à revaloriser la diversité des cultures nationales au sein des États, comme lors du Projet Orient-Occident (1957-1966). Ceci suscite une prévalence accrue de, non plus le gouvernement, mais la gouvernance mondiale, surtout depuis les années 1990, alors que la notion de (bonne) gouvernance, issue du monde entrepreneurial et de l’exigence économique d’ajustement structurel, s’étend à la sphère politique, mais au gré d’instances (dont les ONG) distinctes des États qui peuvent en paraître obsolescents, alors que la société civile compense. Or, tout à l’inverse du souhait de Tim Berners-Lee ayant été le principal inventeur du Web (le fameux WWW) et l’ayant conçu ouvert à tous (1989), l’émergence de l’internet aux États-Unis l’a fait s’y trouver accaparé et érigé en propriété privée, dont faire un dogme. ICANN (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers), créée en 1998, sous-traite des opérations techniques de gestion de domaines entiers « .com », « .net » à VeriSign. Ceci mène par exemple au scandale Snowden révélant en 2013 une surveillance massive par la NSA des États-Unis, de sorte que Obama a été bien mal à l’aise de parvenir à justifier son existence, ce dont le Trump de 2026 se sortirait dorénavant d’une simple pirouette, tant le fait se ferait laminer parmi tant d’autres comme un fait divers dont avoir à peine le temps d’en prendre un tant soit peu conscience, a fortiori y réagir, d’autant qu’en être à risque de se faire traiter par Trump d’ennemi de l’État. Le récent V-Dem de l’institut suédois signale que la liberté d’expression est le plus fortement atteinte, du moins dès qu’autre que celle de Trump, de fait de l’État qui, via l’exécutif d’où rafler tout le reste, est Trump lui-même. Tout comme l’est l’économie jusqu’en son système monétaire, depuis que Trump vient d’imposer d’apposer sa signature sur la prochaine émission de billets de banque, après bien d’autres démarches égocentriques fort semblables nouvelle classe Trump de navires de guerre, sa photo sur les murs de bâtiments publics, dont le ministère de la Justice (où il y ressemble fort au Big Brother de 1984 d’Orwell), nouvelle série restreinte de passeports qui comportent sa photo et pour lesquels il faut faire une demande spéciale (qui, selon deux listes distinctes, pourra départager les protrumpiens, surtout si liés à l’élite-car ce sont d’abord les plus puissants qu’il faut s’asservir pour s’en rattacher avec eux les moins puissants leurs étant déjà liés, des autres, ne serait-ce que des trop tièdes et un jour à foudroyer quasi bibliquement de n’être pas de foi trempée trumpienne?), etc. Sur le même modèle, peut d’autant s’amplifier le Cloud Act étatsunien par lequel le gouvernement central peut contraindre toutes ses entreprises affichées privées à lui remettre les informations de pays avec lesquels elles font affaire. Il n’en est lui aussi qu’une annexe susceptible d’être plus indirectement mise en jeu, surtout si pour contrer tout débat public plus visible. Ladite gouvernance mondiale redeviendrait un gouvernement mondial privatisé par les États-Unis par leur capacité de s’accaparer toute possibilité de gouverner l’internet par leurs entreprises privées et d’en faire un outil de puissance géopoliticoéconomique, fût-ce au détriment de la vie privée des internautes, dont pourtant l’ONU avait peu auparavant exigé le respect comme droit humain fondamental. Pour éviter cet écueil de surveillance généralisée et plus ou moins déguisée et son écueil inverse de la censure pouvant le redoubler dans des régimes (plus visiblement ?) autoritaires, ne faudrait-il pas confier la gouvernance (plus véritablement mondiale et surtout démocratique) de l’internet à l’ONU, sinon à tout le moins en exiger une capacité de s’y actualiser et s’y mettre à jour pour pouvoir autant s’y organiser qu’y faire face à son devenir mondial, si pour servir plutôt qu’asservir tout développement humain ? Guterres, au nom de l’ONU, lance cet appel à la gouvernance mondiale de l’IA au début de juillet 2026. Le pire n’est même pas là, mais en l’enfance qui depuis le tournant du XXIe siècle s’en fait désocialisée jusqu’en ses jeux toujours plus déphasés de réels en virtuels via des façades de réseaux sociaux, sans parler des faux amis ne s’y présentant à elle qu’en vue d’en abuser, etc. La fantaisie, si enfantine, s’en tend d’autant en ses affections entre le plaisir à tirer du désir de ce dont jouir toujours plus isolément et la crainte de dangers paraissant surgir d’autant de partout que toute altérité lui reste toujours plus étrangère et ne surgit plus qu’en venant d’autant l’en heurter, ce qui se radicalise en tabou, paranoïa, voire cruauté dès que vicarialisant toute douleur au point de la refouler en même temps qu’en craindre tout éventuel retour et en être d’autant hanté. La rage instrumentalise la sous-jacente terreur en vicarialisant toute douleur. Soi-disant pour se sécuriser, il s’agit d’écraser et bouc émissariser. Ce que ça soulage: c’est lui et non moi qui est affligé par la douleur et en souffre ! Hormis les exceptionnels cas, lorsque surgit un Socrate, un Christ…

    Quoiqu’il en soit, il s’agit d’un nouveau chapitre des droits humains et de l’ordre mondial, de fait, du fantasme occidental d’un incessant Nouvel Ordre Mondial dont le cri jaillit et ne cesse de culminer et se transmettre d’une hégémonie à une autre, jusqu’à son plus récent transfert de l’Empire britannique à l’Empire étatsunien, surtout de la fin de la 2e Guerre mondiale à la chute du mur de Berlin, et à quelques résurgences de ce cri, dont celui sorti de la bouche de Bush père lors de la 1re Guerre du Golfe Persique, le tout dans l’entre-deux MAGA qui, de Reagan à Trump, lui donne un tout autre sens, moins intégrateur et bien plus impérialiste. Comment les droits humains peuvent-ils se concevoir d’une façon qui ne soit pas qu’occidentale, voire qu’étatsunienne5? Problème récurrent dès et depuis l’émergence de l’ONU qui, ayant été constituée au sortir de la 2e guerre mondiale pour faire place à ces droits humains, les voit de nouveau menacés au XXIe siècle sous la direction des plus puissants qui en font le choix politique et utilisent les êtres humains comme monnaie d’échange. Maintes autres crises conjointes l’amplifient: besoins d’aides humanitaires croissants, financements en chute (si ne se transformant pas d’aides au développement en partenariats comme entre Europe et Afrique, mais virant en chantage transactionnel étatsunien trumpien d’avoir éliminé USAid et de ne plus rien offrir, dont des médicaments contre le sida au Zimbabwe, que contre des droits d’accès aux ressources minières, dans un contexte commercial de blocs opposés où la Chine détient une avance, etc.), inégalités se creusant, pays endettés, chaos climatique accéléré et jusqu’à l’espace civique qui se rétrécit (journalistes et militants emprisonnés, ONG fermées, droits des femmes en recul, minorités de toutes sortes ciblées et même droits des enfants s’oubliant, alors que la désinformation empoisonne le débat public et alimente la violence). Défense des droits humains, gouvernance mondiale à renforcer pour les protéger et Initiative ONU80 pour en renforcer les liens avec paix, développement (durable) et action humanitaire dans l’ensemble des systèmes des Nations Unies sont à mettre à l’ordre du jour afin que, en les protégeant, le monde se protège6. Pourtant, de 1945 au XXIe siècle, il y a eu entre-temps maints progrès : l’écologie politique (rapport de Cocoyok, 1974), les besoins essentiels (liant besoins physiques, éducation et santé, en 1976, et menant à des biens publics mondiaux auxquels s’opposent les tenants du néolibéralisme, a fortiori du libertarisme) et le développement durable (avancé par le rapport Brundtland, 1987, et promu par le PNUD), suivi de la création du GIEC (1988). Le tout se conjugue en la publication par le PNUD d’un premier Rapport sur le développement humain (1990), puis d’un autre (2008) demandant des contraintes sur les gaz à effet de serre, sans parler d’une Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles (2005), d’une Convention des peuples autochtones (2007), etc.

    3) Problème majeur: guerre idéologique étatsunienne faite à l’ONU

    L’un des problèmes majeurs est la guerre idéologique sans fin que les États-Unis livrent à l’ONU, autant par leurs incessants vetos au CPS, que par le sort qu’ils réservent à toute culture a contrario de ce à quoi aspire l’ensemble du reste de la planète, comme lors de leur refus de signer la Convention de l’UNESCO sur la diversité culturelle de 2005. Pour eux, la culture est avant tout un objet de commerce, alors que dans la conception de l’UNESCO, la culture est un bien public mondial, auquel tout le monde


    1 C. Grimberg & R. Vanström, Histoire universelle Tome 12: De la faillite de la paix à la conquête de l’espace, Éd. Gérard & co Verviers, Marabout Universel, 1965, p. 224.

    2 Chloé Maurel, Histoire des Idées des Nations Unies, L’ONU en 20 notions, Paris, L’Harmattan, 2015, p. 7. Les prochains paragraphes reprennent et poursuivent son propos en l’inscrivant et le développant dans la suite de la proposition ici avancée.

    3 « Si certaines propositions de réforme globale des Nations Unies avaient été avancées avant les années 1990, force est de constater qu’en ce qui concerne le maintien de la paix proprement dit, ce n’est qu’après 1989 que les véritables propositions sont apparues. Malgré les nombreuses propositions avancées et faute de volonté politique des États membres d’en améliorer l’efficacité, le maintien de la paix de l’ONU reste caractérisé par l’improvisation ». Voir Ronald Hatto, ONU et maintien de la paix, Propositions de réforme de l’Agenda pour la Paix du rapport Brahimi, Paris, L’Harmattan, 2006, 4e de couverture. Improvisation se conjuguant avec l’interimpérialisme émergeant du CPS et invalidant l’ONU autant de l’intérieur que de l’extérieur. De fait, hormis certaines opérations de Casques bleus et faute d’être outillée à cette fin, l’ONU a dû confier la gestion d’interventions militaires à des alliances entre États, dont l’OTAN.

    4 N’est-ce pas la source d’un humanisme non plus total, mais dit technique? Jean Vial, Faure (Edgar). Apprendre à être. In: Revue française de pédagogie, volume 23, 1973. pp. 63-66, www.persee.fr/doc/rfp_0556-7807_1973_num_23_1_2045_t1_0063_0000_2.

    5 Originalité étatsunienne: a surgi en février 2026 une nouvelle demande d’instaurer une procédure en destitution du président Donald Trump qui vient, non plus de Démocrates, du moins pas officiellement affiliés au Parti Démocrate, mais d’une pétition populaire sur Change.org et ce, selon, non d’opinions politiques, mais de droits humains et de justice. Le mouvement se disant non partisan s’appelle Blackout The System et dénonce l’avidité, la corruption et le manque de responsabilité de son président Donald Trump qui est dit exploiter son propre peuple et mépriser de façon flagrante et à des niveaux sans précédent son bien-être, au point d’en menacer les droits, la démocratie et l’avenir par des violations répétées de sa Constitution contre les migrants, les écoles, voire tout le système éducatif, en plus de fragiliser le système de santé, d’aide alimentaire, etc., voire d’acculer les plus vulnérables au désespoir, sans parler de sa mauvaise gestion de l’économie au profit de son intérêt personnel et au détriment de l’intérêt national. Là où la base MAGA perdure et dénigre même l’écart entre ledit petit nombre de signataires (environ 180 000 au 24 février 2026) et les millions de gens ayant voté pour élire Trump, que deviennent parmi ceux-ci ceux qui ne s’identifient pas à MAGA, si un certain nombre ne se retournent? De fait, plusieurs millions de gens se sont manifestés en faveur du « No King ». Pour l’heure, les droits humains, même étatsuniens, ne semblent guère peser dans la balance.

    6 Les droits humains menacés par la loi du plus fort, António Guterres, 23 février 2026. https://unric.org/fr/le-chef-de-lonu-tire-la-sonnette-dalarme-face-a…


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    3) Problème majeur : guerre idéologique étatsunienne faite à l’ONU

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  • 1.2 Écueil de la prévention politique sombrant en politique préventive

    L’opportunité manquée de l’humain susceptible d’être considéré tel, à savoir jamais individuel que d’emblée social, se retrace par l’humaniste fil ficino-rabelaisien avant Descartes et a fortiori ledit devenir moderne. Ceci exige une culture renaissante plutôt que sautant du Moyen-Âge, voire de l’Antiquité gréco-latine prolongée en christianisme médiéval, au Classicisme (XVIIe siècle), aux Lumières (XVIIIe siècle) et à la Modernité qui s’en dépasse et s’élargit en se postmodernisant (depuis le XIXe siècle), mais qui peine d’autant à s’y articuler que sans s’apercevoir de cette sous-jacente résurgence renaissante se réintégrant cette Antiquité de sous et avec ce Moyen-Âge. De ces prémices renaissantes de la modernité peut surgir une processuelle renaissance mondiale au XXIe siècle, dont les affres s’éclairent entre-temps par et depuis ce qui est advenu au XXe siècle, surtout de la crise de 1929 advenue en l’entre-deux des guerres mondiales à la ressaisie capitaliste survivant à son propre effondrement et rebondissant et se transférant hégémoniquement de britannique en étatsunienne, mais en semant d’emblée les germes des nouveaux problèmes dorénavant à affronter. En particulier du fait d’avoir supplanté en maints pays, mais en particulier en Iran, l’essor démocratique de Mossadegh en 1953 et, faute de prévention politique, de se mettre à pratiquer une politique préventive fort agressive tous azimuts contre toute résurgence de son refoulé par dit droit de se défendre, a fortiori sous l’incitation d’Israël au XXIe siècle.

    – Écueil de la prévention politique sombrant en politique préventive

    Même si cela n’a été qu’un entrefilet aussitôt oublié que diffusé, on ne saurait sous-estimer l’importance d’un fait qui s’est conjointement produit le jour même de l’attentat terroriste du 11 septembre 2001 aux États-Unis qui s’en sont mis depuis lors à exposer plus ouvertement leur propre tendance à propager la terreur (style: nous versus eux, la nôtre versus la leur) comme voie de domination d’autant toujours plus absolue qu’à nulle autre pareille et si exceptionnelle que la seule sur laquelle se modeler. Ce conjoint fait se greffant sur ce fait si porteur: Ariel Sharon a aussitôt exploité cette recrudescence de la terreur pour déclarer toute autorité palestinienne terroriste et financer le Hamas en vue d’assassiner le Fatah, qui était pourtant devenu plus pacifiste et légitime et d’en couler ainsi toute solution à deux États. Netanyahu, son héritier, a davantage magnifié le tout et a fait des pieds et des mains pour trouver une façon de faire s’impliquer les États-Unis dans sa guerre tous azimuts au Moyen-Orient, ultimement contre l’Iran, ce qui n’advient plus pleinement qu’avec Trump en 2025-2026, mais selon un résultat final si mitigé que Trump cherche comment se sortir de ce bourbier (bien sûr, en jouant encore et toujours de façade, comme quoi irait bien mieux que ça ne va en réalité et ce, grâce à lui et à l’apparence qu’il veut bien donner du et pour le réel, voire en faire la glue faisant en tenir ensemble tout ce qui pourtant s’en déglingue). Rappelons que l’Antique Perse avait tempéré l’Exil et avait finalement permis aux Hébreux s’y étant trouvés réduits aux seuls Juifs (le fameux reste survivant) de revenir chez eux. C’est seulement en l’an 70 après Jésus-Christ que, de la destruction d’Israël et d’abord et avant tout de Jérusalem (avec interdiction d’y revenir) par les Romains, a surgi la diaspora à laquelle le sionisme n’a commencé à répondre qu’à la toute fin du XIXe siècle et à accomplir qu’au XXe siècle. Or, non seulement la Palestine s’est entre-temps arabisée, mais la Perse s’est aussi arabisée et le tandem du Royaume-Uni et des États-Unis l’a empêchée de se démocratiser en 1953 et a instauré contre Mossadegh la dictature du Shah pratiquant via la SAVAK (formée par la CIA étatsunienne et le Mossad israélien) le terrorisme préventif sur la population iranienne. Depuis 1979, elle a viré en dictature islamique, dont le principal « crime » a été de chercher à vendre du pétrole hors du pétrodollar instauré par Nixon via Kissinger avec l’Arabie Saoudite (par laquelle entraîner l’OPEP) en échange d’une sécurité militaire1. Plus prise de l’ambassade étatsunienne, d’otages et de documents compromettants, de Carter à Reagan et sa forge du slogan MAGA, dont Trump n’est que l’exacerbation hyperbolique, tout comme l’est sa dite vérité toujours plus uniquement la seule sienne et faite contrainte tous azimuts à lui en être fidèle et à en constituer le Temple en disséminant partout l’effigie. Ce peut être problématique si la trumpiste statuaire d’or, plus tous les quasi-délits d’initiés pour faire s’enrichir tout son clan, rappellent trop le biblique épisode du veau d’or. Les incessantes sanctions étatsuniennes contre l’Iran rééditent l’initial embargo britannique économique contre le pétrole iranien de 1951 pour contourner sa défaite juridique à la Cour Internationale de Justice (CIJ) à La Haye au profit de Mossadegh et fomenter en sous-main son renversement en faisant accroire aux États-Unis qu’il était communiste et non démocratique, d’où le plan AJAX concocté par le MI6 et la CIA et approuvé par Churchill et le républicain Eisenhower (y étant bien plus enclin que le démocrate Truman y ayant résisté), le tout avant que n’émerge le prétexte plus présentable de l’arme nucléaire dont un tel Iran pourrait éventuellement se doter2. Risque ainsi de s’occulter que le fait de s’accaparer et se disputer le pétrole est prototypique du même sort réservé à la nature entière, comme l’illustre la publication par Rachel Carson en 1960 du Printemps silencieux dénonçant l’usage des pesticides les faisant s’infiltrer partout jusqu’en les aliments et au sein de tous les vivants, dont les humains, le tout introduisant à la rupture de l’harmonie avec la nature alors en cours. D’où l’impression plus prégnante du Paradis perdu ravivant quelque résurgence biblique et la tension toujours plus dichotomique faisant resurgir, révéler et s’en trouver hanté du spectre de l’écocide au gré d’un tel plus apparent essor économique, toujours plus assoiffé de croissance sans fin sur une telle base tenant à rester ignare de ses effets contre-productifs ou plutôt ne voulant rien en connaître que ce qui s’en euphémise en externalisation des coûts, puis s’en radicalise, de la forge de l’automate humain en son externalisation en robot d’où le gérer via maintes interfaces informatiques (en fusionnant infor(-mation) et (auto-)matique), dont les plateformes numériques toujours plus algorithment rythmées et intégrées (en politique, économie, militaire, surtout depuis la fameuse guerre israélo-étatsunienne si bien orchestrée en Iran en 2026, à tout le moins lors des seuls premiers jours). La crainte de l’arme atomique (depuis Hiroshima et Nagasaki et sa prolifération entre États-Unis et Russie) a très tôt été aussi celle d’un tel écocide. Font un, au moins fantasmatiquement, l’hiver nucléaire et le réchauffement climatique, dès lors que le pétrole évoque le CO2 dit ou tout à l’inverse dénié l’augmenter et en être un poluant au même titre que les pesticides tout aussi abusivement utilisés au fur et à mesure que les toujours plus expansives monocultures agraires appauvrissent les sols et (tout au contraire de ce qui était visé, donc par contreperformance sous façade de performance) qu’elles sont plus à risque d’invasions nuisibles à contrer. À moins de transformer génétiquement les semences dès lors rendues aptes à y résister, mais aussi d’exiger toujours plus d’engrais tout aussi artificiels. S’en relance le même disque dans un tel tout autre registre technosolutionniste, surtout que ces engrais ruissellent en l’environnement et s’intègrent de nouveau aux aliments et à tous les vivants, dont les humains, etc., tant le tout ne cesse de s’en accélérer selon un tel rythme si endiablé que toujours plus infernal, si ne s’en faisant subitement refroidir. Ce qui étonne du réchauffement climatique, ce n’est pas tant que la chaleur globale augmente qu’elle fasse se côtoyer et s’alterner les extrêmes (froid/chaud, pluies torrentielles/incendies, etc.) ici et là.

    Jusqu’à une certaine politique soufflant le chaud et le froid, comme l’illustre Donald Trump par son style alors dit transactionnel, l’évoque sans même y penser, mais non sans l’en réactiver inconsciemment. Souffler le chaud et le froid préside à la forge d’épées d’acier trempé, mais en l’occurrence de fidélité trempée. Tout ce qui ne l’est pas n’est plus que trahison et bouc émissaire en puissance et le plus tôt possible à faire tel, question d’y délester sa rage qu’il est d’ailleurs considéré suscitée et que seule sa terreur peut racheter, s’il n’en est pas simplement plus physiquement, entendez militairement, écrasé. Le choix des mots serait censé faire covarier la réalité: dominer la nature, voire s’adonner à quelque géo-ingénierie technosolutionniste de tout et quelque problème qui peut y surgir, dès que s’écartant trop de cette présomption de la contrôler, pour les uns, là où d’autres, tout en étant plus soucieux de savoir si tout au contraire les mots pourraient mieux correspondre à la réalité, considèrent que la nature est plutôt source de limites environnementales auxquelles plus ou moins bien parvenir à s’adapter, car toute intervention sur elle, dont sur ses changements climatiques, n’est pas sans comporter quelque incertitude à prendre en compte et plutôt susceptible d’exiger de changer soi-même, ne serait-ce que par précaution (que supporte fort mal toute domination se complaisant dans le fracas et les coups d’éclat, à l’emporte-pièce, si tronqué ce dont il est censé être question soit-il). Ne surtout pas modifier ses comportements pour ne plus que dominer la nature et contrôler les gens par la peur au point d’en dominer l’âme. Le tout surgit d’une seule et même source: dominer pour s’accaparer (si tout ne se retourne et ne resurgit en sens inverse au point de hanter). Même en ce cas, l’histoire est celle à la fois de la nature ET de l’humain, car l’humain coévolue avec la nature. Surtout si la nature est faite source de ressources dont s’accaparer, de chaînes d’approvisionnement à sécuriser, de productivité par laquelle concurrentiellement s’imposer et quitte à en externaliser les coûts, mais surtout de double standard qui fait imposer le libre marché si le dominant, mais vire autrement en protectionnisme à tout crin et en défense fort agressive accusant tous azimuts les autres d’injustice d’oser un tant soit peu prévaloir en quoi que ce soit, bref en tout et rien. D’où les tarifs trumpiens.

