Banniere Yvan Morin
Table des matières

Auteur/autrice : super_admin

  • 5) Représentant issu de l’Océanie et Représentant issu des peuples autochtones

    Au moment d’aborder la question d’un représentant de l’Océanie et a fortiori d’un représentant des Premiers Peuples se faisant Premières Nations à l’échelle panplanétaire, il faut rappeler que la plus tardive vague colonisatrice européenne, au XIXe siècle, a lourdement impactée, par-delà les Amériques, jusqu’à l’Afrique profonde, l’Asie (dont les deux guerres de l’opium contre la Chine) et l’Océanie. En a aussi jailli, avec la question sociale alors si pervasive (chez Marx, Durkheim, etc.), la problématique de sociétés dites primitives, à savoir de Premiers Peuples comme de telles Premières Nations (sans États, mais prises malgré elles dans des États), alors que les États basculaient de monarchiques en États-nations, surtout depuis la Révolution française, et qu’en émergeait la conjointe Déclaration des Droits de l’Homme (de la Personne), qui se dénommerait mieux des Droits humains (tout humain étant individu d’emblée social) pour mieux rejoindre l’un des piliers de l’ONU. Lors des années 1960, les révolutions sociales se radicalisent: le Blanc sait qu’il y a le Jaune et s’aperçoit vivre des retours vigoureux du Noir et du Rouge, en plus de ses propres mouvances adolescentes faisant sauter maints verrous de ses propres autorités traditionnelles. Dès le XIXe siècle, l’évolutionnisme (selon ses trois facteurs usuels de populations en compétition pour les ressources, ascendance et sélection naturelle) se trouve plombé, de sous la pervasive question sociale, par la question raciale, dont l’arc-en-ciel de ses couleurs est devenu saillant de sous tout déploiement culturel dont prétendre qu’il n’est plus tant sociogénéré que d’emblée transposé en ethnie ainsi rendue ethnoraciale. Or, tout repère socioperceptif fait trait socioclassificateur se met à risque d’être sociodiscriminant et de faire glisser et réduire la lutte des classes sociales en luttes ethnoraciales. S’occulte que la culture se sociogénère avant qu’ethnoracialise, si elle ne s’y lamine en s’y faisant accroire multiculturelle. Le tout s’enreligiose. La convergence dite moyen-orientale en recrée un point pivot mondial en mal-être de pouvoir s’équilibrer. Retour des sources bien plus qu’aux sources, par où l’humain est sorti et a évolué hors d’Afrique, puis s’y est ensuite adonné à faire virer les religions en monothéismes en train de s’y entrechoquer violemment comme autant de fers de lance de maints grands filtres idéologiques, tous Patriarcaux, Ethnoracisants jusqu’à tant s’en Ethnoracialiser que monopoliser l’ethnoracisation, a fortiori l’ethnoracisme, pour le projeter et l’attribuer en tiers et s’enreligioser tels. Même la Chine s’est intégrée, sur le perdurant arrière-fond taoïste et bouddhiste, maints monothéismes.

    L’Australie est passée près de reconnaître constitutionnellement les Premières Nations, mais le Référendum s’annonçant pourtant gagnant a été finalement perdant. Cette occasion ratée, qui aurait pu être exemplaire au point de servir de laboratoire pour la planète entière, est à relancer, si possible. Au Brésil, le retour de Lula a permis de porter le débat sur le droit à la terre des Autochtones jusqu’en Cour suprême où il a été gagné et qui a permis de commencer à autonomiser des Réserves et de tenir compte des expulsions qui avaient auparavant été forcées, si pour y remédier. Au Pérou, Cuzco a été construit de façon à être le repère terrestre de l’axe d’inclinaison de la Terre jaillissant du sein de la Chacana et s’apercevant faire angle en la céleste Croix du Sud qui, avec l’étoile Polaire au Nord, passe par l’axe de rotation de la Terre et se retrouve sur maints drapeaux de pays de l’hémisphère sud. S’y combine, jusqu’en Amérique du Nord, une conception de la Terre-Mère sensible à son déploiement magnétique, même s’il peut s’inscrire dans la physique moderne y mettant au jour l’enjeu gravitationnel, de la cinématique galiléenne à la cinétique newtonienne et enfin, la relativité einsteinienne doublée de l’essor quantique d’où reprendre depuis le spin atomique en des masses diversement denses jusqu’à la forge de ce magnétisme. Les Autochtones fournissent des repères perceptifs de ce dont la quête de gravité quantique révèle les ressorts physiques les forgeant, sans aucunement les invalider. Au contraire !

    Quoiqu’il en soit, le représentant de l’Océanie et a fortiori le représentant autochtone (d’où qu’il vienne de la planète) au CI devraient être sensibles à ce genre d’expériences cherchant à renouer avec l’humanité de l’humain jusqu’en ses origines et en reconstituer avec le droit à la terre, le sens de l’appartenance à la Terre-Mère dont alimenter l’humanité entière en son sens géophysique sous-jacent à toute et quelque sens géopolitique que ce soit. Du moins, si celui-ci est pour s’y repérer et ajuster plutôt que seulement s’y plaquer idéologiquement et ne plus tant l’en réifier, par ce qui tombe sous son emprise, qu’en refouler tout le reste, avec les peuples autochtones s’en faisant le véhicule. C’est le véritable enjeu derrière la critique autochtone de ladite Terra nullius ayant cherché à légitimer de s’emparer des territoires qu’ils habitaient et de les en refouler comme s’il n’y avait aucun habitant (car se disant y appartenir, non la posséder au point de la découper), hormis les colonisateurs y arrivant (et fort possessifs).


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    L’interface entre peuples de la Terre, physique et physiologie


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  • 4) Représentant issu de l’Afrique

    Au moment d’en venir à une représentation de l’Afrique au CI, rappelons que l’évolutive sortie humaine d’Afrique est passée par le Moyen-Orient dont a germé les initiales grandes civilisations, jusqu’aux égyptienne et mésopotamienne, puis l’interface zoroastrienne qui, comme toute première religion du salut, a débordé autant en Inde qu’en les monothéismes initialement méditerranéens. Bref, encore une fois vers ledit Orient et ledit Occident et ce, en constituant en ce Moyen-Orient la Palestine comme lieu de passage, voire d’entrechoc. Il n’y a eu de sortie d’Afrique vers l’Europe et l’Asie (puis l’Océanie et les Amériques) que via le Moyen-Orient. La région a été, est restée et est encore explosive, à force d’une incessante dilatation accélératrice de civilisations s’y interfaçant, succédant et entrechoquant (un peu à la façon de l’expansion diversement accélérée de l’univers matériel depuis ledit Big Bang). Il est d’autant problématique de parler et prendre en compte l’Afrique, en son incessant afflux humain (la rendant déjà plus sociodémographiquement nombreuse, en son ensemble, que la Chine ou l’Inde), qu’elle est prise entre cette tendance explosive dudit Moyen-Orient et la pénible histoire esclavagiste qui l’a affligée et dont elle a fait les frais en tiers lors de l’expansion transatlantique d’Europe aux Amériques. Une philosophie africaine, en particulier égyptienne, est à peine en train de s’autonomiser. Son expression profonde, dont l’ubuntu en tant qu’individu d’emblée collectif, est l’inverse de l’individualisme promu par les sociétés dites occidentales, a fortiori de l’hyperindividualisme étatsunien, si ce n’est en sens totalement inverse, en figeant le social jusqu’à l’imposer tel jusqu’en les individus le composant, comme en Chine. Comment dialoguer avec ceux qui ne nous parlent qu’à l’envers de nous-mêmes, voire selon deux orientations inverses entre elles venant nous en pourfendre jusqu’à nous en dissoudre, et qui risquent donc de nous refouler incessamment en notre identité ? Immense problématique. Sa politique ne peut s’affirmer avec des États un tant soit peu stables qu’en émergeant des nations aux interfaces encore fort flottantes et aux prises avec leur émergence de Terre. Comme l’a établi Le Quellec, les grands mythes sont et se sont diffusés comme ceux d’abord d’émergence avant de plongée cosmique s’y étant ajoutés au Nord. On peut en apercevoir l’écho jusqu’en la tension contemporaine entre les riches pays nordiques et ledit Sud global, si s’apercevant que les mythes se sont décalés et transposés en idéologies. Depuis l’inflexion de l’imaginaire, des mythes (pansociaux) à la fantaisie (plus individuelle, jusqu’à l’individualisme), a pu émerger et s’expliciter autant la raison que sa croisée des chemins, selon que s’éveillant ou s’enlisant en cette fantaisie et que, respectivement, s’en assainissant en son idéation jusqu’en sa logique ou s’en bloquant et braquant idéologiquement selon quelque hégémonie, a fortiori son impérialisme3, de la 2e Grande Guerre au XXIe siècle, surtout si l’ONU s’y mesure à son CPS par un CI dont son Assemblée se doterait.

    Là où les États-Unis trumpiens cherchent à commercialiser jusqu’à Gaza, sous façade d’un plan de paix censé s’implanter sans impliquer les Palestiniens arabes, et à juguler tout le Moyen-Orient pour assurer les voies commerciales (dont celle du détroit d’Ormuz et du pétrole censé y être d’emblée pétrodollar), la Chine en prend le contrepied et libère de tout frais douanier tous les pays africains (ou presque tous). Cette intensification des échanges commerciaux risque de drainer lesdites voies commerciales, dès que s’éloignant un tant soit peu des fortunes colossales amassées par les pays arabes pétroliers en quête d’hégémonie régionale. Encore une fois, les deux impérialismes vont s’entrechoquer, tant leur mise en miroir usuelle ne les en fait opérer en des sens inverses que depuis leur souche africaine.

    Chose étrange que la façon trumpienne d’invalider l’ONU en armant Israël et en le laissant bloquer jusqu’à toute aide humanitaire onusienne, d’une part, et de faire voter par le CPS (avec abstention de la Chine et la Russie) et par le CS élargi de l’ONU un plan de paix mis sous férule trumpienne faisant accroire que l’ONU, pourtant invalidée, en serait rendue viable à l’avenir, d’autre part. Vraiment une étrange chose qu’un pis-aller, construit de toutes pièces, soit dit la voie de l’avenir. Le précédent trumpien attise la crainte d’une déchéance de l’ONU en s’y substituant. Le leurre se révèle:

    « Au départ, cette institution avait été proposée dans le cadre de l’accord de paix pour Gaza, approuvé par le Conseil de sécurité des Nations unies. À l’époque, il semblait qu’elle serait limitée à cette crise, et non destinée à devenir une structure permanente traitant d’autres crises. On constate maintenant qu’il y a eu un effort américain pour inscrire institutionnellement la puissance mondiale des États-Unis dans une organisation qui sert plus directement leurs intérêts. »4

    Si les membres du Conseil de Sécurité élargi ont pu en parler et se le faire accroire à eux-mêmes, c’est soit qu’il leur fallait souhaiter que le bizarre plan trumpien puisse faire aboutir la paix recherchée, soit que la contrainte mise en scène par ledit style transactionnel trumpien a pleinement joué au point de faire s’y plier, soit que l’intériorisation de l’idéologie (comme en la citation ci-haut d’un « effort américain », selon laquelle l’étatsunien est l’américain) peut tant s’immiscer tel en toutes les têtes à travers la planète que faire s’y reproduire avec ce discours tout autre le prolongeant, soit le leurre était si pleinement opérant qu’incitait à se faire accroire à une étape transitoire plutôt qu’à une main mise, soit que la vague mention de deux États (Palestinien (Arabe ?) et Israélien) faisait mirage dans le désert si longuement parcouru, soit par aveuglement total à ne pas vouloir voir le lien flagrant tissé par des États-Unis armant Israël non seulement contre le Hamas de Gaza (sans jamais que le néosionisme, d’étatsunien à israélien5, mentionne avoir favorisé la création du Hamas pour assassiner le Fatah et s’assurer ainsi de constituer la Palestine arabe en terroriste, en profitant de l’attaque terroriste du World Trade Center aux États-Unis à cette fin, depuis Ariel Sharon, jusqu’à sa pleine autoréalisation prophétique en octobre 2023 sous Netanyahu qui avait continué à financer à cette même fin le Hamas, s’étant alors plutôt attaqué à Israël), mais aussi contre l’ONU (dont son aide humanitaire à Gaza s’en trouvant bloquée, si ce n’est attaquée par des groupes financés par Israël pour à la fois contrer le Hamas et toujours plus désorganiser tout Gaza), d’un côté, et venant tirer les marrons du feu (une fois encore contre l’ONU en faisant jouer jusqu’à son Conseil de Sécurité contre lui-même lors du vote pour ledit Conseil de la paix), de l’autre.

    Toutes ces éventualités sont possibles, mais celle du lien flagrant pourtant d’autant forcenément occulté pour ne pas le laisser transparaître mérite attention, même si seuls une véritable prise de conscience et un aveu clair de la part des personnes concernées (d’avoir été réduites à l’impuissance par les États-Unis trumpiens qui ont pu les en spolier à leur propre profit de la mission qui aurait pu et dû être onusienne) pourrait vraiment clarifier ce qu’il en est et risque d’en être à l’avenir si faute d’y procéder, se répétant.

    En arrière-fond, il y a l’adhésion étatsunienne trumpienne au retour de la notion des sphères d’influence faisant se partager la planète avec la Russie et la Chine, voire avec l’axe de la résistance qu’elles constituent avec l’Iran, si ce n’est la simple admiration de régimes à propension autoritaire, si différents soient-ils, entre eux. La difficulté trumpienne est que sa soif de concentrer les pouvoirs se trouve encore limitée par un certain coefficient de ce qui de la démocratie étatsunienne, si délabrée soit-elle, perdure et les maintient séparés. Certes, dans le cas de son Conseil de la paix à Gaza, il est possible d’y apercevoir l’œuvre de l’ego trumpien et de ses aspirations autocratiques:

    « Les termes de fonctionnement prévoient qu’il en serait président à vie et disposerait d’un droit de veto sur toutes les décisions majeures. C’est pour lui le moyen de se garantir une position de suprématie dans les affaires mondiales, même après avoir quitté ses fonctions à la présidence des États-Unis. C’est en grande partie un projet personnel, ce qui en limite d’ailleurs la crédibilité »6

    et l’efficacité. Il ne faut pas perdre de vue qu’il s’agit d’abord d’une exacerbation de la tendance hyperindividualiste étatsunienne s’enquérant de sa part en lesdites sphères interimpérialistes d’influence, en s’y区分ant de celles issues de Russie et de Chine, voire en pouvant éventuellement, via l’Iran auquel s’attaquer et les atteindre plus indirectement, les en refouler, mais non sans que les pays arabes s’aperçoivent de la faible capacité des États-Unis de tenir compte de ce qui peut s’ensuivre (si de l’Irak déchu a surgi Daech, que peut-il surgir de l’Iran ?). What is a self-made man if it is without its self-made planet at his own image …and if not able to make reality to fit in it? Même Dieu n’est créateur que du monde lui correspondant et seulement si lui correspondant. Il ne lui manquait qu’un tout nouveau temple de chair humaine introduisant un tout nouveau Messie qui, contrairement au Christ, ne fait plus aucune différence entre Dieu et César. Prier pour les monothéismes qui ont tous germé du Moyen-Orient et qui se trouvent sous emprise de ce nouveau Temple et de son culte! Alors que la Cour suprême vient de l’ébranler en son pays et de l’en ramener un tant soit peu sur Terre.

    Quant au cas lui-même, il est de part en part schizophrénique: la Palestine arabe est totalement occultée et évacuée (avec toute solution à deux États, sauf évocation purement nominale sans aucun engagement concret) et n’apparaît plus que totalement déchirée au fur et à mesure que l’accent exclusif du plan trumpien de paix sur seulement Gaza se conforte et se renforce en sous-main d’exactions accrues en Cisjordanie, dont Gaza a longtemps été l’exutoire émigratoire, faute de pouvoir la forcer davantage vers l’extérieur (contrairement à ce qui en est possible lors de la mise en œuvre de ICE, Immigration and Customs Enforcement, aux États-Unis par Donald Trump et c’est bien là le drame néosioniste, non seulement étatsunien, mais a fortiori dans le clan de Netanyahu ne pas pouvoir procéder à la même purge sans que ça passe pour du nettoyage ethnique). Bref, l’effet d’entonnoir s’y accentue: pression migratoire d’une Cisjordanie toujours plus morcelée en Gaza (mais étant donné son état, ne serait-ce pas préférable ailleurs ?) et refoulement concentrant la population civile de Gaza vers Rafah au sud et au plus près de la frontière égyptienne avec destruction de quartiers entiers, voire de villes entières dans tout le pays. Bref, par effort étatsunien et israélien concerté et plus néosioniste l’un que l’autre, il y a dé-/re-construction totalement tutellisante de quelque Palestine que ce soit, dès qu’arabe. Sinon, en s’effaçant, Palestine appelée à n’être plus que néosioniste, car le sionisme s’est radicalisé et exige dorénavant que Israël s’étende et s’intègre la Palestine entière, donc sans quelque Palestine arabe ou, si vous préférez la version inverse, sans Arabes en Palestine, si ce n’est peut-être des Arabes intégrés à la Palestine, elle-même intégrée à Israël, la lutte des classes sociales s’intériorisant en lutte des ethnies avec surdéterminante harmonie préétablie et massifiante de l’une sur l’autre, dans le soi-disant meilleur des mondes possibles (disait Leibniz, mais ironisait le Candide de Voltaire). Pour le néosioniste (d’étatsunien à israélien), la seule Palestine possible est la Palestine de part en part israélienne, à tout le moins sous contrôle israélien, par son soutien étatsunien trumpien. Son impérialisme jusqu’au-boutiste ne peut que être totalement assimilationniste, de territorialement à jusqu’aux gens, si arabes, la peuplant. Le sionisme a pu n’être initialement qu’un retour en la terre ancestrale, à savoir la Palestine, où tailler une place à Israël. Toutefois, l’ONU, en particulier par l’impulsion canadienne l’ayant initialement orientée, a totalement manqué la forge de deux États au sortir de la Deuxième Guerre mondiale, en 1945, au profit de ladite partition territoriale, ce qui a mis en totale inégalité de force les deux parties en présence, de sorte que l’une en est venue à ne plus concevoir de Palestine qu’israélienne. Le sionisme comme retour en terre d’Israël s’est estompé pour faire place au sionisme total, autrement dit au néosionisme visant le retour de la terre d’Israël d’avant la diaspora, quitte à être totalitaire pour en être totalisant. Le néosionisme en question ne peut aucunement venir du seul Israël, qui n’en aurait pas les moyens, mais des États-Unis qui, sous Donald Trump, y implantent en un tel sens son dit Conseil de la paix, selon un tel schizophrénant entonnoir, de Cisjordanie (dont d’autant moins parler qu’elle est passée de désannexée de la Jordanie, depuis la guerre de six jours de 1967 pour être occupée, à depuis lors toujours plus grugée, sorte de supplice d’annexion à la pièce au fur et à mesure qu’évinçant sa population au gré de maintes exactions) à Gaza (dont uniquement parler, voire n’en parler que selon le seul Hamas et uniquement depuis que son terrorisme ne se fait plus instrumentaliser, mais se fait choc en retour, la population entière étant à lister dans les dommages collatéraux). Cette schizophrénie assure mieux que ne peut le faire le gouvernement Netanyahou à lui seul le refus de toute solution à deux États (sauf vague évocation ici ou là entretenant son leurre pour mieux s’adonner à tout son contraire). Comprenons bien que, au niveau dit international, mais de fait plutôt interétatique, non seulement il n’y a toujours pas sur la table (a fortiori la Table servie qu’est le Coran pour l’Islam) quelque projet réel d’un État palestinien arabe. La notion de Palestine est de plus en plus l’objet d’un total dialogue de sourds, du fait que ce même mot signifie toujours plus deux sens en si totale divergence que de part en part mutuellement exclusifs, jusqu’à tendre à la destruction mutuelle dont un seul est censé émerger (et prétendre entre-temps que seul l’autre lui est une menace existentielle à éliminer): Palestine, sous-entendue arabe, pour les uns versus Palestine, sous-entendue en son rétablissement judéo-israélien antique (surtout que tout Israël s’est fondu en la seule Judée depuis l’Exil… en Perse), donc d’avant la diaspora pour les autres. Tel est le sens profond du Conseil de la paix de Donald Trump à Gaza: il est conçu de telle façon que le citoyen Donald Trump, même s’il n’est plus un jour le président des États-Unis, s’installe à demeure (sans pouvoir s’étayer de l’armée des États-Unis, s’il n’en est plus président?), si pour y faire perdurer l’acte schizophrénant inaugural depuis sa fantaisiste source vive qui l’entretient.

    La tâche y est encore plus immense et complexe que face à la crise humanitaire cubaine et exige d’autant de reconnaître, mais aussi et surtout travailler ses limits onusiennes. Par exemple, il est évident que ce qui se passe à Gaza est beaucoup plus complexe et pour le moment encore largement hors de portée d’actions efficaces de l’ONU, même quant à la simple aide humanitaire incessamment bloquée et, toujours plus, avec la Cisjordanie conjointement envahie, violentée et forcée à émigrer (vers Gaza, comme autrefois ?), au seuil d’un nettoyage ethnique visant à rétablir une Palestine de part en part uniquement néosioniste et, pour ce faire, plus aucunement arabe, comme si l’Antiquité visée et censée remonter avant la diaspora serait rétablie. Avec la complicité de pays extérieurs, y compris arabes (non les peuples, mais les États en quête d’hégémonie régionale), s’instaure le noyautage étatsunien trumpien de tout le processus de paix, avec lequel cette mouvance néosioniste est d’autant prise pour composer en Israël que l’armant et agréant ses attaques militaires et colonialistes les plus civilement meurtrières. Le tout indique le heurt fort conflictualisant autant des images que des langages mis en jeu jusqu’en les problèmes censés en être représentés et cernés par la façon de les énoncer en se référant à la si difficile réalité en cause. Une telle paix est pire que la guerre.

    Des manières forcenées de faire se correspondent: la guerre serait censée mener à la paix (présumée n’advenir que si forcée et imposed), sa propre vie serait censée exiger d’imposer des conditions toujours plus morbides de vie, de préférence aux autres. Israël harcèle les pêcheurs libanais et tarit les marchés de Beyrouth; l’embargo trumpien déstructure Cuba. Des avions israéliens (de sionistes en néosionistes) aspergent de glyphosate des contrées frontalières à des doses 20 à 30 fois supérieures à la moyenne pour créer dans le sol une zone tampon impropre à la vie végétale, animale et humaine (un crime de guerre, selon l’ONU, sans parler de l’urbicide fait écocide, etc.), tandis que Donald Trump signe en son propre pays un décret promouvant comme nécessaire à la sécurité alimentaire ce glyphosate (selon quel dosage ?) pourtant reconnu par l’OMS être un cancérogène probable, sans parler d’incessants litiges juridiques de plusieurs milliards de dollars révélant que ladite agriculture censée alimenter les gens revient plutôt d’autant à alimenter les hôpitaux et les tribunaux qu’à ruisseler en l’environnement7. L’étatsunienne Monsanto, ayant inventé le Round Up, a été vendue à l’allemande Bayer et lui a refilé son passif juridique. Or, les coûts économiques des litiges juridiques commencent à dépasser la valeur commerciale. Bayer songe à abandonner le produit. Hormis le cynisme, l’usage dosé du produit pour être sans risque et donner le rendement agricole recherché semble être une présomption à confronter à l’usage réel, si pour ne pas transférer et faire peser de façon absurde et ironique le problème de la production (restant inchangée) en la consommation (censée s’y ajuster), dont celle du pain et l’avoine chargés de cadmium en France. Pas plus que les deux avions entrés en collision avec le World Trade Center n’étaient un simple transport de passagers, l’usage selon un dosage non présumément, mais réellement approprié de produits médico-pharmacologiques ou agrochimiques reste à cerner. Le problème n’est pas que scientifique, juridique, perceptif au niveau public et même de prix à la consommation, voire de sécurité sanitaire ou alimentaire, mais en la pratique réelle en ses usages choisis et dosés. L’humain n’est jamais individuel que d’emblée aussi social et ce, jusqu’en économie où, par capitalisme, la valeur d’échange tend autrement à surdéterminer la valeur d’usage sans se soucier et encore moins restituer sa sous-jacente réalité. Cela ne peut se faire sans se mesurer à l’impératif technoscientifique: « C’est faisable! Fais-le donc ! ». L’utilitarisme fait libéralisme s’y radicalise et reploie en sens inverse, de libertarisme en néomercantilisme tronquant le libéralisme au profit du seul utilitarisme à toujours plus lui aussi faire se confondre avec la quête de son seul propre profit et à sa seule fantaisie, jusqu’à la plus cruelle, selon le double standard des deux poids, deux measures s’opérant d’autant à ciel ouvert que la raison cynique se fait crise soi-disant naturelle plutôt que critique la révélant de part en part culturelle, d’où la « cancel culture » tous azimuts (dont celle issue des États-Unis contre l’UNESCO et contre son propre système éducatif, en y plombant tout le système administratif traitant et s’assurant du système financier soutenant les étudiant(e)s). A fortiori si se prolongeant en géopolitique s’enreligiosant comme en le Temple trumpien biaisant tout le devenir menant de Cyrus au Christ et occultant le trait d’union perse entre judaïque et chrétien. Ignorer que nos sociétés capitalistes carburent à l’innovation technologique, voire se font accroire au technosolutionnisme (pour solutionner le nouveau problème créé par la solution au problème initial), est ignorer que son usage (loin d’être toujours utilitaire) est le seuil culturel de son institutionnalisation et pose partout le problème social de l’altérité d’autant intercorporelle que jusqu’en l’intracorporel (tant sa propre diversité constitutive a à s’équilibrer et doser) en tout un chacun. Les limites onusiennes sont aussi saillantes au Soudan et ailleurs. Bref, commencer par la situation cubaine pourrait permettre de commencer à mieux cerner les limites onusiennes et comment les en travailler, si pour éventuellement pouvoir parvenir à traiter de telles situations encore plus hautement problématiques, surtout si déguisant les problèmes pour les faire se transposer de politiques en ethniques, voire religieux, eux-mêmes déjà si sophistiqués, en particulier chez les monothéistes, qu’à risque d’occulter les racines autant profanes que socialement les plus primitives du sacré.


    1 Y. Morin, Ficin et la Modernité, S’élancer avec la Terre au Ciel, une si humaine symbolisation, Paris, L’Harmattan, 2023.

    2 Y. Morin, De quel humain à quel humaniste dans le monde, Le sens de soi, du débat entre Ficin et Pic à Descartes et au XXIe siècle, Paris, L’Harmattan, 2025.

    3 Voir les livres publiés par Y. Morin à L’Harmattan, en particulier Méditations oniriques.

    4 Interview de A. O’Malley, https://www.france24.com/fr/amériques/, Le Conseil de la paix, « reflet de l’ego de Trump », vise-t-il à remplacer l’ONU? 19/02/2026.

    5 Le sionisme préconisait un retour en terre d’Israël. Le néosionisme préconise le retour de l’antique terre d’Israël d’avant la diaspora, alors que la Palestine était israélienne et en rien arabe. Enfin, le néosionisme est loin d’être exclusivement et même d’abord juif. Nixon se déclarait sioniste. La plus grande part des évangéliques et même une partie des catholiques étatsuniens trumpiens ne sont sionistes que néosionistes, sans être pour autant juifs. Bien sûr, les ultraorthodoxes juifs derrière le gouvernement israélien de Netanyahu ne sont sionistes que néosionistes: la Palestine ne peut être qu’israélienne, car n’y retournant plus, mais suscitant son retour, sa résurgence telle qu’elle était lors de l’Antiquité, ce qui se superpose et se confond avec le retour d’un Messie bien de ce monde, à savoir César, mais véhicule de Dieu. Ladite solution à deux États n’est donc aucunement pensable, car s’il peut y avoir un État palestinien c’est uniquement celui intégré à Israël, donc en rien arabe. Penser que le dialogue de sourds pourrait finir est se leurrer: il ne fait que commencer, car les États-Unis, surtout si trumpiens, le sous-tendent et sont là pour le faire perdurer. C’est constitutif du procédé par lequel a pu s’instaurer ledit Conseil de la paix. Comment les pays arabes ayant accepté d’y prendre part vont-ils pouvoir nager dans pareilles eaux ? Certes, un tollé est survenu suite aux propos de Mike Huckabee, l’ambassadeur des États-Unis en Israël, qu’Israël pourrait s’étendre, du fait d’avoir des droits bibliques sur une large partie des terres du Moyen-Orient. Qui s’aperçoit du néosionisme en cause? Qui s’aperçoit que, même si Donald Trump dit qu’Israël ne peut pas annexer la Cisjordanie, ce n’est qu’en parole? Ses actes, fort schizophrènes, ne portent que sur Gaza, donc confortent et laissent en sous-main Israël gruger la Cisjordanie.

    6 Ibidem.

    7 Les changements climatiques favorisent des conditions anoxiques amplifiant en boucle de rétroaction les effets à long terme du cycle du phosphate présidant à son tour à l’eutrophisation (faisant proliférer les cyanobactéries) de la Mer Baltique à risque d’en virer morte. Non seulement des terres, des cours d’eau, etc., mais une Mer entière ! À un moment donné, il faut en venir à s’apercevoir que ladite dose, présumée s’asperger de façon si purement individuelle qu’individualiste, la déborde et s’inscrit en des usages en constituant les pratiques au point de se cumuler et s’avérer d’emblée sociale. L’usage est social, même si l’échange s’instaure de l’offre à la demande plus individuelle, surtout si occultant autant les dosages réels que ce qui s’en agrège et massifie. Tout un paradoxe qu’une Allemagne instaurant son leadership en énergies renouvelables plus écologiques et l’allemande compagnie Bayer empêtrée en leur inverse. S’y ajoute la Grande Ceinture de Sargasses de l’Atlantique constituée d’algues brunes s’étendant de l’Afrique aux Amériques et s’alimentant en azote et phosphore par déversements cumulatifs issus de l’Amazone (Brésil) et du Mississipi (États-Unis). Le tout s’amplifie avec le réchauffement océanique et se conjugue avec la fonte des glaciers en un risque accru de dérive et même effondrement du Gulf Stream, ce moteur de la pompe interocéanique panterrestre.


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    5) Représentant issu de l’Océanie et Représentant issu des peuples autochtones


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  • 3) Représentant issu de l’Asie

    Au moment d’en venir à une représentation de l’Afrique au CI, rappelons que l’évolutive sortie humaine d’Afrique est passée par le Moyen-Orient dont a germé les initiales grandes civilisations, jusqu’aux égyptienne et mésopotamienne, puis l’interface zoroastrienne qui, comme toute première religion du salut, a débordé autant en Inde qu’en les monothéismes initialement méditerranéens. Bref, encore une fois vers ledit Orient et ledit Occident et ce, en constituant en ce Moyen-Orient la Palestine comme lieu de passage, voire d’entrechoc. Il n’y a eu de sortie d’Afrique vers l’Europe et l’Asie (puis l’Océanie et les Amériques) que via le Moyen-Orient. La région a été, est restée et est encore explosive, à force d’une incessante dilatation accélératrice de civilisations s’y interfaçant, succédant et entrechoquant (un peu à la façon de l’expansion diversement accélérée de l’univers matériel depuis ledit Big Bang). Il est d’autant problématique de parler et prendre en compte l’Afrique, en son incessant afflux humain (la rendant déjà plus sociodémographiquement nombreuse, en son ensemble, que la Chine ou l’Inde), qu’elle est prise entre cette tendance explosive dudit Moyen-Orient et la pénible histoire esclavagiste qui l’a affligée et dont elle a fait les frais en tiers lors de l’expansion transatlantique d’Europe aux Amériques. Une philosophie africaine, en particulier égyptienne, est à peine en train de s’autonomiser. Son expression profonde, dont l’ubuntu en tant qu’individu d’emblée collectif, est l’inverse de l’individualisme promu par les sociétés dites occidentales, a fortiori de l’hyperindividualisme étatsunien, si ce n’est en sens totalement inverse, en figeant le social jusqu’à l’imposer tel jusqu’en les individus le composant, comme en Chine. Comment dialoguer avec ceux qui ne nous parlent qu’à l’envers de nous-mêmes, voire selon deux orientations inverses entre elles venant nous en pourfendre jusqu’à nous en dissoudre, et qui risquent donc de nous refouler incessamment en notre identité ? Immense problématique. Sa politique ne peut s’affirmer avec des États un tant soit peu stables qu’en émergeant des nations aux interfaces encore fort flottantes et aux prises avec leur émergence de Terre. Comme l’a établi Le Quellec, les grands mythes sont et se sont diffusés comme ceux d’abord d’émergence avant de plongée cosmique s’y étant ajoutés au Nord. On peut en apercevoir l’écho jusqu’en la tension contemporaine entre les riches pays nordiques et ledit Sud global, si s’apercevant que les mythes se sont décalés et transposés en idéologies. Depuis l’inflexion de l’imaginaire, des mythes (pansociaux) à la fantaisie (plus individuelle, jusqu’à l’individualisme), a pu émerger et s’expliciter autant la raison que sa croisée des chemins, selon que s’éveillant ou s’enlisant en cette fantaisie et que, respectivement, s’en assainissant en son idéation jusqu’en sa logique ou s’en bloquant et braquant idéologiquement selon quelque hégémonie, a fortiori son impérialisme3, de la 2e Grande Guerre au XXIe siècle, surtout si l’ONU s’y mesure à son CPS par un CI dont son Assemblée se doterait.

    Là où les États-Unis trumpiens cherchent à commercialiser jusqu’à Gaza, sous façade d’un plan de paix censé s’implanter sans impliquer les Palestiniens arabes, et à juguler tout le Moyen-Orient pour assurer les voies commerciales (dont celle du détroit d’Ormuz et du pétrole censé y être d’emblée pétrodollar), la Chine en prend le contrepied et libère de tout frais douanier tous les pays africains (ou presque tous). Cette intensification des échanges commerciaux risque de drainer lesdites voies commerciales, dès que s’éloignant un tant soit peu des fortunes colossales amassées par les pays arabes pétroliers en quête d’hégémonie régionale. Encore une fois, les deux impérialismes vont s’entrechoquer, tant leur mise en miroir usuelle ne les en fait opérer en des sens inverses que depuis leur souche africaine.

    Chose étrange que la façon trumpienne d’invalider l’ONU en armant Israël et en le laissant bloquer jusqu’à toute aide humanitaire onusienne, d’une part, et de faire voter par le CPS (avec abstention de la Chine et la Russie) et par le CS élargi de l’ONU un plan de paix mis sous férule trumpienne faisant accroire que l’ONU, pourtant invalidée, en serait rendue viable à l’avenir, d’autre part. Vraiment une étrange chose qu’un pis-aller, construit de toutes pièces, soit dit la voie de l’avenir. Le précédent trumpien attise la crainte d’une déchéance de l’ONU en s’y substituant. Le leurre se révèle:

    « Au départ, cette institution avait été proposée dans le cadre de l’accord de paix pour Gaza, approved par le Conseil de sécurité des Nations unies. À l’époque, il semblait qu’elle serait limitée à cette crise, et non destinée à devenir une structure permanente traitant d’autres crises. On constate maintenant qu’il y a eu un effort américain pour inscrire institutionnellement la puissance mondiale des États-Unis dans une organisation qui sert plus directement leurs intérêts. »4

    Si les membres du Conseil de Sécurité élargi ont pu en parler et se le faire accroire à eux-mêmes, c’est soit qu’il leur fallait souhaiter que le bizarre plan trumpien puisse faire aboutir la paix recherchée, soit que la contrainte mise en scène par ledit style transactionnel trumpien a pleinement joué au point de faire s’y plier, soit que l’intériorisation de l’idéologie (comme en la citation ci-haut d’un « effort américain », selon laquelle l’étatsunien est l’américain) peut tant s’immiscer tel en toutes les têtes à travers la planète que faire s’y reproduire avec ce discours tout autre le prolongeant, soit le leurre était si pleinement opérant qu’incitait à se faire accroire à une étape transitoire plutôt qu’à une main mise, soit que la vague mention de deux États (Palestinien (Arabe ?) et Israélien) faisait mirage dans le désert si longuement parcouru, soit par aveuglement total à ne pas vouloir voir le lien flagrant tissé par des États-Unis armant Israël non seulement contre le Hamas de Gaza (sans jamais que le néosionisme, d’étatsunien à israélien5, mentionne avoir favorisé la création du Hamas pour assassiner le Fatah et s’assurer ainsi de constituer la Palestine arabe en terroriste, en profitant de l’attaque terroriste du World Trade Center aux États-Unis à cette fin, depuis Ariel Sharon, jusqu’à sa pleine autoréalisation prophétique en octobre 2023 sous Netanyahu qui avait continué à financer à cette même fin le Hamas, s’étant alors plutôt attaqué à Israël), mais aussi contre l’ONU (dont son aide humanitaire à Gaza s’en trouvant bloquée, si ce n’est attaquée par des groupes financés par Israël pour à la fois contrer le Hamas et toujours plus désorganiser tout Gaza), d’un côté, et venant tirer les marrons du feu (une fois encore contre l’ONU en faisant jouer jusqu’à son Conseil de Sécurité contre lui-même lors du vote pour ledit Conseil de la paix), de l’autre.

    Toutes ces éventualités sont possibles, mais celle du lien flagrant pourtant d’autant forcenément occulté pour ne pas le laisser transparaître mérite attention, même si seuls une véritable prise de conscience et un aveu clair de la part des personnes concernées (d’avoir été réduites à l’impuissance par les États-Unis trumpiens qui ont pu les en spolier à leur propre profit de la mission qui aurait pu et dû être onusienne) pourrait vraiment clarifier ce qu’il en est et risque d’en être à l’avenir si faute d’y procéder, se répétant.

    En arrière-fond, il y a l’adhésion étatsunienne trumpienne au retour de la notion des sphères d’influence faisant se partager la planète avec la Russie et la Chine, voire avec l’axe de la résistance qu’elles constituent avec l’Iran, si ce n’est la simple admiration de régimes à propension autoritaire, si différents soient-ils, entre eux. La difficulté trumpienne est que sa soif de concentrer les pouvoirs se trouve encore limitée par un certain coefficient de ce qui de la démocratie étatsunienne, si délabrée soit-elle, perdure et les maintient séparés. Certes, dans le cas de son Conseil de la paix à Gaza, il est possible d’y apercevoir l’œuvre de l’ego trumpien et de ses aspirations autocratiques:

    « Les termes de fonctionnement prévoient qu’il en serait président à vie et disposerait d’un droit de veto sur toutes les décisions majeures. C’est pour lui le moyen de se garantir une position de suprématie dans les affaires mondiales, même après avoir quitté ses fonctions à la présidence des États-Unis. C’est en grande partie un projet personnel, ce qui en limite d’ailleurs la crédibilité »6

    et l’efficacité. Il ne faut pas perdre de vue qu’il s’agit d’abord d’une exacerbation de la tendance hyperindividualiste étatsunienne s’enquérant de sa part en lesdites sphères interimpérialistes d’influence, en s’y distinguant de celles issues de Russie et de Chine, voire en pouvant éventuellement, via l’Iran auquel s’attaquer et les atteindre plus indirectement, les en refouler, mais non sans que les pays arabes s’aperçoivent de la faible capacité des États-Unis de tenir compte de ce qui peut s’ensuivre (si de l’Irak déchu a surgi Daech, que peut-il surgir de l’Iran ?). What is a self-made man if it is without its self-made planet at his own image …and if not able to make reality to fit in it? Même Dieu n’est créateur que du monde lui correspondant et seulement si lui correspondant. Il ne lui manquait qu’un tout nouveau temple de chair humaine introduisant un tout nouveau Messie qui, contrairement au Christ, ne fait plus aucune différence entre Dieu et César. Prier pour les monothéismes qui ont tous germé du Moyen-Orient et qui se trouvent sous emprise de ce nouveau Temple et de son culte! Alors que la Cour suprême vient de l’ébranler en son pays et de l’en ramener un tant soit peu sur Terre.

    Quant au cas lui-même, il est de part en part schizophrénique: la Palestine arabe est totalement occultée et évacuée (avec toute solution à deux États, sauf évocation purement nominale sans aucun engagement concret) et n’apparaît plus que totalement déchirée au fur et à mesure que l’accent exclusif du plan trumpien de paix sur seulement Gaza se conforte et se renforce en sous-main d’exactions accrues en Cisjordanie, dont Gaza a longtemps été l’exutoire émigratoire, faute de pouvoir la forcer davantage vers l’extérieur (contrairement à ce qui en est possible lors de la mise en œuvre de ICE, Immigration and Customs Enforcement, aux États-Unis par Donald Trump et c’est bien là le drame néosioniste, non seulement étatsunien, mais a fortiori dans le clan de Netanyahu ne pas pouvoir procéder à la même purge sans que ça passe pour du nettoyage ethnique). Bref, l’effet d’entonnoir s’y accentue: pression migratoire d’une Cisjordanie toujours plus morcelée en Gaza (mais étant donné son état, ne serait-ce pas préférable ailleurs ?) et refoulement concentrant la population civile de Gaza vers Rafah au sud et au plus près de la frontière égyptienne avec destruction de quartiers entiers, voire de villes entières dans tout le pays. Bref, par effort étatsunien et israélien concerté et plus néosioniste l’un que l’autre, il y a dé-/re-construction totalement tutellisante de quelque Palestine que ce soit, dès qu’arabe. Sinon, en s’effaçant, Palestine appelée à n’être plus que néosioniste, car le sionisme s’est radicalisé et exige dorénavant que Israël s’étende et s’intègre la Palestine entière, donc sans quelque Palestine arabe ou, si vous préférez la version inverse, sans Arabes en Palestine, si ce n’est peut-être des Arabes intégrés à la Palestine, elle-même intégrée à Israël, la lutte des classes sociales s’intériorisant en lutte des ethnies avec surdéterminante harmonie préétablie et massifiante de l’une sur l’autre, dans le soi-disant meilleur des mondes possibles (disait Leibniz, mais ironisait le Candide de Voltaire). Pour le néosioniste (d’étatsunien à israélien), la seule Palestine possible est la Palestine de part en part israélienne, à tout le moins sous contrôle israélien, par son soutien étatsunien trumpien. Son impérialisme jusqu’au-boutiste ne peut que être totalement assimilationniste, de territorialement à jusqu’aux gens, si arabes, la peuplant. Le sionisme a pu n’être initialement qu’un retour en la terre ancestrale, à savoir la Palestine, où tailler une place à Israël. Toutefois, l’ONU, en particulier par l’impulsion canadienne l’ayant initialement orientée, a totalement manqué la forge de deux États au sortir de la Deuxième Guerre mondiale, en 1945, au profit de ladite partition territoriale, ce qui a mis en totale inégalité de force les deux parties en présence, de sorte que l’une en est venue à ne plus concevoir de Palestine qu’israélienne. Le sionisme comme retour en terre d’Israël s’est estompé pour faire place au sionisme total, autrement dit au néosionisme visant le retour de la terre d’Israël d’avant la diaspora, quitte à être totalitaire pour en être totalisant. Le néosionisme en question ne peut aucunement venir du seul Israël, qui n’en aurait pas les moyens, mais des États-Unis qui, sous Donald Trump, y implantent en un tel sens son dit Conseil de la paix, selon un tel schizophrénant entonnoir, de Cisjordanie (dont d’autant moins parler qu’elle est passée de désannexée de la Jordanie, depuis la guerre de six jours de 1967 pour être occupée, à depuis lors toujours plus grugée, sorte de supplice d’annexion à la pièce au fur et à mesure qu’évinçant sa population au gré de maintes exactions) à Gaza (dont uniquement parler, voire n’en parler que selon le seul Hamas et uniquement depuis que son terrorisme ne se fait plus instrumentaliser, mais se fait choc en retour, la population entière étant à lister dans les dommages collatéraux). Cette schizophrénie assure mieux que ne peut le faire le gouvernement Netanyahou à lui seul le refus de toute solution à deux États (sauf vague évocation ici ou là entretenant son leurre pour mieux s’adonner à tout son contraire). Comprenons bien que, au niveau dit international, mais de fait plutôt interétatique, non seulement il n’y a toujours pas sur la table (a fortiori la Table servie qu’est le Coran pour l’Islam) quelque projet réel d’un État palestinien arabe. La notion de Palestine est de plus en plus l’objet d’un total dialogue de sourds, du fait que ce même mot signifie toujours plus deux sens en si totale divergence que de part en part mutuellement exclusifs, jusqu’à tendre à la destruction mutuelle dont un seul est censé émerger (et prétendre entre-temps que seul l’autre lui est une menace existentielle à éliminer): Palestine, sous-entendue arabe, pour les uns versus Palestine, sous-entendue en son rétablissement judéo-israélien antique (surtout que tout Israël s’est fondu en la seule Judée depuis l’Exil… en Perse), donc d’avant la diaspora pour les autres. Tel est le sens profond du Conseil de la paix de Donald Trump à Gaza: il est conçu de telle façon que le citoyen Donald Trump, même s’il n’est plus un jour le président des États-Unis, s’installe à demeure (sans pouvoir s’étayer de l’armée des États-Unis, s’il n’en est plus président?), si pour y faire perdurer l’acte schizophrénant inaugural depuis sa fantaisiste source vive qui l’entretient.

    La tâche y est encore plus immense et complexe que face à la crise humanitaire cubaine et exige d’autant de reconnaître, mais aussi et surtout travailler ses limites onusiennes. Par exemple, il est évident que ce qui se passe à Gaza est beaucoup plus complexe et pour le moment encore largement hors de portée d’actions efficaces de l’ONU, même quant à la simple aide humanitaire incessamment bloquée et, toujours plus, avec la Cisjordanie conjointement envahie, violentée et forcée à émigrer (vers Gaza, comme autrefois ?), au seuil d’un nettoyage ethnique visant à rétablir une Palestine de part en part uniquement néosioniste et, pour ce faire, plus aucunement arabe, comme si l’Antiquité visée et censée remonter avant la diaspora serait rétablie. Avec la complicité de pays extérieurs, y compris arabes (non les peuples, mais les États en quête d’hégémonie régionale), s’instaure le noyautage étatsunien trumpien de tout le processus de paix, avec lequel cette mouvance néosioniste est d’autant prise pour composer en Israël que l’armant et agréant ses attaques militaires et colonialistes les plus civilement meurtrières. Le tout indique le heurt fort conflictualisant autant des images que des langages mis en jeu jusqu’en les problèmes censés en être représentés et cernés par la façon de les énoncer en se référant à la si difficile réalité en cause. Une telle paix est pire que la guerre.