    Le sionisme initialement juif s’est aussi magnifié en se faisant tant sionisme chrétien que d’emblée néosioniste: ce n’est plus tant la diaspora juive qui revient en terre d’Israël, mais des chrétiens surtout évangéliques, pro-Trump et même pas d’abord juifs, qui appuient le retour de la terre d’Israël d’avant la diaspora, ce qui implique de s’intégrer à la guerre de l’Israël de Netanyahu tous azimuts, ultimement contre un tel Iran. Sur l’unilatérale cruauté bafouée le 11 septembre 2001 sur le sol des États-Unis, l’Israël issu de Sharon et Netanyahu s’est greffé pour détruire toute solution onusienne à deux États et prétendre ne que se défendre contre le Hamas qu’il a créé à cette fin, mais qui s’est retourné pour l’attaquer. Terrorisme d’autant indigeste que ne se faisant instrumentaliser que se retourner contre sa source et l’en hanter. Or, le Hamas est un proxy de l’Iran. Si vous suivez bien ce « raisonnement » de tout ce qui semble si bien s’enchaîner, vous arrivez à la conclusion que la guerre implique tout le Moyen-Orient (avec impact sur la planète entière), au fur et à mesure que la greffe israélienne sur la cruauté étatsunienne bafouée en son unilatéralité, la redouble et lui procure l’opportunité de se déchaîner en même temps que de s’habiller d’un Dieu Colère (à l’antipode du Dieu Amour promu de Jérémie à Jésus-Christ) s’en dé-/re-doublant tout du long. Du divin peuple élu à un État élu s’en donnant visage par l’élu politique dirigeant le tout ainsi enchaîné jusqu’à y réagir et s’amplifier en sa tendance à se déchaîner, voire, de divinement à humainement, à s’enrager de tout et rien, mais de tout autant issu que réduit ou à réduire à rien :

    « Pour légitimer l’injustifiable, Washington a recouru à des justifications préventives. À cet égard, la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran n’est que le dernier maillon d’un effort de 25 ans visant à sacraliser la politique de puissance par des guerres préventives. (…) La guerre préventive unilatérale constitue une menace pour le principe de souveraineté des États, car elle permet à une nation de juger des « intentions » d’une autre, sans preuve objective d’une attaque imminente. En créant un dangerous précédent, elle incite d’autres nations à utiliser des prétextes similaires pour leurs attaques « préventives », ce qui pourrait conduire à une instabilité mondiale. »3

    De fait, non 25, mais 75 ans, car depuis 25 ans, c’est seulement devenu plus évident que ce ne l’était lors des précédents 50 ans, surtout au moment du renversement de Mossadegh et de la mise à mort, par de dites démocraties, de la démocratie naissante en Iran en 1953, d’où un type d’avortement autrement plus grave que celui plus usuellement débattu entre pro-vie et pro-choix, car d’emblée massif et pouvant faire ressortir que le pro-choix, plus soucieux du fait que l’humain est d’emblée social jusqu’en ce qui lui permet d’être individuel, est bien plus pro-vie, mais plus pleinement humaine, que lesdits pro-vie tronquant l’humain du fait d’être d’emblée social, voire pouvant fort bien le mortifier et même lui faire subir un terrorisme préventif pour l’en contrer d’être tel afin de le réduire au seul individuel toujours plus individualiste lui imposant d’être ce qu’il veut qu’il soit, à savoir le total envers de lui-même mis en lieu et place, sous façade et à l’encontre de lui-même.

    Dire pour ne que taire, voire faire taire. Si ce n’est par paranoïa, c’est par sous-jacent tabou qui est son substrat (et que peut hypermagnifier un Dieu dont le nom ne peut se prononcer et qui est d’abord source de crainte bien plus que d’amour) et a fortiori si virant à la cruauté et la faisant se greffer sur une autre au point de s’en démultiplier mutuellement, d’autant que selon les affections de sa seule fantaisie se formatant à cette fin (par désir de ce dont jouir, mais pour soi seul, et conjointe crainte de ce qui afflige et endolorit, mais à totalement vicarialiser et unilatéraliser, à la source de tout dit refoulement ne s’opérant du sein de soi qu’en se projetant et s’enterrant en et surtout avec l’autre à faire disparaître à cette fin)4. Ainsi, taire qu’Israël a la bombe atomique s’évite de s’expliciter face à sa dite guerre préventive contre l’Iran pour l’empêcher de l’avoir. D’autant que ne le croyant pas lorsqu’il dit ne pas chercher à l’avoir, a fortiori en ne pouvant plus avoir de données suffisantes pour l’évaluer depuis que Donald Trump a supprimé en 2018 l’entente d’Obama de 2015 instaurant le processus censé le permettre. Ceci permet aussi de ne pas s’interroger et se demander pourquoi l’état dissuasif mutuel, comme entre les États-Unis et la Russie (mais aussi entre Inde et Pakistan, etc.) pour ne pas aboutir à une autodestruction généralisée, ne fonctionnerait pas. Non selon Israël ou selon l’Iran, a fortiori quant à leur rapport si absolument inverse à quelque État palestinien arabe respectivement à laminer pour l’empêcher d’émerger depuis et selon Israël (du moins l’Israël s’imposant de Sharon à Netanyahu) ou à instaurer à la place d’Israël, car les deux s’en font l’un à l’autre une menace existentielle et les partis pris pour l’un ou pour l’autre amplifient le tout. Donc, pourquoi ça ne fonctionnerait pas, non selon Israël ou selon l’Iran, a fortiori selon ces partis pris amplificateurs, mais selon la dynamique d’ensemble, si et seulement si contribuant à ce que toutes ces parties s’intègrent d’autant mieux internationalement et interétatiquement.

    Le recherchait davantage l’entente de 2015 d’Obama avec l’Iran, en limitant l’uranium iranien, même si sans questionner au même titre l’arme atomique israélienne, avant que Trump l’abolisse en 2018, tout en prétendant que l’Iran aurait continué d’enrichir l’uranium sous façade de négocier, certes, mais en occultant que les États-Unis ont empêché la démocratisation de l’Iran et que la dictature terroriste (déjà fort préventive) qu’ils y ont implantée à leur profit a viré en cette tout autre, moins avenante, par choc en retour. Font davantage problème les drones et les missiles, voire l’enjeu du détroit d’Ormuz pour la libre circulation commerciale, que le seul uranium enrichi. Trump s’essaie à quelque troc en échange d’une garantie (pour autant qu’il puisse lui-même paraître un tant peu fiable aux yeux de l’Iran) de respecter les droits iraniens et de relâcher la pression financière (comme autrefois Obama, mais en payant cette fois-ci bien plus cher ?). Iran à reconstruire (et ça va coûter très cher, suite aux récentes destructions), échanges commerciaux à rétablir et que Trump veut faire s’orienter d’Iran vers les États-Unis, alors que l’Iran veut rester libre et encore moins abandonner ses liens avec Russie et Chine qui ont grandement contribué à sa survie face à l’agression israélo-étatsunienne…

    Bref, seul le recours à la prévention politique (plutôt qu’à la politique unilatéralement préventive jusqu’au terrorisme préventif, si vicarialement opérant soit-il rendu) semble pouvoir mener à réduire ou éliminer les causes de la conflictuelle hostilité absolue mutuelle empêchant la dissuasion tout aussi mutuelle d’être opérante, de manière à dégager la conjointe possibilité d’un intérêt commun faisant progresser la même dissuasion. Ça, s’il n’y avait qu’Israël et Iran. Or, il y a aussi les grands impérialismes, en l’occurrence le gouvernement étatsunien qui s’entête, non seulement à armer autant Israël que l’Arabie saoudite (d’où était issu Ben Laden qui n’acceptait pas cette alliance connivente), mais à faire de l’Arabie saoudite sa porte d’entrée pour y maintenir sa propre force armée et opérer unilatéralement dans la région. L’illustrait déjà l’embargo ayant débilité la population irakienne encore pire que ne le faisait déjà Sadam Hussein et a fortiori en abattant ce régime sous un fallacieux prétexte pour se doter d’un bouc émissaire suite à l’attentat terroriste sur le World Trade Center, en plus de contribuer à magnifier toujours plus le conflit israélo-palestinien sur ce même modèle. Modèle, non plus de la défense, mais tout au contraire de la dominance étatsunienne s’étayant de l’asymétrie des forces et capacités militaires à son propre avantage, au point d’infléchir la notion de dissuasion pour ne plus seulement endiguer et empêcher l’adversaire d’agir, mais pour l’empêcher même de réagir, voire pour d’autant mieux y parvenir que s’essayer à l’anéantir. Se forge ainsi en toute connaissance de cause ce qui se défléchit toujours plus du terrorisme d’État, toujours plus occulté, en terrorisme qui lui répond, qui le cible et qui est alors seul étiqueté tel, qu’il soit intérieur (McVeigh…) ou extérieur (de Ben Laden à l’Iran, mais aussi du Hamas ayant été financé par Israël au même Hamas ayant rebondi en le même Israël et fait remonter au même Iran)5. Si elle ne progresse, la dissuasion régresse en même temps et à même le droit, de national en international (dont l’onusien), mais lui-même inscrit d’étatique en interétatique (selon des États se reconnaissant versus se déniant mutuellement l’existence et donc, s’en faisant menace existentielle l’un envers l’autre autant à rebours de toute dissuasion possible qu’au ressort du terrorisme et de l’entrechoc des barbaries ?). On s’en aperçoit, l’enjeu n’est aucunement seulement de puissance, mais d’écart de puissance visant à se maximiser et ne parvenant qu’à se dichotomiser: domination totale présumée ET annihilation totale constituant son refoulé à risque de faire retour. Le tout ne se pense (sur ce mode si paranoïaque schizophrénant mégalomane narcissique d’autant toujours plus idéologiquement figé et absolutisé que totalement tordu et noué en lui-même) que se fantasme fort cruellement et cherche à se conforter et renforcer par une réalité empiriquement réifiée en ce sens6. S’aperçoit le processus faisant germer et monter les extrêmes (avantage asymétrique s’absolutisant ET moyens asymétriques lui rétorquant par retour hors de leur refoulé). S’en accroît la tension être/néant d’emblée d’autant tout/rien qu’un/pluralité censé se faire et se mobiliser depuis et selon quelque centre (local? plutôt que partout ?)/périphérie (éparse? plutôt que nulle part?). En surgit et s’impose la hiérarchie (commandement sacré) présumant supplanter toute hiérophanie (manifestation sacrée) risquant autrement de lui échapper et, par quelque hiérophante, de révéler une trop inverse possibilité inhérente à une même raison cynique, si triomphante et pervasive soit-elle: de l’incessante crise idéologique toujours plus aiguë à, tout ce temps, l’exigence d’autant accrue, mais différée de sa critique.

    Posséder l’arme atomique est déjà l’utiliser, au moins faire chanter, comme l’a remarqué Günther Anders dès 1960, d’autant qu’il peut y avoir tabou taisant en disposer et a fortiori si alimentant quelque oubli forcené de ses propres actes antérieurs au profit d’une paranoïa craignant d’autant l’effritement de sa propre unilatéralité que le resurgissement de son refoulé, même si pour se transposer et s’euphémiser en un dit droit de se défendre occultant d’autant que vicarialisant et instrumentalisant en tiers son propre terrorisme préventif, voire hallucinant au besoin quelque menace immédiate, plus diffuse et dite existentielle (donc supportant mal le fait de l’existence d’autrui dont se dire menacé, surtout s’il s’agit du terrorisme vicarial et instrumental se retournant contre sa source et l’en hantant).

    Pourquoi taire que l’enjeu n’est pas tant l’arme nucléaire (jusqu’en l’équilibre de la terreur s’en faisant éventuel effet dissuasif mutuel, si ne se rompant et s’asymétrisant unilatéralement, mais non sans paranoïer et s’en faire dit droit de se défendre fait celui de dominer et d’en laminer préventivement autrui ?) que sa non-prolifération déjà entendue à l’ONU, mais maintes fois contournée ? Israël (conforté par les États-Unis) tait en être dotée, suppute parfois son usage (dont un membre du gouvernement Netanyahu ayant proposé d’en lâcher une sur Gaza pour y éradiquer le Hamas) et veut d’autant en limiter unilatéralement la prolifération que focaliser sur le seul Iran lui semblant si à risque d’en briser l’unilatéralité (sans jamais aborder le thorium chinois qui, s’il peut être substitué à l’uranium, ne peut aucunement mener aussi aisément à une telle prolifération). Surgissent maints âges successifs magnifiant toujours plus l’armement nucléaire (quelque part entre fantasme et réalité) à travers le monde, malgré d’épisodiques accalmies, dont les traités SALT, puis START entre États-Unis et Russie7. La non-prolifération onusienne contournée se fait guerre préventive faisant s’en doter et dominer et d’où l’imposer unilatéralement. En particulier pour au moins faire chanter, sans doute comme aussi les États-Unis trumpiens l’en laissant sous-entendre, lorsque menaçant d’éradiquer l’Iran, même si cela n’a aucunement fonctionné, si ce n’est au sein même du camp républicain trumpien s’étant mis à s’en scinder encore davantage.

    Sur le même modèle, pourquoi faire disparaître aussitôt que published que des États arabes alliés des États-Unis trumpiens leur font le même reproche que la mouvance MAGA d’avoir prétendu s’occuper des États-Unis et de mettre fin aux guerres extérieures, en l’occurrence celles au Moyen-Orient, mais de faire le contraire? La réponse trumpienne ne peut être que les faire s’y impliquer à leur tour en se mettant à leur vendre encore plus d’armement, après les avoir empêchés de maintenir la désescalade avec l’Iran prévalant depuis 2023, leur en avoir fait subir les contrecoups et de là, tout à l’inverse, les entraîner dans l’escalade guerrière. Comme l’Israël de Netanyahu y entraîne d’abord les États-Unis et avec eux, ces alliés arabes, en plus d’essayer d’en faire autant avec l’Europe, l’OTAN, etc.

    Cette politique fantaisiste consiste à ne dire pour ne que paraître telle, à savoir dire, tout en faisant l’inverse, à savoir taire et par surcroît faire tout le contraire de ce qui est dit, mais dans la lignée de ce qui est tu et qui tue. Fantaisie d’autant cruelle que censée monopoliser et instrumentaliser la terreur: Pâques 2026, jour de la Résurrection, inspire à Donald Trump de jouir de pouvoir menacer unilatéralement l’Iran, non plus le régime, mais la civilisation entière, de destruction totale. Entraînant l’humain entier, sa parole politicienne, surtout que fantaisiste, ne se dit qu’en comportant son inverse sous-jacent rendu prévalant, à savoir taire et surtout faire taire. Ce silence peut être bien plus parlant que ce dire, a fortiori si par compulsion corporelle bien plus prostatique qu’hystérique faisant inconsciemment passer à l’acte (unilatéralement transactionnel et variable à tout moment, question de « tirer un coup » ici et là). Seul le concept révèle que, laissée à la rage et la cruauté. Jacques Provost rappelle que sur cette voie, divers anciens empires se sont effondrés. Double hégémonie du dollar et de l’arme nucléaire les révélant tous deux initialement étatsuniens et covarier. Deux faces d’un même monopole de la terreur pour tout s’asservir à sa fantaisie… cruelle.

    Elle-même, une telle parole, si fantaisiste, est si dichotomisante que schizophrénante, tant tout n’y est entre ses ego/alter ego que tout/rien, être/néant, unitaire exécutif/pluralité toujours davantage amoindrie des pouvoirs. Donald Trump essaie de faire accroire que l’Iran, même si le contredisant, accepte de négocier (sous les bombardements en cours et autres préparatifs invasifs), mais a peur de le reconnaître: ses désirs sont tant sa réalité que la réalité est censée s’y conformer, fût-ce malgré elle-même. Le désir de ce dont jouir s’assoiffe toujours plus de la fort vicariale crainte de ce qui afflige et endolorit censée tout faire s’y plier et l’en conforter, tant la cruauté ne peut se complaire en elle-même que si parvenant à s’en repaître. Comme Ficin l’a établi, il n’y a aucune raison qu’entre fantaisie, si en émergeant et s’en éveillant plutôt qu’y sombrant, et son propre devenir intellectuel, non sa présomption de ne l’être que toujours déjà et de ne pourtant plus tout au contraire que se refléter et dégrader en une telle fantaisie inconsciemment opérante. La fantaisie n’a de jugement que circonstanciel, à court terme et transactionnel. Elle est inapte à laisser émerger et incite plutôt à présumer du jugement universel issu du seul intellect. Dès l’ego, elle s’enferme en sa propre idiosyncrasie et méconnaît forcenément que l’ego est un mot du langage commun, voire de toute langue commune le comportant, et qu’il est disponible et ouvert à tout un chacun, autant soi qu’autrui, donc depuis soi n’émergeant jamais à soi-même et ne s’en forgeant un sens de soi que chargé du sens d’autrui au ressort, à même et jusqu’en tout et quelque ego que ce soit, si pour être un tant soit peu intellectif et proche de Dieu, en le servant plutôt que s’en servant en vue d’asservir. Tout schéma corporel est tronqué depuis le seul égocentrisme, jamais intellectif que toujours dégradé en idiosyncrasique et collectivisé (viralisé) tel, à force de ne se diffuser que se dévider de toute sa teneur allocentrique constitutive du sens de soi pour la vicarialiser et l’imposer en vue de lui seul à autrui, en pouvant plus jamais n’être rien d’autre que « son » seul alter ego. Le logo onusien axé sur le pôle Nord se dégrade en logo étatsunien trumpien, du Conseil de Sécurité de l’ONU en celui dit de Gaza. Platisme d’autant géopolitique que réifiant jusqu’à sa géophysique, à rebours de plus marginaux platistes qui croient que la Terre est géophysiquement plate et dont ne s’être guère aperçu qu’ils cherchent à exprimer empiriquement d’où se méfier et résister à une telle géopolitique qui en convertit demblée le mythe en fantaisie abusive au ressort d’une telle idéologie se l’absorbant. Tout aplatir résulte et se fait constat platiste. Le platisme, non plus donné, mais produit pour l’être, se fait complotisme.

    La pensée n’émerge à elle-même au ressort de quelque entendement forgeant quelque concept que ce soit qu’en s’y mesurant d’emblée d’autant à ce dont elle s’y dote et y aperçoit émerger comme son objet mental qu’à ce qui en sous-main l’anéantit à sa fantaisie et l’en réifie empiriquement jusqu’en et à même les sens. Être toujours déjà tiré du néant, tant leur entre-deux fait s’y considérer comme leur milieu (à la façon de Descartes) ? Non. Être et si et seulement si néant duquel ne s’apercevoir émerger et se distinguer que s’y conquérir et pour ce faire, d’abord s’apercevoir y être immergé et seulement de là, pouvoir s’y trouver éveillé (comme si en être tiré) plutôt qu’y sombrer (au fur et à mesure que le refouler ne peut se produire sans s’y et s’en faire happer en retour). L’être n’est jamais tiré du néant qu’en pouvant à tout moment y être en retour aspiré. C’est pourquoi l’éternel n’a jamais pu émerger du temporel qu’y retomber, l’infini ne s’instaurer par-delà le fini que s’y faire réintégrer (comme en le paradigmatique transfini cantorien), le spirituel planer intérieurement que s’en faire rappeler extérieurement par le matériel fort opérant, surtout en géopolitique et a fortiori si aperçue en sa sous-jacente teneur proprement géophysique, tout élan hiérarchique ne s’extirper et ne se faire accroire surdéterminer toute hiérophanie que s’en faire interfacer d’une théophanie appelée à restituer sa sous-jacente épiphanie (surtout depuis Ficin) par laquelle s’y trouver ramenée et y être appelée à s’y ancrer, bref à ne plus seulement dire et se faire accroire être incarné, mais s’incarner d’autant réellement que plus pleinement, de l’oralité à la plus entière physicalité.

    La schizophrénie (surtout depuis que son dualisme s’est cartésianisé) est le péché originel de la pensée, ce dont il lui faut se dégager et se laver pour émerger à elle-même, a fortiori à partir de la sous-jacente fantaisie dont les affections risquent de la faire se nouer et de là, ainsi s’en pourfendre en durcissant d’emblée à outrance toute dualité en dualisme. Si ce n’est plus en s’y apercevant en sa paradoxale autocontradiction (comme l’établit Du débat entre Ficin et Pic à Rabelais), c’est autrement en tabou (ou si vous préférez, censure plombant toute liberté d’expression, surtout si elle-même présumée se réduire et s’assimiler à la seule sienne), en paranoïa (complotisme d’autant inclus que la perte de confiance est plus radicale et que la trame sociale se délite) et finalement, en cruauté, d’où se dichotomiser d’avance et tout en prolonger mentalement par dualisme, mais avec conjointe pression empirique censée s’en réifier comme cela seul pouvant lui correspondre en la réalité. De là, dérapent autant ledit droit de se défendre que ladite autolégitimante menace imminente, si hallucinée soit-elle, le tout à l’encontre de tout droit international étant d’ailleurs plutôt interétatique, donc hors toute instance le promouvant, dont l’ONU. Ne parler que de droit est occulter que la pensée sollicitée pour en rendre compte est loin de toujours prévaloir sur la sous-jacente fantaisie qui, du fantasme au fantôme halluciné, n’est que compulsion, exigence de faire corps et de n’autoriser d’autre pensée que binaire: nous (monopolisant le désir de ce dont jouir) versus eux (en qui vicarialiser la crainte de ce qui afflige et endolorit). Ne se constitue d’autre pensée qu’en pur décalque de la sous-jacente fantaisie et de ses affections configurées et nouées de façon dichotomique, au ressort des grands filtres idéologiques cherchant à conforter et renforcer quelque écart de puissance au gré de la hiérarchisation recherchée, a fortiori si d’emblée impérialiste8.

    Même clamée, il n’y a là aucune pensée autonome et apte à se déployer telle au point de faire que, par quelque alchimie, le droit de la force se fasse tant force du droit qu’apte à se mesurer à tout ce miroir les faisant tant paraître en total envers l’un de l’autre, voire donner l’envers pour l’endroit. Le 1er quart du XXIe siècle se problématise, de l’attentat terroriste du 11 septembre 2001 à la sacralisation (hiérarchisante) de la politique de la puissance, de fait d’un plus explicite écart de puissance (par le présent livre l’en thématisant enfin en 2026). Écart de puissance jusqu’au plus abusif, par des guerres préventives, toutes punitives par anticipation, d’autant de l’Israël de Sharon et Netanyahu finançant et instrumentalisant le Hamas contre le Fatah à laminer avec toute possibilité de deux États que de ce que font les États-Unis de l’Irak (2003) à l’Iran (2025-2026). S’y exemplifie et s’y éclaire ce qui fait que les États-Unis aiguillonnés par un tel Israël décrochent et, plus que Chine et Russie -et ce n’est pas peu dire-, sabordent d’autant l’ONU que le droit dit international.

    Même en physique, dès le concept de matière inhérente à l’univers matériel si diversement accélérément expansif depuis ledit Big Bang, tout n’est que coémergence/coannihilation de matière et d’antimatière. Peut-être au ressort d’ondes gravitationnelles primordiales si noires que rendant jusqu’à cette matière tout aussi noire, par gravité quadratique, avant toute lumière, tout $E=mc^2$. Si ce n’est dès toute lumière par une interférence médiatrice qui, par son ombre projetée, en assombrit tout autre. Même s’il ne s’agissait pas encore du flux matériel lui-même (selon quelque plasma gluon-quarks et a fortiori avec quelque conjoint boson de Higgs d’où constituer toute masse, à savoir toute quantité de matière, toute énergie alors mise en jeu et toute information issue d’une plus petite quantité d’énergie en déclenchant et mobilisant une plus grande), mais de son seul mouvement une fois sa matière constituée, il en allait ainsi dès l’inaugurale distinction galiléenne entre vélocité et accélération (ce que Einstein ne fait que transposer en relativité restreinte, par vitesse limite de la lumière dont jaillit $E=mc^2$ – aussitôt reformulée par le quantique en $m=E/c^2$ -, et générale, par gravité prototypant toute force accélératrice, a fortiori si allant à son encontre par quelque dilatation universelle parvenant néanmoins à en émerger). Le tout se poursuit ici jusqu’en l’humain, individu d’emblée social, et a fortiori en sa géopolitique, pour peu qu’elle soit apte à se repérer et s’ajuster avec et à sa géophysique, voire sa cosmophysique. Le XXIe siècle est celui de l’humain, jamais individuel que d’emblée social et appelé à s’apercevoir que sa culture (géopolitique guerre culturelle incluse) coémerge et coévolue avec la nature. Ceci rejoint les Autochtones qui, à la fois, s’en considèrent partie prenante, comme Terre-Mère d’où se lier au Ciel, et font s’interroger sur ce que sont des Nations avant et jusqu’en les États, surtout en l’ONU, d’internationale jusqu’en l’interétatisation, sans plus longtemps les confondre. Si Nature et Nation puisent toutes deux à une même naissance, qu’est donc l’ONU? L’incessante interdépendance accrue entre les cultures (si ponctuée puisse-t-elle être par toute réaction en sens inverse pour les faire se dissocier et s’isoler les unes des autres) révèle que leur métissage est d’abord culturel et distinct de tout métissage les engageant biologiquement, voire faisant accroire que leur métissage serait d’abord biologique, a fortiori si selon les races, le racisme9, tout en y occultant la sous-jacente et évolutive sexuation bien plus biologiquement fondamentale, si aperçue un tant soit peu irréductible à quelque sexualisation l’orientant si diversement, a fortiori si s’enreligiosant telle. Les grands filtres idéologiques, tous patriarcaux (et prostatisants), ont l’art d’être ethnoracisants, voire ethnoracialisants au point d’en être ethnoracialistes (selon qui monopolise avec l’ethnoracisation jusqu’à l’ethnoracisme à projeter et faire porter en tiers), et de s’enreligioser tels. S’y fait fracturer toute double naissance (à tendance trop matricentriste à leur goût ?) de la nation avec et à même la nature, donc aussi de l’international pris en l’interétatique l’idéologisant et en étant d’autant géopolitiquement problématique en sa géophysique.

    Jusqu’à la Nature ne s’est inaugurée chez Galilée en son concept physique moderne qu’en distinguant de la vélocité (vitesse avec direction, donc avec un sens si physique que matériel) l’accélération, elle-même de nulle (livrant la vélocité à elle seule) à non nulle, soit positive (accélération proprement dite), soit négative (décélération). Le sens de la vie humaine ne peut se penser mentalement et ne se forger quelque concept que ce soit, y compris et d’abord d’elle-même jusqu’en tout et quoi que ce soit d’autre, qu’en s’ouvrant ou se fermant à son sous-jacent sens physique (dès la vélocité). Sa géopoliticoéconomie soit s’y repère et ajuste, soit tant s’impose idéologiquement et ne retient que ce qu’elle présume pouvoir plier, conformer et réifier de toute géophysique sous-jacente, de continentalement à territorialement habitée. Bref, la façon (culturelle) d’appréhender le réel conditionne la façon (elle aussi culturelle) de formuler ce qui s’en problématise par la manière d’en parler lors de toute et quelque parole que ce soit, surtout si faite géopolitique joute verbale, tant sans son extralinguistique n’existe aucune linguistique, que celle-ci s’y ouvre ou tout à l’inverse s’enferme en elle-même jusqu’à l’en dénier et refouler, mais non sans retour venant l’en hanter. Elle peut éventuellement se filtrer en sens inverse, qu’elle s’aperçoive et tienne compte ou non de cette inversion et a fortiori de la fantaisie la générant. Telle est la voie par laquelle surgit la guerre d’images et, de là, de récits les exposant (par des signifiants en véhiculant les signifiés, soit en s’apercevant en émerger et avoir en rendre compte, soit en présumant les déclencher et les en instrumentaliser). Surtout si elle l’impose jusqu’en toute guerre réelle, d’où a fortiori problématiser toute quête de paix et sécurité. Ceci boucle la boucle ramenant à l’acte de naissance de l’ONU et fait ressortir la vouloir ou non, ce qui, ici, se ramène à la proposition de vouloir ou non un Conseil Indépendant (CI) de son CPS pour en constituer le vecteur, à savoir une modalité opérationnelle majeure. Une réforme uniquement gestionnaire de l’ONU ne peut à elle seule la rendre mieux adaptative et apte à se repérer et s’ajuster géopoliticoénomiquement à sa géophysique sous-jacente. Non seulement l’ONU est née, mais elle est incessante naissance, voire renaissance, tant elle ne peut que coadvenir avec nature et nation y puisant tout autant, si elle survit et resurgit de ce qui l’annihile, dès son CPS.

    2) Raison onusienne s’éveillant de la fantaisie: des doubles actions sensées

    Ce Conseil Indépendant (CI) est à constituer par des représentants panplanétairement choisis à partir de problèmes concrets sur lesquels s’interroger en des termes autant géopolitiques d’emblée géophysiquement ajustés que de pervasives doubles actions, l’une spécifique face à un cas


    1 Suite à leur guerre à la Yom Kippour contre Israël (1973), les États arabes, via l’OPEP, ont privé de pétrole les États-Unis et les pays supportant Israël, ce qu’il fallait retourner. D’où le « deal » nixonien avant son exacerbation de Reagan à Trump en faisant un art.

    2 Maintes informations déclassifiées par les États-Unis sont cachées par le Royaume-Uni, voir www.youtube.com/results?search_query=iran+vs+israël+CIA+cache+depuis+1953. De fait, le Royaume-Uni essayait de rattraper la bascule technologique le déclassant face aux États-Unis, du charbon et la vapeur à l’électricité, au moteur à explosion (fonctionnant au pétrole) et à la chimie de synthèse, bien plus propices à la production, et de là, la consommation de masse. En plus d’être endetté envers les États-Unis depuis la 2e Guerre mondiale (jusqu’au début du XXIe siècle) et de voir la livre sterling être remplacée dans les échanges internationaux par le dollar depuis Bretton Woods, puis par le pétrodollar à compter de Nixon, avec embargo et enfin, guerre contre l’Iran pour l’imposer à la planète.

    3 Groupe Gaulliste Sceaux : https://groupegaullistesceaux.fr/la-guerre-menee-par-les-etats-unis-et-le-droit-international/.

    4 Les ficiniennes affections de la fantaisie, désirer ce dont jouir et craindre ce qui afflige et endolorit, s’en dichotomisent entre soi se réduisant à son seul ego s’accaparant tout désir de ce dont jouir à soi seul et autrui qui ne peut plus être rien d’autre que l’alter ego, à savoir l’autre en vis-à-vis d’un tel ego, et en qui vicarialiser toute crainte de ce qui afflige et endolorit, au point d’en faire d’autant un tabou chez soi, en tout un chacun au sein d’une société, que peut en émerger quelque éventuelle paranoïa, si faisant surtout craindre son retour avec autrui depuis ce qui en est refoulé et confiné d’autant en lui que du fond de soi, selon quelque cruauté y prenant tant plaisir que se l’intégrant à son égocentrique désir de ce dont jouir s’en exacerbant d’autant. Le sadisme peut s’ensuivre comme s’en est aperçu Dany-Robert Dufour, Sadique époque: Comment en sommes-nous arrivés là ?

    5 Gilbert Achcar, Le choc des barbaries. Terrorismes et désordre mondial, Bruxelles, Éditions Complexe, 2002, p. 107. L’auteur propose une dialectique civilisationnelle (Marcuse) d’où aborder l’entrechoc des barbaries s’y générant et l’en caractérisant, en particulier par ce qu’Élias appelle « la cruauté, le plaisir que procure l’anéantissement et la souffrance d’autrui… » depuis sa présumée propre supériorité physiquement manifeste. Or, la barbarie du faible, ledit terrorisme, resurgit et répond à cette cruelle barbarie du fort.

    6 Son prototype, intellectuellement cartésien et pragmatiquement étatsunisé, s’est constitué dès le début de la Modernité par une rhétorique du On censé valoir de façon anonyme pour tout un chacun et faire en être confiné à ce que Durkheim appelle l’anomie, à la source du suicide, voire de l’homicide qui, au fond, n’est que sa vicarialisation jamais idéologisante que fantaisistement si cruelle qu’empiriquement réifiante. Descartes n’est qu’un Rabelais inversé et leur point pivot est Montaigne, lequel aperçoit et cristallise le ressort rabelaisien selon lequel si penser est douter, a fortiori fantastiquer comme je le fais est douter, mais s’assaisonne de Charron dont la prud’homie permet à Descartes de faire de la générosité cette passion de l’âme d’où et par laquelle l’entendement peut encore un tant soit peu opérer avec la fantaisie (à laquelle avoir arraché le doute prégnant chez Montaigne pour le siphonner en et au profit de la seule pensée) et les sens (alors faits les ressorts du On mais d’autant identifié au Malin génie laïcisant d’autant le Diable-tout ce qui est jeté en travers et qui fait donc obstacle qu’exacerbant un doute si craint et donc redouté qu’à faire virer en vérité hyperbolique (comme l’appelle Trump et comme l’éclaire le mécanisme victimaire girardien)). L’âme est présumée d’emblée si pensante que présider à son esprit inspectant le fameux morceau de cire mis pour tout corps d’avant à après qu’un tel On l’approche du feu et, jusqu’en le vivant, dont l’humain, s’en trouvant instrumentalisé à la façon d’un cadavre. Y. Morin, Du débat entre Ficin et Pic à Rabelais. La Renaissance philosophique, d’italienne à française, Paris, L’Harmattan, 2026. Un autre signe du On est l’emploi de la lettre N comme en Monsieur N, anonyme. Aperçu dès ladite hérésie rabelaisienne de substituer un tel N à M et de donner âne pour âme, il est signifié tel, en les songes de Descartes de 1619, lui donner un melon représentant le monde (dont Montaigne, le lui inspirant, s’était retiré pour en cultiver). En ses lettres, Marie de l’Incarnation s’y réfère une dizaine de fois. Il n’est pas difficile de faire le lien avec notre époque et les mouvances Anonymus, dont Q-Anon. Trump y a tant surfé lors de son 1er mandat et il en dirige d’autant mieux le cours lors de son 2e. Le leurre est de présumer le seul ego sans son conjoint alter ego anonyme pervasif par lequel il est question de tout un chacun, mais sans savoir lequel, d’Il à On, voire à Ça d’où se forge et émerge un tel Ego et aussi SurEgo. Du Ça nietzchéo-freudien au « Es gibt » (Ça donne) heideggerien. Un Rabelais pascalien l’annonçait, de l’âme à l’âne, dès que de se faire ange à s’en faire bête ? Ainsi parlait Zarathoustra de Nietzsche culmine en l’adoration de l’âne, s’écriant I.A.

    7 Lors du 1er âge, par-delà les deux bombes lâchées par les États-Unis sur le Japon, « les cinq puissances formant en 1945 le conseil de sécurité de l’ONU, autrement dit les États-Unis, l’URSS, la Grande-Bretagne, la France et la Chine, ont été, par la suite, les cinq premières, dans cet ordre, à acquérir la bombe atomique. » Lors du 2e âge, leur droit de veto s’étaye « dans le désir commun de maintenir ce qu’on nommait depuis le milieu des années 1950 « l’équilibre de la terreur » dans ce club très fermé, supposé plus contrôlable, la résolution 2028 sur la non-prolifération nucléaire fut adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies, le 19 novembre 1965. » Traité de non-prolifération signé en 1968, en vigueur en 1970, la France et la Chine n’y adhérant qu’en 1992. Entre-temps, Israël s’en dote probablement et non officiellement en 1967, l’Inde en 1974. Le 3e âge fait plonger dans un monde multipolaire où le Pakistan s’en dote en 1992 et la Corée du Nord en 2006. Dans la suite de l’impérialisme russe et sa guerre en Ukraine (qui regrette sans doute d’y avoir renoncé), toutes les puissances nucléaires du CPS se trouvent plus ou moins directement concernées. La dissuasion réside en la seule destruction mutuelle assurée qui, en plus du nucléaire, intègre aussi des risques non conventionnels accrus, dont la destruction environnementale et les nouvelles technologies. Les grandes puissances se vouant à leurs tensions interimpérialistes (euphémisées en monde multipolaire) et s’affranchissant de toute règle commune possible, « les garde-fous des institutions internationales de l’immédiat après-guerre ont perdu de leur force et donc de leur crédibilité ». S’y ajoute la décrédibilisation institutionnelle du dollar étatsunien, si hégémonique soit-il encore, depuis que Trump impose que sa prochaine émission porte sa signature, donc l’en personnaliser, voire égocentrise. Toute critique du dollar sera dorénavant une critique de sa personne et bien sûr, va en surstimuler la rage et la cruauté. Jacques Provost rappelle que sur cette voie, divers anciens empires se sont effondrés. https://www.msn.com/fr-ca/actualites/other/chronique-trump-signe-les-billets-de-banque-et-l-amérique-signe-son-déclin/ar-AA1Zvhee. Double hégémonie du dollar et de l’arme nucléaire les révélant tous deux initialement étatsuniens et covarier. Deux faces d’un même monopole de la terreur pour tout s’asservir à sa fantaisie… cruelle.

    8 Dès l’Antiquité, il n’y a eu aucun passage direct du muthos au logos, mais médiation par préalable transfiguration du muthos (selon un imaginaire pansocial) en fantaisie (selon une imagination productrice individuelle). Maintes tribus sont entrées en conflagration en des Cités qui s’en sont étatisées au fur et à mesure que tout individu ne pouvait plus connaître tout un chacun selon un système relationnel commun et pansocial (selon une limite d’environ 2 000 selon La Pensée sauvage de Lévi-Strauss), mais s’y trouvait ramené à lui-même parmi tous les autres aussi dans cette situation, d’où le substrat d’une telle transfiguration imaginaire. De cet émiettement imaginaire chaotique a émergé la raison déterminant les lois de la Cité étatisante, ainsi qu’un conjoint Cosmos, à savoir une totalité correspondante du monde naturel tout aussi ordonné. Est-ce selon une idéation jusqu’en sa logique apte à s’assainir à même cet incessant sous-jacent processus imaginaire dont s’éveiller ou en se figeant idéologiquement au fur et à mesure qu’y sombrant au point d’y faire resurgir la tendance fusionnelle mythique dont s’accaparer à son seul propre profit, si à partir d’une fantaisie s’imposant tant aux autres que monopolisant jusqu’en eux toute production imaginaire et la pourfendant entre l’assimilable si semblable (être est être identique) et tout le reste à en refouler si différent (l’altérité s’en néantisant)?

    9 Au Canada, sur le modèle de la trudeauiste Constitution de droits et libertés si individuels qu’individualistes, leur teneur sociale est renvoyée en clause annexe et dérogatoire et en est tant tronquée et manipulée en tout humain que fait se leurrer et accroire qu’il n’existe plus tant des populations socioculturellement en cause jusqu’en leur biologie respective que des gens racisés, ce qui inverse tout, à la façon de la raciste Loi sur les Indiens qui ne reconnaît de dits Indiens que par la carte de membre attitrée et émise par le seul fédéral, comme si juridiquement, il n’y avait d’humain que toujours déjà individuel jusqu’à l’individualisme avec conjoint refoulement d’être d’emblée social en ethnoracial. Ce n’est guère mieux par le rapatriement unilatéral de la Constitution sans et contre le Québec. Il est étonnant qu’aucune des démarches constitutionnelles québécoises, jusqu’à présent, ne s’interroge sur ce sort fort commun et donc, cette exigence fort commune d’émancipation, surtout que leurs deux dossiers sont remontés jusqu’à l’ONU où ils pourraient s’articuler.


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    2) Raison onusienne s’éveillant de la fantaisie : des doubles actions sensées

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  • 1.1 Problématique genèse structurale inhérente à une géopolitique métamorphique sise sur une telle fantaisie protéiforme

    Machiavel a déjà établi que contrôler la peur des gens était maîtriser leur âme, mais il fallait préciser que ce l’était, en leur âme, de leur fantaisie (par laquelle susciter et littéralement leur faire imaginer cette crainte de ce qui peut affliger) depuis la seule sienne propre d’où l’en désirer comme ce dont jouir et s’en repaître au point d’infléchir jusqu’à toute capacité de pensée, d’abord de libre pensée et de sa libre expression, dès quelque joute verbale politique (d’exécutive à législative et enfin, juridique), a fortiori médiatique ou tout simplement civile, dont charcuter les circonscriptions pour en prédéterminer tout vote électoral à sa seule propre faveur et faire accroire que subsiste, même si uniquement de façade, quelque démocratie, alors que virant pourtant toujours plus en autocratie. On y aperçoit la façon dont un régime politique ne change qu’en s’intériorisant tel (fût-ce de force) en tout un chacun à même la réalité la plus géophysique (territorialement taillée sur mesure et à sa fantaisie en les circonscriptions électorales pour les faire s’y conformer).

    Il faut se rappeler les divers régimes politiques et leur transformation structurale l’un en l’autre. Platon en a déjà établi une diversité logique (aristocratie, timocratie, oligarchie, démocratie, tyrannie) dans sa République (Livres VII-VIII). Aristote a magnifié leur dichotomisante distinction selon celle entre arts libéraux (nobles) et arts serviles (Politique VIII, 2). Et Polybe a tenté d’établir leur anacyclose qu’est leur éventuel devenir sociohistorique faisant jouer et varier en tous cette dichotomie, si logiquement diverse soit-elle: monarchie (pouvoir d’un seul sur tous), tyrannie (pouvoir d’un seul, mais si absolu que sans respect des lois), aristocratie (pouvoir d’un petit nombre de chefs), ploutocratie (pouvoir oligarchique de la richesse), démocratie (pouvoir du peuple mais à l’époque, des seuls si nobles citoyens par distinction des esclaves), ochlocratie (pouvoir de la foule)… revenant à la monarchie, voire à la tyrannie, fût-ce via une aristocratie électoraliste à implanter pour d’autant s’en trouver soutenue que la doubler d’une ploutocratie l’étayant à son tour, jusqu’au point de suspendre toute démocratie trop susceptible de chercher à revenir et pour ce faire, en vue de la dissoudre le plus possible démagogiquement (d’où l’ochlocratie faite populisme) et pouvoir se maintenir et perdurer. Un régime politique ne s’instaure qu’en se prémunissant et en infléchissant tous les autres pouvant le concurrencer, mais ne pouvant tout un chacun d’eux s’établir qu’en le transformant selon le devenir en cause. Ce caractère métamorphique des régimes politiques, au ressort et au cœur de la géopolitique s’instaure à même la sous-jacente géophysique, non seulement environnante, mais d’abord et surtout du sein de tout un chacun appelé et incité à donner son image du corps (et a fortiori les affections de sa fantaisie la produisant et seule apte à être si protéiforme qu’à se prêter à une telle puissance géopolitique si métamorphique) pour son corps, comme si son corps, voire, disait Descartes, son corps-cadavre.