    Des manières forcenées de faire se correspondent: la guerre serait censée mener à la paix (présumée n’advenir que si forcée et imposée), sa propre vie serait censée exiger d’imposer des conditions toujours plus morbides de vie, de préférence aux autres. Israël harcèle les pêcheurs libanais et tarit les marchés de Beyrouth; l’embargo trumpien déstructure Cuba. Des avions israéliens (de sionistes en néosionistes) aspergent de glyphosate des contrées frontalières à des doses 20 à 30 fois supérieures à la moyenne pour créer dans le sol une zone tampon impropre à la vie végétale, animale et humaine (un crime de guerre, selon l’ONU, sans parler de l’urbicide fait écocide, etc.), tandis que Donald Trump signe en son propre pays un décret promouvant comme nécessaire à la sécurité alimentaire ce glyphosate (selon quel dosage ?) pourtant reconnu par l’OMS être un cancérogène probable, sans parler d’incessants litiges juridiques de plusieurs milliards de dollars révélant que ladite agriculture censée alimenter les gens revient plutôt d’autant à alimenter les hôpitaux et les tribunaux qu’à ruisseler en l’environnement7. L’étatsunienne Monsanto, ayant inventé le Round Up, a été vendue à l’allemande Bayer et lui a refilé son passif juridique. Or, les coûts économiques des litiges juridiques commencent à dépasser la valeur commerciale. Bayer songe à abandonner le produit. Hormis le cynisme, l’usage dosé du produit pour être sans risque et donner le rendement agricole recherché semble être une présomption à confronter à l’usage réel, si pour ne pas transférer et faire peser de façon absurde et ironique le problème de la production (restant inchangée) en la consommation (censée s’y ajuster), dont celle du pain et l’avoine chargés de cadmium en France. Pas plus que les deux avions entrés en collision avec le World Trade Center n’étaient un simple transport de passagers, l’usage selon un dosage non présumément, mais réellement approprié de produits médico-pharmacologiques ou agrochimiques reste à cerner. Le problème n’est pas que scientifique, juridique, perceptif au niveau public et même de prix à la consommation, voire de sécurité sanitaire ou alimentaire, mais en la pratique réelle en ses usages choisis et dosés. L’humain n’est jamais individuel que d’emblée aussi social et ce, jusqu’en économie où, par capitalisme, la valeur d’échange tend autrement à surdéterminer la valeur d’usage sans se soucier et encore moins restituer sa sous-jacente réalité. Cela ne peut se faire sans se mesurer à l’impératif technoscientifique: « C’est faisable! Fais-le donc ! ». L’utilitarisme fait libéralisme s’y radicalise et reploie en sens inverse, de libertarisme en néomercantilisme tronquant le libéralisme au profit du seul utilitarisme à toujours plus lui aussi faire se confondre avec la quête de son seul propre profit et à sa seule fantaisie, jusqu’à la plus cruelle, selon le double standard des deux poids, deux mesures s’opérant d’autant à ciel ouvert que la raison cynique se fait crise soi-disant naturelle plutôt que critique la révélant de part en part culturelle, d’où la « cancel culture » tous azimuts (dont celle issue des États-Unis contre l’UNESCO et contre son propre système éducatif, en y plombant tout le système administratif traitant et s’assurant du système financier soutenant les étudiant(e)s). A fortiori si se prolongeant en géopolitique s’enreligiosant comme en le Temple trumpien biaisant tout le devenir menant de Cyrus au Christ et occultant le trait d’union perse entre judaïque et chrétien. Ignorer que nos sociétés capitalistes carburent à l’innovation technologique, voire se font accroire au technosolutionnisme (pour solutionner le nouveau problème créé par la solution au problème initial), est ignorer que son usage (loin d’être toujours utilitaire) est le seuil culturel de son institutionnalisation et pose partout le problème social de l’altérité d’autant intercorporelle que jusqu’en l’intracorporel (tant sa propre diversité constitutive a à s’équilibrer et doser) en tout un chacun. Les limites onusiennes sont aussi saillantes au Soudan et ailleurs. Bref, commencer par la situation cubaine pourrait permettre de commencer à mieux cerner les limites onusiennes et comment les en travailler, si pour éventuellement pouvoir parvenir à traiter de telles situations encore plus hautement problématiques, surtout si déguisant les problèmes pour les faire se transposer de politiques en ethniques, voire religieux, eux-mêmes déjà si sophistiqués, en particulier chez les monothéistes, qu’à risque d’occulter les racines autant profanes que socialement les plus primitives du sacré.


    1 Y. Morin, Ficin et la Modernité, S’élancer avec la Terre au Ciel, une si humaine symbolisation, Paris, L’Harmattan, 2023.

    2 Y. Morin, De quel humain à quel humaniste dans le monde, Le sens de soi, du débat entre Ficin et Pic à Descartes et au XXIe siècle, Paris, L’Harmattan, 2025.

    3 Voir les livres publiés par Y. Morin à L’Harmattan, en particulier Méditations oniriques.

    4 Interview de A. O’Malley, https://www.france24.com/fr/amériques/, Le Conseil de la paix, « reflet de l’ego de Trump », vise-t-il à remplacer l’ONU? 19/02/2026.

    5 Le sionisme préconisait un retour en terre d’Israël. Le néosionisme préconise le retour de l’antique terre d’Israël d’avant la diaspora, alors que la Palestine était israélienne et en rien arabe. Enfin, le néosionisme est loin d’être exclusivement et même d’abord juif. Nixon se déclarait sioniste. La plus grande part des évangéliques et même une partie des catholiques étatsuniens trumpiens ne sont sionistes que néosionistes, sans être pour autant juifs. Bien sûr, les ultraorthodoxes juifs derrière le gouvernement israélien de Netanyahu ne sont sionistes que néosionistes: la Palestine ne peut être qu’israélienne, car n’y retournant plus, mais suscitant son retour, sa résurgence telle qu’elle était lors de l’Antiquité, ce qui se superpose et se confond avec le retour d’un Messie bien de ce monde, à savoir César, mais véhicule de Dieu. Ladite solution à deux États n’est donc aucunement pensable, car s’il peut y avoir un État palestinien c’est uniquement celui intégré à Israël, donc en rien arabe. Penser que le dialogue de sourds pourrait finir est se leurrer: il ne fait que commencer, car les États-Unis, surtout si trumpiens, le sous-tendent et sont là pour le faire perdurer. C’est constitutif du procédé par lequel a pu s’instaurer ledit Conseil de la paix. Comment les pays arabes ayant accepté d’y prendre part vont-ils pouvoir nager dans pareilles eaux ? Certes, un tollé est survenu suite aux propos de Mike Huckabee, l’ambassadeur des États-Unis en Israël, qu’Israël pourrait s’étendre, du fait d’avoir des droits bibliques sur une large partie des terres du Moyen-Orient. Qui s’aperçoit du néosionisme en cause? Qui s’aperçoit que, même si Donald Trump dit qu’Israël ne peut pas annexer la Cisjordanie, ce n’est qu’en parole? Ses actes, fort schizophrènes, ne portent que sur Gaza, donc confortent et laissent en sous-main Israël gruger la Cisjordanie.

    6 Ibidem.

    7 Les changements climatiques favorisent des conditions anoxiques amplifiant en boucle de rétroaction les effets à long terme du cycle du phosphate présidant à son tour à l’eutrophisation (faisant proliférer les cyanobactéries) de la Mer Baltique à risque d’en virer morte. Non seulement des terres, des cours d’eau, etc., mais une Mer entière ! À un moment donné, il faut en venir à s’apercevoir que ladite dose, présumée s’asperger de façon si purement individuelle qu’individualiste, la déborde et s’inscrit en des usages en constituant les pratiques au point de se cumuler et s’avérer d’emblée sociale. L’usage est social, même si l’échange s’instaure de l’offre à la demande plus individuelle, surtout si occultant autant les dosages réels que ce qui s’en agrège et massifie. Tout un paradoxe qu’une Allemagne instaurant son leadership en énergies renouvelables plus écologiques et l’allemande compagnie Bayer empêtrée en leur inverse. S’y ajoute la Grande Ceinture de Sargasses de l’Atlantique constituée d’algues brunes s’étendant de l’Afrique aux Amériques et s’alimentant en azote et phosphore par déversements cumulatifs issus de l’Amazone (Brésil) et du Mississipi (États-Unis). Le tout s’amplifie avec le réchauffement océanique et se conjugue avec la fonte des glaciers en un risque accru de dérive et même effondrement du Gulf Stream, ce moteur de la pompe interocéanique panterrestre.


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    Problématique critériant le choix de ses représentants selon de telles doubles actions


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  • 2) Représentant issu de l’Europe

    L’intégration initiale d’un représentant de l’Allemagne et, par là, de l’Europe au Conseil Indépendant provient du fait que le CPS est devenu obsolète et le devient même toujours plus de jour en jour. Non seulement trois de ses États membres (États-Unis, Chine et Russie) sont les sources principales des tensions interimpérialistes mondiales invalidant l’ONU autant de l’intérieur que de l’extérieur lors des relations internationales interétatisées, mais ce CPS s’est constitué contre l’Allemagne (plus l’Italie et le Japon) à la sortie de la 2e Guerre mondiale, ce qui n’est plus pertinent. L’Allemagne, non seulement s’est trouvée réunifiée et a dû affronter ses démons (issus du nazisme) pour se dépasser en s’ancrant dans l’Europe, comme y a insisté Habermas, mais elle est devenue un, voire le vecteur majeur du développement européen, en sa capacité de se situer en résistant, subsistant et tempérant les tensions interimpérialistes (étatsuniennes, russes et chinoises) qui autrement le déchirent. Par son propre vécu, l’Allemagne s’aperçoit de ce qui se vit plus extérieurement, autant en Europe dont elle est partie prenante que par ce qui y advient de façon encore plus extérieure jusqu’en son tréfonds lors de telles tensions interimpérialistes s’y immisçant. S’y révèle l’ontohénologie de l’étant unant d’emblée être un (conquis sur ce qui tend à le diviser) en sa culturelle forge du sens de soi. Face à ces tensions interimpérialistes, le Royaume-Uni, malgré son Brexit, et la France se solidarisent encore plus avec ce pôle européen et ne peuvent plus jouer pleinement leur rôle au sein du CPS, si ce n’est par ce nouveau canal collaboratif à y faire valoir avec et depuis le CI. Il s’agit de faire au CPS ce que ses trois impérialismes majeurs font abusivement à l’ONU entière en l’invalidant de l’intérieur et de l’extérieur, en vue d’en délimiter le champ d’action possible (souvent de fort paralysants vetos) et de rétablir un plus sain et dynamique équilibre d’ensemble. Royaume-Uni et France, pour peu que le voulant, peuvent y agir de l’intérieur en même temps que collaborer avec le CI via son représentant allemand, sans parler du devenir européen facilité et du dialogue transatlantique qui peuvent y inciter. L’ONU, par son Assemblée générale, proclamerait sa propre indépendance en créant ce CI s’intégrant un tel représentant acceptant d’y agir à ce titre. Une telle ONU donnerait à tous de s’apercevoir de sa charge hautement symbolique exprimant sa nouvelle volonté à l’échelle mondiale.

    Cette représentation initiale de l’Allemagne au CI accompagnant et soutenant l’autonomie de l’Assemblée générale serait bien plus importante que, comme le propose la France, plutôt et seulement de l’intégrer avec le Japon, l’Inde, le Brésil et deux pays africains au Conseil de Sécurité, mais sans droit de veto, car restant réservé aux cinq du CPS. Cela n’infléchit en rien l’usage abusif privilégié de ce veto par les trois impérialismes (étatsunien, russe et chinois) qui, en se déchirant la planète entre eux, en disposent en permanence. De plus, les États-Unis, s’ils ont pu se montrer ouverts à cet élargissement (du CS, non du CPS), sont contre tout droit de veto supplémentaire. C’est déjà le problème enrayant et invalidant tant l’ONU de l’intérieur et de l’extérieur, ce dont un CI constituerait un contre-pouvoir, si limité puisse-t-il être, au profit de l’Assemblée générale. De même, que le président français, Emmanuel Macron veuille faire suspendre le droit de veto au CPS dans le cas de crimes de masse, en pensant en particulier à la Russie sans la nommer, y présume un vote contre soi-même que nul ne va jamais y faire. Les incessantes palabres sur une impossible réforme du CPS, à quelque sauce soit-elle, ne valent rien quant au problème lancinant de fond, à savoir le fameux et exclusif droit de veto, surtout comparativement à un CI en constituant un contre-pouvoir et en étayant une Assemblée générale autonome. Certes, paix et sécurité grèvent plus de 75% le budget onusien et leur couplage avec le droit de veto des États membres les plus impérialistes de la planète au CPS constituent un pouvoir abusif invalidant l’ONU de l’intérieur et de l’extérieur, mais la portion congrue subsistante y échappant peut permettre d’instaurer un contre-pouvoir, à savoir un CI relevant directement de la seule Assemblée générale, surtout si l’Allemagne en fait partie et vient y symboliser en permanence l’obsolescence du CPS en tant que constitué contre elle (et l’Italie et le Japon) au sortir de la 2e Guerre mondiale. L’humain vit et respire non du seul air physiquement ambiant et ne se met à chanter comme l’oiseau qu’au gré d’une symbolisation manifestant incessamment son esprit, dont l’envol mental peut s’imager en l’envol de l’oiseau, voire en la nuée d’oiseaux (si ce ne sont les essaims de drones, a fortiori d’États-nations) à la forme si variable. Par cette symbolisation faisant ressortir le rapport impérialistement inversé entre l’Allemagne (plus Italie et Japon) et trois membres du CPS, de la sortie de la 2e guerre mondiale à la situation actuelle, l’ONU se doterait d’un lieu véritablement humain où l’esprit peut trouver d’autant à cheminer et parfois l’emporter que se conjuguer d’autant avec la question identitaire au cœur de toute culture que rétablissant l’américain distinct de l’étatsunien. Se constituerait un pont transatlantique donnant le coup d’envoi d’une vraie réforme d’une ONU plus autonome.

    En surgit un métabolisme onusien d’ensemble, à la fois anabolique, par tout ce qu’il s’agit de construire de l’autonomie onusienne par son Conseil Indépendant, et apte à faire face à son propre catabolisme, autrement inhérent à son incessante autodestruction issue de son propre CPS qui, laissé à lui-même et indûment privilégié, invalide l’ONU de l’intérieur et de l’extérieur. Enfin, ce n’est pas seulement le CPS qui est obsolète face à l’Allemagne, mais la conception même de la guerre selon ce qu’elle était au sortir de la 2e Guerre mondiale, comme l’illustre la guerre russo-ukrainienne où les chars coûteux se fabriquant dans des usines et parcourant les vastes plaines se font contrecarrer par des essaims de drones se fabriquant dans de petits ateliers et pouvant surgir et s’en rassembler de partout. D’ailleurs, les États-Unis trumpiens cherchent à faire appel (en la déniant plutôt que reconnaissant) à l’expertise ukrainienne en matière de drones pour faire mieux face aux nuées de drones iraniens et éviter que leurs stocks de missiles sophistiqués s’y épuisent (car, contrairement aux drones, exigeant temps et argent pour être fabriqués et limitant donc la capacité de les renouveler en temps réel). De plus, les coûteux missiles Patriot ne rendent pas les sites israéliens 100% étanches aux essaims iraniens de missiles, même si l’asymétrie est marquée. Ni n’empêchent les mésusages, comme lorsque Israël a attaqué le 9 septembre 2025 le Qatar pour, avec des armes fournies par les États-Unis, y atteindre le Hamas y négociant et malgré le fait que le Qatar est un allié arabe des États-Unis.

    Au total, comment limiter la tendance de tout un chacun des pays à se militariser et à faire usage d’une force brute tendant d’autant à se généraliser selon quelque cercle avec l’économie capitaliste d’autant faite arme contraignante que cet armement militaire tout court ne peut s’en trouver entre-temps économisé qu’en servant néanmoins de menace d’en prendre la relève ? Bref, ce n’est pas une sinécure et encore moins une panacée que d’éviter toutes ces tendances à court-circuiter l’ONU, où cette limitation peut être promue selon un émergent équilibre d’ensemble en vue de pacifier le tout, faute de surgir des seuls pays eux-mêmes entre eux. Surtout des plus interimpérialistes si hiérarchiquement aptes à se prolonger et s’activer tels à travers d’autres pays depuis le cœur du CPS. Peut-être faudrait-il faire appel à la notion mise de l’avant par Jacques Provost d’une interdépendance asymétrique pour mieux cerner et comprendre ces incessants rebondissements entre les pressions interimpérialistes sur et depuis la globalité et ces déploiements plus spécifiques localement opérants d’où peuvent surgir tant d’étincelles les faisant se déclencher en même temps que les magnifier en leurs tendances conflictuelles par cercle géopoliticoéconomique. Les impérialismes ne se dressent les uns face aux autres, quitte à dépecer la planète entre eux, qu’en misant sur des écarts de puissances d’où s’imposer, se mettre à hiérarchiser et rendre dépendants à partir d’eux seuls et à leur propre profit de moindres puissances, en cherchant à les abstraire de cette interdépendance pourtant pervasive, mais toujours plus asymétrique au fur et à mesure que ces écarts se creusent. Tel est un terreau majeur des doubles actions onusiennes. Son pilier des paix et sécurité se problématise jusqu’à sa plus extrême difficulté à même le cratère de son CPS et ce, surtout si en regard de ses trois autres piliers (humanitaire, développement durable et droits humains) dont son CI peut assurer la promotion auprès de l’Assemblée générale s’en autonomisant un tant soit peu selon l’axe général du développement humain (au sens d’un développement n’étant individuel que d’emblée social). Une fois ce principe général d’un métabolisme onusien instauré, diverses autres actions deviennent possibles, dont l’action arctique, mais aussi l’action asiatique, voire une action intégratrice exerçant un leadership et même une action autoréflexive pour cerner s’il est encore vraiment question d’État-nation au ressort de l’ONU au XXIe siècle, sans parler d’une possible prise de conscience davantage sociohistoriquement éveillée et enrichie, etc.

    En plus du contraste d’un tel représentant européen du CI face au CPS hérité de la 2e Guerre mondiale afin que l’Assemblée générale s’actualise et se dote de ce CI pour s’autonomiser de son propre CPS, divers dossiers européens spécifiques à répercussions mondiales sont à examiner. D’abord, l’expérience allemande (a fortiori avec l’expérience scandinave) soulève l’enjeu géopolitique de la sociale-démocratie d’emblée irréductible autant à de dits régimes communistes, qui sont plutôt des capitalismes d’État, et des régimes libéraux capitalistes individualistes politisés tels, qui, surtout aux États-Unis, se déphasent de plus en plus en libertariens, en plus de chercher à réduire et faire se confondre tout régime social-démocrate avec cesdits régimes communistes pour s’en expurger en même temps que de toute tendance démocratique, a fortiori démocrate, même lorsque se démarquant du social et se rattachant à l’individu. Une fois ce tiers régime cerné et bien distingué, mais aussi et surtout mis en relation avec ces autres, le CI peut proposer à l’Assemblée générale de demander à son CPS de lui faire savoir s’il accepte de reconnaître la diversité de régimes politiques, dont cette tierce voie d’un régime politique social-démocrate se distinguant d’emblée de ces autres voies qui l’en polarisent en deux sens inverses, par le social sous emprise de l’État jusqu’en tout individu et l’individu rendu individualiste au point d’oblitérer le social, et s’exacerbent actuellement d’autant interimpérialistement que, à la fois, en son sein et à travers la planète. L’enjeu politique 1er est l’humain, l’individu d’emblée social, a fortiori du fait de se distinguer en tiers de ces polarisations en ces sens si inverses n’en retenant et faisant peser que le social sous emprise de l’État sur l’individu et que l’individu purement individualiste sur le social, selon de tels régimes. La double navigation humaine entre social et individu en est une de tout humain entre nous et je, à la façon du vol des étourneaux :

    « Concrètement, les animaux ne se basent pas uniquement sur la position de leurs voisins immédiats (perspective ‘égocentrique’), mais aussi sur des points de repère fixes dans l’environnement, comme un arbre ou un rocher. Le groupe élabore ainsi une perception partagée de l’espace. Le plus étonnant, c’est leur capacité à jongler entre ces deux perspectives. La vision allocentrique assure la cohésion et la direction du groupe, tandis que la vision égocentrique permet d’ajuster sa trajectoire pour éviter les collisions. ‘Cette flexibilité est le secret de leur capacité d’adaptation’, explique le professeur Iain D. Couzin, l’un des auteurs. Le cerveau ne choisit pas, il combine les deux. »1

    Bien noter que l’ordre incessamment émerge et varie au gré, non des seuls individus censés tous coïncider en leur seule collectivité comme si tenant lieu du social (à la façon d’une sorte de main invisible). Le social ne peut être isolé et contrôlé de l’extérieur. Il surgit de l’interaction interreliant d’emblée les individus entre eux et donc intérieurement à leur commune forge sociale, tout un chacun n’ayant de sens de soi et ne s’apercevant jamais individuel que d’emblée chargé du sens d’autrui l’en révélant social.

    L’enjeu européen spécifique s’illustre par sa sous-jacente dépendance énergétique marquée affectant en amont toute son économie. Pétrole et gaz prédominent encore. Et ils doivent être importés à plus de 80% (même si dorénavant plus des États-Unis que de la Russie, du fait de la guerre en Ukraine, et autrement du Moyen-Orient, lui-même pris en la guerre israélo-étatsunienne contre l’Iran). Leurs sources ne sont pas diversifiables aisément, pas plus que ne l’est leur ratio avec d’autres sources d’énergies, en particulier renouvelables, ce qui se déplace lentement, sans parler du fait que la Chine en est devenue le leader mondial, a fortiori face à l’obsession trumpienne pour le pétrole, comme en une immense tension entre avenir et passé, entre le solaire et l’or noir. Plus encore, entre le choc systémique, à risque stagflationniste engageant toute la chaîne économique à long terme (de la capacité productive étayée des chaînes d’approvisionnement à leur prix se répercutant par inflation sur celui de la consommation), et le choc conjoncturel, jouant sur la volatilité des marchés à court terme. Autant les États-Unis trumpiens manipulent le court terme pour s’infléchir le long terme, autant la Chine fait tout se réseauter par ses routes de la soie pour que le long terme conditionne tout court terme. Son plan quinquennal 2026-2030 mise sur la sortie hors de l’endettement immobilier et sur une urbanisation encore plus massive pour dynamiser la demande intérieure et renforcer sa croissance économique, sur l’autosuffisance technologique comme pilier de sa sécurité nationale, sur une transition plus marquée vers les énergies renouvelables et sur un marché national unifié pour réduire les surcapacités productrices et les conjointes tensions commerciales internationales (de fait interétatiques), au point de pouvoir devenir un pôle de stabilisation de l’incertitude internationale (au contraire proliférante par le clan Trump2) et passer d’une « usine du monde » à une puissance souveraine capable de dicter ses propres standards au reste de la planète3. Comment, entre ces deux avenues si inverses, instaurer un développement durable selon un long terme propre et autonome (face à la Chine) sans faillir et encore moins se faire manipuler à tout court terme (par les États-Unis trumpiens)? Comment plutôt en tirer des jalons y menant ? Comment d’autant l’instaurer entre l’humanitaire et les droits humains, à savoir d’individus d’emblée sociaux, qu’avec paix et sécurité (technologique, énergétique, alimentaire…), en accord avec les missions onusiennes ?

    Comment faire que l’humain se serve de ladite IA plutôt que s’y fasse asservir (depuis certains humains l’instaurant à cette fin), en particulier autant en la tokenisation (via des blockchains sous-tendant des stablecoins) qu’en l’armement militaire ? La tokenisation rend l’argent non seulement électronique, mais électroniquement autonome et décentralisé selon une fluidité propre. Elle le fait échapper toujours plus aux Banques, y compris les Banques centrales, dont la Banque centrale européenne appelée à se mesurer à cette fragmentation pour en dégager un éventuel plus commun euro numérique prévu en 2029. Elle serait le fer de lance de l’Union européenne en matière de réglementation, ce qui fait contraste avec la visée étatsunienne d’une supériorité technologique censée s’imposer partout ou la visée chinoise d’une souveraineté technologique numérique débordant et s’articulant à travers les marchés panplanétaires, donc partout. Ce sont les marchés des capitaux qu’il s’agit de défragmenter au gré d’une intégration transfrontalière qui ferait s’implanter une monnaie de la banque centrale européenne (en l’occurrence l’euro numérique) là où prévaut l’innovation fiscale axée sur cette tokenisation, ce qui faciliterait le partenariat public et privé et instaurerait un cadre juridique à la hauteur de cette ambition technologique, étant entendu que la fenêtre temporelle pour instaurer un tel leadership durable est dès à présent déjà en cause4. La souveraineté monétaire numérique n’est ni à céder aux États-Unis en quête de domination technologique numérique soi-disant hors toute réglementation (selon le double standard des deux poids, deux measures prêchant l’ouverture totale tant qu’ils dominent et la fermeture totale si l’inverse se produit), ni à quelque norme chinoise susceptible d’infléchir extérieurement son cadre juridique. L’enjeu politique (pouvant être aussi social-démocratique distinctement de ces deux autres régimes politiques opérant si inversement l’un à l’autre que faisant tout rebondir en miroir ?) ne peut qu’être d’emblée en cause à travers ce devenir économique.

    L’illustre encore plus l’expression éventuellement militaire de l’IA géopolitiquement mise en jeu. L’IA cumule des masses d’information et les traite algorithment, par exemple lorsque le Maven Smart Système de Palantir utilise l’IA conversationnelle Claude d’Anthropic pour enlever Maduro au Venezuela ou autant atteindre 1000 cibles dès le début de la guerre israélo-étatsunienne en Iran qu’y tuer Khamenei père. Il est censé s’agir de systèmes de soutien à la décision dont le résultat ne serait que des recommandations. Or, la tendance humaine, dans des contextes de haute sensibilité ou de forte pression, est de s’en remettre à la technologie, par biais d’automatisation (jamais robotiquement externalisé que puisant à un tel automatisme humain sous-tendant quelque abdication de l’exigence de jugement humain) et a fortiori si avec conjoint biais du passage à l’acte (refoulant ladite inaction susceptible de l’en différer et d’y réfléchir davantage avant de s’y adonner). Plus promptitude à sous-estimer que ces systèmes peuvent se tromper ou prolonger la simple tendance à agir sans s’assurer d’abord de parvenir à la meilleure décision, surtout lorsque la recommandation de cibles s’accélère à un rythme beaucoup plus rapide que les capacités humaines d’analyse, mais en perdant en précision, alors que véhiculant des biais issus des concepteurs qui ont entraîné ces algorithmes et que pouvant par ailleurs halluciner sous leur propre pression d’avoir à produire très rapidement un résultat prédictif, mais à partir de données situationnelles incomplètes ou insuffisamment mises à jour, comme en toutes les IA conversationnelles, d’autant que dans de tels contextes fort loin de ceux des décisions quotidiennes usuelles et que pouvant faire la différence entre la vie et la mort qui se décident alors5. Ainsi s’enclenchent des présomptions de paix forcée au gré de nébuleux standards de l’usage de la force, de guerres unilatéralement décrétées préventives hors tout droit international inter-étatisé et de fouillis informatiques rendant quasi impossible de retrouver comment il se fait qu’une école de filles (et toute autre institution civile collatéralement endommagée) a pu être confondue avec un site militaire avoisinant lors de la guerre israélo-étatsunienne avec l’Iran, de sorte que surgit le problème d’une IA fiable, prévisible et explicable. Surtout, bien noter la coémergence toujours plus systèmeatiquement prégnante du gestionnaire censé contrôlé la robotique en cause et de l’humain automate, à savoir toujours plus d’autant pris en ses propres automatismes qu’en l’opération robotique plus immédiate. Il s’agit de l’aboutissement du libertarisme exemplifié par le trumpisme : je gère et tu t’ajustes automatiquement, d’autant que par interface robotique que je contrôle (si à peu près cela soit-il) et à laquelle tu te soumets, cela seul se moulant pleinement dans le schème transactionnel de la fantaisie cruelle m’assurant de la jouissance en laquelle me complaire tout seul et te refilant la contrainte et la crainte de ce qui afflige. Lorsque l’Europe, en particulier via la France avec plusieurs pays européens s’y associant, constitue une force soucieuse du droit international pour contribuer à sécuriser cette région en guerre, éventuellement le si litigieux détroit d’Ormuz affectant toute l’économie mondiale, ce ne peut avoir de véritable portée que si sont abordés de tels biais, autant d’automatisation que d’action (sans parler de tous les autres), via ladite IA mise en jeu. Pour une raison fort simple: si l’humain ne perdure jusqu’en géopoliticoéconomie surtout ainsi toujours plus médiatisée par ladite IA, a fortiori si jusqu’en la guerre, il peut d’autant moins y avoir développement humain (s’intégrant l’humanitaire, le développement durable et les droits humains, à savoir d’individus d’emblée sociaux) que la paix et la sécurité basculent toujours plus hors de l’humain et que les conditions en sont toujours davantage moins propices. C’est dans cet esprit que le pape Léon XIV reprend la doctrine sociale de l’Église issue de Léon XIII et publie l’encyclique Magnifica Humanitas (Humanité Magnifique) en y intégrant et conjuguant la question de la dignité humaine (thème éminemment renaissant sous Léon X issu du cercle médicéen et ficinien). Il fait appel à des expertises comme celle d’Anthropic qui est soucieuse d’éthique, contrairement à OpenAI qui est plus servile et arriviste et par lequel l’administration Trump l’a remplacé au Pentagone en la faisant accroire à risque pour les approvisionnements en rétorsion à son refus de lever ses restrictions sur l’usage de l’IA (ce qu’Anthropic conteste judiciairement), alors même que l’ONU prévient d’un dangereux vide juridique à l’ère d’une accélération économique capitaliste (d’autant que toujours plus ainsi rendue libertarienne et assoiffée de maintenir ce vide juridique où proliférer sans contraintes si honnies) dont le fer de lance est justement une telle IA. Le problème de fond: il est toujours plus difficile de départager l’humain et le robot tant la frontière en devient floue. Jusqu’au quotidien y passe: tout un chacun échange avec son copilote et entreprend des échanges entre humains, dont avoir à faire la part entre ce qui vient de lui en tant qu’humain et ce qui vient de son copilote. Qui parle avec et à qui ? Les humains entre eux, quoique diversement portés et aptes à s’assister de quelque copilote leur étant conjoint (même sans l’avoir demandé, car leur étant fourni avec quelque plateforme numérique), sans pour autant en faire leur conjoint tenant lieu d’autrui, donc de tout autre humain, selon quelque nouveau type fort hybride de couple questionnant jusqu’au Dieu biblique créant l’humain à son image et ressemblance, à la fois homme et femme? Les copilotes par humains interposés, d’autant que ceux-ci s’adonnent à leurs seuls réflexes et en virent tant automates que s’y externalisent et s’y laissent aspirer au profit des plateformes gestionnaires, voire s’y trouvent télescopés et résorbés, comme si par extase, de mystique en Dieu à mécanique en le robot si conjoint qu’indistinct de soi, donc plus intime à soi que parvenant à l’être à soi, voire plus apte à aider à le devenir qu’y parvenir seul? Allez savoir.

    Enfin, l’Europe prise entre les trois impérialistes étatsunien, russe et chinois ne peut que se problématiser jusqu’en le CPS de l’ONU depuis l’Allemagne qui, surtout si initialement intégrée au CI dont se doterait l’Assemblée générale de l’ONU, fait aujourd’hui tant contraste avec le fait d’avoir été le pivot des deux Guerres mondiales du XXe siècle, mais surtout de la 2e d’où ce CPS a émergé. À cela s’ajoute l’interface tricontinentale, d’Europe avec l’Asie et l’Afrique, sur laquelle Braudel a tant insisté et qui s’articule autour de la Méditerranée, une mer intérieure. Le tout s’est trouvé débordé depuis la Renaissance et le début de la Modernité par les mers ambiantes jusqu’en les Amériques et l’Océanie. La terre tricontinentale, surtout par l’Europe, si se rappelant de son moment renaissant au seuil de sa Modernité, respire avec cette eau lui étant à la fois si intérieure et extérieure, avec l’air circulant pareillement chez tout un chacun au gré de son souffle pulmonaire, voire sa palpitation cardiorespiratoire qui, de pulmonaire à cellulaire et inversement, s’étend avec et via l’interface du sang circulant. Sang véhicule de l’âme selon les monothéismes, avant de se trouver emporter par la théorie de l’évolution et de la mésinterpréter en racisant ce sang et avec lui, l’âme. Jusqu’à l’Aryen, dont s’est réclamé le régime nazi lors de la 2e guerre mondiale, s’est méconnu concerner d’abord, avant tout ce dérapage, la seule classe guerrière perse qui, lors d’une lointaine Antiquité, a envahi l’Inde et y a instauré les castes. Toutes les autres confusions s’y ajoutent, faute de distinguer le néosionisme (préconisant le retour de la terre d’Israël d’avant la diaspora) du sionisme (préconisant le retour d’une part importante de la diaspora en terre d’Israël), lui-même du sémite (renvoyant d’abord aux peuples antiques : Araméens, Arabes, d’Hébreux aux Juifs, Phéniciens, d’Assyriens à devenus, via le Grec, Syriens), au seul Juif, surtout lorsque parlant de sémitisme/antisémitisme, alors rendu toujours plus si métonymiquement opérant que toujours plus axiomachique. Notez que ce sont des États dits démocratiques qui ont dit mettre fin au droit du plus fort au sortir de la 2e Guerre mondiale et au ressort de l’ONU, tout en instaurant un véritable droit international, dont tarder à s’apercevoir qu’il n’était qu’interétatique, avec divers écarts de puissance. Les États-Unis, le principal État dit démocratique et procurant même à l’ONU son lieu physique, reviennent au XXIe siècle, surtout depuis que trumpiens, à ce droit du plus fort contre ce droit international si interétatiquement filtré de part en part selon des écarts de puissance se rendant brutalement opérants. Tout s’est inversé: l’Allemagne est démocratique sur arrière-fond social-démocratique, là où les États-Unis révèlent que le libéralisme n’a été qu’accidentellement démocratique et que, en s’exacerbant en libertarien, il l’évacue, de fait l’en parasite. L’enjeu : l’humain, jamais individuel que d’emblée social, surtout quand il s’agit de démocratie. En présumant pouvoir faire abstraction de cette dimension sociale constitutive de l’humain jusqu’en ce qui en est le plus individuel, ledit Occident, de son libéralisme via l’illibéralisme (ne gardant que la façade d’élections à intervalles et oblitérant tout le reste) au libertarisme, s’aperçoit-il de sa propre duplicité faisant autant émerger qu me anéantir la démocratie, en la considérant autant annexable qu’autrement évacuable? Prôner et trahir la démocratie d’un même souffle et se refuser à tout examen de conscience pour y perdurer: faut le faire! L’incessante confusion de la liberté avec le libéralisme et son devenir via l’illibéralisme jusqu’au libertarisme révèle que le droit du plus fort ne s’est euphémisé qu’un temps en force du droit comme sa façade avant que l’euphémisation cesse, que sa façade s’estompe et que tout en reflue et resurgisse à rebours. Ce que Élias appelle La civilisation des mœurs connaît ses brèches fissurant ce vernis de civilisation et, depuis des mœurs se faisant représentationnelles mises en scène d’elles-mêmes, se met à résorber toute représentativité et à la confondre avec les intervalles électoraux. L’illustre ladite démocratie illibérale, à l’interface menant de ladite démocratie libérale au libertarisme. L’illustre l’apparente longue tradition ayant si souvent porté au pouvoir le Parti Libéral du Canada, de Laurier (au tout début du XXe siècle) via les Trudeau, de père en fils spirant en un même esprit, à Carney comptant bien parachever cette descente de Dieu (du Père en Fils spirant en Esprit-Saint) en Terre. Laurier prononçait de longs discours sur le libéralisme sans mentionner la démocratie. S’y entrevoyait le caractère artificiel de leur ultérieure fusion en démocratie libérale. Lorsque le Canada a fini par résister à Londres, le Royaume-Uni l’a constitutionnellement libéré par le Statut de Westminster en 1931. Trudeau père s’adonne en 1982 au Rapatriement unilatéral de cette Constitution avec le ROC (Rest Of Canada) pour s’éviter un sérieux problème de légitimité (comme le lui avait alors signalé Bora Laskin, juge en chef de la Cour suprême), mais légitimité restant fort partielle et partiale, car sans et contre le Québec, dont parasiter la Charte des droits et libertés pour en subordonner le droit civiliste (pourtant reconnu par la Constitution de 1867) à la common law anglicisante en même temps que le fait français à l’homogénéisation anglicisante (qui, aussi selon la Constitution de 1867, était censée ne prévaloir que pour le reste du Canada): il n’y a plus que Charte de droits et libertés si individuels qu’individualistes et donc tronqués de leur teneur sociale d’emblée renvoyée en clause annexe et dérogatoire. Or, même cette clause nonobstant est de déjà trop pour Trudeau père, auquel Jean Chrétien rappelait qu’il l’avait accepté. Trudeau père a déséquilibré tous les pouvoirs depuis l’exécutif jusqu’en le législatif et enfin, le juridique d’où peser sur toute société civile, surtout si québécoise. Ce trop, caractérisant les droits et libertés de teneur sociale refoulés dans la clause nonobstant n’existant qu’en étant censée ne pas exister et déjà fort mal digéré par Trudeau père, rebondit sous Carney pour qui un (tel) droit est un (tel) droit, censé n’être si individuel qu’individualiste, en bon libéralisme. La laïcité québécoise se retrouve devant la Cour suprême en 2026, et ce, pour porter sur l’usage de la clause nonobstant en question par laquelle elle s’est instaurée (et qui doit régulièrement être renouvelée pour perdurer). Qu’en dire ? Mark Carney a très explicitement qualifié le droit international de fiction utile à Davos. Les règles dites internationales sont de fait entre les États. Elles ont aussi été consolidées jusqu’en le commerce, la santé, la justice, etc., après la 2e Guerre mondiale, d’où l’ONU, l’OMC, l’OMS, la CPI, etc. Par ces règles, le Canada a pu prospérer, tout en sachant que les puissants, dont les hégémoniques États-Unis, pouvaient y déroger et, dorénavant, sous Trump, s’en affranchir carrément pour pleinement s’adonner à l’impérialisme, mais en se butant sur l’interimpérialisme (dit multipolaire), du fait de coadvenir avec la Chine et la Russie et ce, jusqu’en et hors du CPS de l’ONU. Carney l’a presque dit: le droit dit international est de fait interétatiquement filtré de part en part, de sorte qu’il n’est fictif que par sa sous-jacente fiction de base qu’est l’État-nation s’étant diffusé et généralisé après la Révolution française en même temps qu me ont émergé les Droits de l’homme, à l’époque, mais mieux dénommés droits humains depuis lors, en particulier à l’ONU. Le passage de l’État monarchique à l’État-nation tenait en ce que la tête de l’État pouvait être élue et donc renouvelable, et ce, à partir de la nation. Or, la coïncidence censée être énoncée et rendue fusionnelle par le trait d’union liant État et nation relève de l’idéologie libérale d’individus mieux reconnus tels relativement à d’autres, pour peu qu’étant plus individualistes qu me eux, au point de s’imposer jusqu’en la société en cause, d’emblée censée s’y réduire. Il suffit d’oblitérer ces différences advenant entre les individus (et jusqu’au sein de tout un chacun, de son individuation intra-utérine à son individualisation issue de sa néoténie et de ce que la société peut plus ou moins fortement l’inciter après la naissance à reprendre à titre individuel sa propre individualité et enfin, à son individualisme qui s’ensuit et dont présumer qu’il s’agit d’une donnée allant de soi et pesant à rebours pour s’avaler ce qui le sous-tend, à savoir ces individuation et individualisation) pour ne plus parler que des individus en général et faire accroire à la coïncidence de leurs intérêts individuels (mais surtout rendus toujours plus individualistes) avec les intérêts collectifs qui les agglutinent, mais tant s’y réduisent que tiennent lieu de ce qui peut en être social. Vous voilà libéral ! Mandeville, Smith et avec lui tout le capitalisme, Sade et al., l’ont tous compris. Lors du surgissement de l’État-nation, si elle ne se compose que de tels individus (présumés d’emblée si individualistes que tronqués en eux-mêmes de toute teneur sociale et a fortiori de toute part acquise avec autrui jusqu’en son sens de soi pour ne plus que se la surimposer à rebours à partir de leur seule collectivité censée n’en être que juxtaposante), la nation peut se reconnaître en un tel État. Elle peut même s’y résorber, selon le fameux État postnational énoncé par Trudeau fils. Étonnante nation que celle qui se postnationalise en État se refusant d’être postcolonial : avec et sous la canadienne nationalisation anglicisante multiculturellement multiethnoracisante, s’occulte toute nation québécoise, seule à pouvoir se faire prévaloir française et se doter d’un État correspondant, même si uniquement provincial (et dont s’assurer qu’il va rester provincial, mais surtout toujours plus minoré tel), au Canada en Amérique du Nord. Le lecteur a-t-il bien lu: une nation ne peut être un État si elle est sous emprise d’une autre nation apte à la diluer avec et parmi maintes autres en la sienne se l’assimilant et homogénéisant en son État s’assurant de le provincialiser et toujours plus l’en minorer. L’État-nation suscite un dit droit international d’emblée interétatisant, selon l’écart de puissance prévalant. Le Canada trudeauisé illustre comment effectuer de façon subreptice ce que les États-Unis trumpiens font à ciel ouvert: si le droit international est fictif par confusion avec son interétatisation, l’État-nation à sa base n’est qu’un fantasme. Le magnifient les États-Unis faits Fantasyland et a fortiori depuis que s’imposant tels par Donald Trump qui ne tolère plus aucune idéation jusqu’en sa logique à la source de quelque règle que ce soit que selon sa seule sous-jacente fantaisie, elle-même fort cruelle en ses affections. Mark Carney fait porter l’attention sur de tels États-Unis, pour qu’elle ne se porte pas sur ce qui se passe au sein du Canada. C’est évident et affiché aux États-Unis, mais subreptice (et à garder tel) au Canada.

    Pour comprendre ce devenir sociohistorique bien plus que seulement individuel, sauf fantasme occidental le confondant avec l’individualisme, et ce, de la 2e Guerre mondiale au XXIe siècle, on peut comparer ce que Messadié décrit dans L’atroce XXe siècle avec ce qui se passe au XXIe siècle. Lesdites sociétés occidentales fantasment tellement sur l’individuel censé être et n’être qu’individualiste qu’elles sont toujours en quête de quelque tête d’affiche autant pour le bien que pour le mal. Quant à l’émergente (et non toujours déjà présomptive) figure de Hitler, Messadié fait ressortir jusqu’à quel point dans l’entre-deux-guerres l’Allemagne cherchait tant à s’extraire des conditions qui lui avaient été faites au sortir de la 1re que diverses mouvances sociales passant par diverses figures se sont mises à faire monter tel ou tel individu, dont a finalement surnagé principalement Hitler qui, alors et seulement alors, s’est imposé et a pu conforter le fantasme occidental de l’individualisme si marqué qu’au ressort d’un nationalisme ne faisant que l’en collectiviser et s’imposer tel jusqu’à toute la société, d’où leur contraction les fusionnant en une seule et même expression dite nazie. Un exemple marquant est Goering, si assoiffé de son avènement, qu’incendiant le Reichstag pour le précipiter, sans lui en faire part. Tout le livre fourmille de maints autres exemples semblables. Ces mouvances sociales propulsant les individus bien plus que les individus s’imposant en retour en leurs sociétés respectives, sont à comparer, par exemple entre Hitler, dont il vient d’être question, et Trump. Tous connaissent la tendance trumpienne à scénariser et mettre en scène tout et n’importe quoi (dont son stylo pour signer ses décrets lors d’une rencontre au plus haut sommet quant à la guerre israélo-étatsunienne contre l’Iran). Tout se passe comme si c’était uniquement individuel, dans le pays le plus hyperindividualiste de la planète, à savoir les États-Unis. Or, il s’adonne que ce n’est aucunement Donald Trump qui a transformé, du moins quant à sa dénomination, la doctrine Monroe en doctrine Donroe. C’est le New York Times, le 8 janvier 2025, sous le titre « The Donroe Doctrine: Trump’s vision for hemisphere ». Bien sûr, narcissique comme il l’est, c’est du matériel tout cuit (voire du pain béni ?) lors de ses mises en scène. Cela s’ajoute à tout ce que la tendance MAGA a retenu de son 1er mandat pour en tirer la leçon dès le seuil de son 2e mandat, ce que Steve Bannon a résumé par « flood the zone » comme stratégie politique consistant à monopoliser l’attention des médias, désorienter les opposants et distraire le public de toute autre information qui pourrait surgir dans des médias, s’ils ne sont d’emblée vendus à sa cause, d’où sa seule liberté d’expression massifiant partout la censure (faite tabou-paranoïa-cruauté). Bien sûr, tout le juridique est sous la coupe d’une Cour suprême fort conservatrice tellement axée sur la reviviscence d’un droit dit originel à expurger des apports progressistes considérés l’avoir modifié que portée à renforcer le pouvoir exécutif toujours plus unitaire jusqu’à y sacrifier tous les autres pouvoirs et jusqu’aux institutions (à quelque rare exception près, dont l’indépendance de Fed). Donald Trump peut donc d’autant plus aisément y apporter sa touche personnelle. Sa vie entière gravite autour de sa capacité à se mettre en scène. Il se voue à y être tellement tout entier à sa seule apparence qu’à en faire autant sa très littérale identité et de là, la glue faisant tenir ensemble tout ce qui de la réalité est censée s’y plier et qui est autrement à réifier jusqu’en tout ce qui de sa factualité résiste à s’y rendre alternative, si s’avérant plus têtue qu’il ne l’est. Donald Trump peut ainsi bloquer « un projet de loi bipartisan sur le logement abordable, adopté par le Congrès et décrit par ses défenseurs comme la plus grande loi sur le logement abordable en des décennies » en exigeant, pour qu’il le signe, que « le Congrès adopte d’abord le SAVE America Act, qui impose une pièce d’identité et la preuve de citoyenneté pour voter. »6 Il en fait un levier de négociation, même s’il n’y a aucun rapport entre le vote électoral, tel que conçu selon le Safeguard American Voter Eligibility (SAVE) Act s’affichant vouloir empêcher des fraudes pourtant très rares, mais visant en fait à supprimer le vote légal de millions d’étatsuniens peu portés à voter pour lui, et la loi sur le logement, en vue de régler une grave crise à travers le pays. Il s’agit d’une prise en otage, non seulement législative, mais de la population à pourfendre en deux, selon que plus susceptible ou non de voter pour lui, surtout au mi-mandat dont l’issue s’annonce particulièrement défavorable. Il s’agit donc d’une instrumentalisation de la démocratie représentative entière afin que ce ne soit plus les gens éligibles à voter qui choisissent leurs représentants, mais tout l’inverse, à savoir de(s) représentant(s) se prédéterminant eux-mêmes et choisissant ceux-là seuls qui vont les en conforter lors de l’élection et qui sont seuls à rendre éligibles. Un décret visant à rendre opérationnel le SAVE Act contraindrait le Service postal pour y créer des listes à travers tout le pays et donc en faire l’instrument de l’intrusion tout à fait inconstitutionnelle de l’État fédéral dans les États fédérés. Des gouverneurs se sont mis à le contester, car c’est une autre inversion des rôles constitutionnels: ce sont le Congrès et les États (donc les gouverneurs) qui sont censés détenir le pouvoir de fixer les règles électorales, non le président (soit-il exécutif unitaire7), du fait que le vote postal (par correspondance) tend à être défavorable à ses intérêts politiques8. Art of the Deal: donner l’envers pour l’endroit et faire virer l’endroit à l’envers de lui-même pour l’y faire s’y conformer, telle est la représentationnelle mise en scène s’en mettant à surdéterminer et coloniser toute représentativité de la réalité pourtant censée être en question. Bref, la fantaisie la plus cruelle en acte se tend de l’incertitude entravant les entreprises de construction se doublant de la pervasive misère du logement (plus des taux hypothécaires, etc.) au dysfonctionnement démocratique d’autant radicalisé. Tous deux sont manipulés par une telle soi-disant négociation, alors qu’il s’agit tout simplement d’un abus de pouvoir, mais rendu possible par l’exécutif unitaire juridiquement conforté. La loi, bipartisane, chemine sans être signée. Il est crucial de s’apercevoir jusqu’où peut aller le droit d’État ainsi fait droit du plus fort une fois mis en lieu et place, sous façade et jusqu’à l’encontre de l’État de droit et a fortiori de quelque force du droit, surtout quand celle-ci ne vise qu’à y revenir. Cette même puissance, d’autant exacerbée et rendue impérialiste jusqu’à tout siphonner (y compris la démocratie) à seul profit, permet aux États-Unis trumpiens de peser sur l’ONU et de l’acculer à la crise, par surcroît en la faisant accroire uniquement de gestion et en exigeant de ne se réformer qu’en ce sens. Or, la pression étatsunienne trumpienne vient de faire fléchir aussi jusqu’à la Banque mondiale pour qu’elle abonne tout objectif interne d’amélioration climatique et ne s’adonne donc plus qu’au cas par cas selon tel ou tel État y tenant néanmoins, mais dorénavant chez lui seul, alors que cela ne peut guère fonctionner sans concertation écosystémique d’ensemble. S’y illustre bien en quoi le cynisme va bon train et est d’autant porté à susciter la crise même qu’il prétend éviter qu’il est inapte à quelque aperception critique, de fait la refoule et la tolère fort mal, si constructive puisse-t-elle chercher à être. Le plus étonnant est que, même si les États-Unis sont les principaux contributeurs (à hauteur de 16%) de la Banque mondiale, il ne semble pas surgir une coalition au moins prête à examiner de quelle façon compenser tout éventuel retrait des États-Unis pour que ce soit ceux-ci et non plus tout un chacun des autres États qui s’en trouvent isolés. Si cela s’avérait faisable, ce serait une occasion majeure pour implanter le tiers système monétaire proposé en introduction du présent livre, à savoir pour instaurer une véritable monnaie d’emblée internationale, en l’occurrence onusienne en concertation avec la Banque mondiale, donc non soumise à une hégémonie indue de la monnaie d’un pays9 ou à un ensemble concurrent de monnaies s’en détachant et faisant même émerger l’une d’elles s’en mettant à prédominer et à concurrencer jusqu’à l’hégémonique (faut-il les nommer et identifier ou n’est-ce pas très évident pour la plupart ?), depuis le XXIe siècle. Se constituerait le coup d’envoi d’une révision générale des institutions mondiales au fur et à mesure que s’instaurerait leur interrelation en une telle nouvelle dynamique d’ensemble, dont libérer Cuba, voire les Amériques et l’Europe, jusqu’à l’Asie, y compris la Chine, pouvant y être intéressés. Sinon, reste l’autre voie: poursuivre le divorce industriel de l’Occident d’avec la Chine (pour un coût jusqu’à 23 600 milliards de dollars) avec, si s’apercevant que le problème n’est pas qu me extérieur, chaos interne trumpien. Hormis s’ils réussissent à faire se délocaliser aux États-unis des entreprises canadiennes ou autres, les tarifs trumpiens produisent chez eux le contraire de ce qu’ils promettent (en payant plus cher leurs intrants) et incitent les alliés à adapter leurs chaînes d’approvisionnement et à chercher à se réseauter autrement commercialement pour en être moins dépendants. Les blocs économiques intégrés avec les États-Unis, dont ledit ACEUM, sont en train de s’éroder. Sans se désintégrer, ils se relativisent. Quête du moindre risque.