    Rendre compte de leur devenir exige une sociologie de la transfiguration, tant cette géopolitique, pour être métamorphique, passe par une imagination productrice fort protéiforme, ce qu’est la fantaisie s’y trouvant mise en jeu et s’articulant en se tendant si diversement en ses affections comme ressort. Le révèle l’arrière-fond pragmatique étatsunien de sous le plus apparent chaos trumpien ne faisant que rendre cette fantaisie plus cruelle comme voie par laquelle manifester l’émergence d’un tel régime d’autant plus tyrannique qu’ayant plus d’institutions démocratiques à broyer pour s’instaurer, mais non sans quelque éventuel piège de Thucydide suscitant quelque regroupement adverse pour y résister1. S’y constitue en l’humain ce que la cartésienne rhétorique du On cherchait à établir en la nature, tout aussi à dominer et pour ce faire, à réifier : le mythe français de l’ourse léchant son petit pour lui donner forme et s’en trouvant assisté du père pour l’en alimenter s’est fait corps-cadavre figuré par le fameux morceau de cire qu’On approche du feu pendant que je parle, alors qu’il me semble très certain qu’il est le même d’avant à après l’avoir été et ce, malgré ce qui s’en est transformé, le tout à l’aune d’une radicalisation de l’antérieure synecdoque « si je me trompe parfois, je peux me tromper toujours » en On me trompe toujours, ce que condense l’hyperbole dubitative faite Malin génie qui peut bien s’y adonner, mais dont surgit ma propre certitude que je suis ce que je suis en ma pensée au gré de mon âme par laquelle il peut en aller ainsi et dont m’en faire accroire que toute l’imagination productrice serait à la fois toujours déjà mise sous emprise de ma pensée et logée en ma glande pinéale pour où s’effectuerait mon union avec le corps. Une même soif de domination s’étend et se rapaille de Descartes (surtout si via Girard) à Trump, de la nature à dominer à l’humain à dominer pour encore mieux la dominer, non seulement tout autour de l’humain, mais d’abord en et depuis l’humain réduit à accomplir son travail marchandisé de façon automate sous la surveillance d’un gestionnaire toujours plus omnipotent, du libéralisme au libertarisme2.

    La valeur de tout un chacun se définit tellement par le salaire que depuis les années 1950, augmente sans cesse le salaire des dirigeants et son écart par rapport aux autres salaires, par trois tournants cumulatifs : salaire gestionnaire seul indexé au rendement de l’entreprise et considéré y être un investissement plutôt qu’une dépense, puis son association avec la valeur boursière et les conjointes coupures pour sabrer dans lesdites dépenses liées aux syndicats rassemblant les employés et enfin, par des entreprises-conseils du type McKinsey diffusant une même information à l’échelle mondiale et incitant ainsi à mettre en concurrence et constituer le marché où capter les meilleurs gestionnaires, en plus d’annoncer l’automatisation qui pourrait faire mettre à pied encore plus d’employés de toute façon présumés, voire effectivement déjà rendus automates et dont externaliser la fonction par le robot. Le tout à la façon dont tout un chacun via les plateformes numériques n’est conjoint avec le robot qu’en n’ayant plus finalement que le robot comme conjoint. D’où l’harmonisation selon un seul et même marché d’ensemble entre un tel travail dit productif et la consommation qui sont si totalement en miroir automates l’un de l’autre que le tout, d’abord quelque esprit que ce soit, s’y lamine au ras de la matière. Cela s’inscrit dans les écarts panplanétaires de richesse faisant que, selon Oxfam, non plus les 1.0% mais les 0.1% sont plus riches que la moitié la plus pauvre de l’humanité. Au XXIe siècle, la conception de l’humain rend abyssal l’écart de l’humain avec lui-même à même l’humanité entière. En devient tant problématique tout jaillissement humaniste que s’en exacerbe et s’arme la tension, de paradoxalement à cruellement articulée, entre les affections de la fantaisie: le « désir craintif », non plus s’aperçoit et s’assume jusqu’en sa tension paradoxale constitutive, mais se pourfend entre désirer jouir pour soi seul tout à son ego et projeter, vicarialiser et faire subir à autrui seul comme son alter ego toute crainte de ce qui afflige et endolorit. On s’en aperçoit: il s’agit de la même chose que le mécanisme victimaire cerné par Girard et si porté à tout bouc-émissariser, mais d’avant sa teneur cognitive et sa nomination explicite, car d’abord en son sous-jacent ressort imaginaire en ses affections, mais en s’y déniant tant s’en constituer que s’en dichotomisant. La fantaisie cruelle est le précurseur du cognitif mécanisme victimaire.

    S’instaure la fort problématique genèse structurale autant de la paix et de la sécurité que du développement humain (humanitaire, développement durable et droits humains), donc des missions de l’ONU. Il n’y a pas tant crise structurelle, surtout si confondue avec ce qui s’y administre et gère au point de faire accroire qu’une réforme seulement structurelle y remédierait, que seuil critique de la genèse structurale de l’ONU à risque d’être tarie, par-dessous, en son émergence, tant elle se révèle ne se constituer qu’à même l’état du monde. Considérer sa structure selon ce qui s’en génère (au plus près de son origine et donc son émergence) la ramène de la simple crise à la critique au ressort de la réforme alors proposée de l’ONU.

    En garder l’objet bien présent à l’esprit, fait que son approche s’aperçoit passer de l’humain à l’humaniste et de là, à l’anthropologue. L’humain n’est jamais individuel que d’emblée social. L’humaniste, surtout si ficino-rabelaisien révélant que les affections de la fantaisie se nouent paradoxalement, survient bien avant Montaigne, en tirant plutôt ce qui s’attise du désir de ce dont jouir à l’épreuve de son contraire faisant craindre ce qui afflige et endolorit, et Kant, en tirant le sublime et jusqu’au sentiment moral et n’apercevant plus rien du plaisir censé advenir lors du désir de ce dont jouir que depuis sa ressaisie à partir de la crainte de ce qui afflige et endolorit d’où l’en reconquérir non plus tant matériellement que spirituellement3. Au contraire, Trump exemplifie son devenir étatsunien cruel, antihumaniste, voire antihumain, donc jusqu’en le développement humain regroupant trois missions de l’ONU à même sa 4e de paix et de sécurité incessamment de toute part saccagée. Ladite anthropologie n’en est plus aucunement simple Anthropos tout à son Logos d’où en faire舆surnager quelque structure, car exige plutôt d’en faire et d’y insister en tant que genèse structurale et, même et jusqu’en toute structure, d’abord se générer et s’instaurer en tant qu’anthropie faite logos. Anthropie faisant tant s’arracher à soi que s’en mettre à dépérir en sous-main à la façon de tout l’univers matériel en son entropie. Logos faisant alors s’en tenir au seul discours, le plus souvent structural, mais isolément considéré et mis en lieu et place, sous façade et jusqu’à l’encontre de soi, à même sa propre humanité dès lors tronquée pour être ainsi pourfendue en deux. Pourfendue entre cette sous-jacente anthropie, par laquelle toujours plus se court-circuiter et n’être qu’inconscientement opérant, et logos, toujours plus téléologisant, voire télescopant, au profit de la seule surnageante structure si pure, mais tronquée de sa genèse depuis sa sous-jacente fantaisie cruelle s’en pourfendant déjà elle-même au ressort de cette dichotomisante fourche anthropique/logique en surnageant cognitivement. Tout originel, originaire et enfin original mythe toujours plus traditionnalisé4 sur un tel arrière-fond est, dès que s’y durcit et radicalise une telle structure si dissociée de sa genèse que toujours plus uniquement présomptivement imposée à son encontre, d’où en venir à ne plus qu’idéologiser, a fortiori si virant si totalitaire qu’arbitraire par sous-jacente fantaisie toujours plus cruelle qui, à la fois, l’en pulse, mais inconscientement, et lamine le réel et l’en réifie. Autrement dit, la tradition (sise sur l’autorité et faite religion, au sens de re-ligere, attention scrupuleuse en réponse et contraste de neg-ligere, bien avant que re-ligare, à savoir rassemblement, mais s’ensuivant, aucunement se présumant) est le trait d’union et l’interface entre le mythe et l’idéologie. Toutefois, le sens traditionnel de l’autorité s’est perdu et donc cette interface, en ne signifiant plus tant une augmentation de la fondation effectuée par le passé5, voire un dantesque acte d’auteur, tel que s’apercevant encore en sa source (fondatrice), étant considéré exemplaire et suscitant de l’en perpétuer en un même esprit, que tout au contraire, ce qui n’est plus que présomption d’un argument d’autorité dont se libérer ou, tout à l’inverse, à réactiver selon sa seule non moins très libre interprétation de l’origine en cause (comme les juristes étatsuniens ayant créé, de Reagan à Trump, la doctrine de l’exécutif si unitaire qu’infléchissant tous les autres pouvoirs: législatif, juridique et jusqu’à ce que peut être la société civile)6, quitte à doublement se pourfendre, dès sa fantaisie dès lors cruelle, si inconscientement opérante soit-elle, et ce, jusqu’à se rendre plus cognitivement purement anthropique/logique, de fait idéologique, mais d’autant avec propension à bouc-émissariser qu’à totaliser en un sens totalitaire, donc tout/rien. Il est vraiment étonnant de s’apercevoir que la tradition, non seulement s’est perdue, mais continue de se perdre et ce, aux mains de traditionalistes perdant totalement de vue son origine première qui est romaine pour ne s’en tenir qu’à des origines ultérieures dès lors si tronquées que fort interprétativement biaisées. Comment s’intégrer aussi les Autochtones, dont les Inuit, pour lesquels l’autorité n’est que la primauté (en l’occurrence des Anciens par lesquels leur parvient ce qui peut s’appeler tradition, telle que cernée par les Romains), sans confusion avec quelque légalisme, comme en ladite primauté du droit en une Constitution canadienne qui, depuis Trudeau père, l’en biaise en un sens individualiste et tronque tellement tout humain d’être aussi demblée social que renvoie tout son sens social en clause annexe et dérogatoire, bref à rebours de ce que sont les Premières Nations et Inuit, sans parler du Québec où prévaut un droit civiliste irréductible à la common law l’en colonisant ?

    Il faut donc une méthode visant à démocratiser la prise de décision, réduire les biais idéologiques et rendre la géopolitique d’autant apte à s’humaniser qu’à se repérer et s’ajuster à sa sous-jacente géophysique, là où elle tend autrement à tant s’en dé-/re-connecter que s’y imposer unilatéralement en se la pliant et conformant en même temps que l’en réifiant. De fait, plus qu’une méthode, il faut tenir compte des manières d’être et d’agir qui sont fort culturelles et dont quelque méthode que ce soit émerge, se dégage et se constitue telle. Ceci exige des doubles actions faisant ne considérer tout cas particulier en sa singularité spécifique qu’avec et parmi d’autres cas et du tout, en dégager des caractéristiques communes universalisables. Il ne s’agit pas de doubles actions présomptivement simultanément universelles et spécifiques faisant accroire qu’un cas spécifique s’aborde selon un principe universel comme si en disposant toujours déjà, car tout au contraire se générant et se conquérant à même son propre rapport (apte à se repérer et s’ajuster ?) avec et à la réalité et s’en dégageant alors et seulement alors tel. Par exemple, tout habitant de tout pays des Amériques est Américain sans être pour autant Étatsunien, du moins s’il se conquiert sur l’Étatsunien se donnant pour l’Américain s’imposant mondialement se dénommer tel et inversant complètement le rapport entre et du spécifique à l’universel, car s’y généralisant tant abusivement depuis une fantaisie si nouée en ses affections circonstanciellement opérantes qu’enrayant et faisant s’orienter présomptivement toute pensée, à savoir depuis ce sous-jacent spécifique jusqu’en l’universel qu’elle est pourtant censée énoncer, mais qu’elle ne fait plus que biaiser idéologiquement, non sans risque d’une sous-jacente fantaisie elle-même toujours plus cruelle. A fortiori si s’en prétendant démocratique, alors que faisant tout le contraire, jusqu’en Iran à l’époque de Mossadegh. Cette autocontradiction idéologiquement opérante est à l’image de la sous-jacente tension paradoxale de la fantaisie en ses affections s’en exacerbant, projetant et vicarialisant en tiers à en bouc émissariser. Bref, seule une double action rendue sensée et pour ce faire, apte à redresser la situation au point de tant se repérer et s’ajuster à la réalité que d’abord la restituer révèle que le spécifique n’est universalisable que s’il se conquiert sur l’universel autrement monopolisé depuis tel cas spécifique s’y imposing idéologiquement. En ce sens, à savoir selon une telle double action rendue sensée, toute information dite « top-bottom », si elle ne fait pas que s’imposer telle, ne vaut que de ce qui, en se contextualisant, se problématise au gré de ce qui est pris comme objet (dont bien distinguer ce qui en est construit et représenté de ce qui en est réel, d’abord à en restituer, si pour l’y articuler en l’y faisant s’y repérer et s’y ajuster). L’objet n’en est jamais structure que depuis sa genèse plutôt que si présomptive qu’à risque de s’enferrer idéologiquement « top-down ». Une telle problématisation de l’objet par sa mise en contexte révèle seule son sens, à savoir celui de sa genèse (à rebours de toute présomption) structurale, et seule exige le détour méthodique pour l’en approcher tel, et ce, en se validant « bottom-up ». Ceci ne se peut qu’en reconquérant et restituant le « bottom-up » de sous le « top-down » tendant autrement à s’imposer unilatéralement et l’en réifier. Qu’est quelque information mentalement constituée sans sous-jacente mise en forme concrète d’où l’en valider pouvoir en être tirée, car s’y repérer et ajuster pour autant que cherchant d’abord à la restituer? Jusqu’à tout mot véhiculant quelque concept ne s’articule avec d’autres en quelque définition les intégrant selon des caractéristiques censées être suffisamment exhaustives et correspondre plus véritablement à quelque objet réel (alors et seulement alors compris, donc sensé) que si s’en rendant opérationnelle par des marqueurs (ou indicateurs) constitutifs de la réalité en question (car en tout concept, dont la compréhension donne le sens, s’exige l’extension correspondante). Sans cela, rien ne peut s’en valider et tout risque de n’en être plus que fantaisie circonstanciellement opérante, si portée à se viraliser et propager soit-elle.

    En l’occurrence, « démocratiser la prise de décision » ne peut aucunement se limiter à créer une structure, y compris créer un CI distinct du CPS, car il lui faut surtout la rendre opérationnelle et fonctionnelle, ce qui ne peut se faire sans « réduire le biais des idéologies » qui, à son tour, n’est possible qu’en s’assurant, en l’humain et jusqu’en son inscription géopolitique en la géophysique, de la fantaisie (ou imagination productrice) considérée en ses propres affections (désirer ce dont jouir et craindre ce qui afflige et endolorit, mais selon quelle tension articulatoire entre les deux : paradoxale, attisante, sublime et même morale, tout au contraire cruelle ?). Par ses affections, la fantaisie sous-tend et conditionne toute émergence de la raison et de quelque idéation jusqu’en sa logique et surtout, demeure d’autant à risque de l’en faire déraper en idéologie que d’abord l’enrayer à la source (lors de son émergence, donc en son origine, a fortiori en toutes ses expressions mythiques, car tous les mythes portent sur l’origine comme l’a signalé Mircea Eliade, mais en tout humain, en y glissant de sociaux à individuels et si viralisés au point de se collectiviser tels soient-ils, dès que fantaisistes). Bref, « qui idéologise qui » n’advient comme seule question retenue qu’en restant ignare de tout ce processus sous-jacent d’une fantaisie dont les affections conditionnent jusqu’à la raison fort diversement, selon que celle-ci s’aperçoit en émerger ou tout au contraire, tant se présume que ne l’en laisse plus opérer de sous elle-même qu’inconscientement, surtout si ne pouvant plus et a fortiori si ne cherchant même pas à s’assainir en son propre processus idéatoire jusqu’en sa logique. Sans un tel advenir ouvrant les voies de l’avenir (jusqu’en tout échange interlocutoire et a fortiori interscriptural, dont les fameuses géopolitiques joutes verbales et législatives, entre et à l’interface articulatoire les liant et faisant passer d’exécutives à juridiques face au sous-jacent devenir de la société civile), il ne peut y avoir aucune quête d’assainissement de sa propre (émergente plutôt que toujours déjà présomptive ?) raison (dite déterminer les Lois, selon Platon) et donc de tout son processus idéatoire jusqu’en sa logique.

    Il s’agit de l’examiner, d’abord en la crise de 1929, dans l’entre-deux des guerres mondiales du XXe siècle, alors que l’individualisme libéral capitaliste s’est effondré sur lui-même et qu’en a surgi trois voies, à savoir en étant lui-même ressaisi depuis l’État (dont la crise de 2008 sera une réédition à moindre échelle), le corporatisme social (promu par le catholicisme traditionnel s’inspirant du Moyen-Âge) et le socialisme. Seule la tension binaire faite celle de jumeaux (à la façon de la fantaisie en ses affections faisant tout s’imager en miroir l’un de l’autre) en est finalement retenue entre capitalisme et socialisme dit communiste au gré de la polarisation entre respectifs États-Unis et URSS. Cette problématique genèse structurale d’une géopolitique fort protéiforme s’est révélée telle, par-delà la disparition de l’URSS dont la Russie a réémergé en se conjuguant avec la Chine et l’Iran, de sous et avec le coémergent chaos trumpien désarticulant tout ledit Occident. Nous pourrons ensuite examiner plus spécifiquement en quoi ce chaos trumpien, surtout à l’interface d’Israël et l’Iran depuis 1953, exemplifie la prévention politique sombrant en la politique préventive, mais faite présomptive raison s’enrayant en toute idéation jusqu’en sa logique depuis une fantaisie cruelle ne fonctionnant qu’à la terreur, tant se faire accroire tout prévoir et prévenir fait finalement ne plus rien voir et venir du réel, si ce n’est par fantaisie, du fantasme du réel mis pour le réel au fantôme issu de ce qui resurgit du même réel et vient l’en hanter. Le problème n’est pas qu’une politique soit préventive, mais qu’elle ne soit plus que préventive, si hallucinante que tout en mirage, à force de tant s’en prémunir d’avance qu’en présumer au point de créer tout autre chose que ce qui peut réellement exister et à identifier tel.

    Dès la crise de 1929, le capitalisme semblait en faillite et n’a pu être sauvé que par les théories keynésiennes faisant intervenir l’État et par l’industrie de guerre, mais non sans avoir à se mesurer, non seulement à ses propres limits, mais aussi autant au socialisme qu’au corporatisme. Ce dernier resurgit du Moyen-Âge, s’inscrit dans la doctrine sociale de l’Église catholique, exige une réforme autant sociale de sous son économie que de l’esprit en regard de la matière (au lieu de s’y faire réifier) et s’expérimente par divers régimes politico-économiques démocratiques/autoritaires, selon une tout autre géopolitique métamorphique à la sous-jacente fantaisie protéiforme que sa résultante trumpienne7. S’y révèle que la teneur géopolitique n’a pas à se réduire à ce qu’en laisse transparaître le chaos trumpien semblant pour le moment prévaloir.

    Par exemple, Victor Barbeau considérait en 1938 que le corporatisme social (d’inspiration catholique traditionaliste l’en faisant resurgir du Moyen-Âge et l’adaptant) permettait de s’attaquer au désordre social sous-jacent au devenir économique alors en cause, car dit offrir « une solution supérieure à l’État-Machine des libéraux et à l’État-Dieu des socialistes ». Notez Dieu anéanti en l’État-Machine libéral et sa résurgence du peuple (s’y trouvant déjà réduit à l’état automate) en État-Dieu socialiste, alors dit communiste et fort athée (car l’État doit tenir lieu de ce qui risquerait tant d’être autrement Dieu que l’en médiatiser via quelque Église s’instaurant à même quelque société organique (famille, corporation, etc.)). Au ressort du tout, la massification populationnelle urbanisante faisant que tout un chacun en est rendu anonyme dès la société, de sorte que le sens commun y est laminé en un On général (déjà fort malignement génial depuis Descartes avant de devenir la volonté générale rousseauiste censée s’imposer avec, par et via l’espace public comme contrat social), tandis que l’économie libérale n’en émerge (à la façon d’une main invisible) qu’en marchandisant l’humain depuis ce qui peut en devenir automate sous contrôle gestionnaire l’instrumentalisant d’autant en son travail que sa géopolitique en est alors fort connivente. Tout un chacun se pourfend entre gestionnaire et automate, mais il s’agit de s’en garder le beau rôle (le gestionnaire) et de n’en constituer l’autre du sein de soi qu’en l’y refoulant comme d’où ne le faire opérer inconscientement que l’en projeter et vicarialiser tel en autrui (l’automate). Comme Trump, être une « very instinctive person » exige que nul autrui ne puisse être autre qu’automate, car l’instinct (gestionnaire) est censé si bien cibler la réalité que celle-ci s’y conformer automatiquement. Recette présumée infaillible Art of the Deal.

    Pourquoi automate (mot forgé en français par Rabelais en son Tiers livre)? Pour que le réflexe, en se trouvant conditionné et fait automatisme, s’avale partout quelque autoréflexivité que ce soit, surtout que, depuis Ficin, révélée se constituer du sein de Dieu et se communiquer au ressort de la forge de l’esprit en son sens de soi en l’âme jusqu’en son inscription en la matière. Du moins, hormis ce qui s’y lamine et y vire en inconscient l’en pulsant depuis le Ça nietzschéo-freudien non plus tant en sens de soi que de ses seuls Ego et SurEgo. Ce dernier radicalise leur commun tréfonds individualiste (du libéralisme au libertarisme) et constitue d’où alimenter le raidissement de toute idéation et de sa logique en idéologie d’où soi-disant légitimer, en toute géopolitique si métamorphique, ce qui s’y fait hégémonie, voire domination, par instrumentalisation fort gestionnaire de tout ce qui est censé lui être automate pour lui correspondre. Bref, la réduction de tout un chacun en son sens même de soi, dès l’autoréflexivité le générant, à ses réflexes sous-jacents d’où n’en être plus qu’automate toujours plus uniquement inconscientement pulsé au gré de Ça au ressort de l’Ego et du SurEgo, telle est ce qui sous-tend l’émergence toujours plus proliférante des idéologies. Certes, l’individu s’accentue depuis les Cités (Polis) antiques, mais est récente toute cette réduction du sens de soi aux pulsions de Ça en Ego et SurEgo s’en viralisant, a fortiori sa transposition neuropharmacologique sous-jacente au déploiement fantaisiste narcissique trumpien, sinon gérée par son ministre de la santé plutôt formé pour assister non plus tant psychiquement (à la façon de la freudienne psychanalyse du fantasme en cause) que physiquement (par implants, etc.) les dysfonctions érectiles. Les évangéliques pro-trumpiens à 80% semblent fort préoccupés par cette dilatation érectile qui se poursuit en celle de l’ego si narcissique trouvé en la fantaisie trumpienne incarnant Fantasyland, voire y conforte tant la suregoïque idéologie si individualiste que non plus tant libérale que libertarienne et assoiffée de s’imposer mondialement telle. Bref, le réflexe se conditionne au point d’en être fait automatisme, en faisant s’associer un stimulus avec un autre devenant apte à déclencher la même réponse (Pavlov) ou en faisant qu’un geste découvert produire tel effet désirable en soit répéter en un environnement créé tel à cette fin (par conditionnement opérant issu de Skinner). Un tel réflexe automatisé s’avale le sens de soi de tout individu pour le rendre automate (et, de là, si aisément externalisable en robot) au point que s’impose la géopolitique idéologisante de qui s’avale qui et l’en gère, en particulier en contrôlant des plateformes numériques algorithmiquement rythmées conditionnant en faisant autant viralement s’associer tel stimulus avec tel autre en vue d’une même réponse que s’opérer à répétition tout acte digital consommateur. Sans réification en automate (doublé du robot), cette idéologisation géopolitique, à la merci de sa sous-jacente fantaisie emportée par ses affections, ne pourrait trouver en le réel, si tronqué et réifié soit-il, cela seul qui peut lui correspondre.

    La société anonyme est-elle la quintessence du capitalisme, comme l’avance Victor Barbeau? La société anonyme émerge plutôt d’abord de la sous-jacente urbanisation massifiant les populations et les lui rendant ainsi anonymement disponibles, dès le libéralisme tout à son laissez-faire, mais a fortiori lors du libertarisme s’en présumant et prétendant d’emblée gestionnaire, comme si rendant présente en toute transaction ladite main invisible s’en mettant à s’opérer et surtout à en être tant monopolisée par lui seul que seul l’automate peut lui correspondre. Le fait que la société anonyme s’avale tout un chacun en la masse formée et ne possède que des organes digestifs (selon qui s’avale qui, à savoir du gestionnaire à l’automate) surgit depuis au moins le Gargantua de Rabelais. S’y met au jour ses racines Gar/got qui s’énoncent extérieur/intérieur, mais de façon soit silénique (grugeant l’os de l’extérieur vers l’intérieur pour qu’en surgisse de l’intérieur vers l’extérieur la substantifique moelle), soit lubinique (dichotomisant extérieur et intérieur comme qui s’avale qui, du sein de soi laminé en Ça au ressort de ses Ego et SurEgo jusqu’en a fortiori autrui, au fur et à mesure que ne se privant de conscience qu’en l’en privant à son tour au profit de l’inconscient d’où ne plus l’en mobiliser et gérer que comme automate s’ébranlant en sa fantaisie qui s’en met à fantasmer et fantomiser tous azimuts8). Or, « La corporation, dit Wilfrid Lebon, est un organisme, et non pas un mécanisme. Son impulsion doit venir de l’intérieur plutôt que du dehors »9 et ce, ajoutons, de façon consciente et donc silénique plutôt qu’inconsciente et lubinique. Pour ce faire,

    « Le « corporatisme social », prôné par l’Église, ne doit pas être confondu avec le « corporatisme politique » des pays fascistes. Ce dernier n’est qu’un moyen supplémentaire pour l’État de s’ingérer dans tous les domaines de la société, y compris la famille, et de restreindre les libertés des personnes. Mais le corporatisme social reste d’essence démocratique. Les dirigeants de la corporation devront être élus par les membres, et non pas désignés par l’État. Ce que le corporatisme enlève à l’individu, écrit Hermas Bastien, il le restitue à la personne. Le libéralisme économique ne procure à l’ouvrier que la « liberté de crever de faim », alors que le corporatisme protège la liberté du travail en organisant l’économie. »10

    Je souligne, car à garder à l’esprit, des États-Unis au Canada, en considérant la trudeauiste libérale et individualiste Charte des droits et libertés tronquant l’humain du social (envoyé en clause dérogatoire) et ayant parasité la québécoise Charte des droits et libertés de la personne pour se constituer en se constitutionnalisant telle. Ce libéralisme, d’économique en politique, peut s’exacerber sous Carney face au libertarisme trumpien. Il ne s’agit plus tant de corporatisme advenant dans l’entre-deux du libéralisme et du socialisme assimilé au communisme, que de l’humain qui, plutôt que d’être pourfendu entre les deux en une incessante divergence systémique, n’est jamais individuel que d’emblée aussi social, par sa trajectoire de vie à travers des institutions qui sont toutes des synchronies intersexuantes et intergénérationnelles se diachronisant telles (dès la famille, puis aussi l’école, face au travail autonomisant plutôt qu’aliénant et donc à l’économie à organiser pour qu’il soit tel, surtout que se conjuguant avec le sexe au ressort de nouvelles familles rendues viables si pour être scolairement poursuivies, et face à la politique, du moins si soucieuse de sa sociodémographie et de la nation en cause sous-tendant l’État). Comment s’en sortir si le fédéral hypercentralise à l’encontre de la Constitution de 1867 :

    « D’après L’Action nationale, le corporatisme social était donc compatible avec la liberté syndicale, la démocratie parlementaire et même, soutenait Maximilien Caron, avec le régime fédéral canadien, car il reposait juridiquement sur l’article 92.13 de l’Acte de l’Amérique du Nord britannique (1867), qui rattache la propriété et les droits civils aux compétences provinciales »11 ?

    Si ce n’est par le corporatisme social, au moins par cet article 92.13 et l’humain en cause (individu d’emblée social) surgit la problématique géopolitique constitutionnelle canadienne et québécoise à interroger. Si le Canada anglais hors Québec est attaché au libéralisme, le Québec ne pourrait faire d’une réforme corporative sociale, voire plus largement communautaire, le levain de sa conscience sociale faite nationale qu’en tenant compte avec Arès que la réforme intérieure de tout un chacun est son préalable nécessaire12. Sinon, comme ici proposé, réforme du devenir socioinstitutionnel s’intégrant d’autant mieux les trajectoires de vie plus individuelle que selon la réforme intérieure, surtout si spirituelle13, de tout humain qui n’est jamais individuel que d’emblée social. Social à extirper de la clause annexe et dérogatoire trudeauiste et à retracer à même tout un chacun, par cette part de tout sens de soi qui ne se constitue qu’en s’acquérant avec autrui. La biasymétrie rappelle de sous l’individu si individualiste qu’annexant le social ce qui du même individu lui est au contraire d’emblée social. Elle s’instaure fonctionnellement et se vivifie siléniquement en sa géopolitique métamorphique d’emblée confrontée à sa sous-jacente fantaisie protéiforme qui l’impulse, à tout le moins la pulse. Sinon, ne reste, hors la mixte CAQ, que la persistante dichotomie lubinique entre fédéralisme fait assimilationniste et Québec indépendantiste, car, faute de pouvoir parvenir à s’y émanciper, il tend à s’en émanciper.

    Le tout remonte à la fusion de l’individualisme issu de la Réforme et du libéralisme issu de la Révolution française, au gré du sous-jacent utilitarisme (ce qui m’est utile à titre individuel est bien et est censé être libérale source de richesse collective par PIB croissant). Ladite main invisible régulant le marché, selon Adam Smith, se conjugue alors avec ladite volonté générale rousseauiste fondant son contrat social en politique. L’humain y éclate entre l’individuel uniquement individualiste et le social uniquement libéral, mais fusionne abstraitement de celui-ci à celui-là en se faisant d’autant pure que virale collectivisation d’individus se grégarisant au gré de leur commune interface utilitariste (du gestionnaire à l’automate) en venant à se départager entre les deux au gré de leur connivence.

    L’opportunité manquée de l’humain susceptible d’être considéré tel, à savoir jamais individuel que d’emblée social, se retrace par l’humaniste fil ficino-rabelaisien avant Descartes et a fortiori ledit devenir moderne. Ceci exige une culture renaissante plutôt que sautant du Moyen-Âge, voire de l’Antiquité gréco-latine prolongée en christianisme médiéval, au Classicisme (XVIIe siècle), aux Lumières (XVIIIe siècle) et à la Modernité qui s’en dépasse et s’élargit en se postmodernisant (depuis le XIXe siècle), mais qui peine d’autant à s’y articuler que sans s’apercevoir de cette sous-jacente résurgence renaissante se réintégrant cette Antiquité de sous et avec ce Moyen-Âge. De ces prémices renaissantes de la modernité peut surgir une processuelle renaissance mondiale au XXIe siècle, dont les affres s’éclairent entre-temps par et depuis ce qui est advenu au XXe siècle, surtout de la crise de 1929 advenue en l’entre-deux des guerres mondiales à la ressaisie capitaliste survivant à son propre effondrement et rebondissant et se transférant hégémoniquement de britannique en étatsunienne, mais en semant d’emblée les germes des nouveaux problèmes dorénavant à affronter. En particulier du fait d’avoir supplanté en maints pays, mais en particulier en Iran, l’essor démocratique de Mossadegh en 1953 et, faute de prévention politique, de se mettre à pratiquer une politique préventive fort agressive tous azimuts contre toute résurgence de son refoulé par dit droit de se défendre, a fortiori sous l’incitation d’Israël au XXIe siècle.


    1 Le piège de Thucydide entre Athènes et Sparte n’a consisté en ladite tension entre une puissance déclinante en regard d’une puissance émergente que par le devenir tyrannique de la première ayant mené à faire appel à la seconde s’en étant alors d’autant mise à gagner en importance. Après Hérodote, Thucydide approfondit l’historicité en ses ressorts. L’erreur la plus courante, surtout dans les démocraties, est de ne retenir d’Athènes qu’elle a été le prototype antique de l’initiale idée de démocratie, tout en oubliant et même occultant que là aussi, comme partout ailleurs en Grèce, seuls les citoyens dûment attitrés en faisaient partie et que tous les autres étaient des métèques, sinon des esclaves. Or, Athènes, si démocratique ait-elle été, est devenue une tyrannie et Sparte, qui ne l’a jamais été (démocratique), est devenu le refuge pour y faire face et en s’y rattachant, créer une nouvelle force montante susceptible de la vaincre. Ledit piège de Thucydide s’éclaire.

    2 L’antique dialectique du maître à l’esclave, jusqu’en démocratie faut-il le rappeler, s’est euphémisée en cartésien rapport instrumental (dominant) au corps-cadavre, à son tour poursuivi en libéral, puis libertarien rapport gestionnaire à l’automate, à la façon dont le Gaster rabelaisien met tout à feu et à sang (sang comme biblique véhicule de l’âme) et se fait obéir au doigt et à l’œil. Seul Rabelais fait apparaître sa fonction digestive et de là, sa propension à faire pression sur le monde comme d’où s’alimenter, non seulement de chair, mais aussi de sang (véhicule de l’âme), ce qui, de tout humain au Christ autour duquel se rassembler (et par qui, chez Girard, le mécanisme victimaire peut s’exemplifier et se révéler), se symbolise par le pain et le vin. Seul Rabelais se rappelle que là où un vivant organique est attendu et où n’apparaît pourtant qu’une mécanique automate (comme lorsque glissant sur une peau de banane), peut surgir le rire, sinon peut s’en trouver impulsé l’intellect pantagruélique en son examen de cette situation si fantaisistement digestive faisant se dégrader d’un coup le vivant organique en mécanique automate. L’humain, rieur, peut rester vivant jusqu’à s’apercevoir en son contraste si dissimilaire plutôt que s’en faire laminer d’emblée en l’automate au point de s’y faire identifier.

    3 Y. Morin, Rabelais selon Montaigne. Vers la raison pure cartésienne et sa critique, de Kant au XXIe siècle, Paris, L’Harmattan (à paraître). Ici, soulignons surtout que, dans sa Critique de la faculté de juger, Kant traite depuis le sublime jusqu’à l’admiration que Descartes isole comme seule passion de son âme d’emblée pensante tout entière à son seul entendement sans mélange avec le corps, contrairement à ses autres passions, dont sa générosité liant un tel entendement avec l’imagination et les sens pour l’être avec le corps. Dès sa Critique de la raison pratique, Kant a aperçu dans la douleur ce qui suscite le respect jusqu’en tout un chacun autant d’autrui que du même coup, par le sentiment moral, de la loi morale, dès lors distincte de toute loi naturelle dont être informée. Donc distincte de la douleur dont l’âme se présumant d’emblée pensante cartésienne fait ce qui lui est le plus intime, comme sensation rattachable, via les sens (en son corps-cadavre) en conjointe combinaison avec l’imagination (dont son membre-fantôme), à l’entendement, mais égocentrique. Chez Kant, la douleur est apte à s’élargir de façon allocentrique et à instaurer une universalité plus qu’abstraitement et égocentriquement générale chez tout un chacun, car commune, éveillée aux mœurs et de là, incitation, non à la seule admiration, mais aussi autant au respect poursuivi en sentiment moral qu’à l’accord entre nos facultés en jugeant.

    4 Voir Hannah Arendt, La crise de la culture, Paris, Gallimard, 1972. « Avant les Romains, rien de tel que la tradition n’était connu » (p. 38). « La découverte de l’antiquité à la Renaissance fut une première tentative pour rompre les liens de la tradition et, en allant aux sources elles-mêmes, pour consacrer un passé sur lequel la tradition n’aurait aucune prise. » (p. 39). « (…) l’origine politique et les expériences politiques sous-jacentes aux théories étaient oubliées, oublié le conflit originel entre la politique et la philosophie, entre le citoyen et la philosophe, non moins que l’expérience de la fondation où la trinité romaine de la religion, de l’autorité et de la tradition avait sa source légitime. La vigueur de cette trinité résidait dans la force liante d’un commencement autoritaire auquel les liens « religieux » rattachaient les hommes au moyen de la tradition. » (p. 164). « Car si j’ai raison de soupçonner que la crise du monde d’aujourd’hui est essentiellement politique, et que le fameux « déclin de l’Occident » consiste essentiellement dans le déclin de la trinité romaine de la religion, de la tradition et de l’autorité, et dans la dégradation concomitante des fondations spécifiquement romaines du domaine politique, alors les révolutions de l’époque moderne apparaissent comme des tentatives gigantesques pour réparer ces fondations, pour renouer le fil rompu de la tradition, et pour rétablir, en fondant de nouveaux corps politiques, ce qui pendant tant de siècles a donné aux affaires des hommes dignité et grandeur. » (p. 183).

    5 Arendt, ibidem. « Le mot auctoritas dérive du verbe augere, « augmenter », et ce que l’autorité ou ceux qui commandent augmentent constamment: c’est la fondation. Les hommes dotés d’autorité étaient les anciens, le Sénat ou les patres, qui l’avaient obtenu par héritage et par transmission de ceux qui avaient posé les fondations pour toutes les choses à venir, les ancêtres, que les Romains appelaient pour cette raison les maiores. » (…) « L’autorité, au contraire du pouvoir (potestas), avait ses racines dans le passé, mais ce passé n’était pas moins présent dans la vie réelle de la cité que le pouvoir et la force des vivants. » (pp. 160-161).

    6 Ces juristes traditionalistes étatsuniens se limitent à la seule origine étatsunienne et donc, manque de culture, faute de remonter jusqu’à l’origine plutôt romaine de l’idée même de tradition qu’ils prétendent mettre en jeu. Le même problème se répercute un peu partout. Par exemple, le pape Léon XIV excommunie les deux consécrateurs et les quatre évêques traditionalistes catholiques consacrés de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X pour le refus de reconnaître la primauté de Rome sous prétexte de revenir aux rites d’avant le Concile Vatican II, certes, mais ils coupent aussi court aux patres romains s’étant poursuivis en Pères de l’Église au ressort de la tradition à partir de laquelle le catholicisme s’est forgé. Bien sûr, ces Pères étaient latins, mais cela veut-il dire pour autant que la messe ne soit dite qu’en latin, sans s’apercevoir que ce n’était autrefois le cas uniquement parce que le latin était la langue commune, tout en occultant qu’il y a dorénavant maintes langues communes, inspirées mais autres que le latin, surtout si le catholicisme, signifiant universel, est pour vraiment se constituer, selon l’ouverture créée par le Concile Vatican II? On aperçoit comment se génèrent les antagonismes schismatiques issus de traditionalistes tronquant cela même qu’est la tradition… depuis les Romains, donc les Latins. Le sens de la tradition s’y perd en se coupant de son origine première païenne et romaine pour ne s’en réclamer qu’une fois devenue catholique selon ses propres traditions.

    7 Le siècle de Mgr Bourget (1840-1960), toute la section sur le corporatisme social, pp.332 et suivantes.

    8 Par exemple, en ne lui offrant tel ou tel produit qu’en étant censé suscité en lui la compulsion autant de se subordonner à sa production que de l’acheter. Il s’agit de s’assurer que le marché puisse se fluidifier, au gré d’une croissante capacité productive dont émerger et, par-delà la plus-value prélevée entre-temps, selon ce qui peut subsister du pouvoir d’achat, si pas trop plombé par l’inflation (grugeant une toujours plus grande part du revenu salarié en regard d’une quantité relative de biens dits disponibles, mais moins accessibles par leur prix plus élevé). Le tout survient en haute phobie de l’inverse qu’est la stagflation à tendance anticapitaliste par effondrement tout aussi mécanique du capitalisme sur lui-même, par moindre capacité productive doublée d’inflation.

    9 Dupuis, ibidem.

    10 Dupuis, ibidem.

    11 Dupuis, ibidem.

    12 Le communautaire insère l’individu en la société, mais par les corps intermédiaires de la famille et de la corporation de métiers pouvant impliquer l’Église et en médiatiser l’État, par une sorte de relent des médiévaux Ordres sociaux (clergé, noblesse, Tiers État) de sous les classes sociales, ayant émergé du Tiers État avec la bourgeoisie commerçante en regard du reste du peuple regroupant paysans, artisans, etc. Ces classes sociales ne s’imposent et se généralisent politiquement à l’échelle de toute société dite occidentale qu’au XVIIIe siècle, alors que s’imposent les Lumières et que la religion naturelle se met à prévaloir avec la raison humaine là où la religion révélée s’imposait avec le clergé, alors que l’État déborde la simple noblesse féodale. Par la bourgeoisie commerçante, la propriété mobilière s’impose jusqu’à la propriété immobilière et la fait basculer de communale en privée, en particulier par les enclosures si pervasives en Angleterre et au ressort du refoulement de populations allant peupler ce qui devient les États-Unis, avant d’en faire tout autant par la Conquête du Canada laurentien, cœur de la Nouvelle-France, au gré de ce qui devient le Canada de l’AANB. Par catholicisme traditionaliste, faire resurgir les corporations de métiers s’inspire et renouvelle son idée médiévale, mais implique les Ordres sociaux communautairement constitués de sous les classes sociales axées sur la présomption individualiste censée valoir chez tout un chacun et laminer toute différence autant intra-individuelle qu’interindividuelle quant à l’état de son devenir individuel.

    13 Toute réforme intérieure peut être strictement intérieure et s’en dire spirituelle, voire s’en débattre à la frontière entre la philosophie et la théologie en ayant émergé et ce, du grec et du latin au chrétien dès Augustin, mais peut aussi ne l’être que s’apercevoir ne se constituer telle qu’en étant aux prises avec l’extérieur engageant d’y agir, ce qui seul peut être politique. La dichotomie entre philosophie et politique se ramène à ceci: « La dichotomie entre la vision de la vérité dans la solitude et le retrait, et le fait d’être pris dans les rapports et la relativité des affaires humaines a fait autorité pour la tradition de la pensée politique. » (Arendt, ibidem, p. 152). Or, la philosophie comporte à son tour une métaphysique dont se dégage la théologie et qui, depuis Descartes ayant été le tout premier à se distancier d’Augustin au point de se démarquer de sa théologie pour en autonomiser la philosophie jusqu’à la plus métaphysique, s’y reconquiert et s’en démarque à son tour en sens inverse. La philosophie de type métaphysique censée commencer avec l’étonnement que ce qui est soit et soit tel qu’il l’est a pu se théologiser au point de se monothéiser par la prévalence de Dieu qui s’est énoncé exodiquement « Je suis qui (ou ce que) je suis » sous la figure de YHWH et qui s’est christianisé sous la figure de Jésus (Jeschouah, intégrant en YHWH un schin signifiant un souffle cosmique faisant s’ouvrir aux nations et en particulier des Juifs aux Gentils), puis qui a glissé en l’énoncé cartésien d’une âme présumée demblée pensante selon laquelle je pense, donc je suis ce que je suis par l’âme par laquelle je suis ce que je suis. Or, cette certitude intérieure se confronte à ses conditions extérieures de possibilité et s’en révèle problématique comme s’en est aperçu Kant. Plus encore, « Les faits et les événements sont choses infiniment plus fragiles que les axiomes, les découvertes et les théories – même les plus follement spéculatifs – produits par l’esprit humain. » (Arendt, p. 294), voire « (…) les faits n’ont aucune raison décisive d’être ce qu’ils sont » (Arendt, p. 309). Comme Mallarmé s’en était aperçu en ses Notes, jusqu’à la métaphysique cartésienne est à réancrer, via sa morale par provision, en sa si humaine contingence, a fortiori en étant aux prises avec la factualité et par là, l’exigence d’agir, au sens politique, autant que possible avec prudence, d’où une certaine persistance philosophique, mais d’une raison demblée pratique davantage que théorique. Dès les Romains, le droit oral (jus) s’est fait ensemble de lois écrites, publiques et laïques (lex) et c’est bien par une loi, celle de 1905 en France, que la laïcité s’instaure comme principe juridique proprement politique distinct de toute manifestation spontanée du libre arbitre aperçu strictement intérieur à la façon de l’esprit du christianisme augustinien, de sorte que la sacralité isolée du lien social par l’ecclésiastique organisant les croyances a pu de nouveau renouer avec le fait social jusque des sociétés les plus archaïques, selon lesquelles la construction du lien social est le sacré même à la source jusque du religieux. Voir Jacques Ducol, Et enfin la laïcité. De la domination du religieux contestée à l’émancipation laïque réalisée, Paris, L’Harmattan, 2026.