    Autrement, s’y cerne la tendance occidentocentrique, surtout étatsunisocentrique, à tant occulter toute mouvance sociale au ressort de l’émergence de figures individuelles qu’à ne plus que se projeter et s’en suraccentuer tout à l’inverse en des figures individuelles à célébrer autant en bien qu’en mal, dès les bien-être et mal-être, mais a fortiori à ce qui peut s’en poursuivre plus ou moins moralement jusqu’en le légal et d’abord l’exécutif jusqu’au plus unitaire, tant leur emprise sur les sociétés en cause est forte. Cette tendance nous introduit directement à la tendance asiatique (et en bonne partie aussi russe s’en démarquant avec l’Asie dans la notion d’Eurasie et d’euroasiatique) qui, elle, tend fortement à procéder en sens inverse. Selon l’approche du présent livre axé sur l’humain, jamais individuel (a fortiori si jusqu’à l’individualisme et même l’hyperindividualisme) que d’emblée social, non seulement l’humain est pourfendu en deux polarisations inverses se mettant à s’exclure et refouler l’une l’autre, mais s’instaure leur divergence systémique d’ensemble à l’échelle de la planète. S’éclairent autant les tensions interimpérialistes que lesdits heurts entre la soif unipolarisante (style MAGA) et la multipolarité s’en accentuant au fur et à mesure que les interdépendances se renforcent. Et nous avons déjà vu que « Pouvoir se fier exige que la foi se mesure à la confiance mutuelle » et ce, jusqu’en pleine guerre israélo-étatsunienne avec l’Iran (avec arrière-fond russe et chinois), dont ne rien comprendre en s’entêtant à traiter seulement depuis soi, par surcroît réduit à son seul egocentrisme hyperindividualiste se faisant accroire ne que peser sur le social comme si jamais sans en émerger, sur tout autre censé n’en être que l’alter ego et comme si à force d’en assassiner les têtes dirigeantes tout le social était censé suivre. La tension entre les deux, si en miroir l’un de l’autre, se met à son tour à s’orienter en des sens inverses, à la façon dont la tension entre gauche/droite tant enveloppe et déborde toute tendance gauchère/droitière, voire gauchiste/droitiste, que peut s’orienter autant de façon lévogyre que dextrogyre. Peuvent en résulter divers états d’équilibre à leur interface, ce qui s’appelle l’énantiodynamique, en l’occurrence relationnellement tissée et considérée plutôt que seulement distribuée en des particules ou molécules se constituant en miroir les unes des autres, à la façon dont même les gauche/droite n’adviennent que purement juxtaposées comme en les songes cartésiens de 1619 (Morin, 2022-2026).


    1 https://www.msn.com/fr-ca/actualites/other/le-secret-du-ballet-des-étourneaux-leur-cerveau-ne-fait-qu-un.

    2 Hormis les guerres militaires, la guerre bancaire numérique est féroce. Le système bancaire étatsunien tend à restreindre la capacité de l’épargne numérique des stablecoins de générer une épargne passive, du simple fait d’exister. Le Clarity Act trumpien vise l’inverse : « si les stablecoins offrent des rendements passifs supérieurs à l’inflation, les banques redoutent de voir leurs dépôts s’évaporer, ce qui paralyserait mécaniquement leur capacité à émettre des crédits. », sans parler d’éventuels flux financiers illicites et de profits personnels que de hauts responsables tireraient de l’industrie crypto. Voir https://journalducoin.com/economie/clarity-act-senat-rendements-stablecoins-clan-trump/2024-03-24 Une subordination totale de toute économie réelle à la seule économie spéculative, dont les États-Unis, d’abord le clan Trump, seraient le fer de lance jusqu’à travers la planète? Les stablecoins, restreints à leur activité transactionnelle (si à l’image du style présidentiel), reviennent à la charge par le Yield-as-a-Service avec Smart Contract en légalisant autrement la rentabilité, là où l’Europe s’y refuse en pensant aux crises qui seraient sans garantie des liquidités. À l’inverse, la Chine se soucie d’emblée de la stabilité de l’économie réelle et d’y inscrire (non l’en surdéterminer par) les stablecoins. Rappel: le dangereux précédent des pyramides de Ponzi finançant par de nouveaux investisseurs ce que des investissements réels ne produisent plus par dividendes. S’y fausse la représentation des rendements jusqu’à l’écroulement du tout et abrupte révélation de la réalité. Déjà, la fusion des banques d’épargnes avec les banques d’investissements avait débouché sur des produits financiers toxiques faisant des montages artificiels combinant des prêts hypothécaires à haut risque avec d’autres dettes passant pour des actifs. Le contexte de bas taux directeurs produisait l’illusion d’argent facilement gagné, d’où la crise économique de 2008. Cette fois-ci, l’épargne n’est plus levier pour l’investissement en des produits financiers toxiques ou autrement faussés, mais d’emblée concurrencée par la cryptomonnaie en faisant son levier pour l’investir… en de tels produits ?

    3 https://journalducoin.com/economie/economie-souverainete-chine-dominer-monde/. De plus, d’emblée la Chine ne met en œuvre un stablecoin hongkongais depuis 2025 que sous emprise bancaire pour le régulariser et en tamponner les éventuels effets quant à l’économie réelle qui reste prioritaire et avec laquelle l’articuler: « Hong Kong policymakers have emphasised that approvals will depend on whether issuers can demonstrate real-world use cases, sustainable business models and strong regulatory compliance. » https://www.msn.com/en-us/money/other/hsbc-standard-chartered-poised-for-hong-kong-stablecoin-licences-report. À l’inverse du trumpisme, la Chine se soucie que l’accélération du flux monétaire susceptible d’advenir avec les stablecoins se combine avec une préservation d’un équilibre entre l’innovation fiscale et le risque gestionnaire.

    4 https://cryptoast.fr/europe-imposer-leadership-marche-tokenisation-avis-membre-bce/

    5 Alexandre Sirois, https://www.lapresse.ca/contexte/la-guerre-du-futur-fait-rage-maintenant/2026-03-22/vie-mort-et-biais.php.

    6 Maxime Marquette, https://www.msn.com/fr-ca/politique/gouvernement/decryptage-trump-prend-la-loi-sur-le-logement-en-otage-pour-imposer-le-save-act-electoral.

    7 Maxime Marquette, https://www.msn.com/fr-ca/actualites/other/reportage-scotus-renverse-90-ans-de-jurisprudence-et-donne-à-trump-le-pouvoir-de-limoger. La doctrine de l’exécutif unitaire s’est forgée pendant les années Reagan et a été promue par des juristes conservateurs (dont ceux nommés à la Cour suprême par Trump lors de son 1er mandat). « L’argument central : tout le pouvoir exécutif appartient constitutionnellement au président, et les agences indépendantes constituent une distorsion illégale de cette architecture. » Sauf la Fed, Trump peut donc démantibuler ces agences indépendantes (écologiques, sanitaires, financières…) pour déréguler les secteurs en cause, en plus de limoger quasi autant qu’il le veut, y compris menacer les médias dont la couverture des événements lui déplaît. Toute liberté est d’abord la sienne.

    8 Maxime Marquette, https://www.msn.com/fr-ca/actualites/other/reportage-neuf-gouverneurs-democrates-sonnent-la-charge-contre-le-plan-postal-de-trump. Ce nouveau système serait à implanter à toute vitesse en vue de la prochaine élection en novembre 2026 et risquerait de rendre le système électoral entier encore moins fonctionnel, d’où pour le même Trump, de la nouvelle matière à de nouvelles interventions arbitraires sous de nouveaux prétextes si le résultat du vote n’est pas celui qu’il veut. Trump est en incessante création de polémique, source d’impasses et pseudonégociations faisant s’entrechoquer les propos les plus hétéroclites. Quête de chaos à son seul et unique profit.

    9 Dont le dollar depuis Bretton Woods et a fortiori le pétrodollar issu de Nixon, mais quelque peu plombé, surtout depuis la guerre faite à l’Iran et la crise s’en étant mondialisée depuis le détroit d’Ormuz. Les sources pétrolières étatsuniennes sont partielles et partiales.


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    Problématique critériant le choix de ses représentants selon de telles doubles actions

    3) Représentant issu de l’Asie


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  • 1) Représentant issu des Amériques

    La crise humanitaire cubaine issue de la radicalisation trumpienne de l’embargo étatsunien (cas réel pouvant faire l’objet d’une action spécifique) fait plus largement s’interroger sur qui est Américain (selon le trait commun visé par l’action globale, d’emblée universalisable). Les diverses Amériques sont mises au jour par la tectonique des plaques continentales, celle du Sud et celle du Nord avec leur interface par celle des Caraïbes. Être Américain peut advenir et se cultiver sans être et sans devenir pour autant Nord-Américain et a fortiori Étatsunien (United Stater). Parler des Amériques, en référence à sa géophysique issue de la tectonique des plaques continentales, permet d’introduire aussi du même coup sa pluralité en géopolitique: être Américain l’est des Amériques, non de la seule Amérique, a fortiori si nord-américaine, voire étatsunienne. Sa diversité, si reconnue être et se cultiver telle, peut être préservée. Surtout, d’autant naître non seulement biologiquement, mais culturellement selon que s’apercevant et s’en faisant reconnaître ainsi territorialement est à la source autant de la nation (jusqu’en l’ONU?) que de la nature (dont le sexe et ce, autant du sein de soi que tout autour). Bref, la naissance, si humaine, n’est jamais seulement naturelle, autant biologique (par le sexe) que physique et même géophysique, mais aussi culturelle, guerre culturelle incluse par sa propre identité cherchant à s’émanciper de ce qui l’aliène, surtout si tenant forcenément à l’aliéner, par impérialisme.

    De cette diversité première, il est possible d’entrer dans les autres diversités, car toute culture s’inaugure par l’attitude, à savoir par le fait de considérer quoi que ce soit de la nature, dont le sexe, et de se l’intégrer autant du sein de soi que tout autour. Or, la sexuation évolutivement advenue n’est pas la sexualisation et encore moins le seul genre. Confondre le sexe avec le cisgenre alors dit binaire (si se disant homme ou femme), surtout à partir de toute une genrante mouvance LGBTQ+ s’en présumant s’opérer depuis l’agenré s’en disant non binaire comme d’où attaquer tout service ou commerce (salon de coiffure, etc.) ne l’affichant pas d’emblée et même si pourtant prêt à s’ajuster pour l’accommoder, est sexiste. C’est la sociosexoréférence patriarcale qui est binarisante, selon qu’ayant ou non un pénis, voire étant avec ou sans pénis, que ce soit par cisgenre ou par mouvance LGBTQ+. Confondre le binaire de façon toujours plus étroite d’où l’imposer ensuite à rebours par ciblage abusif, fait que la sociosexoréférence patriarcale se laminerait en la seule orientation sexuelle (de sexuation en sexualisation), elle-même en le seul genre et ce, dudit cisgenre à LGBTQ+ avec occulte agenré à la clef faisant confondre la binarité (d’abord sexuante) avec le cisgenre (sexualisante) qui est seulement l’une des orientations sexuelles, mais à attaquer depuis tout le reste censé s’en démarquer pour s’y imposer à rebours, surtout depuis l’agenré via LGBTQ+ et, de là, tous ensemble au dit cisgenre, présumé seul binaire, alors que tous surgissent pourtant de la même sociosexoréférence, seule vraiment binaire et ce, pour tous avoir ou non et donc être avec ou sans pénis, quelle que soit l’orientation sexuelle et a fortiori le genre par lequel en faire une construction sociale. S’y occulte autant son propre devenir diversitaire (dont l’avènement d’un homme rose ou d’une femme mieux affirmée et paraissant s’en viriliser, tout en se disant pourtant encore homme ou femme, y compris si cisgenres, sans se le faire assigner depuis les LGBTQ+ surtout si depuis le sous-jacent agenré dont surgirait tous les genres) et a fortiori un tout autre sociosexoréférentiel que le seul patriarcal, à savoir le féminin jusque du masculin (par exemple, la fente sagittale commune aux deux sexes, la masculine étant au bout du gland du pénis en regard de la vulve féminine)1. Une fois la nature biaisée dès le sexe, s’ensuit bientôt l’ethnoracial gagnant d’autant en importance relative en l’idée même de nature considérée au sens biologique et même en laquelle laminer la notion de culture (censé ne plus tant se sociogénérer, mais s’ethnogénérer et, avec la race en cause, s’en faire ethnoraciale), surtout si le tout s’enreligiose, au ressort des grands filtres idéologiques. Manquer le pas dès la culture, c’est manquer tout le reste en tout rapport avec la nature, donc avec le fait physique et a fortiori vivant de quoi que ce soit. C’est mettre en porte-à-faux et éventuellement fausser la notion de diversité que l’occulter dès l’hétérosexualité présumée n’être plus que cisgenrée et binarisée au profit de la seule mouvance LGBTQ+ en l’y psychologisant à outrance et en suscitant éventuellement une réaction inverse du style trumpien (pouvant si aisément conjugué le masculinisme le plus outrancier et la tradwife au gré d’un patriarcat d’autant pur et dur) à partir d’une individualité faite partout et en tous ces cas pur individualisme, incité à se grégariser tel. Fausser la notion de diversité (en l’occultant dès la sociosexoréférence apte à susciter d’emblée des cisgenres différents pour faire accroire que la diversité ne serait que LGBTQ+), fausse les catégories fondamentales de la pensée que sont l’autre et le même, dont l’altérité (diversité) et l’identité plutôt que seulement et respectivement l’autre que soi et l’identique à soi stricto sensu egoïque, voire egocentrique, ethnocentrique, etc. De plus, est seul vraiment binaire avoir ou non un pénis, ou si vous préférez, être avec ou sans pénis, non seulement chez tout hétérosexuel, mais aussi jusqu’en mouvance LGBTQ+, mais tous selon une même sociosexoréférence patriarcale. Ce n’est aucunement être cisgenré, comme si sans valoir aussi pour tout autre genrance. Cette culture mentale de la pensée, faisant sortir hors de la nature, dont jusqu’au sexe (surtout si pour l’en manipuler), se méconnait en sa sous-jacente culture tout court faisant considérer la nature, voire en prendre soin et l’élever. Cette tension révélant la culture en son devenir est apparue dès la Renaissance, mais s’est mise à dériver. Un sexoréférentiel plus féminin jusque du masculin fait ressortir, avec la fente sagittale au bout du gland du pénis, une commune fente sagittale entre les sexes, etc., plutôt que seulement avoir ou non, voire être avec ou sans pénis. Avant toute genrance et a fortiori toute exacerbation se polarisant entre les extrêmes de la genrance jusqu’à la plus agenrée en virant sexiste et le patriarcat pur et dur refusant de s’en faire siphonner son propre pouvoir à son propre encontre, comme l’illustre le trumpisme s’étant mis à bannir toute ladite EDI (Équité, Diversité -ainsi fort tronquée et biaisée et Inclusion) de l’éducation, de l’armée, etc., jusqu’à étendre sa guerre culturelle au sein des grandes plateformes numériques, dont Netflix d’où chercher à faire bannir Susan Rice de son Comité administratif, car elle est issue de l’administration Obama avec laquelle ainsi se polariser par d’incessants et mutuels arguments ad hominem visant à supprimer le messager pour supprimer le message. De plus, la présence de David Ellison dans la loge présidentielle lors du discours sur l’état de l’Union n’est pas passée inaperçue, car son Skydance Media a déjà acquis Paramount et Trump pourrait bien créer un environnement réglementaire le favorisant au détriment de Netflix. Entre-temps, Trump a déjà menacé et fait reculer le gouvernement canadien qui, de Trudeau fils à Mark Carney, s’apprêtait à taxer les plateformes numériques étatsuniennes, tandis que le Québec a réussi à promouvoir sa souveraineté (et sa sécurité) culturelle(s) auprès de l’UNESCO. D’autres Américains, à savoir canadien et québécois par-delà le cubain, que l’étatsunien. Eux aussi aux prises avec un semblable, mais plus subreptice colonialisme impérialiste cherchant à s’imposer du canadien au québécois. Problématique complexe et ramifiée. Elle s’instaure et transparaît du plus universel au plus spécifique, mais spécifique diversement contextualisé comme d’où parvenir plus ou moins bien à s’apercevoir acquérir son sens et se porter ainsi à l’universel. C’est ce qui exige des doubles actions aptes à articuler les deux pôles, si pour éviter qu’ils n’éclatent et s’exacerbent.

    Comprenons bien depuis l’arrière-fond historique le sens de la relation entre Cuba et les États-Unis qui s’est autrefois instaurée et qui est en train de rejaillir aujourd’hui. Les États-Unis sont intervenus militairement à Cuba et en ont évincé un régime espagnol brutal en 1898. Toutefois, loin de l’en libérer, ils y ont imposé l’amendement Platt leur accordant un droit permanent d’intervention par lequel reconduire, mais à leur propre profit l’emprise coloniale tout juste délogée. La façade d’indépendance instaurée sous Batista en 1902 ne faisait au contraire qu’entériner l’étatsunienne mise sous tutelle et son droit d’ingérence. De là, a germé autant le support à Fidel Castro pour s’en libérer que le crime de lèse-majesté que les États-Unis en ont éprouvé en se faisant accroire qu’il s’agissait d’abord d’une lutte d’un pays libre qu’ils se disaient être, alors même que l’en aliénant, et d’un pays communiste censé en être l’antithèse, comme s’il s’agissait uniquement de deux régimes politiques s’affrontant (dans le contexte de la polarisation globale entre États-Unis et URSS s’étendant alors à la planète) pour mieux occulter le ressort de l’instauration de l’état de leur relation. Il est si tentant d’occulter toute structure géopolitique en son seul et si évident pur rapport manifeste de forces plutôt que de tenir compte d’abord de sa genèse. Bref, les États-Unis, après avoir échoué à déloger Fidel Castro, se sont mis à enkyster leur mal-être par embargo à faire peser sur Cuba. Embargo que Donald Trump, comme en tout ce qu’il fait, a radicalisé en pression maximale, question de ne plus seulement contenir, mais étouffer et même faire tomber le régime cubain. Marco Rubio en fait une affaire personnelle censée être identitairement généralisable de lui à tout Cubain et Donald Trump ne demande pas mieux que de l’utiliser comme l’une des voies de sa propre mise en spectacle s’exacerbant et cherchant à faire accroire à tous que Cuba serait une menace à la sécurité nationale étatsunienne (le dire est y croire et c’est censé suffire). Bien sûr, tout ce qui de la Chine ou de la Russie pouvant passer par Cuba est en cause, sans jamais se questionner sur ce qui pourrait contribuer à ce que Cuba devienne une démocratie plutôt que de se faire spolier et aliéner par une soi-disant démocratie ne cherchant qu’à le mettre à sa botte. De fait, Cuba est plutôt une tache dans l’hégémonie étatsunienne, autant sur tout l’hémisphère occidental à laquelle prétendre que fort allergique à tout ce qui n’est pas elle-même.

    Dénoncer annuellement l’embargo, a fortiori sa radicalisation au gré d’une cruelle persécution étatsunienne trumpienne (juste pour avoir la peau de l’autre et s’en faire un manteau avec lequel parader) ne suffit plus. Face à « Cruello »2, sont en cause les quatre piliers de l’ONU: les paix et sécurité du pays sont menacées par l’impérialisme étatsunien (du sein jusqu’à l’extérieur du CPS), la crise humanitaire s’ensuivant est saillante et exige d’y répondre rapidement, le développement durable en devient d’autant nécessaire (par accélération de la mise en place d’énergies renouvelables, dont le solaire, pour amoindrir l’impact de pannes généralisées d’électricité issue de la dépendance au pétrole principalement visé par l’embargo étatsunien trumpien, voire à l’obsessif pétrodollar, lui-même en voie d’être cryptomonétisé) et enfin, les droits humains (à savoir d’individus d’emblée sociaux). Surtout, ces droits humains se révèlent être des droits américains qui ne sont pas qu’étatsuniens et portés à isoler et tronquer en tout humain l’individu du fait d’être d’emblée social, d’autant qu’étant en formation réactionnelle et en miroir de toute tendance le tronquant en sens inverse et en miroir ailleurs sur la planète, selon un seul et même refoulement de l’humain comme tel3.

    La diversité humaine est d’emblée une diversité culturelle dont le cœur est la diversité identitaire permettant d’être qui être, et ce, au point d’en être tant un qu’en être soi, ce qui conditionne tout rapport au réel si pour y apercevoir quoi ce soit y être ce qu’il est, voire l’identifier en parvenant à en unifier divers aspects caractéristiques le constituant et se rassemblant comme la compréhension de sa conception en regard de son extension à en délimiter. Ce sens de soi (et de tout ce qui lui apparaît dans le monde où se situer avec lui) se constitue diversement dès la Renaissance, à travers la Modernité, jusqu’au XXIe siècle4. Ceci ramène à la tension entre UNESCO et États-Unis comme entre, respectivement, diversité culturelle et laminage culturel qui, non seulement la marchandise, mais d’abord l’encarcane et draine géopolitiquement. L’évocation trumpienne d’une prise de contrôle amicale de Cuba serait-elle autre chose que d’en faire une réminiscence de l’emprise extraterritoriale ayant permis aux riches puritains d’aller y relâcher leurs mœurs et d’en faire le bordel (plus marché d’armes, casinos et blanchiment d’argent) des USA qu’il a été du temps de Batista (banc d’essai à l’ultérieure instauration du Shah en Iran, de Pinochet au Chili, etc.)? L’y soumettre de nouveau, même si autrement, à leur seul bon plaisir et à leur fantaisie ferait-il oublier sa symptomatique et persistante conversion entre-temps advenue en entreprise privée internationalement opérante sous Epstein5 et le fait encore plus général que « le trafic sexuel aux États-Unis est une réalité industrielle, pas anecdotique »6, tout comme le trafic humain plus large se bute sur un système étatsunien de santé qui serait souvent le seul lieu où pouvoir le détecter, mais qui est non formé et est rendu inapte à l’identifier? Prise de contrôle soi-disant pacifique (par embargo radical fabriquant la misère) de Cuba, écho de Gaza, à savoir à son effigie et surtout, sans aucun passage si ce n’est artificiel par l’ONU ou quelque instance internationale visant un meilleur équilibre d’ensemble, car d’emblée à infléchir dans le seul sens faisant son affaire. L’enjeu : l’emprise extraterritoriale jusque sur les humains en cause et jusqu’en ce qui leur est le plus intime, à savoir leur identité et le cas échéant leur sexe, de l’étatsunien en tout américain de tout pays des Amériques, dont le cubain serait exemplaire7. Et en traitant les droits humains selon une géopolitique variable selon qu’allant ou non dans le sens des intérêts étatsuniens, ce qui nuit à sa cohérence morale et sa crédibilité politique. Pattern récurrent: refuser de s’inclure et de se voir dans l’ensemble pour tout au contraire s’y imposer et l’en infléchir autant à son seul profit et en se pavanant qu’en accusant les autres, sans jamais s’y apercevoir comme en son miroir où, faute de pouvoir s’y admirer, toujours plus s’y ignorer et décrier en son propre reflet, à force de s’y occulter et projeter, mais dont le retour comme de son propre refoulé le réactive et est si résurgent que vient l’en hanter. Ce refoulé croît rapidement. L’illustre le Reste du Honduras face à Prospéra, comme tout le Rest of the World face aux Cités-États libertariennes cherchant à s’implanter un peu partout et coloniser de l’intérieur les États.

    Peut donc seule être choisie pour siéger au Conseil Indépendant une personne prête à endosser la promotion des quatre piliers de l’ONU et en particulier, qu’il n’y a d’Amérique que selon ses diverses Amériques et qu’il n’y a donc pas l’Américain confondu avec l’Étatsunien, mais l’Américain valant pour tout un chacun des pays des diverses Amériques et les faisant s’y regrouper tels, dont le Sud-Américain et le Nord-Américain avec leur interface caraïbéenne. Sa première tâche est d’aider l’Assemblée générale onusienne à s’affiner selon trois axes pour mieux réaffirmer :

    • que l’ONU répond à la crise humanitaire cubaine ainsi créée (et en conjointe exigence accrue de développement durable et de droits humains) en incitant et contribuant à toute action internationale visant à y pallier par une aide humanitaire faisant preuve d’une Solidarité Internationale pour Cuba dont le mouvement est à créer comme premier prototype d’ultérieures autres luttes au sein des Amériques et de qui y est Américain (même sans être étatsunien, a fortiori si ce n’est que pour en être extraterritorialement assujetti) afin d’y favoriser un devenir plus démocratique et non confondu avec le libéralisme qui commence à s’instaurer en agriculture, qui est aussi promu par le neveu de Castro et qui risque de tomber sous emprise du libertarisme étatsunien guère meilleur que la dictature cubaine actuelle, car exacerbant et exportant la « cancel culture » faite « hypocrisie égoïste »8, en la naturalisant, donc en la faisant accroire aller de soi, là comme ailleurs;
    • que l’ONU promeut le droit international contre lequel les États-Unis, surtout depuis que trumpiens, agissent, voire réduisent à l’absurde, si forçant par leur embargo radical, l’émigration massive (pour la plupart des citoyens ordinaires bien plus que des dissidents politiques, sauf généralisation abusive à laquelle faire accroire pour biaiser sa réalité) qui, si elle arrive aux États-Unis, est criminalisée par leur police des frontières;
    • et que l’ONU reprend explicitement le leadership du devenir démocratique mondial que, comme tous peuvent le constater là et quasiment partout ailleurs, les États-Unis trumpiens ont abandonné (car ne recherchant plus aucunement le leadership, mais la seule domination à impérialistement élargir, et ce, à leur seul profit).

    Quant au rapport plus spécifique des États-Unis à l’agriculture (dont celle en train de se libéraliser à Cuba, si elle ne s’en libertarise jusqu’à la « cancel culture » par hypocrisie égoïste), voici ce qu’il en est: ils se donnent façade internationale interétatique de préconiser le libre-échange, mais, s’ils ne sont pas directement protectionnistes en entravant et limitant la libre importation de denrées alimentaires (risquant d’entraîner une baisse autant de leur prix que des salaires, mais avec hausse des conflits de travail des employés salariés avec leur employeur), ils le sont indirectement, du fait de subventionner leur propre industrie agroalimentaire dont les dirigeants et employeurs font du lobbying et diverses autres pressions politiques auprès de l’État pour l’être et dont l’offre peut être mais artificiellement à moindre prix (non plus seulement politique mais aussi économique) et être surtout celle de produits caloriques (« énergétiques ») de faible teneur nutritive. Le tout ne se globalise qu’en virant en « globésité », terme forgé par l’OMS pour rendre compte de la surcharge pondérale et l’obésité extrême s’ensuivant, et en dite « américanisation » (de fait étatsunisation si idéologiquement donnée qu’hégémoniquement imposée pour toute l’étendue continentale des Amériques). Se prétendre d’autant toujours plus planétairement globalisant (tant de tels États-Unis cherchent à se faire confondre avec continentalisant et, de là, mondialisant) consiste à exiger toujours plus, mais des autres un libre accès à leurs marchés, bref exactement le contraire de ce qu’ils font eux-mêmes, et ce, sous façade de promouvoir le libre-échange (tant et uniquement tant qu’il est en leur faveur et autrement, comme Donald Trump s’y spécialise, en disant que tout avantage de qui que ce soit d’autre en quelque domaine que ce soit est injuste envers les États-Unis qui s’en défendent en l’agressant, « art of the deal » oblige). S’y ajoute quelque aura d’une indestructible liberté (une telle liberté à double standard néomercantiliste, non seulement à son seul propre profit, mais d’abord, aussi et surtout à sa seule fantaisie, fût-ce la plus cruelle) censée semblablement se propagar et se communiquer à tout et l’en faire rayonner en tout par la même occasion. Tout y passe: politique, économie et, de l’une à l’autre, culture, laquelle n’advient que du sein de la Nature, même si pouvant se porter hors d’elle, voire se surnaturaliser en des dieux, voire en Dieu, mais selon des modalités différentes selon justement les cultures. Cela a pu ressortir, après les attentats terroristes du 11 septembre 2001, en la figure de Georges W. Bush fils qui, n’ayant à peu près rien fait jusque-là, a alors pris figure de héros, mais restant néanmoins proche du peuple pour se faire auprès de lui l’oracle et non l’émanation, plutôt ailleurs promue et démonisée, de Dieu « Les États-Unis avaient grand besoin d’un président héroïque, et le réflexe fondamentaliste du pays fit en sorte de le faire exister. Le public ne le vit pas comme une émanation directe de Dieu, à la manière de l’ayatollah Khomeyni ou de César Auguste, mais comme l’oracle des dieux américains du courage et de l’indestructible liberté. »9 En jaillit le libertarisme trumpien qui, lui, ne s’embarrasse pas de telles distinctions et remonte jusqu’à leur origine pour s’implanter à leur source: fonder le Temple trumpien axé sur la seule fidélité peut mettre à mal toute autre religion, jusqu’à la plus monothéiste, autant par mystère d’être si purement et totalement laïque (mais levier de l’action divine censée s’y révéler) que par son article 1er de foi, à savoir que l’élection de 2020 lui a été volée plutôt que c’était lui qui cherchait à la voler (par simple miracle de pouvoir faire la réalité tout l’inverse de ce qu’elle est, ce qui exige par contre d’être paranoïaque schizophrénant mégalomane narcissique). Sous façade de l’hyperindividualisme promu tous azimuts, les États-Unis entiers s’en font très socialement les promoteurs, mais s’occultent tels. Rien n’est plus « cancel culture » que laminer toute sociogenèse de quelque culture en pure psychisation la plus hyperindividualiste, puis de là, ethnoracisation (a fortiori ethnoracialisation faisant se laver, monopoliser et accuser à sa seule fantaisie qui que ce soit d’autre d’ethnoracisme) à faire s’enreligioser telle jusqu’en la laïcité. Rappelons que Durkheim, en son analyse du suicide, n’a pu fonder la sociologie qu’en distinguant le fait social du psychique. Ceci vaut a fortiori en regard de l’ethnoracial, si la sociogenèse, non s’y réduit, mais est préservée à la source de la culture. Le XXIe siècle est exigence de retracer ET faire que resurgisse la culture coévoluant avec la nature.

    Mettre fin au récurrent rituel onusien annuel de simplement dénoncer l’embargo envers Cuba10 peut le transformer et le charger de ces nouveaux enjeux à en expliciter: le problème, même s’il y est exemplaire, n’est pas que cubain, mais plus largement américain (bien autrement que ne le pense, en sens inverse et impérialiste, l’étatsunien, surtout le trumpien) et engage tout pays des Amériques et de là, aussi des autres Continents, au sens géophysique des plaques tectoniques comme référentiel commun à la géopolitique panplanétaire, bien plus mondiale que ladite globalisation. Tout change si l’ONU prend dorénavant en charge ce que tous savent, mais qui fait usuellement l’objet d’un tabou étatsunien impérialiste (quant à qui est Américain jusqu’en le Cubain et tout pays des Amériques) au point de s’intérioriser et se reproduire dans les discours internationaux jusqu’aux plus interétatiques. Cette notion de l’Amérique (d’emblée des diverses Amériques?) et a fortiori de l’Américain distinct de l’Étatsunien (donc à nommer tel pour le signifier ne représenter que l’un d’eux) est à annoncer comme ce qui est à privilégier dans tous les documents onusiens et dans toutes les relations internationales impliquant l’ONU. Si l’usage s’en répand aussi hors de l’ONU, s’ouvre une nouvelle ère géopolitique.

    De plus, l’année 2026 est une année charnière pour agir: élections mi-mandat aux États-Unis et d’abord ACEUM, non pas tant en renégociation (car valide jusqu’en 2036) qu’en examen conjoint avec révision d’irritants. Donald Trump essaie-t-il d’employer le même stratagème que lors de son 1er mandat, à savoir exclure d’abord le Canada pour négocier avec le seul Mexique, puis faire fléchir le Canada? Surtout pas une vue d’ensemble, car à réduire aux seuls États-Unis d’où y procéder par deux bilatéralismes, soit épars, soit au mieux mis en succession selon un style dit transactionnel et de part en part néo-mercantiliste, à savoir axé sur son seul propre profit. À l’époque, c’était pour avoir un droit de regard sur les relations du Canada avec la Chine. Cette fois-ci ce pourrait l’être de l’alliance du Canada à la fois vers l’Asie, y compris la récente bonne entente canadienne avec la Chine, et l’Europe, jusqu’en Arctique, dont le Groenland. Le Canada, en plus de se rapprocher du Mexique, se mesure non pas tant à des irritants qu’à des violations de la part des États-Unis trumpiens par leurs tarifs douaniers et il patiente pour ne pas céder à leurs pressions de concession, en attendant les élections étatsuniennes de mi-mandat qui, si elles ne les exacerbent, joueraient en sens inverse, sans parler de menaces trumpiennes de se retirer, ce qui exigerait un préavis de six mois. Si les États-Unis trumpiens obtenaient des concessions dans les secteurs les faisant dépendre du Canada (acier, aluminium, pétrole…), ils pourraient évacuer toute entente globale et faire fi de tout le reste, dont les PME canadiennes et maints secteurs plus spécifiques, dont la gestion de l’offre (importante pour le Québec) dans le secteur des produits laitiers qu’ils veulent percer et que Marc Carney fait accroire vouloir défendre, mais en nommant Mark Wiseman qui s’en fout pour y veiller. Comprenons bien toute l’ampleur de l’enjeu géopolitique imbriqué en l’enjeu géoéconomique: plus que l’ACEUM, le Mexique se révèle être la tête de pont nord-américaine de toute l’Amérique latine et de tout son déploiement sud-américain (dont le canal de Panama déjà passé sous contrôle de l’entreprise privée étatsunienne Black Rock en vue de régir les échanges commerciaux entre l’Atlantique et le Pacifique)11, tout comme le Canada l’est tant à l’interface de l’Asie et de l’Europe jusqu’en Arctique (dont le Groenland) qu’a surgi l’idée de son intégration à l’Union européenne, donc d’un transatlantisme selon une tout autre interface transpacifique avec l’Asie que la seule étatsunienne et sa prise de contrôle de Panama. Le Canada est prêt à examiner, mais non à accepter l’idée, encore moins une éventuelle invitation formelle, ne serait-ce que par ce qui s’en mettrait à gronder au sud de sa frontière ou par les éventuels impacts des politiques européennes (en immigration, gestion de l’offre, etc.), surtout que l’option hanséatique (par alliance et mise en commun face au voisin prédateur) peut suffire et préserve l’autonomie. Il est hautement significatif que la Communauté Économique Européenne se soit faite Communauté Politique Européenne depuis l’invasion russe de l’Ukraine en 2022 et qu’elle ait invité en 2026 le Canada à son sommet en Arménie, autant éventuelle candidate à s’intégrer que proche de l’Iran où se porte la guerre israélo-étatsunienne.

    L’enjeu, plus que des seules voies commerciales, est d’abord extractiviste, donc de contrôle des territoires d’où pouvoir puiser davantage de ressources naturelles au ressort des chaînes d’approvisionnement, puis l’enclenchement de la capacité productrice, l’expansion des marchés avec la consommation et enfin, la toujours plus forte orientation du tout par high tech. Dont la faramineuse plateformisation, au gré de la concentration étatsunienne panplanétaire de plus de la moitié des centres de données (plus Cloud Act pouvant obliger toute entreprise privée à remettre ces informations au gouvernement fédéral et faire compétition à la surveillance chinoise, mais en faisant semblant de ne pas y procéder, donc encore et toujours par hypocrisie égoïste, surtout si avec prototypiques ITAR (International Traffic in Arms Regulations, selon une juridiction extraterritoriale qui date de 1976, est définie depuis l’United States Munitions List (USML) et impose sa surveillance réglementaire incessante, jusqu’en les satellites, à l’encontre d’entreprises chinoises et au profit d’étatsuniennes depuis 2010, en plus de bloquer des transactions militaires aériennes de la France avec l’Égypte, etc.) et FARA (Foreign Agents Registration Act remontant à 1938, mais chez soi, si ne faisant pas s’y mouler et en gruger et anéantir ce qui peut y correspondre chez les autres pour les en défoncer unilatéralement, etc.). Comment tout hiérarchiser depuis soi s’il peut y avoir d’autres souverainetés que la seule sienne ? Un décret trumpien vise à étendre la juridiction extraterritoriale étatsunienne jusqu’en les eaux internationales pour y extraire des minéraux critiques de façon illégale ou conflictuelle à l’échelle mondiale contre l’Autorité Internationale des Fonds Marins (AIFM) soutenue par l’ONU, tandis que le G7 cherche à se déprendre de sa dépendance face à la Chine (qui, elle, y a déjà investi) pour en stabiliser les chaînes d’approvisionnement en même temps que persister à externaliser les coûts écologiques de sa métallurgie. Un autre décret trumpien, le 14196, vise à créer un fonds souverain pour « libérer » les accès aux ressources naturelles, d’abord aux États-Unis, quitte à éliminer le plus possible les aires protégées (donc aussi les espèces vivantes) et tout leur rapport avec le climat plus généralement considéré, mais aussi ailleurs, par de conjointes visées expansionnistes et impérialistes vers le Canada et le Groenland. Pour se dégager du Canada, Trump autorise l’exploitation de millions d’hectares de forêts aux États-Unis, dont l’Alaska, autant la forêt du Tongass que de nouveaux champs pétrolifères, abstraction faite du méthane encore plus dommageable que le CO2 pour le climat. Pour Trump, l’eau douce canadienne (la plus importante de la planète) n’est qu’un robinet à ciel ouvert à faire s’écouler vers les États-Unis, ce qui peut mener à une intense problématique de sa gestion entre les deux pays. Sans parler du reste: minéraux critiques, etc. Capitalisme ne s’étant dégagé du mercantilisme que se trouvant toujours plus en train d’y régresser et se faire néomercantilisme (transactionnellement utilitariste à son seul propre profit), quitte à plomber tout libéral laissez-faire pour n’être plus que libertarien gestionnaire… jusque chez le voisin à prédater (source de matières premières) pour s’en industrialiser (source de plus-value), mais surtout à enferrer par plateformisation jusqu’en crypto-pétrodollarisation pour en infléchir l’économie entière. Mark Carney constate donc que l’intégration du Canada avec les États-Unis n’est plus une force, mais une faiblesse dont se prémunir. Amérique(s) aux Américains… étatsuniens ?

    Bref, hormis cette interface plus nordique et a fortiori la plus large interface par le libre-échange nord-américain en train de se réviser, si l’Amérique du Sud se conjugue avec l’Amérique centrale jusqu’au Mexique, en tant qu’Amérique latine, est-ce que sa représentation au sein du Conseil Indépendant par le Mexique serait initialement à privilégier, du moins en l’état actuel de la situation américaine, à savoir des Amériques ? Peut même surgir une intense interface entre l’Assemblée générale, surtout si dotée d’un CI où figure une telle représentation, et le Secrétariat général, d’où faire se coordonner et s’intégrer les quatre missions de l’ONU.

    Bien noter que 80% des armes des cartels de la drogue (sans parler de l’avocat, etc.) au Mexique proviennent des États-Unis (dont les si libres entreprises de fabricants d’armes, parfois jusqu’à se cacher sous des prête-noms, pourraient être traitées de complices du terrorisme érigé en gouvernance locale sur plus du tiers du territoire mexicain), tant une relation symbiotique s’est établie entre eux et la cocaïne transitant vers les États-Unis (et même, cachée dans des trains, jusqu’au Canada), alors que Donald Trump cherche à faire accroire que ses tarifs douaniers punitifs peuvent régler la situation (sans parler de la complicité européenne par indifférence structurelle bancaire à l’argent blanchi et au fait d’être, après les États-Unis, le 2e marché mondial de la cocaïne, dont, avec la kétamine, les taux ont augmenté dans ses eaux usées, surtout les fins de semaine)12. Trump prétend même instaurer une coalition anticartel avec des pays d’Amérique latine (sans le Mexique, le Brésil… trop de gauche, mais sans plus longtemps y inclure la Colombie venant de virer à droite, et, dans le cas du Mexique, trop susceptible de révéler la source réelle du problème qui se trouve aux États-Unis). Elle est censée aussi faire tomber Cuba à son propre profit pour instaurer son dit « Bouclier des Amériques »13, aussi appelé Coalition contre les cartels des Amériques, à savoir dirigée par les États-Unis et d’autant contre les cartels que contre les Amériques où aller les poursuivre (sans jamais reconnaître contribuer à les y créer ?). La présidente mexicaine, Claudia Sheinbaum, a malgré tout, dès le début de son mandat, su traiter avec lui, puis a clairement manifesté son soutien à Cuba face à l’embargo étatsunien trumpien. S’y ajoutent: Canada14, Chili, voire Russie dont un pétrolier (couvrant des besoins pour une dizaine de jours) a été autorisé à traverser l’embargo trumpien, Chine l’outrepassant et livrant 15 000 tonnes de riz… Aide humanitaire à faire parvenir directement aux communautés hors des circuits politiques institutionnalisés ? Deux points cruciaux sont à prendre en compte : les États-Unis, non seulement cultivent la violence chez eux (avec puissant lobby des armes à l’appui), mais l’exportent autant par mises en circulation d’engins meurtriers que par créations humanitaires dramatiques comme celle de Cuba. Ce sont deux faces d’une seule et même problématique qui s’est condensée de façon géopoliticoéconomique sous visage trumpien d’une mise en scène selon un dit « Art of the Deal » consistant à faire accroire revendiquer et négocier pour plutôt agresser jusqu’à se faire concéder (sous l’euphémisme « to deal with » se décrétant et révélant sa teneur unilatérale), selon une radicalisation de l’anglo-saxon « To claim is to improve ». Il s’agit d’une dérive du capitalisme depuis le soi-disant laissez-faire anglo-saxon censé être devenu pragmatique aux États-Unis au gré d’une mise au jour toujours plus flagrante du double standard des deux poids, deux mesures: tant que je domine, il faut imposer le libre marché, mais si ça ne marche plus, protectionnisme à tout crin d’où se mettre à agresser plus activement, soit directement et même au besoin hypocritement (dont les armes acheminées aux cartels mexicains), soit indirectement (en étouffant le régime, dont Cuba). La pression fiscale coercitive jusqu’à la plus arbitraire s’opère d’ailleurs du sein même des États-Unis, de l’État fédéral aux États les constituant, par simple rétention des fonds au gré d’un chantage politique, quant à Medicaid au Minnesota, quant à l’absurde exigence (déniée par l’intéressé y ayant proceeded par des voies indirectes) de donner le nom de Donald Trump à l’aéroport Dulles et la gare Penn pour obtenir les fonds pourtant prévus pour la construction d’un tunnel entre New York et le New Jersey, etc. Une même cruelle violence narcissique arbitraire se complaît dès l’intérieur jusqu’à l’extérieur des États-Unis, vers Cuba. Et vers l’Iran, car il faut toujours plus d’argent pour y faire la guerre, donc il faut couper dans Medicaid, etc.

    Par ailleurs, lors de l’ACEUM15, si celui-ci est maintenu plutôt qu me annulé et n’est pas révisé à la pièce et surtout à la baisse en faisant jouer depuis les États-Unis le Mexique contre et jusqu’en le Canada16, l’entente du Canada et du Mexique face aux États-Unis trumpiens pourrait faire se magnifier le conjoint axe canadien vers l’Asie et l’Europe jusqu’en Arctique et s’ancrer en leur collaboration en vue de s’étendre aux Amériques et instaurer un meilleur équilibre géopoliticoéconomique face aux États-Unis.