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    Écueil de la prévention politique sombrant en politique préventive


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  • 1. De l’écart géopoliticoéconomique de puissance à la fantaisie cruelle

    Pour pouvoir mieux parler de géopolitique, il convient d’insister non plus tant sur les puissances, voire la multipolarisation s’ensuivant, que sur les écarts de puissance. S’en dégagent des lignes hiérarchisantes cherchant à s’instaurer depuis les tensions interimpérialistes en cours (ainsi dites multipolaires) jusqu’en de moindres puissances incitées à s’y aligner. Cet alignement est d’autant complexe qu’est en cause depuis la plus haute Antiquité ce lieu de passage à l’interface tricontinentale (d’Afrique en Europe et en Asie) qu’est la Palestine, nom donné par les Philistins avant que les Hébreux s’y imposent, en soient exilés et réduits en Perse aux seuls Juifs avant de pouvoir y revenir, puis en soient chassés par les Romains (d’où leur diaspora) et n’y reviennent que depuis la toute fin du XIXe siècle et surtout au XXe siècle, mais non sans que cette Palestine, entre-temps arabisée, s’en trouve prise et pourfende selon tout un entre-deux au fur et à mesure que se ré-israélisant. Sur cet arrière-fond, l’un des exemples les plus marquants de ce problématique alignement hiérarchiquement ordonné réside en les Accords d’Abraham dont le gendre de Donald Trump s’est assuré lors de son 1er mandat présidentiel en contactant maints pays arabes, surtout pas ensemble, mais l’un après l’autre pour les y faire adhérer et instaurer une vaste régulation de leurs relations d’autant avec Israël qu’avec les États-Unis s’en faisant l’instigateur, mais sans parvenir à y faire adhérer l’Arabie Saoudite, le Qatar, etc., qui ne veulent y procéder que de leur propre chef et s’il y a reconnaissance d’un État palestinien arabe (pour ne pas s’exposer à un coût politique prohibitif auprès de leur population). Trump rêve d’une fin de sa guerre en Iran avec parachèvement de tels Accords. Or, la terreur vicarialement instaurée par Israël à Gaza, en y finançant et instrumentalisant le Hamas contre le Fatah et contre toute solution à deux États, a reflué de Gaza via ce même Hamas attaquant Israël à l’automne 2023 avec pour objectif de faire dérailler ces Accords. Et rappeler le plus large « axe de la résistance » (de l’Iran à tous ses proxys, dont le Hamas) à l’existence de l’État d’Israël, lequel ne résiste plus à son tour à toute coexistence avec quelque État palestinien arabe que pris avec un Hamas par lequel il ne parvient plus à instrumentaliser la terreur qu’à l’apercevoir refluer sur lui-même à sa source. D’autant que c’est un kibboutz proconciliation avec la Palestine arabe qui a subi le massacre et la prise d’otages et dont le gouvernement Netanyahu ne se soucie pas tant de la cause promue que de la défense israélienne prise en défaut sous sa gouvernance et ne pensant qu’à faire du Hamas (qu’il a pourtant financé, ainsi que ses tunnels où les otages sont emmenés, comme le lui reproche le père de l’un d’eux) le prétexte autant d’un massacre fort étendu de la population de Gaza que d’exactions accrues en Cisjordanie. Sans parler de toutes les violations et des viols fort violents et avilissants documentés avoir été perpétrés de part et d’autre, par terrorisme mutuel inassouvissable dont la soif toujours plus inextinguible d’anéantir se complaît à s’acharner sur des prisonniers pour un tant soit peu s’étancher, faute d’y parvenir à grande échelle. Si l’attaque étatsunienne aiguillonnée par Israël (incapable de la mener à lui seul) sur l’Iran en juin 2025 n’a été qu’une ballade, cela ne vaut plus aucunement lors de la nouvelle attaque depuis février 2026. Tous les pays arabes « accordés » s’en trouvent pris entre-deux, à savoir entre leur normalisation avec l’Iran en 2023 (par-delà celle leur ayant été instillée par les États-Unis avec Israël) et ce qui vient d’en être bousillé par cette attaque israélo-étatsunienne qui les impliquent et les rend très vulnérables bien malgré eux. La ligne hiérarchisante menant des États-Unis aiguillonnés par Israël aux pays arabes bascule d’autant que l’Iran parvient à résister et que, en arrière-fond, son lien avec la Russie et la Chine, loin de se briser comme recherché, est au contraire renforcé, même si l’Iran semble seul, mais en apparence, car sans leur soutien, il ne pourrait sans doute pas parvenir à résister autant. Plus bénéfices marginaux majeurs: les États-Unis se détournent et réacheminent leur armement de la guerre russo-ukrainienne et de divers lieux d’attache dans le Pacifique vers le Moyen-Orient. Du même souffle, Donald Trump insulte l’Europe et surtout l’OTAN (dont occulter qu’il s’agit d’une entente défensive, mais véritable, nullement prétextée pour au contraire agresser, comme depuis un certain ministère de la défense converti en de la guerre aux États-Unis). Les deux ne s’impliquent pas autant qu’il le veut en sa guerre au Moyen-Orient, alors qu’il est en train d’empirer leur situation face à la guerre russo-ukrainienne, en particulier en levant les sanctions contre le pétrole russe, au moins le temps du blocus dans le détroit d’Ormuz affectant 20% du pétrole mondial, sans parler de ses visées sur le Groenland (et le Canada).

    Les tensions interimpérialistes (entre États-Unis, Russie et Chine) jaillissent autant du sein que hors du CPS de l’ONU à même le monde, tant les écarts de puissances constituent autant de lignes hiérarchisantes, mais peuvent être fort pénibles pour les moindres puissances s’y inscrivant et se retrouvant dans de tels entre-deux. Le droit s’est fait accroire international, mais est pourtant d’emblée plutôt fort interétatisé, a fortiori si par des États se refusant mutuellement l’existence et y entraînant les nations en cause (souvent bien malgré elles et leurs mœurs se vivant en deçà du juridique légaliste, a fortiori théocratisé, à la source de droits pourtant censés s’y accorder et non en être laminés). Se constitue le cocktail explosif moyen-oriental, surtout que s’y révèle que l’Iran n’a de proxys que l’étant lui-même de la Russie et la Chine, comme Israël et les pays arabes « accordés » le sont des États-Unis. Ces grands impérialismes s’y font la guerre plus ou moins indirectement, mais non sans que leur entrechoc se fasse ressentir à l’échelle non seulement régionale, mais mondiale. Même Israël avait autrefois adopté cette politique de la périphérie, à l’époque de Ben Gourion, alors que l’Iran était son allié face à tous les pays arabes plus immédiatement environnants lui ayant alors été hostiles, avant que tout s’inverse, surtout depuis lesdits Accords d’Abraham qui, faut-il le rappeler, ont coïncidé avec le saccage par Trump de l’entente qu’Obama avait réussi à conclure avec l’Iran. Cesdits Accords sont indissociables de cette fort conjointe discorde, comme le fruit attendu l’est du ver qui a été implanté et y serpente et qui tant le contre que ne l’en fait plus paraître que défendu, dès leur conjointe et même origine, en étant d’autant frustrée. D’accord/discord au fruit attendu/défendu, le divin se fond en l’humain et éclaire jusqu’au si biblique Paradis terrestre cru être détenu, mais perdu. Autant l’Israël de Sharon et Netanyahu que les États-Unis trumpiens, surtout si occultant le fait d’avoir supplanté l’essor démocratique de Mossadegh au profit de la dictature du Shah qui a virée en celle des mollahs et dont resurgit leur refoulé venant les hanter, ont semé le germe de leur guerre avec l’Iran et tous ses proxys, plus Russie et Chine en arrière-fond. Quand dire est du même coup faire le contraire de ce qui est dit au point de s’en contredire, à savoir de n’accorder (de façon si tronquée que partielle et partiale) que discorder (par le conjoint refoulé susceptible de faire retour)! Or, toute pensée ne s’instaure qu’avec quelque mouvement fait ontohénologie, donc selon quelque tension de l’étant unant s’exhaussant en l’être un d’où se forge tout sens de soi par lequel se mesurer, lors de toute mesure, à ce qu’elle compare par le même et l’autre, tels que transparaissant en l’occurrence comme accorder et discorder1. Elle ne peut les dichotomiser et parvenir à les trancher au point de les présumer comme des termes mutuellement exclusifs qu’en s’y trouvant au contraire toujours plus nouée bien malgré elle au gré du refoulé qu’elle instaure entre eux et dont le retour vient l’en hanter. Surtout, est-ce que parler et a fortiori s’adonner aux joutes verbales inhérentes à la géopolitique sont valides, au sens littéral d’interlocuteurs s’assurant de parler de ce dont il est censé être question et a fortiori de s’apercevoir ne pouvoir rien en mesurer que pour autant que s’y mesurant vraiment, et fidèles, en s’assurant que tout un chacun mesure avec la même approche la même chose ainsi validée pour vérifier si parvenir au même résultat ? L’exigence de validité et seulement de là, de fidélité est la même qu’en science, mais elle se révèle si humaine (jamais individuelle que d’emblée sociale, voire sociopolitique, et ce, de locutrice en interlocutrice) qu’affecter toute pensée, jusqu’à la plus scientifique. Dont comparer l’accord se concevant inclure autant l’accord que le désaccord, selon une compréhensive vue d’ensemble un tant soit peu apte à faire la part des choses et instaurer une juste force du droit, et l’accord ne se concevant qu’en excluant le désaccord et a fortiori si étant mais s’occultant soi-même à la source des deux et forçant et exacerbant cette dichotomie de termes mutuellement exclusifs faite celle de tout locuteur plus isolément considéré et présumé s’imposer en la faisant s’imposer les uns aux autres, tant toute compréhension s’annihile, sinon se présume ne plus valoir qu’à rebours et toujours déjà infléchie depuis son expansive extension2. Urgence mondiale face à la liberté d’expression qui, dans le cas de la presse, ne serait bonne que pour 1% de la population mondiale, selon Reporters sans frontières en 2026, ce qui se conjugue et advient avec l’érosion du droit dit international et plutôt de fait interétatique, donc de la force du droit, au profit du droit de la seule force. Autrement dit, il n’y a aucunement seulement opposition entre force et droit, mais tension de leur articulation en deux sens inverses, soit par droit de la force se portant au sublime en force du droit (ne perdurant que selon ce qui perdure de ce sublime), soit présomptive sublimation idéaliste totale peinant autant à dénouer son propre processus pensant qu’à recouvrir et a fortiori au contraire découvrir et en recouvrer ce qui s’en érode en sous-main en régressant et s’en laminant en sens inverse. Qui s’aperçoit de la liberté de communiquer, à savoir d’instaurer l’interlocutoire se mettant concrètement et compréhensivement en forme entre et jusqu’en tout un chacun, plus que seulement d’informer, s’en abstrayant et se diffusant par puissance d’émettre, surtout si non plus tant pour s’ajuster (et faire cheminer la compréhension des enjeux, donc le sens) que pour faire s’y brancher tout récepteur3, selon la seule mise en scène de l’actualité (et de la seule actualité incessamment changeante, ponctuelle et circonstancielle) s’en faisant haut-parleur des messages officiels à retransmettre tels quels pour conforter leur realpolitik d’autant plus dichotomiquement schizophrène que paranoïant quelque retour de leur refoulé venant hanter ?

    Se révèle en quoi la civilisation des mœurs n’est souvent qu’un vernis de surface sur un tout autre tréfonds qui est si perdurant qu’éventuellement résurgent: plus ladite force du droit reflue en et au profit du seul sous-jacent droit des (plus ou moins) forts se confrontant et s’imposant ainsi de force (selon des écarts plus ou moins asymétriques de puissance) entre eux, plus ce processus s’accentue et risque tant de se nouer en leur propre pensée que de ne plus que s’enliser et varier à leur fantaisie. Du moins dans le cas de Donald Trump, à la tête des États-Unis s’en dénommant Fantasyland, selon Andersen. S’y aperçoit cette distinction cruciale: si la fantaisie est une imagination productrice individuelle, une société entière, les États-Unis comme Fantasyland, n’est hyperindividualiste qu’en s’y donnant une telle image d’elle-même, de fait une telle capacité représentationnelle de mise en scène d’elle-même où l’image donnée du réel, comme en l’inconscient fantasme freudien du réel se donnant pour le réel, est censée réifier jusqu’au réel à faire s’y conformer et s’y plier. Rien ne serait plus magnifique que le désir (généré par le sensible, entre et de l’affectif à l’empirique, dès qu’investissant l’imaginaire) qui, s’il ne se fait aussitôt réel, du moins est pris pour le réel, tout le temps qu’il faut pour l’énoncer et l’y faire tel. Si le rêve ne se fait cauchemar en se réalisant, car il n’y a de fantaisie que comportant ses affections, à savoir désirer ce dont jouir et craindre ce dont être affligé et endolori. Leur tension devient d’autant paradoxale que le désir (de ce dont jouir) peut s’entraver de lui-même et s’en nouer paradoxalement au gré de ce qui se fait par ailleurs crainte (de ce qui afflige) qui ne l’en fait douter qu’en étant, du fait même d’« être ce qu’elle est », redoutée, ce qui, tout en étant fort singulier, impulse et conditionne jusqu’à toute émergence de tout ego pensant cartésien qui, une fois émergé et si inconscient soit-il d’en être alimenté incessamment, se présume d’emblée « être ce qu’il est » et instaurer la Modernité. Ces ficiniennes affections de la fantaisie sont cernées en leur tension paradoxale dans Du débat entre Ficin et Pic à Rabelais et permettent d’interroger ladite raison moderne selon que sa pensée soit s’en éveille et s’aperçoit émerger à elle-même, soit tant y sombre que ne s’y aperçoit guère en être si peu inconsciemment opérante que s’en présume, noue et contredit, dont l’accord désiré n’étant que, si refoulée soit-elle, résurgente discorde, d’autant crainte que n’en faisant douter qu’en étant elle-même redoutée. Paradoxal et ambigu « désir craintif » constitutif de la fantaisie. Peut en surgir le mécanisme victimaire mis au jour par René Girard, car son paradoxe tend à se projeter et se vicarialiser en tiers à bouc-émissariser. Le défaut de l’approche girardienne est de ne pas s’apercevoir de son sous-jacent substrat imaginaire affectivement chargé et de n’en retenir que le seul déploiement cognitif en surnageant et ne pouvant donc plus en être qu’inconsciemment pulsé (sans davantage s’apercevoir d’impulsions s’en convertir en pulsions s’en rassemblant et se mettant à constituer Ça perdurant au fond de soi, au sens nietzschéo-freudien), comme déjà chez Descartes au ressort d’une Modernité ignare de tout son sous-jacent apport renaissant et humaniste de Ficin à Rabelais. Or, Girard inspire Thiel et par là, Vance, à la vice-présidence adjointe à la présidence de Donald Trump en qui s’exacerbent pourtant les États-Unis faits Fantasyland.

    Ces ficiniennes affections de la fantaisie, avant d’être révélées ainsi paradoxalement tendues entre elles, voire s’en externaliser, ont été mises au jour dans De l’humain à l’humaniste dans le monde, en signalant ce que Dôle a déjà entrevu dès 1996: ledit « rêve américain » peut d’autant se faire Le cauchemar américain que la cruauté, issue de l’écart de puissance, et en quête de se gérer par bouc émissaire à bombarder impunément, peut éventuellement se retourner et leur en donner l’expérience4, mais non sans l’en faire s’exacerber, se ressaisir et s’imposer encore plus unilatéralement, au point de réélire Donald Trump, intimidateur notoire qui privilégie la terreur comme mode de gouvernance tyrannique éhontée et pour qui tout est fantaisiste affaire personnelle s’imposant jusqu’aux affaires publiques.

    – Problématique genèse structurale inhérente à une géopolitique métamorphique sise sur une telle fantaisie protéiforme

    Machiavel a déjà établi que contrôler la peur des gens était maîtriser leur âme, mais il fallait préciser que ce l’était, en leur âme, de leur fantaisie (par laquelle susciter et littéralement leur faire imaginer cette crainte de ce qui peut affliger) depuis la seule sienne propre d’où l’en désirer comme ce dont jouir et s’en repaître au point d’infléchir jusqu’à toute capacité de pensée, d’abord de libre pensée et de sa libre expression, dès quelque joute verbale politique (d’exécutive à législative et enfin, juridique), a fortiori médiatique ou tout simplement civile, dont charcuter les circonscriptions pour en prédéterminer tout vote électoral à sa seule propre faveur et faire accroire que subsiste, même si uniquement de façade, quelque démocratie, alors que virant pourtant toujours plus en autocratie. On y aperçoit la façon dont un régime politique ne change qu’en s’intériorisant tel (fût-ce de force) en tout un chacun à même la réalité la plus géophysique (territorialement taillée sur mesure et à sa fantaisie en les circonscriptions électorales pour les faire s’y conformer).

    Il faut se rappeler les divers régimes politiques et leur transformation structurale l’un en l’autre. Platon en a déjà établi une diversité logique (aristocratie, timocratie, oligarchie, démocratie, tyrannie) dans sa République (Livres VII-VIII). Aristote a magnifié leur dichotomisante distinction selon celle entre arts libéraux (nobles) et arts serviles (Politique VIII, 2). Et Polybe a tenté d’établir leur anacyclose qu’est leur éventuel devenir sociohistorique faisant jouer et varier en tous cette dichotomie, si logiquement diverse soit-elle: monarchie (pouvoir d’un seul sur tous), tyrannie (pouvoir d’un seul, mais si absolu que sans respect des lois), aristocratie (pouvoir d’un petit nombre de chefs), ploutocratie (pouvoir oligarchique de la richesse), démocratie (pouvoir du peuple mais à l’époque, des seuls si nobles citoyens par distinction des esclaves), ochlocratie (pouvoir de la foule)… revenant à la monarchie, voire à la tyrannie, fût-ce via une aristocratie électoraliste à implanter pour d’autant s’en trouver soutenue que la doubler d’une ploutocratie l’étayant à son tour,


    1 Certains se sont sans doute déjà aperçus qu’il s’agit des cinq genres de Platon. Cependant, ils sont d’emblée ficinisés, à travers mes publications de 2022-2026, pour être enfin ici géopolitisés, certes, mais d’emblée aptes à être repérés et ajustés à la géophysique, surtout quant à la réforme de l’ONU s’en trouvant ici questionnée.

    2 Rappelons que l’humain se conçoit comprendre la vie comprenant la physique, même si son extension se déploie en sens inverse, du plus au moins extensif, de la physique à la vie, dont l’humaine. Les deux conceptions tout aussi inverses entre accord/désaccord s’y inscrivent et font ressortir d’emblée en quoi l’humain n’en est jamais individuel (et locuteur) que d’emblée social (et interlocuteur). Du cœur jaillissent accord/désaccord et ce, jusqu’au ressort de se fier/défier au ressort de la trame sociale s’en tissant ou non selon qu’il y a confiance ou non. Le cœur n’est pompe sanguine qu’avec autorégulation nerveuse autonome depuis le système limbique dit émotif et sous-jacent au néocortex seul d’emblée plus cognitif, y compris et dès la conversion de quelque foi en quelque croyance et a fortiori religion, elle-même d’attention scrupuleuse à rassemblement. A fortiori politique.
    Un syntagme paradigmatique est celui de l’Iran, dont, en son cœur, la population est prise dans l’entre-deux faisant tenir ensemble ce que les deux termes en cause tendent à faire se dichotomiser et s’imposer unilatéralement l’un à l’autre de façon si totalement polarisée que schizophrène, à savoir entre l’opposition à un régime (des mollahs aux Gardiens de la Révolution) censée être un soutien à une agression impérialiste (israélo-étatsunienne) et l’opposition à une telle agression tout aussi présumée en sens inverse être un soutien à un tel régime. Bref, la quête de souveraineté dans l’entre-deux ne tend à s’estomper que si les deux tyrannies inverses se l’entre-déchirent pour s’y imposer l’une plutôt que l’autre.
    Surtout, il s’agit d’un cumul superposant ces deux mêmes tyrannies s’étant déjà imposées l’une à la suite de l’autre, de l’entrave à la démocratie de Mossadegh en 1953, au profit de la tyrannie du Shah alors imposée par les États-Unis avec appui d’Israël, à l’avènement de la théocratie islamique qui s’y est substituée avant de s’y révéler tout aussi tyrannique.
    Bien noter le fait de la séquence faisant tant se superposer que s’intriquer au point de s’en générer ce qui émerge et résulte en la géopolitique structure actuelle et n’est aucunement seulement un rapport de force doublement tyrannique, mais se cultive et s’intériorise tel.

    3 Cette inversion du rapport entre émetteur et réception est cruciale. Couffignal, dans La cybernétique, précise que l’émetteur s’ajuste au récepteur lors de la transmission de sémantique (comme en la relation pédagogique, par exemple) et exige tout au contraire du récepteur de s’y brancher lors de la transmission énergétique (à la façon du grille-pain à la prise de courant), ce qui devient très problématique lorsque celle-ci se fait accroire transmission d’information, et ne l’est pourtant que de façade et n’est tout au contraire qu’appel à la résonnance affective d’autant imaginairement investie que fort énergétiquement chargée au ressort d’un recrutement idéologique, ce qu’accélère les plateformes numériques par tout propos y devenant viral, donc créant et massifiant des individus pourtant tous isolés et au mieux juxtaposés plus ou moins à distance les uns aux autres et ne s’en collectivisant jamais que tels, comme en une sorte d’onde les agrégeant au fur et à mesure que se propageant. Surtout si l’on sait que les propos les plus problématiques, voire carrément faux, s’y propagent six fois plus vite que les véridiques.