    Un jugement de la Cour suprême des États-Unis contre ses tarifs douaniers n’empêche pas Donald Trump de chercher d’autres voies de contournement pour les rétablir autrement, même si de façon plus restreinte (pour motif de sécurité nationale, pouvoir économique d’urgence, etc.), mais selon une moindre rapidité de réaction face aux quotas, subventions et barrières commerciales pouvant surgir par ailleurs17. Le tout en persistant à oublier et occulter que les États-Unis (et maints pays dits occidentaux) ont d’eux-mêmes délocalisé leurs entreprises en quête de cheap labor ailleurs (en même temps qu’ils ont créé des crises chez eux et ont eu à doter leur police d’armes soi-disant non létales, mais pouvant estropier à vie) et ont créé la problématique de désindustrialisation dont Donald Trump s’acharne à faire accroire qu’elle serait due à d’autres pour pouvoir les en accuser et que ses tarifs vont rétablir la situation, donc créer (forcer) les investissements par lesquels réindustrialiser les États-Unis. Et en tâchant de faire oublier que les tarifs sont assumés par les citoyens des États-Unis et constituent la plus forte hausse de taxation imposée depuis 1993 en vue d’accumuler un pouvoir financier fédéral centralisateur: qu’est devenu le TEA Party (Taxed Enough Already) qui s’est forgé à l’encontre du Parti Démocrate et a émergé du Parti Républicain en devenir libertarien et de là, trumpien ? L’argument ne vaudrait que contre les Démocrates, mais aurait libre cours (d’impôts en vraies taxes) chez les Républicains trumpiens, dont le trumpisme est appelé à perdurer par-delà la seule personne de Donald Trump: par une fantaisie débridée n’exigeant d’autre sens de soi que celui d’un ego à son tour fort idiosyncrasique, il suffit d’être un peu paranoïaque schizophrène mégalomane narcissique pour s’y adonner. Style dit transactionnel. De fait, amnésique style coercitif, brutal et imprévisible, de fait chaotique, en vue de s’imposer à tout prix. Style exigeant autant de faire paraître les faits à sa fantaisie, en n’y retenant que ce qui fait son affaire, que d’occulter tout le reste, surtout si issu de soi, de son propre pays, a fortiori de son propre Parti politique. Le tout est censé mener à la concentration des pouvoirs pour en être d’autant coercitif (si aveuglément et arbitrairement cela soit-il) à l’interne, puis à l’externe et, de là, des alliés (car plus à sa portée) aux autres impérialismes que le sien. Il s’agit de tout hacher et biaiser à un court terme circonstanciel comme d’où plomber le long terme plus universel, au lieu de l’y contextualiser et l’en rendre sensé.

    De plus, l’ASEAN (Association des Nations de l’Asie du Sud-Est), restée prudente face à la Chine et aux États-Unis, s’en réoriente davantage vers la Chine. Se révèle, non seulement à l’interne, mais aussi à l’externe, l’effet contreproductif des tarifs trumpiens (hormis la réindustrialisation étatsunienne censée être apparemment réussie, mais avec conjoints investissements massifs chinois industrialisant maints pays hors États-Unis, selon quelle résultante relative mondiale globale et réelle ?)18, sans parler du déficit s’ajoutant à la dette déjà énorme et de la hausse du coût de la vie (puisque les Étatsuniens paient les tarifs entre-temps, pendant que leur gouvernement central les encaisse et que la richesse se concentre toujours plus vers le haut). L’inaugurale gaffe trumpienne, lors de son 1er mandat présidentiel, en sabordant l’entente transpacifique qui se discutait et en s’obsédant du poids de la Chine qui s’en est d’autant accru et dont faire l’ennemi attitré, est en train de se radicaliser lors de son 2e mandat et s’exacerber au gré de l’unipolaire MAGA à réinstaurer à l’encontre du multipolaire pourtant amplifié encore plus. Étonnant que les experts tardent à faire le lien entre les deux: le trumpisme ne peut supporter l’existence d’ensembles qui le dépassent et où s’inclure lors d’un plus long terme, de sorte qu’il cherche à tout en réduire à lui seul d’où tout en traiter à la pièce et à court terme, incessamment à réitérer pour pouvoir s’en mettre en scène où l’enchaîner, tout en refoulant tout le reste dans l’ombre, mais à risque d’en resurgir et l’en hanter. Ce lien permet pourtant de mettre au jour le ressort de l’acte transactionnel trumpien (à savoir une fantaisie à tout crin), voire de l’apercevoir jusqu’en ses tenants et aboutissants (par une telle fantaisie se magnifiant tant depuis un tel évitement originaire de toute exigence contextualisante que se projetant en compensatrice cruauté en quête d’écraser tout ce qui peut mieux lui tomber sous la main). Or, si le pseudo-libre-échange nord-américain a pu se négocier en le faisant s’effondrer et s’opérer depuis les seuls États-Unis par mise en succession de deux bilatéralismes, à savoir avec le Mexique, puis avec le Canada, cette mise en chaîne (au double sens du mot « enchaîner ») ne peut pas se produire face à l’ASEAN, y compris si les États-Unis restent la 1re puissance économique mondiale devant la Chine. De même, le trumpisme ne peut le rechercher en Europe qu’en cherchant d’abord à la faire éclater et en dépecer le marché commun et a fortiori ses politiques d’ensemble dites aller contre la libre enterprise étatsunienne, comme si contre la liberté même (censée n’être jamais située et n’être que sans contrainte au profit du seul libertarisme tous azimuts, tant que prévaut son transactionnel double standard des deux poids, deux measures en tout et partout, au gré de chaînes de bilatéralisme unilatéralement imposable par écart de puissance). Même si l’économie étatsunienne reste la plus forte de la planète et peut encaisser beaucoup, maints facteurs et indicateurs se cumulent et laissent entrevoir ses limites (malgré sa présomption de se faire paraître illimitée, comme si infinie, selon quelque attribut divin censé trôné sur le fini, non s’y intégrer comme en le transfini cantorien mieux susceptible d’en valider tout calcul).

    Le style onusien à promouvoir, lui, en est un visant plutôt la meilleure intégrité factuelle possible, comme d’où dégager le sens de toute action sur l’arrière-fond des actions antérieures la contextualisant, et ce, au gré d’une action locale s’inscrivant elle-même avec d’autres possibles dans une action globale, proprement onusienne, ouvrant sur l’avenir, donc la rendant du mieux possible proactive. Sa propre et incessante double action ne s’ouvre et ne se conçoit d’emblée en son avenir qu’en s’apercevant elle-même en interface avec les actions issues d’agents externes à l’ONU.

    Au sein des États-Unis, la Cour suprême (avec l’appui de deux des trois juges que Donald Trump a pourtant fait nommer lors de son 1er mandat) envoie un signal important qu’il est possible d’y limiter la tentative trumpienne de concentrer les pouvoirs en son exécutif à l’encontre de la Chambre des représentants (constitutionnellement attitrée à décider du pouvoir de taxation, dont de telles questions tarifaires), tout comme il cherche à le faire partout, en particulier à travers le Sénat, nommant les têtes dirigeantes (dont les juges) à travers le pays, et le Ministère de la Justice, largement asservi à sa vendetta personnelle présidentielle. Les conditions sont aussi plus propices à une harmonisation entre pays face à l’impérialisme étatsunien trumpien qui est non seulement interne, mais aussi externe. D’ailleurs, le 23 février 2026, l’Union Européenne a suspendu l’accord commercial conclu avec les États-Unis trumpiens, sans doute le temps d’y réfléchir et s’en réorienter. Plus généralement, les pays qui ont résisté aux tarifs trumpiens s’en sortent mieux que ceux qui y ont cédé trop précipitamment. Frustrant, de fait fort à rebrousse-poil pour celui qui veut manier et faire se réduire au court terme jusqu’au long terme en même temps qu’à sa seule particularité propre, d’où si métonymiquement qu’axiomachiquement attaquer pour se plier l’ensemble. S’y aperçoit l’équivalent géopoliticoéconomique de l’espace-temps constituant la trame de l’univers matériel depuis Einstein, tant sa géophysique acquiert sens en se contextualisant en son ampleur cosmophysique. Bien sûr, avec de nouvelles menaces trumpiennes tous azimuts et des rétablissements de tarifs douaniers par d’autres voies (déjà eux aussi contestés par une coalition d’États), tout en refusant d’entendre l’OMC qui les considérait déjà comme des surtaxes illégales, surtout que dans la suite du prétrumpien Inflation Reduction Act constituant un protectionnisme déguisé (depuis 2022). Les États-Unis, surtout trumpiens, ne jouent pas franc-jeu dans leurs interactions commerciales, de fait géopoliticoéconomiques, à moins qu’il s’agisse de l’euphémiser en une incompatibilité systémique entre la technocratie commerciale européenne et la politisation toujours plus néomercantiliste étatsunienne. Par euphémisme diplomatique européen divergences d’interprétation faisant douter de la crédibilité de tels accords. Quand la bonne foi est en cause, nous sommes au seuil de l’enreligiosement de tout et quoi que ce soit. Le Temple trumpien, en sapant toute entente transatlantique, sape la place et la part susceptible de revenir à un dit Nouvel Ordre Commercial (de Libéral à toujours plus Libertarien au fur et à mesure que trumpien ?), si aperçu Mondial (l’Asie, dont la Chine, cheminant dans l’entre-deux). S’étonnera-t-on du parallèle menant à une même impuissance entre les accords de Bretton Woods dont a émergé le GATT, puis l’OMC, d’une part, et l’ONU, d’abord son CPS, d’autre part ? Une même puissance un tant soit peu intelligente de la volonté s’inverse et s’érode en volonté chaotique de puissance toujours plus unilatérale qui met l’intelligence en berne et se fait impuissance généralisée. Le nihilisme nietzschéen l’a compris dès le XIXe siècle. N’y manquait que sa tendance géopoliticoéconomique la plus matérialiste le concrétisant au XXIe siècle. Ledit Occident n’est capable de nihilisme que matérialiste19. Dieu y meurt.

    Au lieu de cibler et réduire le problème à sa seule figure trumpienne, il est crucial de n’y apercevoir qu’un exemple extrême de ce qui constitue le vecteur de la dérive de toute démocratie, même lorsque ne se complaisant plus tant en sa mise en scène qu’opérant plus subrepticement dans les coulisses et révélant que ce qui s’en affiche géoéconomique est plutôt d’abord géopolitique: la prévalence abusive de l’exécutif sur le législatif, à son tour sur le juridique et enfin, sur toute la société civile à en faire ployeur. L’illustre la trudeauiste Constitution canadienne de 1982 unilatéralement rapatriée sans et même contre le Québec au point de parasiter la québécoise Charte des droits et libertés et biaiser à cette fin la Constitution de 1867 par une expansion accrue et fort abusive de l’homogénéisation anglicisante, en particulier en manipulant l’immigration à cette fin (pour n’en rappeler qu’un seul fait: de Durham au début du XXe, puis du XXIe siècle, la proportion canadienne du fait français est passée d’environ 50% à un peu plus de 30% à tout juste plus des 20%), alors que des programmes carneyistes d’union pancanadienne en réaction au trumpisme peuvent faire accroire s’attaquer à de dites barrières interprovinciales pour mieux s’imposer en particulier au Québec selon la même incessante homogénéisation anglicisante avec laquelle toute francité est censée n’être que collaborative (« assimilable »). Si les démocraties paraissent être nées en ledit Occident avec l’État-nation ayant proliféré depuis la Révolution française, c’est trop souvent au gré d’un jeu de façade hypocrite favorisant en sous-main l’abus qui, un jour, risk d’éclater au grand jour. L’État de droit camoufle souvent le droit de l’État par lequel ladite force du droit n’est plus que droit de la force, par contrainte légale l’exprimant (à l’interface de l’exécutif au juridique d’où peser sur la société civile à coloniser). Une dite démocratie qui ne s’éveille pas et ne se mesure pas à ses dérives ne reste pas démocratique, sous et malgré la façade qu’elle affiche d’elle-même. Et l’ensemble du fait démocratique peut s’en amoindrir à l’échelle panplanétaire au profit de régimes autoritaires auxquels collaborer, en occultant encore plus ainsi y contribuer.

    Enfin, l’Amérique du Nord, en particulier par sa forme, est considérée comme Grande Tortue, par le monde autochtone, notamment algonquin. Surtout, sa part émergée s’inscrit en la grande problématique panplanétaire des terres émergées en train de varier plus ou moins rapidement ici et là selon le ratio entre le poids de ce qui les recouvre et la montée des eaux environnantes, suite au réchauffement climatique, la fonte des glaciers (en particulier au Groenland), ses implications éventuelles pour la pompe thermohaline mettant en mouvement et assurant l’articulation entre les courants océaniques mondiaux, etc. Cette verticalité, mais aussi par un tel conjoint et subséquent ratio mis en jeu modifiant la résistance environnante à tout ce qui est plus centralement considéré, est à intégrer au réseautage de surface géopoliticoéconomique en train de se jouer sur la surface géodésiquement courbe de la géophysique en cause. La géophysique quadrimensionnelle, à savoir spatio-temporelle, est appelée à apparaître toujours plus prégnante en géopolitique et exige de pouvoir y transparaître. Il faut y insister. Dès le début de la Modernité, l’anatomie s’est mise à déconnecter tout corps de son environnement et le considérer isolément. Ce qui en advenait au sein du vivant, dont l’humain, s’est imposé comme mode généralisé de pensée se mettant à considérer semblablement tout et quoi que ce soit de l’univers matériel, non seulement sur Terre, mais jusque hors Terre. Sur Terre, en est resté tout ce temps impensable que la moindre terre émergée ne l’était que par son interface et donc, un ratio relatif entre ce qui la pousse ou la garde vers le haut (sinon cesse d’y peser et la faire s’enfoncer vers le bas) et ce qui l’environne et dont la hauteur varie aussi (par réchauffement des eaux océaniques s’en mettant à se dilater, etc.). Par exemple, la montée généralisée des eaux océaniques s’accompagne pourtant d’une émergence accrue du Groenland, pour la simple raison que la fonte de ses glaciers ne fait pas que contribuer à l’augmentation de la hauteur des eaux environnantes, mais l’en décharge d’autant d’une masse qui y pesait, ce qui l’en libère et fait se hausser. D’anciennes différences incrémentielles insensibles et imperceptibles sont au contraire en train de devenir très sensibles et perceptibles. Perd toute pertinence la notion que tout corps peut être isolément considéré plutôt qu’en et uniquement en interface avec son environnement selon leur covariation mutuelle, donc si relationnelle que relative. Il en va de même de la présomption se faisant accroire pouvoir maîtriser la nature, sans s’apercevoir en être d’abord partie prenante et avoir à s’y ajuster. Une intense et immense affinité avec la pensée autochtone émerge avec la nouvelle science exigée. Jusqu’au sein du corps, dès lors organique, les fascias interconnectent tous les organes et les ancrent de la peau jusqu’en la profondeur des os en même temps que créent et préservent leurs interfaces articulaires (jusqu’aux os n’en étant que des zones plus minéralisées et denses). Ils en favorisent la résistance, l’élasticité et l’hydratation. Ce corps organique tant se tisse que se prête à l’anamnèse clinique (par ostéopathie, kinésithérapie…)20. Émerge le fait de l’être plus que de l’avoir, si pour le vivre à même la physique à son tour distincte du seul physique (de tel ou tel emploi) plutôt que de l’y réduire et confondre comme si non plus tant vivant que morbide, quasi déjà mort21.


    1 Y. Morin, publications depuis 2022 chez L’Harmattan.

    2 Eh oui! S’il me faut être plus explicite, Cruello est le masculin de Cruella dans Les 101 dalmatiens. Peut-on espérer que la fin soit aussi heureuse en la réalité qu’en le film?

    3 Ce qui est nouveau: le pouvoir fédéral étatsunien ne procède plus tant indirectement, par la CIA, pour s’attaquer à des régimes, mais plus ouvertement, et de lui-même, pour se complaire en sa propre mise en scène, par simple cruauté se complaisant en elle-même et euphémisée en « Art of the Deal » : l’hyperindividualisme étatsunien vire en egocentrisme. Ailleurs, en la guerre russo-ukrainienne, on constate une attaque militaire plus directe sur les infrastructures énergétiques civiles. L’enjeu omniprésent au XXIe siècle est le tout début de toute chaîne d’approvisionnement et de toute productivité à la source de quelque capitalisme que ce soit. Tous les impérialismes ne veulent d’autre capitalisme que le leur, dès sa source, par main mise sur le territoire et lesdites ressources comme matières premières dont tirer quelque plus-value ainsi capitalisable. La façon de Donald Trump d’aborder la paix en Ukraine ne vise qu’une telle commercialisation. Même chose quant à son Conseil de la paix à Gaza. L’ONU ne peut donc que se leurrer en se faisant accroire que les paix et sécurité censées passer par son CPS ne concernent que la guerre et l’agression militaire. Celles-ci se creusent avec le capitalisme à même le territoire et donc, ultimement, la géophysique en cause. Il n’y a plus de géopolitique, via sa géoéconomie si capitalistement pervasive et surtout ainsi fort radicale, que géophysique.

    4 Ceci est dorénavant cerné dès la Renaissance, au ressort de la Modernité et jusqu’au XXIe siècle, par Y. Morin, De l’humain à l’humaniste dans le monde, Le sens de soi, du débat entre Ficin et Pic à Descartes et au XXIe siècle, Paris, L’Harmattan, 2025.

    5 Longtemps camouflé, le lien avec Donald Trump émerge. Voir https://www.msn.com/fr-ca/actualites/other/analyse-un-courriel-non-expurgé-d-epstein-contredit-la-version-de-trump-et-personne-à-la-maison-blanche-ne-sait-quoi-répondre.

    6 https://dosequotidienne.ca/2026/02/28/analyse-trafic-humain-trump-accuse-le-venezuela-mais-qui-regarde-dans-son-propre-miroir/.

    7 Donald Trump, en son décret du 29 janvier 2026, Addressing Threats to the United States by the Government of Cuba, invoque y apercevoir d’autant une menace directe à la sécurité nationale qu’une entrave à la juridiction extraterritoriale l’en révulsant au point d’avoir à lui afficher sa tolérance zéro: « The Cuban regime continues to spread its communist ideas, policies, and practices around the Western Hemisphere, threatening the foreign policy of the United States. (…) The United States has zero tolerance for the depredations of the communist Cuban regime. » Le fait que des Américains, à savoir les Étatsuniens, se donnent pour les Américains est occulté. Se révèle qu’un tel étatsunien « deal » avec Cuba n’est que « to deal with the national emergency ». L’« Art of the Deal » concerne ses propres affaires et l’autre mis à sa main et sous sa botte. Trump empire la réduction à l’absurde face à la montée de l’aile socialiste des Démocrates aux États-Unis. McCarthysme devenu libertarien pour lequel tout ce qui diffère est menace communiste. C’est comme cela que l’Iran de Mossadegh, dénié en sa démocratie, a viré en dictature.

    8 L’expression est de Peter Scowen, Le livre noir des États-Unis, Traduit de l’anglais par Pierre R. Desrosiers, Montréal (Québec), Les Éditions des Intouchables, 2002, p. 282. Même si « un Livre noir pourrait être écrit sur tous les pays de la planète » (p. 14), celui portant sur les États-Unis est exemplaire. Il est sidérant de constater jusqu’à quel point les États-Unis, d’un seul et même souffle, prêchent et trahissent la démocratie. Cette hypocrisie est si corrosive que démocratiquement autodestructrice. S’instaure un incessant « deux poids deux mesures » non seulement des États-Unis envers d’autres pays pour asseoir leur hégémonie panplanétaire mais au sein des États-Unis. Le bipartisme politique total n’y est que le véhicule d’opinions et de positions de groupes d’intérêts nationaux et locaux (p. 218). Le système électoral est d’autant dysfonctionnel que discriminatoire que tend à voler les élections, non seulement entre les représentants des deux partis, mais aux électeurs, dont le massif refus de droit de vote à maints Noirs et Hispaniques en 2000 et la résistance à tout autoexamen susceptible de traduire le malaise face à une telle injustice en effort (et donc en prix sociopolitique à payer) pour l’éradiquer. Tel est le problème : non seulement du même souffle, prêcher et trahir la démocratie, mais résister à tout autoexamen pourtant seul susceptible de permettre de s’assainir et s’en rectifier dès son idéation jusqu’en sa logique alors ainsi exprimée. Sinon sa pure idéologie cherche d’autant à se réifier partout qu’à inhiber, refouler et finalement trahir, mais en projetant et faisant accroire que c’est n’importe qui d’autre sauf soi-même (et tous ses adeptes) qui trahit ce qui est prêché. Bref, « Lorsque les États-Unis trahissent la démocratie au Nicaragua, au Chili, au Guatemala, en Iran, en Corée du Nord ou dans d’innombrables pays en voie de développement dirigés par des despotes brutaux qui s’attirent le soutien et l’armement américains au nom de l’anticommunisme ou de l’antiterrorisme, ils corrodent la notion même de démocratie à l’américaine comme mode de vie supérieur » (pp. 287-288).

    9 Scowen, pp. 212-213. En Iran islamique, les États-Unis et Israël sont les Satans. Ce miroir spéculaire en termes mutuellement extérieurs l’un à l’autre ne saurait camoufler le miroir interne, tant la domination étatsunienne faite israélienne vers l’extérieur, ultimement l’Iran (avec Chine et Russie en arrière-fond), ne vaut que par sa propre classe dominante qui, elle, a été obsédée par le contrôle du pétrole saoudien (d’où lier les autres pays arabes et en normaliser la relation avec Israël). Or, Bush fils a été le premier à paraître le chef de fils des fondamentalistes protestants étatsuniens, lorsque les conservateurs religieux se sont transformés à travers lui (sans qu’il les en sollicite et s’offre tel à eux) en mouvement politique, ce que la mouvance MAGA n’avait pu obtenir sous Reagan (Achcar, 2002, 24 et 111, mais qui l’a obtenue sous Trump. S’éclaire la métonymique chaîne axiomachique par effet entonnoir faisant que la population ne s’aperçoit pas se fondre en sa classe dominante si axée sur son obsessive tendance dominatrice (quant au pétrole, voire au pétrodollar, via l’entente saoudienne, a fortiori en son expansion par Accords d’Abraham), au gré d’un abrutissement médiatique auquel d’autant se soumettre qu’en retenir se déployer extérieurement et s’occulter s’instaurer d’abord intérieurement.

    10 « Il existe, dans le droit international, des dispositions claires sur les sanctions qui affectent de manière disproportionnée les populations civiles. L’Assemblée générale des Nations Unies vote chaque année depuis trente ans une résolution condamnant l’embargo américain contre Cuba. Le vote est typiquement de l’ordre de 187 contre 2. Les deux, les États-Unis et Israël. Le monde entier dit que c’est illégal. Washington s’en moque. (…) Et quand le réseau électrique s’effondre sous le poids de cet embargo que le monde entier condamne, le président américain ne propose pas de lever les sanctions. Il propose d’envahir. (…) La pression externe ne produit pas de transition démocratique. Elle produit soit de la résistance, soit du chaos. Jamais de la liberté. » https://www.msn.com/fr-ca/actualites/other/analyse-cuba-n-est-pas-le-venezuela-la-menace-de-prise-de-pouvoir-de-trump-entre-en-collision-avec-l-état-révolutionnaire-discipliné. L’auteur précise que ce chaos pourrait produire une crise humanitaire d’autant prononcée, non seulement sur l’île, mais aussi par éventuel débordement en exode massif vers les États-Unis trumpiens fort répressifs, car inaptes à s’assumer créer la crise. En juin, les cartes de crédit et le système bancaire sont attaqués. L’ONU va-t-elle les soutenir, créer une instance pour que le système financier échappe à cette juridiction extraterritoriale ?

    11 Sous Justin Trudeau, Black Rock a conseillé la création de la Banque d’infrastructures. Mark Wiseman, ayant alors travaillé pour Black Rock, a aussi contribué à l’Initiative du siècle conseillée par McKinsey en vue de faire hausser l’immigration n’importe comment, surtout au Québec dont il se foutait, et sans aucunement tenir compte des conditions de possibilités réelles d’accueil (logement, école, hôpitaux, intégration municipale et provinciale, etc.) à créer pour y parvenir, au lieu de suscitar tous les dégâts alors causés par son incurie généralisée. Il est le nouvel ambassadeur du Canada à Washington et y a été nommé par Mark Carney, en vue de la révision de l’ACEUM. Black Rock: le plus important gestionnaire privé d’actifs au monde et un monstre financier aux tentacules planétaires. Contrairement à son discours à Davos appelant les puissances moyennes à s’unir face aux superpuissances, Mark Carney a fait du Canada (avec l’Australie) le(s) seul(s) pays à appuyer la guerre d’Israël et des États-Unis contre l’Iran pour des considérations purement domestiques, hors droit international interétatisé. Plus encore, l’incitation à s’aligner sur les minéraux critiques en vue de se militariser se double d’une semblable manière interne de faire quant aux dits grands projets d’intérêt national, par exemple le TGV Québec-Toronto qui, tout en ne faisant aucunement l’objet d’un projet concret auprès de la Banque d’infrastructure et d’évaluation du sol pour son trajet, force entre-temps les populations, municipalités et agriculteurs, en suspendant lois, règlements et acceptabilité sociale. Humain si individuel qu’individualiste et tronqué d’être social?

    12 Et ce n’est que la pointe émergée de l’iceberg. Pour l’administration Trump, le financement public de la lutte contre le terrorisme intérieur est d’autant à diminuer, voire éventuellement supprimer, que tout terrorisme est censé n’être toujours plus qu’extérieur. À l’image de tous les messages lancés par la présidence Trump contre les migrants, les non-Blancs, etc., se préparent des instances (dont les leaders de Aryan Freedom Network, des enfants du Ku Klux Klan) pour être prêtes lorsque le temps de la violence, censée tout régler à l’intérieur du pays, éclatera plus pleinement. Trump aura sa milice armée prête et, comme à son habitude, il aura juste à désigner une cible sans avoir dit de l’attaquer pour que ça arrive, tout en faisant accroire n’y être pour rien. Le Temple trumpien en ses rituels.

    13 « La réaction du président cubain Miguel Diaz-Canel a été immédiate et sans équivoque. Sur le réseau social X, il a fustigé l’initiative américaine. « Le petit sommet réactionnaire et néocolonial de Floride, convoqué par les États-Unis avec la participation de gouvernements de droite [d’Amérique latine, NDLR], engage ceux-ci à accepter l’usage létal de la force militaire américaine pour résoudre des problèmes internes, ainsi que pour assurer l’ordre et la tranquillité de leurs pays », a-t-il écrit. (…) Pour le dirigeant cubain, ce sommet « est une atteinte à la Proclamation de l’Amérique latine et des Caraïbes comme zone de paix », un texte qui avait été signé à La Havane en 2014. Il y voit aussi « une attaque contre les aspirations à l’intégration régionale et une manifestation de la volonté de se subordonner aux intérêts du puissant voisin du Nord sous les préceptes de la doctrine Monroe ». » https://www.msn.com/fr-ca/politique/gouvernement/sommet-en-floride-pourquoi-cuba-dénonce-un-acte-colonial-de-trump/ar-AA1XLz13. Trumpien chaos produisant tout l’inverse du rassemblement qu’il prétend unilatéralement forcer.

    14 Comme maints pays, la posture canadienne serait assez trouble et s’inscrirait dans une longue tradition libérale trudeauiste devenue carneyiste, en promouvant un régime assez stable plutôt que la liberté de la population cubaine. Elle ferait y rechercher ses propres intérêts économiques (tourisme, entreprises canadiennes, etc.), là où ceux des États-Unis s’opèrent en sens inverse, dans tous les cas selon des géopolitiques guère soucieuses de la liberté ne s’y trouvant qu’en allant ailleurs, par exode/exil. Le Canada n’est pas le seul à adopter une telle posture qui s’est répandue internationalement et qui est un classique des chancelleries occidentales voilant leur complicité sous le vocable de la stabilité, là où l’intempestif étatsunien, surtout trumpien, ne peut s’en contenter. Jacques Provost propose plutôt une politique d’engagement conditionnel utilisant des leviers concrets et se portant dans diverses enceintes multilatérales, dont l’ONU. Voir https://www.msn.com/fr-ca/politique/gouvernement/analyse-cuba-et-le-canada-quand-la-stabilité-d-un-régime-vaut-plus-que-la-liberté-d-un-peuple/ar-AA1Xa5g7. Nancy Wright et John Winterdyck avancent une proposition semblable, en signalant que le silence cautionne un régime autoritaire, mais pas tant le cubain que l’étatsunien s’obsédant du cas cubain et commerçant avec d’autres régimes autoritaires, ce que conforte la tolérance routinière dont font preuve de nombreuses nations envers les interventions étatsuniennes à l’étranger, faute d’en contester la juridiction extraterritoriale sur leurs propres entreprises (par l’embargo). Voir https://policyoptions.irpp.org/fr/2026/02/canada-cuba-coercion/.

    15 Tous les pays en cause ne définissent cette entente qu’à partir d’eux-mêmes: pour le Canada, l’ACEUM/CUSMA; pour le Mexique, T-MEC; pour les États-Unis, USMCA.

    16 Pourquoi du Mexique au Canada? Ce pourrait être parce que le Mexique est encore plus dépendant des États-Unis que ne l’est le Canada dans leurs échanges avec les États-Unis.

    17 Les États-Unis, bien avant, mais surtout depuis que trumpiens, peuvent dire y riposter, mais parlent-ils des subventions à leurs agriculteurs afin d’entraver toute concurrence par des pays dont c’est pourtant leur source première de revenu d’exportation?

    18 Toyota est si bien implanté aux États-Unis qu’il poursuit l’administration Trump pour tarifs douaniers abusifs. S’y conjuguent des acteurs entrepreneuriaux locaux, dont Costco et Fedex. Plus tous les autres. La résultante réelle, jusqu’en l’interne, s’en problématise.

    19 Pour un nihilisme divin, venant plutôt dudit Orient et s’exprimant par le nirvana, tout en faisant ressortir le contraste et l’entrechoc entre les deux nihilismes, voir Y. Morin, De l’humain à l’humaniste dans le monde, Paris, L’Harmattan, 2025.

    20 Je reprends ce que Munz dit des fascias, mais en les faisant davantage paraître en vivifier jusqu’aux os, autant source produisant le sang (que le cœur fait circuler avec l’âme bibliquement dite en être véhiculée) qu’assise de l’ostéopathie. En effet, si les fascias est l’organe de tous les organes constituant l’organisme et comporte plus que tout autre une forte sensibilité (proprioceptive, intéroceptive, nociceptive…) d’où s’exprime l’état général du corps et qui covarie en circuit avec les tensions musculaires s’en trouvant en retour littéralement informées, cela s’exprime jusqu’en les os à sentir eux aussi tels, comme l’exprime la notion d’ostéopathie. Les exercices Munzfloor émergent au tournant du XXIe siècle, mais ne trouvent leur justification que depuis la reconnaissance mondiale des fascias par la science depuis 2018. Fascia Research Society, créé en 2020, en fait état.

    21 Selon l’auteur, ils instaurent un automassage profond axé sur des mouvements spiralés s’équilibrant en rotation et contre-rotation et mettant d’autant en œuvre les chaînes musculaires croisées que ne s’en trouvant plus encarcanées, mais libérées de l’emprise autrement abusive des chaînes musculaires droites pour ne plus en faire que des moments de départ, de pause (marquant toute transition dans la suite de mouvements lents, isotoniques et ainsi segmentés du sein de leur sériation constituée en divers programmes bien autrement moteurs) et de retour. Non seulement les mouvements sont spiralés, mais l’ensemble de tout exercice advient selon un tel cercle automassant rendant autoprésent.
    Cet automassage profond, rendant si corporellement présent à soi que du même coup aussi mieux présent au monde où mieux se situer, n’est pas sans me faire penser au cercle inhérent autant à la divine autoréflexivité forgeant le sens de soi qu’à son décalque en divine autocausalité (ou autocréation) qui, non se présume et se prouve en Dieu fait ressort d’autoinstrumentalisation occultant et supplantant d’emblée toute autoréflexivité comme chez Descartes, mais s’en dégage et s’éprouve analogiquement en l’âme qui ne l’aperçoit être en Dieu qu’à partir de ce qu’elle en a en elle-même selon Ficin, en tant que tout provient, subsiste et revient à Dieu. L’Esprit-Saint constitutif de Dieu condense avec l’autoréflexivité la forge du sens de soi et s’infuse en l’esprit au sein d’une âme autant enveloppant que partout présente au corps par un tel tact (auquel ne manquait que le mot fascia pour en souligner la profondeur de sous et jusqu’en la superficialité plus usuellement seule retenue et portée vers la seule apparence) comme son sens universel et ce, fort à l’image et à la ressemblance de Dieu, centre qui est partout et périphérie qui n’est nulle part, car créant ainsi le monde et s’y incarnant en faisant que l’humain, par une telle âme jusqu’en un tel corps, s’y trouve situé, d’abord en sa présence à soi en son lieu corporel constitutif propre si pour l’être autrement et mieux à son environnement. Jusqu’à son propre horizon visuel s’y départage sur la verticale le Ciel de la Terre, ce qui s’image jusqu’en sa propre verticalité du haut vers le bas, au risque d’y faire prévaloir ses chaînes musculaires droites plus aisément verticalement orientantes sur ses chaînes croisées n’étant plus horizontalement opérantes que tout du long sur toute cette même verticalité dès lors plutôt à considérer en ses divers états spiralés d’équilibre (si n’étant pas à leur tour figés en des figures torsadées, style baroque). D’ailleurs, certains en tirent une méditation non plus tant de pleine conscience que d’une telle présence à soi en son corps et au monde d’où elle se régénère et magnifie. J’en ai surtout considéré la teneur onirique sous-jacente à toute et quelque teneur métaphysique que ce soit, du fait que la raison ne se cultive en l’âme comme son intelligence propre qu’entre et de fantaisie (gardant au plus près du corps) à l’intellect (au plus près de Dieu). Or, la fantaisie est une imagination productrice et le cercle s’imageant en miroir est d’abord et avant toute la latéralité qui, du fait d’être si prononcée chez l’humain, n’est jamais intra-individuelle que d’emblée aussi interindividuelle et donc sociale, de sa physique jusqu’en sa politique, y compris jusqu’en son environnement, de géophysique en géopolitique. En surgissent des mises en tension entre gauche/droite jusqu’en divers sens les faisant s’orienter globalement vers la gauche (donc lévogyre) et vers la droite (donc dextrogyre) jusqu’au point d’en constituer divers états d’équilibre, ce qui n’est plus jamais énantiomorphique que d’emblée énantiodynamique, car générant des synchronies s’en diachronisant telles. Idem lorsque des couples se forment et a fortiori lorsque des familles s’en constituent en ne se synchronisant intergénérationnellement que se diachronisant telles. Etc. La biasymétrie entre les hémisphères cérébraux se déploie ainsi humainement, de jamais individuelle que d’emblée aussi sociale. Hormis le mot, cette biasymétrie semble constitutive de maints exercices Munzfloor, en créant une asymétrie entre les deux côtés du corps pour la faire jouer en s’amplifiant (de façon lente, isotonique, etc.) vers un côté, puis (en repassant par le centre et en inversant tout) par asymétrie à faire jouer et s’amplifier de l’autre côté. Voir (et pratiquer pour le sentir) le tout 1er exercice où c’est d’emblée évident dans Alexandre Munz, L’extraordinaire pouvoir des fascias en mouvement, Paris, Éditions Eyrolles, 2022. Surtout les hommes, souvent plus hypertoniques que les femmes, a fortiori les hyperlaxes.


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    Problématique critériant le choix de ses représentants selon de telles doubles actions

    2) Représentant issu de l’Europe


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  • Problématique critériant le choix de ses représentants selon de telles doubles actions

    DANS CETTE SECTION

    1) Représentant issu des Amériques

    2) Représentant issu de l’Europe

    3) Représentant issu de l’Asie

    4) Représentant issu de l’Afrique

    5) Représentant issu de l’Océanie et Représentant issu des peuples autochtones

    — L’interface entre peuples de la Terre, physique et physiologie

  • 6) L’humain face à la raison cynique : de la crise idéologique à la critique

    Pour aborder le XXIe siècle, il est crucial d’y tenir compte du rôle central d’une raison de part en part cynique qui y triomphe et qui, selon que sombrant et se faisant plomber par sa sous-jacente fantaisie ou tout au contraire s’en éveillant, est respectivement ressort d’une incessante crise ou d’une non moins incessante exigence de sa critique. L’incessante crise risque de mener à l’épuisement de soi (sorte de burn out faisant suite à ce que Ehrenberg a appelé La fatigue d’être soi, mais d’emblée faite pervasive fatigue démocratique virant d’elle-même en autocratisation généralisée), si ce n’est aussi à l’épuisement des chaînes d’approvisionnement s’en mettant à se tarir elles aussi et faisant d’autant surgir le spectre de la sécurité nationale pour mieux s’en assurer au point de départ de toute capacité productrice économique. La crise fait s’enfermer d’autant toujours plus en soi-même et sa clique (si cliquante et viralisante soit-elle) que se bute sur autrui uniquement à pourfendre entre ce qui s’en assimile et ce qui en est à refouler, mais qui fait retour et vient d’autant hanter qu’il faut toujours plus s’en protéger et sécuriser, tant il ne paraît qu’épuisant, donc à écarter et marginaliser (condition indirecte de l’assimilation), si ce n’est à assimiler plus directement pour l’en faire disparaître, à moins de procéder par la purge l’éjectant2. Tout au contraire, l’incessante exigence critique est plutôt celle d’un préalable effort d’autant sur soi que sur sa part de soi qui, jusqu’en tout un chacun, s’acquiert, et ce, avec autrui, dès lors aucunement seulement extérieur (et instrumentalisable et autrement refoulable), mais d’emblée aussi intérieur par ce qui ne se cultive de soi et jusqu’au plus intime de soi qu’avec lui. Se garder à distance de ceux avec qui ne guère apprécier ce qu’en devenir soi-même, si pour s’apaiser et se sécuriser3, ne suffit pas et exige par ailleurs le développement humain, un développement jamais individuel que d’emblée social, tel qu’intégrant l’humanitaire, le développement durable et les droits humains. Se concevoir humain, jamais individuel que d’emblée social, fait apercevoir les quatre piliers onusiens.

    En l’occurrence, les États-Unis ne se sont faits Fantasyland qu’en se radicalisant au fur et à mesure que, de McCarthy via Cohn à Trump (lui-même à l’interface faisant passer du deuxième au troisième capitalisme), une façon d’agir s’est transmise au point de révéler que la fantaisie en cause est d’autant cruelle que vectrice d’une raison cynique s’évitant tant tout esprit critique que fomentant tous azimuts les crises pour pouvoir s’y adonner et s’y complaire4, mais il ne faut pas le dire. Ou plutôt, il faut taire en tout dire qu’une façon d’agir, de se donner à voir et de se dire, surtout si transmise, est bien plus représentativement culturelle que n’importe quel contenu, en particulier numérique et audiovisuel, soi-disant culturel et identique à sa seule représentationnelle mise en scène ou encore en récit à y contrôler. Toute culture serait censée s’occulter en sa réalité pour n’en être que toujours plus déjà transposée en art de la mettre en scène et de tout y faire s’y transiger, d’où la forge dudit « Art of the Deal » qui n’est que la fantaisie cruelle en acte, à savoir soi-disant transactionnelle. Cette façon d’agir, de se donner à voir et de se dire est géopoliticoéconomique et est la source faisant de ce contenu une arme, surtout si parvenant à s’y faire oublier s’instaurer en porte-à-faux à sa source si fantaisiste et cruelle pour y drainer et détourner toute l’attention, alors que créant en sous-main le problème alors dit être attaqué plus officiellement en même temps que s’anéantit toute représentativité en et au profit de la seule représentationnelle mise en scène où faire signifier à tout mot très littéralement son sens inverse, surtout quant à la responsabilité de ses propres actes et ce qui peut s’en voir et dire. De fait, il s’agit de la faille constitutive des soi-disant démocraties se faisant accroire représentatives, parce qu’organisant des élections à intervalles déterminées, mais virant en gouvernement n’y opérant qu’en surplomb pendant tout cet entre-deux et en pure représentationnelle mise en scène ne voulant plus en savoir rien d’autre qu’elle-même. Toute teneur sociale-démocrate s’y laminant, ne persiste que leur libéralisme qui tord déjà tant la démocratie et la vide au fur et à mesure qu’elle n’est toujours plus qu’électoraliste et qu’elle dérive, s’exacerbe, culmine et s’anéantit en libertarisme géopoliticoéconomique, pour lequel il n’y a plus aucune liberté hormis la seule sienne, tout le reste dépendant de qui va être le plus fort pour l’imposer. L’humain n’est plus individuel qu’individualiste et tronqué d’être d’emblée social, si ce n’est pour l’en manipuler. Comme en le néolibéral et trudeauiste rapatriement unilatéral de la Constitution canadienne de 1982 qui est si axée sur l’individuel jusqu’à l’individualisme qu’il renvoie le social en clause dérogatoire pour l’y rendre manipulable, le tout sans et contre le Québec, surtout que principalement français (donc d’autant à marginaliser avant et afin de parvenir à son assimilation plus directe au profit de sa si pervasive anglicisation déjà partout ailleurs prévalante et en attente de laminer ce dernier bastion lui résistant), ce pourquoi d’autant vibrer au contact du libertarisme étatsunien trumpien qu’opérant subrepticement et dysfonctionnellement ce qui s’y fait de façon affichée5. L’Europe n’est pas en reste: en Belgique un parti politique s’est transformé de Chez nous, dans la suite de son Front national, en TRUMP-acronyme de Tous Réunis pour l’Union des Mouvements Populistes. Il s’affiche tel plutôt que s’opère subrepticement. L’Europe y résiste, mais il jaillit de son sein, comme en France par un arc républicain face au Rassemblement National. La même Europe, aussi en Belgique, sanctionne un Suisse, Jacques Baud, pour ses analyses jugées déstabilisantes, voire présumées propagandistes, mais se voulant nuancées sur la Russie. Le fardeau de la preuve s’inverse et avec lui la démocratie: l’individu doit prouver qu’il ne se prête pas à ce dont on l’accuse. Les récits géopolitiques se heurtent et se filtrent entre eux plus qu’ils ne se rendent aptes à se repérer et s’ajuster à leur réalité géophysique.

    Telle est la problématique question révélant contextuellement son sens: comment faire qu’il soit possible de se mesurer à l’écart de puissance s’instaurant non seulement entre les grandes puissances (comme autrefois entre les États-Unis et l’URSS et aujourd’hui entre États-Unis, Russie et Chine, jusqu’au sein du CPS de l’ONU), mais surtout avec de moindres puissances? Comment faire qu’il ne vire en métonymies foncièrement axiomachiques, dont les États-Unis se disant non des, mais les Américains, là où Douguine propose et leur oppose en Russie une plus explicite noomachie, tandis que la Chine adopte une loi dite promouvoir l’unité et la progression ethnique axée sur l’assimilation de ses minorités. D’où un prototype marqué exemplifiant qu’une tension internationale, à savoir entre les nations, au sein de la Chine, s’y fait laminer au profit d’une seule nation, Han, à rendre si identique à l’État la promouvant en même temps que s’en ethnoracisant à outrance, tout en magnifiant l’immense confusion jusqu’au sein de l’ONU, surtout son CPS, de l’international n’y étant pourtant plus qu’une mutuellement exclusive interétatisation entre grandes puissances s’y confrontant interimpérialistement et minant l’ONU, à la fois de l’intérieur et de l’extérieur, par idéologie PYHC, Patriarcal Yellow Han Confucean, bien distincte de l’idéologie PWASP, Patriarcal White AngloSaxon Protestant, a fortiori néosioniste.

    Les trois (États-Unis, Russie et Chine) sont fort idéologisant et censés conforter leurs hégémonies en s’instaurant en porte-à-faux d’où infléchir tout discours par lequel ne plus pouvoir cerner de quoi il est vraiment question, hormis ce qui en est filtré et seul retenu avec conjoint arrière-fond de tout ce qui en est refoulé, a fortiori si avec lequel l’intervertir par conjointe et sous-jacente fantaisie, comme si l’apparence en surnageant (au gré de ce qui y disparaît et qui ne peut plus et en est empêché d’être) se résumait à cela seul qui en est dit être (à force de tout y présenter à l’envers jusqu’en l’endroit de la réalité et ce, en son lieu et place, sous sa façade et à son encontre pour ne plus rien accepter que ce qui s’y plie et s’en réifie). Toute raison, si elle ne s’assainit en toute idéation jusqu’en sa logique, est d’autant à risque de se figer idéologiquement, mais surtout de se rendre cynique en se faisant paraître à elle-même si naturelle à l’aune d’une telle sous-jacente fantaisie dont ne plus tant s’éveiller que s’y enliser en son cercle spéculaire abusif s’en accélérant, mais en creusant toujours plus un tel désabusement que le monde n’en paraît plus que désenchanté.

    Il s’agit pourtant de rendre la paix et la sécurité possibles en vue du développement humain, à la fois humanitaire et axé sur le développement durable et sur les droits humains, à savoir jamais individuels que d’emblée sociaux, mais, en sa version étatsunienne (avec miroir autant russe que chinois selon une divergence systémique d’ensemble déchirant autant le CPS de l’ONU que la planète entière). Tout y est biaisé pour y occulter et réduire le social au seul individuel, tout comme la liberté au seul libéralisme et a fortiori libertarisme économique qui, de ciel couvert (subreptice) à ciel ouvert, opère au double standard des deux poids et deux mesures (libre marché tous azimuts si je domine, protectionnisme à tout crin, soi-disant défensif et au contraire fort agressif, s’il en va autrement). Le cercle étatsunien s’exemplifie en les frères Dulles, a fortiori chez Donald Trump, comme si tout un chacun n’était qu’individuel jusqu’à l’hyperindividualisme, alors que pourtant produit socialement. Cette société s’occulte plutôt que s’affiche telle (car ce serait trop communiste), là où d’autres sociétés (dont Chine et Russie) ne collectivisent plus tant les individus, selon de tels aléas momentanés fantaisistes (soient-ils cruels) si conjoncturels et circonstanciels jusqu’en toute structure dont s’accaparer6, que d’emblée structuralement, donc en en faisant l’inverse au point d’en surgir d’emblée en miroir. Jusqu’à la liberté s’en dichotomise en deux sens inverses. D’une part, d’autant négative en toute action (dès lors si libertarienne qu’unilatéralement transactionnelle) qu’allergique à toute contrainte au point d’être en dénégation du fait même d’être située et que tout ce qui lui est autre comporte, à la fois, non seulement ce qui peut la favoriser et alors seul retenu, mais aussi ce qui peut la contraindre et est dès lors refoulé (ce qui implique d’aliéner et schizophréner toute altérité). D’autre part, d’autant positive que dans les marges du cadre (et seulement du cadre) mis en place au point de délimiter avec les situations jusqu’aux actions susceptibles d’y être mises en jeu. Le tout selon une divergence systémique d’ensemble, tant les deux tendances évacuent l’humain en le déchirant en deux tendances inverses rendues mutuellement exclusives pour qu’il ne soit pas, à la fois individuel et d’emblée aussi social.

    Or, l’ONU ne peut viser le développement humain (humanitaire, développement durable et droits humains), à promouvoir par l’éventuel CI dont l’Assemblée générale peut se doter, que pour autant qu’il y a humain et que jusqu’aux écarts de puissance affectant tant paix et sécurité en créent des conditions davantage plus que moins propices, selon son CPS (et, de là, Conseil de Sécurité plus large), si s’en mettant à valider plutôt qu’invalider l’ONU autant de l’intérieur que de l’extérieur. Instaurer une telle dynamique d’ensemble constituerait plus qu’une simple réforme gestionnaire de l’ONU, car la doterait d’un vecteur aperceptif et adaptatif. Si l’on part d’une conception de l’humain comme individu d’emblée social et du fait que toute société humaine instaure sa dynamique entre les individus la composant et s’intériorise en se cultivant en tout un chacun d’eux, l’enjeu est, via la culture en cause, l’humanité de l’humain, dont celle de l’Américain, si un tant soit peu distinguished de l’Étatsunien. Comme pour l’idée de l’Américain qui s’assimilerait à l’Étatsunien et comme pour la culture à travers le monde qui serait censée tomber sous leur coupe, les États-Unis ne semblent vouloir de l’ONU que ce qu’ils peuvent en contrôler: « Selon un acteur de l’intérieur, le sociologue suisse Jean Ziegler, vice-président du Comité consultatif du Conseil des droits de l’homme, les États-Unis contrôlent tous les recrutements aux hauts postes aux Nations unies par le biais de la CIA. Cela aboutit à une « colonisation complète de la bureaucratie onusienne par les États-Unis » »7. Donc, la gestion sert à noyauter toute mission de l’ONU, autant les paix-sécurité (grevant plus de 75% du budget) que le développement humain (humanitaire, durable et des droits humains) qui, s’il s’en distingue un tant soit peu, est pourtant à reconnaître passer par la culture, dont le cœur est l’identité. Jusqu’à la réforme de l’ONU serait d’emblée plombée en la faisant accroire purement gestionnaire, au point d’occulter laminer la culture autant pour la marchandiser qu’en le toujours plus vecteur géopolitique d’une guerre culturelle tous azimuts, ce qui s’exacerbe en particulier par l’IA que les États-Unis et la Chine se disputent pour déterminer lequel va asseoir son hégémonie technologique orientant tout le reste, mais non sans se buter au moins parfois sur l’UNESCO promouvant tout au contraire de préserver la diversité culturelle. Bref, la réforme dite gestionnaire l’est en regard de la conjointe exigence automate high tech lui correspondant au point de tendre à laminer ensemble toute culture (selon quel éventuel moule hégémonique ?), mais non sans quelque résurgence de la diversité culturelle. La crédibilité de l’ONU est mise en jeu, mais ne l’est pas moins celle des États-Unis, s’ils créent incessamment ses crises politique et économique pour tant la manipuler que n’en accepter que ce qu’ils en plient à leur seule volonté, donc s’ils annihilent ce que signifie son nom, à savoir ONU, comme ils peuvent s’adonner à la « cancel culture » et à leur impérialisme sur les Amériques, dont Cuba, et sur qui est Américain, dont le Cubain à qui l’imposer plutôt que le lui reconnaître, comme prototype exemplaire de l’enjeu dont prendre conscience et d’où constituer une représentation par laquelle se rendre apte à s’y mesurer. Représentation en appel d’incarnation, donc de se figurer par tel(le) représentant(e) ou encore, par-delà le mot et son masculin doublé de sa féminisation, par tel représentant d’emblée féminin/masculin, en sa réalité.


    1 https://theconversation.com/rage-bait-le-mot-de-lannee-met-en-evidence-une-mutation-des-medias-sociaux-vers-la-fabrication-de-la-colere. Maintes dites IA conversationnelles facilitent le passage à l’acte, l’assistent et l’encouragent. Le profit prime sur la sécurité.

    2 Jusqu’à tout éveil est tellement tronqué dès la gauche qu’il l’est a fortiori à droite, s’en rendant tout aussi woke, mais en miroir. Pour un bref compte rendu du livre de Thibault Muzergues, La droite woke. La gauche n’a pas le monopole du wokisme, voir Richard Martineau, https://www.journaldemontreal.com/2026/03/12/la-droite-est-rendue-woke. L’éveil est d’autant tronqué par wokisme le présumant valoir en soi que s’occultant s’effectuer de sa fantaisie (avant de s’y enliser) à sa raison, tant jusqu’à l’ego s’y ramène d’idiosyncrasique en intellectif (seul à s’apercevoir valoir d’autant pour soi que d’emblée aussi pour autrui), faute de s’apercevoir du sens de soi incluant sa part acquise avec autrui.

    3 J.F. Caron, lors de son interview par S. Bureau, Contact #132 La démocratie: modèle dépassé ?, ramène cette double quête de paix et de sécurité à trois besoins fondamentaux: biens matériels accessibles et susceptibles de s’inscrire en une ascension sociale à travers les générations, sécurité et liberté au moins personnelle, si ne pouvant être aussi politique, ce qui s’inspire de Maslow, mais surtout constitue l’assise permettant aux sociétés autoritaires d’être stables… et resurgissant jusqu’en ledit Occident et faisant s’y déliter les marqueurs démocratiques (à savoir ce qui se passe entre deux élections, tolérance autorisant les débats entre idées contradictoires et légitimité exigeant de ne pas exclure d’emblée une partie), tant le capitalisme autoritaire se radicalise de 1991 à Trump. Caron signale que l’URSS s’est aussi transformée après Staline sous Kroutchev et Brejnev, en passant de totalitaire (mobilisant, voire embrigadant la population) à autoritaire (achetant la passivité de sa population, en l’occurrence par des bénéfices à la classe ouvrière), mais échouant sous Gorbatchev, du fait de la baisse du prix du pétrole l’empêchant d’autant de financer ses réformes que se butant sur une résistance (à perdre ces bénéfices). On aperçoit le germe de la croyance à l’unipolarité étatsunienne mondialisée faite MAGA n’acceptant aucunement de se faire relativiser au XXIe siècle et, via la désintégration de l’URSS, de la conjointe tension entre Russie et Ukraine jusqu’à leur guerre, dont l’invasion russe affectant principalement la portion russe de l’Ukraine. La Chine émerge.

    4 R. Dôle, Le cauchemar américain, VLB éditeur, 1996. Depuis les Pères pèlerins, s’intègrent l’individualisme, les élus, la cruauté et la confession publique (dissolvant l’individualisme, pourtant présumé, du privé dans le public fait spectacle). Ils sous-tendent les Pères fondateurs et la Constitution depuis la Révolution étatsunienne, voire y font virer le capitalisme (se diffusant au XIXe siècle) en technolibertarisme (au XXIe). Ce peuple élu s’y poursuit en tendance d’évangéliques à 80% sionistes (de fait néosionistes, tant le retour de la diaspora en Israël se fait retour d’Israël d’avant la diaspora, donc appelé à s’avaler la Palestine, voire une part importante du Moyen-Orient) et trumpiens. Elle dote ce technolibertarisme d’une fantaisie cruelle selon une raison cynique fomentant les crises. Ce que Todd appelle le degré zéro de la religion réside plutôt en cette tendance du christianisme protestant évangélique (avec frange catholique fondamentaliste) à se dénier pour n’être plus que néosioniste au point de laminer jusqu’à Jésus de chrétien en judéen et, contrairement à lui, de ne plus distinguer, mais confondre Dieu avec César, à savoir avec l’État d’Israël conditionnant jusqu’à toute foi, a fortiori théologie. Cette tendance s’inscrit en une tendance mondiale accrue à changer de religion, elle-même non plus tant sise sur la foi que sur le seul héritage culturel, avec une part croissante à ne plus en adopter une nouvelle, surtout en Europe de l’Ouest et au sein des Amériques, selon une enquête Pew Research Centre en 2025. Dans ce contexte, ce christianisme étatsunien néosioniste n’est antichrétien en se faisant accroire et se donnant façade chrétienne qu’en étant d’abord et surtout antérieur au Christ jusqu’en le Christ. D’où l’Antéchrist (en ce double sens du mot), mais refusant de s’apercevoir tel pour plutôt se projeter en quelque tiers à en bouc-émissariser. Cette perte de ses garde-fous et de ses repères moraux livre sa famille nucléaire instable à son seul hyperindividualisme au ressort de la nation et jusque de l’État au point de tant faire se désagréger tout sens d’autrui et de confiance mutuelle (donc tout ciment social) qu’à se dénier jusqu’en sa part de soi ne s’acquérant qu’avec lui pour ne plus que le dichotomiser entre ce qui ne peut que s’en assimiler si semblable et que se refouler si différent. Toute raison s’enlise en sa sous-jacente fantaisie, selon un ego idiosyncrasique si peu empathique que plus aisément cruel, et s’enraie en toute capacité de quelque ego intellectif (s’apercevant que l’ego est langagièrement disponible à tout un chacun et vaut donc autant pour soi que pour autrui), de sorte que se développe une haine de sa propre élite plus éduquée (qui l’a d’ailleurs abandonnée en même temps que la classe ouvrière, chez les Démocrates), au sein des États-Unis, et de là, a fortiori en Europe où l’éducation est plus marquée, sans parler de la France où se trouve le siège de l’UNESCO. Ainsi germe la « cancel culture », la tendance à s’encager en soi-même, assimilé à son seul ego idiosyncrasique de part en part fantaisiste comme d’où plier et réifier le monde, d’abord les Amériques, d’où des Américains que sont les Étatsuniens se donnent pour les Américains. Et ce, là où il est pourtant possible de s’ouvrir au monde, d’essayer de le comprendre et de s’y inscrire à partir de l’expérience de ce qui s’en vit, selon Charles Salvaudon, Géopolitique, cette force qui nous habite, Paris, L’Harmattan, 2026.

    5 Même si le Québec en souffre particulièrement, c’est de fait tout le Canada qui en est atteint, en particulier chez les jeunes de moins de 30 ans: « Bien que le Canada se classe relativement bien en termes de PIB (16ème) et de perception de la corruption (15ème), le pays obtient des résultats médiocres concernant le soutien social (35ème) et la liberté de faire des choix de vie (68ème). » https://www.msn.com/fr-ca/actualites/other/pourquoi-le-canada-dégringole-dans-le-classement-mondial-du-bonheur, par Yohann Thiou. Par ailleurs, le développement d’habiletés sociales dès l’enfance éclaire-t-il en partie pourquoi la mortalité est moindre chez les 15-40 ans au Québec qu’au Canada depuis 15 ans ?

    6 Une sociologie du type de celle de Giddens pourrait constituer leur interface: les acteurs individuels s’intègrent en leurs actions les propriétés structurales, au lieu de les laisser s’autonomiser et tout à l’inverse, s’y trouver intégrés. L’intersectionnalisme l’illustre. Par ailleurs, ce qui se tisse et se constitue socialement en commun est biffé et si dichotomisé que fait divergence entre l’atomisation individualiste éparse (ne s’en collectivisant qu’en s’agrégeant viralement et aléatoirement pour ne le reconstituer que d’une telle façon abstraite) et la tendance à le forcer et planifier pour le dire communiste, mais surtout l’en confondre avec ce qui en est forcé pour l’en rejeter, comme le bébé avec l’eau du bain.

    7 https://theconversation.com/les-etats-unis-et-lonu-des-relations-tumultueuses-69754.

     


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  • 5) Pouvoir se fier exige que la foi se mesure à la confiance mutuelle

    La foi chrétienne protestante évangélique néosioniste se dénie en sa propre teneur chrétienne lorsqu’elle se fait accroire que cette guerre faite croisade amorcerait la 1re étape du jugement dernier en faisant se mélanger « la réincarnation de Jésus, la consolidation d’Israël et la reconnaissance du Christ par le peuple juif avant le sauvetage des croyants et des convertis au christianisme, et la damnation de tous les autres »1. Jésus vient par l’incarnation exemplaire de sa naissance, sa vie et sa mort menant à la résurrection, non par la réincarnation, ni au début (car par l’incarnation) et encore moins à la fin (car par la résurrection, sans laquelle, disait Paul, la foi chrétienne serait vaine). Et s’il est possible d’apercevoir en Jésus son origine judéenne au point de l’en identifier à tous les Juifs dont espérer qu’ils vont se convertir au christianisme, Jésus, lui, n’est judéen qu’apte à s’en distinguer (plutôt que s’y confondre), si pour introduire au chrétien dont plutôt exiger de rendre à Dieu ce qui est Dieu et à César ce qui est à César, a fortiori tout État, dont les États-Unis et Israël, car, là aussi, il les distingue et non les confond. L’élu de Dieu, venu pour sauver, n’est pas l’élu politique, du moins selon le chrétien, surtout relativement au judéen et a fortiori si jusqu’en Jésus-Christ. Se dire sioniste chrétien, par courant évangélique considérant la création de l’État d’Israël (sans la conjointe reconnaissance de la Palestine arabe par l’ONU?) en 1948 comme accomplissement des prophéties bibliques et prélude au retour de Jésus-Christ, ne s’aperçoit pas de son propre néosionisme (par retour de la terre d’Israël d’avant la diaspora) à distinguer et non à confondre avec le sionisme (le retour d’une part importante de la diaspora en Israël). S’infléchissent jusqu’aux prophéties, non plus constituées de visions claires de ce qui peut advenir, mais au contraire rendues forcenément autoréalisatrices et imposed telles, comme lorsque Spinoza a découvert que le peuple d’Israël n’a pas tant été élu de Dieu que s’est élu l’être, ce qui s’est cristallisé lors de l’Exil en l’Empire Perse, le tout 1er empire universel de maintes nations et fort tolérant pour que puisse perdurer une telle nation dont le Dieu Yahvé lui révèle offrir les nations à Cyrus et en dire « Mon berger » et lui parler comme « à son oint », (Isaïe 41,2; 44,28; 45,1), donc son Messie (de l’hébreu Messiah) que le Grec traduit par Christ. Surtout en passant du païen Cyrus, qui ne connaît pas Yahvé et qui fait pourtant son œuvre, à Jésus (Jeschouah), dont le nom est celui de YHWH auquel s’insuffle un schin signifiant qu’il s’ouvre de lui-même aux nations en même temps qu’il s’y empersonnifie distinctement de tout César et tout royaume de ce monde, mais du sein de l’empire gréco-romain (avec diaspora israélienne) et par transfert d’Orient en Occident. L’articulation pagano-monothéiste, Dieu YHWH l’effectue de Cyrus à Jésus-Christ. Son trait d’union religieux, comme mis au jour par la double inspiration ficinienne autant zoroastrienne que biblique chaldaïque, n’est pas tant judéo-chrétien que judéo-chaldéo-chrétien. Donc trait d’union perse. Le fantasme d’une civilisation judéo-chrétienne faite israélo-étatsunienne en guerre avec l’Iran, donc avec l’antique Perse, est un littéral refoulement de son propre trait d’union par lequel pouvoir se constituer. D’où son inconscience radicale, de part en part, comme tout refoulement, anhistorique. Du moins, hormis l’histoire à se raconter et à laquelle se faire accroire indépendamment de toute sous-jacente histoire plus factuelle, jamais refoulée qu’à risque de resurgir. La vraie guerre est celle de la civilisation judéo-chaldéo-chrétienne avec elle-même et n’est donc pas tant externe qu’interne. Mise à mort de Dieu, pourtant censé être unique, en ses monothéismes si ignares d’eux-mêmes en ce qu’ils sont que s’entre-déchirant en même temps que s’en démultipliant pour en spolier l’unicité, voire jusqu’à l’être qui, à la source de tout être, en serait d’autant tronqué. Surtout qu’être un et ce, si unique, est la forge même du sens de soi, ainsi intérieurement en dé-/re-composition entre ses parties autant rendues extérieures les unes aux autres que se présumant toutes s’en accaparer et en monopoliser le tout à leur seul profit et au détriment des autres. Et comme l’identité est au cœur de toute culture, toute la géopolitique en cause n’en est plus que guerre culturelle, voire civilisationnelle, si tronquée soit-elle.

    Les évangéliques ont pu se faire accroire à un Trump analogue à Cyrus, au point d’en occulter, avec le trait d’union chaldaïque proprement perse, l’irresponsabilité trumpienne si inverse à la tolérance magnanime de Cyrus. Mais ils l’ont vu en诞blasphémateurs et s’en sont scandalisés (bien plus que les catholiques) lorsqu’il a créé par IA une image de lui-même en Christ et qu’il a dû s’empresser de la retirer. Par contre, les catholiques, dont la présidente italienne Meloni, ont davantage réagi à l’antagonisme trumpien envers le pape Léon XIV, représentant officiel d’une église christique bien distincte du Temple trumpien va-t-en-guerre sur Terre. Depuis lors, Trump se défoule et n’arrête plus de harceler la présidente italienne, bien sûr sur tout autre chose (elle aurait voulu se faire photographier avec lui, selon lui, etc.), question de faire paraître le désaccord ailleurs qu’il n’est et surtout, de tant le déplacer que le faire virer et se confondre en des attaques personnelles mesquines. Même de farouches trumpiens (Tucker Carlson et al) ont strongly réagi à la menace trumpienne d’éradiquer la civilisation perse entière face à sa propre impuissance s’en enrageant de ne pouvoir faire tomber le régime en place. Totale inconscience du trait d’union perse liant le judaïque et le chrétien, car ne les interfaçant que d’une trumpienne façon chaotique, dans la suite d’États-Unis ayant avec le Royaume-Uni biffé toute démocratie perse et ayant conforté avec Israël en Iran le terrorisme préventif issu du Shah, dont la dictature a finalement plutôt viré en théocratie islamique radicale.

    Cette confusion quant à ce qu’est une prophétie ne se faisant jamais accroire judéo-chrétienne que s’occultant être plutôt d’emblée judéo-chaldéo-chrétienne (comme l’a established Ficin) conforte tant l’autre confusion d’un étatsunien et trumpien Département de la défense déjà fait un Département de la guerre (surtout si présumée partout préventive, selon quelque menace imminente à se dégoter ici ou là) qu’elle l’incite à en faire un Département de la croisade (pour conquérir des lieux saints ? contrer des hérétiques ? faire une incessante propagande visant une modification de lois ou de comportements ?) au point de faire passer l’élu politique sous façade d’élu divin dont l’auréoler2, sans jamais s’interroger sur comment, en sens inverse et au préalable, l’élu divin en vient à glisser et se confondre en l’élu politique (comme ci-haut encore illustré, mais cette fois-ci, de Cyrus au Christ face à la dérive officiée par le Temple trumpien) et à instaurer ce que Dôle appelle Le cauchemar américain, sous-entendu étatsunien (faute de s’être dégagé de l’idéologie donnant des Américains, en l’occurrence les Étatsuniens, pour les Américains de tous les pays des Amériques). Tous les termes étant biaisés d’un bout à l’autre, voire fort intervertis en leur sens même pour leur faire dire le contraire de ce qu’ils signifient, il n’est question que d’images fort humaines, produites par la fantaisie (rendue cruelle) et a fortiori par ses affections (désir de ce dont jouir se complaisant en soi seul toujours plus égocentrique et crainte de ce qui afflige et endolorit toujours vicarialisée et enterrée en et avec tout ce qui est autre, du sein de soi jusqu’en tout et quelque autrui réel correspondant), et non de l’Image de Dieu qui, elle, au contraire, est d’autant au ressort du Verbe de Dieu que les en interpelant pour prendre conscience en eux-mêmes de leur propre intelligence comme du visage de Dieu, disait Ficin, du moins si pour un tant soit peu vraiment se christianiser. La forge du sacré présidant à celle de la religion s’initie par se sentir bien ou mal faisant émerger les affections de la fantaisie constituant leurs respectifs désir ou crainte au gré des aléas circonstanciels d’où cognitivement s’y éveiller, « A fortiori si pour projeter et vicarialiser sa propre intentionnalité en quelque tiers d’où alors et seulement alors tout au contraire la présumer en être inversement subie comme respectivement bénéfique ou maléfique, voire en vue de s’en attirer la faveur si bénéfique ou de s’en protéger et l’éloigner si maléfique »3, avant et au ressort de toute intention intellectualiste (plus exclusivement médiévalement promue) et connaissable par Dieu seul, mais exigeant de consentir à l’action extérieure plus manifeste dont ainsi, selon l’esprit, démarquer la bonne de la mauvaise. Cette inversion en tiers déborde d’autant ce qui se sent que la fantaisie s’en trouve investie et en constitue ses affections. Cette inversion en tiers s’autonomise et s’en rend si mystérieusement agissante comme source dotant de ce bien ou ce mal qu’elle est susceptible de se condenser en quelque dieu, voire en Dieu, surtout si se tendant toujours plus entre Amour se voulant bénéfique et Colère d’autant au ressort du maléfique4 qu’autonomisée comme l’Adversaire, à savoir Satan, si ce n’est Diable, à savoir tout ce qui est jeté en travers et fait donc entrave à une telle volonté (en laquelle désir/crainte sont portés au sublime bien avant de s’y sublimer purement et simplement). De l’Ancien au Nouveau Testament, Dieu passe d’autant de Colère à Amour qu’en Jésus et s’y distingue d’autant dès le judéen, auxquels les Hébreux ont été réduits en Exil et qui leur en a déjà fait ouvrir le cœur selon Jérémie, que de judéen en chrétien, sans se résorber en sens inverse, surtout si de sionisme en néosionisme. Du cœur, au sens de cordere, surgit la foi, a fortiori la subséquente croyance, au sens de credere. Du cœur jaillit tout accord/discord, etc., ce qui laisse entrevoir le fait de se fier/défier, tel que devenant pervasif en toute société considérée en ce qui lui est le plus sacré, à savoir son propre lien social par lequel et dont elle se constitue, pour peu que sa propre trame s’en tisse au gré d’une certaine confiance mutuelle jusqu’à la plus laïque, si ce n’est exhaussé en Dieu, là où tend autrement à s’accentuer avec la dérive tabou-paranoïa-cruauté quelque adhésion à une vision complotiste du monde. C’est en train de s’infuser aussi des États-Unis au Canada anglais davantage qu’au Québec et davantage chez les hommes que chez les femmes, selon une récente enquête de l’UNESCO-PREV menée depuis Sherbrooke. Toute croyance n’est qu’une transposition de ce vécu avivant d’abord jusqu’à la foi (faisant se fier) en quelque contenu mental qui tire quelque croyance et qui ne l’en déborde qu’en étant toujours à risque de se rigidifier et de virer en dogme et autrement de tant se faire s’enrayer toute idéation jusqu’en sa logique que n’en être plus qu’idéologie. Par exemple, la prière réside plus en l’intensité vécue la faisant dire qu’en son seul contenu alors énoncé (comme y insiste par exemple le Centre Leunis). S’en éclairent les grandes exigences monothéistes, d’abord et avant tout d’aimer Dieu de toutes ses forces, certes, mais aussi de s’aimer les uns les autres, ajoute la venue de Jésus-Christ disant en parachever la Loi et ce, dès ce monde, non après quelque Armageddon misant sur le seul jugement dernier de Dieu censé ne que lutter avec les humains pour les en départager entre ceux qui l’adorent et ceux qui refusent… sa seule domination? plutôt que son amour ? voire amour à se partager pour en être ainsi tant à son image que jusqu’en l’Image s’en faisant Verbe et s’en théogénérant du sein de Dieu même ? A fortiori si, comme chez Maître Eckhart (et jusque chez les mystiques espagnols et leur rebond de France en Nouvelle-France, des Jésuites aux Ursulines, chez Marie de l’Incarnation), faisant tant s’intégrer et s’unifier philosophie et théologie que faisant s’abandonner en son âme et jusqu’en son intellect à Dieu et en devenir le sol, voire l’humus (humble), où s’expériencie Dieu s’y donnant, au point que Dieu s’humanise et que l’humain n’en devient pleinement humain qu’en devenant un avec le Christ y naissant, de sorte que s’en révèle se vivre l’unitrinitarité de Dieu apte à s’incarner, car certes Père en Dieu, mais aussi Fils en un tel humain et à même son esprit, les deux y étant alors et seulement alors unis et y spirant en Esprit-Saint5?

    Là où certains se prennent pour les artisans de la fin du monde qui aboutirait à eux et à leur profit sous prétexte d’en précipiter l’Armageddon et d’en semer l’enfer sur Terre, tout au contraire Dieu jaillit autant du fait de pouvoir se fier que comme à qui se fier, ce qui exige de la foi de se mesurer à la confiance mutuelle, au seuil plein d’espérance de s’aimer les uns les autres et d’en laisser transparaître quelque charitable miséricorde divine, donc de faire que les vertus théologales (foi, espérance, charité) s’incarnent et s’en humanisent jusqu’au point d’instaurer des vertus cardinales. De fait, les vertus cardinales s’accomplissent d’autant mieux qu’elles manifestent la grâce issue des vertus théologales, mais elles-mêmes inscrites dans le cercle qui, par Jésus-Christ, va de son incarnation (de sa conception à ses naissance, vie et mort) sur Terre à sa Résurrection poursuivie en Ascension en Fils de Dieu auprès du Père avec Assomption de sa Mère, tout en avivant l’Esprit-Saint qu’il envoie alors comme Paraclet guider son Église. Bien noter l’évolution du monothéisme s’étant opérée de l’hébraïsme au judaïsme via le chaldaïsme au christianisme et faisant que Dieu, à la fois Père et Esprit-Saint, s’est interfacé du Fils et fait que de l’Esprit-Saint se dissocie et s’incarne sa Mère par laquelle à son tour s’incarner, de sorte que, en retour, son Ascension charrie l’Assomption de sa Mère qui en figure le devenir matériel et par laquelle s’instaure et fait se transformer l’unitrinitarité de Dieu en ce que Jung appelle la quaternité. Ce cercle quaternaire s’exprime d’emblée comme uniquaternité de Dieu et fait d’autant s’extirper du nihilisme matérialiste si occidentalement prévalant qu’exiger l’incessante résurgence des quatre vertus cardinales s’infusant par le Paraclet en l’Église ainsi guidée, tant le Fils s’y donne comme la tête et sa Mère comme le corps en leur commune assise physique la plus matérielle, d’individuelle en sociale. Comprenons bien que le sens issu de l’esprit considéré résider dans la tête et y avoir pour substrat le cerveau n’advient qu’en jaillissant avec et du sens issu de la tête s’en trouvant mobilisée en sa masse proprement physique et en orientant la masse pancorporelle plus entière et ne permettant de se situer au monde que d’abord selon une perception l’en découpant déjà en quatre comme ressort inaugural de toute ultérieure mathématisation inscrite en une double dialectique qui ne va jamais de sensible en intelligible (et par là, de matérielle en spirituelle) qu’apte à s’apercevoir et se ressaisir en sens inverse, sans pour autant en faire ce en quoi tant se téléologiser que d’où s’en laminer à rebours par nihilisme matérialiste, car au contraire par surcroît en exigence de s’y mesurer et s’y reconquérir (Morin, 2022-2026). De fait, dès les Autochtones constituant les sociétés humaines premières, ce découpage perceptif du monde en quatre (selon les quatre directions cardinales) s’inscrit aussi sur la verticale (entre nadir et zénith), alors que les quatre si humaines vertus cardinales chrétiennes en jaillissent et s’élancent en uniquaternité de Dieu. Donc, jusqu’au pagano-chrétien s’articule bien davantage que se dé-/re-compose en deux pôles présumés si mutuellement exclusifs qu’antagonistes, surtout au moment de fleurir en civilisation judéo-chaldéo-chrétienne, si ne semblant elle aussi s’en dé-/re-composer en des pôles tout aussi présumés si mutuellement exclusifs qu’antagonistes à l’encontre de Dieu, si unique, pourtant dit être en cause.

    De là seul, s’éclaire la si unique unité duale des pouvoirs spirituel et temporel tendant à se condenser en Église et État et étant entrée en crise dualiste les substantifiant outre mesure (faute d’une telle critique l’ancrant en son substrat matériel) depuis le Moyen-Âge, en particulier depuis le différend entre la papauté et Philippe Le Bel: « Dans la ligne d’un dualisme systématique, sont énumérés les topoi habituels concernant la composition de l’homme, doté d’un corps, et d’une tête dans laquelle est située la substance spirituelle. Ces deux organes, distincts dans leur fonction, coopèrent au bene vivere de l’homme. À l’image de l’homme, la communauté politique est un corps composé de deux substances, la substantia temporalis, qui anime le pouvoir temporel, et l’autorité ecclésiastique, qui représente le pouvoir spirituel. Mais, là encore, il s’agit d’une fausse symétrie: alors que le corps et la tête ne sauraient subsister l’un sans l’autre pour la conservation de la vie, la société politique pourrait subsister en cas de destruction de l’Église et du pouvoir spirituel qu’exerce le Pape. Le prince, en effet, est antérieur au Pape. Ici, la perspective hiérarchique est inversée, puisque c’est le temporel qui est le soutien du spirituel. Si le principe de la distinction des pouvoirs est respecté… »6. On aperçoit toute l’importance de mieux cerner le cercle entier par lequel s’instaurent, ensemble, la distinction et l’union entre esprit et matière, dès qu’advient quelque sens que ce soit, surtout par sa figuration (a fortiori si christique) entre tête et corps, autant en Église qu’en État. Ce problème de leur distinction et leur union est pervasif et s’illustre en particulier par le rapport respectif entre et cheminant de la Monarchia à la Divine Comédie de Dante. Ce qui était successif chez Dante se superpose et s’intrique dès l’époque de Philippe Le Bel, par le sens jamais plus spirituel (a fortiori si présumé intentionnel) que d’emblée ancré (donc repéré et ajusté) en son substrat matériel au XXIe siècle. Dès lors, l’uniquaternité divine est d’autant spirituellement infuse par la grâce (surnaturalisant ce que le don met seul en jeu dans les sociétés humaines autochtones qui restent des parties prenantes de la nature) qu’en exigence d’une incessante résurgence de son accomplissement jusqu’au plus matériellement manifeste par les quatre vertus cardinales. C’est à partir des quatre fleuves irriguant l’Eden (Paradis Terrestre) que Ambroise (lui-même fort empreint de Philon, juif d’Alexandrie) a initialement tiré ces quatre vertus cardinales, de païennes en chrétiennes. Il en a inspiré Augustin, y apercevant autant un seul et même amour, à la fois issu de Dieu et y ramenant, que toute et chacune des quatre s’en trouver chargée des trois autres, à l’image de l’unitrinitarité divine faite uniquaternité divine d’autant susceptible de s’en expliciter. Surgit un double cercle quaternaire à la fois divin et humain, autant distingués et unis du sein du si exemplaire Jésus-Christ qu’en tension entre Église et État l’en recevant tous deux de Dieu seul (non par emprise l’en filtrant de l’un des deux à l’autre, si autant l’Église que l’État rendent à Dieu ce qui est Dieu et à César ce qui est à César, plutôt que de faire passer Dieu et a fortiori son peuple élu, si assemblé en Église soit-il, sous façade de César, si élu soit-il à son tour au point de s’en faire accroire le Messie et s’en légitimer en son impérialisme).

    Dès que s’aperçoit la surnaturalisation en grâce si miséricordieuse du don, autrement auparavant naturel et constitutif des sociétés humaines dites primitives, et dès que le monde (en sa totalité, dite Cosmos depuis les Grecs) et l’humain s’y situant en sont créés et donc en quelque sorte donnés à eux-mêmes, s’éclairent non seulement la séparation des eaux d’en haut et des eaux d’en bas, mais aussi l’entière exégèse du récit biblique exilique sacerdotal de la Genèse se distinguant et se mettant à précéder le récit biblique yahviste de la Genèse (mis par écrit du temps de Salomon et considéré remonter à Moïse et donc l’Exode). Dieu (Père/Esprit-Saint dont dégager la Mère et s’en interfacer du Fils et s’en incarner) crée d’autant l’humain, à la fois homme et femme, à son image et ressemblance qu’IL les fait s’y éveiller en même temps qu’IL veille sur son peuple en fructifiant. Le signifie le nom de Joseph7, lors de son intégration en la Sainte Famille chrétienne, mais déjà lorsque le fils de Jacob de ce nom a permis de réchapper les tribus d’Israël en Égypte, avant leur Exode et la révélation de Dieu s’effectuant en passant d’El-Shaddaï à yahviste, à savoir d’Abraham, Isaac et Jacob à Moïse. De Joseph, fils de Jacob, donc Israël, à Moïse, le peuple hébreu (alors irréductible aux seuls Juifs) s’aperçoit passer de sa fructification, en révélant la tendance à être, au danger de son éradication, le révélant en sa tendance à non-être dont le sauver, d’où le surgissement de Yhwh qui l’en ramène d’autant à l’être que s’énonce comme l’être même lui étant infusé, lors de l’Exode, sous Moïse. De l’Exode à l’Exil, du monolâtrisme au monothéisme, Dieu ne se révèle plus seulement être en tant qu’être (Yhw fait Yhwh, d’Esaü à Jacob) que d’emblée aussi et surtout un, ce qui de Cyrus à Jésus, à savoir Jeschouah, donc Yhwh s’intégrant un schin comme souffle cosmique le révélant s’ouvrir aux nations, n’est plus universel (depuis le tout 1er Empire universel, perse, sous Cyrus) que monothéisable, par le Christ, en l’Empire gréco-romain, ultérieurement et autrement universel et ce, non sans une conjointe résurgence perse qui s’en fait à son tour islamisée. Non seulement des États faits Empires s’universalisent, mais, de là, aussi les monothéismes, ce qui est même la caractéristique la plus cruciale du passage de l’Antiquité au Moyen-Âge, a fortiori de leur conjointe résurgence s’en articulant dès la Renaissance au ressort des prémices de la Modernité, mais aussi de l’incessante processuelle renaissance du tout s’en découplant et mondialisant au XXIe siècle. Il est déjà problématique que tout universel soit à rétablir comme le fait de se tourner vers le tout si entier qu’un, plutôt que seulement autour de soi et surtout si considéré n’environner que se rattacher à soi, mais s’en réduisant et s’assimilant à son seul ego d’où n’y apercevoir que son correspondant alter ego, selon un présomptif egocentrisme si généralisé et anonymisé que censé valoir chez tout un chacun (fût-ce jusqu’à l’anomie suicidaire, y compris vicariale et homicide, jusqu’à la plus cruelle). Ce l’est plus encore si masquant et faisant manquer la pluralité des universels, voire l’exigence de s’apercevoir et d’apercevoir tout singulier comme cas jamais particulier qu’avec les autres avec lesquels se constitue leur universalité. Même en regard du catholicisme, signifiant universel, l’anglicanisme, plus que les autres protestantismes, constitue un décalque ne s’en étant autonomisé (du pape à l’évêque de Cantorbéry qu’en s’étant aligné sur le roi d’Angleterre et donc sur l’État), selon le même pattern (que les évangéliques étatsuniens, a fortiori si néosionistes, ramènent à leur tour au seul et pur hyperindividualisme, mais s’agrégeant sous un tel État. Quant à Cuba, ses habitants, comme tous ceux des Amériques, sont tout aussi mais autrement Américains que les Étatsuniens, si ceux-ci ne sont pas outrancièrement impérialistes jusqu’à en miner et infléchir en fonction d’eux-mêmes l’universalité en même temps que l’ONU la promouvant.

    Tout ce double cercle quaternaire vertueux, autant théologal que cardinal, peut tant surgir en monothéisme chrétien, du plus catholique au plus protestant, que faire s’en interfacer les autres monothéismes, juif et islamique, selon son propre métabolisme s’y apercevant en ses respectifs anabolisme (pour peu qu’émergeant de l’hébraïque fait judaïque en s’apercevant que c’est via le chaldaïque) et catabolisme (tant l’islamique revient et repart de sous le chrétien de l’abrahamique d’emblée tendu entre Israël et Ismaël). Du moins, si s’équilibrant un tant soit peu en son déploiement jamais religieux qu’aussi mystique et a fortiori prophétique, non comme prédiction de l’avenir, mais comme hiérophanique (bien avant que hiérarchique) révélation de tout mystère fait dévoilement progressif du dessein de Dieu sur le monde par l’humain qui s’y abandonne et est à la fois sans autre dessein que celui de Dieu sur le monde et d’autant en contre-pouvoir des pouvoirs, surtout si erratiquement exercés, que laissant entrevoir plus clairement ledit avenir, en particulier par l’exigence d’articuler le légal avec la capacité de mieux rendre indissociable la justice publique (au faîte des vertus cardinales) et la droiture privée (s’en cultivant intérieurement jusqu’en tout un chacun dont peut surgir un plus sain sens de soi, voire, au gré des vertus théologales, aussi quelque mystique, voire hiérophante). Peut alors s’instaurer une éthique soucieuse d’une morale d’autant convaincante qu’humaine, donc à la fois sociale et individuelle.

    Enfin, il y a un abîme, trop souvent allègrement franchi comme s’il n’existait pas, entre et de servir Dieu à se servir de Dieu, depuis ce monde et l’État, en l’occurrence celui d’Israël, a fortiori des États-Unis s’y (ad-)mirant et l’en magnifiant au-delà de ce qu’il peut être par lui-même. Il est crucial de remettre en abîme, de restaurer l’abîme qui surgit en servant Dieu en regard de toute tendance à s’en servir, surtout si se légitimer de tout asservir à son seul propre profit en ce monde: « Pour Leibowitz, l’État d’Israël n’est ni miracle, ni accomplissement messianique, mais fait historique. En le sacralisant, le sionisme religieux [a fortiori le néosionisme religieux, puis-je ajouter] commet la faute de transformer la foi en idéologie. Le nationalisme religieux n’est, à ses yeux, qu’une idolâtrie moderne: la divinisation du collectif sous couvert de piété. Dès la guerre de 1967, il craignait que la domination d’un autre peuple ne conduise Israël à sa ruine morale. »8 D’où une tout autre prophétie que celle issue du néosionisme, dont susciter d’autant l’hostilité que lui rappeler procéder d’un diagnostic spirituel selon lequel la puissance corrompt la conscience. C’est d’autant étonnant que l’étatsunien chrétien évangélique (avec frange catholique fondamentaliste) néosioniste est sis sur un hyperindividualisme doublé d’une confession publique faite représentationnelle mise en scène de soi tout à son spectacle de soi-même pour n’y être en rien collectif, si ce n’est en s’agrégeant et se constituant en ondes fort virales. D’où le rôle clef des plateformes numériques censées étendre sa présence « live » et instaurer le culte du technolibertarisme sophistiqué s’intégrant à l’armement par lequel marquer l’écart de puissance susceptible de frapper à mort, tant de sous l’arbre de la connaissance du bien et du mal surgit l’arbre de la vie et de la mort, d’abord du bien-être et du mal-être dès la vie, donc des affections de la fantaisie par désir de ce dont jouir et crainte de ce qui peut endolorir. Est-ce en se projetant et s’identifiant à cette israélienne forme étatisante de la divinisation du collectif sous couvert de piété au point de l’en magnifier au-delà de ce qu’elle pourrait être par elle-même, au XXIe siècle ? Tout un contraste relativement aux impérialismes chinois et russe qui, eux, ne partent plus tant d’une telle collectivisation faite structurale variation aléatoire (si circumstantial qu’en incessant appel de la fantaisie s’y exacerbant en ses affections) au point d’être divinisée telle et portée à s’asservir bien plus qu’à servir Dieu. Ils partent de sa structuration s’imposant étatiquement d’emblée. Le tout advient aussi jusqu’au sein du CPS de l’ONU selon une totale divergence en miroir faisant se polariser entre tout acte et toute structure depuis l’un ou l’autre. Tout acte se présume s’intégrer jusqu’à tous les aspects structuraux en cause (fût-ce jusqu’à l’intersectionnalisme, si restant individualiste, mais pouvant néanmoins se faire dépecer et rapiécer de façon transactionnaliste) et, inversement, toute structure s’instaure d’emblée jusqu’en tout et quelque acte, si individuel soit-il. Or, d’autant individu d’emblée social qu’agissant fonctionnellement à même le structural au point de s’intégrer et faire s’articuler l’humanitaire, le développement durable et les droits humains, l’humain s’y pourfend en deux polarisations inverses s’absolutisant. A fortiori, le développement humain n’y trouve plus de paix et sécurité que lui étant de plus à toujours moins propices, en voie vers l’inhumain, voire d’éventuels crimes contre l’humanité. Les quatre missions de l’ONU s’y effondrent et délitent, en s’y faisant miner autant de l’intérieur que de l’extérieur. Le cœur de l’ONU bat et pulse de vie/mort, toutes deux si humaines, y compris si inhumaines.

    Quant à la tension au Moyen-Orient, elle s’éclaire en partie par le Coran. Le Coran ne distingue pas aussi clairement deux arbres et encore moins que c’est de sous et via l’Arbre de la connaissance du bien et du mal que s’aborde l’Arbre de la vie et de la mort (a fortiori si passant à son tour par les affections ficiniennes de la fantaisie faisant les éprouver dès ses bien-être et mal-être): il y a le Paradis où manger en toute liberté, sauf de cet arbre dont ne pas s’approcher (2, 33) ou il y a encore l’arbre de l’immortalité lorsque Satan tente (20, 118). Le Livre, d’abord et avant tout le Coran, est la distinction ou séparation du bien et du mal d’où pouvoir être guidé dans la voie droite (2, 50), ce qui se magnifie par le Ramadhân pendant lequel le Coran a été révélé comme direction et comme distinction entre bien et mal (2, 181). Le Coran tient lieu du Fils en Dieu qu’expose le christianisme: le Coran est le Verbe de Dieu sans être son Fils et encore moins en être engendré comme son Image parfaite pour l’être. Jésus n’est qu’un homme, un prophète comme et entre Moïse et Mahomet, tous dans la lignée d’Abraham, le hanif, par qui s’est inauguré le monothéisme9. Par exemple, à Sainte-Sophie, suite à la conquête de Constantinople, toute image a disparu et a été recouverte de signes linguistiques arabes, d’abord forgés avec et depuis le Coran dicté à Mahomet. Même l’humain est ramené à la vie l’étant à son tour à la physique lui permettant ou non de perdurer, comme en l’oasis surgissant du désert et tranchant entre mort et vie, ce que les respectifs jeûne diurne et repas nocturne semblent signifier lors du Ramadhân. Allah seul donne son Verbe uniquement coranique et la vie qui surgit avec l’arbre, l’oasis. À n’en pas douter, l’importance du refuge de l’oasis, avec tout ce qui prend forme de défense en mosaïque de l’Iran, s’intensifie sous le désertifiant bombardement israélo-étatsunien, mais aussi parce que l’Iran est en faillite hydrique, du fait d’utiliser déjà plus d’eau que ses sources renouvelables ne peuvent en produire (barrage, pompage du sous-sol, etc.). Quant aux pays du Golfe alliés des États-Unis, leurs usines de dessalement sont très vulnérables, si la guerre devenait aussi hydrique, en particulier si Trump passait de la menace à l’acte de détruire des installations civiles iraniennes vitales, électriques ou autres. Le point clef: la vie ne subsiste déjà matériellement que difficilement, de sorte que la pression matérielle étatsunienne s’y intègre et que l’enjeu est au contraire la survie autant spirituelle que politique comme une seule et même chose, si idéologique soit-elle, depuis l’État islamique instauré par Khomeini en 1979 et, même si répressif, encore soutenu par 10 à 15% de la population. Pendant que le sionisme faisait revenir la diaspora en Palestine, les Frères musulmans émergeaient et considéraient toute la Palestine comme terre sacrée de l’Islam, en plus de ses accointances avec le nazisme occidental alors en plein déploiement, ce qui, après la 2e Guerre mondiale, converge en 1953 en le laminage étatsunien et britannique du germe démocratique en Iran pour instaurer la dictature du Shah, alors que Khomeini prend le relai de la frange iranienne des Frères musulmans (dont le Shah met à mort la tête dirigeante) et s’en intègre la source pourtant sunnite à la source chiite qu’il dirige et qui s’impose par la suite à compter de 1979. Selon Azadeh Kian, les bassidji « sont plus de 1 million de miliciens, très idéologisés, formés par les gardiens de la révolution (…) Le régime compte beaucoup sur eux pour surveiller la population ou mater dans le sang la moindre contestation, comme cela a été le cas tout récemment en janvier, parce que les gardiens sont occupés ailleurs. Les bassidji, l’armée régulière et le corps des gardiens de la révolution proprement dit, ainsi que leurs familles et leurs proches, forment le noyau de la base populaire du régime, que j’estime à environ 10 à 15% de la population. Ils sont minoritaires, mais très actifs. »10 Comprenons bien: minoritaires en termes numériques, mais majoritaires en termes statutaires, par main mise, via l’État, sur la société iranienne. S’en constitue un État dans l’État. Il y dispose d’un important pouvoir financier, économique et politique. Surtout, la projection de la logique hyperindividualiste libertarienne pensant le faire tomber en le décapitant d’une ou plusieurs têtes dirigeantes et en se faisant accroire à un conjoint soulèvement populaire (à main nue!) s’en révèle inculte et confond l’envers et l’endroit, car un individu dirigeant qui noyaute les institutions, comme en le trumpisme, opère à rebours d’un régime institutionnalisé qui ne se dote d’individus le dirigeant que s’ils lui correspondent: plus il l’attaque selon son seul propre modèle et à sa fantaisie, plus le miroir se renforce en sens inverse. La mise à mort de Khamenei père a mis fin au régime des mollahs qui s’est fait régime des Gardiens qui, eux, se sont dotés de Khamenei fils comme visage public, non l’inverse. Tuer des dirigeants n’équivaut en rien à tuer le système les produisant, malgré ce que se fait accroire l’hyperindividualisme étatsunien trumpien. Les deux sont en miroir total. Pendant que Trump prétend négocier (écraser jusqu’à se faire concéder), l’Iran le dément (d’autant que des tensions internes au régime font que tous n’interprètent pas du tout de la même façon ce qui se négocie). Reste la question: à force de l’écraser, le régime va-t-il s’effondrer? Avec ou sans chaos total?

    Or, le culte égocentrique trumpien non seulement ne cherche qu’à écraser autrui pour tout s’en faire concéder comme soi-disant « deal », mais, même lorsque ne pouvant y parvenir à lui seul, il en dénie jusqu’à toute aide éventuellement néanmoins reçue en tiers. Il lui faut seulement prendre, sans n’avoir jamais rien à comprendre et encore moins à reconnaître tel, et ce, toujours plus accélérément. Permet de se le faire accroire et même fantasmer le rythme de développement technolibertarien. Il y a un prix à cette incapacité à s’apercevoir et se reconnaître selon un sens de soi dont une part n’est qu’acquise et ne provient qu’en tiers, dès lors un tant soit peu inclus, même si soi-même tout au contraire réduit à son seul ego autant s’en tronquant, occultant et projetant en un autrui ne pouvant plus lui être en tiers qu’exclus et à pourfendre entre ce qui s’en instrumentalise et autrement, s’en refoule et dénie, mais risque tant de faire retour. Ce prix: un incessant porte-à-faux qui n’est certes pas la fausseté même, mais sa source vive la faisant proliférer comme d’où pouvoir instaurer l’envers en lieu et place, sous façade et jusqu’à l’encontre du réel, dont l’endroit est d’autant à virer à l’envers de lui-même pour l’y rendre conforme et l’en réifier de part en part selon une soi-disant vérité hyperbolique qui n’est que la seule sienne avec de si volatils et fantaisistes faits alternatifs à la clef. Les marchés frémissent à la moindre rumeur, a fortiori ledit style transactionnel s’y confondant en et à tout un chacun des « deals » s’y effectuant, au point d’y laminer le capitalisme en néomercantilisme sur le modèle et à l’aune du libéralisme en libertarisme censé en être le seul et fort exclusif gestionnaire: Thiel l’expose partout, par capitaliste laissez-faire se téléologisant en capitaliste gestionnaire. Tout le système se ramène au plus près de l’incessant et sous-jacent chaos si aléatoire dont il émerge, mais qui, auparavant, n’y transparaissait pas. C’est aussi ce nihilisme, si inapte à être autre que matérialiste (surtout pas divin, comme en le nirvana dit oriental), qui s’asservit Dieu et tout monothéisme. Il vire en raison cynique rappelant Diogène (l’engendré de Zeus, donc du dieu païen par excellence) dès qu’en bouffant aussi le paganisme et faisant se déclencher tous azimuts la crise, faute d’une nécessaire critique11.