    4 « L’une des raisons ayant motivé ma fuite des États-Unis était mon refus de payer des impôts au gouvernement américain. La moitié du budget du gouvernement fédéral est destinée au ministère de la Défense (de la prétendue défense; défense contre qui, me suis-je toujours demandé, les paysans vietnamiens? les Somaliens?). Chaque habitant des États-Unis paie en moyenne 1150$ par année pour le budget du Pentagone, qui était de 286,6 milliards en 1992. Un pacifiste ne doit pas donner un sou aux manœuvres belliqueuses de la nation la plus impérialiste de l’histoire. Cette attitude que j’ai adoptée est conséquente à ma lecture de Thoreau et à la tradition de désobéissance civile dont il est le fondateur » (1996, 36). Ce livre de 1996 privilégiait la seconde hypothèse suivante, surtout que sa première hypothèse ne vaut plus depuis les attentats terroristes du World Trade Centre le 11 septembre 2001: « Le massacre anonyme de civils est devenu une spécialité des États-Unis. À ma connaissance, c’est le seul pays qui s’y livre d’une manière assez régulière depuis cinquante ans. Deux hypothèses pourraient expliquer l’insensibilité des Américains à l’égard de leurs victimes à l’étranger. Selon la première, les Américains sont incapables d’imaginer l’horreur de mourir sous un bombardement aérien pour la simple raison qu’ils n’ont jamais vécu une expérience pareille chez eux. La deuxième hypothèse renvoie au thème principal du présent livre: la destruction garantie des peuples non élus est une manière sinistre de confirmer sa propre appartenance au peuple élu » (1996, 67). Dans cette filière vient s’inscrire le sionisme chrétien étatsunien d’autant assoiffé d’une Grande Amérique du Nord centrée sur les États-Unis au point de chercher à s’avaler tout l’hémisphère occidental et d’en départager ainsi le monde que d’un Jésus d’abord juif et à étendre à l’État du Grand Israël via lequel les Juifs se feraient chrétiens.


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    Problématique genèse structurale inhérente à une géopolitique


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  • Du même auteur

    YVAN MORIN

    Du débat entre Ficin et Pic à Rabelais : La renaissance philosophique, d’italienne à française.

    Éditions L’Harmattan, coll. « Ouverture Philosophique ».

    Format155x240mm
    Nb de pages286
    ISBN 978-2-336-60336-0
    EAN139782336603360
    EAN ePub9782336603384
    EAN PDF9782336603377


    La Renaissance philosophique inauguralement italienne se débat entre Ficin et Pic. Les instances mentales produites s’empersonnifient littérairement au ressort de la langue française, dès Rabelais. Raison, entendement et fantaisie, mais elle-même jusqu’en ses affections au seuil de la sensibilité la plus empirique, se condensent en les figures de Gargantua, Pantagruel et Panurge, mais lui-même modulé par frère Jean, au gré de l’alchimiste, dit abstracteur de quintessence, qu’est Alcofrybas Nasier, acronyme de Françoys Rabelais. D’une massive, à la fois pervasive et surtout intensive, intertextualisation resurgit l’acte rabelaisien créateur inaugural se révélant n’advenir à soi d’autant indirectement qu’à rebours de sa nomination du monde.

    De Rabelais à Descartes, la langue française se forge et perdure avec la pensée s’y empersonnifiant au ressort de toute parole, tout autobiographique récit du chemin suivi en sa vie, tout journal intime méditatif, surtout si présomptivement d’emblée si pensant que métaphysique. Rabelais resurgit et renaît à la source, d’inconsciente à consciente, de Descartes et de la Modernité.

    L’approche rabelaisante s’avive tant du langage en pensée que de littéraire en philosophique.

    Source : Éditions L’Harmattan.


    Édition de livres (délibérations de colloques, périodiques, etc.)

    Actes de la Journée du savoir (organisée par l’Acfas-Sudbury, le 24 mars 1995), Institut franco-ontarien (IFO), Sudbury, 1996

    Articles (arbitrés) :

    • Montgomery, C., Matte, I., Demers, S. et Morin, Y. (2010). Le stress, les mécanismes d’adaptation et l’épuisement professionnel chez les stagiaires francophones en enseignement primaire et secondaire: résultats préliminaires et validation psychométrique. Canadian Journal of Education/Revue canadienne de l’éducation, 33(4), 761-803.
    • Montgomery, C., Moreau, A. et Morin, Y. (2008). Trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité et troubles de l’humeur chez les enfants et les adolescents: recension des écrits. La revue québécoise de psychologie, 29(1), 233-258.
    • Morin, Y. (2007). L’émergence de l’Ontario français et de son processus identitaire: au seuil des luttes scolaires, 1904-1910. Dans Y. Herry et C. Mougeot, Recherche en éducation en milieu minoritaire francophone. Ottawa, Presses de l’Université d’Ottawa, 16-23.
    • Morin, Yvan. Le rapport à la causa sui: de Plotin à Descartes par la médiation du débat entre Ficin et Pic. In Renaissance et Réforme, 2002, XXVI (2), 43-71. (n.b.: dans les faits, publié en 2004)
    • Morin, Yvan. Les Trois Grâces dans le Commento: la réaction initiale de Pic à Ficin, dans Revue philosophique de Louvain, 2003, tome 101 (3), 383-412.
    • Duquette, Georges et Morin, Yvan. « Double minorisation et hégémonie interne en milieu minoritaire: le cas des institutions scolaires en Ontario français ». In H. Duchesne, (dir.) Recherches en éducation francophone en milieu minoritaire: regards croisés sur une réalité mouvante. Winnipeg, Regroupement pour l’étude de l’éducation francophone en milieu minoritaire, Presses universitaires de Saint-Boniface, 2003.
      n.b. : S’en est suivi :

      • Duquette, G., Morin, Y. & Alem, J. (mai 2007). Le profil des professionnelles et des professionnels de l’enseignement en milieu minoritaire de l’Ontario français. Rapport de recherche. Université Laurentienne.
      • Morin, Y. & Alem, J. (décembre 2007). Le profil des professionnelles et des professionnels de l’enseignement en milieu minoritaire de l’Ontario français. Rapport révisé et plus élaboré. Déposé à la Bibliothèque de l’Université Laurentienne
    • Morin, Yvan. La Renaissance philosophique: entre immanence et transcendance, dans Renaissance et Réforme, vol. XXIV, numéro 1, hiver 2000, p. 57-87.
    • Morin, Yvan. « Le problème de la conception de l’éducation physique et de son objet », dans STAPS, 39, février 1996: 39-53
    • Morin, Yvan. « Il me semble que je vois: l’énoncé cartésien et la lecture qu’en fait Michel Henry », dans Laval théologique et philosophique, 51, 3 (octobre 1995): 529-539.
    • Morin, Yvan. « Christianisme, métaphysique et épistémologie chez Marsile Ficin », Renaissance et Réforme, vol. XIX, no 3, été 1995: 63-77.
    • Morin, Yvan. « Une double aperception affective et rationnelle de l’homme symbolisant », Philosophiques, vol. XXI, no 1, printemps 1994: 77-105
    • Morin, Yvan. « L’affectivité dans l’éducation: une critique du statut accordé par Kant à la représentation », Carrefour, vol. 15, no 2, 1993: 55-83.

    Autres publications

    1. Morin, Yvan, La singularité numérique comme voie de lecture du Tableau périodique. Avec Appendice: Bref Aperçu des Expansions Planaires numériques (version de 65 pages), sur le site LISULF.Quebec. DeuxpointsduQb, er.uqam.ca/nobel/c3410/DeuxpointsduQb14XI2014, 2015.
    2. Morin, Yvan. Conceptions du mouvement, de l’exercice et du jeu depuis Ficin. In Athletes and Athletics in the Early Modern Era / Le sport et les athlètes au seuil de l’ère moderne, Proceedings of the Conference, Toronto, June 19-21, 2004 / Actes du Colloque, Toronto, 19-21 juin 2004, Edited by / réunis par John McClelland and Brian Merrilees, Essays and Studies Series, Toronto: Centre for Reformation and Renaissance Studies, 2006 (publié en 2009).
    3. Morin, Yvan, « L’introduction kantienne de la représentation dans la perception », dans La métaphysique: son histoire, sa critique, ses enjeux. Actes du XXVIIe Congrès de l’Association des Sociétés de Philosophie de Langue Française, Québec, Université Laval, 18-22 août 1998, Éditeur: Librairie philosophique J. Vrin (Paris) et Les Presses de l’Université Laval (Québec), 2000: 437-443.
    4. Morin, Yvan, « La position méthodologique instaurée par le malin génie et le double usage des choses sensibles », dans L’esprit cartésien. Actes du XXVIe Congrès de l’Association des Sociétés de Philosophie de Langue Française, Paris, 30 août-3 septembre 1996. Éditeur: Librairie philosophique J. Vrin (Paris), 2000: 651-654.
    5. Morin, Yvan, « La subjectivité et son individuation par le corps séparé, spirituellement effectif et vivant: Descartes, Hegel et Merleau-Ponty », dans M. Vadée (préparé par), La vie et la mort, Actes du XXIVe Congrès international de l’Association des Sociétés de Philosophie de Langue Française, Poitiers, 27-30 août 1992, Éditeur: Société Poitevine de Philosophie, Poitiers, 1996: 427-429.
    6. Morin, Yvan, « ‘Play’ has become a challenger of the competitive nature of sport ». In Thinking About Values… Edited by Noël Simard. University of Sudbury Ethics Project. 1999: 32-34 (first published in the Sudbury Star, June 1998)
    7. Morin, Yvan. Vers une interrelation éducative entre la subjectivité et la vie commune en la culture motrice, In L. Rousseau & Y. Gauthier (sous la direction de), Actes de la 6e Journée du savoir de l’Acfas-Sudbury, 19 mars 1999, parus en avril 2000, 123-186.

    Comptes rendus

    1. Morin, Yvan. Compte rendu du livre suivant: Michel Bellefleur. Le loisir contemporain. Essai de philosophie sociale, Sainte-Foy: Presses de l’Université du Québec, 2002. Dans Loisir et société, 2005, vol. 28, no 1, 341-344.
    2. Schinke, Robert J. and Morin, Y. Review of the book of Andrew C. Sparkes. Telling Tales in Sport and Physical Activity. A Qualitative Journey. Champaign, IL: Human Kinetics, 2002, 249 pages. In Avante, 2003.
    3. Morin, Yvan. Compte rendu de [Marsile FICIN, Les trois livres de la vie. Traduit en français par Guy Le Fèvre de la Boderie et révisé par Thierry Gontier. Paris, Librairie Arthème Fayard (coll. « Corpus des œuvres de philosophie en langue française »), 2000, 276 p.] Laval théologique et philosophique, 58(2), 403-404. https://doi.org/10.7202/000401ar.
    4. Morin, Yvan. Compte rendu (paru dans Dialogue, vol. XXXVI, no 2 Printemps 1997, 422-425) du livre suivant: Valcke, Louis et Galibois, Roland, Le périple intellectuel de Jean Pic de la Mirandole, suivi du Discours de la dignité humaine et du traité L’être et l’un, Québec, Les Presses de l’Université Laval, 1994, xxiii+353 pp.
    5. Morin, Yvan (1996-97): une dizaine de notices bibliographiques pour le DEOF (Dictionnaire des Écrits de l’Ontario Français), dans la section Philosophie

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  • Au sujet de l’auteur

    Yvan Morin

    Formation hybride entre éducation physique et philosophie, le tout à la frontière de sciences sociales et humaines mais avec un fort accent sur et de la motricité et du corps à la pensée.

    Doctorat en philosophie de l’Université d’Ottawa: L’âme et la raison, chez Ficin et chez Descartes.

    Maîtrise obtenue à l’Université de Montréal en codirection entre les départements de philosophie et d’éducation physique: Jeu, être et connaissance.

    Principales publications: portant sur les Prémices Renaissantes de la Modernité, principalement sur la conception que l’humain a de lui-même et quant à sa façon de constituer alors son sens sociohistorique en s’intégrant ses apports Antique (axé sur le Cosmos et la Nature) et Médiéval (axé sur Dieu) et en se constituant ainsi en Renaissance, ce qui permet d’historiciser aussi par surcroît la Modernité dès son inauguration dite cartésienne, puis son devenir jusqu’à nos jours.

    Professeur retraité (depuis 2008) du département d’éducation physique de l’Université Laurentienne, Sudbury, Ontario, Canada.

    Trois pôles distincts ou combinés de tous les cours enseignés: démarche conceptuelle visant à organiser sa pensée en termes de compréhension et d’extension de toute conception en cause dès les notions de base en sciences de la motricité, histoire et société.

    J’ai aussi travaillé en milieu minoritaire de l’Ontario français et contribuer à quelques publications en faisant appel à ces mêmes trois pôles et en les intégrant selon une conception sociohistoricisante apte à faire valoir une conception de l’humain comme individu d’emblée social et ce faisant, et à se mesurer d’autant à l’hégémonie qu’à l’idéologie censée la légitimer.


    Complément

    Yvan Morin a une formation hybride en éducation physique et en philosophie. Il propose une démarche conceptuelle sociohistoricisante de la philosophie sise sur des Prémices Renaissantes de la Modernité, d’où peut émerger une Processuelle Renaissance Mondiale, dont la géopolitique onusienne peut être vectrice, en particulier quant à la nord-américaine, en l’occurrence au Québec relativement au Canada et aux États-Unis au XXIe siècle.

    Il dit de lui-même je suis né, je nais et je naîtrai jusqu’au terme de ma vie d’un rêve enfantin qui s’est problématisé en sa latéralité (au judo, au point d’en virer de droitier en gaucher sous la pression physique issue d’un adulte mature) à l’adolescence et qui s’est intensifié au brasier de la vie intime s’éveillant au féminin (Dolorès Guérette, puis Colette Parent-Crousset et enfin, Denise Piché) et s’apercevant de sa vie personnelle s’en transfigurer en vie professionnelle. Surtout depuis les charges de cours en épistémologie de l’éducation physique et la conjointe Maîtrise alors rédigée, puis le Doctorat sous la direction de Danièle Letocha, une très rare spécialiste de la Renaissance en philosophie au pays, ensuite l’emploi en Sciences de l’activité physique à l’Université Laurentienne, à Sudbury en 1993-2008/2011. Et enfin, par-delà la retraite, ses récents livres portent d’abord sur cette latéralité s’étendant de physique à géopolitique (2022), puis sur l’histoire de la philosophie (2023-2026), de la Renaissance italo-ficinienne à la française au ressort de la Modernité si usuellement considérée inaugurée par Descartes (parallèlement à Galilée). Ils sont publiés chez L’Harmattan. Bref, son incessante naissance onirique s’est faite incessante Renaissance de sous et jusqu’en la Modernité au point d’y faire ressortir tout ce qui de la pensée émerge avant et jusqu’en ce qui en devient et a fortiori s’en présume pure.

    Un exposé en est fait dans des Méditations oniriques. De la physiologie ficinienne à une émergente raison apte à rendre ses idées représentatives, comme d’où sous-tendre et reprendre jusqu’aux Méditations métaphysiques cartésiennes et mettre au jour que c’est bel et bien de l’imaginaire (dès le rêve en sommeil et jusqu’en le fantôme en pleine veille) que surgit jusqu’à la pensée d’où pouvoir alors et seulement alors le reconsidérer. L’évolution phylogénétique révèle que le rêve apparaît avec les mammifères d’où s’en conditionner via le simiesque jusqu’en l’humain, ce qui resurgit ontogénétiquement dès la désynchronisation intra-utérine des rythmes biologiques du fœtus en regard de ceux de sa mère et est au ressort de son individuation et de son inaugurale forge psychique (irréductible à la glande pinéale isolément considérée où Descartes prétendait la faire s’opérer, comme l’a signalé Cyrulnik dans Les nourritures affectives). De même, le seuil antique d’émergence des Cités étatisantes au ressort de la politique (Polis: Cités) a fait entrer en conflagration les anciennes tribus au point d’en infléchir tout l’imaginaire du mythe pansocial en fantaisie depuis lors fort individuelle qui l’en médiatise et qui exige de se mesurer au chaos qu’elle engendre au gré d’une raison qui en émerge et permet de déterminer des lois autant de la Cité que de la Nature, ce qui se cerne et se thématise depuis la Renaissance italo-ficinienne au gré des affections de la fantaisie (désir de ce dont jouir et crainte de ce qui afflige et endolorit). Par une inaptitude foncière à prendre directement conscience de soi, mais s’en percolant néanmoins ainsi autant évolutivement que sociohistoriquement et ontogénétiquement, l’humain se dote de mythes, de dieux le plus souvent fantaisistes et enfin, de Dieu, au sens monothéiste, comme d’où s’en médiatiser pour parvenir un tant soit peu, comme l’oracle de Delphe y incitait Socrate, à se connaître soi-même, voire à s’apercevoir en sa forge sociohistorique, si pour être humaine jusqu’en tout individu en cause, du sens de soi.

    Dans le contexte d’une urbanisation massive causant maints problèmes hygiéniques et autres, l’adolescence s’est forgée depuis le XIXe siècle, comme pervasive période de vie inhérente à tout l’entre-deux d’une puberté plus précoce et d’un conjoint accès retardé à la vie adulte, autant sexuelle qu’apte à travailler (au point d’intégrer les deux en de nouvelles familles aptes à subsister), et a d’autant mieux constituée le vecteur d’une intellectualisation de soi qu’elle s’est généralisée avec l’éducation rendue scolairement obligatoire jusqu’à la fin du secondaire (avec enjeux de pouvoir culminant au niveau universitaire) depuis le XXe siècle. Son problème adolescent de latéralité s’y inscrit et, même s’il lui a fallu 50 ans avant de la mettre par écrit, conduit à sa notion d’énantiodynamique (au sens relationnel, par distinction de la simple distribution de particules et de molécules physico-chimiques de symétries inverses, voire de la juxtaposition cartésienne des gauche/droite en ses songes de 1619), telle qu’exposée lors de ses deux premiers livres parus chez L’Harmattan en 2022: Gauche/droite: quelle mise en tension en quel sens? et L’apparence: accès et miroir du réel. Un nouveau sociosexoréférentiel (pour tous les sexes en cause, si genrés puissent-ils devenir), à savoir le féminin jusque du masculin, permet de mieux en rendre compte et d’en restaurer un meilleur équilibre que le patriarcat usuel, dont les écarts à l’équilibre et a fortiori quelque subséquente tendance à y revenir sont plus problématiques (surtout s’il faut 50 ans avant de parvenir à dire ce qui est alors arrivé). De là, ont surgi ses autres livres (2023-2026) portant sur l’histoire de la philosophie, de la Renaissance italo-ficinienne et a fortiori française (faisant resurgir Antiquité et Moyen-Âge et les articulant) à la Modernité, jusqu’à nos jours. Dont le présent livre: Réformer l’ONU? A fortiori comme contexte d’où aborder sa géopolitique en sa sous-jacente géophysique, autant à l’échelle panplanétaire que dans le cas de la géopolitique constitutionnelle canadienne et québécoise.

    Ses principales publications portent sur les Prémices Renaissantes de la Modernité, avec un accent sur la conception que l’humain a de lui-même et la façon dont se forge alors son sens sociohistorique en s’intégrant ses apports Antique (axé sur le Cosmos et la Nature) et Médiéval (axé sur Dieu) et en se constituant ainsi en Renaissance, ce qui permet d’historiciser aussi par surcroît la Modernité dès son inauguration dite cartésienne, puis son devenir jusqu’à nos jours

    En surgissent trois pôles distincts ou diversement combinés au ressort de tous les cours enseignés : démarche conceptuelle visant à organiser sa pensée en termes de compréhension et d’extension de toute conception en cause dès les notions de base en sciences de la motricité, histoire et société. Bien noter que la conception puise étymologiquement à la vie avant de s’y faire mentale et s’y faire conceptualisation.

    Enfin, s’intègre au tout un travail en milieu minoritaire de l’Ontario français et une contribution à des publications faisant appel à ces mêmes trois pôles, selon une conception sociohistoricisante apte à faire valoir une conception de l’humain comme individu d’emblée social et ce faisant, à se mesurer d’autant à l’hégémonie qu’à l’idéologie censée la légitimer. Ceci rebondit jusqu’en le questionnement portant sur la réforme onusienne, comme contexte où examiner autant comment elle peut mieux se faire que comment, au sein du Canada, surtout depuis que trudeauisé, le Québec français se fait minoré.

    Donc, professeur ayant travaillé à l’Université Laurentienne, Sudbury, à compter de 1993, puis retraité depuis 2008, avec pleine pension différée pour entre-temps l’améliorer (par double contribution autant personnelle que de l’employeur) et ne la prendre qu’en 2011. L’énorme manuscrit alors écrit est resté en jachère avant que des parties en soient extraites et conjugués avec l’actualité, de 2022 à 2026, le tout dans un horizon qui reste ouvert sur l’avenir. L’actualité qui compte n’est pas tant le fil des évènements et des nouvelles en rendant compte que le fait même de ce qui est actuel mais qui peut perdurer et se tendre incessamment entre évanescence et advenir comme ressort de tout ce qui peut en devenir mentalement présent (en émergeant de l’actuel perdurant tel) et se tendre entre passé (émergeant de l’incessante évanescence) et avenir (émergeant de l’incessant advenir). Le fait même de l’actuel perdurant entre évanescence et advenir est au ressort du temps jusqu’au plus présent entre passé et avenir comme ce qui exige de ne s’apercevoir en relation avec quoi que ce soit du monde que d’abord en y pensant à temps, avant que le pensant, comme si l’itérativité de sa propre pensée s’effectuait hors temps, mais en se juxtaposant au temps comme si étant le temps lui-même, à la façon de la pensée cartésienne dite avoir inauguré la Modernité. Le temps est kairos, timing, moment plus ou moins opportun, bien avant que concept linéaire issu d’un présomptif instant dit présent entre passé et avenir comme en trois instants mutuellement exclusifs s’alignant, a fortiori si se faisant itérative pensée pure, si cartésienne. D’ailleurs, la notion de moment émerge étymologiquement du mouvement, dès et de son sens physique à son sens mental, et seul sa traduction mentale en instant diffracté en trois instants alignables génère autant le temps linéaire que son concept, au ressort de tout autre concept élaborable par son entendement.