    Il n’y a jamais tant double pensée orwellienne que fantaisie qui la rend opérante et enraie toute idéation jusqu’en sa logique à force de l’empêcher de s’assainir pour la happer toujours d’emblée idéologiquement. Si au niveau de la pensée, des idéologies duly constituées sont susceptibles de s’opposer entre elles, leurs blocs se dissolvent depuis cette seule fantaisie en disposant à la carte et à sa guise, a fortiori lorsque présidant à l’idolâtrie faisant s’asservir jusqu’à Dieu au ressort du monothéisme, à fleur du paganisme le plus géopoliticoéconomiquement opérant. Toujours le même processus d’une fantaisie métabolisant ses propres affections, mais en les dichotomisant et en projetant en tiers leur part la plus difficile (celle qui fait s’enrager et fait se déliter tout amour en colère, à l’inverse et à rebours de l’émergence et l’évolution bibliques de Dieu procurant son modèle médiateur): se complaire en son ego de part en part fantaisiste fait que son désir ne culmine en jouir qu’en différant et projetant toute crainte d’être affligé et endolorit en tiers, de la pression économique douloureuse à la pression géopolitique et ultimement militaire douloureuse. Pression économique douloureuse que sont censés être les tarifs douaniers, surtout pour ses propres entreprises et pour sa population à laquelle les refiler au profit du gouvernement les cumulant et en disposant à sa guise à leur détriment en même temps que forçant des investissements externes, d’abord de ses propres alliés plus aisément mis à sa main et dont faire des subordonnés. C’est présumer pouvoir infléchir la balance commerciale à l’encontre autant de l’interdépendance mondiale que de l’interimpérialisme multipolaire relativisant d’emblée le sien qui se veut unipolaire et se radicalise d’autant en son mercantilisme absolu qu’il est hanté par tout avantage compétitif exportateur vers les États-Unis comme soi-disant injuste, au point de plomber plus que jamais tout libre-échange et d’abord l’OMC. Pression géopolitique et ultimement militaire, a fortiori douloureuse et censée tant s’imposer à autrui que tout lui faire concéder, immédiatement, mais contrainte de se réitérer en se différant au fur et à mesure que s’apercevant n’être pas si immédiate et totale que cela et que s’instaure plutôt la guerre d’usure. Cette incapacité foncière à s’intégrer ses propres affections de sa fantaisie mène à ne que les dichotomiser entre l’ego fantaisiste et l’alter ego auquel n’importe qui d’autre se trouve toujours déjà réduit et assimilé, le tout entre l’autocomplaisance désirante tout entière vouée à sa seule jouissance et la douleur plus jamais éprouvée que d’emblée vicarialisée, donc à faire subir en tiers. Bref, chercher à raisonner ce qui n’est que tendance à tout arraisonner, dès la raison au ressort de quelque idéation que ce soit jusqu’en sa logique purement idéologique jusqu’en toute et n’importe quelle circonstance où elle ne s’éveille plus et ne fait plus qu’y sombrer et s’y enliser en sa propre fantaisie mise en jeu, y manque le sous-jacent porte-à-faux en cause. Lorsque des psychologues, politiciens, journalistes et al disent que Donald Trump se comporte comme un bambin de deux ans, c’est ne rien y comprendre que d’en faire une simple caractéristique individuelle, tout aussi hyperindividualiste que le sont les États-Unis tout entiers, alors qu’il s’agit d’un tel processuel devenir fantaisiste s’instaurant et se relançant incessamment, car même l’enfant ne se sent avant de se penser qu’en s’imageant de façon fort fantaisiste dans l’entre-deux12. Fantaisie si dénaturée que cruelle, car se complaisant d’autant en son propre plaisir issu de son désir de ce dont jouir que projetant et vicarialisant en tiers la douleur exacerbant l’anglo-saxon « to claim is to improve », à savoir s’implanter en un territoire délimité et l’en réclamer est progresser en se le faisant concéder. S’en radicalise encore plus l’enclosure ayant prévalu surtout en Angleterre au début de la Modernité et ayant fait monopoliser la propriété privée et en expulser des populations dont avoir peuplé ce qui est devenu les États-Unis qui cherchent, surtout depuis Trump, à leur tour, à s’absorber d’autres pays, des territoires en cause (métonymiquement axiomachiques dès les Amériques et de là, à travers la planète) aux biens et aux gens, bref selon les trois types d’échanges socialement possibles. Jusqu’aux réseaux socionumériques virent en pièges alimentant non plus tant les seuls clics que la rage (« rage bait » étant le mot de l’année 2026 selon Oxford Dictionary) et de là, la prédation bouc émissarisante (par appât ameutant en vue de lyncher ? « crusade bait »?), voire la cruauté. Même sous façade de limiter la violence, les plateformes numériques carburent à la visibilité virale et économiquement rentable13.

    6) L’humain face à la raison cynique: de la crise idéologique à la critique

    Pour aborder le XXIe siècle, il est crucial d’y tenir compte du rôle central d’une raison de part en part cynique qui y triomphe et qui, selon que sombrant et se faisant plomber par sa sous-jacente fantaisie ou tout au contraire s’en éveillant, est respectivement ressort d’une incessante crise ou d’une non moins incessante exigence de sa critique. L’incessante crise risque de mener à l’épuisement de soi (sorte de burn out faisant suite à ce que Ehrenberg a appelé La fatigue d’être soi, mais d’emblée faite pervasive fatigue démocratique virant d’elle-même en autocratisation généralisée), si ce n’est aussi à l’épuisement des chaînes d’approvisionnement s’en mettant à se tarir elles aussi et faisant d’autant surgir le spectre de la sécurité nationale pour mieux s’en assurer au point de départ de toute capacité productrice économique. La crise fait s’enfermer d’autant toujours plus en soi-même et sa clique (si cliquante et viralisante soit-elle) que se bute sur autrui uniquement à pourfendre entre ce qui s’en assimile et ce qui en est à refouler, mais qui fait retour et vient d’autant hanter qu’il faut toujours plus s’en protéger et sécuriser, tant il ne paraît qu’épuisant, donc à écarter et marginaliser (condition indirecte de l’assimilation), si ce n’est à assimiler plus directement pour l’en faire disparaître, à moins de procéder par la purge l’éjectant14. Tout au contraire, l’incessante exigence critique est plutôt


    1 https://www.ledevoir.com/monde/etats-unis/964974/guerre-iran-occulte-dimension-biblique, 19 mars 2026, par Fabien Deglise.

    2 De même, Peter Thiel, inspirant Vance et procurant à Trump via Palantir un système de surveillance civile et militaire autant intérieur qu’extérieur aux États-Unis, inverse le message paulinien d’attention à l’autre (à la façon de la fantaisie cruelle): « Thiel ne nie pas la vérité chrétienne il vient même jusqu’à Rome pour en témoigner. Mais il en isole un fragment, le détachant de tout le reste, et l’absolutise jusqu’à le retourner contre lui-même. C’est, en ce sens, la définition exacte de l’hérésie », https://legrandcontinent.eu/fr/refutation-spadaro-thiel. Pourquoi l’Église de Léon XIV dit non : une réfutation jésuite de la théologie politique de Peter Thiel. Il s’agit d’une technique utilitarisme géopolitique, comme celle que Netanyahu a utilisée devant le Congrès étatsunien en 2015 en brandissant le livre biblique d’Esther pour en inverser de façon fort fantaisiste le sens général à partir d’un détail décontextualisé et abusivement généralisé en son lieu et place, sous sa façade et à son encontre pour occulter la bonne entente que Ben Gourion avait établie avec l’Iran (1948-1979) et faire accroire que la mésentente advenue depuis lors remonterait à un atavique antagonisme de 2 500 ans selon lequel, au lieu de sauver Israël, l’Iran aurait toujours voulu le détruire, ce qui faisait appel à la transformation du sionisme (retour en terre d’Israël) en néosioniste (retour d’Israël d’avant la diaspora pourtant advenue seulement plus tard en l’Empire romain) selon d’émergeants chrétiens évangéliques protrumpiens. De même, d’un point de vue ficinien, Thiel réduit et confond le syncrétisme pagano-chrétien avec un paganisme chrétien fait katechon, à savoir ralentissement de la manifestation du mal en l’histoire, en vue d’un eschaton, à savoir l’accomplissement de la même histoire qui n’est pourtant pas plus cessation présumée depuis et par une chronologie politique s’imposant telle et qui est plutôt tension vers Dieu, dont l’apocalypse n’est pas du tout une catégorie politique faite prophétie de la terreur pourfendant bons et méchants et est plutôt sa révélation qui est connaissance salvatrice… ouverte aux nations, de Cyrus à Jésus. Thiel fausse jusqu’aux paix et sécurité (censées être promues par le CPS de l’ONU) en termes si naïfs qu’antéchristiques (en étant soit dupes ou complices) afin de plutôt sacrifier toute liberté au profit du seul libertarisme qu’il promeut et qui exige de déréguler toute la technosurveillance issue de Palantir pour être bon plutôt que méchant, avec fantaisie cruelle à la clef et au ressort d’une raison cynique démultipliant les crises au fur et à mesure que parvenant à échapper à toute critique : « Un ordre fragmenté, compétitif, où la guerre s’étend et où chaque gouvernement doit avoir recours aux nouvelles technologies pour pouvoir tenir, est un ordre dans lequel ses produits sont plus demandés. » (…) « Mais son système de pensée est construit de telle manière qu’il lui est impossible de voir le point où il se retourne contre lui-même. Il se présente comme le katechon le gardien qui retient l’apocalypse mais tout ce qu’il fait concrètement le place du côté de l’eschaton: accélérer la technologie, résister à toute régulation, construire les systèmes de surveillance qui rendraient possible exactement le pouvoir totalitaire qu’il dit craindre. » Le Christ n’apparaît plus que depuis l’Antéchrist.

    3 Yvan Morin, De quel Zoroastre à quel Dieu? De la révolution des savoirs à la prisca theologia, source de philosophia perennis, depuis Ficin, Paris, L’Harmattan, 2024, p. 93.

    4 Il faut distinguer la Sainte Colère, dont celle du Christ au Temple, de la colère humaine plus usuelle à laquelle tout un chacun est appelé à se mesurer d’abord au sein de lui-même comme à une inclination commune à tous, au ressort des quatre vertus cardinales qui s’imposent depuis l’intégration de la morale stoïcienne issue de Sénèque par Saint-Martin de Bragan et pervasive dans les écoles publiques chrétiennes jusqu’au XVIe siècle: la prudence s’oppose et exige, avec un rapport plus autoréflexif au ressort d’un sens de soi irréductible à son seul ego, de se distancier de la colère si mauvaise conseillère dès qu’elle n’est qu’une passion aveugle, surtout chez un dirigeant risquant d’en virer en tyran; la magnanimité (fortitude ou force de l’âme) fait même pardonner jusqu’à ce qui est pourtant jugé blesser; la tempérance fait se modérer et se détacher de tout bien pouvant être matériellement en cause au profit du spirituel (autoréflexivement généré du sein de Dieu au ressort d’un tel sens de soi alors insufflé de l’Esprit-Saint en l’esprit humain); et la justice, au sens d’une juste mesure, s’ensuit pour la préservation de la société, voire de tout ce qui est d’emblée social en tout humain, si individuellement considéré soit-il. Bref, nul ne peut gouverner sagement s’il ne se gouverne pas d’abord ainsi lui-même, et ce, en faisant se métamorphoser l’anthropologie pessimiste stoïcienne de Sénèque en optimisme chrétien. Celui-ci en dégage même au gré de la prisca theologia ficinienne une philosophia perennis (voir De quel Zoroastre à quel Dieu ?), voire l’aperçoit et la dégage de sa propre intelligence sous condition expresse de se mesurer et s’éveiller des affections de sa propre fantaisie (voir De l’humain à l’humaniste dans le monde). Qu’en reste-t-il en l’étatsunien néosionisme chrétien empreint d’un Dieu Colère se faisant ressort de rage libertarienne que magnifie Fantasyland? Surgit une incessante résurgence et exacerbation de l’individualisation en pur individualisme egocentrique qui a pu devenir saillant dès la Renaissance au seuil de la Modernité et mener autant à l’ego cartésien (Morin, 2022-2026) qu’aux protestantismes dont a surgi autant l’esprit du capitalisme (de Calvin à Weber) qu’une déconstruction théologique luthérienne jusque de la prudence s’en estompant de spirituelle (pouvant seule viser le bien commun et éviter le mal commun, mais dont l’universalité est alors dite impossible en ce monde jusqu’en tout humain aimant par-dessus tout Dieu censé lui en infuser la grâce, d’abord celle d’un sens de soi apte à se questionner en toute et quelque réduction à son ego) en seulement charnelle (rejetant d’emblée cette universalité dite lui être inaccessible en ce monde pour ne l’être qu’en l’éternité divine et faisant suivre entre-temps uniquement les dictats présomptivement purement egocentriques de la seule quête de son seul propre bien, tout en s’évitant le mal, ce qui se radicalise par les affections d’une fantaisie en virant cruelle). Une fois que la prudence cède au ressort de toute raison pratique un tant soit peu éthiquement opérante et source de quelque action morale, s’ensuivent aussi les trois autres vertus cardinales, car elles sont comme une seule vertu quadripartite depuis que Augustin les a recentrées (cardo traduit kentron centre) sur l’amour issu de Dieu et diffusé entre tous les humains jusqu’en tout un chacun, d’âme (si la raison s’y éveille de sa fantaisie, depuis Ficin) jusqu’en son corps. D’où, faute de prudence, un Cyrus qui, s’il a pu être magnanime en son temps, ne l’est guère au moment de devenir trumpien et d’en être d’autant intempérant et injuste, dès sa conception tronquée de tout accord/discord. A fortiori lorsque Trump se présente sous la figure du Christ et paraît au contraire être l’Antéchrist jusque parmi les plus fidèles protestants évangéliques ayant projeté en lui l’élection, de divine en politique, susceptible d’étancher leur soif néosioniste. Et quand Trump s’en prend au tout 1er pape étatsunien, il oublie que catholique signifie universel et que s’y ravive en tout humain, dès sa source la plus sociale, toute la tension de tout ce glissement vers l’individuel, car du même coup du spirituel en matériel, surtout si ces vertus cardinales s’y vicient et empêchent jusqu’au laïc de l’en chérir et donc, de ne s’en départir que sans le pervertir. Le catholique Marc Rubio s’envole donc à Rome raccommoder l’administration Trump avec le pape.

    5 Le glissement qui se radicalise d’individuation (constituant l’individu) via l’individualisation (surtout si en des sociétés incitant tout individu à reprendre à titre individuel sa propre individualité) en individualisme egocentrique et fait se séparer philosophie et théologie chez Luther, les fait aussi inversement se réunifier, tant s’en condense l’expérience, de sa teneur mystique vécue en l’individu la vivant et considéré être un(e) mystique. Il n’y a nouvelle religion qu’avec nouvelle mystique la compensant. Sinon, bien noter que Dieu se donnant en l’âme jusqu’à la plus intellective et a fortiori aux prises avec la fantaisie (surtout si cruelle), risque autrement de virer en Ça donne (dont Je et SurJe), de son inauguration nietzschéo-freudienne à sa transposition philosophique heideggerienne et sa problématique interface avec nazisme/sémitisme, dont celle en ayant émergé entre islamisme politique des Frères musulmans et sionisme fait néosionisme.

    6 Jeannine Quillet, Remarques sur les théories politiques du XIVe siècle, dans C. Bazan, E. Andujar, L. G. Sbrocchi, Les philosophies morales et politiques au Moyen-Âge, Actes du IXe Congrès international de Philosophie Médiévale, Ottawa, du 17 au 22 août 1992, pp. 1571-1581.

    7 C’est via Joseph que l’autorité au ressort de la tradition romaine se christianise au sein de ce monde, du moins en Sainte Famille, par distinction de l’autorité plus ecclésiastique des Pères de l’Église. En effet, Joseph signifie très littéralement « Dieu augmente (son peuple) » et rappelle donc incessamment l’« auctoritas » romaine, à savoir, comme nous l’a déjà fait voir Arendt « Le mot auctoritas dérive du verbe augere, « augmenter », et ce que l’autorité ou ceux qui commandent augmentent constamment c’est la fondation ». Dante résume encore plus succinctement: l’autorité est l’acte d’auteur, à savoir de celui qui a fondé ainsi à l’origine, ce dont la tradition ne transmet l’héritage qu’en l’enrichissant et augmentant, donc en magnifiant toujours davantage l’autorité, au sens premier du terme. On aperçoit comment et par où le père de famille a pu s’identifier à l’autorité et sa paternité si longtemps prédominer (car il était investi de Dieu en faisant celui par qui augmenter son peuple) avant que s’en dégage et autonomise une idée plus générale et égalitaire de parentalité valant humainement à la fois « homme et femme », comme l’ont promue des États davantage distincts et autonomisés en regard d’Églises sises cette tout autre et nouvelle sorte de familles, jamais spirituellement que fort temporellement constituées. Le pape Jean-Paul II a été formé auprès de tels couples et s’est aperçu de tout ce qu’en véhiculait déjà théologiquement le récit biblique sacerdotal de la Genèse. S’étonnera-t-on un tant soit peu que ce sont les Romains qui, avec l’autorité et la tradition, ont forgé le mot « religion » avec lequel le christianisme s’est débattu pour se l’approprier? C’est par la confusion de la religion avec le seul monothéisme que surgissent les monothéismes se l’entre-déchirant jusqu’à l’absurde en même temps que Dieu même, pourtant si unique.

    8 Daniel Horowitz, Leibowitz ou l’absence de Dieu, Paris, L’Harmattan, 3e Éd., 2026. En préservant autant Dieu que la foi, Leibowitz tendrait à un conjoint athéisme méthodologique, selon Horowitz le nommant tel et l’intégrant au titre de son livre. De fait, « Le judaïsme, en revanche, se distingue par la tension qu’il institue entre le culte et la pensée: il introduit un mouvement d’abstraction qui, sans abolir le religieux, le soumet à l’exigence de la raison ». J’ajoute que ceci n’est possible que si la raison s’éveille plutôt que s’enlise en sa sous-jacente fantaisie, a fortiori ses affections. Sinon, comme l’imaginaire se transforme de mythique (pansocial) en fantaisiste (individuel), la raison risque de ne plus s’assainir en son idéation jusqu’en sa logique que de s’enrayer et se braquer en idéologie en même temps et a fortiori si sur la base de la religion en idolâtrie. Telle est l’exigence ficinienne de s’éveiller à l’aune de Dieu y incitant, voire insufflant d’être un au point d’en être tout aussi si unifié que doté d’en être soi et de s’apercevoir en sa propre identité, et de ne surtout pas se présumer l’être toujours déjà. Ceci s’articules avec « La pensée de Leibowitz n’est pas un système clos, mais une vigilance: elle enseigne à ne pas confondre Dieu avec le monde, la Loi avec la morale, le pouvoir avec la vérité. » Éveil transitoire et processuel au fur et à mesure que se tendant de sensible (via la fantaisie) en intelligible en un sens et, en se reployant, vigilance en sens inverse qui lui correspond plutôt que se durcit au point de se réifier et s’enkyster par idéologie fantaisiste ne s’adonnant qu’à elle seule. Le christianisme apporterait l’éveil processuel d’autant de soi à soi que de Dieu à l’humain par lequel s’incarner et le judaïsme la vigilance distinguant Dieu du monde. Le perd de vue le néosionisme se faisant accroire n’être que sioniste.

    9 Le Coran, trad. par Édouard Montet, Paris, Payot, 1958.

    10 https://theconversation.com, Iran du régime des mollahs au régime des gardiens, 15 mars 2026.

    11 Voir Y. Morin, Du débat entre Ficin et Pic à Rabelais. La Renaissance philosophique, d’italienne à française, Paris, L’Harmattan, 2026, la 3e section de la conclusion.

    12 Le Parti Libéral du Canada fait la même chose, mais en miroir tout le libéralisme trudeauiste issu du père Pierre Elliot se préserve sous façade du fils Justin à évincer comme si tous ses dysfonctionnements seraient dus à l’individu et disparaîtraient avec lui au moment de lui substituer Marc Carney, surtout face à Donald Trump qui, lui, ne fait pas se perpétuer un système à travers un individu y remplaçant un autre à cette fin, mais, à l’inverse, s’impose comme l’individu qui vient mater le système, voire tout système.

    13 https://theconversation.com/rage-bait-le-mot-de-lannee-met-en-evidence-une-mutation-des-medias-sociaux-vers-la-fabrication-de-la-colere. Maintes dites IA conversationnelles facilitent le passage à l’acte, l’assistent et l’encouragent. Le profit prime sur la sécurité.

    14 Jusqu’à tout éveil est tellement tronqué dès la gauche qu’il l’est a fortiori à droite, s’en rendant tout aussi woke, mais en miroir. Pour un bref compte rendu du livre de Thibault Muzergues, La droite woke. La gauche n’a pas le monopole du wokisme, voir Richard Martineau, https://www.journaldemontreal.com/2026/03/12/la-droite-est-rendue-woke. L’éveil est d’autant tronqué par wokisme le présumant valoir en soi que s’occultant s’effectuer de sa fantaisie (avant de s’y enliser) à sa raison, tant jusqu’à l’ego s’y ramène


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    6) L’humain face à la raison cynique : de la crise idéologique à la critique


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  • 4) Coopérer sous l’égide de l’ONU pour stabiliser le monde ?

    Automne 2026: une élection est prévue autant en Israël (probablement avec impasse gardant Netanyahu au pouvoir, le temps de la dénouer, mais en faisant perdurer le sionisme en tous les cas, bien que ce puisse être éventuellement selon un style plus avenant si le délogeant finalement1) qu’aux États-Unis, à mi-mandat, en vue de renouveler avec une part du Congrès, la balance du pouvoir. Les jeunes de 18-29 ans ayant voté Trump sont désenchantés et frustrés qu’il fasse la guerre et donc le contraire de ce qu’il a promis. De fait, ils le sont des deux Partis politiques. Le système entier leur semble ne pas fonctionner et Trump est en quête pour l’empirer et contrôler qui peut voter, à savoir si votant plus probablement pour ses candidats, autrement à risque d’être emportées par une vague démocrate un peu trop susceptible d’advenir, ce pourquoi, par exemple, le vote postal est particulièrement ciblé, car cru être plus favorable aux Démocrates. Les jeunes, non seulement déçus, mais peinant à se reconnaître une soi-disant démocratie toujours plus électoralement dysfonctionnelle et biaisée, envisagent de ne pas voter. Sans parler de contradictions internes: ICE peut s’en prendre aux migrants, mais « si vous voulez que la prochaine génération ait des enfants, vous devez lui permettre d’accéder à des logements abordables » et d’abord, en améliorer le pouvoir d’achat1. Pas très libertarien, à moins que la centration élitique sur son tas d’argent avec polices intérieures et guerres extérieures pour le monopoliser soit la seule source d’enfants. Solution trumpienne: enrôlement militaire non plus volontaire, mais obligatoire des 18-25 ans, par enregistrement informatisé, sinon amende ou prison. Et des vétérans, endettés sous Biden, se font éjecter de leur logement sous Trump. De fait, maints pays ayant suspendu le service militaire obligatoire le rétablissent. Qu’en est-il des vétérans ?

    L’enjeu n’est pas qu’idéal, voire légal (par l’État), mais d’abord celui des mœurs (par le vivre-ensemble inhérent à la société civile). Le signalait déjà Montaigne: pourquoi des lois là où les mœurs suffisent? Mode de vie, développement humain basique et éventuelle opportunité pour le droit international, si interétatisé soit-il, de parvenir à un peu mieux cheminer dans le réel. En s’appuyant au Moyen-Orient sur une force stabilisatrice déjà apte à intervenir en tiers des parties belligérantes, l’Assemblée générale onusienne peut se doter d’un CI en regard de son CPS et lui demander de s’enquérir auprès des diverses instances onusiennes et internationales des meilleures voies, les mieux praticables en temps réel, pour créer des jalons contribuant à faire progresser et se réaliser ledit idéal. Le point le plus crucial est d’abord de cerner et formuler les problèmes en termes de doubles actions d’autant spécifiques, mais universalisables qu’aptes à inverser l’incessante inversion fantaisiste qui en intervertit tant le sens que fait s’écrouler toute universalité pourtant appelée à perdurer en une contrariante et réitérative suite de courts termes qui se l’avalent et contrent, avec tout développement durable, aussi l’humanitaire et les droits humains, donc tout développement humain s’intégrant les trois. S’instaure une géopolitique apte à se repérer et s’ajuster à sa géophysique sous-jacente pour mieux faire s’y implanter ce développement humain, d’emblée recherché par le CI, dans des conditions davantage susceptibles d’être plus que moins propices à la paix et à la sécurité et à faire valoir auprès de son CPS et plus large Conseil de Sécurité, en et hors de l’ONU. Avec et depuis une Assemblée générale dotée d’un CI lui permettant de s’autonomiser de son CPS et de commencer à l’en moduler, l’ONU peut s’étayer d’un tel dispositif stabilisateur en train de se mettre en place en tiers des parties belligérantes et proposer une alternative. Là, mais aussi ailleurs, surtout au Liban dont les forces armées, si mieux armées et conjuguées avec un Israël sommé de choisir de coopérer avec elles, peuvent désarmer le Hezbollah et vraisemblablement davantage se l’absorber que l’anéantir, plutôt qu’Israël profiter de l’approximatif cessez-le-feu entre États-Unis et Iran et en faire le prétexte d’une attaque ne visant qu’à établir le Grand Israël l’occupant au Sud (d’autant qu’y étant propulsé et armé par les États-Unis chrétiens évangéliques néosionistes pro-trumpiens auxquels aussi demander de s’ajuster, alors que Trump exige que Israël se tempère à la façon de son approximatif cessez-le-feu), le tout avec Casques bleus légitimant la stabilisatrice interface coopérative pour transformer plus que faire disparaître la FINUL (Force Intérimaire des Nations Unies au Liban). D’ailleurs, France et Italie s’ouvrent à une telle transformation, tandis que le Liban s’est mis à envisager des zones pilotes, surtout en y étant appuyées par une telle force onusienne, pour à la fois faire s’y résorber le Hezbollah et s’en retirer l’armée israélienne. La proposition, qu’elle soit acceptée ou refusée, serait un immense révélateur, surtout que s’instaurent déjà de telles amorces susceptibles d’y mener et de faire considérer la rendre plus pleinement opérantes. Peut-elle se formuler dans l’horizon des missions de l’ONU (avec embargo sur toute entrée d’armes dont mieux contrôler la circulation dans la région, y compris en Israël) ? Le Hezbollah est un proxy de l’Iran, certes, mais il est d’abord né de l’invasion israélienne du Liban avant de le devenir. De plus, la démonstration d’une capacité onusienne d’inciter Israël à rester dans ses frontières et à coopérer au-delà, démontrerait à l’Iran un début de sécurisation du Moyen-Orient et une moindre nécessité du Hezbollah, surtout si lui-même du même coup en voie de résorption en et au profit de forces proprement libanaises ainsi mieux constituées sous l’égide de l’ONU (sans se faire envahir par Israël et sans que ça dérive en guerre civile entre le Liban et le Hezbollah selon des rapports trop conflictuels entre les deux, surtout face à la relation à entretenir avec Israël). Plus encore, si l’ONU se révèle être la voie par laquelle pouvoir échapper aux incessants revirements étatsuniens, comme d’Obama à Trump face à l’Iran, elle peut susciter un dialogue, ouvert au concert des nations, surtout si plus garant de succès. L’ONU, si renforcée, peut apporter plus de permanence et bien plus de stabilité (si espérée par maints pays), là où les États-Unis virent en girouette électoraliste (d’autant que leur système électoral est dysfonctionnel) et sont plus inconstants.

    Plus le Sud s’autonomise du Nord, plus l’écart se creuse et plus s’installe ce que François Martin appelle Le temps des fractures: « À cela, de nombreuses causes: moins le passé esclavagiste et colonial que ce que l’on croit, mais bien plus une dérive du nord, qui dit vouloir promouvoir les valeurs de liberté, de démocratie et de paix, mais répand au contraire, de façon perçue comme hypocrite par le sud, la domination, le matérialisme, le pillage et la guerre. » Plus l’écart de puissance est mis en cause par le Sud jusqu’en le Nord dont s’autonomiser, plus se pose la question de savoir si la toute-puissance, d’autant qu’elle a pu être la plus grande et en l’occurrence celle du Nord, s’ouvre et s’aménage jusqu’en le réel ou tout à l’inverse, si elle cherche encore à s’y imposer et hiérarchiser, mais non sans une telle crise toujours plus marquée de légitimité quant à l’hypocrisie rendue toujours plus visible et ce, jusqu’en l’Assemblée générale onusienne, dont sa plus grande part issue du Sud global pourrait chercher à mieux se faire représenter par le CI dont il se doterait, surtout face au CPS qui, lui, n’en est guère représentatif. Pendant Le temps des fractures, « Un pays pourrait jouer un rôle majeur dans ce contexte, pour apaiser ou au contraire exacerber les tensions, c’est la France. » Paris est un lieu de rencontre entre les États-Unis et la Chine. Et comment faire du dispositif français déployé en Méditerranée une posture de puissance résolvant sa quête de pertinence davantage que, via son obligation de défense de pays tiers (Qatar, Koweït et Émirats Arabes Unis) pris comme les pays arabes de la région dans un même entre-deux, risquant de se faire entraîner dans l’engrenage de la guerre israélo-étatsunienne contre l’Iran1 ? Pour parvenir à tenir et jouer son rôle en Méditerranée moyen-orientale lors du conflit israélo-étatsunien face à l’Iran et à sa tendance expansive, le dispositif français stabilisateur, ne semble pouvoir être vraiment rassembleur que si s’accordant avec l’ONU pour laisser entrevoir une tout autre sorte possible de Conseil de la paix que le trumpien entre-temps instauré à Gaza. Le tout peut se doubler d’une exigence linguistique de clarté susceptible de progresser avec la langue française qui vient de devenir la 4e langue la plus parlée au monde1. Cette clarté n’advient aucunement sans se mesurer et se gagner sur une fantaisie prompte à intervertir le sens des termes employés (je dis me défendre en t’agressant, car je me fais tant accroire que tu m’agresses ou es sur le point de m’agresser qu’il me faut m’en et donc te le défendre, ma protection et ma sécurité se mesurant à l’aune de ton entrave, interdiction, voire destruction, dans la ligne des tabou-paranoïa-cruauté). D’ailleurs, il vient d’être établi que les instances mentales (raison, entendement et fantaisie) se sont empersonnifiées à partir de l’italien en français depuis la Renaissance, au point de révéler Rabelais comme celui d’où leur sous-jacente prise de conscience peut émerger autant au ressort de Descartes qu’au seuil de la Modernité2. Émergente capacité d’une raison qui jusqu’en son entendement devient apte à cerner l’exigence de se mesurer d’autant à sa fantaisie, selon des doubles actions universalisables à même les spécifiques, qu’elle peut s’en éveiller et d’autant s’apercevoir qu’en inverser l’inversion plutôt qu’y sombrer et s’enliser en sa pervasive interversion du sens des mots au gré d’un jugement uniquement circonstanciel et à court terme faisant accroire qu’en se réitérant il peut s’avaler et laminer tout jugement plus universel de ce qui tout au contraire ne perdure qu’en s’inscrivant dans le long terme. Et ce, sans s’idéaliser à outrance et manquer son propre court terme d’où jaillir et instaurer des jalons d’une ère historique, d’emblée distincte de la simple chronologie des dates et événements, car les regroupant et s’en périodisant selon un début et une fin dont l’entre-deux ne se constitue d’un ensemble de caractéristiques communes qu’assorti d’instances secondaires susceptibles de constituer d’éventuels germes d’une autre période les faisant prévaloir. Doubles actions si sensées qu’adaptatives au changement.

    L’humain se tient debout (en se repérant et s’ajustant de bas en haut, pour peu que le haut s’ouvre et fait place au bas, comme la tête au-dessus et là où avoir les pieds) jusqu’en son horizon visuel (lui-même de physique à mental et par là, en sa raison jusqu’en son entendement face à sa propre fantaisie forgeant l’image autant de soi que du monde circonstanciellement en cause). Sinon, tout s’inverse dès qu’il s’y fait avaler comme d’où ne plus que s’imposer du Ciel à la Terre et donc de haut en bas et se superposer à la gravité modulant jusqu’à sa station debout et pouvant y être tout autre chose qu’une simple attraction-pression verticale. Comme en l’ascenseur einsteinien créant son équivalent en s’élevant, la gravité, mais de physique à humaine, au sens de jamais individuelle que d’emblée sociale, peut n’en être plus qu’un effet de champ susceptible d’advenir avec l’ascension sociale, à savoir avec l’ascension de la société entière plutôt que seulement des individus la constituant, si ceux-ci sont pour pouvoir l’éprouver, certes sans doute à divers degrés et certains plus que d’autres, mais néanmoins tout un chacun, pour peu que le développement humain devienne sensible en des conditions de paix et sécurité lui étant davantage plus que moins propices. Hiérarchie relativisable ou à l’inverse, prétendument absolue, selon une présomption étatsunienne d’unipolarité unilatéralement opérante a contrario du multipolaire en pleine expansion, voire de l’interdépendance panplanétaire devenue pervasive et en exigence d’universalité irréductible à quelque spécificité particulière s’imposant plutôt que l’impulsant ? Même si la Chine brade son pétrole, « L’Iran impose progressivement un système inédit le passage sécurisé des pétroliers dépendrait désormais de transactions en yuan chinois plutôt qu’en dollars »1. Cette stratégie remet directement en cause le système du pétrodollar construit par les États-Unis depuis les années 1970. Peut s’accélérer un basculement historique du système financier mondial. De même, l’OPEP s’en désagrège, surtout depuis que les Émirats Arabes Unis -une victime collatérale majeure de la guerre israélo-étatsunienne avec l’Iran- ont décidé de la quitter.

    Par-delà celle en cours, la crise qui s’en vient et s’accentue entre le pétrodollar et l’alternative en train d’en émerger et s’en constituer en parallèle, l’ONU peut contribuer à faire s’ouvrir la géopolitique à une économie sise sur un tiers système monétaire. Keynes en avait déjà soulevé la possibilité lors des discussions de Bretton Woods, mais le Royaume-Uni, au sortir de la 2e Guerre mondiale, était sur les genoux et l’étatsunien White a donc finalement imposé l’hégémonie du dollar, ce qui a alors été entériné par les maints pays (exsangues) rassemblés. Or, l’impérialisme ne se passe plus tant de l’un à l’autre dans un temps diachronique, comme du Royaume-Uni aux États-Unis. S’impose dorénavant une synchronie se diachronisant telle entre les impérialismes (États-Unis, Russie, Chine… peut-être avec tampon et levier européens à leur interface si France et Royaume-Uni n’agissaient face à eux au sein du CPS qu’avec une Allemagne représentant l’Europe au sein du CI par lequel l’Assemblée générale s’en autonomiserait). Cette synchronie se diachronise en bouleversant tout. Espace-temps ? Même le temps n’est plus linéaire que sous-tendu de la synchronie en cause s’y mettant en jeu et en faisant un volume en lequel faire s’ouvrir maintes directions possibles, donc de telles avenues de côté indiquant pouvoir se déployer autrement à tout moment selon ces diverses branches. Zeitgeist, car même en théorie physique, une conception semblable du temps en trois dimensions distinctes de celles de l’espace vient d’être avancée1.

    Au cœur du CPS de l’ONU et jusqu’à travers la planète entière, les grandes puissances, non seulement la Chine et la Russie, mais aussi les États-Unis, sont toutes plus autoritaires les unes que les autres, surtout depuis que Human Rights Watch, le 4 février 2026, a mis en garde contre la tentative trumpienne d’imposer un contrôle fédéral (avec police secrète, plus FBI, ICE et forces armées sous contrôle personnel de Trump)2 sur les règles électorales censées relever des États au sein des États-Unis afin d’éviter un résultat qui s’annonce défavorable lors des élections mi-mandat et ce, sous façade de « garantir l’intégrité des élections »1, à la façon dont il a cherché à voler l’élection présidentielle de 2020 en faisant accroire que les Démocrates alors vainqueurs la lui auraient soi-disant volée. Par fantaisie, le sens de tous les termes s’intervertit: le voleur se dit volé et celui à qui voler est le voleur. N’est-ce pas d’une limpidité d’autant totale que tout n’advient qu’en miroir et fait tout se refléter en s’intervertissant selon une circularité se voulant totalement inextricable ? Les faits n’ont jamais été autant alternatifs, au sens de moteurs alternatifs: il suffit de quelque piston pour convertir toute la pression verticale exercée en mouvement rotatif faisant fonctionner toute cette machinerie, si ce n’est machination. Comme la Terre: ça tourne ! ça tourne! À moins que ce soit le Ciel, semblant d’autant aller en sens inverse et engager jusqu’à l’univers entier. L’étymologie le dit univers, de « unus/versus », à savoir de « un/tourner », ce qui signifie tourner en un et en former un tout, mais, si se confondant avec le Ciel, semblant tourner autour et en sens inverse, cette puissante illusion quotidienne si usuelle ne se rectifiant que par révolution dite copernicienne. Le dit en appelle à la vue, mais la vue physique s’étend de là où être, sur Terre, jusqu’au Ciel, en leur départage à la ligne d’horizon. Du moins, si jusqu’à la vue ne passe de physique à mentale et ne s’y rectifie. Comme si, en s’élançant en esprit non seulement de mais avec la Terre au Ciel où le Soleil paraît en son milieu, y étant soi-même hors Terre et en tiers entre Terre et Soleil au milieu de son Ciel. Surtout si y advenant en tiers à la façon de ces nocturnes étoiles éloignées qui semblent plus fixes en ce même Ciel et d’où tout en reconsidérer, jusqu’au départage fait le jour à la ligne d’horizon et engageant, sur la verticalité de la Terre au Ciel, ma propre verticalité s’y inscrivant, des pieds sur Terre à ma vue en débordant à l’horizon vers le Ciel, voire vers son milieu qu’est le Soleil, le jour, en contraste des autres Étoiles, la nuit. Voire y débordant en appel de l’univers, donc de l’universel les intégrant en les faisant tourner, non seulement tout un chacun sur lui-même, mais en un seul et même tout. S’y révèle ce qu’est passer du cas particulier, mais considéré en sa spécificité retracée en toute sa complexité existentielle si multidimensionnellement intégratrice, à l’universalité. S’y exemplifie ce qu’est une double action, certes spécifique, mais d’emblée aussi portée à l’universel.

    Or, la politique extérieure étatsunienne trumpienne se veut tout aussi unilatéralement imposée, à l’image de sa politique intérieure qu’elle serait censée confortée et ce, selon la même incessante fantaisie cherchant à générer en son miroir l’envers à donner en lieu et place, sous façade et jusqu’à l’encontre du réel le plus évident et à virer à l’envers de lui-même pour l’y faire correspondre et s’y conformer. Trump s’installe en son porte-à-faux fantaisiste qui n’est aucunement les faussetés qui s’en mettent à proliférer et le font paraître mentir. Elles ne sont que les ressorts de son incessante mise en spectacle faisant l’oublier à leur source (comme la Terre s’oubliant tourner sur elle-même à la source de son Ciel lui semblant avec son Soleil, le jour, et avec toutes les plus lointaines Étoiles, la nuit, tourner en sens inverse) au fur et à mesure que s’y trouvant distrait, dès qu’y clouant son attention et s’en mettant à contribuer à en être leurré. Quand ce qui ne serait que faux s’avère plutôt l’exact envers de la réalité et en donne l’apparence en être telle en son lieu et place, c’est qu’il y a porte-à-faux à sa source et telle est la fantaisie, non seulement en adhérant au seul circonstanciel, mais en n’y adhérant et n’en jugeant que depuis et selon soi seul, toujours plus à son seul ego toujours plus idiosyncrasique jusqu’en son egocentrisme, à force d’y sombrer plutôt que d’en émerger à sa raison et s’en rendre plus intellectif au point de s’apercevoir que même l’ego peut alors être un mot disponible à tout un chacun, donc aussi à autrui. La présidente mexicaine l’a résumé par une belle formule dès le début du 2e mandat de Trump, à savoir qu’il a son style bien à lui (et qu’il faut bien faire avec cela le temps qu’il sera là). Netanyahu, lui, a parfaitement compris que sa fenêtre d’opportunité n’était que de deux ans pour s’en prendre à l’Iran et y entraîner les États-Unis, qui ne lui ont jamais autant été favorables que sous Donald Trump (porté non plus tant par MAGA que d’abord le néosionisme de chrétiens protestants évangéliques assimilant jusqu’au Christ à sa souche judéenne et jusqu’en celle-ci, Dieu à César, au gré d’États-Unis trumpiens se confondant avec l’État d’Israël)1. Pour plus de deux ans, il faudra possiblement que les États-Unis trumpiens virent pleinement autocratiques aux élections de mi-mandat, voire utilisent l’urgence pour perdurer tels au pouvoir en maintenant un état de guerre permanente, à la fois interne et externe. Comme en le CPS de l’ONU, à miner à la fois de l’intérieur et l’extérieur. Comme Netanyahu (de fait, plutôt toute la frange orthodoxe d’extrême-droite par laquelle il se maintient au pouvoir, dont a autrefois jailli le meurtrier d’Yitzhak Rabin et dont hériter et perpétuer la radicalisation) en Israël et au Moyen-Orient.

    N’y voir que des faussetés et des mensonges, là où il s’agit de littérales inversions factuelles (euphémisées en faits alternatifs lors du 1er mandat trumpien) est manquer qu’il s’agit d’un incessant porte-à-faux d’où les produire et dont ils ne sont que les épiphénomènes pouvant d’autant plus leurrer que l’attention s’y trouve divertie et détournée selon leur incessante mise en scène en faisant des spectacles d’autant plus éhontés que se constituant selon sa seule fantaisie et pouvant ainsi perdurer tels en deçà non seulement de la honte, mais a fortiori de toute culpabilité ne lui étant que subséquente et présumant d’abord de se responsabiliser et pour ce faire, de laisser émerger et d’instaurer entre-temps quelque tribunal de sa propre raison. C’est pourtant établi depuis l’historicisant devenir de l’Antiquité grecque, mais dont ne rien se rappeler, faute de réminiscence platonicienne1, voire platonico-ficinienne, car la cernant émerger de sa sous-jacente fantaisie et a fortiori ses affections comme ce dont s’éveiller plutôt qu’y sombrer et s’y enliser. Par ces plus de deux mille cinq cents ans d’histoire et surtout depuis son moment renaissant italo-ficinien l’en faisant resurgir et s’étant condensé en France chez Rabelais en deçà et au ressort jusque de Descartes dès le seuil de la Modernité au point de l’en éclairer, le porte-à-faux mis en jeu par Donald Trump provient d’une fantaisie débridée ne condensant d’autant tout Fantasyland, comme Andersen en dénomme les États-Unis, que l’ayant élu pour pouvoir s’y admirer en ses propres mœurs s’y confondant en leur propre mise en scène fort addictive.

    Cette drogue mentale spéculaire si addictive infléchit tellement la forge de l’ego si mobile en Dieu qu’elle l’en fige en et par l’humain en cause et l’en fait narcissiquement s’admirer en son miroir, tant sa propre mise en scène fait d’autant se donner de soi-même à soi-même (selon un effondrement total de toute autoréflexivité, seule génératrice du sens de soi, en une autocausalité fort circulaire du self-made man laminant et tronquant tout humain de sa teneur d’emblée sociale au profit de sa seule teneur si individuelle qu’hyperindividualiste jusqu’à l’égocentrisme) qu’en son propre spectacle. Ce spectacle surgit comme en un rêve ne s’apercevant même plus se projeter du sommeil en pleine veille sur le réel, dont la part tronquée et en quelque sorte automate peut resurgir de sous son refoulé et venir hanter par fort pervasive hallucination transposée et condensée en robotique conversationnelle, au gré d’un tel ego à la source d’un tel alter ego (car c’est bel et bien la part rendue automate de soi qui tant s’externalise et se robotise que s’y (ad-)mire). Or, cette drogue mentale est plus addictive que n’importe quelle drogue plus matériellement en cause, si susceptible de la soulager de son si pervasif cauchemar et présumée seule à combattre, mais n’étant que son symptôme matériel le plus manifeste, voire faisant s’occulter soi-même pour ne plus que s’y projeter et l’en réifier, littéralement l’en fétichiser et brandir soi-disant chez les autres qui, via le Mexique et le Canada, la feraient se matérialiser aux États-Unis. Faute de s’éveiller de sa fantaisie, pour plutôt y sombrer en même temps que s’enliser par elle en la seule suite de conjonctures issues des concours de circonstances s’enchaînant les uns aux autres et d’abord issues du transactionnaliste acte élitique s’y encarcanant et faisant s’y encarcaner le pays entier et les autres s’y trouvant liés, s’instaure ce que Turchin appelle Le chaos qui vient, à force de produire un tel type d’élite au-delà des capacités de pouvoir la supporter jusqu’en ses excès les plus addictifs toujours plus outranciers. Se viralisent toujours plus accélérément non plus seulement des contenus numériques, mais leur source d’où pouvoir proliférer, à la façon de l’hyperindividualisme étatsunien qui n’est jamais privé que fait confession publique, mais elle-même de part en part jamais laïcisée que toujours plus divinement pour être politiquement élue au point de s’euphémiser en spectacle narcissiquement viral pour être collectivisable au gré des aléas conjoncturels fantaisistement interpelant.

    Dès Rabelais, les ficiniennes affections de la fantaisie (désir de ce dont jouir et crainte de ce qui afflige et endolorit) sont mises en tension paradoxales (style Panurge désirant se marier, mais seulement s’il en vient à pouvoir ne plus craindre en être cocu), puis Montaigne signale que le plaisir, voire tout désir de ce dont jouir, s’aiguise à l’aune de la difficulté et même du contraire se donnant à craindre. Chez Kant, voire Thoreau, puis Dôle s’en trouvant inspirés aux États-Unis, ils s’y médiatisent et s’y portent au sublime, voire en font jaillir jusqu’au sentiment moral, ce qui est tout autre chose que seulement présumer une morale, par surcroît par provision, cartésienne. En effet, Descartes craint et donc redoute tant son propre doute alors même qu’il l’hyperbolise qu’il tronque les affections de la fantaisie, en ne retenant que la seule douleur (ainsi crainte, redoutée) comme ce qui lui est le plus intime et en méconnaissant le désir de ce dont jouir si à risque d’être mimétique, comme en le mécanisme victimaire mis au jour par Girard. Son entendement se charge d’une telle fantaisie tronquée en ses affections comme d’où considérer à l’envers jusqu’aux battements cardiaques, censés venir de la chaleur et non de la force contractile cardiaque qu’y aperçoit plutôt Harvey, mais qui ne sera établie qu’au XIXe siècle, lorsque les esprits animaux cartésiens (censés être véhiculés par le sang, du cœur à la glande pinéale) auront fait place aux phénomènes électriques neuromusculaires, dont les cardiaques. Toutefois, par la douleur qu’il dit lui être si intime, voire par le labeur si pénible de son attention à se porter à la raison et l’en révélant si à risque d’y retomber, Descartes se sonde intérieurement et Maine de Biran peut faire s’en ressaisir toute sa métaphysique depuis cet intérieur à même l’effort alors exigé, mais mieux explicité et cerné. Y manque la moitié des affections de la fantaisie et le fait qu’il s’agit d’affections, car le désir de ce dont jouir s’estompe en ce qui fait redouter (donc craindre) plus que seulement douter de ce qui endolorit, comme en son membre-fantôme. Pour passer à la fantaisie cruelle, il suffit de ne plus se sonder en sa crainte de la douleur, mais de la vicarialiser et de se complaire en son désir (surtout si mimétique et mis en compétition) de ce dont jouir à soi seul en son ego comme d’où ainsi ne la refouler jusqu’au tréfonds de soi que la projeter et s’en repaître en autrui. Sans empathie, ça soulage: lui, non moi, se tord de douleur ! Du psychopathe au sociopathe. De l’individu, si exclusivement à lui tout seul qu’individualiste, au social à biaiser en conséquence, le tout étant censé se généraliser à tout un chacun en tout humain, voire viralement s’en collectiviser.