    Formation universitaire

    • Ph.D Philosophie (1994) – Université d’Ottawa
    • M.A. Philosophie (1984) – Université de Montréal
    • B.Sc. Éducation physique (1982) – Université de Montréal
    • B.Sc. Santé Diététique (1978) – Université Laval
    • B.A. Relations Industrielles et psychologie (1977) – Université Laval

    À l’Université Laurentienne :

    • Enseignement des cours relatifs aux si humaines sciences (sociologie, histoire, philosophie, conception des notions motrices de base et de leur intégration dans des pratiques motrices, voire d’éducation physique, etc.), au niveau du baccalauréat en Sciences de l’activité physique
    • Quatre cours LIP (langue intégrée au programme) dont assumer la charge en les intégrant à ces cours pour l’ensemble de la programmation francophone du département
    • Enseignement en équipe tridisciplinaire (sociologie, psychologie et sciences de l’activité physique) de cours à la maîtrise
    • Codirecteur de la thèse de Jeannine Rousselle, La communication chez le couple marié (1997-2003) (directeur issu de la sociologie: Simon Laflamme)
    • Membre de plusieurs comités de thèse de maîtrise
    • Président de divers comités à divers niveaux (affaires francophones, École des sciences de l’activité physique, enseignement en français, Acfas-Sudbury…)
    • Rattrapage au vol de l’Acfas-Sudbury que Maurice Aumont voulait initier, mais qui est décédé entre-temps. Pour pallier à de telles situations, j’ai rapaillé un ensemble d’informations éparses en un dossier cumulatif transmissible, de ma présidence à toute ultérieure présidence, ce qui a permis aussi d’instaurer la Journée du savoir qui a par la suite gagné en ampleur et permis maints exposés entre maintes personnes (autant enseignantes et chercheuses qu’étudiantes) de maints départements et parfois aussi d’ailleurs que l’Université Laurentienne, tout en créant des Actes les compilant et étant publiés avec la collaboration de l’Institut Franco-Ontarien (IFO)

    Ailleurs, avant l’Université Laurentienne (en tant qu’auxiliaire à l’enseignement et/ou à la recherche) :

    • 1990-1991 : Université d’Ottawa – Auxiliaire à l’enseignement: Raison logique et pensée critique
    • 1991-1992 : Université d’Ottawa – Assistant de recherche: bibliographie analytique sur l’éthique du sport
    • 1984-1992 : Membre du GRISSA (Groupe de Recherche Interdisciplinaire sur le sport), principalement localisé au Collège Dominicain d’Ottawa. Documents produits et présentés au sein de ce groupe (1985-1993) :
      • Une analyse détaillée du livre de Fraleigh « Rights Actions in Sport: Ethics for Contestants » (automne 1992)
      • Une double échelle évaluant le rapport éthique de l’homme au sport dans le contexte nord-américain (hiver 1992)
      • Le sport commercial (hiver 1991)
      • Qu’est-ce que le sport aujourd’hui? Le contexte socio-historique du concept de la logique sportive (hiver 1990)
      • L’éthique sportive: une réponse au rapport Dubin (automne 1990)
    • 1985-1989 : Université de Montréal – Auxiliaire à l’enseignement :
      • Philosophie du sport
      • Épistémologie et pratiques professionnelles en activité physique (incluant aussi un cours de révision hebdomadaire)
      • Épistémologie et activité physique
    • 1990 : Université d’Ottawa – Travail à l’accueil et, partiellement, à l’organisation du Colloque international sur la Renaissance
    • 1987-1988 : Université de Montréal – Animation du cours « Milieux professionnels en education physique »
    • 1987 : Participation « The Eighth Annual & Sixth International Conference on CRITICAL THINKING and EDUCATIONAL REFORM », Sonoma State University, California
    • 1986 : Université de Montréal – Travail à l’accueil, Colloque portant sur la femme, ACFAS
    • 1983-1984 : H.L.M. (Montréal) – Cours d’éducation physique auprès de personnes âgées
    • 1982 : Université de Montréal – Étude comparative du mouvement entre des enfants et des personnes âgées (vidéo) (école primaire, H.L.M.)
    • 1981 : Scarborough College (Toronto) – Cours utilisant le mouvement, dans le cadre de l’apprentissage du français comme langue seconde
    • 1980-1982 : Ville de Laval – Éducateur: Centre d’accueil Cartier (pour jeunes délinquants)
    • 1982 : École Notre-Dame, Montréal – Stagiaire en enseignement
    • 1975-1979 : Québec – Enseignement du judo, Clubs, activités parascolaires
    • 1970-1978 : Camp École Keno, comté de Portneuf, Qc – Responsable de l’activité canotage ; Responsable d’expéditions de canot-camping

    Autres activités :

    • Ceinture noire (3e Dan) au judo
    • Sauveteur (natation)
    • Instructeur de natation (Croix-Rouge)
    • Société Royale de Sauvetage Canada (SRSC) – Médaille de bronze (n.b.: ces qualifications en natation ne sont plus valides)
    • Enseignement de la natation (et du tir à l’arc) au Camp école Keno
    • Psychanalyse : de janvier 1985 à avril 1987
    • Stage portant sur les chaînes musculaires : automne 2000
    • Études en ostéopathie : de septembre 1986 à juin 1989
    • Pratique de danses modernes (principalement avec contact-pivot-gravité, 1980-1984)
    • Fréquentation du Centre de développement humain intégral à la même époque

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  • S’y mesurer à sa fantaisie jusqu’en ses affections par des doubles actions spécifiques universalisables

    Par-delà l’éphémère Société des Nations issue de la 1re Guerre Mondiale, l’ONU naît de la 2e Guerre Mondiale et perdure au gré d’une vie internationale interétatisée acceptant d’y autonomiser une fraction géopoliticoéconomique d’elle-même et favoriser un processus décisionnel-opérationnel d’ensemble rendant mieux possible ses principales missions : la quête de paix et de sécurité, même si noyautée par son CPS, mais aussi le développement humain d’autant appelé à s’intégrer l’humanitaire, le développement durable et les droits humains que mieux mis en œuvre si l’Assemblée générale se dote à cette fin d’un Conseil Indépendant (CI) de son CPS. Le développement humain se conquiert sur son devenir inhumain (jusqu’aux crimes contre l’humanité) qui tend(ent) à s’accentuer au XXIe siècle au gré des tensions interimpérialistes par lesquelles des membres de ce CPS minent l’ONU à la fois de l’intérieur et de l’extérieur. L’humain, jamais individuel que d’emblée aussi social, advient si laborieusement à sa propre conscience qu’il ne parvient plus à se sentir qu’en étant toujours plus médiatisé et investi dans les affections de sa fantaisie (désirant ce dont jouir et craignant ce qui afflige et endolorit) au ressort d’une image de soi qui est d’emblée en interface avec le réel mais plus ou moins consciente, selon qu’il s’en éveille et émerge tant à sa raison que s’en rend apte à s’assainir en toute idéation jusqu’en sa logique ou, tout à l’inverse, tant y sombre et s’y enlise qu’enraie jusqu’à sa raison se figeant idéologiquement pour renforcer quelque hégémonie, a fortiori impérialisme. Un cercle mène de la domination entre deux termes et de l’un à l’autre, par la marxienne lutte des classes dont tirer un utopique renversement, à l’innovante notion gramscienne d’hégémonie entre plus de deux termes. Cette relative et non plus absolue prédominance reflue néanmoins par moindre relativité et tend à se renverser et durcir en restaurant une domination plus unilatérale et en cherchant à s’étendre par impérialisme, mais en tension interimpérialiste selon quelle hiérarchisation s’instaure et se met à prévaloir jusqu’en les moindres puissances à risque de s’y trouver encarcanées bien malgré elles.

    Cette tension géopolitique surgit de l’incessante double émergence de la conscience, d’immédiate en situation à autobiographique d’où s’instaure une conscience de soi seule pensante. En jaillit, avec la capacité de s’apercevoir, la conception que l’humain peut avoir de lui-même. Comme tout ce qui est porté au concept, l’humain s’inclut l’humain et l’inhumain, dont les crimes contre l’humanité qui sont le fait d’humains contre d’autres humains qu’ils ne privent de leur humanité qu’en s’en déshumanisant eux-mêmes. Ses voies peuvent être indirectes. L’illustrent l’expérience de Milgram, d’où surgit L’homme programmé (et la tendance à s’externaliser et s’asservir robotiquement par plateformes numériques interposées), et le procès d’Eichmann, d’où Arendt a mis au jour le processus de banalisation du mal. De plus usuels tabous filtrent d’avance tout ce qui peut se dire et qui fait que dire n’en est plus que paraître dire et n’est plus que tout au contraire taire, voire faire taire. L’exacerbe l’écart abusif de puissance se sacralisant par hiérarchie (commandement sacré) qui non plus tant s’ouvre que s’enferme en elle-même comme d’où s’imposer et laminer toute sous-jacente hiérophanie (manifestation sacrée), a fortiori tout hiérophante la faisant resurgir de sous un tel refoulement à même ce qui est le plus sacré pour toute société humaine, à savoir le lien qui se tisse entre ses membres et qui la constitue en instaurant d’autant ce qui leur est commun que s’intériorisant et se cultivant en tout un chacun, si humain que jamais individuel que d’emblée ainsi social. Puis cet écart abusif de puissance se sacralise d’autant hiérarchiquement qu’impérialistement par la guerre préventive unilatéralement décrétée pour imposer quelque procès d’intention et prévenir de dites menaces futures, indépendamment de tout droit international interétatisé, dont l’onusien. S’étant crus inatteignables et pouvoir s’en prendre unilatéralement à qui que ce soit d’autre, le traumatisme de l’attentat terroriste du 11 septembre 2001 fait que les États-Unis instaurent cette doctrine depuis le début du XXIe siècle, de l’Irak (2003) à l’Iran (2025-2026). Le principal traumatisme n’est pas tant l’attentat terroriste subi que de ne plus être seul à s’imposer unilatéralement jusqu’à terroriser qui que ce soit d’autre au point d’y prendre plaisir par cruauté. En subir un en retour fait que ce qui en a été longtemps refoulé vient hanter. Ce crime de lèse-majesté s’empire par conjointe mise au jour du terrorisme vicarialisé et instrumentalisé implantant la dictature d’États dont tirer profit. Il s’aperçoit refluer, rebondir et se retourner contre soi à sa source, alors que s’étant entre-temps affiché partout démocratique, tant que cela restait entre-soi, entre dites démocraties déjà constituées et surtout pas avec de nouvelles venues plutôt à écraser. Il est crucial de s’apercevoir que ladite civilisation des mœurs (selon Élias) s’est le plus souvent euphémisée, non seulement par un monopole de la violence légitime par les États, mais par une sous-jacente et perdurante violence devenant toujours plus indirecte et subrepticement opérante, de l’antique esclavage (y compris jusqu’en la démocratie athénienne) au médiéval servage féodal, puis l’impérialiste colonisation mondiale en ses deux grandes vagues, du seuil de la Modernité (avec résurgence esclavagiste) au XIXe siècle qui clame l’annihilation en cours et la substantifie sous figure de nihilisme matérialiste. C’est le seul dont ledit Occident est capable. Il est d’autant ignare de l’autre, qu’est le nirvanique nihilisme divin dit d’Orient, qu’il l’inverse et saccage tout par entrechoc entre monothéismes absolutistes étatiquement transfusés. L’écart développemental technologiquement serti s’impose (principalement par les États-Unis) au XXe siècle et enfin, au XXIe siècle, l’entrechoc interimpérialiste comporte ses propres écarts de puissance et démultiplie tous azimuts, depuis les États et a fortiori l’interétatique, un tel sous-jacent écart développemental, seul plus près des mœurs et des nations, voire de l’international plus véritable, dont l’onusien. Il ne reste plus qu’à s’étonner que les démocraties soient en chute libre au profit des autocraties à travers la planète et que l’institut suédois V-Dem déclasse les États-Unis de démocratie libérale en démocratie électorale, bref de façade, sans souligner cet arrière-fond hypocrite s’y révélant, tant ce que les États-Unis faisaient ailleurs s’est mis à s’y intérioriser.


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  • PROPOSITION À L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DE L’ONU : UN CONSEIL INDÉPENDANT DE SON CONSEIL PERMANENT DE SÉCURITÉ POUR DEVENIR ELLE-MÊME AUTONOME

    Proposition à l’Assemblée générale de l’ONU :

    Que l’Assemblée générale de l’ONU se déclare avoir priorité sur son Conseil Permanent de Sécurité (CPS) et qu’elle se dote d’un Conseil Indépendant (CI) de ce CPS dans les meilleures limites possibles comme d’où, à la fois, travailler à mieux l’intégrer au fonctionnement du Comité de Sécurité (CS) plus large et l’en faire contribuer à l’instauration de sa propre géopolitique autonome d’autant mondialement commune qu’apte à se référer et s’ajuster à sa géophysique.

    a) Ce Conseil Indépendant doit pouvoir articuler et intégrer diverses informations issues de diverses organisations onusiennes en vue de conseiller l’Assemblée générale.

    b) Il doit ainsi remplir son mandat qui est de donner la meilleure version possible des propositions faites à l’Assemblée générale de l’ONU en vue d’agir de la façon la plus démocratique possible et selon les limites de ses moyens propres autant sur des actions internationalement en cours les plus problématiques que d’abord sur le langage même par lequel pouvoir en parler et devant être sis sur la géophysique explicitement mise de l’avant comme tronc commun référentiel sous-jacent à la géopolitique.
    Bref, il doit faire que toute formulation géopolitique ne biaise pas de façon partielle et partiale et s’ajuste plutôt à sa sous-jacente formulation géophysique pouvant être plus référentiellement commune. Conséquence immédiate: toute information ne peut être top-down qu’incessamment contextualisée bottom-up pour s’y valider en temps réel et mène à une double action correspondante s’instaurant selon un processus d’autant propice à sa démocratisation que sa géopolitique s’ancre en sa géophysique.

    c) À terme, le CPS serait appelé à ne plus jouer qu’un rôle toujours plus relativisé et, ultimement, à être abandonné sous sa forme actuelle, car exigeant d’être profondément renewed et de mieux circonscrire sa capacité autrement indue de tant noyauter que contrer les décisions de l’ONU et de l’en paralyser autant à l’interne qu’à l’externe, du fait des actions impérialistes de trois de ses États membres (États-Unis, Russie et Chine) à l’échelle mondiale.

    Il faut bien noter que les impérialismes britannique et français ont été déclassés et largement accaparés par l’impérialisme étatsunien depuis la Deuxième Guerre mondiale. Pour y faire face, le Royaume-Uni, malgré son Brexit, et la France se solidarisent davantage avec l’Europe, d’ailleurs aussi aux prises avec les deux autres impérialismes, par la pression militaire russe en Ukraine et la pression économique chinoise. La dynamique transatlantique de l’Euroaméricain moderne, depuis la Renaissance, avait colonisé la planète entière et culminé en l’hégémonique Empire britannique, mais n’est marquée par l’impérialisme étatsunien l’ayant déclassé et n’ayant pris sa relève qu’en s’étant depuis lors doublé des deux autres impérialismes majeurs, à savoir russe et chinois, à l’échelle panplanétaire, sans parler d’impérialismes plus régionaux.

    Il est crucial de s’apercevoir que si l’ONU et son CPS ont coémergé au sortir de la Seconde Guerre mondiale, l’ONU ne peut devenir autonome qu’en se mesurant à son CPS qui l’invalide autant de l’intérieur que de l’extérieur, au gré des impérialismes panplanétairement pervasifs et a fortiori de leur capacité à biaiser de façon partielle et partiale le langage au ressort de la formulation des problèmes à aborder à l’échelle mondiale.

    d) À terme, serait conjointement à instaurer une véritable monnaie d’emblée internationale, en l’occurrence onusienne, donc non soumise à une hégémonie indue de la monnaie d’un pays, comme depuis Bretton Woods, ou à un ensemble concurrent de monnaies s’en détachant, depuis le XXIe siècle. Se constituerait le coup d’envoi d’une révision générale des institutions mondiales au fur et à mesure que s’instaurerait leur interrelation en une nouvelle dynamique d’ensemble. Ce tiers système monétaire n’étant plus international qu’onusien se contextualiserait d’emblée dans le système institutionnel mondial qui, certes, déborde l’ONU, mais dont l’ONU cherche à améliorer le développement selon ses grandes missions d’ensemble: améliorer le développement humain et lui créer les conditions les plus propices par la paix mondiale.

  • Introduction

    Le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a lancé le 11 mars 2025 une réforme de l’ONU pour les prochaines 80 années. L’initiative ONU80 a créé un groupe de travail. Réduire les coûts, réviser les mandats et refondre les structures par la fusion d’agences en quatre départements principaux (paix et sécurité, affaires humanitaires, développement durable et droits humains-encore dits droits de l’homme-) sont à l’ordre du jour. Des États ne versent pas complètement et à temps leurs contributions (dont les États-Unis avec 4 milliards en suspens, soit 90% des arriérés du budget ordinaire de l’ONU) ou réduisent leur support (dont les États-Unis réduisant leur engagement pour l’aide humanitaire de 11 à 2,7 milliards, mais restant le principal donateur), ce qui accentue d’autant l’exigence de gains d’efficacité et d’optimisation des ressources. Les États-Unis, à eux seuls, forcent une telle réforme, en plus de tendre à conditionner les fins auxquelles allouer les moyens financiers rendus disponibles. La crise des liquidités, les déficits croissants font leur œuvre. Le budget de l’année 2026 adopté par l’Assemblée générale est en baisse de plus de 7%. La gestion conditionne paix-sécurité et développement humain. Des plaies lancinantes perdurent, dont l’Afrique spoliée par des injustices structurelles politiques amplifiées par l’architecture financière mondiale actuelle (prêts bancaires, etc.) et son absence de siège au Conseil de Sécurité (Guterres y privilégie le Nigeria). Le partenariat ONU-UA (Union Africaine) reste une priorité.

    Le problème est-il suffisamment bien identifié ? Suffit-il d’appeler incessamment à une réforme du Conseil de Sécurité, si sans l’étendre au Conseil Permanent de Sécurité (CPS) en son cœur qui contribue si régulièrement à invalider les actions de l’ONU, autant de l’intérieur, par simple veto de l’un ou l’autre des cinq États le constituant, que de l’extérieur par des impérialismes (étatsunien, chinois et russe) devenus débridés à l’échelle planétaire ? Comment ne serait-ce que se mesurer au tabou empêchant même d’en parler? Sans mieux cerner et identifier le principal problème de ce qui invalide et empêche l’ONU d’être mieux fonctionnelle, quelle peut être la véritable portée de la réforme envisagée ?

    Le présent livre cherche à concrétiser une voie déjà signalée par une historienne et spécialiste des Nations Unies: « nous n’avons pas encore vu des pays franchir cette étape et s’engager réellement à réformer l’ONU. Il existe une campagne, en cours, autour de l’article 109 de la charte de l’ONU, qui prévoit la tenue, tous les dix ans, d’une conférence de révision de la charte. Or cela n’a jamais eu lieu depuis 1945. » « J’aimerais voir davantage de pouvoir confié à l’Assemblée générale plutôt qu’au Conseil de sécurité. »1 Puis-je ajouter confié à l’Assemblée générale en priorité plutôt qu’à son CPS, si pour pouvoir s’étendre vraiment au Conseil de sécurité plus large. Depuis l’Assemblée générale, l’ONU a le mieux manifesté son dynamisme politique, car constituant le meilleur baromètre de la communauté internationale sur n’importe quelle question… si ne se faisant pas plomber par son CPS. Le Sud global y est plus nombreux et en tension avec ledit Occident, non seulement avec les préoccupations européennes face à l’Ukraine sur lesquelles il n’a pas voulu se prononcer, mais au premier chef avec les États-Unis où sa Charte a pourtant été signée en 1945. Le logo du Conseil de la paix à Gaza de Donald Trump fait figurer les États-Unis au cœur de l’Amérique du Nord alors placée au centre du monde et y ramène tout à l’hyperindividualisme étatsunien s’exacerbant en son propre ego. Le logo onusien, déjà centré sur le pôle Nord et en projection azimutale équidistante, s’y déforme et réifie, voire inspire les platistes. Comment l’humain, individu d’emblée social, peut-il instaurer un dialogue entre sa part sociale, si manifeste par son assemblée onusienne, et sa part individuelle qui, si elle ne s’y ouvre, ramène tout à sa seule fantaisie ? Comment ce développement humain s’inscrit-il en la paix mondialement promue censée le favoriser, selon les principales missions de l’ONU ?

    En vue de cerner ce qui me semble être ce principal problème en même temps qu’instaurer une approche pour l’aborder et le solutionner, je propose à l’Assemblée générale de l’ONU de créer un Conseil Indépendant (CI) de son CPS et d’en rendre ainsi sa géopolitique d’autant autonome qu’apte à se référer et s’ajuster à sa géophysique pouvant en être internationalement commune, puis de se mesurer à sa fantaisie pour bien cerner les critères menant à choisir ses représentants pour le constituer, selon des doubles actions (spécifiques et universelles) à cibler, et enfin, de lister des exemples d’autres telles doubles actions. S’y inscrit le cas de la géopolitique constitutionnelle canadienne et québécoise.


    1 Interview de France 24 auprès d’Alanna O’Malley suite à l’article de Paul Millar, https://www.france24.com/fr/amériques, Le Conseil de la paix, « reflet de l’ego de Trump », vise-t-il à remplacer l’ONU? 19/02/2026.


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