    Sade a déjà remarqué le trait commun ne faisant plus se sonder en sa douleur comme ce qui est le plus intime à l’ego cartésien, mais au contraire la vicarialiser en autrui (à savoir d’ego en alter ego) par un double fonctionnement autant capitaliste, pour lui prendre ses biens et en jouir via la plus-value, que pulsionnel, pour lui prendre son corps jusqu’en ses parties les plus intimes, dites génitales (des plus matures jusqu’aux plus immatures, par pédophilie ?) pour tout autant en jouir. Le tout culmine en un troisième capitalisme qui n’est plus seulement productif, ni même doublé de consommation pour écouler ses produits en étendant son marché et surtout pour fantasmer une croissance sans fin et fort ignare des limits planétaires (d’abord celles du voisin à exploiter), mais high tech, lequel, après avoir créé la crise de 2008, a fait s’endetter de façon durable et fort déficitaire les États, pour en être sauvé et faire payer cyniquement à sa place une seconde fois les citoyens déjà exploités, ce qui vire depuis lors en projet politique fascisant1. À rebours des hippies, s’installent toujours plus les yuppies ayant surgi lors de l’ère Reagan et s’étant enivrés d’une capacité productrice d’autant au ressort de la croissance économique que les prix leur assuraient l’écoulement des produits sur lesquels outrancièrement spéculer et surtout, alimentaient leur fantasme d’une telle croissance sans fin face au spectre de tout son envers qu’est la stagflation (combinant faible productivité et inflation) à refiler via l’État aux citoyens, seuls censés en souffrir en payant deux fois (pour se faire exploiter, puis pour sauver les exploiteurs toujours plus « Too Big to Fail »). Pour sauver son image exigeant que cela ne puisse arriver sous son mandat et a fortiori du fait que c’est la montée du prix du pétrole suite à sa guerre au Moyen-Orient qui lui a été fatale, Trump ressert le « Too Big to Fail » et essaie en vain en avril 2026 de sauver Spirit Airlines de la faillite face à l’oligopole en place. Trump était déjà le héros des Traders yuppies de l’époque Reagan à la source du slogan MAGA auquel, via ce 3e capitalisme jusqu’en son cynisme le plus sadique, il a donné toute sa portée géopolitique, d’autant que le spectre stagflationniste s’est intensifié et que toute crise susceptible d’en advenir est moins aisément vicarialisable et qu’il faut donc, pour s’en sauver, la forcer et l’imposer à quelque tiers à parasiter. L’originalité trumpienne est d’occulter, réduire et faire confondre avec la seule fantaisie jusqu’à l’ego pensant (qui, chez Descartes, peut encore être intellectif et valoir autant pour soi que pour autrui, mais déjà depuis tout un chacun s’anonymisant et se médiatisant par un impersonnel « On » jusqu’en toute personne). Penser mais à sa seule fantaisie, donc au point de s’y effondrer et y sombrer, c’est chercher à ne plus tant s’en médiatiser pour maîtriser la nature qu’à rendre son ego de part en part fantaisiste et, si idiosyncrasique et viralisé tel soit-il, néanmoins censé être en prise directe sur toute nature, de géopoliticoéconomique en géophysique purement circonstancielle, car cela seul peut lui correspondre. À force d’éliminer l’expertise au profit de la seule fidélité au trumpisme, germe la présomption de n’avoir qu’à disposer de l’écart brut de puissance sans trop savoir comment l’orienter, donc lui donner sens, jusqu’à l’impréparation et l’incompétence, comme en sa guerre en Iran. Plus déni de l’expertise ukrainienne reçue contre les drones iraniens: « Cette vision du monde n’est pas seulement fausse -elle est dangereuse. Parce qu’elle empêche d’intégrer les innovations venues d’ailleurs. Parce qu’elle aliène les alliés. Parce qu’elle crée un angle mort stratégique que les adversaires exploitent. »1 Trump veut dominer: il est tellement ingrat et imprévisible qu’il en perd tout leadership. Plus il veut unipolariser (style MAGA), plus tout à l’inverse la multipolarité s’accélère. Plus il veut imposer sa rhétorique au réel et l’en réifier, plus le réel lui échappe et tant resurgit que le hante. Il s’enrage des faits si peu alternatifs et si inverses à ce qu’il les voudrait, car plus têtus qu’il ne l’est. À moins que les faits ne lui soient trop alternatifs, au sens de rotatifs, car selon un tout autre piston que le seul sien les activant. N’en faire qu’à sa tête se bute sur une tête interpelée par la réalité factuelle. Surtout en géopolitique, a fortiori en géophysique. Le Pentagone, lui, a dû faire preuve d’humilité et prendre le virage culturel guerrier et se distancier des engins lourds, chers et chronophages à produire (jusqu’à trois ans pour reconstituer le stock des intercepteurs Patriot et THAAD), donc peu aptes à alimenter suffisamment les zones de front en temps réel, surtout que le drone ukrainien et a fortiori ses essaims ne comportent pas de composants chinois et alimentent l’argumentaire politicoéconomique face à la tension sino-étatsunienne. L’Ukraine s’entend avec Arabie Saoudite, Qatar et Émirats Arabes Unis et visite autant Jordanie que Syrie (où plane encore l’aura russe). La guerre s’interpénètre, du front slave au Moyen-Orient. Tous ont remarqué que la guerre y est devenue hybride, à l’interface du virtuel et de l’actuel. Les essaims de drones ne se forment qu’en communiquant et se coordonnant et ils instaurent surtout une asymétrie des coûts pour les produire. Sans doute des armes à énergie directed peuvent les désactiver et s’intégrer au dôme de fer israélien, mais les lasers exigent de les cibler quelques secondes et sont sensibles aux conditions atmosphériques pouvant les en empêcher, tandis que les micro-ondes, même si moins chères et non ainsi affectées, ne permettent pas de faire la différence entre une cible rendue dysfonctionnelle ou dont le fonctionnement est interrompu à la source. La course à l’armement reste une problématique combinaison ancien/nouveau. Tiens donc: comme ladite transition énergétique qui ne vaut que ce qu’y vaut le temps, selon ce qui peut en être, du plus au moins chronophage. Tout écart quant à la réelle puissance réside dans le rythme (donc le temps) de consommation ou transfert d’énergie. Sans écart, le système la conserve. Donc, l’armée étatsunienne est la plus puissante du monde, en apparence, mais est moindre qu’il n’y paraît tant qu’elle reste chronophage par sa façon de produire son armement si sophistiqué, faute de pouvoir en disposer en temps réel, à moins, mais uniquement pour l’avenir, d’y investir encore plus de milliards de dollars sur de longues durées pour en assurer les stocks, bref de surendetter les États-Unis plus qu’ils ne le sont déjà. Pas si évident d’assurer l’écart de puissance et d’étancher sa soif d’être MAGA.

    S’aider de l’apport ukrainien face aux drones et missiles iraniens est d’autant nécessaire que l’Iran a mis au jour une faille logistique majeure constituant un important facteur limitant quant à ladite maîtrise totale aérienne du ciel à laquelle prétendent Israël et les États-Unis: plusieurs KC-35, des avions de ravitaillement en vol des avions de combat pour qu’ils soient opérationnels au loin de leur base, ont été endommagés ou perdus, soit par accident dont la probabilité augmente avec le rythme opérationnel (par exemple en Irak), soit par frappes iraniennes (sur la base de Prince Sultan en Arabie Saoudite). Contrairement aux avions de combat, du moins une fois leur autonomie préservée, ils sont usés (ils datent de l’époque de la Guerre froide), lents et donc vulnérables autant au sol qu’en l’air. Résultat net: l’impérialiste écart de puissance, dont fantasme disposer Donald Trump et le courant évangélique néosioniste l’incitant à se faire accroire être l’envoyé de Dieu, se double d’emblée d’une moindre capacité de projeter cette puissance. La foudre divine censée frapper et tout régler d’un coup se bute sur une guerre au contraire d’usure débordant de tout bord. Pour tout un chacun, il est pénible de perdre sa liberté d’action. Pour un libertarien investi d’une mission divine, c’est la galère totale: il se présume n’avoir aucune contrainte inhérente au fait de l’existence d’autrui et s’y bute pourtant, selon un trop saillant retour de son refoulé de sous l’asymétrie révélée non plus totale, mais moindre qu’il se le fait accroire. Faille logistique ? L’écart économique finançant l’écart technologique, en l’occurrence militaire et si pervasif un peu partout sur la planète, est si imposant que les États-Unis peuvent tolérer un certain laxisme ou éprouver en leur logistique (par laquelle les guerres se gagnent) une certaine lenteur à s’organiser, s’en coordonner et au besoin, s’en rassembler de ci, de là en tel lieu, surtout lorsque le dirigeant en chef est plus soucieux de se mettre en scène que de la guerre elle-même, s’il reconnaît au moins que c’est une guerre, si asymétrique soit-elle. Restent lesdits objectifs entre-temps quelque peu différés délester l’Iran de toute possibilité d’armement nucléaire (qu’Israël ne peut tolérer, mais selon quel devenir réel de l’uranium existant ?)1, laminer tout autre armement (surtout les missiles et drones)2, neutraliser tous les proxys (avec Israël trônant au centre de la région et censé n’être plus entouré que d’Arabes alliés des États-Unis l’en assurant)3 et enfin, créer les conditions (pas exactement celles prévues et donc mal cernées) de renversement du régime iranien (dont les têtes dirigeantes assassinées repoussent du corps des Gardiens de la Révolution qui, assistés des bassidji formés à cette fin, les assurent de l’emprise sur le pays et d’abord sur sa population). Or, si ce dernier objectif n’est atteint, comment les précédents peuvent-ils l’être ? Sans trop déborder sur les installations civiles (électricité, usines de dessalement, etc.), avec répliques susceptibles de déborder sur toute la région et de provoquer quelque désastre humanitaire d’autant pervasif qu’avec migrations massives ?

    Même si l’Iran basculait avec son régime, reste la question soulevée par Michel Fayad: Après la guerre ? La menace à nos portes. Il ne s’agirait pas d’une simple reconstruction, car le vide laissé par l’assise chiite (15% de l’Islam) qui s’y constitue serait aussitôt rempli par le massif sunnisme (85% de l’Islam): Turquie en son interface avec l’Europe, Arabie Saoudite et Émirats Arabes unis qui se mirent en la Syrie ne s’étant libérée qu’en se donnant pour horizon de libérer le Levant et ayant autrefois fait compétition à Israël pour satelliser le Liban, les maintes mouvances, dont celle des Frères musulmans reprise par Khomeiney, sont toujours restées indépendantes et prolifèrent par elles-mêmes… Population et puissance financière en sont déjà imbriquées en maints pays « occidentaux ». Confiance ou défiance mutuelle accrue et d’autant intense qu’imbriquée ?


    1 Hormis la récente fusion de partis d’opposition n’ayant rien en commun que de s’opposer à Netanyahu à la fin d’avril 2026, « Dans le système parlementaire israélien, personne ne devient premier ministre en remportant le plus grand nombre de voix. Le pouvoir revient à celui qui parvient à former une coalition qui occupe au moins 61 des 120 sièges de la Knesset. (…) Les sondages de janvier 2026 indiquent une destination familière : l’impasse. Le Likoud reste le premier parti avec environ 25 sièges, mais le bloc pro-Netanyahou ne totalise que 50 à 52 sièges; le bloc anti-Netanyahou prend l’avantage sur le papier avec environ 56 à 58 sièges – toujours en deçà de 61 sièges et avec pratiquement aucune perspective de défections entre les blocs, car le dogmatisme politique a enfermé les partis dans deux camps hostiles l’un à l’autre et les négociations/changements électoraux se produisent désormais principalement au sein des blocs, et non entre eux. » https://fokusisrael.ch/fr/actualites/israel-2026-une-nouvelle-election-dans-limpasse/. Rappelons aussi que Netanyahu a besoin d’entretenir la guerre et donc de céder aux franges les plus radicales qui, même si peu nombreuses, tiennent la balance par laquelle il peut se maintenir au pouvoir et s’éviter de se mesurer aux poursuites pour corruption.

    1 Louis Blouin, https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2242405/guerre-iran-trump-jeunes-maga, La guerre « stupide » qui fait décrocher les jeunes.

    1 https://www.msn.com/fr-ca/politique/relations-internationales/analyse-la-france-déploie-le-charles-de-gaulle-en-méditerranée-entre-posture-de-puissance-et-risque-d-engrenage.

    1 https://www.la-liberte.ca/2026/03/16/le-francais-devient-la-quatrieme-langue-la-plus-parlee-au-monde/. Le français est la 2e langue la plus apprise sur les cinq continents, l’Afrique en devient le centre démographique, son contenu demeure encore faible sur l’Internet comparativement à l’anglais et sa 4e place mondiale provient de sa réévaluation : « Contrairement à la méthode classique (méthode 1) qui ne comptabilise les locuteurs qu’à partir de l’âge de 10 ans, cette nouvelle approche intègre les élèves de 6 à 9 ans scolarisés ou alphabétisés en français. » Ainsi, l’Angola vient d’adopter le français dès le primaire.

    2 Yvan Morin, Du débat entre Ficin et Pic à Rabelais: la Renaissance philosophique, d’italienne à française, Paris, L’Harmattan, 2026.

    1 Medetognon, Ormuz: L’Iran attaque le dollar… le pétrodollar est-il en train de mourir ? Voir aussi https://www.businessbourse.com/2026/03/14/liran-utilise-le-petrole-comme-arme-financiere-le-yuan-pourrait-remplacer-le-dollar-dans-le-detroit-dormuz/. La Chine, via les BRICS, favoriserait le retour d’une monnaie adossée à l’or pour constituer une réserve de valeur dégagée du pétrodollar. De fait, plus que l’or, l’énergie est son ressort.

    1 https://sciencepost.fr/ni-une-ni-deux-mais-trois-dimensions-du-temps-cette-theorie-bouleverse-toute-la-physique-moderne/. Synchronie délimitant et non laminée en inertie.

    2 Il est crucial de s’apercevoir que le libertarisme ne mène pas seulement à la concentration de la richesse se prolongeant en celle du pouvoir politique pour s’en étayer, mais à la désintégration des institutions sociales (santé, éducation, composition sociale de la population selon le ratio entre les flux de naissance/mortalité et de migration, etc.), sauf la police et l’armée pour créer et conserver cette concentration s’en révélant autoritaire. Toute démocratie tronquant l’humain pour n’en retenir que l’individuel jusqu’à l’hyperindividualisme au détriment du fait d’être aussi d’emblée social, vise d’abord à laminer toute sociale-démocratie pour faire accroire que la démocratie n’est que libérale, au point de déraper et s’exacerber en son propre extrémisme libertarien plus manifeste. La notion de démocratie libérale occulte que le libéralisme n’est qu’accessoirement démocratique, ce que viennent rappeler ses libertariennes dérive et exacerbation. Il lui suffit de ne plus seulement surplomber pendant un mandat de durée déterminée entre deux élections toute la société civile, mais de plomber le système électoral pour y perdurer. La concentration des pouvoirs, biaisant depuis l’exécutif jusqu’au législatif et de là, le juridique à faire peser à son tour sur la société civile en sa partie principalement visée, peut s’opérer de façon subreptice, comme l’illustre le trudeauiste rapatriement unilatéral de la Constitution en 1982 selon des droits et libertés si individualistes que d’emblée tronqués de leur teneur sociale (surtout si québécoise) en clause annexe et dérogatoire. Elle n’est plus seulement dysfonctionnelle, mais toujours plus évidemment autoritaire.

    1 Voir par exemple https://www.msn.com/fr-ca/actualites/other/qu-est-ce-que-le-save-act-qui-pourrait-empêcher-21-millions-d-électeurs-de-voter, car faute d’accès facile aux documents exigés. Trump a été très explicite dès son 1er mandat: comment voulez-vous que les Républicains (surtout que trumpiens) gagnent des élections si tous peuvent voter ? La leçon à tirer de l’élection de 2020 est claire, surtout qu’il l’interprète comme se l’étant faite volée et pour cause: des gens qui n’auraient pas dû voter ou dont le vote n’aurait pas dû compter ont pu voter et faire compter leurs votes. La différence, lors de son 2e mandat, est qu’il contrôle énormément de leviers et a les moyens de tout faire s’aligner à sa façon. N’est-ce pas un d’autant apparent que fantaisiste raisonnement semblant limpide? Il suffit que la force du droit soit rabattue au niveau du droit de la force et le tour est joué.

    1 L’évangélisme MAGA est en train de se fragmenter entre Latinos, déçus et décrochant de Trump, et Blancs, y restant accrochés. Culture patriarcalement prégnante chez les évangéliques, mais qui s’infléchit de sociale en ethnoraciale et s’enreligiose telle ?

    1 Voir https://cdn.bookey.app/files/pdf/book/fr/les-grecs-et-l-irrationnel.pdf. Dodds, dans Les Grecs et l’irrationnel, établit le passage d’une culture de la honte à une culture de la culpabilité, dont l’évolution du rôle de Zeus passant d’autant d’une divinité jalouse à une figure associée à la justice et à l’ordre moral que vers une vue rationnelle, de fait raisonnable, de la responsabilité reliant les actions humaines et les conséquences divines. S’y intègre un complexe passant d’œdipien (avant que Freud le tronque) à orestien. En passant, les robots conversationnels sont encore totalement nuls pour en rendre compte.

    1 Dany-Robert Dufour, Sadique époque: Comment en sommes-nous arrivés là ? Versailles, Éd. Le Cherche Midi, 2025. Aussi https://elucid.media/societe/le-sadisme-a-conquis-le-monde-et-les-humains. En Sade, culminerait la conception de Mandeville du vice privé comme vertu publique dans La fable des abeilles (1714). Adam Smith en aurait déjà euphémisé le vice privé en amour de soi, au ressort de l’individualisme tous azimuts, tant l’utilitarisme (tout un chacun recherche ce qui lui est utile et en est dit bien pour lui) se fait libéralisme (la richesse du pays, exprimé par son PIB, étant censée s’en accroître). Or, la philautie qu’est cet amour de soi, est aussi au cœur du panurgisme rabelaisien qui camoufle ses dettes sous un éloge les universalisant, puis a la fantaisie de se marier s’il peut être d’abord assuré de ne pas en être cocu. Économie et sexe sont liés. Aucune nouvelle famille ne s’autonomise de celles dont provenir qu’en s’intégrant, à la fois, le sexe, d’où se forger et être apte à s’intergénérationnaliser et tant s’en synchroniser que s’en diachroniser telle, et le travail, donc l’économie, la rendant viable. Le sadisme ferait se réduire en tout humain le social, jusqu’au plus familial au ressort de toutes les autres institutions et a fortiori de leur alignement traversé par les trajectoires de vues les plus individuelles, au seul individuel jusqu’à l’individualisme outrancier et abusivement généralisé se faire tout seul et d’où l’en marchandiser. A pu y correspondre en miroir le masochisme, né de Sader-Masoch en 1870. Leur dynamique dominant-dominé rappelle la dialectique hégélienne maître-esclave faite lutte marxienne des classes. Elle s’est surhumanisée depuis le Ça nietzschéo-freudien via l’Ego en SurEgo l’intériorisant psychiquement, là où Kierkegaard n’écrivait plus le nom de Dieu qu’en le biffant, au seuil de l’État se faisant État-nation laïcisable se séparant de l’Église. Hayek critique le propos de Mandeville et fait ressortir que ladite coïncidence de l’intérêt privé et l’intérêt public présume tant tout individu (même non égoïste) ne guère savoir ce qu’il fait qu’un conjoint ordre spontané, d’où a pu émerger avec ladite main invisible du marché dont exclure toute téléologie providentielle divine, un libéralisme politique censé l’étendre entre tous. Voir Éric Oudin, https://www.catallaxia.org/wiki/Bernard_Mandeville:Hayek_et_Mandeville. L’hypocrisie, cet hommage que le vice (privé) rend à la vertu (publique), selon La Rochefoucauld, tel serait le verso du recto libéraliste. À leur grand dam, les États-Unis ont contribué au libéralisme capitaliste en Chine en s’attendant à ce que le libéralisme politique s’ensuive, a contrario de ce qui s’est passé. Toutefois, l’autoritarisme ne s’est pas imposé seulement en Chine, mais aussi aux États-Unis, au fur et à mesure que virant libertariens, voire trumpiens. La présente approche opte plutôt pour l’humain comme individu d’emblée social et dont le sens de soi comporte une part acquise advenant et se cultivant avec le sens d’autrui faisant d’autant se résister à soi-même au sein de soi que remonter et le retracer à sa source. Il ne peut y avoir coïncidence entre individu et société que s’il y a intégrité humaine. Le développement humain onusien s’intégrant humanitaire, développement durable et droits humains se dégage de sa quête de paix et sécurité risquant de le faire se réduire à la présomption d’une telle coïncidence entre individu inconscient (sans jamais passer à la conscience ?) et ordre sociopoliticoéconomique spontané, abstraction faite de ce qui n’en existe que s’il se cultive avec le sens d’autrui jusqu’en le sens de soi (avant l’ego, de sa fantaisiste idiosyncrasique à sa raison s’en intellectualisant).

    1 M. Marquette, https://www.msn.com/fr-ca/actualites/other/Analyse: Quand Trump refuse l’aide ukrainienne contre les drones iraniens, c’est toute sa stratégie qui se dévoile. Ailleurs, Marquette souligne que la flotte de bombardiers étatsuniens est usée et obsolète à près de 50% et se concentre en une base anglaise d’où attaquer l’Iran, mais est à terme toujours plus incapable de se renouveler et s’alimenter si la guerre perdure. Ajoutons que l’Allemagne, elle, développe avec l’Ukraine un drone intercepteur volant à 700 km/heure. Compétition en vue face aux chronophages systèmes étatsuniens THAAD et Patriot.

    1 Et Trump fait accroire que l’Iran accepte les inspections par l’AIEA, l’Iran dément. Néanmoins, négocier exige au moins quelque cessez-le-feu, si approximatif soit-il.

    2 « L’Iran refuse de négocier ses missiles. Et pourquoi le ferait-il? Ce sont ses missiles qui l’ont rendu indispensable à Moscou. Ce sont ses missiles qui font que Washington continue à négocier au lieu d’ignorer. Les missiles sont le capital stratégique de Téhéran. On ne négocie pas son capital », Maxime Marquette, https://www.msn.com/fr-ca/actualites/other/temoignage-l-axe-teheran-moscou-pekin-se-resserre-missiles-mou-et-la-guerre-qui-ne-finit-pas. Un MOU est un Memorandum Of Understanding, en l’occurrence à Téhéran entre Iran, Russie et Chine le 13 juin 2026. Il s’agit d’un accord de partenariat stratégique trilatéral. S’ajoute ainsi formellement l’Iran à ce qui en existait déjà entre Russie et Chine depuis 2022. Le Moyen-Orient s’intègre ainsi avec l’Europe de l’Est et l’Asie-Pacifique, selon une sorte de triangle d’influences complémentaires. Se formalise ce qui existait déjà dans les faits. Et un signal est envoyé à d’autres pays se distanciant de l’hégémonie étatsunienne. Autant dire que les États-Unis trumpiens ont produit exactement l’inverse de ce qu’ils prétendaient faire, car ils ont renforcé l’Iran en ses alliances, au lieu de l’abattre et faire se désintégrer cet axe de la résistance. Plus la Chine s’affermit, s’autonomise et constitue un pôle distinct, plus elle peut en faire bénéficier les deux autres et de là, avec eux, bien d’autres. Et tous les pays du Golfe, si alliés avec les États-Unis trumpiens plusieurs puissent-ils être, sont sceptiques, car la capacité balistique iranienne est loin d’être anéantie et ils en ont déjà subi maintes représailles, du fait de comporter des bases étatsuniennes d’attaque, alors que les États-Unis sont restés largement incapables de les protéger et sûrement pas aussi bien qu’Israël ayant été bien mieux armé. Deux poids, deux mesures. Cela s’aperçoit. Surtout, le détroit d’Ormuz est là où tout se déclenche et fait foirer tout cessez-le-feu, car l’Iran veut le contrôler et faire payer le passage, là où les États-Unis, sans le vouloir, ne savent plus comment rétablir le libre passage qu’ils ont compromis depuis leur guerre faite à l’Iran.

    3 Si affaibli l’Iran soit-il, les pays du Golfe, les premiers, s’aperçoivent bien que l’influence régionale iranienne, se projetant jusqu’en ses proxys, est loin d’être fortement entamée.

    1 https://www.ledevoir.com/monde/etats-unis/964974/guerre-iran-occulte-dimension-biblique, 19 mars 2026, par Fabien Deglise.


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    5) Pouvoir se fier exige que la foi se mesure à la confiance mutuelle


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  • 3) Problème majeur : guerre idéologique étatsunienne faite à l’ONU

    L’un des problèmes majeurs est la guerre idéologique sans fin que les États-Unis livrent à l’ONU, autant par leurs incessants vetos au CPS, que par le sort qu’ils réservent à toute culture a contrario de ce à quoi aspire l’ensemble du reste de la planète, comme lors de leur refus de signer la « Convention de l’UNESCO sur la diversité culturelle de 2005. Pour eux, la culture est avant tout un objet de commerce, alors que dans la conception de l’UNESCO, la culture est un bien public mondial, auquel tout le monde a droit et qui ne peut se réduire à être régi par les seules lois de l’argent. »1

    L’UNESCO a son siège à Paris en France. Sa lutte pour la diversité culturelle constitue un contre-pouvoir à la vision étatsunienne mercantiliste de la culture, dont l’incessant porte-à-faux camoufle la manière d’agir, de penser et de dire qui se transmet au profit du seul contenu visible et dicible à travers lequel la réduire à sa mise en scène et y détourner l’attention vers l’économiquement commercialisable et géopolitiquement téléologisable, d’autant que rendu fort idéologiquement pervasif. Or, l’Europe, dont la France, ne s’est guère aperçue du prix réel de la subordination économique et militaire aux États-Unis à compter des accords de Bretton Woods consacrant l’hégémonie du dollar et la conjointe dette que le Royaume-Uni a contractée pendant la guerre et qu’il n’a fini de payer qu’au XXIe siècle, le 3 octobre 2010. Tel est le pendant de ce qui n’a semblé être qu’une reconstruction et mise sous protection de l’Europe en même temps que du passage du flambeau impérialiste de l’Empire britannique à l’Empire étatsunien depuis 1945: se leurrer sur le giron d’États démocratiques censés être d’abord « occidentaux » et transatlantiques, tant l’entre-soi a fait s’occulter la plupart des actions au contraire non démocratiques s’effectuant d’eux jusqu’en dehors d’eux et tuant dans l’œuf maintes amorces d’États en quête d’être démocratiques, mais déniés et transformés en dictatures. Il est temps de se poser la question: les États se disant démocratiques l’ont-ils été par leur connivence avec ce qui, hors d’eux, détruisait les germes d’autres démocraties cherchant à émerger, ce qui s’est surtout magnifié à partir des États-Unis ? Appel à l’examen de conscience.

    « Why does the United States behave as it does in the world? »2 La réponse est encore plus étonnante que la question. Comme l’illustrent les frères John Foster Dulles et Allen Dulles entrés ensemble au gouvernement des États-Unis, le premier comme Secrétaire d’État, le second à la tête de la CIA, les Étatsuniens se font passer, non pour des, mais pour les Américains, sans jamais s’arrêter et réfléchir à cette évidente métonymie (donnant une partie, eux-mêmes, pour le tout) fort axiomachique. En géopolitique, toute métonymie est axiomachique: c’est un pléonasme fort idéologisant visant à tant renforcer et conforter une hégémonie qu’à oblitérer et réifier l’entière réalité en cause pour l’y téléologiser. Elle permet aux habitants du pays le plus antiaméricain des Amériques de se présumer, se faire accroire et s’imposer comme les seuls Américains jusqu’en lieu et place, sous façade et à l’encontre de tous les Américains de tous les pays de toutes les Amériques1. C’est comme dire que l’univers matériel ne se constituerait du flux en coémergence/coannihilation de matière et antimatière qu’en faisant prévaloir l’antimatière sur la matière, tout à l’inverse de ce qui s’y observe, ce qui n’est pas sans susciter matière et énergie sombres se présumant opérer de façon asymptotique et hiérarchique depuis l’invisible jusqu’en le visible, tout à l’inverse du visible d’où partir et apercevoir jusqu’à l’invisible dont il se révèle symptomatique et hiérophanique. Cette géopolitique téléologise et réifie en s’imposant à l’envers et en donnant l’envers pour l’endroit plutôt que se repère et s’ajuste à sa géophysique sous-jacente réellement en cause.

    Les frères Dulles, comme Étatsuniens, ne sont guère patients par nature et sont portés par un « impulse to act » et non de comprendre2, tant la réalité est à ajuster à leurs seuls besoins, voire désirs (infiniment variables, selon un capitalisme tous azimuts): « Foster and Allen brought the United States into partnership with dictators in several parts of the world and in some countries they intervened to replace democratic governments with tyrannies. Nevertheless, they considered themselves paladins of liberty. By some standards, this leap of logic made them hypocrites. They justify it by applying a particular definition of freedom. It has little to do with civil rights or social welfare. Their view of freedom was above all economic »1, car si un pays ne respecte pas l’entreprise privée et n’accueille pas les multinationales, donc leur prévalence étatsunienne, il n’est pas un pays libre. La liberté est confondue avec la seule liberté d’agir selon sa seule compulsion (colonialiste) à agir, tant que seule prédominante, donc si métonymiquement qu’axiomachiquement opérante, mais surtout sans d’abord chercher à en comprendre quoi que ce soit. Toute conception ne peut plus être que sans compréhension (car exigeant de se distancier et se réfléchir à même sa compulsion à agir au point de tendre à la différer un tant soit peu et à modifier ainsi jusqu’à ses réflexes et a fortiori ses tendances à n’être qu’une « very instinctive person », Trump dixit) et que selon une telle extension toujours plus fort unilatéralement expansive. De la pensée intellectualisante, au ressort de toute conception, mais se laminant, ne subsiste que la fantaisie en virant cruelle et se réifiant empiriquement. Foster et Allen Dulles exemplifient les États-Unis qui les produisent, qui sont issus des accords de Bretton Woods ayant concédé l’hégémonie au dollar étatsunien au sortir de la 2e Guerre mondiale et dont la compulsion simplificatrice (jusqu’à la métonymie axiomachique tous azimuts) fait fi de la diversité. Resurgit la même tension que celle entre les États-Unis et l’UNESCO quant à la culture, voire révèle la voie par laquelle marchandiser et laminer la culture plutôt que préserver sa diversité. Un point majeur mérite d’être noté dès le point de départ de toute la suite de pays (Mohammed Mossadegh en Iran, Jacobo Árbenz au Guatemala, Ho Chi Minh au Vietnam, Sukarno en Indonésie, Patrice Lumumba au Congo, et Fidel Castro à Cuba) que les frères Dulles ont cherché à renverser l’un après l’autre : là où le juge Douglas de la Cour suprême des États-Unis trouvait que l’Iran était une démocratie restée distante de l’URSS, les frères Dulles, pressés par McCarthy avec lequel ils durent coopérer, qui accusait le Secrétariat d’État et la CIA d’être infiltrés par des ennemis du capitalisme global et donc de l’Ouest sous hégémonie étatsunienne et qui les a forcés autant à des purges qu’à des embauches idéologiquement orientées, projetèrent ces dites infiltrations sur le régime iranien démocratique de Mossadegh en vue de le renverser en 1953 et d’installer à sa place la dictature du Shah (qui a tenu jusqu’en 1979, à l’arrivée de l’Ayatollah Khomeini et de la transformation de la dictature en celle de l’État Islamique, le tout au point de départ du merdier moyen-oriental présentement en cours lors de l’attaque israélo-étatsunienne contre ce même Iran). Bref, les États-Unis ont fortement contribué à supplanter la démocratie au profit de l’instauration de la dictature en Iran, dès le Shah, puis de l’État islamique (pour autant que restant au moins aussi loin dudit communisme de l’URSS que des États-Unis), mais ils ont commencé à ne guère l’apprécier lorsqu’elle s’est mise à prendre une autre teneur (dont l’alliance entre un tel Iran, dont la dictature s’éloigne trop de celle recherchée au profit d’une autre moins avenante, et la Russie et la Chine), ce qui culmine en 2026 en l’actuelle guerre israélo-étatsunienne avec l’Iran. Il faut dire que Mossadegh voulait nationaliser le pétrole et il fallait donc faire passer cela comme une atteinte et attaque contre la libre entreprise sous emprise de multinationales anglaise et étatsunienne, donc à la liberté ainsi fort étroitement définie comme si toute liberté s’y réduisait et justifiait de le renverser. De même, Arbenz, au Guatemala, s’est lancé dans des réformes démocratiques ambitieuses, mais ses nationalisations touchaient en particulier l’United Fruit Company, une imminente fort libre entreprise multinationale étatsunienne, ce qui a mené à faire accroire à un communisme provenant de l’URSS et censé menacer, là comme partout, tout l’Occident, d’abord les États-Unis, et donc faire se déclencher des attaques maccarthystes inspirant tant les frères Dulles. Bien noter l’incessant porte-à-faux faisant passer l’envers pour l’endroit dès lors à virer à l’envers de lui-même pour se le faire accroire tel et l’en attaquer, style double pensée orwellienne, mais selon une fantaisiste impulsion à agir s’en justifiant pour faire s’y conformer la réalité. Certes, les désastres au Vietnam et à la Baie des Cochons à Cuba ont fait pâlir sérieusement la figure des frères Dulles, surtout de Allen à la tête de la CIA opérant dans l’ombre pour effectuer ces renversements de régimes. Néanmoins, les soi-disant démocratiques États-Unis ont poursuivi ailleurs leur implantation de dictatures: Pinochet au Chili, via Kissinger et la CIA, les Contras au Nicaragua sous Reagan qui a néanmoins été réélu, car censé n’en avoir rien su ou avoir joué un rôle mal cerné et en ayant été néanmoins éclaboussé en pleine période électorale du fait que les États-Unis les ont financés par des armes vendues en Iran malgré l’interdiction explicite du Congrès et malgré leur propre embargo, etc. Le pire est que lesdits Contras se finançaient par la vente de cocaïne et que les administrations Reagan, puis Bush père y étaient impliquées1, alors que s’affichant lutter publiquement contre le fléau de la drogue aux États-Unis. Le tout sans faire le lien avec la conjointe surprescription médicale interne d’opioïdes créant et entretenant le besoin. Du moins, si pour se doter d’une vue d’ensemble du problème pour vraiment s’y attaquer. Aujourd’hui, les États-Unis préfèrent ne pas trop insister sur les entreprises étatsuniennes vendant des armes aux cartels de la drogue au Mexique, alors que Donald Trump prétend s’attaquer aux frontières avec le Mexique (et le Canada) censé(s) trop laisser passer migrants et drogues. Ou encore sur la Cité-État cryptolibertarienne néocolonisaliste promue depuis les États-Unis et en train de s’établir sous le nom de Prospéra au et contre le Honduras, autant la nation, surtout le village à sa proximité, que l’État, depuis qu’un gouvernement corrompu s’adonnant au trafic de drogues a facilité son implantation initiale et en vue d’empêcher le nouveau gouvernement de rétablir sa souveraineté, quitte à l’acculer à la faillite au besoin par une poursuite-baillon de 13 milliards de dollars et si cela ne suffisait pas, à faire appel pour y faire intervenir la politique étatsunienne trumpienne2. Même sans cela, il suffit de rappeler un point s’inscrivant exactement dans cette même lignée: MacCarthy s’était affilié Roy Cohn par qui il a fait condamner à mort les Rosenberg et qui a été mentor de Donald Trump, chez qui se reconnaît la même tendance, non seulement à dénier chez soi-même défensivement, mais à conjointement toujours agresser en vue de faire porter à autrui la source de quelque problème que ce soit, ce qui se moule directement sur les affections de la fantaisie s’en faisant cruelle: désir de ce dont jouir à se garder pour s’en complaire toujours plus en soi seul et crainte de ce qui afflige et endolorit à vicarialiser d’autant totalement en autrui pour y parvenir. Et ce, jusqu’à attaquer par diverses sanctions des institutions onusiennes, dont des juges de la Cour Pénale Internationale (CPI) pour les empêcher d’effectuer leur travail qui ne lui convient pas, mais aussi à se créer une liste de pays à abattre l’un après l’autre (ce dont Israël a déjà une liste toute prête), d’autant que l’écart de puissance peut être grand et en faciliter la tâche.

    Pour ce faire, il inverse tout le rapport au réel du sein même des États-Unis. Cette fois-ci, il ne cherche plus à voler l’élection comme en 2020 en disant que ce sont les Démocrates de Biden qui la lui volaient. Il accuse plutôt d’autant Obama d’avoir donné la bombe nucléaire à l’Iran qu’il en a bloqué en 2018 (comme le réclamait Netanyahu) l’accord de paix de 2015 (prévoyant un contrôle serré du programme nucléaire iranien en échange d’une réinsertion iranienne internationale graduelle), car il veut l’inverser et le transformer en capitulation armée qu’il cherche à imposer et légitimer en 20261, après s’y être laissé entraîner là aussi par Netanyahu, mais au gré d’un sous-jacent pervasif néosionisme (par retour non seulement de la diaspora en terre d’Israël, mais de ce qu’était la terre d’Israël avant la diaspora). Néosionisme sis sur un retour du religieux d’abord chrétien évangélique, avec frange catholique fondamentaliste, qui le promeut depuis les États-Unis jusqu’en et en amplifiant ce qui s’en promeut en Israël. Même en supposant que l’Iran aurait continué à enrichir l’uranium sous façade de négocier, est-ce à dire que cela équivaut à détruire toute capacité de menacer le monde libre, à savoir celui-là même qui sous façade de sa seule propre liberté mercantile (avant de se radicaliser en libertarienne néo-mercantile) et hypocrite, l’a empêché de devenir démocratique en 1953 et y a implanté la dictature du Shah qui a viré à son tour en une telle dictature islamique depuis lors devenue moins instrumentalisable et digeste, que ce soit en essayant de rattraper le coup sous Obama ou en la vomissant sous Trump? À l’image de sa dite guerre préventive (d’autant créée de toutes pièces que déjà ainsi préparée depuis des décennies), Trump se couvre de façon préventive au cas où ce puisse être plus catastrophique qu’il ne veut l’anticiper pour s’en décharger en tiers sur une cible désignée d’avance pour se prétendre tout du long s’en déresponsabiliser en même temps que pour projeter toute responsabilité des conséquences de ses propres comportements sur les autres, en un sens totalement inverse à tous ceux qui le considèrent agir de façon irresponsable. Redisons-le: pour Trump, c’est Obama et non lui, ni même les États-Unis depuis 1953, qui ont poussé vers la bombe atomique un Iran rendu d’autant dictatorial autrement qu’instrumentalisable que lui résistant et s’en faisant choc en retour. Il se prémunit contre tout avenir un tant soit peu malencontreux, en ayant d’avance un bouc émissaire tout désigné. Or, pour sauver sa popularité en chute libre aux États-Unis, est-ce lui qui va laisser filer l’uranium iranien (à moins qu’il soit transféré en Chine, selon quelle problématique)? S’il réussit, la gloire lui revient. S’il échoue, c’est la faute de Vance ou un autre.

    S’y bute la proposition de Villepin d’intégrer au droit international (de fait, le plus souvent de part en part interétatisé) un principe de « tu casses, tu répares ». Ceci a déjà été essayé au sortir de la 1re guerre mondiale et a mené à la 2e, au terme de laquelle il a fallu, non réparer, mais reconstruire. Plus l’endettement de l’Angleterre face aux États-Unis au profit desquels s’est alors déplacé le centre impérialiste de gravité, au grand dam de Keynes face à White à Bretton Woods, ce dont le pétrodollar a pris la relève. De plus, Trump harcèle d’autant impunément des juges de la Cour Pénale Internationale que l’ONU ne peut rien y faire. Trump ne connaît que la politique intérieure des États-Unis où tout ce qui est cassé extérieurement n’a à peu près pas d’importance, si ce n’est le risque éventuel que l’uranium iranien s’échappe par quelque fissure du va-t-en-guerre étatsunien devenu si inapte à quelque démarche diplomatique exigeant d’abord de reconnaître quelque droit international, a fortiori interétatique, surtout si impliquant une médiation interimpérialiste via le CPS de l’ONU. Si les États-Unis acceptaient d’y passer par la Russie face à l’Iran plutôt que seulement s’y entraver mutuellement par veto, Poutine a proposé à Trump un « deal » : ne plus donner d’informations à l’Iran (ce à quoi la Chine pourrait de toute façon suppléer), si les États-Unis n’en donnent plus à l’Ukraine. Trump a préféré ignorer cette caricature lui renvoyant en miroir son « Art of the Deal » et coller à son dada préféré, à savoir le cours du pétrodollar: diminuer l’impact du blocus iranien du détroit d’Ormuz en levant des sanctions commerciales contre le pétrole russe, quitte à financer ainsi la guerre russe en Ukraine. Autre deal. Par sa guerre en Iran, Trump amplifie en économie étatsunienne ce que ses tarifs douaniers font déjà, à savoir le contraire de ce qu’ils disent viser. Et il est donc assoiffé de budgets militaires croissants (réclamant 1 500 milliards de dollars, si le Congrès approuve) et de conjointes coupes massives dans les programmes sociaux (santé, éducation, etc.) au profit de polices intérieures. Son libertarisme est si ironiquement cruel au fur et à mesure qu’il ne s’extériorise qu’en refluant vers l’intérieur: entraver l’éducation formant les ingénieurs qu’exige la construction industrielle (navale et autre) et sublimer d’un coup la puissance réelle en puissance projetée, mais en train d’être si érodée que d’autant mieux contestée (sur les eaux planétaires et ailleurs, surtout par la Chine qui, elle, forme des ingénieurs). La paix par la force bute sur ses limites internes liées au développement humain dont l’exigence est si outrancièrement sous-estimée. Jusqu’en l’ONU.

    Trump confond tellement les recettes toutes faites fonctionnant à court terme au point de chercher à y réduire ce qui est autrement bien plus complexe et à long terme, qu’il cherche à faire une référence, via DOGE, de ses coupures de 40% d’effectifs de l’Internal Revenue Service, dont la collecte d’impôt était un processus fort automatisé, traçable et standardisé, à la Federal Student Aid qui « traite chaque année des millions de demandes complexes, des situations individuelles qui requièrent jugement, expertise et suivi humain », ce qui, loin de supprimer de la bureaucratie inutile, sabre « dans la capacité opérationnelle d’un système dont dépendent 43 millions d’emprunteurs américains »1, à savoir des demandes complexes d’étudiant(e)s pour financer leurs études effectuées malgré des situations difficiles qui requièrent un jugement humain et une expertise, ce qui pourrait empêcher de traiter les dossiers à temps et provoquer maints défauts de paiements de frais encourus dans la vie réelle. La confusion est exactement celle menant à occulter la diversité culturelle promue par l’UNESCO et à considérer la culture et en l’occurrence l’éducation être un marché comme les autres, sans se badrer de la mobilité (plutôt que l’inégalité) sociale à créer, d’une période de vie plus vulnérable, mais essentielle au devenir social en son ensemble, dont en particulier sa propre capacité productrice future du marché du travail, là où la Chine fait tout le contraire. Pourquoi fait paraître la Chine comme son adversaire, voire ennemi, principal, quand le faisant très bien tout seul de soi-même ?

    Par ailleurs, le ministre iranien des Affaires étrangères a déjà confirmé le 14 mars 2026 le soutien militaire russe, au moins informationnel, et chinois, au moins technologique, autant en armes qu’en logistique par le système Beidou-3 contrant les brouillages GPS pour guider les missiles vers leurs cibles, ce qui éclaire en partie pourquoi le stock d’armes étatsuniennes baisse si vite et exige d’aller puiser partout ailleurs sur la planète, en plus d’affoler les pays arabes alliés et fort vulnérables des États-Unis, selon une immense ligne de faille d’écarts fort hiérarchisants de puissance s’en entrechoquant. La Chine ne veut aucunement d’un régime pro-occidental en Iran, tandis que l’attaque israélo-étatsunienne ne veut rien d’autre et donc uniquement que cela, d’où le jusqu’au-boutisme, mais aussi l’onde de choc se propageant à partir de cet entrechoc semblant asymétrique (en se limitant à la seule attaque israélo-étatsunienne contre l’Iran), mais de fait, tout au contraire, engageant des impérialismes titanesques. Les effets n’en sont pas tant mondiaux à partir d’une dite asymétrie, dont ne rien comprendre qu’elle tarde à aboutir, qu’à partir de causes d’emblée déjà mondiales, même si certaines sont plus évidentes (d’autant qu’aimant plus que tout se mettre en scène et se pavaner telles) que d’autres (néanmoins tout aussi, même si plus discrètement, opérantes). Seule l’illusion d’optique fait ne pas s’en apercevoir. Pour la Chine, il ne s’agit aucunement d’une simple guerre asymétrique se faisant accroire pouvoir s’imposer brutalement d’un seul coup pour en finir au plus vite selon un dit droit de se défendre face à une dite menace imminente (pourtant au contraire construite telle depuis 1953, quand le Royaume-Uni et les États-Unis ont empêché l’Iran de devenir démocratique et y ont implanté la dictature, mais ayant elle-même viré en cette tout autre sorte) hors tout droit international interétatiquement circonscrit présidant à l’attaque israélo-étatsunienne. Pour la Chine, « Le concept de « guerre hors limites », théorisé en 1999 par les colonels Qiao Liang et Wang Xiangsui, postule que les conflits modernes se gagnent autant par la technologie et l’information que par les armes conventionnelles », ce qui se combine avec l’iranienne défense en mosaïque et tout ce qui s’y teste et dont recueillir les précieuses données1, dont celles des drones et missiles hypersoniques émergeant en essaim d’une telle mosaïque elle aussi flexible, là où les États-Unis fantasment encore sur l’armement sophistiqué fort coûteux, non seulement en argent, mais surtout en temps engageant et limitant la capacité productive réelle.

    Bref, guerre hors droit international, mais de fait interétatique pour la plupart des médias « occidentaux », guerre hors limites pour la Chine, à même l’iranienne défense en mosaïque. Les uns abordent le réel selon ce qu’ils en imaginent, voire à leur seule fantaisie, jusqu’à la plus cruelle, les autres n’imaginent absolument rien que très expressément ancré en ses conditions réelles, dont le calendrier diplomatique: voulant entre-temps forcer les événements et ladite paix faite capitulation à imposer à l’Iran pour être en meilleure posture, mais en vain, Donald Trump n’a pas différé plus loin que la mi-mai 2026 sa rencontre avec Xi Jinping. Taïwan s’est ajouté au menu des discussions visant une libre circulation commerciale mondiale au détroit d’Ormuz et divers échanges commerciaux plus spécifiques entre leurs deux pays. Le miroir est total. Son sens ne se révèle que par devenir énantiodynamique de son état d’équilibre incessamment variable. Plus que les seuls pays arabes et le seul droit international, l’Afrique entière colle à la réalité révélant « la fragilité d’un ordre international incapable d’imposer la négociation à des acteurs déterminés à l’éviter. (…) La proposition est simple et urgente: les États africains doivent parler d’une seule voix dans les enceintes internationales, exiger un cessez-le-feu immédiat, et refuser de laisser leur territoire ou leurs espaces aériens servir de théâtre à des conflits qui ne sont pas les leurs. »1

    Entre-temps, les États-Unis dégarnissent la Corée du Sud de son bouclier antimissile la protégeant de la Corée du Nord pour le déplacer vers le Moyen-Orient2. En effet, l’Iran a détruit des systèmes THAAD, fort peu nombreux et dispersés à travers la planète, et pour être remplacés au Moyen-Orient, devant être pris ailleurs. Ceci envoie le signal aux alliés des États-Unis dans le Pacifique qu’ils y sont dorénavant moins présents pour les défendre, sans parler de l’armement (dont les missiles Patriot) qui ne va plus en Ukraine (dont évaluer lui accorder une licence pour en fabriquer) et va plutôt lui aussi au Moyen-Orient. S’y entrevoit la déstructuration de toute l’architecture sécuritaire étatsunienne internationale interétatisée mise en place depuis 1945. Contrairement au système franco-italien antimissile compensateur dont doter l’Ukraine après une guerre de déjà quatre ans avec la Russie, la Corée du Sud, elle, voit s’ouvrir une brèche de deux ans avant de pouvoir se doter d’un système équivalent et est entre-temps encore plus encouragée à développer l’arme nucléaire… et à accentuer sa prolifération. Idem en Europe où les États-Unis trumpiens sont en train de déserter l’OTAN, mais aussi en partie le sol allemand (5 000 des 36 000 hommes, après que le chancelier Merz a dit que les États-Unis trumpiens n’avaient pas de stratégie en Iran qui les en humiliait)1, tout en contraignant l’Europe à apprendre rapidement à se défendre seule2. Ironie: l’entente onusienne quant à la non-prolifération risque d’être d’autant toujours plus contournée un peu partout (Égypte, Turquie, etc. étant déjà sur les rangs) au fur et à mesure qu’obnubilée par le discours israélo-étatsunienne visant à ce que l’Iran ne l’ait pas, si, au contraire, ne l’accélérant pas là aussi. Il est temps de s’apercevoir de ce que sont vraiment les actes en cause. Donald Trump ne s’adonne pas seulement à sa fantaisie, jusqu’à la plus cruelle. Son style transactionnel en est l’incessante manifestation, largement inconsciente, de l’ordre de l’enfant de deux ans perdurant en l’adulte: tout et ce, tout de suite, à toujours plus court terme s’avalant tout long terme, mais non sans que resurgisse avec ce long terme un tout autre court terme se mettant à prendre une tout autre allure que celle visée.

    Trump veut former une coalition et y impliquer l’Europe avec l’OTAN et la Chine au détroit d’Ormuz, du moins tant qu’il y fait la guerre et veut que d’autres s’y exposent (mais peut-être pas, après la guerre, pour canaliser le commerce à son propre profit). Or, contrairement à lui, maints pays, dont l’Allemagne, se soucient de leur Constitution et de l’exigence d’être mandatés internationalement (par l’ONU, l’Europe, l’OTAN…). Cinq pays européens (France, Royaume-Uni, Allemagne, Italie, Pays-Bas), plus le Japon et d’autres pays, se disent prêts à contribuer à sécuriser le détroit d’Ormuz, mais sans envoyer de navires tant que l’intensité du conflit ne diminue pas. L’Organisation Maritime Internationale (OMI), agence de l’ONU pour la sécurité en mer, cherche à y créer un corridor humanitaire sûr pour évacuer les navires (et 20 000 marins en situation précaire). Le Canada s’invite à la table diplomatique pour se faire un vecteur du multilatéralisme onusien1. Il se propose de jouer un rôle d’interface entre le G7 et les États membres du Conseil de Coopération du Golfe (CCG), à la fois ciblés et instrumentalisés par les deux parties de la guerre israélo-étatsunienne et iranienne. Le G7 fonctionne à l’envers de ce qu’il est, car en interface avec la Chine (n’en faisant pas partie, mais liée avec l’Iran, ne serait-ce que par le pétrole qu’elle lui achète en yuan, non en pétrodollar), et sans faire des États-Unis trumpiens son coordonnateur, car l’instance belligérante donnant son ampleur au conflit en le magnifiant au-delà de ce qu’il serait autrement, surtout via Israël qu’ils arment et qu’il leur faut rappeler à l’ordre pour ne plus attaquer les installations énergétiques (a fortiori si éventuellement hydriques, encore plus catastrophiques), car avec rétorsion iranienne loin d’être aussi bien parée en pays arabes qu’en Israël2 :

    « La convergence franco-canadienne sur la nécessité d’une issue négociée n’est pas un hasard. Paris et Ottawa partagent une vision commune: la guerre en Iran ne peut pas se terminer uniquement par des moyens militaires. La présidence française du G7 [2026] donne à Macron le levier institutionnel pour imposer cette discussion à l’ordre du jour. Carney et Macron, ensemble à Vaux de Cernay, représentent le flanc diplomatique d’une alliance qui mène par ailleurs une guerre. Cette tension est inconfortable. Elle est aussi nécessaire. »

    « L’objectif réaliste et peut-être le seul atteignable à court terme n’est pas la paix. C’est la création d’un format de dialogue permanent G7-CCG sur la gestion de la crise iranienne, assorti d’un accord minimal sur la protection des navires civils dans le détroit d’Ormuz et d’une feuille de route même vague vers des négociations plus substantielles. »1

    Bien noter cette quête de dialogue à favoriser internationalement, de fait interétatiquement, en deçà et éventuellement au ressort de la quête de paix et sécurité à promouvoir avec le droit international (tout aussi le plus souvent interétatisé ?) à l’ONU, à son Conseil de sécurité, et ailleurs. Sinon, c’est toujours le même pattern étatsunien (mais ailleurs, russe ou chinois) anti-onusien faisant que si l’histoire ne se répète pas, elle rime, comme disait Mark Twain: je déclenche la guerre et cherche ensuite à vous en coaliser pour vous y entraîner, mais jamais vous n’aurez voix et jamais il n’y aura discussion ensemble quant à ce qu’il faut décider, encore moins si jusqu’en le CPS, a fortiori le plus large Conseil de Sécurité, plus encore sans l’Assemblée générale, si faute de CI, à l’ONU. Toujours le même flottement du vocabulaire: là où l’Europe, dont la France constituant le noyau d’un dispositif de stabilisation propice à la coalition en Méditerranée moyen-orientale, reste lisible et d’autant audible par sa silencieuse présence qu’apte à bien distinguer le cas échéant les termes par lesquels en parler selon une claire posture défensive avec quelque éventuel débordement offensif si nécessaire, tout au contraire, comme les États-Unis trumpiens, Israël crée le flou terminologique lui permettant d’intervertir les termes et fait déjà passer l’invasion offensive du Liban (où blesser aussi des Casques bleus de l’ONU et en faire protester l’Indonésie) pour une défense avancée et grignote toujours plus le Liban, au lieu de chercher à coopérer et l’aider à se doter de moyens par lesquels parvenir autant à se reconstruire qu’à se défaire lui-même du Hezbollah. Comme l’a reconnu Ehud Barack, ancien premier ministre israélien, le Hezbollah est né en 1982-1985 en réaction aux invasions et occupations israéliennes. S’en retirer pourrait se conjuguer avec des démarches en vue de restaurer la paix avec un Liban mieux rendu apte à se départir de lui-même du Hezbollah, tout comme faire place à la Palestine arabe y contribuerait aussi, pour peu qu’il y aurait de la bonne foi dans les négociations, au lieu d’opter d’autant pour la guerre continue et permanente que se mettant à ne plus rien voir que l’interpréter tout le temps en termes de menaces à venir et à parer sous façade de défense avancée procédant par agression préventive. Or, Israël fait plutôt se généraliser là et partout ailleurs au Moyen-Orient son initiale guerre d’autant dite défensive, mais toujours plus avancée, que toujours soi-disant préventive et unilatéralement décrétée et intrusive.

    Faut-il encore le rappeler: même sans insister sur le fondamentaliste religieux israélien qui a assassiné Yitzhak Rabin pour l’empêcher de conclure la paix avec Arafat et rendre possible la solution à deux États, Israël, de Sharon à Netanyahu, a plutôt financé le Hamas (pour détruire le Fatah issu d’Arafat et avec lui toute possibilité de deux États, que l’ONU avait pourtant laissé entrevoir lors de la création d’Israël) avant de s’en faire à son tour attaquer et d’y réagir par son fameux droit de se défendre censé autant s’exhiber comme si ex nihilo en sa dite innocence virginale entachée que chercher à s’en faire conforter interétatiquement à travers la planète. Sauf par quelque Palestine arabe préalablement laminée, pour faire oublier que c’est d’abord contre le pacifisme palestinien arabe pour l’être encore plus contre le seul terrorisme issu du Hamas qu’il s’y est créé de toutes pièces, sans parler de tous les autres groupes qu’il y finance et arme depuis lors pour le contrer à son tour, mais surtout pour persévérer en son objectif initial qui est de désintégrer toujours plus Gaza et toute aide humanitaire onusienne afin de toujours plus l’en vider de sa population1, tout comme la Cisjordanie où les exactions et les spoliations quotidiennes de la population arabe suffisent, sans guerre ouverte. On y aperçoit le mécanisme par lequel se créent ceux qui deviennent des proxys de l’Iran, depuis que lui-même laminé par les États-Unis et le Royaume-Uni en son essor démocratique issu de Mossadegh pour lui substituer la dictature du Shah, mais à son tour remplacée par celle des Mollahs, voire des Gardiens de la Révolution, en plus de constituer un axe encore plus vaste de résistance avec la Russie et surtout la Chine (sans parler de la Corée du Nord). Se révèle que ladite structure mondiale des géopolitiques rapports de force, loin de seulement s’imposer à l’état pur et de forcer idéologiquement de s’y camper d’un bord plutôt de l’autre, tout au contraire d’abord se génère. S’impliquent les États-Unis trumpiens (qui, eux, cherchent à entraîner maints autres pays) en cette offensive contre l’Iran, même si Joe Kent, le principal conseiller antiterroriste de Donald Trump, le contredit et a démissionné pour protester et signifier que l’Iran ne constituait aucunement une menace imminente envers les États-Unis.

    Bref, la soi-disant paix forcée, en écrasant tout et en exigeant la capitulation pure et simple, est-elle possible? Ou n’est-elle qu’une contradiction dans les termes en regard d’une paix vraiment durable et onusienne (exigeant de considérer que la paix ne peut perdurer que par l’accord des parties de la faire telle), d’abord par cessez-le-feu (véritable plutôt que seulement apparent, en différant quelque autre attaque ?), puis reconstruction (plutôt que le temps de reconstituer des stocks d’armes et de rassembler encore plus de troupes ainsi armées ?) et enfin, pérennisation issue de l’instauration de relations sécuritaires aptes à résister à tout bris unilatéral forçant autrement jusqu’à la paix d’autant de l’extérieur, à son seul propre profit et en total déni et total refoulement de l’autre que l’écart de puissance semble pouvoir s’imposer brutalement tel, si sans trop de souci en sa propre politique intérieure, de coûts et surtout de hantise issue de quelque éventuelle résurgence de son refoulé. Il n’y a pas pire refoulé que celui qui fait retour et qui incite d’autant sa source refoulante à paranoïer, ne serait-ce qu’à l’évoquer, a fortiori à l’halluciner, comme en certains modèles robotiques de langage fait agents conversationnels plus ou moins algorithment orientés au point d’en être biaisés, mais en reprenant la sous-jacente rhétorique si humaine d’où les avoir constitués. Le robot peut halluciner, mais pour paranoïer, il lui faut s’humaniser un peu plus, y compris jusqu’à s’inhumaniser et fomenter des crimes contre l’humanité, si pour s’adonner à de dites guerres préventives s’ensuivant hors de tout droit international interétatiquement filtré. La transformation trumpienne du Pentagone pour y remplacer Anthropic, soucieux de garde-fous et d’éthique, par OpenAI les rognant pour mieux obéir aux décrets issus du Temple trumpien peut en constituer un éventuel jalon. Plus généralement, Trump veut empêcher toute régulation de l’IA par les États des États-Unis pour mieux la faire prévaloir depuis le seul fédéral centralisateur d’où s’imposer tel à l’échelle panplanétaire. Il s’agit de tout en faire monter jusqu’à l’exécutif, donc jusqu’à sa présidence, comme d’où tout en hiérarchiser, surtout pas l’ajuster et la contextualiser au plus près des usagers. Le font déjà les grandes plateformes: s’accaparer de tout en laminant la compétition, puis se défendre de tout monopoliser et de tant rendre les usagers clientélisés captifs que pouvoir merdifier les sites au gré de publicités rentables au détriment de la pertinence des contenus (exigeant non plus tant de les viraliser par violence, sexe, etc., mais de les ajuster et contextualiser au gré des besoins réels des usagers). S’exacerbe l’attitude soi-disant défensive se faisant fort agressive. C’est loin d’affecter les seules défensive/offensive militaires. Au contraire ! La géopolitique militarisante et le commerce néo-mercantiliste fusionnent en un seul et même acte dit transactionnel qui n’est autre que le droit du plus fort. Qu’est l’acte le plus transactionnel sans son incarnation, même si s’oblitérant aussitôt en compulsion à tout s’incorporer au gré d’egos gonflables et néanmoins d’autant encore plus nombrilistes que ne cherchant plus qu’à s’en faire toujours plus grand (le Grand Israël étant censé se conjuguer avec la Grande Amérique du Nord, du Groenland jusqu’à l’équateur d’où départager tous les pays d’Amérique du Sud, alors que MAGA ne se fait America first que Trump first)1? L’erreur, si humaine, peut se dénier avoir bombardé une école de jeunes filles malencontreusement trop près d’une cible militaire. Erreur prêtant à leur confusion ou confusion erratique et assoiffée de cibles? Camouflage de celle-ci sous celle-là? Comme si l’erratique était l’errance poétique. Le droit de cuissage devenu affaire Epstein ou autre s’y ajoute. Même la fidèle Pam Bondi est démise de la tête du Ministère de la Justice, faute de réussir autant à en prémunir Trump qu’à assouvir ses vendettas personnelles. Trump est même en train de poursuivre une agence fédérale qu’il dirige, l’Internal Revenue Service, pour 10 milliards de dollars. Il l’accuse de ne pas en avoir assez fait pour empêcher la fuite de ses rapports d’impôt de 2020 et a entre-temps signé un décret obligeant tous les avocats du gouvernement à se conformer à l’interprétation juridique du président : la privatisation de l’État coincé par la contradiction d’être à la fois l’attaquant et le défenseur sombre dans la crise constitutionnelle à d’autant différer, si possible, qu’elle risque d’éclater en pleine guerre avec l’Iran. La rhétorique peut intervertir le sens des termes attaque/défense, la réalité, elle, par la pression accrue sur elle-même, est acculée à l’impasse. Finalement, Trump instrumentalise d’autant mieux sa propre poursuite pour obtenir que, de façon permanente, ni lui, ni son clan ne puissent être enquêtés concernant d’anciens manquements fiscaux (ce qu’il réussit) en même temps qu’il consent à retirer sa plainte en échange (ce qui échoue) de la création d’un fonds d’indemnisation dit anti-instrumentalisation de la justice susceptible de bénéficier à ses partisans poursuivis sous Biden pour avoir envahi le Capitole. Bref, Trump, son clan et ses partisans s’imposent. Ledit Art of the Deal est un art de l’impasse créée en sa propre faveur et celui de son Temple assurant qu me adhérer à son culte fait en être favorisé, non seulement jusqu’à l’impunité contre les conséquences de ses propres actes, mais jusqu’à en être éventuellement récompensé sous condition de trumpisme. S’amplifie la boucle de la concentration des pouvoirs pliant la Constitution, certes, mais en pliant jusqu’à la société civile à la base du tout. Ce qui fait la puissance de la fantaisie est de ne pas s’en tenir à seule idiosyncrasie n’opérant que de façon purement circonstancielle, mais de pouvoir se viraliser, se faire onde propagatrice d’elle-même selon un individualisme tous azimuts faisant qu’une masse egoïque constituée en alter ego en soit malignement géniale au point de permettre à l’ego de s’affirmer toujours plus tel, mais en se l’incluant et s’en sous-tendant pour soi-disant s’en universaliser. L’ego déductif cartésien n’est plus que, tout à l’inverse, de part en part inductif, chez l’humain, à la façon de la physique cartésienne qui, elle, n’était qu’une force de repos de toutes les parties de tout corps les unes contre les autres et de tous les corps s’en avoisinant (au point de se viraliser et collectiviser depuis l’un d’eux à tous les autres s’en massifiant en fonction de lui, chez Trump) jusqu’à constituer le monde (mais ainsi infléchi). Narcisse ne se noie plus en son image, mais fait s’y noyer le monde pour le ramener fort egocentriquement tant à lui-même qu’à lui seul. L’être nombriliste n’est jamais tant au monde (n’en déplaise à la phénoménologie) que celui du monde. S’il n’est qu’est donc le monde?

    Par ailleurs, l’impasse s’étend du sein jusque hors des États-Unis. Si elle n’est plus issue de la pression israélo-étatsunienne sur l’Iran, elle l’est par l’entrisme islamique politique des Frères musulmans supportant l’Iran et pénétrant les sociétés dites occidentales dans le sport, l’éducation, etc., où y recruter la jeunesse (alors que la dénatalité menace, autant par la formation éducative -si restée accessible- s’allongeant et faisant différer le moment d’avoir un enfant, a fortiori un second, que par l’infertilité accrue, etc., si sans des mesures sociopolitiques natalistes appropriées, a fortiori si suscitant une conjointe phobie envers une immigration faite n’importe comment et empirant tout, mais en oblitérant sa propre incurie gouvernementale et en faisant accroire que sa propre population y résistant serait raciste, sinon, comme Trump, tout à l’inverse, purgeant autant l’une que l’autre). Plus la rhétorique fait du réel une impasse et en est invisiblement pénétrée, plus l’anonyme On s’impose avec et au gré de l’anomie qui s’installe et qui l’en rend si malignement génial, car même si sans savoir duquel -et si cette indétermination totale peut s’exhausser par surcroît selon quelque alchimie (chimie sacrée) en Dieu-, c’est de tout un chacun que peut surgir son verbe: qui et quand va parler, mais empli de On alchimiquement fait Dieu, si ne se condensant en tout un chacun en Ça perdurant au fond de soi au ressort de ses Ego et SurEgo, certes si individuels qu’individualistes, mais aussi et surtout d’emblée ainsi viralement collectivisables sous le prévalant culte en cause de l’Ego, auquel réduire et assimilier tout sens de soi et ce, a fortiori si étatiquement instauré jusqu’au point de canaliser cette alchimie du même coup à la source du monde alors créé en sa totalité ? S’y greffent les religions révélées, dites monothéistes, qui sont toutes des religions savantes consignant un tel si divin verbe en un Livre Sacré, non sans quelque géopolitique jusqu’à la plus laïque tentant de canaliser ce sacré. Dès qu’est supplanté le dieu des dieux (du Zeus grec au Jupiter romain et à sa mithraïsation importée de Perse et condensée dans le Sol Invictus), surgit et s’impose Dieu si unique comme le plus puissant antidote qui suinte des interstices des si anomiques « Polis », à savoir cités étatisantes, surtout si faites empires, dont la révolution s’est initiée environ depuis 3,300 avant Jésus-Christ et dont la massive urbanisation sous-jacente s’est fort intensifiée du XIXe au XXIe siècle. Si l’anomie mène au suicide, voire l’homicide le vicarialisant, si ce n’est la fantaisie jusqu’à la plus cruelle l’en décantant et s’en viralisant en quête de quelque bouc-émissaire, Dieu en sauve, tant son Verbe se fait chair là même où les humains parlent de moins en moins, à tous les âges de la vie, mais surtout chez les moins de 25 ans, au point d’affecter leurs relations sociales et, par là, jusqu’à leur état d’être alors davantage susceptible de mal-être que de bien-être, voire mieux-être1. Sauf aberration de Dieu n’étant censé être unique que du même coup tout au contraire aux prises avec des monothéistes s’entrechoquant en cherchant à se l’accaparer. L’absurdie divine monothéiste s’aperçoit pleinement en son nihilisme matérialiste pouvant seul lui correspondre, d’où le plus puissant levain terroriste. La terreur sacrée inspirée par un Dieu colère (en deçà de tout devenir amour) ne suffit plus, il lui faut tant se manifester que s’en vicarialiser, de l’instrumentalisation du terrorisme à son retour à sa source ne parvenant plus à le semer et manipuler qu’en s’en trouvant alors hantée.

    La guerre narrative filtre d’autant idéologiquement toute guerre sur le terrain (militaire, juridique, fiscale, etc.) que les mots, dont défense et attaque, mais aussi guerre et paix, prédation et proie (dite l’avoir provoquée et autrement, faisant d’autant s’enrager que ne consentant pas assez vite à être bouc émissaire), voire proie jusqu’à la plus charnelle et sexuelle, se mettent à flotter, voire à s’intervertir au point de signifier leur inverse selon une fantaisie d’autant totale que consommée: l’envers s’extraie, s’exhibe et se donne en spectacle en lieu et place, sous façade et à l’encontre de l’endroit à faire virer à l’envers de lui-même jusqu’en la réalité à réifier et enkyster, donc jusqu’à l’impasse anomique laminant tout verbe au ras de quelque On (tout un chacun, mais sans plus jamais savoir duquel), si Dieu n’en rejaillit. Orwell n’avait pas aperçu ce ressort de la double pensée dans 1984, car il ne relève pas de la pensée, mais de la sous-jacente fantaisie se nouant en ses affections en même temps que s’y répercutant et ne l’en faisant se dire que se contredire, si ne vicarialisant en quelque tiers sa propre impasse pour s’en délester et l’en charcuter. L’affinité profonde entre Netanyahu et Trump vient de ce même arrière-fond soi-disant défensif ne faisant qu’attaquer pour y procéder à titre unilatéralement décrété préventif ou tout simplement allusif et au besoin projectif, voire fort créatif, au point de financer jusqu’au terroriste pour détruire le pacifiste et pouvoir s’en justifier, voire intervertir le sens des termes défensif/offensif, à leur fantaisie s’imposant tous azimuts. À l’origine, est l’univers-miroir. Ce n’est pas que cosmophysique, mais d’emblée humain, dès qu’aux prises avec sa raison devenue de part en part cynique. En s’y éveillant et en en émergeant ou tout à l’inverse, en y sombrant? Rappelons avec Chesterton que le fou n’a pas tant perdu la raison que tout, sauf la raison, laquelle ne s’opère plus que depuis la fantaisie d’où en être rendue insensée, en anomique perte de sens. S’il n’y avait que la fantaisie, toute la vie ne serait qu’une aléatoire et chaotique suite de concours de circonstances, mais il y a aussi la raison qui, faute de s’en éveiller, s’en trouve enrayée et s’en met à se figer en toute idéation jusqu’en sa logique au point de n’en être plus qu’idéologique, non plus entre blocs duly constitués s’opposant tels entre eux comme autrefois, mais dorénavant à la carte, car seulement à sa fantaisie en laquelle s’enliser et tout faire s’enliser, du plus universel en le plus spécifique, du plus permanent en le purement circonstanciel et si contingent qu’aléatoire et chaotique, etc. La raison ne vaut plus aucunement comme telle, faute d’émerger d’autant de la fantaisie qu’à elle-même, mais uniquement comme ce qui procure la puissance la plus ordinatrice possible, la cognition des cibles sur lesquelles la faire porter et un esprit toujours plus en peau de chagrin au fur et à mesure qu’elle s’y trouve emportée et s’y fait toujours plus aléatoirement hacher et dépecer au gré des circonstances. Se faire toujours plus grand encore, mais à l’aune de tout cet émiettement tous azimuts vers le toujours plus petit, pointilleux et capricieux. Les deux se touchent, se confondent. Big Bang!

    Bien noter le curseur se déplaçant et accentuant cette interversion, de l’Europe, dont la France qui cherche à préserver le sens de ces termes (et où se trouve l’UNESCO si soucieuse de préserver la diversité des cultures), à Israël et a fortiori les États-Unis trumpiens, faisant dire aux mots, par lesquels en effectuer le récit, très exactement l’inverse de leur signification et de quelque rapport avec le réel, tant le réel est réifié à l’aune de ce qui en est imposed toujours plus unilatéralement. Pendant ce temps, Donald Trump essaie de faire accroire au G7 que l’Iran est sur le point de céder. Il occulte autant sa perdurante résistance que la crise qui se mondialise, non seulement par ses effets, mais d’abord par sa causale imbrication géopolitique systémique l’Iran bloque le détroit d’Ormuz aux seuls « alliés » (de fait subordonnés) de ses attaquants israélien et étatsunien, non à ses propres alliés, et le tout transparaît jusqu’en le CPS de l’ONU comme impuissance des grandes puissances. Trump bloque le pétrole iranien. Faiblesse structurelle des hydrocarbures (si adulées par Trump): ce sont des sources énergétiques d’autant volatiles que passant par de tels goulots d’étranglement où en noyauter toute circulation et par là, tout commerce, voire toute géopolitique loi du plus fort cherchant à s’y imposer, ce qui entraîne le pétrodollar (et la compensatrice exigence MAGA, si vaine soit-elle). Même par la CCNUCC, à savoir la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (depuis 1994), la thèse de l’ONU des énergies renouvelables comme alternative pour la sécurité énergétique est confrontée à des contraintes industrielles qui laissent entrevoir plutôt un mixte avec l’énergie nucléaire, selon EnerGeek. Cela relance la question du double usage et de l’éventuel passage à l’arme nucléaire et au chantage qu’instaure le fait de la posséder, si le tout ne vire et ne se déploie plutôt par la séquence tabou-paranoïa-cruauté qui, si abusivement fantaisiste soit-elle, impacte la réalité. Les énergies renouvelables renvoient d’autant conjointement au nucléaire que, par transition vers la phase El Niño, les changements climatiques, non seulement réchauffent les océans, mais créent plus de nuages, de sorte que les fermes solaires sont moins performantes. Et la grêle peut détruire leurs panneaux solaires, etc. Enfin, la Chine est leur principal producteur mondial: les choisir serait-ce la choisir ? La géophysique se fait météorologique et géopoliticoéconomique.

    Quant à l’impuissance des grandes puissances, Villepin a raison, sous condition d’y insister comme la voie par laquelle le droit international, a fortiori si aperçu plutôt interétatique, se fait laminer, tant la raison s’en fait instrumentalisée depuis une sous-jacente fantaisie créant l’impasse. Donc, elle est à problématiser. Il ne suffit pas d’idéaliser ce droit dit international (d’autant plus mal nommé que le souvent interétatique) en même temps que se faire accroire avoir seulement à le rétablir… en mots, mais non en réalité. L’idéal ne vaut guère plus que le fantasme faisant tant s’intervertir les termes du récit guerrier (défense/attaque) chez Trump et Netanyahu que s’en donner pour le réel. Uniquement s’il parvient à s’y mesurer et s’en dégager, l’idéal peut se réaliser. Ceci exige un processus idéatoire apte jusqu’en sa logique à s’assainir à l’aune d’une capacité à s’éveiller et se dégager de la sous-jacente fantaisie: dans la réalité, ledit casseur veut encore moins réparer, car selon lui, l’autre qu’il cherche à détruire l’aurait provoqué. Trump veut même lui faire payer les dépenses faramineuses qu’il effectue pour y parvenir (mais l’Iran, là aussi résiste, et ce pourrait bien être tout l’inverse qui va arriver). L’écart de puissance est à la source de la force censée tout régler d’un coup et se retrouve au contraire dans une guerre d’usure: l’attaquant, même si faisant accroire ne que se défendre, finit par payer sa guerre plus chère que le résistant qui parvient à tenir. Autant de la Russie face à l’Ukraine que des États-Unis et Israël face à l’Iran. Si la crise pétrolière et financière se radicalisait en menace de viser des installations civiles vitales, dont des installations électriques et a fortiori des usines convertissant l’eau de mer en eau potable, elle rendrait invivables des villes de plusieurs dizaines de millions de personnes, avec subséquents flots migratoires dévastateurs. La si crainte arme atomique, même en passant du fantasme au réel, ferait-elle pire? Elle y trouve son prélude, sinon écho.

    4) Coopérer sous l’égide de l’ONU en vue de stabiliser le monde ?

    Automne 2026: une élection est prévue autant en Israël (probablement avec impasse gardant Netanyahu au pouvoir, le temps de la dénouer, mais en faisant perdurer le sionisme en tous les cas, bien que ce puisse être éventuellement selon un style plus avenant si le délogeant finalement1) qu’aux États-Unis, à mi-mandat, en vue de renouveler avec une part du Congrès, la balance du pouvoir. Les jeunes de 18-29 ans ayant voté Trump sont désenchantés et frustrés qu’il fasse la guerre et donc le contraire de ce qu’il a promis. De fait, ils le sont des deux Partis politiques. Le système entier leur semble ne pas fonctionner et Trump est en quête pour l’empirer et contrôler qui peut voter, à savoir si votant plus probablement pour ses candidats, autrement à risque d’être emportées par une vague démocrate un peu trop susceptible d’advenir, ce pourquoi, par exemple, le vote postal est particulièrement ciblé, car cru être plus favorable aux Démocrates. Les jeunes, non seulement déçus, mais peinant à se reconnaître une soi-disant démocratie toujours plus électoralement dysfonctionnelle et biaisée, envisagent de ne pas voter. Sans parler de contradictions internes: ICE peut s’en prendre aux migrants, mais « si vous voulez que la prochaine génération ait des enfants, vous devez lui permettre d’accéder à des


    1 Les droits humains menacés par la loi du plus fort, António Guterres, 23 février 2026. https://unric.org/fr/le-chef-de-lonu-tire-la-sonnette-dalarme-face-a…

    1 https://theconversation.com/les-etats-unis-et-lonu-des-relations-tumultueuses-69754.

    2 Stephen Kinzer, The Brothers: John Foster Dulles, Allen Dulles, and their Secret World War, New York, St. Martin’s Griffin, 2013. Leurs actions s’initient sous Eisenhower.

    1 Tout vire en miroir, car, comme lors des événements terroristes du 11 septembre 2001, ce sont les États-Unis de Bush fils qui se sont mis à traiter d’antiaméricains jusqu’aux plus dévoués alliés osant un tant soit peu exprimer quelques réserves sur les actes de son administration: « Ou bien vous êtes avec nous, ou vous êtes avec les terroristes ». Il ne peut y avoir de tierce attitude incluse, car toujours d’emblée exclue, car défense faite domination unilatérale lésée et à rétablir telle, en portant la guerre chez l’ennemi, quitte à bouc-émissariser l’un ou l’autre pour y parvenir et obtenir la proie recherchée (Sadam Hussein en Irak, Ben Laden en Afghanistan à bombarder et en jouir cruellement pour y parvenir et plutôt finalement le tuer au Pakistan, le mollah Khamenei en Iran, mais sans que le régime tombe, si ce n’est aux mains de l’hydre des Gardiens de la Révolution dont les têtes repoussent en correspondance avec le régime en perdurant). Jusqu’à toute instance internationale tierce s’effondre en la seule tension interétatique interimpérialiste et ne lui est plus en rien tolérable, y compris si onusienne, qu’a posteriori, après coup.

    2 Réminiscence du Dieu cartésien pragmatisé en se faisant étatsunien, car fort incompréhensible et néanmoins concevable en sa chiquenaude initiale créatrice du monde où s’impose partout cette incessante impulsion à agir en proportion de l’écart de puissance. Dieu non plus tant (mono-)théiste que déiste (en régissant à distance jusqu’à l’humaine vie censée en être d’autant uniquement instrumentalisable qu’assimilable comme à un cadavre). Coup d’envoi d’un nihilisme qui, en les sociétés dites occidentales, ne parvient à être que matérialiste, contrairement au nihilisme divin nirvanique, dit plus oriental.

    1 Ibidem, pp. 329-330.

    1 « En 1998, l’inspecteur général de la CIA Frederick Hitz (en) publie un rapport en deux volumes qui soutient les affirmations de Webb, décrit l’implication des Contras dans le trafic de drogue et la façon dont l’organisation a été protégée pendant les administrations Reagan et Bush. Le rapport démontre que le lieutenant-colonel Oliver North et le Conseil de sécurité nationale étaient informés de ces activités. » Voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Contras.

    2 Un dit piège de Thucydide censé augmenter la probabilité de la guerre lorsqu’une ancienne puissance fait face à une nouvelle puissance émergente, renvoie plutôt à ce qui de la guerre du Péloponnèse entre Sparte (avec laquelle s’allier pour se défendre) et Athènes (dite prototype de la démocratie, mais s’étant mise à rançonner les États qui en dépendent et envers lesquels n’en être aucunement démocratique) se reconduit entre Chine et États-Unis (en train de suivre la même voie de déchéance démocratique). L’œuvre de Thucydide « n’est pas un traité sur l’inévitabilité structurelle de la guerre, mais une exploration de la manière dont la faiblesse humaine, l’erreur politique et la décadence morale sont susceptibles de se combiner pour provoquer une catastrophe »; « Son récit est rempli des réactions délétères que suscite la peur, des attraits de l’ambition, des échecs des dirigeants et, finalement, du naufrage tragique de la raison », https://theconversation.com/ce-qui-conduit-a-la-guerre-les-lecons-de-lhistorien-thucydide, par Andrew Latham, 2026-05-04. Ce naufrage tragique de la raison est ici abordé à la façon de Ficin qui était fort soucieux de la faiblesse humaine et de la prudence pour s’y mesurer et qui avait déjà aperçu en Thucydide un contemporain de Socrate, inspirant lui-même Platon (selon qui les Lois sont des déterminations de la raison). Ficin a mis au jour les affections de la fantaisie (désir de ce dont jouir et crainte de ce qui afflige et endolorit) de sous la raison (comme automotion propre de l’âme) et surtout son écart à Dieu révélant d’autant sa faiblesse qu’à la façon de l’écart lumineux de la Lune n’ayant pas d’autre lumière que reçue du Soleil, donc ne faisant que la réfléchir sur Terre. Dès Rabelais, ces affections se nouent paradoxalement (tant le désir de ce dont jouir vient incessamment buter sur ses propres culs-de-sac logiques en se conditionnant par un préalable évitement de ce qui est craint affliger et endolorir) et forgent l’assise de la raison cynique qui triomphe au XXIe siècle. Soit elle se démultiplie d’autant en incessantes crises tous azimuts (toutes plus idéologiques les unes que les autres en vue de légitimer les hégémonies, voire les plus réductrices dominations fort hiérarchisantes) que sombre et fait donc naufrage en cette sous-jacente fantaisie s’en avérant toujours plus cruelle. Soit elle s’en éveille et en devient un tant soit peu plus critique, en réservant une plus grande place à la prudence et à la réflexion qu’à la peur et à l’orgueil. « Thucydide ne nous offre pas une théorie des relations internationales, mais un avertissement, un rappel aux dirigeants qui, obsédés par leur propre place dans l’histoire, précipitent leur nation vers l’abîme. » Jusqu’aux apparents déterminismes structurels varient au gré des sous-jacents choix humains (jamais individuels que d’emblée sociaux, donc à la fois individuels et sociaux, aucunement en rendant les deux de façons mutuellement exclusives, comme entre États-Unis, faisant s’intégrer et se réduire toute relation structurale aux seuls individus les en surdéterminant d’autant aléatoirement que selon quel individu en émerge et s’impose aux autres en la noyautant téléologiquement, et Chine, noyautant et faisant s’imposer d’emblée la structure aux individus).

    1 Jacques Provost, https://www.msn.com/fr-ca/actualites/other/analyse-trump-affirme-qu-obama-a-offert-la-bombe-à-l-iran-c-est-faux-documenté-et-dangereux.

    1 Maxime Marquette, https://www.msn.com/fr-ca/actualites/other/lettre-ouverte-doge-detruit-l-aide-aux-etudiants-1-700-milliards-de-prets-en-danger.

    1 https://dworaczek-bendome.org/guerre-inevitable-chine-soutien-militaire-iran/ La Chine brade le pétrole, contourne le dollar, fournit une technologie à double usage, etc.

    1 Ibidem.

    2 Malgré leur pacte du Camp David avec les États-Unis en 2023, Corée du Sud et Japon s’inquiètent de leur fiabilité et renforcent surtout leur sécurité bilatérale, car la Corée du Nord, elle, a la bombe atomique, et joue en tiers entre Russie et Chine, elles aussi actives.

    1 Toutefois, la base aérienne de Ramstein y demeure la plus importante en Europe et est cruciale pour les États-Unis comme d’où se projeter dans le monde. Et légalement, les États-Unis sont tenus de garder en Europe 75 000 hommes. Trump s’efforce de contourner ses obligations face au Congrès étatsunien, car, selon une loi de 1973, le président, plus qu’une stratégie à lui exposer, a besoin d’en obtenir l’autorisation au-delà de 60 jours pour poursuivre sa guerre, dont plutôt dire que ce n’en pas une et la présenter comme une opération militaire, d’ailleurs quasi suspendue par un approximatif cessez-le-feu. De fait, via des blocus mutuels au détroit d’Ormuz, il y a opposition totale en miroir de ce que les deux parties veulent l’une de l’autre. Trump ne veut jamais rien céder, mais faire céder et l’Iran s’est radicalisé, de dictature théocratique en autocratie militaire par le régime des mollahs devenu celui des Gardiens de la Révolution. Et la cote de popularité de Trump a chuté aux États-Unis à près de 30%, comme pour d’autres présidents lors des guerres d’Irak (2006) et bien auparavant, du Vietnam, ayant inspiré ladite loi de 1973 à contourner.

    2 Ou, face à 5 000 soldats ultérieurement réorientés vers la Pologne, à faire que l’Europe et l’OTAN cherchent à comprendre ce qu’il en est.

    1 Le Canada a fait voter à l’ONU, non deux États, mais la partition entre Israël et Palestine arabe, ce qui, faute de tenir compte de l’inégalité des forces en présence et d’avoir pu en prévoir l’issue, surtout depuis la guerre des Six Jours gagnée par Israël en 1967 et a fortiori une fois le tout doublé du devenir étatsunien chrétien néosioniste, a mené au désastre actuel. Sans prudence plus marquée, le Canada s’adonnant au multilatéralisme onusien pour l’aiguiller n’est pas une panacée universelle. Le Canada intégrera-t-il ce multilatéralisme pour réviser la trudeauiste Constitution de 1982 qui privilégie des droits et libertés individuels si individualistes qu’au détriment de leur teneur sociale renvoyée en clause annexe et dérogatoire, sans et contre le Québec et de là, le fait français plus général ? Le multilatéralisme ne peut être un soi-disant multiculturalisme si multiethnoracialisant, en mosaïque, non plus pour se défendre comme en Iran, mais pour agresser et en diluer le Québec en le désocialisant, surtout depuis qu’ayant tronqué le Rapport Laurendeau-Dunton de son biculturalisme au profit du seul bilinguisme d’où l’occulter et l’encarcaner. La latéralité n’est pas que tension énantiomorphique, selon des gauche/droite (y compris politisée en libéral/conservateur, dont le libéral Carney s’avalant jusqu’au conservateur), mais a un sens susceptible de les équilibrer, si s’éveillant à son énantiodynamique, dès les sous-jacentes cultures (au moins par les manières de parler) jusqu’en les langues. Voir mes livres publiés chez L’Harmattan, dont Du débat entre Ficin et Pic à Rabelais, la Renaissance philosophique, d’italienne à française, 2026, pp. 7-8, 48-50, etc.

    2 De plus, l’OPEP se désagrège: l’Arabie Saoudite cherche le statu quo, mais les Émirats Arabes Unis se décident à la quitter, ce qui peut aussi faire compétition à l’Iran à Ormuz. À court terme, il y a peu d’impact sur le prix du pétrole qui reste élevé, car conditionné par le double blocage iranien et étatsunien mutuel d’Ormuz. Par contre, les contraintes sur les quotas de production de pétrole s’estompent au fur et à mesure que l’OPEP se désagrège et que la concurrence s’accroît, ce qui crée à plus long terme un marché baissier, mais peut-être aussi l’affaiblissement du pétrodollar concocté entre États-Unis et Arabie saoudite. Par ailleurs, en conjoint sens inverse, les Conférences sur le climat de l’ONU, fonctionnant par consensus et noyautées par des lobbyings propétrole, voient surgir en Colombie un Sommet indépendant visant à mieux s’attaquer à la problématique et à y pallier par des votes à la majorité (les deux tiers ?) et des critères d’éligibilité.

    1 Maxime Marquette, https://www.msn.com/fr-xl/actualite/other/enquête-le-canada-orchestre-une-coalition-g7-moyen-orient-pour-désamorcer-la-guerre-en-iran. Par ailleurs, le CCG demande le feu vert du Conseil de Sécurité de l’ONU pour faire usage de la force dans le détroit d’Ormuz. Or, au sein du CPS, si les États-Unis (magnifiant cette guerre) le soutiennent, voire l’y poussent pour se conforter, il n’en va pas de même de la France, la Russie et la Chine. Surtout que la modalité trumpienne d’action peut favoriser le dérapage de la force, de défensive en offensive, dès lors illégale et encore plus prompte à l’escalade. Bien noter que les États-Unis, non seulement désertent l’OTAN, mais ne peuvent plus présider au G7 pour instaurer ce dialogue G7-CCG… médiatisé par la Chine! Par ailleurs, le Pakistan médiatise et négocie un cessez-le-feu d’Israël et États-Unis avec l’Iran, ce qui tarde et fait que l’Iran se tourne vers la Russie, tandis que Trump dit que la Chine pourrait faire davantage (par pression diplomatique? économique? mais est-ce réaliste si les États-Unis bloquent le pétrole iranien vers la Chine et ailleurs ?). Et Israël bousille tout, car continue de bombarder le Liban, dit non inclus, mais, pour l’Iran, aussi inclus, le tout sans parler de la Palestine arabe (l’oubliée), surtout si avec État, là où l’État d’Israël s’impose.

    1 « C’est notamment le cas de la milice des Forces populaires, dirigée par Yasser Abou Shabab. Ce membre d’un important clan de Rafah avait été incarcéré à Gaza pour trafic de drogue avant la guerre, raconte l’historien Jean-Pierre Filiu dans les colonnes du Monde. Le Palestinien, qui s’est évadé de prison au début du conflit, est désormais à la tête d’un gang ennemi du Hamas, accusé par plusieurs ONG et organisations internationales d’avoir organisé des pillages de convois en 2024, ajoute Libération. (…) Pourtant, ces dernières semaines, l’organisation de Yasser Abou Shabab a affirmé sur les réseaux sociaux qu’elle œuvrait pour « protéger la population contre le terrorisme généralisé, empêcher le vol des aides et faire face à la corruption », précise le quotidien. Sa milice a été photographiée alors qu’elle menait un contrôle sur des véhicules de l’ONU, dans une partie du territoire que l’armée israélienne interdit théoriquement aux Palestiniens. (…) Fin juin, l’ex-ministre de la Défense israélien, Avigdor Lieberman, a révélé à la radio Kan que l’armée fournissait des fusils d’assaut à des groupes gazaouis opposés au Hamas. Dans la foulée, Benyamin Nétanyahou a assumé avoir « activé des clans » dans l’enclave, suscitant de vives critiques de l’opposition. « C’est un scénario dangereux mais aussi clairement la politique » de l’exécutif israélien, qui « veut tout faire non seulement pour affaiblir le Hamas, mais aussi pour faire (…) plonger la société dans le chaos », expose Hugh Lovatt. « L’objectif est de rendre Gaza ingouvernable, invivable, et ainsi de créer les conditions pour provoquer le départ de la population. » » https://www.franceinfo.fr/monde/proche-orient/israel-palestine/groupes-armes-par-israel-clans-influents-le-hamas-est-il-en-train-de-perdre-le-controle-de-la-bande-de-gaza_7355688.html. Quête d’un terrorisme instrumentalisable.

    1 Notez qu’il ne s’agit là que de l’expression géopolitique de ce qui s’en présumait déjà physique chez Descartes, par ego d’autant centré sur lui-même que se trouvant au centre de la pierre qu’il fait tourner en une fronde et dont il sent la tension à travers la corde l’y reliant. Or, Newton a tout au contraire établi, malgré cette apparence, qu’il y a incessante action-réaction trouvant à s’équilibrer, non seulement entre son corps propre pouvant légèrement se mobiliser en sens inverse en vis-à-vis de là où est rendu la pierre en tout point de sa trajectoire autour de lui et de sa propre et conjointe tendance à se mettre dès lors osciller légèrement, mais aussi en un centre commun de gravité du tout avec la Terre et comme elle et toutes les autres planètes ne pas tourner tant autour du Soleil comme d’un centre apparent que de leur centre commun de gravité. Celui entre la Terre et le Soleil est au-dessus de la surface du Soleil, celui entre Jupiter et le Soleil sous la surface du Soleil. Le sens physique, voire géophysique sous-tend incessamment le sens géopolitique jusqu’en cette immense tension (faite révolution gnoséologique kantienne) entre ce qui en est apparent (phénoménal) et ce qui en est en réalité, donc aussi entre la pure représentationnelle mise en scène et la validation s’assurant de sa propre représentativité. Jusqu’en ce sous-jacent sens physique et même géophysique, se distinguent la cénesthésie, inhérente à son corps propre en s’apercevant au moins de son effort au ressort du geste situationnellement en cause, et la kinesthésie, surgissant d’emblée à l’interface interactionnelle entre son corps, lui-même jusqu’en toutes ses interfaces articulatoires constitutives, et son environnement, ce qui ne se peut guère qu’en restant sensible à tout centre commun de gravité en cause. Être si diversement soi-même jusqu’en son corps fait l’être tout aussi diversement au monde, de physique et même géophysique à géopolitique.

    1 Plusieurs études en rendent compte depuis 2010, comme le signale https://ici.radio-canada.ca/info/long-format/2255392/humain-parole-mots-communication, sous le titre L’humain prononce de moins en moins de mots chaque jour. Il y a au moins corrélation entre prolifération des téléphones portables (avec textos), des médias sociaux (virtualisant plus qu’actualisant les relations sociales en même temps que compensant le sentiment de solitude) et du commerce en ligne, d’une part, et, d’autre part, la communication orale plus restreinte au quotidien. Du moins dans les sociétés « occidentales » plus individualistes, le verbe ne se fait plus chair tant par l’oral qu’en se transposant par le scriptural. À l’image du Verbe de Dieu qui ne s’est incarné par le Christ ayant oralement prêché, mais dont la Parole s’est faite Bible, à savoir Livre Sacré, depuis lors promue? La relation entre les sens (par lesquels ouïr, voir) covarie avec le devenir de son geste moteur (digitalisé et dit numérique) physique, voire géophysique, jusqu’en géopoliticoéconomie.

    2 Hormis la récente fusion de partis d’opposition n’ayant rien en commun que de s’opposer à Netanyahu à la fin d’avril 2026, « Dans le système parlementaire israélien, personne ne devient premier ministre en remportant le plus grand nombre de voix. Le pouvoir revient à celui qui parvient à former une coalition qui occupe au moins 61 des 120 sièges de la Knesset. (…) Les sondages de janvier 2026 indiquent une destination familière : l’impasse. Le Likoud reste le premier parti avec environ 25 sièges, mais le bloc pro-Netanyahou ne totalise que 50 à 52 sièges; le bloc anti-Netanyahou prend l’avantage sur le papier avec environ 56 à 58 sièges – toujours en deçà de 61 sièges et avec pratiquement aucune perspective de défections entre les blocs, car le dogmatisme politique a enfermé les partis dans deux camps hostiles l’un à l’autre et les négociations/changements électoraux se produisent désormais principalement au sein des blocs, et non entre eux. » https://fokusisrael.ch/fr/actualites/israel-2026-une-nouvelle-election-dans-limpasse/. Rappelons aussi que Netanyahu a besoin d’entretenir la guerre et donc de céder aux franges les plus radicales qui, même si peu nombreuses, tiennent la balance par laquelle il peut se maintenir au pouvoir et s’éviter de se mesurer aux poursuites pour corruption.


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    4) Coopérer sous l’égide de l’ONU pour stabiliser le monde ?


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